Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" - AVRIL 2018

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/04/2018

Les logiciels algorithmiques, associés aux réseaux de "neurones" artificiels, ont atteint un niveau de complexité tel que des phénomènes d'irréversibilité commencent à s'y installer. Le bon exemple en est l'impossibilité de retracer les linéaments d'une décision ou d'un calcul portés par ces machines.

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Même les plus récentes théories physiques de la gravité quantique en boucles sur base des notions de réseaux de spin, par exemple (cfr. Smolin et Rovelli), perpétuent une vision dualiste de l'univers en postulant, d'une part, des grains d'espace-temps (des événements) et, d'autre part, le réseau de leurs interactions (ce réseau tisse ce que l'on appelle l'espace).

C'est, bien sûr, au niveau de cette dualité ontique que le bât blesse. Tout se passe comme si, d'une part, ontologiquement, l'univers était un continuum sans aucune distinguabilité (comme à la surface d'une mer vivante où la distinction ou la séparation entre les vagues et les creux n'existe, en fait, pas), et comme si, phénoménologiquement, les mesures que l'on peut y faire et la représentation que l'on peut en tirer étaient discontinues en fonction de ce qui est au-dessus et au-dessous du seuil d'observabilité (l'horizon de Planck).

Ce seuil d'observabilité induit nécessairement une dualité : ce qui est observable et ce qui ne l'est pas. Mais cette dualité - et le quantisme et le probabilisme qui en procèdent - n'est pas ontologique (c'était l'opinion ferme d'Albert Einstein).

Le problème, alors, devient épistémologique : ou bien on part de l'observable et on remonte vers le Réel sans jamais l'atteindre mais en s'en rapprochant, asymptotiquement, dans des représentations de plus en plus compliquées et toujours duelles (c'est, en gros, le chemin massivement suivi, encore aujourd'hui, par les divers modèles standards quantiques dits "des particules"), ou bien on imagine métaphysiquement les principes d'un Réel cohérent et on en déduit ce que l'on peut en voir lorsqu'on se place au-dessus du seuil d'observabilité.

C'est cette deuxième voie qui est la mienne.

Il est temps de redire, avec fermeté, que les notions de big-bang, de matière et d'énergie noires, de trous noirs, de "vers" spatiotemporels, de spin, de "particules élémentaires" (hors le Protéus : le duo proton-électron sous toutes ses formes), de "cordes", de "boucles", etc … sont de pures spéculations et interpolations théoriques destinées à permettre la survie de modèles physiques qui sont ontologiquement et métaphysiquement inacceptables.

Au-delà de l'actuelle physique fondamentale et mathématique, notre époque doit faire naître une "physique profonde" qui, pour reprendre la belle image d'Albert Einstein, se place d'emblée au niveau de "la pensée de Dieu" et parte des principes métaphysiques d'intention, de mémoire, de continuité, de simplicité, d'irréversibilité, de submatérialité, d'émergence, d'activité, de processualité, d'optimalité, de puissances hylétique, dynamique et eidétique, etc …

 

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Mécréance : ce n'est pas "ne pas croire", c'est "mal croire".

Et il ne s'agit pas de "croire" ; il ne s'agit pas de croyance, ni de créance ; il s'agit de constater cette évidence que le Réel est cohérent et que cette cohérence évoque et convoque un principe de cohérence qui doit être immanent (et non extérieur) au Réel.

Notre F.: Schelling, le chef de file de la philosophie romantique allemande et de la Naturphilosophie,  a appelé ce principe : "l'Âme du monde".

Ailleurs, cela s'appelle YHWH dans la Torah, Kosmos chez les Grecs, Tao en Chine, Brahman en Inde, G.:A.: de l'U.: en F.:M.:, Apeiron chez Anaximandre, Noûs chez Anaxagore, Feu chez Héraclite ou Eros dans la "Théogonie" d'Hésiode.

Mais cela n'a rien à voir ni avec le monde des Idées et le souverain Bien de Platon, ni avec le Dieu-le-Père des chrétiens, ni avec le 'Allah des musulmans.

 

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La seule et unique certitude concernant le temps est qu'il y a (existe) tout ce qui est déjà arrivé et ce pour tous les observateurs imaginables en chaque point de l'univers, et qu'il n'y a pas (n'existe pas) tout ce qui n'est pas encore arrivé pour tous ces observateurs. Que ce qui arrive pour l'un, n'arrive ni de la même manière ni au même moment pour un autre, ne change rien à l'affaire.

Tous les futurs, pour tous les observateurs, n'existent pas encore.

Tout ce qui s'est déjà passé, qui est déjà arrivé, s'accumule et, donc, augmente continuellement. La mesure de cette augmentation s'appelle le temps, même si ce temps ne s'écoule nulle part de la même manière qu'ailleurs.

 

Chaque lieu de l'univers a son présent et l'ensemble de tous ces présents peut être défini comme le présent même si tous les présents qui le compose sont différents et non simultanés. Dans chaque présent local, n'apparaît que le passé des autres lieux, mais le futur d'aucun lieu n'apparaît nulle part pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas encore, nulle part. La relativité des temps n'abolit ni le temps, ni l'inexorable frontière du présent au-delà de laquelle rien n'existe.

 

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De Carlo Rovelli :

 

"Ce qui fait tourner le monde, ce ne sont pas les sources d'énergie,

mais les sources de basse entropie."

 

Ce qu'il appelle "basse entropie", c'est la néguentropie.

Les forces centripètes produisent de la néguentropie (de la concentration et, donc, des configurations de haute activité, d'interactions fortes et d'émergences), les forces centrifuges produisent de l'entropie (de la dilution et, donc, des configurations de basse activité, d'interactions faibles et de divergences).

 

L'activité que scande le temps, n'est que de la variation d'entropie par transformation des répartitions d'énergie.

Il y a deux voies d'activité : l'homogénéisation par augmentation d'entropie et par dilution d'énergie, et l'hétérogénéisation par augmentation de néguentropie et concentration d'énergie (dans des structures capturantes appelées "émergences" qui engendrent de la forme, de l'organisation, de l'ordre).

 

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Le 02/04/2018

 

Depuis la fin de la première guerre mondiale, la modernité célèbre la mort de la Tradition dans toutes ses dimensions, dans tous les domaines.

Il ne peut plus y avoir ni Divin, ni Sacré, ni Beau, ni Vrai, ni Bien, ni Amour, ni Joie, ni Pureté, ni Ascèse, ni Ethique, ni Esthétique, ni Métaphysique, ni Différence, ni Elite, ni Effort, ni Mérite … Triomphe annoncé du nihilisme !

Et, puisque le raison bavarde récupère toujours tout au profit de ses délires, ce nihilisme délétère est devenu bien-pensance bobo et socialo-gauchiste.

Boris Vian disait : "J'irai craché sur vos tombes" … de quelles tombes s'agit-il ? Celle de Duchamp, de Breton, de Stockhausen, d'Isou, de Malevitch, de Debord, de Marinetti, du Corbusier, de Lénine, de Staline, d'Hitler, de Mussolini, de De Gaulle, de Mao, de Lumumba, d'Arafat, de Mandela, de Nasser, de Sartre, de Beauvoir, d'Althusser, de Derrida, de Deleuze, de Russell, de Lacan, de Foucault, de Bourdieu, de Badiou, de Butler, de Feynman, de Dirac, de Dawkins, de Hawking … et de tant d'autres hurluberlus débiles qui ont dénaturés le monde et ont promu le déni de réalité au rang d'art majeur.

C'est cela tuer la Tradition : ôter du Réel tout ce qui le constitue, au profit de formes pures et vides qui deviennent les nouvelles idoles du crétinisme à la mode.

 

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Dès après la fin de la seconde guerre mondiale et pendant très longtemps, le CNRS fut une succursale du PCF (encore un cadeau de De Gaulle). On comprend alors pourquoi tout le monde universitaire français n'a jamais été qu'une vaste colonie socialo-gauchiste ayant abouti à un colossal effondrement du niveau intellectuel aujourd'hui aussi tragique que pathétique.

 

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Le 03/04/2018

 

Le Télos implique le Logos qui construit le Kosmos.

 

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Ouistreham …

Il m'est impossible d'accepter qu'une hécatombe militaire (le débarquement allié du 6 juin 1944) puisse devenir un fonds de commerce touristique.

 

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Nous sommes passer du rêve d'une "société des loisirs" à la réalité d'une société de l'amusement et du jeu.

 

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Prendre Marx encore au sérieux aujourd'hui, c'est comme croire au Père Noël ou aux contes de fée …

Marx n'est pas un philosophe, c'est un idéologue : il ne cherche pas la vérité, mais qui veut changer le monde selon ses phantasmes. Freud fit exactement la même chose.

 

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D'un anonyme manifestement au courant :

 

"Le modèle Facebook en question...

Le scandale 'Cambridge Analytica' plonge le réseau social et largement tout le secteur des nouvelles technologies dans une crise de confiance très importante. Cette société ayant utilisé par des moyens frauduleux et illégaux les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook pour alimenter la campagne de Trump aux États-Unis et le référendum sur le Brexit. Pour beaucoup dans le monde, il y a lieu de créer une agence de régulation du numérique pour éduquer le public, éviter les fuites de données et infliger de lourdes amendes si nécessaire. À noter que les mea-culpa de Facebook ont été publiés dans les journaux papier américain et anglais. Mark Zuckerberg semble admettre que le format papier reste une valeur sûre quand on veut être pris au sérieux ..."

 

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Dans le onzième volume de son "Contre -histoire de la philosophie", Michel Onfray écrit, en parlant de l'avènement d'un paradigme nietzschéen pour l'après-modernité :

 

"L'égotisme n'est pas à craindre, le sujet se trouvera dilué, mais la constitution d'une caste, d'une élite, d'une aristocratie qui se couperait du reste du monde pour mener sa vie philosophique nietzschéenne de façon littéraire ne doit-elle pas être redoutée ?"

 

Non, Michel, pas "redoutée", mais "attendue" ! Il est vital que les communautés humaines abandonnent le sacro-saint et stupide principe d'égalité et retrouvent une structure qui différencie la masse des wagons qui s'amusent et ne revendiquent que le panem et circenses, et la locomotive qui construit l'avenir et tire le reste derrière elle.

Le temps où l'on a fait croire et semblant de croire que cette locomotive serait l'Etat, est définitivement révolu.

Ni l'Etat hégélien, ni le Prolétariat marxien, ni la Finance friedmannienne ne peuvent prétendre être les moteurs de l'évolution humaine.

Il faut à l'humanité une nouvelle caste sacerdotale (aristocratique et élitaire, pour reprendre les mots d'Onfray) porteuse et garante d'un projet global au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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Un (ir)responsable syndical déplorait, ce matin, le "délabrement de la cohésion sociale" …

C'est un aveu !

Même ce syndicaliste imbécile commence à comprendre que presque plus personne n'est solidaire de son système éculé, bâti sur des prébendes et les avantages acquis, sur des fonds de commerce institutionnels et la tyrannie de minorités victimaires, sur des protections et des privilèges.

Il n'y a pas de délabrement de la cohésion sociale ; il existe, aujourd'hui, d'autres cohésions volontaires totalement désolidarisées du système obsolète, archaïque et idéologiquement vidé que représentent les syndicalismes.

C'est le fait syndical lui-même qui est mort et dont le cadavre empeste encore dans les bureaucraties publiques et privées.

 

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Le seul grand danger migratoire, aujourd'hui, est l'africanisation de l'Europe.

La Méditerranée doit être un mur, pas un pont.

 

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Le 04/04/2018

 

De Stéphane Rozès ("Le Monde") :

 

" Si l’individualisme et le repli ont pu progresser depuis le début des années 1990, la France est toujours très majoritairement antilibérale et attachée à la souveraineté nationale, à la République et à notre modèle social. "

 

Et c'est bien ça le problème majeur de la France qui reste archaïquement social-étatiste, jacobine et nationaliste.

Et la suite …

 

" Les Français estiment que la SNCF, l’école ou l’hôpital ne fonctionnent pas assez bien, mais ils demeurent attachés au service public et à ses missions : égalité, continuité, accessibilité, mais aussi qualité et réactivité. "

 

Le "service public" est un mythe, un vieux relent d'idéologies socialo-gauchistes définitivement obsolètes. Une entreprise publique est forcément une gabegie déficitaire à charge des contribuables, sans la moindre considération pour eux, totalement inefficace et non rentable, bourrée de privilèges, prébendes et autres népotismes et clientélismes. Le fonctionnarisme et le bureaucratisme qui l'accompagne toujours, est un cancer sociétal qui ronge les tissus sains jusqu'à la mort (cfr. Michel Crozier).

Que les services de base puisse être accédés gratuitement par les vrais nécessiteux, c'est une évidence ; mais ceux-ci constituent de l'ordre de 10% des la population et pas plus !

Rappelons qu'aujourd'hui, au nom d'un social-étatisme imbibé de misérabilisme et de victimisme, 43% des ménages ne paient pas un sou d'impôts (et les grands groupes financiaro-industriels ne paient que le tiers de ce qu'ils devraient par les techniques imparables de "l'optimisation fiscale").

Quant au "modèle social français", on le prétend obstinément remarquable, mais on ne le remarque que par son inefficience somptuaire et personne, dans le monde, n'en veut !

 

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Finkielkraut a raison de louer Macron d'avoir enfin désigné l'ennemi qui est le nouveau moteur, au prétexte d'anti-israélisme, de l'antisémitisme barbare (et, au passage, de l'anti-républicanisme et de l'anti-européanisme) : l'islamisme (synonyme de salafisme, de wahhabisme, de terrorisme, de djihadisme, de frèrisme … et de 'hamas : cessons de jouer sur les mots par crainte "d'amalgame" - il n'y a pas d'amalgame possible lorsqu'il s'agit d'une seule et même chose clairement identifiée mais différemment nommée).

Cette "chose" est simple et absurde : la volonté coranique de soumettre tous les peuples de la Terre, bon gré, mal gré, à la charia.

Et tant que les musulmans respectables ne dénonceront pas urbi et orbi cet islamisme, ils devront être considérés comme suspects et collabos, comme ennemis publics,  et devront être expulsés vers leur pays d'origine, quel qu'il soit, et quelles que soient les circonstances historiques de leur arrivée en Europe.

 

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Par-dessus tout, j'aime l'intelligence. Toutes les formes d'intelligence authentique.

 

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L'étranger ne se définit plus par rapport au pays d'à-côté. Il se définit par rapport au continent d'en face.

Les Européens en Europe, les Africains en Afrique, etc …

 

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La gestion des migrants doit être soumise à quelques règles simples :

  • N'est admissible qu'une personne dont on a réellement besoin en termes de compétences, de talents et de volonté de travailler durablement.
  • N'est naturalisable qu'une personne ayant fait ses preuves, professionnelles et civiques, pendant cinq ans.
  • Avant d'être dûment naturalisée, une personne immigrante n'a aucun droit aux assistanats sociaux quels qu'ils soient.
  • Sont admissibles les conjoints et enfants directs d'une personne admise, mais sans jamais de naturalisation d'office puisqu'ils sont soumis, individuellement, aux mêmes règles de naturalisation que l'immigrant accepté.

Ce code est celui qu'appliquent les Etats-Unis, le Canada, les pays scandinaves et bien d'autres pays conscients du danger de l'immigration massive de personnes parasitaires.

 

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Le 06/04/2018

 

Concernant les oracles et les mancies, les traditions occidentales (méditerranéennes) et orientales (chinoises) divergent radicalement.

En occident, le souhait est de prédire l'avenir, d'annoncer avec exactitude et précision ce qui va advenir à court ou moyen termes (le long terme, lui, est plus déterministe et se prête mieux à des modélisations - ce que fait la prospective) ; cet espoir de prédiction rapprochée ne peut qu'être déçu car il n'est pas possible, en toute rigueur, de prédire quoique ce soit de précis puisque l'univers n'est pas déterministe et que les systèmes complexes - dont les humains - possèdent une faculté d'autonomie relative qui rend les trajectoires de vie imprévisibles. Tout l'art des augures consiste alors à énoncer des "prédictions" (cfr. les oracles sibyllins de la Pythie de Delphes ou les Centuries de Nostradamus) dont la formulation est telle qu'elles deviennent interprétables par chacun comme conforme à son propre cas, alors qu'elles n'énoncent que des banalités (cette technique éprouvée et testée dans des laboratoires de psychologie appliquée porte un nom, mais je l'ai oublié).

En revanche, les traditions chinoises ne visent aucunement à prédire l'avenir, mais bien de donner à la personne qui consulte, des éléments symboliques pour trouver elle-même la réponse à une question préalable qu'elle se pose. C'est, par exemple, le cas pour le Yi-King qui, par tirage au sort, fournit un hexagramme (il en existe 68) porteur de messages symboliques que la personne qui consulte, doit interpréter dans le cadre de la question qu'elle pose, afin d'y trouver réponse elle-même.

 

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Il existe un vieux malentendu entre la physique et les mathématiques.

La physique tend à s'approcher, asymptotiquement d'une représentation cohérente et profonde du Réel. Les mathématiques, quant à elles, ne sont qu'un langage tautologique de représentation parmi d'autres, basé sur des conventions lexicales (des définitions et des axiomes) et syntaxiques (une logique rigoureuse elle aussi conventionnelle).

Lorsque Copernic dit qu'il faut quitter l'ancienne représentation géocentrique pour une nouvelle représentation héliocentrique, il ne parle pas de physique, mais de mathématiques ; ce qu'il dit implicitement, c'est ceci : ni le Soleil, ni la Terre ne sont le centre de rien puisque le Réel n'a pas de centre et que chaque lieu particulier peut être pris pour centre d'une représentation de l'univers qui lui est relative ; ce qu'il dit ensuite, c'est que si l'on choisit le Soleil pour centre référentiel de la représentation, les équations qui décrivent les trajectoires des planètes - dont notre Terre - deviennent formellement beaucoup plus simples à exprimer : elles sont des ellipses donc des polynômes du second degré.

De même, lorsque la théorie de la relativité générale dit que l'espace "réel" est non-euclidien, donc courbe et riemannien, elle ne dit rien du Réel ; elle dit seulement que si l'on définit la "droite" comme la trajectoire d'un photon lumineux, on construit une géométrie de représentation formelle qui permet d'exprimer les phénomènes de gravitation de façon plus simple qu'en s'obstinant à user d'une métrique d'espace-temps euclidienne, galiléenne ou newtonienne. Il ne faut pas dire que l'univers est courbe ; il faut dire qu'en choisissant un référentiel conventionnel riemannien, on obtient une formulation plus élégante et plus utilisable de certains phénomènes physiques comme la gravitation.

Il en va encore de même, mais de façon plus évidente, pour le formalisme quantique qui a inventé un nouveau langage (fait de fonctions d'ondes et d'opérateurs) pour représenter certains phénomènes nanoscopiques dont la réalité physique se situe en-deçà du seuil de mesurabilité. : il ne s'agit plus de "comprendre" ce qui se passe vraiment, il s'agit de rendre compte, statistiquement, des résultats de mesure dont le processus est du même ordre de grandeur que le phénomènes mesurés lui-même.

Dans les trois cas, copernicien, quantique et einsteinien, il s'agit de choisir un dialecte mathématique qui simplifie la représentation du Réel, mais ce dialecte ne dit rien de la réalité du Réel.

Aussi, je suis de plus en plus convaincu que la physique fondamentale doit séparer deux démarches : la première concerne la physique profonde qui vise à poser une "vision" globale, métaphysique voire mystique, du cosmos afin de rendre compte, qualitativement, de la cohérence du Réel ; la seconde concerne la physique mathématique qui vise à traduire cette "vision" dans un dialecte mathématique le plus adéquat possible. Une troisième physique, expérimentale cette fois, vient compléter le tout en vue de corroborer, empiriquement, les résultats prévisionnels donnés par les modèles de la physique mathématique, afin de valider les "visions" de la physique profonde.

On retrouve là mon analyse déjà si ancienne des trois univers : l'univers-réel (la physique profonde), l'univers-modèle (la physique mathématique) et l'univers-image (la physique expérimentale).

Au cours des 19ème et 20ème siècles, la mode positiviste a réduit ce ternaire à un binaire (une physique mathématique face à une physique expérimentale) et a totalement occulté les non-dits implicites des chercheurs (les vrais enjeux des discussions entre Einstein et Bohr, par exemple, étaient avant tout métaphysique).

Il reviendra au 21ème siècle de reconstruire le ternaire de base sans lequel aucune avancée importante de la pensée physicienne ne sera possible, si l'on veut sortir des impasses et incompatibilités des deux modèles standards actuels (cosmologique et quantique).

 

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Les trois secrets de la sérénité et, donc, de la joie : ritualiser, observer et anticiper.

La ritualisation n'est ni la sanctuarisation, ni la routine : il s'agit de s'obliger à prendre le temps de répéter des gestes de joie et d'apaisement, des exercices de décontamination hors du monde, des instants sacrés pour rejoindre l'intemporel, une ascèse pour la sacralisation du Réel, de la Vie et de l'Esprit.

L'observation n'est autre que l'ouverture et l'attention à l'ici-et-maintenant, à la présence du présent et au présent de la Présence.

L'anticipation consiste à considérer en détails ce qui est en cours, à visualiser les circonstances, les comportements et les attitudes, à envisager, toujours, le pire cas possible et à y préparer une réponse pour "être prêt au pire".

 

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Le 07/04/2018

 

L'Italie …

Encore, comme la France ou l'Allemagne, une construction artificielle récente, due à Cavour (Garibaldi est un comique qui n'a fait que défoncer des portes ouvertes … mais que le socialo-gauchisme a monté en épingle). En Italie, le nord et le sud n'ont rien de commun : au nord, l'héritage des Goths (le "blond vénitien"), au sud, l'héritage de la Grande Grèce et des Maures.

Au sud la haine de l'Etat italien et les racines sociales de la Camorra et de la Maffia. Au nord, les cités industrieuses (Turin) et commerçantes (Venise, Gènes), jalouses de leur autonomie. Au milieu : Rome et feux les Etats pontificaux qui n'appartiennent pas à l'Italie, mais à la catholicité.

Le fascisme mussolinien fut un socialisme antilibéral mais peu antisémite, qui a "mis de l'ordre" dans le sud et mis la maffia au pas, mais n'a pas résisté aux séductions hitlériennes.

Aujourd'hui, les partis classiques sont morts (comme en France) et le vrai combat se situe entre "les cinq étoiles" (Movimento Cinque Stelle de Luigi Di Maio) qui veulent abolir la politicardise des caciques démagogiques et prônent une politique libérale et écologiste, et "la ligue" (la Lega) qui vise la sécession entre nord et sud et exprime un populisme régressif du type FN.

 

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Le référentiel de la modernité est mort.

Il ne reste que deux scénarii : la régression vers les mythes archaïques ou le saut dans l'inconnu devant.

Tous les débats politiques, pour l'heure, se réduisent à ce dilemme. Tout le reste est bavardage médiatique stérile.

 

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Le 08/04/2018

 

Nietzsche, héritier des philosophes romantiques allemands (Schelling et Hegel, surtout), récuse radicalement toutes les philosophies du sujet (platonisme, cartésianisme, existentialisme, phénoménologisme, psychanalytisme, …) puisqu'il nie l'individualité pour n'en plus faire qu'une modalité d'expression locale et temporaire de la "volonté de puissance" - qui est l'Intention cosmique.

Pour lui comme pour moi, toute individualité - comme l'humanité, prise globalement, collectivement - n'est qu'épiphénomène sans beaucoup d'intérêt.

Seul le cosmique importe.

 

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Le structuralisme ne fut, au fond, qu'un moment précurseur des sciences de la complexité et des systèmes complexes. Il affirme, en somme, que c'est la structure des relations au sein du système et entre le système et son milieu, qui détermine la forme et le comportement de celui-ci.

Ce n'est évidemment pas faux : la structure relationnelle est, effectivement, plus permanente et plus pertinente que les composants élémentaires qui, souvent, y sont très interchangeables (le structuralisme est donc radicalement opposé à l'analycisme cartésien).

Mais le structuralisme niait l'évolution et prétendait que les structures sont indépendantes de l'histoire ; le structuralisme fut donc une forme d'idéalisme pythagoricien ou platonicien. Ce qui n'avait pas été perçu par le structuralisme c'est que ces structures  structurantes sont, elles aussi, évolutives, mais à des rythmes souvent plus lents que celui du remplacement des composants élémentaires.

Le pas qu'a manqué le structuralisme, est celui qui mène à comprendre que la structure qui organise la forme et le comportement du système, est elle-même le résultat d'une logique propre d'un processus holistique dont le système n'est qu'une coupe temporelle à un moment donné.

Cette logique propre est la mise en œuvre de l'intention universelle d'accomplissement en plénitude, mais déclinée sous une forme particulière, propre au genre de système auquel on a affaire.

 

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Alors que le monde latin reste enlisé dans une lutte sans fin entre la personne et la communauté, le monde germanique et le monde britannique ont tranché : pour le premier, la personne doit être au service de la communauté (discipline, solidarisme, communautarisme) et, pour le second, c'est la communauté qui doit être au service de la personne (libéralisme, privatisme, personnalisme).

 

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La grand thème du marxisme et des socialismes et gauchismes qui s'ensuivent (y compris le national-socialisme et le socialisme fasciste), est l'abolition de l'aliénation (avec deux questions : qui désaliéner ? de quoi ou de qui désaliéner ?).

Si l'action d'abolir ou de vouloir abolir ou de tenter d'abolir quelque chose est claire, la "chose" en question, savoir l'aliénation, est tout sauf limpide.

Le mot, dans ces bouches-là, n'est à prendre ni dans son acception juridique (l'aliénation d'un bien, d'un territoire, …), ni dans son acception médicale (aliénation psychiatrique de l'aliéné mental), pourtant les deux seules attestées dans le dictionnaire de l'Académie.

Alors ?

Au sens de ces idéologies, l'aliénation connote une absence ou une interdiction de liberté individuelle ou collective : le symbole de l'aliénation serait la chaîne (forcément capitaliste) qui entrave l'individu (forcément socialiste).

L'abolition de l'aliénation consisterait alors à une libération (au sens de l'abolition de l'esclavage).

Ce que Marx et tous les pitres comme lui qui l'ont suivi, n'ont pas compris, c'est le caractère aristocratique de la liberté pleinement désirée et assumée, envers et contre tout ; les masses ne demandent pas la liberté dont elles ne sauraient que faire ; elles demandent de la satiété et du confort, de la sécurité et du plaisir, du pain et des jeux.

Le seul idéal des masses, prolétaires ou autres, est de vivre bourgeoisement.

Le bourgeoisisme repu est l'antithèse radicale de l'aristocratisme libertaire.

Marx et ses suiveurs auraient bien fait de lire et de méditer le "Discours sur la servitude volontaire" d'Etienne de la Boétie ; cela aurait éviter quelques centaines de millions de morts au fil du 20ème siècle.

 

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Il faut que les idéologues cessent de s'occuper de la vie des gens !

Les masses sont veules et médiocres, et cette veulerie et cette médiocrité leur conviennent parfaitement. De quel droit tel ou tel branleur viendrait-il imposer sa propre conception de "l'homme idéal", de "la société idéale" ou de "la vie idéale" qui n'intéressent personne ?

Le cours de l'histoire montre, à suffisance, que presque tous les idéologues, révolutionnaires ou imprécateurs, sont issus des classes ou communautés qu'ils conspuent et dont ils ont honte, et n'agissent que par ressentiment et par désir obscur et morbide de "tuer le père".

 

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Le 09/04/2018

 

De Franz-Olivier Giesbert :

 

"La France n’aime pas les réformes ; elle préfère les révolutions qui ne changent rien. A cran sur ses bastions et ses préjugés, elle veut que le 'modèle social français', si bousculé par les réalités, soit gravé à jamais dans le marbre. D’où ce baroud d’honneur où ont été embringués les cheminots, les éboueurs, les électriciens, les étudiants, les salariés d’Air France. La France peut-elle se payer indéfiniment ces psychodrames collectifs qu’on veut faire passer pour des mouvements sociaux ?

Un conflit social ne se règle pas seulement dans la rue mais aussi dans les têtes. Moins notre modèle marche plus il est urgent de le renforcer. La bataille du rail n’est pas seulement sociale, elle est aussi idéologique. Si la SNCF est contrainte de se réformer d’urgence, ce n’est pas parce que l’Europe l’oblige à s’ouvrir à la concurrence mais également parce qu’elle est dans une situation financière intenable qui la met en péril : 3 milliards de déficit par an malgré plus de 10 milliards de subventions annuelles et près de 50 milliards d’euros d’endettement.

La CGT et ses affidés sont partis en guerre bien avant que la négociation ait pu commencer avec le gouvernement. Logique quand on sait qu’il y avait de l’élection professionnelle dans l’air et que les cégétistes devaient à tout prix se refaire une santé. Comme le disait ce grand penseur que fut Coluche :

'Le syndicat, c’est fait pour donner raison à des gens qui ont tort'."

 

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Prendre les choses comme elles viennent, et avancer du mieux possible avec elles.

 

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Le 11/04/2018

 

Comme la vitesse de la lumière dépasse, et de loin, la vitesse du son, il en est beaucoup que l'on croit brillants bien avant d'entendre qu'ils sont de parfaits crétins.

 

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Ce n'est ni la télévision qui abrutit, ni le numérique qui crétinise, ni les jeux vidéos qui infantilisent, ce sont les masses humaines qui sont abruties, crétines et infantiles et qui plébiscitent ce qui leur ressemble pour s'en goinfrer.

Le reste n'est qu'affaire de commerce, de mode et de prix.

Le "capitalisme" tant honni ne fait que vendre aux masses ce qu'elles souhaitent. Même s'ils poussent souvent un peu trop à la charrette, ce ne sont pas les "vendeurs" qu'il faut blâmer, mais bien tous ces consommateurs de médiocrité. Ils la désirent ; ils l'ont. Et on leur en remet des couches.

Il en va de même pour la "malbouffe" et pour toutes ces calamités odieuses qui polluent le monde de cette fin de modernité devenue, depuis 1945, l'apologue de la médiocrité et de la vulgarité sous toutes leurs formes.

Que demain reviennent en mode les bondieuseries les plus saint-sulpiciennes, et je prédis des reconversions en masse des vendeurs en marchands du Temple.

L'économie n'a pas d'état d'âme ; elle fabrique et vend ce qu'on lui demande. Ce n'est pas à elle d'éduquer les masses, mais bien à l'école.

C'est le procès de l'école qu'il faut faire ; pas celui de l'économie.

Mais l'entreprise peut aussi éduquer l'économie, l'inviter à plus d'éthique, à plus d'excellence, à plus de hauteur …

 

*

 

Lorsque Henri Lefebvre écrit : "Pas de situation révolutionnaire sans parti révolutionnaire ; par de parti révolutionnaire sans théorie révolutionnaire", il dit vrai mais totalement contre son camp marxiste. Car ce qu'il dit, c'est que les masses n'ont rien à fiche des révolutions et que les révolutions sont le fait d'infimes groupuscules d'incendiaires exaltés qui font de l'incendie une fête pour les crétins.

 

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Il est symptomatique que les idéologues veulent changer la vie des gens qui ne leur demandent rien, au nom de la morale : changer la vie des autres au nom de la morale alors que la morale n'est que la forme conventionnelle de la vie telle qu'elle est vécue par les gens.

 

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Il faut le dire et le redire : la seule mission de la politique et du politique est de garantir la qualité d'un territoire donné. C'est une mission logistique à laquelle n'incombe jamais de "faire l'histoire". La politique doit être et rester - le plus discrètement et le plus légèrement possible - au service de la société civile.

 

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Un prolétaire ou, si l'on préfère, un salarié ou un fonctionnaire, c'est un domestique qui accepte, par servitude volontaire, de travailler pour quelqu'un d'autre ; c'est donc un lâche qui n'a pas les couilles de travailler pour et par lui-même.

 

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Pourvu que personne ne vienne polluer ni ma vie, ni mon monde, chacun vit comme il l'entend !

Voilà tout le privatisme libéral … Il est l'antithèse absolue de tout idéologisme, de tout moralisme, de tout sociétalisme.

Une forme de subsidiarisme radical : chacun résout ses propres problème comme il l'entend, à l'intérieur de sa propre bulle existentielle.

Cela n'exclut nullement ni l'entraide, ni la solidarité, ni l'amitié, ni la fraternité pourvu qu'elles soient strictement volontaires et librement choisies.

Le privatisme n'a rien d'un égotisme ou d'un égoïsme ; le privatisme suppose que je ne m'occupe pas de la vie de l'autre sauf s'il me le demande, d'abord, et que je l'accepte, ensuite.

 

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De Hegel dans "La Raison dans l'Histoire" :

 

"Les grands hommes de l'Histoire sont ceux dont les fins particulières contiennent la substantialité que confère la Volonté de l'Esprit du monde."

 

Autrement dit : chacun, à son niveau, par son accomplissement propre, n'est que l'ustensile - souvent inconscient - de l'accomplissement du Tout.

 

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Quand la peste rouge (les socialismes idéologiques) se mélange avec la peste verte (les impérialismes islamistes), cela produit la peste brune (les socialismes populistes).

Voilà tout l'islamo-gauchisme ambiant avec ses Plenel et autres Tubiana.

 

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Le leitmotiv du socialo-gauchisme est la "défense des opprimés". Le victimaire est son fonds de commerce. Et, puisque des vraies victimes de "l'oppression ambiante", il n'y en a plus guère, on invente des fausses victimes qui se prêtent d'autant plus volontiers au jeu qu'elles en tirent profit.

Il y a les homosexuels. Il y a les "femmes harcelées" (sans nier les femmes réellement victimes de vrais violences sexuelles). Il y a les "musulmans". Il y a même les animaux de boucherie (sans nier qu'il y ait là d'immense progrès d'humanité à faire).

Bref, il y a partout des minorités qu'il est aisé de déguiser en "victimes" d'un système que le socialo-gauchisme hait plus que tout, et qu'il hait d'autant plus que ce système l'a largement et profondément rejeté depuis une bonne dizaine d'années.

 

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L'homme est-il libre ? Ontologiquement et intrinsèquement libre ? Non !

Mais il peut le devenir … existentiellement et pratiquement.

L'homme ne naît pas libre ; mais il peut le devenir.

Et bien peu ont le courage d'essayer de le devenir.

 

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Les hommes naissent égaux en droit. Ah oui ?

Ai-je le droit à la connaissance lorsque je suis intellectuellement débile ?

Ai-je le droit à l'amour lorsque je suis affectivement sec ?

Ai-je le droit à l'extase lorsque je suis spirituellement vide ?

Ai-je le droit à la reconnaissance lorsque je suis humainement abject ?

Ai-je le droit à la compassion lorsque je suis moralement infâme ?

Ai-je le droit à l'honneur lorsque je suis pratiquement ignoble ?

Etc …

Non ! Chacun possède les droits qu'il mérite. Rien de plus.

 

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Marcuse renvoie le petit bourgeois Sartre dans ses oubliettes en demandant : comment peut-on écrire, d'une part, que les hommes sont libres et que, d'autre part, ils doivent le devenir ?

Sartre : une montagne d'absurdités !

 

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Il faut que la philosophie revienne dans le Réel, non pour y fonder des idéologies - toujours humaines, trop humaines -, mais pour échapper enfin à tous les idéalismes et rebâtir une métaphysique du Réel.

Il faut faire taire ces logorrhées stériles que l'on appelle philosophies du sujet, philosophies du langage, philosophies phénoménologiques, philosophies analytiques, philosophies existentialistes, etc …

Il faut, une bonne fois pour toutes, dépasser la bipolarité entre sujet (et ses outils de représentation) et objet (et ses mystères intrinsèques), pour passer le haut seuil et enfin entrer de plain-pied dans la philosophie de l'Un (de son projet et de son trajet) et dans la métaphysique du Devenir.

 

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* *

 

Le 12/04/2018

 

D'Olivier Babeau :

 

"Les jeunes contestataires de 2018 ne veulent plus changer le monde mais considèrent ingénument qu'ils ont 'droit à' être dispensés de l'effort, du risque, de la responsabilité."

 

Et le Figaro de titrer : "Universités : nos 'révolutionnaires' ont l'état d'esprit de préretraités de 20 ans".

 

La baisse de niveau dans les Universités est telle (finir sa licence, aujourd'hui, c'est atteindre le niveau du baccalauréat en 1970), que l'on y trouve des hordes de glandeurs ignares qui viennent passer quelques années aux frais de leurs parents et, surtout, des contribuables, pour obtenir un diplôme qui ne vaut rien, dans l'espoir fallacieux de décrocher un emploi à vie.

Si, de plus, on considère que le monde professoral universitaire, dans nombre de facultés "touristiques" (lettres, philologie, sociologie, politologie, psychologie, économie, histoire, art, …), est largement un ramassis de socialo-gauchistes "hors sol", on comprend que tout cela tourne en eau-de-boudin.

Que faire ? Voici mes propositions …

 

Les universités ne sont pas au service de l'emploi ; elles sont au service de la Connaissance.

Leurs diplômes ne sont pas des passeports d'avenir, mais des attestations d'acquis.

Il faut donc que les universités quittent radicalement le giron de l'Etat, recouvrent leur totale autonomie (académique, administrative et financière) et sortent du rôle qui leur a été assigné, d'être des "amortisseurs" de chômage.

 

Les étudiants doivent redevenir totalement responsables de leur parcours et en assumer tous les efforts tant intellectuels que financiers.

L'égalité des chances doit être assurée par le biais de bourses au mérite et de prêts d'étude. Le parcours des étudiants doit être évalué annuellement par des examens exigeants et sérieux, et donner lieu à une cotation quantitative claire. L'inscription à tout parcours universitaire doit être subordonné à la réussite d'un examen d'entrée (et non à un concours), faculté par faculté, pour évoluer si l'impétrant possède le niveau minimum requis pour entamer ses études.

 

L'année académique doit comporter 30 semaines faite, chacune, d'au moins 30 heures de cours et de travaux pratiques. En sus des trente semaines de cours, l'année académique doit inclure deux mois de travail pour la préparation et la passation des examens de fin d'année (ce qui laisse 12 semaines de congé consacrées à des travaux intelligents). La notion de stage doit être éradiquée car elle concerne l'emploi et non l'acquisition de Connaissance. Le parcours académique (la fin du mastère, donc) doit être clôturé et sanctionné par la soutenance orale d'un travail écrit de fin d'étude, réalisé selon des normes scientifiques strictes. L'éventuel accès à un parcours doctoral postérieur doit être subordonné à la qualité de ce travail de fin d'étude.

 

Le corps professoral doit être astreint à un contrat d'emploi salarié du type CDI, selon les normes du droit du travail, avec obligation d'assurer lui-même ses charges de cours, d'examens et de suivis des travaux de fin de cycle. Les assistants, toujours sous CDD, peuvent être chargés de la préparation, de l'organisation et de l'animation des travaux pratiques.

 

Qui dit mieux ?

 

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Les habitants des grandes villes vivent totalement dans l'artificialité. Ils sont déconnectés du réel, "hors sol". Et comme la plupart des politiciens nationaux viennent des grandes villes … CQFD.

 

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Outre l'anabaptisme qui revendique une non-filiation avec le catholicisme, le christianisme dit "protestant" est essentiellement composé de trois branches : le luthérianisme, le calvinisme et l'évangélisme (baptisme, pentecôtisme, …).

Ces trois branches se distinguent essentiellement sur leur vision du Salut : par la morale chez les luthériens, par la prédestination chez les calvinistes, par la conversion personnelle chez les évangélistes.

Cette troisième branche a aujourd'hui le vent en poupe face au dessèchement spirituel des autres courants chrétiens. Elle cultive une forme de quiétisme et de piétisme, enrobée de joie communautaire, simple et vivace.

 

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De Michel Onfray :

 

"(…) tous les intellectuels idéalistes (…) persistent à dissocier le texte (sacré) et son incarnation (imparfaite) en affirmant que le réel n'a rien à voir avec l'idée dont il procède. Ce genre de fantasme platonicien traverse les époque (…)."

 

Oui, Michel. Et c'est bien ça le problème. Il faut encore et toujours tuer Platon !

 

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Donner un pouvoir à quelqu'un ou à un groupe qui ne sont pas capables de l'assumer, c'est évidemment provoquer l'échec assuré et courir le risque d'une tyrannie cherchant à cacher cette incompétence et cet échec.

C'est là ce que révèle l'histoire de l'URSS, de la Chine maoïste et de tous les régimes socialo-communistes ou socialo-fascistes.

C'est aussi, mais de façon plus pernicieuse et insidieuse, la leçon que donnent nos (socialo-)démocraties au suffrage universel, c'est-à-dire nos démagogies électoralistes et carriéristes.

 

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Qu'on l'accepte ou non, toutes les formes de socialisme ont été de sanglants ou misérables échecs. Les indécrottables croyants de la religion socialo-gauchiste sont irrévocablement condamné au déni de réalité.

L'homme n'est pas un animal social. Il n'a cure du "bien commun" ; il veut juste que les autres lui fichent la paix et le laissent profiter de sa vie comme il l'entend.

Pendant tout le vingtième siècle (et encore parfois aujourd'hui), bien des "intellectuels" se sont échinés à mentir, à tricher et à manipuler pour maintenir, contre vents et marées, le mythe et la mythologie marxistes. Ces imposteurs sont connus : Sartre, Beauvoir, Althusser, Badiou, Bourdieu, Deleuze, Derrida, Marcuse, Lefebvre, Vaneigem, Garaudy, Debord, Aragon, Lénine, Adorno, Horkheimer, Gadamer, Merleau-Ponty, Hocquenghem, Guevara, Davis, Guattari, Lacan, Baudrillard, Derrida, Barthes … et tant d'autres hallucinés, fascinés par Marx et ses crétineries simplistes.

 

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Il est intéressant de constater qu'une des toutes premières revendications des "révolutionnaires" gauchisants, depuis bien longtemps (cfr. Sartre, Beauvoir et Marcuse qui en est un parangon), vise la "libération de la libido", l'amour libre, l'éradication du couple et de la fidélité, l'impudicité, etc …

Prôner la "révolution", c'est en fait tenter d'exorciser ses propres frustrations sociales et sexuelles.

Pour faire court : les apologistes de la partouze (donc de la révolution) sont les laidrons qui, sinon, ne tireraient jamais leur coup !

 

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Il faut réactualiser cette bipolarité connue entre principe de plaisir et principe de réalité. Aujourd'hui, triomphent totalement le principe de plaisir et le déni de réalité.

Mais ce triomphe est suicidaire et instaure une logique exponentiellement croissante des pénuries et des pollutions, des nonchalances et des facilités.

L'humanité mourra-t-elle de plaisir ? Elle est bien partie pour cela, en tous cas …

 

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Ne jamais confondre conservatisme et traditionalisme.

Le conservatisme vise une statique. Le traditionalisme est un dynamique.

Le conservatisme fige et duplique. Le traditionalisme vit et se déploie, mais selon une logique et des règles éprouvées.

 

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Hédonisme non consumériste : parfait oxymore !

 

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Les années 1960 et suivantes étaient nimbées d'un mythe dont il faut, à présent, déchanter à toute vitesse. En ces temps-là, on affirmait que la surproductivité des robots et l'inépuisabilité des ressources promettraient une société d'humains totalement dédiés au plaisir, au loisir, à l'abondance, au non-travail, au farniente,  à l'art, au spectacle, etc …

Un demi siècle plus tard, le monde foisonne encore de nostalgiques hébétés de cette utopie puérile (dont Herbert Marcuse fut le chantre halluciné), qui refusent de voir la réalité en face : la pénurie galopante des ressources impliquent une décroissance drastique de la démographie humaine et de ses consommations matérielles, et une croissance incontournable de la frugalité technologique et de l'activité personnelle.

Le monde a été riche, mais il est à présent condamné à la pauvreté éternelle : tous les stocks immémoriaux ont été dilapidés en deux siècles. Il ne reste que le strict nécessaire pour la survie d'une minorité d'humains.

 

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Tout ce qui est inutile doit être éliminé.

Tout ce qui est utile doit être beau.

 

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La Torah éclaire merveilleusement, malgré son grand âge, la diversité des natures humaines.

Suite au durcissement de l'esclavage imposé par Pharaon et à la sortie d'Egypte, les Hébreux s'organisent en quatre clans. Outre la tribu sacerdotale des lévites qui, elle-même se scinde en deux (la famille d'Aaron et les autres), le peuple hébreu prend trois postures : ceux qui regrettent l'esclavage et "les pots de viandes et de poireaux" (ceux qui aspirent à la servitude volontaire, dont sortiront les meneurs rebelles), ceux qui, portés par la Loi et le Sanctuaire, veulent atteindre la Terre promise (dont sortira Josué de la tribu d'Ephraïm, successeur de Moïse), et ceux qui suivent par indifférence, par mollesse, par fatalisme, … on ne sait trop.

 

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Il faut le (re)dire une bonne fois pour toutes …

Il n'existe aucune classe sociale : sur tous les critères possibles de différenciation, une société humaine présente des gaussiennes statistiques sans rupture.

Tous les modèles économiques, politiques ou idéologiques construits sur la notion de classe sociale sont purement et simplement faux.

 

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D'Alfred North Whitehead :

 

"La fonction de la Raison est de promouvoir l'art de vivre."

 

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Sur Raoul Vaneigem …

Il a huit ans. Son petit chien est écrasé par un automobiliste qui achève l'animal. La grosse voiture et l'acharnement du conducteur appellent, dans son chef, une conclusion idéologique définitive : la cruauté sadique du capitalisme.

C'est avec ce genre de raccourci débile que l'on a pourri le monde intellectuel. Comme si, dans une société collectiviste et socialiste, il ne pouvait y avoir de salaud à s'acharner sur une petite bête inoffensive (même avec une Trabant) !

 

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De Raoul Vaneigem, précisément, libéré des fantasmes situationnistes :

 

"Je refuse d'être un maître à penser, je n'ai jamais ambitionné ni de fonder un parti, ni de constituer un exemple, ni d'offrir un modèle en quoi que ce soit. Je ne veux pas être suivi, imité, singé. Je vais mon chemin, je me fous du reste, cela suffit à mon plaisir."

 

Je fais mienne cette déclaration solennelle.

 

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De deux choses l'une : ou bien on est libre et donc responsable de ce que l'on dit et fait, ou bien on ne l'est pas et l'on assume son statut d'esclave et les coups de bâton qui vont avec.

 

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Hors violence instantanée (le viol, par exemple), il n'est de victime que consentante. Tout humain adulte peut toujours partir avec son baluchon sur l'épaule. S'il reste, il consent. S'il consent, il est complice. S'il est complice, il est coupable.

 

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En détruisant l'école, en en baissant son niveau et en y inoculant un égalitarisme imbécile, le socialo-gauchisme, depuis 1968, a simplement réussi à favoriser les filles et fils de bourgeois instruits qui pouvait compenser, à la maison, les carences scolaires, et à affaiblir encore les filles et fils d'ouvriers qui n'avait d'autre nourriture intellectuelle que le brouet insipide et pauvre du pédagogisme débile de l'éducation nationale.

La tentation égalitaire aboutit toujours à abaisser les faibles et à renforcer les forts.

 

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Le 13/04/2018

 

Du livre des Nombres (14;28), c'est YHWH qui parle :

 

"Il a dit : 'Dieux, Vivant Moi Je suis ('Hay-Any)' (…)."

 

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La tentation totalitaire (cfr. Jean-François Revel) et la tentation égalitaire sont une seule et même chose.

L'égalitarisme appelle le totalitarisme. Et réciproquement.

L'égalitarisme nie la différence. Or la différence est la réalité. Il faut donc la violence totalitaire pour nier et contrefaire la réalité afin, soit d'assassiner la différence (socialisme fasciste), soit de la faire entrer de force dans un moule trop étroit (socialisme communiste).

 

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Le double problème de l'impérialisme islamiste et des migrants africains pose la double question du différencialisme ou de l'universalisme, d'une part, et du sociétalisme ou du communautarisme, d'autre part.

Les accepte-t-on ou pas ? Et, si oui, les intègre-t-on ou pas ? Tant que l'Europe (car c'est une problématique continentale et non nationale) ne répondra pas clairement à ces deux questions, elle continuera à s'affaiblir et à n'être que le terrain de jeu de ceux qui, eux, y ont répondu.

 

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Dans le Réel, tout est hapax.

Tout ce qui arrive, n'arrive qu'une seule fois.

Tout ce qui existe, est unique.

Et malgré cela, tout est cohérent, tout est Un.

Tout ce qui arrive, n'arrive qu'une seule fois, mais en totale cohérence avec tout ce qui est déjà arrivé partout ; et, comme tout ce qui est déjà arrivé partout est, à chaque instant, différent, tout ce qui y arrive est totalement nouveau et unique.

La conséquence d'un tout qui n'est jamais le même, ne peut qu'être unique.

 

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La notion d'illibéralisme, inventée naguère par Rosanvallon (de la CFDT) et mise à la mode aujourd'hui par le nationaliste hongrois Orban, est un néologisme inutile et trompeur là où des mots tels que populisme, antilibéralisme ou conservatisme suffisent largement.

 

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David Banon écrit dans "L'oubli de la lettre" à propos de la fin de la prophétie :

 

"Dieu ne parle plus aux être humains - la voix s'est tue."

 

Ce n'est pas Dieu qui s'est tu, ce sont les hommes qui ne savent plus l'entendre … ou qui n'écrivent plus ce qu'ils entendent.

 

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Pour le fondamentaliste, le texte sacré est un signifié.

Pour le mystique, il est un pur signifiant.

Le mystique ne peut que plaindre le fondamentaliste.

Le fondamentaliste ne peut que persécuter le mystique.

 

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Il y eut d'abord des mystiques, puis des prophètes, puis des sages, puis des maîtres, puis des professeurs, puis des …

 

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Etymologiquement, être responsable, c'est être capable de répondre (n'être pas irresponsable, donc) et être susceptible de devoir répondre (être justiciable, donc) aux questions posées à propos de ce que l'on a fait ou dit.

Être libre implique d'être responsable de ce que cette liberté produit.

L'aliéné irresponsable n'est pas libre. Le tyran non justiciable ne l'est pas non plus.

Il n'y a donc pas si loin de la tyrannie à l'aliénation. Tout tyran est fou et tout fou est tyrannique.

 

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Ce que l'on nomme "Je", n'est en fait que la mémoire accumulée de l'histoire singulière d'un bourgeonnement sur un infime rameau de l'arbre cosmique.

 

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Le huitième chant des Gathas de Zarathoustra dit ceci :

 

"Ahura Mazda a établi la loi de l'existence de manière à ce que le bonheur appartienne à celui qui rend les autres heureux. (…) Précisément, le plus grand bonheur atteindra celui qui dans sa vie matérielle et spirituelle montre aux autres le chemin lumineux du bonheur (…) car c'est sur cette voie d'accomplissement qu'il deviendra (…) libre, sage et porteur de développement."

 

Et cette question terrible du Dieu ("créateur de l'existence") au Prophète :

 

"Qui es-tu et à qui appartiens-tu ?"

 

Le mot-clé de toute cette quête spirituelle zoroastrienne est "Justesse" comme opposée au mensonge.

 

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Le récit de la "faute" dans le jardin d'Eden n'a pas été compris correctement.

Ce que Dieu souhaite, c'est que l'humain quitte l'inconscience de l'animalité et affronte son destin d'homme dans le Réel.

Il tend donc un piège à la Vivante (Eve) par l'entremise du Serpent-Devin.

Il interdit à l'Humain (Adam), avant que la Vivante ne soit extraite d'à côté de lui (et non de sa côte), de manger de l'arbre de la Connaissance du bon et du mauvais. La Vivante ne connaît cette interdiction que par ouï-dire puisqu'elle ne s'adresse nullement à elle. Et elle confond l'arbre de la Connaissance et l'arbre qui est planté au milieu du jardin - qui est l'arbre de la Vie.

Le Serpent-Divin profite de cette confusion et l'amène à manger du fruit (et non de l'arbre lui-même) de l'arbre de la Vie qui est au milieu du jardin, et nullement de l'arbre de la Connaissance.

Ensuite Dieu fait enquête et questionne l'Humain qui finit par avouer avoir mangé de l'arbre défendu (ce qui est doublement faux). C'est précisément cette confusion, cette double erreur et, disons-le, le crétinisme de l'Humain qui convainc Dieu qu'il est temps que l'Humain sorte de son état infantile et aille affronter le Réel dont la Mort et la Souffrance.

Il n'y a ni "faute", ni "péché originel", il n'y a que qu'un benêt qui ne fait pas attention à ce qu'on lui dit et dont l'esprit est lent et bouché. Il reçoit donc un pied aux fesses pour le faire grandir un peu …

 

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Le 15/04/2018

 

La France est un pays historiquement social-étatiste et antilibéral. Ce social-étatisme alterne régulièrement depuis l'existence de la république (1871) entre une forme à gauche lorsqu'il est égalitariste, et une forme de droite lorsqu'il est bourgeoisiste.

La France fonctionne dans le culte du politique et le refus de l'économique. Son problème n'est pas de fabriquer le gâteau, mais de le partager.

 

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Depuis longtemps, je suis arrivé à la conclusion que la grande mutation à réaliser chez l'humain passait par l'intériorité (la verticalité de la relation intime et personnelle entre soi, ce qui nous fonde et ce qui nous dépasse) et non par l'extériorité (les autres, la société, l'horizontalité, le vivre-ensemble, etc ...). La réforme intérieure est un préalable incontournable à l'harmonisation des relations avec le monde extérieur (les autres humains, mais aussi la Nature, la Terre, l'Univers).

Le message chrétien (le salut par l'amour du prochain) est un échec patent ... et le paradigme du christianisme (fondé à Nicée en 325 par l'empereur Constantin) touche à sa fin (désaffection des églises et des temples, pénurie de vocations, rejet des dogmes, etc ...).

Je pense que nous sommes à l'aube d'un vaste renouveau spirituel, à l'échelle de la planète, qui ira dans le sens d'un panenthéisme moniste.

En tous cas, notre époque signe la fin de tous les anthropocentrismes, en général, et de l'humanisme, en particulier : l'homme n'est pas (n'a jamais été) "la mesure de toute chose", il n'est ni le centre, ni le sommet, ni le but de l'évolution cosmique, il doit cesser de n'être qu'au service de lui-même et comprendre qu'il doit se mettre au service de ce qui le dépasse infiniment : La Vie et l'Esprit.

 

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Les "livres sacrés" des diverses traditions spirituelles et religieuses sont des signifiants purs. C'est d'ailleurs la définition même du fondamentalisme - ou obscurantisme ou fanatisme - que d'y voir un quelconque signifié précis.

L'existence réelle des Moïse, Krishna, Salomon, Lao-Tseu, Pythagore, Siddhârta, Jésus ou Mu'hammad est pleine de doutes, de lacunes et de contre-vérités … et cette incertitude historiciste foncière importe d'ailleurs très peu, voire pas du tout. Ce qui est certain, en revanche, c'est que les récits de leur vie qui nous sont parvenus, sont purement hagiographiques et emblématiques, et n'ont rien d'historiographiques.

 

 

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Le débat n'est pas de savoir si l'on peut pervertir ou ridiculiser des logiciels algorithmiques puisque c'est évidemment l'enfance de l'art, le débat est d'éliminer les illusions messianiques de l'IA et de la remettre à sa très juste et très modeste place dans l'arsenal technologique.

Ainsi, ce que l'on appelle "apprentissage" (deep learning) qui ne serait pas un algorithme, n'est qu'un méta-algorithme pour simuler de l'apprentissage.

En revenant au fondamentaux : l'ordinateur étant une machine électronique et tout son arsenal logiciel étant construit sur des processus analytiques, tout ce qui relève de l'ordinateur et de ses programmes relève du mécanicisme, c'est-à-dire du niveau le plus bas de complexité (incapable de quelque émergence que ce soit),  et donc se place à l'opposé de l'organicisme indispensable pour rendre ou imiter le Réel et sa complexité intrinsèque.

Les logiciels algorithmiques simulent, mécaniquement, certains aspects (les plus pauvres) de l'organicisme réel. L'algorithmie - connue depuis des millénaires - n'est qu'une autre manière (nécessitant d'énormes puissances de calcul) de résoudre mécaniquement des problèmes compliqués (et non complexes) par approximations successives.

Je crains qu'il n'y ait une dimension quasi religieuse (messianique, prophétique, apocalyptique) dans le phénomène appelé, à tort, "intelligence artificielle".

 

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Wikipedia donne cette définition de l'historicisme :

 

" L'historicisme est une doctrine philosophique qui affirme que les connaissances, les courants de pensée ou les valeurs d'une société sont liés à une situation historique contextuelle. Ses tenants privilégient l'étude du développement de ces connaissances, pensées ou valeurs, plutôt que celle de leur nature propre."

 

Autrement dit, l'historicisme nie radicalement l'existence des Idées platoniciennes, et récuse clairement le concept des "vérités absolues" indépendantes des contextes paradigmatiques qui les affirment, des langues qui les expriment, des époques qui les portent, des cultures qui les élaborent.

L'historicisme applique à l'histoire humaine une posture de  refus absolu de toute forme d'idéalisme. A l'historicisme d'un Hegel, s'oppose, par exemple,  l'antihistoricisme virulent d'un Karl Popper qui confond, malheureusement, historicisme processuel et déterminisme mécaniste. Ce n'est pas parce que l'histoire humaine est un processus, donc des logiques à l'œuvre, qu'elle en devient prédictible.

L'historicisme donne donc de l'urticaire à tous les idéalistes qui s'obstinent à croire, religieusement, à l'existence d'une "vérité" absolue, parfaite et immuable. Au sein d'un paradigme donné, n'est "vérité" que ce qui est cohérent avec la totalité cognitive issue de ce paradigme.

A chaque paradigme ses vérités !

Pour l'historiciste que je suis, les paradigmes se suivent et ne se ressemblent pas ; ils sont, chacun, des émergences singulières (et imprédictibles) comme réponse à l'obsolescence du paradigme qui les précède ; mais ils ne s'éliminent pas les uns les autres ; ils s'accumulent comme les cernes du bois mort d'un arbre sous le cambium vivant qui le fait évoluer et grandir et s'accomplir.

Ainsi, nous vivons la fin du paradigme moderne devenu obsolète. Ses "vérités" naguère "évidentes" s'effondrent les unes après les autres : démocratie, suffrage universel, étatisme, humanisme, rationalisme, égalité, laïcité, idéologie, hédonisme, consumérisme, économisme, financiarisme, quantitativisme, mécanicisme, solidarité, universalisme, droits-de-l'homme, réussite, société, socialisme, technicité, masse, désacralisation, classes sociales, … et beaucoup d'autres.

Ces dogmes-là sont maintenant presqu'aussi morts que ceux des religions passées.

 

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Entre une tyrannie d'intelligences bienveillantes et une tyrannie du plus grand nombre - donc des plus crétins et de leurs démagogues -, le choix est vite fait.

 

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Sur l'échelle des intelligences, quelqu'un du niveau 140 voit l'homme moyen (niveau 100) de la même manière que celui-ci voit un débile mental profond (niveau 60). Il y a entre eux la même difficulté de communication et le même désespoir d'incompréhension.

Tout le problème de la démocratie au suffrage universel et, plus généralement, des logiques de masse, vient de là.

 

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Il faut "remuer la pensée sous les mots", exhorte David Banon, et substituer "l'arbitrage à l'arbitraire".

 

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Isaïe 44;6 :

 

"Moi (Any) [je suis] premier (rishon),

Et Moi (wa-Any) [je suis] dernier (a'haron),

Et, en dehors (wa-lab'aday), aucuns dieux (ayn Elohim)."

 

Dieu est la source, le fondement, l'origine, …

Dieu est l'océan, le faîte, l'aboutissement, …

Et entre Dieu et Dieu : rien.

Déclaration à la fois moniste radicale et panenthéiste absolue.

 

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La Torah dit que, le jour du Shabbat, il faut s'abstenir de tout ouvrage c'est-à-dire de toute tâche profane afin de se consacrer exclusivement au Sacré.

Il est temps que le monde humain réapprenne le Shabbat …

 

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Par définition et étymologie, la moyenne est médiocre.

 

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Appelons un chat, un chat …

L'Afrique, en général, et noire, en particulier, n'a jamais contribué en quoique ce soit à l'avancement de l'humanité. Aujourd'hui, elle a un électroencéphalogramme socioéconomique plat, une santé sociopolitique désastreuse, mais une croissance démographique démentielle.

Plutôt que de migrer vers d'illusoires eldorados occidentaux, il faut que la population locale prenne ses responsabilités, reste sur place et se mette enfin à développer sérieusement ses propres contrées.

 

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Le 16/04/2018

 

Le zéro et l'infini n'existent pas.

 

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Le continu et l'infini doivent être dissociés.

Dire qu'est continu ce qui peut être divisé à l'infini (c'est la définition mathématique classique), revient à réduire le continu à une juxtaposition de discontinus, ce qui est incongru, et à approcher du global (le continu) par de l'analytique (les subdivisions successives), ce qui est absurde.

Le continu n'est pas ce qui est divisible à l'infini ; le continu est ce qui n'est pas divisible du tout.

On comprend donc facilement que, si le Réel est bien continu (ce sont les mesures et expériences humaines qui y introduisent du discontinu du fait des fenêtres de visibilité induites par les instruments), le calcul infinitésimal ne peut qu'être très approximatif et induit un biais qu'il faut manier avec prudence, au risque d'engendrer des paradoxes oxymoriques comme le fait si bien la mécanique quantique.

Quant à l'hypothèse de l'absolue continuité du Réel, elle est logiquement indispensable pour conserver l'idée cruciale (fondatrice de toute physique) de l'absolue cohérence de ce Réel ; le discontinu est, par définition, incohérent.

Un univers constituer de "grains" autonomes ne peut avoir de cohérence globale qu'en supposant, implicitement, une continuité sous-jacente qui unit ces "grains" d'une manière ou d'une autre. Donc, les discontinuités conceptuelles, notamment quantiques, ne sont que des hypothèses intermédiaires phénoménologiques à mi-chemin entre nos perceptions humaines mésoscopiques et la réalité nouménale continue du Réel.

 

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Ne pas confondre empirisme (toute connaissance s'origine dans la perception sensorielle) et expérimentalisme (toute connaissance doit être validée par l'expérience lorsque l'expérimentation est possible, au sens épistémologique).

Pour qu'une expérience puisse valider une connaissance, certains critères (reproductibilité, précision - la marge d'erreur doit être nettement inférieure à la quantité mesurée -, protocole vérifiable, …) doivent être satisfaits qui ne peuvent pas toujours l'être.

Si telle est le cas, il n'y a pas de connaissance, il n'y a qu'une conjecture.

 

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Dans les "sciences" humaines beaucoup plus que dans les sciences physiques, l'idéologie prime la phénoménologie.

 

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Deux erreurs bien françaises …

Croire que la réussite d'études brillantes est synonyme d'intelligence (créative).

Croire que la réussite d'études brillantes est synonyme de capacité de décision.

Ces deux croyances sont fausses et expliquent pourquoi les "élites" autoproclamées françaises sont systématiquement à côté de la plaque tant en économie qu'en politique.

 

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D'Albert Einstein :

 

"Je n’ai pas de talents particuliers. Je suis juste passionnément curieux."

 

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Selon Malebranche, l’attention est "cette prière naturelle que l’on adresse à la vérité pour qu’elle vous éclaire".

 

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Il y a ceux qui font de l'argent sur le dos des autres.

Il y a ceux qui font de l'argent au service des autres.

Plus on descend vers le sud, plus la première catégorie devient nombreuse.

 

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La Terre est notre maison et nous n'en avons pas d'autre. Il est temps que l'on s'en souvienne. Il est temps qu'on la restaure et qu'on l'entretienne. Il est temps qu'on en prenne soin.

 

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Renvoyons dos à dos le géocentrisme aristotélicien et l'héliocentrisme copernicien … Il n'y a aucun centrisme. Rien n'est le centre de rien. Tout "tourne" autour de tout. Tout ce qui existe évolue à la surface du Réel et, sur la surface d'un sphéroïde, il n'y a aucun centre.

Le choix d'un référentiel plutôt qu'un autre n'a qu'un effet, rendre les formules mathématiques des mouvements plus simples. En matière de gravitation, accoler ce référentiel de représentation au point le plus lourd, élimine beaucoup de choses.

Le choix d'un "centrisme" peut avoir un sens dans l'univers-modèle, mais n'en a aucun ni dans l'univers-image, ni dans l'univers-réel.

 

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La dialectique classique repose sur le face-à-face entre les deux pôles d'une contradiction. Je pense qu'il faut refonder la dialectique non sur la notion de contradiction logique, mais bien sur les notions de cohérence et de non-cohérence. Lorsqu'une incohérence singulière surgit, alors se pose la question de son intégration possible ou impossible dans la cohérence actuelle. Si cette intégration s'avère impossible, il faut alors s'atteler à refonder la cohérence globale sur d'autres principes afin de dépasser l'antagonisme entre la cohérence ancienne et l'incohérence singulière qui la nie.

 

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Il est énervant de lire encore que l'on place Charles Darwin à l'origine de la théorie de l'évolution. Cette théorie est de Lamarck - continuateur d'une intuition de Buffon - dont un admirateur indéfectible répandit les idées en Grande-Bretagne : Erasmus Darwin, le grand-père de Charles.

Le titre complet du grand œuvre de celui-ci est éloquent et circonscrit parfaitement son travail : "De l'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des espèces favorisées dans la lutte pour la vie".

Charles Darwin n'a pas découvert l'évolution des espèces, il a seulement conceptualisé un des mécanismes de cette évolution et de la régulation des populations : la sélection naturelle dans la logique de la lutte pour la vie.

On sait aujourd'hui que cette logique de la survie du plus apte, n'est qu'un des mécanismes de la régulation et de l'évolution de la vie, et probablement l'un des moins fréquents au regard des stratégies de coopération entre espèces (mutualisme, commensalité, symbiose).

 

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Le 17/04/2018

 

La grande question, aujourd'hui, en France est celle-ci : accepter ou non le "projet républicain".

L'islamisme religieux, le fédéralisme européen, les autonomismes régionaux, le libéralisme global et pas mal d'autres, répondent par la négative (ils ne doivent pas être confondus, néanmoins : leur antirépublicanisme les rassemble peut-être, mais tout le reste les divise).

Ce "projet républicain" repose en fait sur cinq piliers : le démocratisme, le social-étatisme, la laïcisme, le solidarisme et le progressisme.

Ces cinq piliers, reflets de l'idéologie moderniste et de la "philosophie des Lumières" du 18ème siècle français, sont clairement obsolètes.

 

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Les systèmes complexes n'obéissent pas aux lois de la mécanique.

Leur tout est plus que la somme de leurs parties.

Leur évolution globale prime sur les évolutions particulières de leurs composants.

Leur énergie cinétique globale n'est pas la résultante des énergies cinétiques de leurs composants.

Leur énergie de liaison interne joue un rôle crucial à la fois dans leur bilan énergétique global et dans la genèse de propriétés émergentes par dissipation.

 

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La métrique galiléenne est, pour les référentiels inertiels, en harmonie avec la gravitation newtonienne.

La métrique lorentzienne permet, toujours dans des référentiels inertiels, d'inclure, dans cette harmonie, l'électromagnétisme maxwellien.

La métrique riemannienne étend la gravitation, devenue einsteinienne, aux référentiels non inertiels.

Et l'aventure relativiste s'arrête là …!

Pourquoi ?

Parce que la question est mal posée : la physique ne consiste pas à rendre compte, grâce à des référentiels (donc des métriques) convenablement choisis, des mouvements relatifs de points matériels dans des champs de force. Il n'existe, dans le Réel, ni points matériels, ni référentiels, ni champs de forces.

Il faut encore relever une tautologie cruciale : qu'est-ce qu'un référentiel inertiel ? Un référentiel lié à un corps rigide sans accélération (donc en mouvement rectiligne uniforme). Comment sait-on qu'un corps est sans accélération ? On le constate si les lois de Newton y sont satisfaites. Pourquoi ? Parce que les lois de Newton sont valides dans les référentiels inertiels (CQFD).

Le problème majeur est que, dans le Réel, il n'existe aucun corps rigide  et encore moins de corps sans accélération.

 

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La notion de "vitesse" de la lumière est fallacieuse. La lumière ne se déplace pas, elle se propage. Elle est un onde hylétique, donc immatérielle ou pré-matérielle (avec parfois des manifestations secondaires matérielles comme dans l'effet photoélectrique, traduites par la métaphore du "photon" lorsqu'elle interagit avec de la matière) et n'est donc pas soumise aux lois régissant la matérialité (comme la loi de composition des vitesses ou les lois de conservation de l'énergie ou autre).

Plus un corps matériel accélère, plus il se dématérialise jusqu'à redevenir pure lumière lorsque sa vitesse approche de c qui n'est pas la "vitesse de la lumière", mais la vitesse limite de désagrégation de toute matière.

Au-delà de c, il n'y a plus rien de matériel. La vitesse limite c marque le retour radical à l'hylétique pur où les notions de référentiel, de matérialité, d'énergie ou de vitesse n'ont rigoureusement plus aucun sens.

 

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Il est essentiel pour bien comprendre que continuité ne rime pas avec "infiniment divisible", mais bien avec "pas divisible du tout", de comprendre, en même temps, qu'un processus de subdivision expérimentale aboutit, nécessairement, à un seul d'échelle tel qu'en-deçà de lui, l'architecture même de la continuité change radicalement de nature.

Ainsi les matériaux mésoscopiques sont fragmentables seulement jusqu'à atteindre le seuil de l'échelon moléculaire où la notion même de matériau disparaît et perd tout sens sans que la continuité nouménale du Réel n'en prenne ombrage.

Si, à cette échelle moléculaire ou atomique (microscopique), on continue (autrement, avec d'autres outils) le processus de fragmentation de la matière, on atteindra un autre seuil : celui de l'échelon subnucléaire où, à nouveau, l'architecture même de la continuité change aussi radicalement de nature.

Si l'on continue encore la fragmentation des "particules élémentaires" sous ce niveau, on atteint la limite hylétique qui est le dernier niveau : celui de la continuité absolue qui n'est absolument plus fragmentable de quelque manière que ce soit.

Si l'on se prend, en partant du niveau mésoscopique, à pratiquer le processus inverse de la fragmentation que nous pourrions appeler celui de la concrétion, on découvrira l'échelonnement des architectures successives de l'échelle cosmique à savoir : le niveau stellaire de fabrication des noyaux lourds, le niveau galactique de fabrication des "Protéus" (la seule "particule" stable, fusion de deux manifestations l'une protonique, l'autre électronique, qui se présente soit sous la forme d'un atome d'hydrogène, sois sous celle d'un neutron). Au-delà, il n'y a plus d'objets discernables (hors les amas galactiques qui ne sont que des anisotropies aléatoires de distribution stochastique) ; nous sommes au niveau cosmologique (absolument englobant) et toutes les notions liées aux objets s'effondrent comme lors de l'atteinte du niveau hylétique (absolument fondant).

 

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Lu dans le Figaro :

 

Face à la tentation «autoritaire» qui menace en Europe, Emmanuel Macron a appelé à une «souveraineté réinventée». Bien que «pleine et entière» à l'échelle du continent, celle-ci serait «complémentaire et pas de substitution» par rapport à celle des États. Elle reposerait sur cinq piliers, dont le premier serait «la sécurité intérieure, extérieure, et de défense». Viendrait ensuite une «position unie dans le domaine commercial», qui permettrait d'avoir une économie «protectrice des intérêts légitimes, des travailleurs comme des consommateurs». Pour qu'il y ait «aussi une souveraineté climatique et énergétique», le chef de l'État a affirmé que «la France poussera pour un prix minimum et une taxe aux frontières sur le CO2». «La quatrième souveraineté» porte selon le président sur «la santé et l'alimentation». «Nous devons soutenir une souveraineté alimentaire de qualité. (…) C'est bon pour nos économies et nos territoires, bon pour nos concitoyens, et c'est un choix cohérent avec nos engagements dans la durée». Enfin, le locataire de l'Élysée a cité «la souveraineté numérique»: «Nous sommes en train de devenir un espace géographique unique au monde où nous favorisons l'innovation de rupture, (…) et en même temps, nous nous mettons en capacité de protéger les libertés individuelles».

 

Une Europe fédérée sur cinq points, donc :

  1. La paix civile et militaire commune.
  2. Une économie équitable commune.
  3. Une écologie énergétique commune.
  4. Une santé alimentaire commune.
  5. Un numérique éthique commun.

Je signe !

 

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Les thèses de l'africaniste Stephen Smith sont imparables : il faut combattre sur tous les fronts les tendances migratoires massives venant d'Afrique :

  1. Elles sont financées majoritairement par détournement des aides occidentales destinées à cette foutaise qu'est le co-développement.
  2. Elles ne concernent que les Africains de "classe moyenne" qui devraient, tout au contraire, rester au pays pour œuvrer à le développer ; ces migrations affaiblissent encore ces pays qui, de ce fait, s'enlisent toujours plus dans une logique d'extrême pauvreté.
  3. Elles détruisent les systèmes sociaux européens en compensant un "redressement démographique" par un appauvrissement social hallucinant.
  4. Les grands gagnants de ce cirque sont les pays "passeurs" (Turquie, Lybie, surtout, mais aussi Tunisie, Egypte, Liban, …).

La stratégie de l'Europe-forteresse, aux portes entrouvertes et très sélectives, est la seule valable.

Les Africains en Afrique, pour l'Afrique, par l'Afrique.

Et idem pour les autres continents …

Le monde doit devenir un réseau de continents autonomes !

 

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Le 18/04/2018

 

Le droit-de-l'hommisme est une religion et une idéologie comme les autres d'inspiration américano-chrétienne, imposée au reste du monde en 1948 dans la tourmente, les affres et les traumatismes de l'après seconde guerre mondiale, avant le vaste mouvement de décolonisation, et juste pendant la libération de l'Inde et l'installation de la dictature maoïste.

Proposée aujourd'hui, jamais la résolution 217 ne serait votée à l'ONU.

 

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Sur la Toile, personne n'est responsable des informations qui y circulent. Elle est devenue un média où n'existent ni déontologie, ni contrôle. Toutes les rumeurs y ont droit de cité puisque, démocratisme oblige, tout un chacun a le droit de s'y exprimer et de s'y informer … le tout accompagné par un effondrement abyssal du niveau intellectuel et de l'esprit critique.

Il arrive à la Toile ce qu'il est advenu à la télévision : pensés pour être des instruments de connaissance et de culture, elles sont toutes deux devenues des bourbiers voués au divertissement vulgaire et au sensationnalisme populacier.

La Toile est devenue un média comme les autres, aussi médiocre que les autres, mais avec une puissance d'amplification jamais atteinte par les autres.

 

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Il devient urgent de bien clarifier les termes de "religion", "idéologie", "spiritualité" et "laïcité". Le flou actuel est un risque majeur de confusions et d'exploitation de ces confusions à des fins peu souhaitables.

Tentons cette clarification …

 

  1. On appelle "spiritualité" toute recherche intérieure, personnelle ou collective, visant à répondre à la question du sens (le pour-quoi ?) et de la valeur (le comment ?).
  2. On appelle "religion" toute militance collective fondée sur une institutionnalisation d'un corpus spirituel particulier, où le questionnement spirituel est devenu positionnement dogmatique.
  3. On appelle "idéologie" toute doctrine, plus ou moins cohérente, affirmant donner des réponses aux questions posées par la vie dans ses multiples dimensions ; en ce sens, toute religion est, au sens philosophique, une idéologie et toute idéologie est, au sens sociologique, une religion ; la tendance naturelle de toute idéologie est un totalitarisme qui prétend donner réponse à toutes les questions de la vie.
  4. On appelle "laïcité" une idéologie visant soit à déconnecter le plus complètement possible les convictions religieuses et les décisions politiques (ce qui est évidemment un leurre puisque toute personne prend toujours ses décisions en fonction de ses convictions), soit à éliminer toute influence réciproque entre les institutions étatiques et les institutions religieuses (ce qui est théoriquement louable, mais factuellement impossible, puisque l'Etat est fatalement le reflet et le jouet des idéologies dominantes, laïques ou religieuses).

 

Il faut alors noter que ce qui est appelé couramment "religion", est souvent un amalgame désolant entre une quête spirituelle et une institutionnalisation religieuse.

Ainsi, on peut être catholique (spirituellement parlant) sans forcément suivre les prescriptions et injonctions de l'Eglise de Rome (idéologiquement et dogmatiquement parlant).

De même, le Bouddhisme tibétain est bien plus une religion qu'une spiritualité, alors que c'est l'inverse pour le Bouddhisme zen.

L'hindouisme est une vaste collection de spiritualités, mais dont émergent de virulents partis politiques religieux.

La Franc-maçonnerie régulière est une pure spiritualité non religieuse et non idéologique, alors que les mouvances pseudo-maçonniques irrégulières et non reconnues, véhiculent des idéologies relevant du laïcisme, de l'humanisme, de l'humanitarisme, du socialisme, etc …

Enfin, sous les feux de l'actualité, le soufisme musulman est une authentique spiritualité, mais le Coran tel qu'il se lit ailleurs, relève toujours de l'idéologie autant politique et guerrière que religieuse avec, depuis toujours et pas seulement aujourd'hui, de forts relents totalitaires que certains extrémismes n'hésitent pas à appliquer à la lettre.

 

Ajoutons encore ceci : une conviction devient religieuse ou idéologique dès lors que les faits avérés sont impuissants à faire évoluer les croyances.

En ce sens, le marxisme et le freudisme sont deux exemples forts d'inébranlables convictions religieuses. Ainsi du créationnisme à l'américaine. Ainsi du socialisme, amalgame absurde de deux autres croyances dogmatiques que sont le social-étatisme et l'égalitarisme. Etc …

 

Les temps sont venus d'être vigilant quant à l'emploi des mots dans ces domaines particulièrement sensibles.

Vigilance, donc !

 

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Pour Chantal Delsol :

 

"(…) les interventions médiatiques d'Emmanuel Macron confortent une vision du pouvoir exclusivement pragmatique. Politique du 'bon sens' et gouvernement des experts ont remplacé le débat entre visions du monde antagonistes".

 

Fin de l'idéologisme et début du réalisme ? Elimination des idéologues et mise en place d'authentiques experts ? Si cela pouvait enfin être vrai …

La technocratie est le seul chemin praticable malgré la mauvaise image de ce mot, perpétuellement perverti et vilipendé par les idéologues de tous bords qui tentent, ainsi, de sauver des lambeaux de leur fonds de commerce.

En France, malheureusement, on confond trop souvent un authentique expert de terrain, qui sait de quoi il parle et qui maîtrise parfaitement les savoirs, méthodes et modèles de son art, avec un quelconque diplômé d'une quelconque "grande école" qui n'est qu'un présumé commis de l'Etat, qui ne sait rien et qui n'a aucune connaissance de la réalité des domaines où il patauge.

 

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De Coluche :

 

"Les syndicalistes ont tellement pris l’habitude de ne rien faire que, quand ils font une journée de grève, ils appellent cela un journée d’action !"

 

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Ce n'est pas aux contribuables, mais à leurs militants, de financer les syndicats.

Ce n'est pas aux contribuables, mais à leur audience, de financer les médias.

Ce n'est pas aux contribuables, mais à leurs usagers, de financer les services publics.

Ce n'est pas aux contribuables, mais à leurs clients, de financer les entreprises d'Etat.

Ce n'est pas aux contribuables, mais à leurs affidés, de financer les partis politiques.

Ce n'est pas aux contribuables, mais à leurs bénéficiaires (les hypocondriaques, les médecins "spécialistes", les chirurgiens, les pharmaciens et, surtout, les industries pharmaceutiques) de financer les déficits de la sécurité sociale.

Etc …

A chacun de financer ce qu'il demande ! Voilà enfin une possibilité de mettre en pratique ce fameux et fumeux principe d'égalité.

Il faut que cesse tout ce parasitisme institutionnalisé.

 

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Le 19/04/2018

 

Une religion est une idéologie spirituelle.

Une idéologie est une religion sociétale.

De même …

La morale est une religion éthique.

La législation est une idéologie comportementale.

 

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La chimie, tant au niveau nucléaire qu'au niveau moléculaire, est la branche eidétique de la physique qui, en fait, étudie les diverses configurations protéennes soit au plan nucléonique par fusion (avec des forces nucléaires de contact), soit au plan électronique par liaisons covalentes, ioniques, métalliques, hydrogéniques ou visqueuses (avec des forces électromagnétiques à distance).

 

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Parce qu'il visait l'élucidation des liaisons électroniques entre atomes, Mendeleïev a classé ceux-ci, dans son célèbre tableau, par nombre d'électrons croissants. Mais si l'on tente un classement des atomes dans un tableau à double entrée : nombre de neutrons et nombre de protons, on obtiendrait une tout autre nomenclature.

 

 

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On ne comprendra pas grand' chose à l'univers tant que l'on ne comprendra pas qu'il résulte d'une dialectique permanente entre le global et le local, entre le niveau nanoscopique et le niveau gigascopique, entre le niveau quantique et le niveau relativiste, entre l'hylétique et le cosmologique, entre la particule et la galaxie.

Tout le problème de fond est celui de la voie la plus efficace pour dissiper les tensions locales dues aux interférences des divers processus sur les divers niveaux gigognes.

Le plus souvent existent une voie dilutive globale lente (voie entropique qui nécessite du volume libre), une voie constructive locale rapide (voie néguentropique qui appelle des formes stables) et une voie harmonique locale (voie dynamique qui requiert des activités énergiques).

Imaginons une salle de concert remplie d'instrumentistes jouant chacun sa propre mélodie sur son propre tempo : cacophonie (tension locale). Comment sortir de ce vacarme insupportable ?

Première solution : on fait évacuer la salle de concert et on envoie chaque instrumentiste jouer ce qu'il veut dans son coin (voie dilutive et entropique). Deuxième solution : on oblige (ce qui coûte du travail et de l'énergie) les instrumentistes à jouer la même note sur le même tempo (voie harmonique ou dynamique).

Troisième solution : on invente la symphonie (voie constructive et néguentropique) ce qui demande génie et discipline.

 

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Il y a aujourd'hui des flux de migrants entre l'Afrique et l'Europe. Ces flux posent des questions et des problèmes. Soit. On comprend à peu près leurs tenants et aboutissants, et le pourrissement des situations du fait d'une valse hésitation entre humanitarisme angélique et pragmatisme socioéconomique.

Au-delà de toutes ces considérations, un constat flagrant s'impose : ces migrants ne rêvent que de rejoindre la patrie de leurs anciens colonisateurs. Les  Soudanais et Kényans, les Pakistanais et Indiens ne rêvent que d'Angleterre ; les Marocains et Algériens, les Sénégalais et Congolais ne rêvent que de France. Les Turcs ne rêvent que l'Allemagne. Et ainsi de suite.

On doit y voir une nostalgie, véhiculée de génération en génération, de l'ère coloniale où, certes, ils vivaient sous l'autorité d'un pays autre et lointain, mais où, au moins, régnaient la prospérité et l'ordre.

La décolonisation de l'Afrique a, certes, "libérer" les peuples assujettis sous le "joug" colonial, mais a engendré des nations artificielles et immatures, incapables de se gérer et laissées à la merci de dictateurs de pacotille, de saccages et de pillages éhontés, de violences et de corruptions inextinguibles.

La bien-pensance occidentale, sous l'influence soviétique des "mouvements de libération"  a voulu rendre la "liberté" à l'Afrique ; mais une liberté pour quoi faire ? Partout - jusque récemment, en Afrique du Sud, au travers de ce guignol fabriqué par la CIA que fut Mandela -, l'Afrique "libérée" a pourri sur pied.

La démographie y est galopante et absurde. L'économie s'y effondre entre gabegie et misère, entre spoliations et dilapidations.

 

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Le drame de beaucoup d'humains est cette croyance absurde, infantile et ridicule en l'existence de quelque chose qui, selon les références, s'appellerait eldorado, paradis terrestre, jardin des Hespérides, père Noël, Fées bienfaisantes, royaume du prêtre Jean et tant d'autres phantasmes d'une délicieuse sinécure.

Il n'existe aucun autre eldorado que celui que chacun se construit ici et maintenant.

 

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Ce que je trouve ahurissant dans le plupart des "analyses" géopolitiques dont on nous gave, c'est que personne ne semble s'intéresser vraiment à la vision du monde et à la finalité poursuivie par les "dirigeants" en place. On analyse astucieusement les "comment" sans se préoccuper des "pour-quoi".

Que cherche donc à atteindre les Trump, Poutine, Xi, Kim Jong-Un, etc …

Plutôt que de perdre son temps à explorer les modalités d'action de ces gens puissants, il vaudrait mieux tenter de comprendre leur finalité !

Plutôt que de pérorer, entre "experts" géopolitiques, sur leurs stratégies et tactiques diverses et variées, il vaudrait mieux décrypter simplement les "buts" poursuivis.

 

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Il n'y a de Réel que dans l'au-delà de soi.

 

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Ailleurs, il n'y a rien de ce qui m'habite.

 

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Vivre vraiment, c'est ne pas tricher … surtout avec soi.

 

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Qui est libre ? Celui qui assume le Réel.

 

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Le 20/04/2018

 

Il faut éliminer tout ce qui ne sert à rien, tout ce qui n'est pas utile.

Mais utile à quoi ? A la vie réelle et à la simple joie de vivre.

Se désencombrer la vie. Cultiver le minimalisme. Ce qu'il faut et rien de plus.

Les cyniques, les épicuriens et les stoïciens ne disaient pas autre chose.

Le superflu coûte toujours beaucoup trop cher … et pas seulement en argent, mais surtout en temps, en énergie, en fatigue, en tensions, en conflits, en inquiétudes, etc …

 

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Le principe de relativité, en physique, se généralise aisément ainsi : le résultat d'une mesure dépend de l'état de l'objet (le système phénoménal qui est observé) et de celui du sujet (le système observateur). La raison de cette relativité des résultats est triviale : une mesure est une interaction entre l'objet et le sujet qui sont deux systèmes distincts dans des états variables différents.

Cela signifie aussi que l'état du phénomène après observation, sera différent de ce qu'il aurait été s'il n'avait pas été observé.

On comprend alors que s'il l'on calcule théoriquement la trajectoire d'un corps, par exemple, et que l'on veut vérifier ce résultat expérimentalement, il faudra vérifier, par la mesure, si ce corps se trouve bien, comme prévu, à l'endroit 1 au temps 1, à l'endroit 2 au temps 2, à l'endroit 3 au temps 3, et ainsi de suite.

Or, cela ne sera jamais puisque dès le temps 1, la mesure aura infléchi la trajectoire et que chaque mesure ajoutera son infléchissement aux précédents.

Plus la sensibilité du cors observé est grande aux impacts de a mesure, plus l'écart sera énorme entre le calcul théorique et le trajectoire mesurée.

Au second degré, on pourrait imaginer de modéliser l'impact de la mesure sur le corps et en tenir compte dans le calcul théorique de sa trajectoire. Mais, pour ce faire, il faudrait posséder une théorie parfaite de l'instrument de mesure qui, pour être "parfaite", devrait avoir été vérifiée expérimentalement par d'autres mesures faites avec des instruments parfaitement connus … et ainsi de suite.

On retrouve là les conséquences du principe d'incertitude d'Heisenberg.

En toute rigueur, cela signifie qu'aucune théorie ne peut jamais être vérifiée expérimentalement et qu'il faut se contenter de vérifications approximatives qui rendent la réalité du Réel inaccessible à l'expérience.

 

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Toute quête spirituelle exige de quitter l'état de Profanité, de conquérir l'état de Sacralité avant d'entrer dans l'état de Divinité.

Les diverses traditions spirituelles proposent une médiation pour conquérir l'état de Sacralité : l'étude de la Torah, l'imitation du Christ, la prière de l'Esprit-Saint, la pratique des Yogas, la méditation du Bouddha, la quête du Tao, l'initiation d'Hiram, etc …

Peu importe, au fond, la texture de cette médiation pourvu qu'il y en ait une et qu'elle soit compatible avec la nature profonde du cherchant.

Si l'on veut bien retrouver l'inspiration profonde qui se cache derrière les institutionnalisations religieuses du corpus spirituel qui les fonde et les nourrit, on comprend vite que l'état de Profanité et celui de Divinité sont les mêmes pour tous. Seul varie, selon la sensibilité de culture et de nature de chacun, la pertinence de la médiation sacrale qui fera le pont entre eux.

L'éducation et le contexte jouent en grand rôle dans l'évaluation de cette pertinence.

 

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Le mot "martyr", aujourd'hui, en français, connote les idées de souffrance, de mort, de supplice, etc … C'est en oublier l'étymologie grecque qui pointe simplement vers l'idée de "témoin", de "celui qui porte témoignage", peu importent les circonstances.

 

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Dans les contrées où les femmes sont très belles, les hommes sont très cons. Dans les autres aussi !

 

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Là où triomphe la séduction, succombe l'intelligence.

 

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La CGT est le dernier bastion du communisme en France. Il est temps qu'elle disparaisse définitivement. Depuis longtemps, elle devrait être hors-la-loi !

Le communisme a fait bien pire que le nazisme, mais, malgré tout, il a encore droit de cité !

 

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Le 21/04/2018

 

La notion de "vie privée" qui paraît si triviale, est en train de se poser au centre de la scène de la réflexion philosophique.

Bien sûr, il y a des causes à cela auxquelles les dérives ahurissantes des GAFA et de leurs satellites et affidés, ne sont pas étrangères, loin s'en faut. Mais ces dérives n'expliquent pas tout.

Il y a aussi la lancinante exigence de "transparence" et de "maison de verre" comme expectation inavouée de pureté, le moralité et de déontologie … chez les autres, surtout s'ils sont puissants ou riches ou célèbres.

Il y a encore le leitmotiv de la "socialité" obligatoire, de la soi-disant indispensable "convivialité" ou du "moins de biens, plus de liens" qui montre du doigt, avec virulence parfois, ceux qui préfèrent vivre à l'écart des humains, ceux qui affirment que la vie intérieure prime la vie extérieure, ceux qui cultivent quelque chose qui ressemble à de la misanthropie.

 

On le sait depuis toujours, la frontière entre vie privée et vie publique est floue. On le sait aussi depuis longtemps, le totalitarisme, quel qu'il soit, veut abolir la sphère privée afin de contrôler tous les détails de l'existence de tout un chacun.

Il semble donc que le désir de démolition permanent de cette sphère privée, aujourd'hui, soit le signe alarmant d'une montée de la tentation totalitaire.

 

Tout le débat revient à estimer le rayon souhaitable de cette sphère privée. S'il est trop petit, la personne étouffe, s'étiole et meurt pour laisser la place à un zombie totalement socialisé, abeille butineuse d'une ruche robotisée et lobotomisée. Mais si ce rayon devient très grand, que se passe-t-il ? Rien ! Ce ne sont que des abstractions qui disparaissent comme "société", "bien commun", "nation", "collectivité", "peuple", … qui, toutes pointent vers l'Etat qui a inventé ces notions pour tenter d'asseoir la légitimité des pouvoirs qu'il s'est octroyé au gré des fourvoiements de l'histoire humaine.

 

Dans la réalité du Réel, il y a bien deux pôles existentiels : l'individualité de la personne et la communauté des solidarités et complémentarités, librement choisies, spatialement restreintes, temporellement volatiles et naturellement établies.

L'individualité choisit librement ses appartenances à des communautés.

La communauté choisit librement ses cooptations d'individualités.

 

L'humanité, prise comme un tout, n'est plus, alors, que le réseau dense de toutes ces communautés de libre appartenance. Il n'y a plus ni de société,  ni de nation, ni de peuple, ni, en conséquence, d'Etat.

L'Etat qui veut survivre envers et contre tout, aujourd'hui, a pris en grippe tout ce qui ne lui fait pas allégeance donc, en particulier la sphère privée des individualités et la sphère fermée des communautés (qui sont aux sphères privées individuelles ce que les molécules sont aux atomes).

 

En conclusion, si l'on veut combattre les tentations totalitaires ambiantes, celles des Marchés et celle des Etats, il faut se battre pour agrandir le rayon des sphères privées et restreindre à son strict minimum, l'espace public.

Ma vie ne regarde que ceux que j'y invite !

 

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Je trouve qu'un beau critère pour pouvoir accéder à la gouvernance suprême d'une grosse organisation (un pays, par exemple), l'impétrant devrait avoir réussi à gérer seul une épicerie de quartier pendant trois ans.

 

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Le politique n'a pas à s'occuper de l'économique.

La bonne santé économique d'un pays n'est pas l'affaire de l'Etat. L'Etat n'est là que pour assurer la logistique (les infrastructures et la paix) de l'économique.

 

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Il est patent, depuis des décennies que les suffrages populaires suivent l'évolution du taux de chômage (comme si les élus avaient quoique ce soit à voir avec les conjonctures économiques internationales). Taux de chômage en baisse : on vote au centre. Taux de chômage en hausse : on vote aux extrêmes.

Le hic est que ce baromètre est artificiel et faussé : d'abord, le taux de chômage ne dit rien du taux réel d'inemploi et, ensuite, le taux de chômage dépend surtout de la définition administrative du chômeur.

Aujourd'hui encore, un chômeur, pour réduire la notion à son noyau dur, c'est quelqu'un qui a entre 18 et 65 ans et qui n'a pas de contrat d'emploi. Mais la notion même de contrat d'emploi est en train de voler en éclat, malgré les efforts imbéciles de l'archaïque droit du travail qui s'obstine à en faire le cœur du système.

Il faut abandonner la notion d'emploi contractuel et lui préférer celle d'activités contextuelles. Chacun est en passe de devenir sa propre entreprise.

 

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A propos de l'occupation récente de certains sites universitaires par des "contestataires" qui veulent que les études restent une sinécure financée par les contribuables au profit de parasites ignares en quête de diplômes faciles et sans avenir …

 

"Je constate quand même que, dans beaucoup d'universités occupées, ce ne sont pas des étudiants, mais des agitateurs professionnels, des agitateurs du désordre" (E. Macron).

 

"Les gauchistes c'est sympa, mais quand il s'agit de chiottes, y a plus d'autogestion" (un zadiste de Tolbiac).

 

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De Thierry Wolton :

 

"Le rayonnement culturel de la France et de ses intellectuels, du fait de notre héritage de plusieurs siècles, des Lumières à l'affaire Dreyfus, a en effet contribué - plus encore que l'Italie - à l'aveuglement général du monde concernant cette idéologie [communiste]."

 

"Pour montrer qu'il y a deux poids deux mesures, entre ceux qui étaient proches du nazisme et ceux qui étaient proches du communisme. On ne pardonne absolument pas aux uns alors qu'on pardonne aux autres."

 

"Le communisme, tel que nous l'avons connu avec des partis marxistes-léninistes, est mort. Mais d'autres aveuglements viendront, comme l'islamisme ou ce qui se passe dans le Venezuela de Chavez, qui est encore autre chose que le communisme. Les intellectuels se laisseront toujours séduire par ce qui parle à l'esprit, c'est dans l'ordre des choses. Et continueront à être aveuglés, donc, par des schémas ou des doctrines. Et à refuser souvent, hélas, de se désaveugler."

 

Le communisme, le nazisme et le fascisme sont une seule et même doctrine : celle du socialisme étant allé au bout de son totalitarisme génétique et endémique.

Il ne peut y avoir de pardon, jamais, pour quiconque ayant souscrit, adhéré, milité ou participé à ces doctrines immondes.

Et ce commentaire anonyme sur la Toile :

 

" Il n’y a pas eu de 'procès de Nuremberg' du communisme, et c’est regrettable."

 

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Mais qu'est-ce donc, à la fin, qui se cache derrière ce mot "capitalisme" que l'on met à toutes les sauces pour donner un peu de piment à la fadeur des brouets socialo-gauchistes ?

Le plus souvent, le capitalisme est dénoncé comme synonyme de financiarisme c'est-à-dire le parfait symétrique de l'étatisme. Ces deux doctrines (capitalisme financiariste et étatisme) s'opposent au libéralisme et à la libre régulation naturelle des sociétés humaines par le simple jeu des offres et des refus.

L'étatisme s'oppose au libéralisme naturel par des idéologies, des réglementations, des législations et des systèmes bureaucratiques.

La capitalisme s'oppose au libéralisme par la manipulation des marchés, les spéculations et la dictature de l'argent-roi.

On est là loin de la définition première du capitalisme entrepreneurial qui est une simple technique de financement privé des investissements privés à risque.

Le lieu central du capitalisme financiariste est la Bourse et la Banque.

Le lieu central du capitalisme entrepreneurial est l'Entreprise.

Ces deux capitalismes sont des ennemis jurés puisqu'ils inversent le rapport entre Finance (toujours spéculative) et Economie (réelle, non spéculative).

Pour les uns (financiaristes), l'Economie doit être l'esclave de la Finance.

Pour les autres (entrepreneurs), la Finance doit être la servante de l'Economie.

Il est à remarquer que l'étatisme et le capitalisme financiariste convergent et se rejoignent pour la simple raison que l'Etat est aussi un immense dévoreur de capitaux pour financer toutes ses illusions idéologiques contre-nature.

Je pense qu'il faudrait boycotter le mot "capitalisme" et lui préférer une trilogie conceptuelle : l'étatisme (la Loi dirigiste), le financiarisme (le Finance spéculative) et le libéralisme (l'Economie entrepreneuriale).

On retrouve là le principe ternaire du processus économique dont la Finance contrôle les ressources, dont l'Etat contrôle les règles et dont l'Economie (les Entreprises privées) contrôlent les activités.

Le processus économique, dès lors, est sain si ce triangle est équilatéral. Il ne l'est plus, comme c'est le cas aujourd'hui, lorsque s'hypertrophient l'Etat (comme en France) et/ou la Finance (comme aux Etats-Unis).

 

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Il est temps que se taisent tous ces laïcards, athées, matérialistes, anticléricaux, antireligieux et bouffeurs-de-curé de tous bords qui en sont toujours restés à la litanie positiviste du 19ème siècle. Il est temps de sortir de tous les nihilismes que Nietzsche avait si intensément critiqués et dénoncés, et qui ont transformé le 20ème siècle en charnier. Il est temps de respiritualiser et de resacraliser le monde et la vie. Il est temps de réaffirmer une spiritualité forte et exigeante face aux dérives fondamentalistes et intégristes des dogmatismes archaïques (athéisme compris). Il est temps de célébrer le mystère du Réel. Il est temps de mettre l'homme au service de ce qui le dépasse. Il est temps de rouvrir les livres de la métaphysique et de l'éthique. Il est temps de remettre l'existence plus haut que le nombril.

 

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Le Dieu-Personne et le Dieu-Principe sont irrémédiablement inconciliable.

 

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Le sentiment religieux ou religiosité s'originent, généralement, dans deux terreaux distincts : le premier, négatif et plutôt occidentale, est l'angoisse et la peur panique devant la souffrance et la mort qui guettent, et le second, positif et plutôt oriental, est  la sidération et l'émerveillement devant le mystère et la beauté du monde.

 

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La religion est la face populaire et exotérique de la spiritualité.

Elle substitue aux chemins de la quête intérieure et personnelle, des réponses aux requêtes extérieures et collectives.

 

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L'égalitarisme ne peut combattre l'existence naturelle d'une échelle des dons et des talents. En revanche, l'égalitarisme s'insurge contre l'échelle des mérites et contre la compétition qu'elle induit. A-t-il raison de le faire ?

La compétition est liée à la vision darwinienne du monde où seuls les "meilleurs" sont aptes à mieux survivre ou à mieux vivre. L'humain n'échappe pas à cette implacable logique darwinienne. Cependant, la sélection et la compétition ne sont pas le seul mécanisme - loin s'en faut - de régulation des édifices sociaux  qui pratiquent aussi la commensalité (la communauté), le mutualisme (le village) et la symbiose (la famille).

Il faut alors regarder le problème autrement : le développement humain passe par deux voies, l'une, interne, au travers des capacités de l'individu, et l'autre, externe, au travers des échanges sociaux. Sur ces deux voies, il y a des talents à développer et des potentiels à cultiver. C'est là que l'esprit de compétition entre en jeu, non pour la compétition elle-même qui est puérile, mais par l'émulation qu'elle induit et qui stimule chacun à aller au bout de soi-même et de ses talents.

L'émulation - mot que je préfère à "compétition" -, surtout chez les plus jeunes, est, au fond, l'antidote à la paresse, à la loi du moindre effort, à la nonchalance, au laisser-aller et, in fine, au parasitisme qui, sinon, sera l'aboutissement fatal de la logique égalitariste.

Il est vrai que la compétition est infantile et qu'idéalement, elle ne devrait plus exister ; mais il faudrait, pour ce faire, que l'humanité eût atteint un haut niveau de maturité où chacun puisse se réellement prendre en charge et sache mobiliser, en soi, les énergies nécessaires au plein accomplissement de toutes ses propres potentialités. On en est loin, surtout chez les jeunes qui, souvent, préfèrent mobiliser leurs énergies sur les chemins de l'amusement que sur ceux de l'ascèse.

 

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Ascèse et amusement : les deux pôles opposés de la dialectique existentielle …

L'ascèse (la discipline intérieure, autrement dit, selon l'étymologie grecque) vise l'accomplissement de soi, en plénitude.

L'amusement (du verbe "muser" : flâner, perdre son temps, vaguer) vise la seule cueillette des plaisirs exogènes et la spirale de dépendance qu'ils induisent.

L'ascèse procure énormément de joie alors que l'amusement n'en procure aucune.

 

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Le 22/04/2018

 

Auguste Comte (1798-1857), dans la lignée d'Immanuel Kant et bien avant Edmund Husserl, est le père fondateur de la phénoménologie dont le noyau dur exprime que seuls les phénomènes et leurs relations réciproques supposées nous sont connaissables et que, par conséquent, toute métaphysique et, donc, toutes ontologie, cosmologie, téléologie et généalogie véritables doivent être exclues du champ de la connaissance positive.

Ce même Auguste Comte, dans la dernière partie de sa vie, fonda cependant une nouvelle religion dédiée au culte du Grand Être qui n'était autre que l'Humanité. Ce comble du narcissisme nombriliste, cet hyper-humanisme, cet anthropocentrisme délirant était le fruit d'un esprit défaillant. Cependant, cette idée burlesque eut encore des adeptes au 20ème siècle comme Bertrand Russell (logicien, mathématicien, sympathisant communiste) ou Julian Huxley (biologiste eugéniste, internationaliste, fondateur du WWF - à ne pas confondre avec son frère Aldous qui écrivit, entre autres, "Le meilleur des mondes" et "Aux portes de la perception").

Cette religion comtienne d'une humanité athée et autocentrée est, sans aucun doute, l'inspiratrice de certaines thèses marxistes (le Prolétariat messianique), communistes (le Peuple transcendantal) et national-socialistes (Das Volk de race aryenne supérieure).

 

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L'athéisme contemporain est une bien curieuse religion puisqu'elle dénonce, tout à la fois, l'existence d'un Dieu personnel (antithéisme que je partage), l'influence perverse des croyances religieuses (anti-religion), des institutions religieuses (laïcisme) et sacerdotales (anticléricalisme).

Ce qui est curieux, c'est que, ce faisant, l'athéisme militant se nie lui-même et oublie qu'il est croyance, qu'il a ses institutions idéologiques et ses clergés laïques.

L'athéisme, aujourd'hui, est une religion idéologique et une idéologie religieuse totalement incohérentes (ce que n'est pas l'antithéisme qui est une véritable position métaphysique).

Si l'on veut réhabiliter l'athéisme au rang des postures métaphysiques cohérentes et respectables (ce qu'il n'est plus depuis le temps de "Lumières" comme d'Holbach ou autres), il convient de le redéfinir comme la négation radicale de tout principe de cohérence dans le Réel. Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, l'athéisme a encore un sens qui va plus loin que l'antithéisme et pointe un nihilisme absolu.

Dès lors que l'on affirme l'existence d'un tel principe de cohérence au sein du Réel, on quitte l'athéisme à la recherche d'un vocable pour nommer ce principe : l'Un, le Divin, le Logos, le Brahman, le Tao, etc …  Là commence toute spiritualité authentique !

Spiritualité et athéisme sont antithétiques, antinomiques et antonymiques : il ne peut pas y avoir de "spiritualité athée" contrairement à ce qu'ont affirmé certains "professeurs de philosophie" (Ferry, Comte-Sponville, Onfray) ; il s'agit d'un oxymore. En revanche, une spiritualité antithéiste est parfaitement concevable et constitue même, vraisemblablement, la voie royale de la religiosité de demain..

 

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La question centrale est celle de la raison d'exister de tout ce qui existe, nous compris. La question est généalogique : "pourquoi ?" et téléologique "pour quoi ?" (qui sont, au fond, une seule et même question).

Si ces questions n'ont pas de réponse possible, alors la voie du nihilisme et du suicide collectif s'ouvre en grand, comme à notre époque.

En revanche, si cette raison d'exister est bel et bien plausible, elle ouvre la voie à la Foi et à la quête mystique et spirituelle. Cette raison d'exister fonde une rationalité cosmique. Cette raison d'exister fonde une éthique par le simple fait qu'exister implique de se mettre au service de sa propre raison d'exister, de remplir sa mission, d'accomplir sa vocation. Alors toute l'existence devient cohérente et prend sens et valeur.

Ensuite peut apparaître le dense écheveau des fils que cette Foi dévide en se déclinant, en se développant, en s'affirmant, en se transmettant, en s'approfondissant, en se déployant. De là naissent les diverses traditions spirituelles et les diverses sensibilités religieuses. Mais tout cela est assez subsidiaire, en somme.

L'essentiel, pour notre époque spécialement, c'est de dénoncer le nihilisme et l'athéisme ambiants, et d'affirmer que tout ce qui existe a une bonne raison d'exister et qu'il faut la chercher sans faillir.

 

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Le 23/04/2018

 

En réponse à un Abbé catholique qui faisait l'éloge de mon "Mensonges des Lumières" en y posant quelques questions notamment sur la disparition attendue du christianisme …

 

"(…) je crois essentiel de distinguer le christianisme en tant que religions (j'insiste sur le pluriel car il n'y a que peu de commun entre le catholicisme, l'orthodoxie et les diverses mouvances protestantes) et le christianisme en tant que spiritualité (le spiritualité est une et le christianisme n'en est qu'une version fondée sur certains textes et certains rites particuliers).

C'est la religion chrétienne (spécialement catholique) qui va disparaître et non la spiritualité christique.

En tant que religions, observons que les trois christianismes posent des voies de salut très différentes : le catholicisme est un voie théologique, les protestantismes sont une voie morale et l'orthodoxie est une voie mystique (une théophanie apophatique (…) qu'essaient de retrouver le renouveau charismatique et toutes les mouvances de l'Esprit après celles du Fils, dans le fil de Joachim de Flore).

D'un point de vue théologique, le christianisme, comme tous les monothéismes, est un théisme c'est-à-dire une vision du Divin qui est un Dieu-Personne transcendant et non un Dieu-Principe immanent. Ce Dieu personnel (le Créateur) est extérieur à l'univers (le Créature) et implique nécessairement un dualisme ontique qui n'est plus acceptable ; la spiritualité humaine, à l'échelle mondiale, évolue vers un monisme panenthéiste qui récuse tous les dualismes (donc tous les théismes, donc tous les monothéismes). C'est le triomphe de Spinoza, en somme (et le maintien, en l'état, des traditions hindouistes, bouddhistes, taoïstes, etc … mais aussi kabbalistiques, rhénanes, johannites, soufies, etc …).

Que l'Eglise catholique ait condamné les idées des Lumières, comme je le fait, est on ne peut plus normal mais ne signifie nullement que cette même Eglise ait raison quant à ses propres dogmes. Le choix n'est pas seulement entre athéisme et théisme ; la palette métaphysique est bien plus large que cela.

Ce que vous appelez les "subtilités"  de l'Eglise catholique, ne sont en fait que des contorsions pour tenter de rendre cohérente une tradition qui ne l'est pas et qui est truffée d'oxymores : les premiers chrétiens ont fondé leur religion sur une foi "tripale" et non sur une philosophie "cérébrale". Ce n'est que beaucoup plus tard que la philosophie a interrogé la foi chrétienne et ses insuffisances doctrinales."

 

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Aujourd'hui, les banques sont confrontées à un dilemme colossal. Il y a celles qui jouent le jeu de la spéculation au risque d'exploser en vol sous peu dans le chaos des immenses bulles actuelles (CDS, immobilier chinois, prêts d'étude américains, pétrole, …) et il y a celles qui ont compris qu'une banque doit être au service de l'économie réelle (quitte à être beaucoup moins riche et beaucoup plus modeste … mais viable et durable).

Seules ces dernières seront encore debout dans les dix ans qui viennent. Les autres (BNP-Paribas, Crédit Agricole, Caisse des Dépôts, etc …) seront emportées dans le maelström financier qui se prépare.

L'appât du gain sans borne a fait de ces banques des usines à fric : elles ont succombé à la tentation de la soi-disant "diversification" (banque, assurance, merge & acquisition, conseil en placement, vendeur de fonds de placement, boursicotage) et en ont oublié leur métier de base : le dépôt et le crédit.

 

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De Rémi Brague dans "Sur la religion" :

 

"(…) cette puissance impersonnelle qui était la réalité divine derrière le rideau coloré des dieux (…)"

 

Voilà une belle définition de ce Dieu, de ce Divin qui est mien.

Dieu est impersonnel ou il n'est pas.

Dieu est immanent ou il n'est pas.

C'est le Dieu d'Aristote qui "démontre l'existence d'un principe unique de l'univers" ; c'est le Dieu de Spinoza, bien sûr, et, par suite, celui d'Einstein ou d'Heisenberg ; celui de Plotin, d'Eckart d'Hochheim ou de Giordano Bruno ; c'est le Brahman hindou ou le Tao chinois ; etc.

 

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Au sens sociologique, est une religion toute doctrine ou idéologie qui s'appuie sur des absolus incontestables, sur des crédos péremptoires, sur des martyrs, des prophètes, des saints et des prêtres aussi laïques soient-ils, sur des rites sacrificiels et des actes sacramentels, sur des valeurs sacrées et des textes sacralisés, sur des dogmes irréfragables et des croyances que les faits les plus têtus ne parviennent pas à effriter.

En ce sens, la catholicisme et l'islamisme sont des religions aussi ancrées que le socialisme, le communisme ou le nazisme.

Cette définition sociologique de la religion est, a contrario, probablement, la meilleure définition de la spiritualité qui, elle, ne s'appuie pas sur toutes ces bases, mais les rejette en bloc.

 

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Les dieux de la modernité constituent un panthéon peu recommandable : le Progrès, la Nation, l'Homme, le Prolétariat et la Race.

Voilà des dieux dont il vaudrait mieux se passer, désormais. Pour reprendre l'expression de Camille Desmoulins : ces dieux-là ont soif … de sang humain.

 

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Sainteté et sacralité …

Est sacré ce qui manifeste le Divin.

Est saint ce qui réalise, en soi, cette sacralité.

 

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Derrière tout polythéisme se cache un monisme[1].

Derrière tout monothéisme s'affirme un dualisme.

 

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Dieu vaut infiniment mieux que des chapelets de miracles de foire.

 

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Le mot "religion" signifie "reliance", mais est ambigu parce qu'il offre deux sens très différents : celui de reliance extérieure, entre eux, des membres d'une communauté de croyance, et celui de reliance intérieure d'un personne à ce qui la fonde et l'englobe.

Seul le premier sens, sociologique, devrait être retenu. Pour le second, le mot "spiritualité" est préférable.

 

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Le judaïsme a deux aspects.

Il est d'abord une monolâtrie exotérique (populaire) envers son Dieu tutélaire YHWH qui est un des Elohim (les "déités", au pluriel) [Ex.:15;11 ou Deut.:2;12 ou Juges:11;24 ou Michée: 4;5 ou Psaumes:86;8 et 89;7].

Il est aussi un monisme ésotérique et panenthéiste (élitaire) dont le fondement est nommé, par la Kabbale, Eyn-Sof, le "Sans-Limite".

Dans les deux cas, le Judaïsme est tout le contraire d'un monothéisme, donc d'un théisme.

Le Judaïsme pose un "Sans-Limite" qui se manifeste au travers de multiples "déités" dont une, nommée YHWH, le "ce qui est advenant" ou le "Je deviendrai ce que je deviendrai" (Ex.:3;14), est la divinité tutélaire que la Maison d'Israël s'est choisie.

Ce choix est colossal qui affirme le Devenir contre l'Être (probablement la cause la plus profonde de l'antijudaïsme et de l'antisémitisme).

 

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Il y a trois mondes spirituels : celui de l'Être (christianisme et islamisme), celui du non-Être (le bouddhisme et l'hindouisme) et celui du Devenir (le judaïsme et la taoïsme).

 

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L'étymologie est féroce …

Les fétiches sont factices.

Les idoles sont des idées.

 

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L'enjeu premier de toute spiritualité authentique est le combat contre toutes les idolâtries.

 

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Le 24/04/2018

 

Aimé Césaire, inventeur de la "négritude" écrivait ceci : "Je suis de la race de ceux qu'on opprime". Césaire a surtout été l'inventeur du victimisme qui fait tant florès aujourd'hui. Non, Césaire, ta race n'est pas celle qu'on opprime ; ta race est celle qui se laisse opprimer et qui adopte, depuis longtemps, la stratégie de la servitude volontaire. Aucune autre race que la tienne, depuis des millénaires, sous tous les cieux, n'a accepté d'être placée sous le joug de façon aussi systématique. Encore aujourd'hui, les migrants soudanais que j'ai rencontrés à Ouistreham, plutôt que de rebâtir un Soudan à leur mesure, ne rêvent que de fuir pour aller en Angleterre exercer des boulots  … de nègres.

Eloge de la fuite, de la lâcheté, de la paresse, de la servitude.

 

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La langue forge l'esprit.

 

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La philosophie grecque que l'on veut explicitement qualifier de rationnelle, est un canot qui flotte sur une océan de spiritualité méta-rationnelle. Que seraient les présocratiques sans les dieux d'Homère ? Que serait Platon sans ses mythes ? Que seraient Pythagore et les autres sans les Mystères d'Eleusis ou orphiques ?

La Grèce antique n'est pas le berceau de la Raison ; elle est un des berceaux de la rationalisation.

 

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Rémi Brague parle "de l'abîme béant qui nous sépare de Dieu" … Foutaise. Rien ne nous sépare du Divin puisque nous en sommes l'émanation directe comme tout ce qui existe : nous sommes la vague, Il est l'océan. Nous sommes Dieu. Nous sommes en Dieu. Nous vivons à la surface de Dieu. Nous manifestons Dieu. Ce qui nous sépare de Dieu, c'est notre ignorance, notre bêtise, notre orgueil de nous croire autre chose qu'une manifestation de ce qui nous dépasse infiniment et au service duquel nous devons nous mettre derechef.

 

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Le 25/04/2018

 

L'injonction morale qui traverse presque toute la Bible est celle de "protéger les faibles". C'est là, sans doute, la définition biblique la plus profonde de la Justice.

Qui est faible ? La veuve, l'orphelin, l'étranger, le pauvre, l'idiot, l'enfant, le vieillard, … Oui, bien sûr, ce sont là les poncifs les plus utilisés. Mais il faut approfondir l'idée car chacun est toujours le faible de quelqu'un ou de quelque chose. Chacun peut toujours devenir l'opprimé d'un oppresseur.

Protéger le faible, à mon sens, signifie combattre l'oppression, quelle qu'en soit la cause. L'oppression, c'est ce qui empêche tout un chacun de s'accomplir librement : est opprimé celui qui n'a pas la liberté d'aller au bout de lui-même. Le faible, c'est le faible en liberté bien plus que le faible en moyens. Et il faut bien différencier la liberté extérieure qui est l'absence de contraintes et la liberté intérieure qui nécessite volonté, courage et détermination.

La notion d'oppression ne concerne que la liberté extérieure liée aux contraintes artificielles que les humains imposent aux autres. En effet, les contraintes naturelles sont ce qu'elles sont, elles font partie intégrante du monde réel ; il ne saurait être question de refuser ou de combattre la loi de la gravitation universelle au prétexte qu'elle empêche quelqu'un de s'envoler. En revanche, les contraintes extérieures artificielles (toutes les formes de violence) doivent être combattues au nom de la Justice.

C'est au nom de cette Justice (Tzédaqah) que Moïse fait sortir son peuple hébreu de "la maison de l'esclavage" contre la violence de Pharaon : c'est la Pâque, le "passage", la libération.

Il faut alors bien voir la différence importante qui existe entre la Justice juive et la Charité chrétienne. Celle-là porte sur la liberté et la responsabilité individuelles face aux contraintes externes et artificielles ; celle-ci parle d'un partage collectif des moyens en vue d'aider un peu le plus grand nombre.

On oppose, ainsi, la vision du libéralisme juif à celle du socialisme chrétien (ce que Nietzsche avait parfaitement bien vu).

 

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Le Dieu de la Bible n'est pas un Dieu créateur, mais bien un Dieu ensemenceur comme on ensemence une pâte avec des ferments ….

Au fond, Dieu est lui-même ce ferment et cette pâte, cette Intention et cette Substance.

 

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La légitimité de la Loi.

Le consentement à la Loi.

L'obéissance à la Loi.

Ces trois problématiques forme un tout, que cette Loi soit religieuse ou politique, collective ou personnelle, spirituelle ou laïque, traditionnelle ou conventionnelle.

Naître, c'est naître en un lieu et en un temps où règne une Loi ou, le plus souvent, plusieurs Lois supposées complémentaires. La Loi forme un contexte où s'écrit le texte de l'existence de chacun. Le rapport de chacun à cette(ces) Loi(s) extérieure(s) est la seconde question qui est au cœur de l'éthique, parallèlement à la première qui est : comment assurer ma fidélité à la vocation que je me suis fixée, à la réalisation de mon accomplissement au service de ce que je me suis fixé ?

La Loi externe qui m'est imposée, est-elle légitime et par quoi ou qui est-elle censée être légitimée ? Un Dieu, un Livre, un Peuple, un Homme, une Idéologie, une Force … ?

Si la Loi est légitime, dois-je y consentir ou puis-je la contester ; en vertu de quoi, au nom de quoi ?

Si la Loi m'apparaît illégitime ou non consentie, suis-je prêt à m'y plier malgré tout, ou dois-je choisir de vivre ailleurs (exil) ou hors-la-loi (résistance) ?

 

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Le 26/04/2018

 

Il est ridicule d'opposer ascèse et liberté. L'ascèse est effectivement incompatible avec le caprice du "je fais ce que je veux, quand je veux et comme je veux". Mais la liberté authentique aussi.

Une ascèse se fonde sur le choix libre de règles de vie plus ou moins difficiles, plus ou moins strictes. Son contraire n'est qu'esclavage aux instincts, aux pulsions, aux plaisirs, aux affects. L'ascèse permet, tout au contraire, une libération de ces esclavages-là.

La liberté, ce n'est pas vivre sans règle ; la liberté, c'est choisir ses propres règles et s'y tenir.

 

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Lorsque des penseurs catholiques affirment que la Bible hébraïque ne repose pas sur des concepts mais bien sur des récits, ils semblent n'avoir pas bien vu le fondement conceptuel donné par Alliance, Promesse, Fidélité, Esclavage, Idole, Loi, Justice, Paix, Mort, Souffrance, …

 

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Les Juifs se sont installés en Judée deux mille ans avant l'Hégire. De quel droit les Musulmans osent-ils contester l'appartenance de la Judée et de sa capitale Jérusalem aux Juifs ? Au nom d'un rêve de Mu'hammad, rapporté par le Coran, où il aurait visité, en songe, une "ville sainte" que l'on a, plus tard, interprétée comme étant Jérusalem ? Allons, soyons sérieux !

Les Musulmans sont bienvenus en Israël, mais ils n'ont aucun droit ni sur Jérusalem, ni sur ce qu'on appelle, maladroitement, la Palestine (pays des Philistins, un peuple chypriote disparu il y a près de trois mille ans).

 

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Si l'on veut bien noter qu'une théocratie, par le mot même, n'est pas tout à fait une hiérocratie (gouvernement par le Sacré), et certainement pas une cléricocratie (gouvernement par les prêtres), alors la théocratie est le système politique le plus souhaitable qui soit …

"(…) que votre règne arrive (…)", dit la prière.

Il y aurait, au centre de ce royaume, un trône vide où siègerait ce qui n'a pas de nom, ce qui dépasse infiniment les hommes, ce qui se définit lui-même par : "Je deviendrai ce que je deviendrai".

La théocratie serait alors la république des initiés où plus aucune loi ne serait nécessaire puisque chacun aurait profondément compris le sens de la vie et la valeur de tout ce qui existe. En somme, une sainte anarchie construite sur un ordre immanent (celui de la Vie et de l'Esprit), intimement vécu par tous …

Mais je crains que les humains soient très loin d'être prêts pour ce genre d'utopie. Le Paradis terrestre n'est pas (plus) à portée de main.

 

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Malgré la défaite de Samuel et l'instauration d'une royauté humaine, toute la tradition juive repose sur une forte aspiration à une théocratie réalisée, symbolisée par la désignation de Dieu comme Roi et du Royaume à venir, comme le monde souhaitable de la Paix absolue.

En ce sens et dans cette logique, beaucoup parmi les Juifs mystiques ou orthodoxes proclament l'illégitimité de l'Etat d'Israël car détournant la Maison d'Israël de sa vocation théocratique ; d'autres, plus nuancés, voient dans l'Etat d'Israël une étape laïque sur le chemin de la théocratie finale, au même titre que le furent les royautés de Saül, David et Salomon, avant le premier désastre : la disparition des dix tribus, puis la déportation du solde à Babylone dont le retour permit la rédaction de la Torah, la reconstruction du Temple de Jérusalem et la renaissance religieuse par le lévitisme .

 

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Une différence essentielle s'affirme entre Bible hébraïque et Coran.

Dans la Bible, Dieu est en dialogue permanent, parfois houleux, avec Israël : ils se placent sur le même plan, dans la même unité, en communion, dans l'Alliance, avec jalousies et conflits, comme dans les meilleurs ménages amoureux.

Dans le Coran, en revanche, pas une fois, il n'y a de dialogue entre Dieu et des hommes, fussent-ils les plus saints des prophètes : il y a une dualité ontique absolue[2], sans pont autre qu'une relation de dominance absolue, d'un côté, et de soumission absolue, de l'autre.

Dans l'Islam, on ne discute ni avec Dieu, ni de Dieu ; dans le Judaïsme, on ne fait que ça depuis trois mille ans au moins !

 

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Dans les textes fondateurs du christianisme (Evangiles, Epîtres, Apocalypse), Dieu dit "le Père" n'apparaît que très peu et toujours comme faire-valoir de Jésus-le-Christ.

Ainsi, sur les 42 occurrences du mot "Dieu" chez Marc, moins de 5 sont au nominatif (et parlent donc de Dieu lui-même) et tous les autres sont au génitif (et parlent de quelque chose qui relève de Dieu ou lui appartient, mais non de lui-même).

 

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La spiritualité est le domaine de la finalité.

La culture est le domaine de l'identité.

L'économique est le domaine de l'utilité.

Le politique est le domaine de la sécurité.

Le noétique est le domaine de la véridicité.

Ces cinq facettes de l'activité essentielle de l'humanité doivent, évidemment, être en cohérence mutuelle et se répondre chacune aux quatre autres. Mais la clé de voûte de tout cet édifice est, sans conteste, la finalité issue du travail de spiritualité qui tient toute l'architecture ensemble.

 

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Le Judaïsme est la seule tradition spirituelle, la seule religion qui, dans la réalité historique et non dans les légendes bibliques, n'ait jamais persécuté quiconque, qui n'ait jamais usé de violence à l'égard d'une autre foi.

En fait, les croyances des autres nous indiffèrent.

 

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Les croisades médiévales ont été le fait du seul catholicisme ; elles faisaient horreur à l'orthodoxie chrétienne.

 

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Selon Elisabeth Lévy qui en dénonce ardemment le crétinisme, pour le socialo-gauchisme ambiant et le boboïsme bienpensant, "la réalité est devenue réactionnaire".

Rejeter les utopies idéologiques et les fables humanitaires, éreinter les  moralines droit-de-l'hommistes et les mythes révolutionnaires, stipendier les doctrines angéliques et les thèses démagogiques, généraliser les assistanats et les égalitarismes, rejeter vigoureusement l'uniformisation des sexes et des genres, et la banalisation de l'impudicité, revendiquer la non transparence et la primauté de la vie privée sur la vie publique, ridiculiser les prétentions universalistes et les victimisations pleurnichardes, affirmer les identités culturelles et le droit imprescriptible à la différence seraient donc réactionnaires, c'est-à-dire anti-progressistes, nostalgiques d'un "vilain vieux temps" révolu, passéistes incorrigibles et perclus d'archaïsme cacochyme.

Alors, de grâce, devenons tous très vite réactionnaires. Il est encore temps de sauver quelques lambeaux du patrimoine d'intelligence et de lucidité que plus de deux siècles de nihilisation se sont acharnés à déchirer dans un climat délétère de démagogie imbécile et de bêtise populacière.

 

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L'avenir réel n'est ni dans les nostalgies d'un passé dépassé, ni dans les idéologies d'un futur utopique : l'avenir est dans la volonté et le courage aristocratiques de ce présent réel et lucide.

 

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L'uniformité, c'est le triomphe de l'entropie.

L'uniformité, c'est le triomphe de la mort.

La vie, pour vivre, doit cultiver la différence et la non-égalité.

 

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Contre la théorie du genre et autres fadaises …

La nature fonde et induit la culture !

Le physiologique fonde et induit le psychologique !

Tout le reste est mensonge, ignorance et bêtise.

 

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Le 28/04/2018

 

Tout ce qui n'a pas de mémoire, est condamné à n'avoir pas d'avenir.

 

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La mode est toujours ridicule.

 

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Nous vivons la fin du modèle financiaro-industriel et nous passons d'une économie de masse, de prix, de propriété, de productivité … à une économie de la qualité, de la valeur d'utilité, de l'usage, de l'inventivité …

 

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L'autonomie n'est ni un fait, ni un état ; elle est une dialectique permanente entre des contraintes externes et une volonté interne …

 

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Le travail ne prend sens et valeur que s'il est au service de quelque chose de noble …

 

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La valeur du travail émerge d'une dialectique entre enrichissement personnel et enrichissement entrepreneurial.

 

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L'école est au service de l'Esprit et de la Connaissance ; mais ni à celui des maîtres, ni à celui des élèves, ni à celui de l'Etat ou des institutions de pouvoir.

 

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Faire des études non pas en vue d'un diplôme ou d'un emploi, mais pour acquérir de la Connaissance et de l'Esprit …

 

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On naît totalement ignorant … et on ne peut pas redécouvrir toute la connaissance …

Il faut des maîtres qui fassent autorité et des élèves qui consentent à l'ascèse de l'effort.

 

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Le leurre du travail collectif … Un troupeau d'âne de dit que des âneries. Un groupe, quel qu'il soit, c'est quelques leaders et des suiveurs.

 

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L'enseignement est une chose trop sérieuse pour être confiée à des fonctionnaires …

 

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Est éthique tout ce qui contribue à l'accomplissement de la vocation que l'on porte, dans le respect absolu de la Vie et de l'Esprit.

Lorsqu'on est au service de plus grand que soi, tout ce qui converge avec ce service est éthique.

 

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Savoir que la "servitude volontaire" et la prééminence de la sécurité sur la liberté sont des moteurs existentiels largement majoritaires …

 

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Dénoncer les phraséologies …

 

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Rejeter toute forme d'idéologie …

 

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Ne jamais oublier  que c'est la Nature qui fonde, induit et façonne la Culture

et que c'est le physiologique qui fonde, induit et façonne le psychologique.

Ceci résulte de l'application stricte du principe d'émergence …

 

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Le 30/04/2018

 

De Navi Radjou (Thinkers 50) :

 

"Je ne crois plus que les entrepreneurs intelligents de la Silicon Valley vont sauver la Terre. Pourquoi le feraient-ils quand ils sont bien davantage intéressés à coloniser Mars ? Les meilleurs cerveaux du monde sont occupés à résoudre les problèmes des riches, qui n’ont vraiment pas de problèmes. Si nous voulons construire un monde inclusif, sûr, sain et durable, nous avons besoin d’une nouvelle génération d’innovateurs. Nous avons besoin d’un nouvel état d’esprit en matière d’innovation. Einstein l’a bien dit : « Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes en utilisant le même type de pensée qui les a engendrés ». Nous avons besoin de résolveurs de problèmes créatifs qui pensent, ressentent et agissent très différemment. Ce dont nous avons besoin, ce sont des innovateurs sages.’’

 

Lui, il y a cru aux GAFA ; moi, jamais !

 

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A noter : 66 % des tweets pointant vers des sites d’actualités sont postés par des robots.

 

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L’approche systémique a permis modéliser certains systèmes ouverts. Elle repose sur quatre principes essentiels :

 

  1. Le principe de totalité exprime l’idée que les interactions entre les différents éléments d’un système ne peuvent s’appréhender qu’au niveau de la totalité et non au niveau des éléments pris séparément.
  2. Le principe d’interaction implique que chaque élément peut s’informer et agir sur l’état des autres. Ainsi, l’élément X d’un système agit sur l’élément Y, mais Y agit aussi sur X.
  3. Le principe d’homéostasie caractérise un système autorégulé, c’est-à-dire capable de réagir à toute modification, d’origine interne ou externe, pour revenir à son état initial.
  4. Le principe d’équifinalité indique qu’un même résultat peut être obtenu par des voies et conditions initiales différentes.

 

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Il faut décidément en finir avec ces abstractions sociologiques vides que sont la société, le peuple, la nation, le vivre-ensemble, la ville, la campagne, la province, l'individu, l'immigré, la famille, l'enfant, etc …

Chaque personne vit dans ses communautés de vie et ne connaît que son propre monde. Toutes les agrégations sont fallacieuses.

 

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Tout ce qui existe possède une généalogie. Ceux qui l'occultent, au prétexte de s'en libérer, se coupent aussi de toute téléologie : il ne reste alors que du dérisoire et de l'absurde perdus dans la volatilité de l'instant.

Pour le dire autrement : il n'existe pas d'objets/sujets, il n'existe que des processus qui viennent de quelque part (trajet) et qui vont quelque part (projet).

Et chaque processus fait partie intégrante d'un processus plus large qui l'englobe et le transcende, qui lui donne sens et valeur.

 

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Dans le Réel, rien n'est jamais égal à rien, rien n'est jamais l'égal de rien.

Dès que l'on affirme ou que l'on postule une égalité, quelle qu'elle soit, on quitte le Réel et on navigue dans l'idéel, dans l'idéal, dans l'idéalisme, dans l'idéologie.

Et lorsqu'on navigue hors du Réel, toutes les absurdités deviennent possibles.

Ainsi, l'égalité homme-femme (qui est naturellement et culturellement invalidée dans les faits du Réel) aboutit à des aberrations comme le mariage-pour-tous, l'homoparentalité, le sacrifice de l'enfant sur l'autel des caprices d'adultes débiles.

Ainsi, aussi, l'égalité humain-humain aboutit à la négation des colossales différences réelles en matières intellectuelles, corporelles, spirituelles, émotionnelles, culturelles, ethniques, religieuses, morales, psychologiques, professionnelles, etc … ; elle aboutit à cette idole idéologique qu'est la démocratie c'est-à-dire la tyrannie des crétins et la démagogie électoraliste ; elle aboutit à l'abrogation des identités, des mémoires, des histoires, des généalogies, ….

L'égalité, c'est l'uniformité c'est-à-dire le triomphe de l'entropie et de la Mort contre la néguentropie et la Vie.

Il n'y a de Vie, d'évolution, de dynamique, de progression que dans et par la différence. L'égalité est toujours mortifère.

 

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L'expérience a déjà été menée mille fois, par exemple dans les tests de salle d'attente où rien ne se passe : un groupe humain, comme un troupeau de bovins ou une meute de loups ou une troupe de babouins, fonctionne comme un train : il y a une locomotive (l'élite, les leaders) et il y a des wagons (la masse, les suiveurs).

Un train sans locomotive ne va nulle part.

Un train sans wagons ne sert à rien.

 

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Une révolution politique (une absurdité idéologique socialo-gauchiste), ce n'est pas abroger l'élite en place au profit des masses. C'est tuer l'élite en place qui est désignée comme opprimant les masses, et la remplacer par une nouvelle élite autoproclamée (au nom des masses qui ne demandent rien) et qui va opprimer lesdites masses encore plus durement.

C'est là toute l'histoire des putschs de Robespierre ou de Napoléon, de Lénine ou de Mao, d'Ho-Chi-Min ou de Castro.

Avec des Hitler, des Mussolini ou des Franco, ce sont des majorités qui se sont donné des maîtres, au terme soit d'élections, soit de guerre civile. Il n'y a pas eu de révolution. Au contraire des cas révolutionnaires, ces majorités n'ont d'ailleurs pas eu à souffrir des régimes de leurs maîtres choisis (on ne peut évidemment pas en dire autant de leurs opposants ou de leurs boucs émissaires).

Il faut donc se méfier autant des minorités révolutionnaires que des majorités crétinisées.

 

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L'initiation n'est pas une cérémonie, mais un processus continu qui, éventuellement, peut être scandé par des moments rituéliques appropriés.

Sur un chemin, il peut y avoir des auberges d'étape, mais ce ne sont pas ces auberges qui font le cheminement.

 

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Le couple homme-femme fonde la spatialité sociétale.

Le couple père-mère fonde la temporalité sociétale.

L'abolition socialo-gauchiste de ces deux couples, au nom de l'humanisme et de l'égalitarisme, prive l'humain de son inscription dans l'espace et dans le temps.

L'homosexualité est une bizarrerie sans importance.

L'homoparentalité est un artifice désastreux.

 

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De mon si cher ami Bertrand Vergely :

 

"Quand on prétend inventer l'homme nouveau, l'homme tel qu'il est, est un obstacle qu'il faut éliminer."

 

L'illusion idéaliste hait le Réel. L'homme réel est le pire ennemi des rêveurs, utopistes et autres idéologues.

 

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La liberté est le contraire du caprice.

La libération sexuelle, ce n'est pas faire l'amour avec n'importe qui, n'importe quand, n'importe comment. Cela, c'est la copulation, la licence, la débauche, le stupre et la fornication. Cela, c'est l'esclavage de l'orgasme obsessionnel.

La libération sexuelle, c'est le devoir de mettre l'acte amoureux au service de ce qui dépasse infiniment la physiologie animale, et le transcende au service de la Vie et de l'Esprit.

Le but de la libération sexuelle, ce n'est pas le plaisir orgasmique et l'amère escalade spirale qu'il induit, mais bien la joie organique d'une participation tantrique à la Vie cosmique dans l'union mystique avec l'Âme du Réel.

 

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Lorsque, à l'instar des stoïciens, les humains auront compris la différence immense entre le plaisir (qui esclavagise) et la joie (qui libère), le monde aura fait un grand pas en avant.

 

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Le refus idéologique des différences et l'aspiration mystique à l'indifférenciation ne peuvent pas être confondus. L'uniformité n'est pas l'unité.

 

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Libérer l'homme consisterait, paraît-il, à annihiler, pour lui, toutes les contraintes, naturelles (par la technologie) et culturelles (par l'immoralisme), intérieures (par l'irréligion) et extérieures (par la politisation), matérielles (par la non-propriété) et immatérielles (par l'égalitarisme).

C'est évidemment stupide et ridicule : la vie réelle n'est possible et n'est riche que dans un champ de contraintes. C'est précisément la tension avec la contrainte qui rend la vie (c'est-à-dire la néguentropie) possible et riche. L'annihilation de toute contrainte - ce qu'est clairement le nihilisme - détruit la Vie et induit la Mort.

Pas assez de contrainte tue aussi inéluctablement la Vie que trop de contraintes.

La vraie liberté consiste à décider d'assumer le Réel tel qu'il est et tel qu'il va afin d'y trouver les ressources et les énergies pour s'y accomplir.

Libérer l'homme consiste alors à lui apprendre le difficile art d'utiliser les contraintes et leurs énergies, pour s'accomplir en plénitude, par enrichissements successifs. C'est tout l'art du Wu-Weï (le non-agir) taoïste !

 

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Deux dimensions idéologiques ….

Le monde humain : vouloir le changer (socialo-gauchisme) ou vouloir le maintenir (conservatisme).

La nature humaine : vouloir la changer (modernisme) ou vouloir la maintenir (traditionalisme).

Et la cinquième voie : laisser les changements et maintiens se construire librement au gré des évolutions systémiques (libéralisme).

 

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La liberté, c'est choisir de faire bien ce qu'il y a faire, tant à l'intérieur de soi qu'à l'extérieur de soi.

 

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La meilleure manière d'avoir de l'audience, c'est de marteler des simplismes péremptoires qui donnent, aux crétins, l'illusion qu'ils sont intelligents.

C'est ce que fait le socialisme depuis un siècle et demi, de Blanqui et Jaurès, à Hollande et Mélenchon, en passant par cette crapule de Mitterrand.

 

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De Bertrand Vergely, encore :

 

"Le relativisme est toujours manipulé par des opportunistes qui, réduisant la réalité à un chaos, peuvent imposer leur arbitraire."

 

Relativisme : humain, trop humain.

Aux antipodes du relativisme humain : la cohérence holistique et l'évidence mystique qui sont, en fait, un seul et même concept absolu.

 

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Il faut remettre, au centre de la réflexion sur l'humain, au centre de l'anthropologie du 21ème siècle, l'irréfragable principe de la préférence pour la servitude volontaire (et donc : pour la paresse, pour la médiocrité, pour la crétinisation, pour le confort, pour l'amusement, pour l'ignorance, …).

Il faut signer la fin des illusions sur l'homme.

Il faut signer la fin de l'humanisme.

Il faut repenser l'humain comme un crétin minable qui n'est au service que de lui-même, de ses appétits, de ses animalités.

Il faut repenser l'humain comme un parasite de la Terre qui n'assume pas sa vocation d'être au service de la Vie et de l'Esprit.

Il faut repenser l'humain dans les termes de Nietzsche : l'homme aristocratique et éveillé comme pont entre l'humain détestable et le Surhumain à venir.

 

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Les logiciels algorithmiques parviennent à simuler certaines fonctions humaines, certains comportements humains, mais simulation n'est qu'illusion.

 

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Le malin n'est pas intelligent.

Être capable de ruse, de duperie et d'astuce pour se sortir d'une situation compliquée ou pour extorquer quelque chose, ne signifie pas d'être capable d'acquérir et de maîtriser de la connaissance complexe.

 

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Hegel disait que le maître devenant dépendant du travail de son esclave, devient esclave de son esclave.

L'humanité est a suivi le même chemin par rapport, d'abord, aux machines mécaniques, puis, aux machines électriques, ensuite, aux machines électroniques et, aujourd'hui, aux machines numériques.

Heidegger, puis Ellul, ne disent pas autre chose.

L'homme est devenu esclave, successivement, de son automobile, de son lave-vaisselle, de sa télévision et de son ordiphone.

Servitude volontaire, encore une fois !

 

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[1] C'est tellement flagrant dans les polythéismes grec, romain, hindou, chinois et lévitique.

[2] C'est en ce sens que le monisme mystique des soufis est condamné et persécuté par les islamistes.

 

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Le Tome 17 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement)