Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Septembre 2020 + lien vers le tome 23 !

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/09/2020

De Nicolas Machiavel :

"Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes."

Belle explication de la "mascarade des masques" comme mon ami Michel Maffesoli appelle l'actuelle supercherie post-pandémique.

Le stade virulent de cette pandémie est passé depuis des mois ; les masques ne servent à rien ; les hospitalisations sérieuses et la mortalité sont en chute libre. Mais on publie à tour de bras des chiffres dont un statisticien débutant débusquerait sans souci la fausseté et l'absurdité : en nous prenant pour des poires ou des cornichons, on y mélange des pommes et des choux.

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En refusant la Nature (qu'il croit n'être qu'un réservoir de ressources à la disposition de ses caprices), l'homme moderne nie sa nature même. L'actuelle hystérie hygiéniste en est la preuve. L'asepsie généralisée est d'autant plus absurde qu'elle fait s'effondrer le niveau naturel d'immunité contre les virus et autres bactéries (sans oublier que, pour fonctionner, notre corps utilise plus de bactéries en symbiose qu'il ne possède de cellules, soit de l'ordre de cent mille milliards).

Mais le plus grave est que la peur liée à cette hystérie hygiéniste, induit des violences un peu partout et renforce le pouvoir des bureaucraties étatiques.

Pourtant, cette dernière pandémie, aujourd'hui désamorcée, n'est ni la plus grave, ni la plus virulente, ni la plus meurtrière des pandémies que l'humanité a connues depuis la grippe espagnole de 1918. Ainsi celles de 1959 et de 1968 firent beaucoup plus de dégâts, mais beaucoup moins de bruit (qui donc s'en souvient ?). Pourquoi ? Parce que "sentant venir sa proche prochaine", l'homo modernus a peur, d'une peur panique (induite par le dieu Pan, dieu de toute la Nature), et veut être rassuré et sécurisé, à n'importe quel prix, y compris celui de son âme. Il ne sait pas qu'il est déjà mort !

 

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Dans le même sens, de Michel Maffesoli :

 

"C’est en niant notre animalité que l’on voit resurgir une bestialité immaîtrisée."

 

La nuance est colossale entre "animalité" (le fait d'appartenir à la branche animale de la Vie) et "bestialité" (le fait de pratiquer la bêtise violente).

La bestialité est un caractère typiquement humain, étranger aux autres animaux.

 

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Le 02/09/2020

 

Peut-on être assuré de la réalité de son "Je" ? Evidemment, non ! Ce "Je" est une pure construction de la Conscience pour incarner (ou symboliser) la cohérence d'un Esprit par nature multiple (Mémoire, Volonté, Sensibilité et Intelligence sont quatre instances dont les fonctions et les finalités sont antagoniques).

 

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Le petit tableau suivant permet de comprendre les différences essentielles, d'une part, entre "la personne" et "l'individu" et, d'autre part, entre "la communauté" et "la société".

Ces différences traduisent l'écart entre le "vécu" de la sensibilité et le "conceptuel" de l'Intelligence.

 

 

Individuation

Intégration

Sensibilité

PERSONNE

COMMUNAUTE

Intelligence

INDIVIDU

SOCIETE

 

 

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Quelques précisions de termes …

Areligieux : la spiritualité et l'initiation sont au-delà de toutes les religions.

Hermétisme : les "tables d'Emeraude" d'Hermès Trismégiste ("Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas") expriment un monisme panenthéiste opposé au dualisme monothéiste.

Sacré : c'est par la sacralisation du Réel, de la Vie et de l'Esprit, que l'initié peut réaliser son Union avec le Divin c'est-à-dire avec le Logos (le GA de l'U) qui donne sens et cohérence au Réel.

 

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En Franc-maçonnerie …

La Régularité est spirituelle : elle exprime le respect scrupuleux des rites initiatiques selon la Tradition transmise depuis les Compagnons constructeurs de cathédrales (cfr. les "Anciens devoirs" et les vieux manuscrits du 15ème siècle comme Regius, Cook, Kilwinning, ...).

La Reconnaissance est institutionnelle : elle ne concerne que l'inter-reconnaissance entre toutes les Grandes Loges régulières du monde selon une charte établie au début du 19ème conjointement par la Grande Loge Unie d'Angleterre, la Grande Loge d'Ecosse et la Grande Loge d'Irlande. Cette charte a évolué (peu ...) et est exprimée dans un document entériné par tous et intitulé : "Aims and Relationship of the Craft". Pour être reconnue, une Grande Loge régulière doit être reconnue bilatéralement par toutes les Grandes Loges reconnues du monde et pas seulement par la GLU d'A qui n'est que la "prima inter pares".

 

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On apprend beaucoup plus par soi que ce que l'on reçoit de ses parents et on transmets beaucoup moins à ses enfants que ce que l'on a réellement appris pour soi.

 

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Lorsque la dictature politique et bureaucratique, et la peur populaire (savamment entretenue) l'emportent sur la science et le bon sens, il n'y a rien de bon à attendre.

 

*

 

Il me paraît tout-à-fait clair, aujourd'hui, que :

  • le modèle standard cosmologique (relativiste) est ontologique et tente de modéliser le Réel tel qu'il est, au-delà de l'expérience humaine ;
  • le modèle standard particulaire (quantique) est phénoménologique et ne parle que des rapports entre l'expérience humaine et certaines manifestations du Réel ;
  • ces deux modèles sont incompatibles entre eux ;
  • la cosmologie, si elle n'est pas ontologique, n'est d'aucun intérêt.

 

*

 

La "liberté de blasphémer" est un droit imprescriptible … et tant pis pour ceux dont la foi n'est pas assez solide pour entendre que d'autres ne la partagent pas et la moquent.

Le foi ne se nourrit pas à l'extérieur de soi, mais à l'intérieur de soi.

 

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Le 03/09/2020

 

Ce sont 82% des musulmans français qui condamne les massacres de Charlie Hebdo, de Montrouge et de la boucherie Kasher.

Qu'ils en soient remerciés !

Quant aux 18% restant : déchéance de nationalité et expulsion immédiate chez Erdogan ou autre pitre de l'Islamie.

 

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De Victor Malka :

 

"La sagesse a depuis toujours constitué pour les juifs une valeur,

une finalité et une hygiène de vie."

 

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Un proverbe juif :

 

"L'âne est arrivé et a fait tomber la lampe."

 

Là où règne la bêtise, la sagesse s'éteint.

Un exemple ? Les réseaux sociaux.

 

Et aussi :

 

"La vie de l'homme dépend de l'arbre."

 

Au sens écologique, bien sur … Mais aussi au sens mystique et kabbalistique, si l'on pense à l'Arbre de Vie …

 

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Est "absolu" ce qui n'est relatif à rien d'autre qu'à lui-même. Or rien de ce qui existe (que ce soit un objet, un être, une idée) n'est absolu puisque tout ce qui existe dans le Réel, n'existe qu'en relation avec tout le reste qui existe.

En conséquence, seul le Réel est absolu et rien ne peut en être dit hors ceci que : "le Réel est le Réel".

L'apanage de l'Absolu est la tautologie.

L'Absolu n'a de sens qu'en tant que produit de l'intuition ultime, au-delà de tout ce qui est dicible, exprimable ou conceptualisable : il est précisément l'intuition de "l'au-delà de tout" qui englobe et unifie le tout du Tout.

 

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"Le Réel est le Réel" ou "l'Un est l'Un" ou Dieu est Dieu", etc … sont des proposition absolument identiques ; et "Réel", "Un" et "Dieu" sont absolument synonymes.

 

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Si Dieu est Dieu, si Dieu est l'Absolu, alors il ne peut être relatif à rien, et tout ce qui existe doit être en lui, relativement à lui.

S'il n'en était pas ainsi, Dieu ne serait pas l'Absolu et, donc, il ne serait pas Dieu.

Panenthéisme … ou rien !

 

*

 

L'Absolu est l'intuition ultime qui se pose à la source de toutes les métaphysiques (qui tentent, apophatiquement, de traduire l'Absolu en concepts rationnels) et de toutes les mystiques (qui, en sens inverse, tentent, ascétiquement, de dépasser tout le relatif pour l'atteindre).

Après Kant (hors Schelling et Hegel qui furent à contre-courant, ainsi que le second Heidegger), presque toutes les écoles philosophiques européennes ont voulu éradiquer la tentation métaphysique et rejeter l'idée même d'un Absolu.

Leur relativisme anthropocentrique a enfanté le nihilisme qui sévit depuis un siècle.

Le temps est venu de restaurer l'intuition ultime de l'Absolu (en prolongeant et en dépassant Hegel) et de le nommer "le Réel" (afin d'écarter des mots à consonance archaïque ou religieuse comme "Un" ou "Dieu").

 

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Hegel inventa le mot "acosmisme" (il n'y a pas de monde puisque seul Dieu existe et que tout est en lui) pour laver Spinoza du faux et absurde procès en athéisme (il n'y a pas de Dieu) qu'on lui fit.

Le terme "panenthéisme" qui signifie la même chose, eut été préférable.

En fait, acosmisme, panthéisme, antithéisme et panenthéisme sont autant de variantes du monisme qui s'opposent, à la fois, à l'athéisme et au (mono)théisme (croyance en un Dieu personnel extérieur au monde et d'une autre nature que lui).

 

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Hegel appelle "aliénation" l'écart "tragique" qui sépare un esprit humain de l'Esprit divin ou cosmique ou absolu.

 

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Le 04/09/2020

 

De Jean-Paul Enthoven :

 

"A-t-on le droit d’arracher, sans leur consentement, et selon son seul bon plaisir, les masques dont chacun, au cours de sa vie, a pu avoir besoin ?"

 

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La démocratie a, aujourd'hui, atteint ses limites et ne pourra plus être la "martingale" politique de l'avenir, et ce pour trois raisons majeures toutes trois liées à la complexification du monde réel.

Primo : 85% des gens sont incapables de comprendre les évolutions, les enjeux, les priorités et les ruptures du monde réel dans lequel ils vivent et, en conséquence, ils ne votent qu'en fonction de leurs propres petits appétits médiocres et/ou en fonction de la pression manipulatrice des médias et des réseaux sociaux.

Secundo : qui que ce soit, une fois élu, est contraint de prendre des décisions qui seront, dans la majorité des cas, contraires à ce pour quoi ils ont été élus, tout simplement parce que le monde réel ne se plie ni à leurs programmes, ni à leurs fantasmes, ni à leur idéologie.

Tertio : les deux raisons précédentes imposent que la politique tourne au carriérisme, à la démagogie, à l'électoralisme et au clientélisme.

 

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La vraie question politique de notre époque est : étant donné l'usure définitive et irréversible de l'idée de démocratie et l'inacceptabilité foncière de toutes les formes de dictature autoritaire, totalitaire, bureaucratique, illibérale ou étatique, il est urgent de définir la "troisième voie" qui ne soit ni démocratique, ni dictatoriale.

C'est ce que j'ai essayé de faire dans un livre intitulé : "Qu'est-ce qui arrive à … le Politique" et qui paraîtra aux Editions Laurence Massaro au printemps 2021.

 

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De Josep Borrell Fontelles (vice-président de la commission européenne) :

 

"La puissance technologique de l’UE doit s’accroître pour répondre à notre souhait d’autonomie stratégique. Nous devons éviter d’en arriver au point où (…)  les Européens devront choisir entre être une colonie chinoise ou une colonie américaine. (…) La clé de notre succès dépendra largement de notre capacité à exploiter le potentiel du marché unique européen, à maintenir l’unité entre les États membres, et à faire valoir nos normes à l’échelle internationale."

 

Voilà près de vingt ans que je serine la même évidence que Borrell : "L'avenir de l'Europe est en Europe", et nulle part ailleurs, baigné dans une culture et une identité clairement européennes (ni islamilandaise, ni afrolandaise), en collaboration distante mais cordiale avec les autres continents (surtout l'Angloland et le Sinoland).

 

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Le 05/09/2020

 

De Pierre Teilhard de Chardin :

 

"La seule religion acceptable pour l’homme est celle qui lui apprendra d’abord à reconnaître, aimer et servir passionnément l’univers …"

 

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Petit florilège de Hazrat Inayat Khan (1882 – 1927 ; fondateur du "soufisme universel")  :

 

"Derrière nous tous, il n'y a qu'un seul esprit et qu'une seule vie.)"

 

"Ce n'est pas une religion particulière qui peut conduire à la spiritualité. La spiritualité dépend de l'harmonisation de l'âme."

 

"Quand l'homme atteint la vérité ultime,

il s'aperçoit qu'il n'existe rien qui ne soit en lui."

 

"Il n'y a rien sur terre ou au ciel qui ne soit à la portée de l'homme."

 

"Chaque expérience bonne ou mauvaise es

 un pas en avant dans l'évolution de l'homme."

 

"La véritable spiritualité n’est pas une croyance ou une foi déterminée. Elle est l'anoblissement de l'âme du fait de son élévation au-dessus des barrières de la vie matérielle."

 

"Celui qui voit clairement le but de la vie est déjà sur le sentier."

 

"La spiritualité est l'harmonie du cœur.

On ne peut l'obtenir ni par l'étude ni par la piété."

 

"Ce n'est pas notre situation dans la vie, mais notre attitude envers la vie qui nous rend heureux ou malheureux."

 

"La vie est ce qu'elle est, vous ne pouvez pas la changer

mais vous pouvez vous changer vous-mêmes."

 

"La paix du cœur est la véritable alchimie qui transforme le mercure en argent."

 

"La vraie religion (…) est l’océan de vérité

et toutes les différentes croyances en sont les vagues "

 

Pour Hazrat Inayat Khan, Dieu est l'unité de l'amour et de la connaissance.

 

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Il existe trois niveaux de vérité : la vérité cosmologique (celle des savants), la vérité éthique (celle des juges) et la vérité noologique (celle des devins).

 

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La "Vérité", en grec, se dit Aléthéia : ce qui ne s'oublie (Léthé) pas ou, plutôt, ce qui ne peut ni ne doit être oublié.

En somme, la "vérité" grecque, c'est ce qu'il est utile, indispensable, vital de garder en tête.

 

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La Vérité et la Guerre ont des connivences curieuses : une Guerre sa  bs vérité induit une hécatombe absurde et une Vérité sans guerre mène à l'insignifiance.

Il faut se battre en vérité et pour la vérité.

 

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Beaucoup d'historiens et la plupart des sociologues sont esclaves d'une idéologie.

L'historicité et la socialité ressortissent, le plus souvent, d'une mythologie.

L'humain n'est pas un animal social.

L'histoire n'a ni plan, ni logique, seulement des rythmes  paradigmatiques (des fréquences propres, comme disent les physiciens, qui font alterner émergences et effondrements), sans causalisme ni finalisme, mais portée par un intention d'accomplissement.

 

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Ce que l'on appelle une "vérité", est, en fait, une double cohérence : une cohérence intrinsèque de la théorie avec elle-même, et une cohérence extrinsèque de la théorie avec l'empirie.

Toute "vérité" est temporaire en attendant une cohérence plus large, plus profonde, plus générale.

 

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Au lieu de les opposer en vertu d'obsessions positivistes et rationalistes obsolètes, quand donc verra-t-on que mystique, cosmologie et métaphysique sont une seule et même démarche vers le Savoir absolu de Hegel, vers la Connaissance totale, vers la Gnose : seuls les bourdons du pérégrin diffèrent.

 

*

 

Trois dimensions à toute problématique :

  • la dimension noologique (la projection intérieure de la problématique),
  • le dimension éthique (la projection extérieure de la problématique),
  • le dimension cosmologique (la juste place de la problématique dans le Réel).

 

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La raison commence et le mythe s'arrête dès lors qu'est exigée une correspondance étroite entre la parole (ce qui est dit) et la réalité (ce qui est).

Ce basculement, un peu partout, aura lieu au 6ème siècle avant l'ère vulgaire.

Cette période est celle de la pensée philosophique c'est-à-dire cosmologique (l'univers, le Tout), éthique (la communauté, le monde) et noologique (l'âme, le "moi").

 

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Face à un texte, quel qu'il soit, il peut y avoir deux attitudes.

Soit celle qui consiste à l'analyser en vue de décrypter et d'exposer ce que son auteur a "vraiment" voulu transmettre.

Soit celle qui consiste à comprendre ce que le texte évoque et provoque en moi, le lecteur, indépendamment des hypothèses faites quant à "la pensée de l'auteur".

La première attitude est philologique et historique, celle de l'exégète.

La seconde attitude est philosophique et anhistorique, celle de l'herméneute.

Je crois qu'il est vain de tenter de vaincre, comme le voudraient les exégètes et les philologues, les énormes différences d'époque, de lieu, de langue, d'environnement historique, culturel et intellectuel, qui séparent l'auteur du lecteur.

Un texte ne parle qu'à son lecteur et ne parle pas de son auteur.

En ce qui me concerne – et j'ai eu bien des critiques sur ce point concernant mes ouvrages sur Spinoza ou Nietzsche -, je ne me concentre que sur ce que le texte me dit – me suggère, me murmure – à moi. Mes livres sur d'autres penseurs, ne parlent que de ma pensée : je suis philosophe et non historien de la philosophie ou professeur de philosophie (pour reprendre un distinguo d'Arthur Schopenhauer).

 

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L'opposition entre "vérité révélée" et "vérité construite", qui a alimenté toutes les luttes entre foi et raison, entre science et religion, etc … ne tient pas debout, dès lors que l'on regarde de plus près l'idée de "révélation".

Bien sûr s'il s'agit de prendre au pied de la lettre la dictée des dix Paroles, à Moïse, sur la montagne du désert de Sin, par YHWH lui-même, dieu tutélaire de la Maison d'Israël, alors, bien sûr, il faut sourire d'une telle naïveté qui prête, en passant, au Divin des allures nettement et inacceptablement anthropomorphiques.

En revanche, si l'on veut bien comprendre qu'en tant que prophète, c'est-à-dire en tant qu'humain ayant surdéveloppé une intuition hors du commun au point que son esprit humain entre en résonance avec l'Esprit cosmique, alors on parle d'une révélation-inspiration qui fait sens.

Tous les génies scientifiques ont expérimenté cette révélation-inspiration qui les a fait entrer en résonance avec le Logos, c'est-à-dire avec l'ensemble des principes d'unité, de rationalité et de cohérence qui régissent l'univers.

Encore une fois, mystique, cosmologie et métaphysique sont une seule et même démarche qui s'appuie, selon diverses méthodes, sur le surdéveloppement de l'intuition.

Moïse était du côté mystique, Einstein du côté cosmologique et Aristote du côté métaphysique ; voilà tout. Ils parlent tous les trois de ce que Einstein avait appelé : "la Pensée de Dieu" (et il pensait, bien sur, au "Dieu" de Spinoza et au panenthéisme spinozien).

 

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Je ne suis pas sûr du tout que la raison ne soit pas un mythe et que le mythe ne soit pas une raison.

Dans les deux cas, il s'agit d'exprimer la représentation que l'on se fait du Réel ; ce sont les langages qui différent : conceptuel pour la raison et symbolique pour le mythe. Mais, dans les deux cas, une herméneutique est nécessaire pour valider la représentation : le langage de la raison n'est pas plus immédiatement compréhensible ou transmissible que celui du mythe.

 

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Toute mutation paradigmatique est, en fait, le passage d'un système de mythes à un autre, souvent assez radicalement différent.

 

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La modernité reposait sur le système de mythes suivant :

 

  1. Au niveau généalogique : le mythe du peuple-nation.
  2. Au niveau téléologique : le mythe du progrès-libération.
  3. Au niveau écologique : le mythe de la domination-exploitation.
  4. Au niveau axiologique : le mythe de la démocratie-justice.
  5. Au niveau métabolique : le mythe de la performance-productivité.

 

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Nommer, c'est créer.

 

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Nous quittons l'ère prométhéenne (anthropocentrique) et nous entrons dans une ère épiméthéenne (cosmocentrique).

 

Épiméthée a créé les animaux : alors que Zeus s’apprêtait à faire apparaître la Lumière, il fallait embellir les divers éléments terrestres, or Épiméthée supplia qu'on le laissât faire. Il répartit fort bien les qualités et défauts parmi les animaux, si bien qu'à la fin, il ne restait plus rien pour l'homme, qui se trouva donc nu et faible.

 

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La trimurti védique (antérieure à la trimurti brahmanique avec Brahma, Shiva et Vishnou) était formée, respectivement, de Varuna (la Totalité symbolisée par le Ciel), Agni (la Purification symbolisée par le Feu) et Indra (la Fureur symbolisée par la Guerre).

 

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La prophétie, au sens profond, n'est jamais une mancie : elle ne dit pas ce qui va arriver, mais elle dit ce qui devrait arriver (et ce qui arrivera si le bon choix n'est pas fait).

Elle ne prédit pas l'avenir, elle décrit les champ des futurs.

Le prophète est le témoin et, parfois, le garant d'une vocation profonde (celle d'une personne ou d'une communauté).

Prophétiser, alors, revient à réaffirmer cette vocation profonde et à prédire les malheurs liés aux détournements, biais, déviances ou trahisons à son encontre.

(cfr. mon livre : "Les Prophètes" paru aux Editions JMG en 2019)

 

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Le 06/09/2020

 

Question de mots …

Monisme : tout est Un sans second. Le panenthéisme comme le panthéisme sont des monismes (comme le vedanta advaïta ou le taoïsme, comme le kabbalisme ou le soufisme).

Monothéisme : Dieu est unique mais de nature différente que le monde naturel (il existe un lien entre le monde divin et le monde naturel : création et/ou rédemption).

Monolâtrie : il existe de nombreux dieux, mais on n'en adore qu'un seul (c'est le cas du judaïsme primitif et toraïque qui ne reconnaît que YHWH dont l'ancien nom était YH avec une guématrie de 15 qui donne 6 : la Beauté et l'Harmonie, et qui est la combinaison du 3 : le Mouvement, et du 5 : la Vérité).

Tout monothéisme est un dualisme.

Le manichéisme est aussi un dualisme (deux dieux, l'un du Bien et l'autre du Mal : les cathares, les mazdéens, etc ...).

Mais tous les dualismes ne sont pas manichéens (exemple : l'idéalisme de Pythagore ou de Platon).

 

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De mon maître en Kabbale :

 

"Toutes les rivières aboutissent au même océan,

alors suit celle qui passe devant ta porte et ne te gaspille pas".

 

Un spirituel débutant s'émerveille toujours du fait que d'autres traditions ont existé et ont trouvé des pistes similaires ou vaguement parallèles, de temps en temps.

Je pense que chaque tradition se suffit et qu'il est inutile de la polluer avec d'autres traditions en cherchant des ponts imaginaires qui n'existent pas … sauf en ceci que toutes les mystiques ressortissent de la même démarche et aboutissent à la même vérité.

 

*

 

Le schéma complet du processus "Esprit" s'articule ainsi  …

Quatre pôles, un lieu de confrontation et six modalités (trois holistiques et trois analytiques) :

  • Mémoire :
    • Réminiscence (holistique)
  • Volonté
    • Volition (analytique)
  • Sensibilité
    • Intuition (holistique)
    • Sensation (analytique)
  • Intelligence
    • Modélisation (holistique)
    • Conceptualisation (analytique)
  • Conscience (comme lieu de confrontation et l'harmonisation)

 

 
   


Le schéma suivant exprime cette structure :

 

*

 

Les mathématiques ne sont pas une science. Elles sont un langage conventionnel et artificiel possédant des racines (les postulats), un lexique (les concepts) une syntaxe (la logique formelle). Le fait que les sciences du Réel en ont fait un usage intensif ces quatre derniers siècles, n'en fait pas, pour autant, une science.

Dire que les mathématiques sont une science, revient à dire que la langue française est une littérature. Non ! Il y a une littérature de langue française comme il y a une physique mathématique.

 

*

 

Tout paradigme est un système de croyances qui est spécifique à une contrée (un continent, en général) et à une époque (d'une durée de 550 ans, en moyenne).

Ces croyances faîtières ou mythes fondateurs d'un paradigme sont au nombre de cinq, parce que tout processus possède cinq dimensions intrinsèques : sa généalogie, sa téléologie, son écologie, son axiologie et son métabolisme.

Pour le continent européen, cinq paradigmes successifs ont régi la culture globale commune. On pourrait, par exemple, proposer :

 

 

Généalogique

Téléologique

Ecologique

Axiologique

Métabolique

Hellénité

(-700 à -150)

Mythologie

Sagesse

Distanciation

Aristocratie

Cité

Romanité

(-150 à 400)

Citoyenneté

Ordre

Urbanisation

Politique

Conquête

Christianité

(400 à 950)

Evangiles

Foi

Défrichage

Théologie

Sainteté

Féodalité

(950 à 1500)

Eglise

Salut

Agriculture

Sotériologie

Prosélytisme

Modernité

(1500 à 2050)

Peuple

Progrès

Industrie

Justice

Performance

 

*

 

En tout domaine, mais en science en particulier, il est essentiel de bien distinguer (comme ne le fait pas l'université) l'enseignement et la recherche. Ils n'impliquent pas du tout les mêmes talents : un enseignant doit maîtriser sa mémoire, sa clarté, sa logique, ses savoirs, sa rhétorique, sa pédagogie, etc … alors qu'un chercheur doit développer son intuition, son intelligence, son questionnement, sa lucidité, son esprit critique, etc ….

On ne parle pas de la même chose. Il y a même quelque chose d'antinomique entre ces deux professions puisque que l'enseignant doit affirmer ses certitudes (momentanées) et que le chercheur doit interroger ses problématiques (momentanées, aussi) …

 

*

 

Jean Perrin aurait dit  que la science cherche de "l'invisible simple derrière du visible compliqué".

C'est, en effet, une belle manière de résumer l'effort scientifique : la recherche de principes simples et fondamentaux qui permettent, par développement et déclinaison, d'expliquer la plupart des phénomènes et, même, d'en prédire certains.

C'est cela le travail de modélisation !

 

*

 

De Galilée (après Pythagore et Platon) :

 

"Le livre du monde est écrit en caractères mathématiques".

 

Voilà bien la plus grande bourde de l'histoire de la pensée occidentale. Une pensée idéaliste (donc dualiste comme celle de Descartes) qui définit, après Pythagore, le monde parfait des êtres mathématiques immuables et transcendants comme un monde distinct et parallèle au monde naturel où rien n'est ni parfait, ni immuable, ni transcendant.

Cette bévue a été catastrophique, spécialement durant toute la modernité qui a voulu réduire (réductionnisme) la physique à des équations c'est-à-dire à l'égalité de quantités.

Cette tradition mathématisante était encore célébrée comme la "grande victoire" de la modernité par Alexandre Koyré et par Edmund Husserl.

Il ne faut, bien sûr, pas jeter le bébé avec l'eau du bain et il faut continuer à utiliser ce langage mathématique (conventionnel et artificiel) là où il est utilisable et utile.

Mais le Réel n'est pas intrinsèquement mathématique !

 

*

 

Le langage conceptuel de la métaphysique a été le premier pas de la science.

Le langage mathématique de la physique en a été le deuxième pas.

Quel sera le langage du troisième pas ?

Pour le savoir, il faut d'abord dépasser la physique mathématique et revenir à la métaphysique conceptuelle, qu'il faudra encore dépasser ensuite pour atteindre le "langage de Dieu" qui est à la fois holistique et analytique, qualitatif et quantitatif, conservatif et créatif, bref : qui est complexe et non réductible.

 

*

 

Le mot grec kosmoV (cosmos) signifie, à la fois : "ordre", "beauté", "univers" et "monde". Mais le sens "ordre" est prédominant et archétypal car ce qui est en ordre est beau et la caractéristique majeure et essentielle de l'univers pris comme un tout, ou du monde civilisé, est d'être en ordre.

 

L'idée d'ordre est donc capitale tant sur le plan cosmologique que sur les plans de la Matière, de la Vie et de l'Esprit (notamment de l'esprit humain tant personnel que communautal).

Comme je l'avais déjà montré maintes fois, l'idée d'ordre s'exprime sous les espèces de quatre modalités les plus apparentes :

 

  • l'ordre entropique (la vacuité),
  • l'ordre mécanique (la machine),
  • l'ordre chaotique (la fumée),
  • l'ordre organique (la forêt).

 

Mais ces quatre types d'ordre ne font que refléter quatre modalités du principe d'ordre. Comment formuler celui-ci ? Qu'est-ce qui "fait ordre" ?

La réponse prend sa source chez Ilya Prigogine : l'ordre résulte de la dissipation optimale des tensions au sein d'un système ; et j'ai proposé trois sources universelles de tension sous la forme de trois bipolarités universelles :

 

  • celle entre constructivité (intention) et conservativité (mémoire),
  • celle entre complexité (néguentropie) et uniformité (entropie),
  • celle entre déploiement (expansion) et encapsulement (restriction)

 

L'ordre, alors, correspond à la configuration spatiotemporelle qui atteint le niveau de moindre tension (dont le principe de la moindre action, du moindre encombrement et du moindre chaos ne sont que des expressions particulières).

 

Les six sources de tension sont aussi sources d'ordre lorsqu'une d'elle impose sa prédominance. Ainsi :

 

Prédominance

Constructivité

Conservativité

Complexité

Uniformité

Expansion

Restriction

Ordre

Créativité

Mécanicité

Prodigalité

Vacuité

Spatialité

Compacité

 

On peut remarquer que, dans la perception humaine courante, une chambre ou un bureau, par exemple, seront dit "en ordre" s'ils ont les caractéristiques de mécanicité, de vacuité et de compacité. La cosmologie classique partage les mêmes aspirations.

Autre exemple : toute l'esthétique zen est construite sur l'idée de vacuité (qui n'est ni néant, ni vide).

Et de façon plus générale, toutes les écoles artistiques se distinguent entre elles par leurs préférences en matière de critères d'ordre.

Les écoles métaphysiques et philosophiques aussi.

 

Faut-il s'en étonner dès lors que l'activité de l'esprit est une perpétuelle interrogation sur "l'ordre adéquat" en matières de politique, d'épistémologie, d'esthétique, d’écosystémie, de biologie, de sociologie, de noologie, d'art, d'éthique, etc …

Partout l'on trouve le même souci : la minimisation des tensions et la dissipation optimale de ces tensions.

 

Car là est le point crucial : la minimisation des tensions et la dissipation optimale de ces tensions !

Tout, dans l'univers, évolue de l'intérieur par action, et non par réaction à une influence extérieure. Mais cette "action depuis l'intérieur" fonctionne selon des lois (le préfèrerais utiliser le mot "protocoles") strictes et sous contrainte des évolutions intérieures des autres processus adjacents.

 

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La recherche de la substance primordiale et originelle …

 

Thalès : l'Eau.

Anaximène : l'Air.

Héraclite : le Feu.

Anaximandre : l'Illimité.

Anaxagore : l'Intelligence.

Xénophane : l'Un.

Pythagore : le Nombre.

Parménide : l'Être.

 

Les présocratiques étaient là au cœur de la problématique cosmologique : quelle est la Substance de l'Un ?

 

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Dans le Théétète, Platon fait dire, par Socrate, le cœur de la doctrine du sophiste Protagoras d'Abdère :

 

"L'homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont pour ce qu'elles sont, de celles qui ne sont pas pour ce qu'elles ne sont pas."

 

Pour Protagoras, l'essentiel qui se perpétue au travers de tout le courant "humaniste" (relativiste, subjectiviste, indifférentiste, indifférencialiste, nihiliste), tient en ceci :

 

"Toute connaissance est un jugement".

 

Toutes les opinions se valent. Sophisme donc et sophistique : l'art de faire passer pour vraisemblable et plausible, voire vraie, n'importe quelle incongruité intellectuelle ou spirituelle.

Aujourd'hui, le sommet de la sophistique est atteint sur les réseaux sociaux.

 

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Le "Que sais-je ?" de Montaigne a été fort mal compris. L'interrogation n'est pas de la sophistique, portant, avec mépris et dédain, sur toute connaissance en général ; elle porte bien sur le tri que chacun (dont Montaigne) doit faire entre ce qu'il sait vraiment et le reste qui n'est qu'opinion ou croyance.

 

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Dans son "Novum Organum", Francis Bacon (1561-1626) se montre le vrai fondateur de la cosmologie empiriste moderne contre la cosmologie spéculative antique (ses "ennemis" jurés étaient les présocratiques et, surtout, Aristote).

Alors que Descartes (1596-1650) fut le dernier des scholastiques, empêtré dans un inextricable dualisme, Galilée (1564-1642) fut le premier physicien théoricien moderne, suivi par Newton (1642-1727), et parallèlement, Spinoza (1632-1677) fut le premier des métaphysiciens panenthéistes, suivi par Leibniz (1646-1716) qui fut aussi un des pionniers de la physique mathématique, et Pascal (1623-1662) fut le premier des mystiques modernes.

 

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Il faut cesser, en philosophie des sciences, d'opposer obsessionnellement "théorie" et "empirie". Ces deux regards doivent, au contraire, être perpétuellement en rapport dialectique, et fonder, chacun, sa propre cohérence : la cohérence intrinsèque de la théorie, d'une part, et la cohérence extrinsèque de cette théorie avec l'empirie, d'autre part.

La superposabilité de ces deux cohérences est le seul critère de "vérité" qui tienne.

Le duo "théorie-empirie" constitue la bipolarité fondatrice de toute science authentique. La théorie naît de l'intelligence holistique et l'empirie naît de la sensibilité analytique.

L'empirie est la fournisseuse et le valideuse de la théorie ; la théorie est la questionneuse et l'organisatrice de l'empirie.

 

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Il ne peut jamais y avoir de "représentation" subjective sans une source objective qui la déclenche. Les doctrines de la pure subjectivité sont des âneries.

Cela ne signifie nullement qu'une représentation ne puisse pas être partielle, biaisée, déformée, voire fausse ; tout au contraire.

Il faut donc dépasser toute forme de subjectivité et abolir le distinguo kantien entre objet et sujet. Objet et sujet sont deux manifestations d'un même Réel qui induit la représentation du premier par le second.

Cette représentation, quelque imparfaite soit-elle, relie le sujet et l'objet en une seule et même entité réelle.

Il faut le répéter sans répit : "Je pense donc je suis" est une ânerie ; la seule chose qui puisse être dite est : "Il y a existence et il y a conscience de cette existence". Comme écrivait Rimbaud : "Je est un autre".

 

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Le 07/09/2020

 

Le monothéisme est la foi en l'existence d'un Dieu personnel, souvent créateur du monde naturel, mais totalement étranger à lui (c'est la métaphore du potier et du vase : le potier façonne le vase, mais n'est pas le vase qui est extérieur et étranger à lui, d'une autre nature que lui).
Dieu est de nature purement spirituelle (il est pur Esprit) alors que le monde naturel qu'il a créé est de nature purement matérielle (c'est, par exemple, la foi de René Descartes et de tous les "vrais" catholiques ou de tous les "vrais" musulmans, etc ...).
Il y a donc deux mondes distincts (mais parallèles) : le monde spirituel divin et le monde matériel naturel. Nous sommes donc là dans une théologie dualiste : un seul Dieu (donc monothéisme), mais étranger et extérieur au monde naturel (donc dualisme). La théologie a beaucoup glosé sur la relation entre ces deux mondes ontologiques. Certaines écoles ont dit : Dieu a créé le monde puis s'en est désintéressé et s'occupe d'autre chose (c'est la "pichenette initiale" d'un Voltaire, par exemple). D'autres écoles postulent un retour de Dieu à la fin des temps pour détruire sa création et récupérer pour lui ce qu'il s'y est produit de spirituellement intéressant (le Jugement dernier, la parousie, l'eschatologie radicale). D'autres, enfin, les plus nombreuses, dont les traditions chrétiennes et musulmanes classiques, considèrent qu'il existe une relation continue entre les deux mondes (divin et naturel) et que, par sa Grâce et/ou sa Providence, Dieu intervient dans le monde naturel pour le guider (les miracles, les révélations, les prophètes) ... ou le punir (le Déluge, les dix plaies d'Egypte, la destruction de Sodome et Gomorrhe, ...). Enfin, dans cette relation entre les deux mondes, il existerait une sous-relation particulière entre Dieu et chaque humain, dépositaire d'un âme immortelle et purement spirituelle (c'est elle le support de cette relation  privilégiée), fragment du monde divin confié à un humain dans le monde naturel pour illuminer celui-ci de la lumière du Bien. A sa mort, l'âme de cet humain retournera dans le monde divin pour y être jugée quant à la réussite ou à l'échec de sa mission dans le monde naturel, ... et en subira les conséquences.

Le monisme est la posture métaphysique opposée à tout dualisme, donc, en particulier, au monothéisme ; il est l'antithéisme (le théisme étant la foi en l'existence d'un Dieu personnel étranger au monde naturel) et possède deux versions totalement et radicalement antinomiques :

 

  • l'athéisme qui nie tout spiritualisme et qui récuse l'existence de tout Logos (une logicité de cohérence) dans l'univers (le tout de ce qui existe) pour construire le cosmos (l'ordre cosmique) ;
  • le panenthéisme qui fait de Dieu un Dieu immanent qui est la source de tout ce qui existe (tout ce qui existe émane de lui et y retourne). La meilleure métaphore, en ce sens, est taoïste : Dieu est l'océan et toutes les entités qui existent (dont toi ou moi) n'en sont que des vagues qui naissent, vivent et disparaissent à sa surface. Tout est en Dieu (pan-en-théon). Le Divin, alors, est totalement immanent au Réel qu'il ordonne et anime (il est l'anima du monde) et l'univers en est la surface.

 

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Tous les 550 ans en moyenne, chaque civilisation régionale ou continentale connaît l'effondrement du paradigme d'avant et l'émergence du paradigme d'après.

Parfois, la bifurcation rate, le nouveau paradigme n'émerge pas, l'effondrement triomphe et la civilisation concernée disparaît (cfr. Pascuans, Mayas, Toltèques, Aztèques, Incas, etc …)

 

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Tout processus complexe évolue selon cinq dimensions :

 

  1. généalogie : identité, mémoire, connaissance ;
  2. téléologie : raison d'exister, vocation, mission ;
  3. écologie : relations et échanges avec le monde extérieur, humain et naturel ;
  4. axiologie : règles d'éthique, valeurs, modèles et méthodes ;
  5. métabolisme : travail technique de résolution des contradiction entre les quatre pôles et de dissipation des tensions).

 

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Il y a effondrement d'un paradigme s'il existe une rupture profonde sur chacune des cinq dimensions. Pour construire le nouveau paradigme, il faut relever les cinq défis de vivre en renonçant à ce qui est rompu (exemple : la modernité s'est rompue, entre autres, du fait de la pénurie des ressources matérielles ; la réponse à donner à cette rupture est la mise en place d'une économie de la frugalité).

 

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Comment vivre activement une bifurcation paradigmatique ?

 

Comprendre : veille, vigilance, lucidité  et apprendre pour comprendre

Oser nier les messages de continuité (les "opinions morbides" qui polluent tous les réseaux sociaux) et refuser l'émotionnel reptilien. Prendre parti parmi trois options :

  • continuer comme si de rien n'était (les partis politiques institutionnels), - cette option sera celle de 62% de la population adulte.
  • régresser vers une nostalgie réinventée ("gilets jaunes", rétro-activismes, révolutionnarisme) – cette option sera celle de 23% de la population adulte.
  • oser se mettre en chantier pour construire le nouveau paradigme qui répond aux ruptures de l'ancien) – cette option ne concerne, en gros que 15% de la population adulte (ce sont eux les "héros" de la construction du monde nouveau).

 

Accepter : faire son deuil : le modèle d'Elisabeth Kübler-Ross passe par cinq stades successifs qui sont déni, culpabilisation, négociation, dépression, sublimation.

 

Assumer (y croire) : le processus d'émergence est un processus "bottom-up" : chacun doit l'assumer dans SON monde et y prendre les initiatives locales qui s'imposent (on passe à une philosophie de la responsabilité et de l'autonomie, une philosophie de l'entrepreneuriat). Le processus n'est jamais top-down (les institutions sont inopérantes puisqu'elles relèvent toutes de l'ancien paradigme et que leur seule raison d'être est de pérenniser celui-ci). Le nouveau paradigme naîtra de la coalescence des initiatives locales qui, peu à peu, par viralité, par exemplarité et par vitalité, convergeront, s'agrégeront et fusionneront.

 

Décider (plan) : Quels sont les défis que la mutation lance ? Quels sont les défis prioritaires pour moi ? Comment "construire", à mon niveau, dans mon monde, les réponses à ces défis prioritaires pour moi ? Définir les quatre pôles du processus à enclencher :

  • Ecologie : Quelles sont les ressources (matérielles et immatérielles) à acquérir ?
  • Axiologie : Quelles sont les organisations à mettre en place ?
  • Généalogie : Quels sont les savoir-faire et les talents à mobiliser ?
  • Téléologie : Quelles sont missions à définir ? Quelles étapes ? Quels objectifs intermédiaires ? Quels planning ?

 

Agir : accomplir le plan. Ne pas se laisser distraire (cfr. Blaise Pascal) ; donc pas de distraction (dans les deux sens : ni inattention, ni amusement). Construire l'avenir comme si l'on construisait une cathédrale. Sacralisation de l'acte (transcendance de l'acte, portée de l'acte, se mettre au service de l'avenir humain, …)

 

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Face à la Vie et à l'Esprit, il faut développer un nouveau sens du Sacré et s'y consacrer quitte à sacrifier ce qui n'y contribue pas ou pas assez, comme s'il s'agissait d'un sacerdoce.

 

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"Ce que tu ne feras pas toi-même, personne d'autre ne le fera à ta place !" Personne ne peut ni apprendre, ni marcher à ta place !

 

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L'initiation est un changement de regard pour voir enfin que le Sacré et le Divin sont en tout, partout, tout le temps, que le Grand Architecte de l'Univers est à l'œuvre dans le moindre fragment du cosmos, dans la moindre relation entre deux fragments du cosmos.

 

Mais la grande révolution à venir est de resacraliser la Vie et l'Esprit sous toutes leurs formes, au moins dans le chef d'une aristocratie spirituelle (que celle-ci relève du maçonnisme, du kabbalisme, du johannisme, du védantisme, du taoïsme, du bouddhisme ou du soufisme importe relativement peu).

De ce point de vue, la populace a toujours été et est définitivement perdue ; c'est pour cela que les sacerdotaux ont cru devoir inventer l'exotérisme, les dogmes et les crédos, les sacrifices, les processions et les cérémonies.

 

La question posée est celle-ci : ce pouvoir sacerdotal est-il globalement utile ou est-il le fruit d'un goût de la domination (ce qui est indigne d'un initié) ? Est-il nécessaire que les masses adhèrent à une métaphysique ou à une mystique ? Y a-t-il "questionnement" parmi les masses ? Et si oui, lequel ? Et quelle réponse leur donner ?

Autrement dit : quel rapport doit-il exister entre la spiritualité forcément élitaire et la vie des masses populaires ?

 

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Le point crucial de toute l'évolution cosmologique est la minimisation des tensions et la dissipation optimale de ces tensions !

Ces tensions ont trois sources bipolaires, on le sait :

 

  • Le dipôle dynamique entre constructivité et conservativité.
  • Le dipôle eidétique entre néguentropie et entropie.
  • Le dipôle topologique entre déploiement et encapsulement.

 

Le problème posé ici est celui-ci : quels sont les différents "protocoles" de dissipation de ces tensions.

 

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De mon ami Julien Louis qui voit dans certains de mes articles une … :

 

"… illustration du monde actuel, où l'émotion est le support des opinions de nos contemporains sous couvert d'une parole humaniste et d'une morale bien pensante. Dessinant les traits d'un politisme issu d'un utopisme visant l'égalité des masses si médiocres, le travail sans autre but que le confort, le plaisir, l'extériorité. Les communautés se créent et se réfugient dans la croyance (complotistes), la religion ou la fiction (Netflix). Chacune de ces communautés se nourrit de la barbarie supposée de l'autre et de la haine qu'elle leur porte."

 

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De Frédéric Mas :

 

"Plus qu’un concept fourre-tout, le néo-libéralisme est devenu à partir des années 1990 une stratégie rhétorique commune à l’ensemble de la classe politique, de Jacques Chirac à Lionel Jospin, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche visant à bloquer toute réforme d’envergure dans le pays. (…) Plutôt que de s’interroger sur les causes proprement nationales de notre déclin politique et économique, notre classe politique a préféré se dédouaner en faisant porter le chapeau au néo-libéralisme, ce produit d’importation anglo-saxonne qui en aurait comme corrompu les fondements. (…) Les faits sont têtus, et il suffit de voir le progrès constant, depuis 2002, du nombre de fonctionnaires, de la règlementation, de l’endettement comme de la pression fiscale pour revenir sur terre. Tout ceci relève de la même idéologie interventionniste et classiquement social-démocrate que nos édiles semblent incapables d’abandonner, et cela malgré son essoufflement intellectuel et politique avéré. (…) Tocqueville estimait même dans "L’Ancien Régime et la Révolution" que le poids de l’Etat administratif, qui par son étendue rend toute économie libre suspecte, est ce qui fait le trait d’union entre l’ancienne Monarchie et les gouvernements d’après la révolution française."

 

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Le 08/09/2020

 

Le première chose qu'il soit utile et essentiel de penser, c'est la cosmologie.

Le deuxième chose qu'il soit utile et essentiel de penser, c'est la noologie.

Le dernière chose qu'il soit utile et essentiel de penser, c'est l'éthique.

L'Univers. L'Esprit. La Joie.

Tout le reste n'est que détails et déclinaisons.

 

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Une éthique de la Joie …

La Joie authentique (qui n'est ni le bonheur, ni le plaisir) est le signe le plus profond qui indique le "bon chemin de vie", celui que marque l'accomplissement de soi et de tout l'autour de soi. Car, au fond, si l'action de chacun induit un meilleur accomplissement de soi et de tout l'autour de soi, quelle meilleure définition du "Bien" pourrait-il y avoir ? Mais cette éthique est bien exigeante car s'accomplir soi (réaliser sa propre vocation profonde, sa propre destinée) n'est déjà pas chose simple, mais contribuer, du mieux que l'on peut, à l'accomplissement de tout l'autour de soi (pas seulement des "autres", proches, mais aussi de toute la Vie et de tout l'Esprit qui environnent chacun, voilà une tout autre paire de manches).

Cette éthique de la Joie, n'est-elle pas tout simplement l'Ethique de Spinoza ?

 

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L'induction scientifique (l'inférence) franchit le pas entre le "hautement probable" et le "certain", entre "corrélation statistique" et "loi", entre nuage de points de mesure" et "courbe continue" qui le représente.

L'indiction calcule (des probabilités), la déduction décline (par logique) et l'intuition devine (des structures holistiques) :

  • L'intuition devine holistiquement une cohérence,
  • L'induction valide statistiquement cette cohérence,
  • La déduction décline logiquement dans cette cohérence.

Le passage du "statistique" à la "loi" est une bonne méthode à la condition que l'on se souvienne que toute "loi", même la mieux établie et validée, n'est que "statistique" et peut donc souffrir des exception.

 

Le causalisme relève totalement de l'induction : chaque fois que telle cause rencontre les mêmes circonstances, elle produit tel effet.

Le problème ne vient d'une éventuelle corrélation statistique entre cause et effet, mais bien de la notion de "mêmes circonstances" car, dans le Réel, les circonstances ne sont jamais les mêmes ; pour pallier cet inconvénient majeur, il convient de passer par une "idéalisation" du processus qui relie l'effet à "sa" cause.

De plus, en y regardant de plus près, avec les lunettes d'Ernst Mach, on s'apercevra que tout "effet" (tout phénomène) est le produit de toute l'évolution de l'Univers entier, et donc qu'il possède une infinité de causes (dont une, peut-être, plus apparente ou plus dominante).

 

Le causalisme inductif naît d'une inférence statistique à partir d'une ensemble de constats ; il s'appui donc sur l'empirie.

Le causalisme spéculatif, lui, naît d'une déduction à partir d'un modèle (une théorie) nourrie de constats et d'intuition

Ainsi voit-on que le causalisme inductif alimente le causalisme spéculatif qui, une fois établi, le rend inutile).

"Les connexions causales sont fondées sur l'habitude aussi longtemps que nous ne savons pas les élucider autrement."

La théorie dépasse l'empirie et en fait sa servante !

 

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Le formalisme quantique a au moins eu ce grand mérite de montrer que la logique aristotélicienne (principes d'identité, de non-contradiction et du tiers-exclu) n'a pas cours dans le Réel où rien n'est jamais identique à lui-même, où le "vrai" n'est pas nécessairement le contraire du "faux, et où "vrai" et "faux" sont les deux valeurs extrêmes et inaccessibles d'un large spectre de probabilités.

 

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Par son histoire, ce que nous dit la science est de plus en plus plausible et crédible, mais n'est jamais certain au sens logique absolu.

La science est un processus (une succession de "systèmes" avec des continuité et des bifurcations) ; elle ne sera jamais un "objet" achevé.

 

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Les lois de la Nature, une fois établies (car elles sont des émergences comme tout le reste), ne changent pas, ou très peu et très rarement, parce que la Nature, étant "paresseuse", ne change pas ses fondamentaux si elle n'a pas une "bonne raison" de le faire. Et quelle pourrait être cette "bonne raison" ? Les caprices humains ? Allez donc !

Cependant, dans certaines configurations globales d'instabilité et de tensions excessives, un basculement des lois de la Nature n'est nullement à exclure. C'est probablement ce qui s'est passé, bien après le soi-disant big-bang, lorsque s'est enclenché le processus d'inflation cosmique en contradiction avec le conservation de l'énergie ; ensuite, l'univers a retrouvé un autre équilibre, et les lois de conservation se sont naturellement rétablies.

 

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Le "régularité" n'est pas une propriété spécifique de la Nature, mais bien une cible privilégiée de notre regard : celui-ci ne perçoit que les régularités (exactes ou approchées) et pas grand' chose d'autre.

Notre intelligence a besoin de "voir" des régularités pour en inférer des règles de vie qui contribuent à une meilleure survie de l'espèce humaine, car seules les régularités permettent l'anticipation des opportunités ou des dangers.

 

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Plus on monte dans l'échelle des complexités, moins les processus sont déterministes. Le déterminisme ne concerne l'échelon le plus bas : celui du mécanicisme.

 

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Si, comme le voudrait le lexique des professeurs de philosophie des sciences, un axiome est une évidence indémontrable et un postulat est une hypothèse indémontrable, alors, les axiomes n'existent pas.

Il n'existe aucune évidence. Etymologiquement, une "évidence" est quelque chose qui saute au regard ; il s'agit donc d'un leurre subjectif. Comme je l'ai si souvent dit et écrit, tout ce qui est (semble) évident, est faux.

 

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Classiquement, la définition du "déterminisme" est : les mêmes causes (pourtant on n'a jamais deux phénomènes qui soient exactement "mêmes") produisent toujours les mêmes effets (idem).

On sait maintenant, grâce à la théorie des systèmes, que cette assertion n'a pas  de sens : les mêmes causes appliquées sur un même système, mais dans des états différents, surtout s'il existe des boucles de rétroaction, ne produiront jamais les mêmes effets. Effets qui, dans les cas un peu complexes, ne seront même plus prédictibles.

 

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A partir de sa perception du Réel, la Sensibilité va construire une Image (de l'objet, du phénomène, de la relation, …). Ensuite, à partir de cette Image et avec un recours à l'Intuition (qui suggère la structure holistique globale du Réel), l'Intelligence va construire un Modèle (de ce même objet, de ce même phénomène, de cette même relation, …)

Dans les deux cas, Image et Modèle, il s'agit d'une construction de l'Esprit, selon deux modalités différentes.

Des rapports entre Image et Modèle, sont nées les écoles philosophiques du 20ème siècle comme la phénoménologie de Husserl (qui s'occupe des Modèles  - que Husserl appelle les "essences" - et récuse les Images) ou l'analytique de Russell - après Hume et avant Carnap - (qui fait le contraire). L'analytique cherche à résoudre le problème de l'inadéquation des lagues vernaculaires à rendre compte de la véracité des Images et veulent créer un langage neutre, exempt de toute métaphysique, absolument adéquat (et elle oublie, ce faisant, que, par définition, tout langage est artificiel et conventionnel, donc inadéquat face à la réalité du Réel).

Il s'agit, dans les deux cas, d'un subjectivisme héritier de Descartes et de Kant.

Dans les deux cas, on s'enlise dans la vase idéaliste et platonicienne d'un autre monde, respectivement, celui des "essences" et celui du "langage" (dans la détestation de toute forme de métaphysique).

 

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Pour leurs auteurs, l'idéologie de Marx et la psychanalyse de Freud étaient de la science, de pures productions scientifiques, alors qu'il y a rarement eu de pires fumisteries que ces deux fantasmagories (et impostures qui ont coûté la vie et l'esprit à des myriades de gens).

 

D'où l'importance capitale qu'il y a à mettre au point d'inattaquables critères de scientificité ; c'est ce que tenta Karl Popper avec sa notion de réfutabilité.

Le grand mérite de Popper est d'avoir remis en selle le jeu dialectique entre la conjecture (l'hypothèse théorique venue de l'intuition, de l'imagination ou d'ailleurs, peu importe) et la réfutation (la recherche de la falsification de la conjecture par l'expérimentation). Ainsi, Popper renverse les choses : sont scientifiques les théories réfutables et ne le sont pas, celles qui sont irréfutables (pour lesquelles aucune expérimentation falsifiante n'est possible, comme le marxisme ou la psychanalyse).

 

La scientificité d'une théorie dépend de la satisfaction conjointe de trois critères :

  • la rigoureuse cohérence intrinsèque du Modèle (la théorie) ;
  • la rigoureuse construction indépendante de l'Image (l'empirie) ;
  • la rigoureuse cohérence extrinsèque entre le Modèle et l'Image.

Dans les cas de Marx ou de Freud, aucun de ces trois critères n'est ni satisfait, ni satisfaisable.

 

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Le 09/09/2020

 

Les racines de la haine antisémite sont d'abord chrétiennes et, plus précisément, pauliniennes (Paul était un Juif renégat, "collabo" des romains) : le procès en déicide est à la base de cet antijudaïsme (alors que Jésus a été condamné et exécuté par les Romains pour sédition et que les épisodes des Evangiles synoptiques - commandités et téléguidés par Paul - exposant l'intervention du Sanhédrin et la haine populaire juive contre Jésus sont de pures fables sans queue ni tête). Paul, l'apôtre des Gentils (les Gentes, en latin, le Goyim en hébreu, bref : les non-juifs), hait ses congénères et n'a jamais pardonné à l'Eglise de Jacques (le frère de sang et successeur de Jésus à la tête de la petite secte judéo-chrétienne de Jérusalem) de ne pas les avoir reconnu, ni lui ni sa "révélation" sur le chemin de Damas. Cette haine paulinienne est devenue l'antijudaïsme, fidèlement transmise et entretenue par les Eglises chrétiennes, mais sans vraiment de violences graves jusqu'à la féodalité.
L'antijudaïsme a viré à l'antisémitisme (c'est-à-dire est passé d'une haine religieuse à une haine raciale) au 19ème siècle, surtout en France car c'est la famille Rothschild qui a et monté et géré le financement international de la défaite et de l'effondrement de l'Empire napoléonien (d'où le mythe du Juif banquier, du Juif complotiste). L'affaire Dreyfus, toujours en France, est la conséquence de cette antisémitisme "racial". Ce racisme antisémite est d'autant plus absurde que la judéité n'est en rien raciale mais culturelle et cultuelle ; avant qu'elles ne fussent strictement interdites par les autorités ecclésiales chrétiennes, les conversions au judaïsme furent très nombreuses tant dans l'empire romain qu'au haut moyen-âge (cfr. l'épisodes des Khazars, notamment).
Enfin, troisième épisode : comme après la Shoah, et étant donné la laïcisation, il était difficile de proposer un quelconque antijudaïsme et un quelconque antisémitisme, la haine du Juif prit une troisième forme : l'antisionisme qui est un antijudaïsme et un antisémitisme qui font florès dans les milieux gauchistes (pauvres Palestiniens opprimés) et islamistes (nos "frères" palestiniens opprimés).

 

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La succession des paradigmes scientifiques suit parfaitement celle des paradigmes socioéconomiques :

 

Ere

Paradigme

Hellénité

Théocosmisme de Thalès de Milet à Plotin (en passant par Aristote)

Romanité

Technicisme (aucun nom particulier)

Christianité

Platonisme d'Augustin d'Hippone à Gilles de la Porée

Féodalité

Aristotélisme de Michel d'Ephèse à Cajetan (en passant par Thomas d'Aquin)

Modernité

Mécanicisme de Copernic à Einstein (en passant par Newton)

Noéticité

Emergentisme depuis Prigogine …

 

Thomas Kuhn a parfaitement compris ces moments charnières et chaotiques de passage d'une paradigme à l'autre. Nous vivons un tel moment.

 

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Un paradigme est l'expression de l'axiologie provisoire d'une communauté humaine (celle des habitants d'Europe, celle des musiciens, celle des historiens, celle des dégustateurs de vin, celle des stylistes de mode, ou celle des physiciens théoriciens, etc …) ; il rassemble les règles, principes, valeurs, priorités, méthodes et modèles qui font référence commune dans un espace-temps limité mais clairement circonscrit (avec, bien sûr, des nuances et des dissidences).

 

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Les paradigmes se suivent, ne se ressemblent pas forcément, mais s'englobent mutuellement comme des "matriochkas", comme des poupées russes.

Le passage d'un paradigme à l'autre est un "saut de complexité" à la rencontre de l'incroyable complexité du Réel.

Est essentielle et cruciale cette idée de l'emboîtement des paradigmes, idée qui impose que le nouveau paradigme englobe le précédent qui en devient un cas particulier, une approximation insuffisante.

Par exemple, l'héliocentrisme copernicien englobe et dépasse le géocentrisme aristotélicien ; mais cela n'empêche nullement que, pour certains problèmes (comme le calcul d'une trajectoire balistique) l'on adopte une posture géocentrée, même si, ce faisant, la représentation des trajectoires des corps célestes devient incroyablement plus compliquée.

 

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Tout saut de complexité élimine des complications inutiles.

 

 

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Une mutation paradigmatique n'est pas ce reniement/destruction du paradigme précédent que l'on croit, mais son dépassement pour lequel il faut, si l'on veut y réussir, traverser une période de chaotisation (les régulations de l'ancien paradigme ne sont plus opérantes et celles du nouveau n'existent pas encore).

 

Ainsi …

La romanité a hérité de l'essentiel des acquis de la sagesse grecque, mais à d'autres usages, plus moraux.

La christianité a repris l'idée impériale romaine et ses canons de droit, mais au service de la religion et non plus de la politique.

La féodalité a récupéré la théologie chrétienne, mais l'a catholicisée au service du salut des âmes pécheresses.

La modernité a recyclé les idées féodales de "peuple" et d'Etat, de vérité et de morale, mais les a totalement laïcisées.

 

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De Gaston Bachelard :

 

"La science s'oppose absolument à l'opinion (…) de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort ; l'opinion pense mal ; l'opinion ne pense pas."

 

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Au terme d'objectivité qui relègue tout débat au-delà de l'accessible, il faut préférer celui d'impartialité qui s'adresse plus au relatif et à l'humain.

 

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De Pascal Nouvel :

 

"La science a pour effet [MH : mais non pour but] la technique ; et la technique, de son côté, dans son essence, est accaparement du monde : la technique permet de s'emparer du monde, de le façonner, de le modifier."

 

Il ne faut donc jamais confondre "science" et "technique", "connaissance" et "dominance".

 

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Quand Heidegger dit : "La science ne pense pas", il veut dire que rares sont les physiciens (et c'est bigrement dommage) qui interroge la métaphysique sur laquelle ils élaborent leurs théories.

Pour Heidegger, dans "Qu'est-ce que penser ?", "penser" c'est questionner ces fondements du Réel qu'il appelle (malencontreusement) l'Être.

Derrière sa si provocatrice opinion, se cache aussi l'idée que les scientifiques ne cherchent pas à mesurer les impacts techniques parfois désastreux de leurs découvertes et qu'ils "s'en lavent les mains" (ce en quoi ils ont raison, la science existe pour comprendre ; ce que les ingénieurs en font, ils le feront de toutes les façons).

Il ne faut jamais oublier qu'une connaissance scientifique ou, même, une technologie sont toujours amorales, ni bonnes ni mauvaises en soi ; c'est l'usage que les humains en font qui est bon ou mauvais. Et Gabor, par son principe bien connu, nous met en garde : "Ce que la technique rend possible, les hommes le feront" … que ce soit bon ou mauvais, que ce soit tôt ou tard.

N'oublions jamais que Heidegger, comme bien d'autres avant et après lui, est un esprit conservateur, profondément nostalgique du monde pré-technologique, de ce monde paysan largement réinventé et épuré de ses calamités, misères et souffrances.

Se déguiser en rural traditionnel, ne suffit pas pour se vivre tel …

 

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Quand je parle d'élite, je parle d'une élite spirituelle et éthique (les authentiques initiés), pas de la pseudo-élite académique, politique, économique, religieuse ou sociale.

 

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Le niveau d'inculture augmente à toute vitesse, l'école ne fait plus son travail, le psycho-pédagogisme (apprendre "en s'amusant", sans effort, sans évaluation, sans cotation) est une catastrophe. Le programme de Jules Ferry (savoir lire, écrire et compter convenablement à 14 ans) est mort et enterré … et l'audio-visuel - l'idiot-visuel -, les ordiphones - c'est le mot officiel français pour smartphone - et les réseaux sociaux y portent une faramineuse responsabilité.

 

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Je reste persuadé que l'humanité est un vaste ensemble de trains en marche ; et un train, c'est 15% de locomotive qui tirent et 85% de wagons qui se laissent tirer (ce sont ces wagons que j'appelle "les masses" ...

En physique : la masse est l'expression de l'inertie.

 

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Les progressistes ne peuvent pas (ne veulent pas) accepter mon constat que la civilisation occidentale régresse depuis 50 ans en Europe.

 

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Le pouvoir sacerdotal s'il ne veut pas être accusé d'abus de pouvoir, doit rechercher à n'utiliser aucun autre pouvoir que celui de son exemplarité.

 

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La gauche est "progressiste", c'est-à-dire qu'elle veut imposer une transformation du monde vers plus d'égalité et plus de "justice" sociale.

La droite est "conservatrice", c'est-à-dire qu'elle souhaite que le monde change le moins possible et préserve ses structures actuelles.

Le "en-avant" (auquel j'appartiens radicalement) est écolo-libéral, c'est-à-dire qu'il sait que l'égalité n'existe pas et que la "justice" sociale n'est que nivellement par le bas ; il sait que le monde change de plus en plus vite et vers toujours plus de complexité, et ce sans demander l'avis des humains, sous la contrainte d'un épuisement de toutes les ressources ; il sait que derrière toutes les idéologies, il n'y a que des croyances quasi-religieuses et qu'après elles, il n'y a que des charniers et de la misère ; et il sait enfin qu'un train, c'est une locomotive qui tire et des tas de wagons qui se laissent tirer.

 

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Depuis bien longtemps, les humains ont compris que, derrière chaque phénomène visible, se "cache" une puissance spirituelle invisible qui organise et régule ce phénomène. Ce qui est curieux, c'est que cette "puissance spirituelle invisible" (ce Logos, en somme) ait été, dès le départ, conçue comme multiple, sous la forme de l'animisme, d'abord, qui, ensuite, se mua en polythéisme.

Chaque rivière avait son propre "esprit" ; mais tous ces esprits des rivières, après un temps, coagulèrent en l'idée d'un dieu des rivières. Ce n'est que beaucoup plus tard (pour la Grèce, au 6ème siècle avant l'ère vulgaire) que tous ces dieux "spécialisés" s'agrégèrent en un seul Dieu (ce fut le "grand secret" des élites spirituelles du temps) dont les dieux "d'avant" devinrent des manifestations spécifiques (et furent récupérés par les croyances populaires sous la forme des superstitions autour des diables, des prières autour des anges ou des cultes autour des saints).

Enfin, la question se posa, à propos de ce Dieu unique, du créationnisme dualiste et transcendant (monothéisme) ou de l'émanationnisme moniste et immanent (panenthéisme). Nous en sommes toujours là même si l'option "émanationniste" est en train (enfin) de triompher de l'option "créationniste".

Ce qui me semble paradoxal ou, du moins, étrange, c'est que l'hypothèse originelle ait opté pour ce long détour par la pluralité des "esprits" plutôt que pour le chemin direct de l'unité de l'Esprit pourtant beaucoup plus simple.

La seule raison que j'en vois, est que les phénomènes se montrent souvent antinomiques (la pluie et la sècheresse, la fécondité et la stérilité, la chaleur et la froidure, la montagne et la mer, …) et que ces antinomies, parfois cruellement vécues et subies, aient empêché de voir l'unité métaphysique au-delà de la pluralité physique.

 

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La pluralité des esprits et des dieux fut, sans doute, le terreau où germa l'idée de Sagesse, puisque cette pluralité même et ses antagonismes internes, obligeaient tout un chacun à trouver ou à construire cette voie du "juste milieu" garante d'une "vie bonne".

 

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La célèbre injonction du fronton du Temple d'Apollon à Delphes est : "Connais-toi toi-même". Elle n'est pas une invitation à l'introspection (dont la pensée grecque n'avait rien à faire), mais un injonction formelle disant que chacun doit demeurer à sa place dans la structure de la cité.

 

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Au socle même des traditions européenne et juive, il existe un différend "irrémédiable" :

  • d'un côté, une vision cyclique du temps (cfr. "Les travaux et les jours" d'Hésiode),
  • de l'autre, une vision orientée du temps (cfr. le "Au commencement" de la Torah), c'est-à-dire une vision d'un univers animé par une intention, par un projet qui puisse justifier une Alliance entre le Divin et l'humain.

Le christianisme a tenté, mais raté, la synthèse de ces deux visions métaphysiques.

 

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Je crois profondément que la foi en une intention cosmique est le tréfond de l'essence du judaïsme : l'histoire cosmique du Réel (et donc l'histoire de tout ce que ce Réel contient) a un sens !

Donc tout a un sens. Donc tout ce qui existe sert – doit servir - un projet global qui dépasse tout ce qui existe : le projet de l'accomplissement du Dvin en plénitude.

Ce projet est symbolisé, dans la Torah, par le jardin d'Eden, et il y est dit (Gen.:2;15) : "Et YHWH prendra des Puissances avec l'humain et il l'établira dans un jardin d'Eden pour le servir et pour le garder".

Servir et garder et non pas : se servir du jardin et se garder tout le jardin !

Servir et garder : voilà l'intention, le projet, la vocation et la mission de l'humain.

 

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Au-delà de la vanité des tyrans mégalomanes, au-delà de toutes les tentatives hypocrites de justifications, toute guerre n'a qu'un seul moteur : les ressources.

Donc, la seule manière d'éviter la guerre, c'est de faciliter et d'intensifier les flux commerciaux afin de permettre aux ressources de circuler librement et tranquillement.

 

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Hestia s'oppose à Hermès comme l'intimité s'oppose à la publicité, comme l'intériorité à l'extériorité, comme la féminité à la masculinité, comme la familiarité à la socialité, comme la domesticité à la commercialité, comme la spiritualité à la religiosité.

 

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Le 10/09/2020

 

De la courageuse Zineb El Rhazoui :

 

"Si on applique les textes islamiques,

cela donne un totalitarisme absolu et liberticide."

 

Quelle évidence qu'il faudrait rappeler sans cesse. L'Islam coranique est une idéologie totalitaire. Que ceux qui en doutent, lisent, comme je l'ai fait, le Coran attentivement !

 

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Il faut dire clairement que tout le terrorisme est financé par des activités criminelles : toute organisation terroriste est d'abord une organisation maffieuse.

Et toute organisation maffieuse doit être combattue à mort, sur tous les fronts !

 

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L'assistanat, en France, induit des fraudes sociales colossales, qui coûtent de l'ordre de 30 milliards d'euros par an !

C'est colossal, mais les administrations font obstacle à la lutte contre cette fraude. Pourquoi ? Parce que l'éthique d'un fonctionnaire s'arrête là où commence son gagne-pain ; parce que l'argent extorqué aux contribuables est de l'argent gratuit, alors pourquoi s'en soucier ?

Il faut le dire et le répéter : ce qui tue la France, c'est son armada pléthorique de fonctionnaires, de bureaucrates et d'administratifs.

Cette obésité fonctionnaire est le résultat de 70 ans de socialisme tantôt paternaliste, tantôt égalitariste. Les Français sont globalement dans une posture d'enfant (tantôt soumis, tantôt rebelle, tantôt créatif) face à l'Etat parent (tantôt nourricier, tantôt autoritaire). La France, politiquement, est très loin d'être adulte : l'autonomie personnelle y a encore un long chemin à faire !

 

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L'idée anglo-saxonne de Cancel Culture rencontre bien mon expression de rétro-activisme (homosexualisme, hyperféminisme, racialisme, islamisme, gauchisme, populisme, illibéralisme, …), c'est-à-dire de tous ces mouvements imbéciles, ultra-marginaux mais violents, si bien accueillis dans les facultés des "sciences humaines", dont le seul but est de s'appuyer sur la démocratie et le libéralisme pour détruire la démocratie et le libéralisme.

Ils pratiquent tous la "guérilla intérieure", surtout urbaine : désinformer, manipuler (via les réseaux sociaux, surtout, mais aussi via la presse traditionnelle qui est prête à dire, montrer ou écrire n'importe quoi, pourvu que cela fasse de l'audience) pour mieux terroriser, culpabiliser, apitoyer et comploter (les quatre pioches redoutables de la sape des énergies mentales).

 

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Le stoïcisme est un panenthéisme radical, moniste, naturaliste, hylozoïste et spiritualiste.

Le stoïcisme devrait être, plus que jamais, d'actualité !

 

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Face aux armées quasi impériales de César, ce qui perdit les Celtes (les Gaulois, donc) fut le fait qu'ils constituaient une mosaïque de tribus indépendantes et pas du tout un réseau bien fédéré de tribus autonomes. Malgré les efforts de Vercingétorix, un tel réseau ne s'établit pas en puissance à la va-vite, même dans le Morvan, à Bibracte.

Face aux impérialismes américains et chinois, c'est exactement la même erreur que reproduit l'Union Européenne : elle n'est encore qu'une mosaïque d'Etats-Nations "souverains" alors qu'elle devrait être, depuis longtemps, un réseau dense et puissant de régions autonomes, fédérées par un fort projet commun.

 

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Aristos est le comparatif de supériorité de Agathos ("bon") et signifie donc "meilleur que" … mais meilleur à quelle aulne ? A celle de l'Arétê (même racine) qui signifie "vertu" (proche du nom du dieu des combats : Arès, dont la vertu première était le courage) !

L'aristocratie, c'est la gouvernance des meilleurs par la vertu (et "vertu" dérive du latin Virtus, de même sens, dont la racine est Vir : "l'homme viril", "l'homme courageux") !

Il est dommage que le français moderne ait confondu "aristocrate" et "noble" puisqu'en latin, Nobilis signifie : "qui peut être connu, qu'on peut voir, digne d'être connu, célèbre, fameux" (Dic. Hatier). Ce qui fait la noblesse de quelqu'un, ce n'est pas sa vertu, mais bien sa notoriété (on dirait, aujourd'hui, les people).

"Noble" signifie "de grande notoriété".

"Aristocrate" signifie "de haute vertu".

Notre monde a grandement besoin d'une nouvelle aristocratie, spirituelle, intellectuelle et éthique, en lieu et place des pseudo-élites (académiques, politiques, économiques et sociales) qui nous manipulent.

"Elite" … encore un mot à regarder de près ; l'élite, ce sont ceux qui sont "élus", peu importe par qui : par Dieu, par le Roi, par des Pairs, par un Aréopage, par des Notables, par le Peuple … Il suffit d'être élu pour appartenir à l'élite.

Je plaide donc, dans le monde qui vient, pour qu'il n'y ait plus de noblesse, que l'élite soit "à la botte" et que l'authentique aristocratie (spirituelle, intellectuelle et éthique) triomphe.

Le pouvoir est chose trop précieuse, trop délicate et trop importante pour être confié à des arrivistes, des carriéristes, des idéologues, des démagogues,

 

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Dès lors que l'éthique des décideurs et dirigeants est l'évergétisme radical, il n'est plus nul besoin de démocratie !

 

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La même règle s'applique à tous, sans distinctions ni privilèges : ce n'est pas de l'égalité intrinsèque, c'est de l'universalité extrinsèque (et relative à un ensemble défini).

L'identité intérieure est radicalement personnelle et différente pour chacun, mais chacun est extérieurement soumis aux même règles (naturelles ou culturelles, physiques ou politiques).

 

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Héraclite d'Ephèse disait : PolemoV panton pater esti - c'est-à-dire, littéralement, "La lutte est père du Tout".

En termes actuels, on traduirait : sans tensions – c'est-à-dire : sans bi- ou tripolarités -, pas d'évolution, pas d'accomplissement, pas d'émergences.

Et Jean-François Gautier d'ajouter :

 

"(…) la différence conflictuelle est le principe même de toute identité,

et donc, de toute relation  (…)"

 

Toute posture inverse scellerait la victoire totale de la puissance entropique et, donc, la mort du Tout contre la Vie et l'Esprit.

La lutte n'interdit pas la paix ; tout au contraire, elle la stimule et la construit.

La paix, aussi, est un combat … comme la fraternité entre inégaux … comme l'autonomie contre les esclavages.

 

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Le fait que tout ce qui existe participe – et devrait participer plus – à une intention – un projet – unique et universelle, est la grande découverte de la tradition juive ; elle fonde l'Alliance !

 

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La mort tue la vie et l'esprit ; et elle éteint l'esprit souvent plus vite que la vie, et avant elle.

 

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Si l'Être est ce qui est immuable (cfr. Parménide), alors, il n'y a pas d'Être dans l'univers tel qu'il existe où "tout coule" (cfr. Héraclite), où tout est impermanence (cfr. Lao-Tseu), où tout est pur Devenir (cfr. Hegel).

Mais derrière ce Devenir, il existe des principes immatériels immuables qui le régissent. L'Être, alors, pourrait se confondre avec ce Logos cosmique, avec ce "Dieu" si c'est ainsi qu'on le définit : ce noyau immatériel et spirituel immuable qui préside à toutes les évolutions dans le Réel.

Le Réel est un immense océan matériel d'impermanence autour d'un tout petit noyau spirituel d'immuabilité.

Pour fonder ma cosmologie complexe, j'ai, quant à moi, défini les sept principes immuables qui constituent, pour moi, ce petit noyau d'immuabilité :

  1. Unité
  2. Rationalité
  3. Processualité
  4. Multipolarité
  5. Tripartition
  6. Accumulativité
  7. Dissipativité

Mais je répugne à appeler ce noyau spirituel immuable de ce nom vide qu'est "l'Être".

Le verbe "être" est un verbe copule qui établit l'équivalence (souvent momentanée) entre deux concepts …

 

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Toutes les calamités des derniers siècles (et peut-être plus avant) se sont construites sur trois idées morbides :

  • l'idée d'un peuple,
  • l'idée de sa supériorité,
  • l'idée de son droit/devoir à la domination.

Ainsi naquirent les nationalismes, les communismes, le nazisme, le fascisme, le stalinisme, le maoïsme, l'américanisme, l'islamisme, le salafisme …

Cette vague nauséabonde alimente, aujourd'hui, des individus comme Xi Jinping, Erdogan, Poutine, Trump, Orban, Maduro, Bolsonaro, Salvini, Le Pen, Mélenchon, et quelques autres en Afrique et en Islamie …

Il n'y a pas de peuples, il y a des personnes, des communautés et des cultures.

Il n'y a pas de supériorité, mais il y a des différences et des inégalités.

Il n'y a jamais quelque droit ou devoir que ce soit à la domination des autres.

 

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Le 11/09/2020

 

Pandémie coronavirale …

Les spécialistes, aujourd'hui, hors les médecins qui lèchent le cul des politicards, sont à peu près d'accord sur les points suivants :

 

  • La pandémie est finie depuis plus de deux mois.
  • Sa virulence s'est effondrée.
  • Se laver les mains ne sert à rien, la transmission étant aérienne.
  • Le masque ne sert à rien.
  • Les statistiques de contamination sont le fait de la croissance du nombre des tests et non de la croissance du nombre des malades.

 

Comme l'écrivait récemment notre cher Michel Maffesoli : il faut que cesse la "mascarade des masques".

 

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Je ne crois pas en la notion d'une "vérité universelle" ; ce n'est pas l'objectif de la science (ni même de la métaphysique ... mais peut-être de la mystique).

La science, quant à elle, ne vise plus modestement qu'à construire un modèle théorique d'univers qui soit d'une bonne cohérence intrinsèque, coïncidant au mieux avec celle, extrinsèque, de l'image de l'univers que nous fournissent nos expériences (observations, mesures, expérimentations, etc ...).

 

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A ce jour, mon modèle de l'évolution du processus socioéconomique humain comme une succession régulière de paradigmes différents séparés par une zone de chaotisation, satisfait pleinement les deux critères de cohérence intrinsèque et extrinsèque.

 

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Je souhaite que tous les parents puissent préparer sereinement leurs enfants aux cinq défis qui sont devant eux :

  1. vivre en frugalité,
  2. maîtriser la vague numérique,
  3. travailler en réseau (et, donc, être capable d'affirmer son autonomie dans toutes les dimensions),
  4. développer sa virtuosité et faire la distinction essentielle entre le prix d'achat et la valeur d'utilité,
  5. donner du sens à son existence en se mettant au service d'une intention supérieure forgée par une spiritualité naturelle et par une éthique de la joie.

 

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La matière (encapsulation constrictive d'activité) et le rayonnement (déploiement expansif d'activité) sont deux manifestations topologiques du Réel. La révolution quantique tient en la découverte (par Planck, d'abord, et par Einstein, ensuite) que les interactions entre matière et rayonnement ne sont pas continus et se font par échange de quanta c'est-à-dire de "paquets" énergétiques de tailles discrètes.

Ce fait de la quanticité des échanges entre matière et rayonnement restera incompréhensible tant que l'on ne tient pas compte des dimensions eidétiques de l'espace des états.

De même pour ce qui concerne l'intrication quantique.

Ainsi, de même, pour la dualité onde-corpuscule qui reste incompréhensible et saugrenue du point de vue des dimensions topologiques, mais qui, dans les dimensions eidétiques, peuvent très bien cohabiter pour un même processus (comme "lourd" et "poreux" dans l'espace topologique).

En fait, ce sont les effets quantiques qui ont révélé l'existence de ces dimensions eidétiques de l'espace des états, dimensions qui, n'étant pas topologiques, ne sont pas soumises aux principes de matérialité (comme celui qui dit qu'une vitesse matérielle, dans l'espace topologique, ne peut jamais être supérieure à la célérité du vide c).

 

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Il faut bien comprendre que le monde quantique n'est pas une théorie ontologique, mais un formalisme phénoménologique. Le formalisme quantique ne dit rien sur la réalité du Réel et se contente (avec bien des succès) de modéliser le rapport entre la manifestation phénoménale et l'expérience humaine ; la réalité du Réel n'y joue aucun rôle si ce n'est celui d'être la source inconnue de cette manifestation phénoménale.

 

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De Hazrat Inayat Khan :

 

"La concentration et la contemplation sont de grandes choses, mais nulle contemplation n'est supérieure à la vie qui nous entoure au quotidien."

 

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Dieu est le maître de tous les humains, mais chaque humain doit choisir quel maître il veut : le maître des esclaves ou le maître des disciples.

 

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Dieu n'est pas Amour.

Affirmer le contraire (comme le font le christianisme et le soufisme) est une contre-vérité sirupeuse, relevant de l'émotivité et du sentimentalisme.

Les notions d'Amour et de Haine, sont anthropomorphiques.

En revanche, Dieu – c'est-à-dire le Logos qui anime le Réel – est le foyer de ces bipolarités fondamentales qui sont le moteur de l'évolution du Tout ; et qui dit "bipolarité", dit oppositions, contradictions, tensions, conflits …

Pour citer une fois encore Héraclite : "La lutte est père du Tout".

Mais cette lutte est une lutte positive, une lutte pour l'accomplissement et le perfectionnement du Tout, une lutte constructive.

Le Grand Architecte de l'Univers a un Temple à construire, et le sentimentalisme n'y a pas de place. Ainsi que le démontra si lucidement Nietzsche, il n'y a, dans le Réel, aucune place pour la pitié, pour la faiblesse, pour la médiocrité : il faut être dur avec soi-même, bien plus encore qu'avec les "autres".

 

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Il n'y a que deux Livres saints, comme il n'y a que deux Arbres saints : le Livre de la Nature (l'Arbre de la Vie) et le Livre de la Torah (l'Arbre de la Connaissance).

 

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Le 12/09/2020

 

De George Bernard Shaw :

 

"Patriotism is, fundamentally, a conviction that a particular country is the best in the world because you were born in it..."

 

"Le patriote relève fondamentalement de la conviction

 qu'un pays particulier est le meilleur du monde parce que vous y êtes né."

 

Il n'est rien que je haïsse plus que le patriotisme, c'est-à-dire le nationalisme, l'étatisme, le régalisme, le jacobinisme, le chauvinisme, etc …

 

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Petit florilège de Hazrat Inayat Khan :

 

"Chaque être a une vocation, et celle-ci est la lumière qui éclaire sa vie. L'homme qui néglige sa vocation est comme une lampe éteinte."

 

"L'amoureux de la Nature est l'authentique adorateur de Dieu."

 

"Dans les campagnes, on perçoit la gloire de Dieu ;

en ville on rend gloire à son nom."

 

"Une chose reste vraie : bien que le maître ne puisse octroyer la connaissance,

il peut en allumer la flamme s'il y a de l'huile dans la lampe."

 

"Vous devez faire de l'œuvre de votre vie votre religion,

quelle que soit votre profession."

 

"La véritable joie de toute âme réside dans l'accomplissement de l'Esprit divin, et la carence d'accomplissement confine l'âme dans le désespoir."

 

"Ne faites rien par peur, et ne craignez aucun de vos actes."

 

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D'Anne-Marie Le Pourhiet :

 

"La modernité philosophique est fondée sur le postulat d’un être humain doué de conscience et de raison, capable de s’autodéterminer. Cette vision de l’individu se prolonge par l’idée démocratique de son insertion dans un peuple libre qui s’autodétermine également. Liberté individuelle et souveraineté politique vont donc de pair dans l’idéal de la démocratie libérale."

 

Et ce postulat débile est simplement faux. Car 85% des humains sont incapables d'autonomie, dans aucune dimension de leur existence (économique, morale, politique, sociale, religieuse, etc …).

Cette idée saugrenue des Etats-nations souverains a été consacrée par le traité de Westphalie en 1648 et avait été théorisée en France par Jean Bodin vers 1576.

Et elle de continuer :

 

"(…) l’idéal révolutionnaire français proclamant un citoyen libre dans un peuple libre ne voulait rien voir entre le citoyen et la nation, bannissant les sous-groupes et communautés suspectés d’aliéner la liberté individuelle et de fausser l’expression de la volonté générale. Le lien entre la liberté et l’égalité de droit est inscrit en majesté dans le long préambule de la Constitution de 1791 abolissant toutes les distinctions et corporations (…)."

 

Historiquement vrai, mais philosophiquement catastrophique : massacrer l'idée médiévale de "communauté de vie" au profit de cette abstraction ridicule, aussi artificielle que factice, qu'est "l'Etat", est un acte monstrueux !

 

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La féodalité cultivait cinq grandes qualités que la modernité a massacrées (cfr. Guillaume Travers) :

  1. les communautés de vie au-delà des individus,
  2. la secondarité de l'argent,
  3. la marginalisation des institutions étatiques,
  4. le respect des serments,
  5. l'idée de bien commun.

 

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Les conséquences économiques de la pandémie n'apportent que de bonnes nouvelles (cfr. que mon ami Marc Touati déplore parfois) :

 

  • la fin de la finance spéculative,
  • la fin de la manipulation monétaire,
  • la fin du mythe de la croissance,
  • la fin de la mondialisation,
  • la fin de l'hégémonie américaine,
  • la fin du mirage chinois,
  • la fin de l'hyper-consommation,
  • la fin du tourisme lointain,
  • le fin du salariat.

 

Au-delà de ces neuf bonnes nouvelles, il n'en manque que trois :

 

  • la fin du pétrole et, par conséquent, de l'islamisme, du salafisme, du djihadisme et du terrorisme,
  • la fin des assistanats,
  • la fin des étatismes.

 

*

 

Ce n'est pas la croissance économique (d'ailleurs impossible dans un monde fini de ressources en voie d'épuisement) qu'il faut viser, mais la décroissance démographique (deux enfants maximum par femme, et moins si affinité).

Selon les chiffres officiels de la Banque Mondiale (de 2016), sur les 47 pays dont la fécondité (nombre moyen d'enfants par femme) est supérieure à tous les autres, 40 sont en Afrique noire, les sept autres sont musulmans (Afghanistan, Yémen, Irak, Palestine, …) ou insignifiants.

Le "champion" mondial de ce triste classement des démographies délirantes est la Niger avec 7,2 enfants, en moyenne, par femme.

Il faut attendre le 117ème rang (sur 200) pour arriver aux pays avec 2 enfants en moyenne par femme.

Hong-Kong, Singapour et la Corée du Sud (200ème rang) ont la fécondité moyenne la plus basse du monde avec 1,2 enfants. Le Vatican est non classé.

Globalement, l'Afroland (4,8) et l'Islamiland (3,3) sont les gros pourvoyeurs du surplus démographique qui tue le monde humain.

 

*

 

Il faut d'urgence devenir malthusien !

Le TLF donne cette définition du malthusianisme : "Doctrine de Malthus qui prône la continence volontaire en invoquant la disparité de la croissance démographique et de la production des substances alimentaires".

Et si, comme c'est probable, la continence volontaire ne fonctionne pas, il faudra passer à la stérilisation massive.

 

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Si le "principe de réalité" ne peut pas triompher seul, alors il faudra se résoudre à contrer le "principe de plaisir".

 

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La croissance économique est celle du PIB, et le PIB est, en gros :

  • le cumul de toutes les valeurs ajoutées,
  • diminué des importations
  • et des dépenses publiques improductives (quel pléonasme),
  • et augmenté de toutes les exportations
  • (et duquel il faudrait encore défalquer les prélèvements à ces patrimoines naturels que sont les réservoirs de ressources que nous surexploitons).

La "bonne" valeur ajoutée n'est pas quantitative (ça c'est l'économie de masse et de prix bas), mais qualitative (elle vise la marge finale et non le chiffre d'affaires) ; elle ne dépend que de deux facteurs essentiels : la qualité des clients qui préfèrent la haute valeur au bas prix, et la maîtrise de ses virtuosités pour produire de la bonne valeur d'utilité durable.

Il y a donc du "bon" PIB et du "mauvais" PIB … mais il est plus facile de faire croître le "mauvais" PIB que le "bon" … D'où l'impasse actuelle.

 

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Imaginons que toutes les banques centrales (ou la Banque Mondiale) décident de créer un fonds d'une monnaie unique mondiale (avec une parité donnée par rapport à un panier international de monnaies significatives) et que la planche à billets tire un montant de cette monnaie égal à la somme de toutes les dettes structurelles du monde afin de rembourser, ,"au marc le franc", tous ceux (personnes ou institutions) qui portent, effectivement et financièrement, cette dette, d'une manière ou d'une autre.

Toutes les dettes structurelles sont ainsi éteintes et personne n'a déboursé le moindre centime. Le seul manque à gagner est spéculatif, donc méprisable.

Aujourd'hui, les monnaies officielles sont de purs instruments artificiels et conventionnels, adossés sur rien du tout.

Où serait le problème dès lors que cette opération est unique et non renouvelable, et qu'elle soit menée afin de sortir, une bonne fois pour toutes, des carcans liés à la débilité du modernisme et du 20ème siècle ?

On fait un "reset" financier pour démarrer proprement le nouveau paradigme.

 

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C'est logique …

Les croyants de la religion de la "croissance économique" sont aussi les croyants de la religion du "miracle technologique".

A tous ces croyants, je voudrais rappeler que les lois de la physique existent et sont immuables, qu'elles s'appliquent aux humains et à leurs technologies, comme à tout le reste, et qu'elles sont conservatives (pour l'énergie) et dégénératives (pour l'entropie).

Il n'y a jamais de miracles en physique :

  • pour produire, il faut détruire plus que l'on ne produit ;
  • pour vivre un peu mieux, il faut consommer beaucoup plus de ressources ;
  • plus on veut survivre nombreux, plus on épuise vite les réservoirs de ressources ;
  • on ne produit jamais de ressources à partir de rien et gratuitement.

C'est cela le réalisme ; tout le reste est bavardage stérile d'économiste ou d'idéologue.

 

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Croire que les technologies artificielles vont pallier l'épuisement des ressources naturelles, relèvent, tout simplement, de l'ignorance ou du déni de réalité.

 

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Le 13/09/2020

 

Il est vital de poser un acte fort de lucidité dans ce monde de plus en plus obscurantisé par les boues politiciennes et médiatiques, ainsi que, surtout, par l'ignominieuse bêtise manipulatrice des réseaux sociaux.

 

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Il est temps de remiser au placard de l'histoire les archaïques notions d'Etats-nations souverains : il y a bien longtemps que la globalisation des problématiques et l'interdépendance des contrées a mis un point final à ce ridicule principe de "souveraineté nationale".

 

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L'islamisme est le nouveau totalitarisme comme le furent le nazisme ou le communisme.

 

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Il ne devrait plus être nécessaire de rappeler l'indispensabilité d'une vraie Europe totalement fédérée afin qu'elle soit puissante dans la guerre des continents qui se dessine, suite à la fin de la mondialisation.

Et pourtant, l'immense majorité des crétins n'a toujours rien compris.

 

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Ecologiquement parlant, le chauffage domestique au bois est une des pires solutions à la transition énergétique pour cause de déforestation, d'émission de gaz carbonique et de très mauvais rendements.

Mais ça fait "rural" …

Et l'on oublie, alors, qu'il n'y a pas de pire antiécologiques que les paysans !

 

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Ce que le français, dans sa précipitation, appelle du seul et piètre mot "Amour", prend quatre noms en grec ancien :

 

  • EroV : l'Eros (charme, séduction) qui passe par les corps et le charnel.
  • Storgh : la Storguê (affection, tendresse) qui passe par les cœurs et le passionnel.
  • Filia : la Philia (connivence, amitié) qui passe par les intelligences et l'intellectuel.
  • Agaph : l'Agapê (communion, fusion) qui passe par les âmes et le spirituel.

 

Un couple authentique, cellule de base de toute vie sociale et reproductive, doit être construit simultanément sur ces quatre niveaux.

Il me paraît indispensable de restaurer ces quatre catégories, sous peine de "tout aimer" dans la confusion et la superficialité.

 

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Les hommes ne sont pas égaux, mais ils sont semblables.

Il s'agit de bien plus que d'une nuance lexicale ; il s'agit de refonder, profondément, le rapport entre les hommes, certes foncièrement inégaux, mais analogues et comparables, de même nature mais non de même qualité.

 

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Tout cycle civilisationnel (d'une durée de 1650 ans, en moyenne) est constitué de trois cycles paradigmatiques successifs (d'une durée de 550 ans, en moyenne, chacun).

A l'intérieur d'un même cycle civilisationnel, les trois cycles paradigmatiques semblent se distinguer par des modèles socioéconomiques qui se répètent d'un cycle civilisationnel à l'autre.

Le tableau suivant en donne un bref aperçu provisoire :

 

 

Cycle initial

Cycle médian

Cycle final

Civilisation antique

(-1250 à 400)

Orientalité

Hellénité

Romanité

Civilisation chrétienne

(400 à 2050)

Christianité

Féodalité

Modernité

Gouvernance

Communautaire

(le village,

la ruralité)

Réticulaire

(la cité,

le fief)

Autoritaire

(la ville)

Socioéconomie

Sédentaire

(autonome)

Prestataire

(corporatiste)

Monétaire

(individualiste)

 

Si ce schéma s'avère correct, comme nous quittons le cycle final de la civilisation chrétienne (la modernité), nous devrions entrer dans un cycle communautaire (tous les indices pointent déjà vers cette possibilité) et sédentaire (la néo-ruralité va dans ce sens).

 

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Le 13/09/2020

 

Nous vivons la fin de l'humanisme. Les doutes sont devenus palpables quant au fait que l'humain serait le centre, le but ou le sommet de la réalité du Réel. Une conscience s'installe dans l'idée que l'humain n'est plus la mesure de toute chose, que l'humain n'est que partie prenante et intégrante de quelque chose qui le dépasse et que l'on peut appeler la Nature ou le Cosmos, voire le Divin (dans un sens non monothéiste, voire antithéiste).

 

Cette idée est encore confuse et, comme toujours dans ces cas-là, elle s'exprime au travers d'idéologismes primaires stériles comme l'antispécisme, l'écologisme, le véganisme, etc …

Depuis des années, je le répète, l'après-humanisme est tout simple : l'humain doit se mettre volontairement et courageusement au service de la Vie (promouvoir le vivant sous toutes ses formes au lieu de l'exploiter éhontément) et de l'Esprit (promouvoir l'intelligence sous toutes ses formes au lieu de sanctifier, au nom de la démocratie et de la liberté d'opinion, l'ignorance, l'inculture et la bêtise, la mauvaise foi, la manipulation et le mensonge).

 

Depuis des dizaines de milliers d'années, l'humain a complètement remodelé la lithosphère et la biosphère à son profit ; et c'est très bien ainsi … tant que ce remodelage permet aux autres espèces de s'adapter et non de disparaître. Il ne s'agit ni d'angélisme, ni de sentimentalisme ; il s'agit de comprendre que la survie de l'homme dépend étroitement de la "bonne vie" de la Nature. Il faut donc apprendre à pratiquer, profondément, sérieusement, ce que j'avais appelé le "Principe Frugalité" (cfr. "Le Principe Frugalité" paru chez Dangles en 2010).

 

Face à ce post-humanisme, se développe aussi un "hyper-humanisme" qui promeut, au nom de la liberté ou des droits des "victimes", tous les délires rétro-activistes les plus insidieux et les plus violents (racialisme, homosexualisme, hyperféminisme, islamisme, gauchisme, …). Dans ces cas, il s'agit de pousser le droit-de-l'hommisme (parangon de l'humanisme) à l'absurde au nom du "rien ne vaut" et du "tout se vaut".

 

Et, comme ces mouvances primaires du post-humanisme et de l'hyper-humanisme pratiquent l'alliance contre-nature afin de peser sur l'opinion, on mélange les torchons hyper-humanistes et les serviettes post-humanistes, ce qui ne fait qu'aggraver, encore, la confusion … et le rejet.

 

Lorsque l'écologie politique devient écologisme et rallie les miasmes nauséabonds des rétro-activismes, elle vend son âme et dévalorise complètement sa juste cause.

 

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D'Anaïs Georgelin :

 

"On n'a peut être pas le choix de ce qui nous arrive

mais on a la choix de ce qu'on en fait"

 

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Surprotéger affaiblit.

 

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Il existe quatre méthodes bien connues pour prendre le pouvoir sur l'esprit de l'autre :

 

  • le terroriser,
  • le culpabiliser,
  • l'apitoyer,
  • le mystifier.

 

Notre actualité regorge d'exemples :

  • terroriser avec la pandémie, les masques, les "gestes barrière", mais aussi avec les menaces d'affres géopolitiques, collapsologiques ou transhumanistes,
  • culpabiliser avec le colonialisme et les féminicides,
  • apitoyer avec les "victimismes" (racialisme, hyperféminisme, décolonialisme, homosexualisme, islamophobie, …)
  • et mystifier avec les complotismes à cinq balles.

 

*

 

De Philippe Bloch :

 

"Quand cesserons-nous d'avoir peur de tout, plutôt que de nous endurcir ? Quand comprendrons-nous qu'une protection excessive ne fait que ruiner l'estime de soi ceux qui en bénéficient ? Perverti et instrumentalisé par des groupes de pression qui multiplient et médiatisent les rapports alarmistes

pour exploiter les peurs. Combattant toute rationalité, ces lobbys souvent relayés par les politiques ont généralement le dernier mot, selon le bon vieux principe qui veut que l'angoisse soit plus audible et plus vendeuse que le bonheur. Les marchands d'apocalypse ont toujours le beau rôle."

 

Un exemple parmi mille : les masques et les "gestes barrière" sont le meilleur moyen d'encore abaisser le niveau moyen de notre immunité naturelle qui est déjà tellement basse (sur-hygiène oblige) que les virus, s'ils sont en manque de porteurs naturels (du fait des destructions, par les humains, de leurs écosystèmes habituels), se rabattent systématiquement sur l'espèce humaine pour se reproduire.

 

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Vivre sans risque, n'est pas vivre ! L'homme moderne est devenu hyper-sécuritaire et donc terriblement faible !

 

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De Michel Chambon, ce petit texte époustouflant :

 

"Dsoérdre...

Seoln une étdue de l'Unviertsié de Cmabrdige, l'odrre des letrtes dnas un mto n'a pas d'ipmoratnce, la selue cshoes impoprtntae est que la prmeirèe et la denrirèe soeint à la bnone plcae. Le retse peut êrte dnas un doésdrre toatl et

vuos peouvz tuoujors lrie snas prbolmèe. C'est pacre que le cerevau huamin ne lit pas chqaue letrte elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot."

 

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D'un anonyme :

 

"Il est bon que le public comprenne que la science ne produit pas des vérités. Elle se dirige vers la vérité, qu’elle n’atteint jamais complètement. Cela signifie qu’il y a toujours de la place pour l’erreur, l’incertitude et le doute. C’est toujours mauvais quand les politiciens disent avoir pris des décisions en accord avec la science. Cela ne veut absolument rien dire. De quelle science parlez-vous ? Quelles preuves ? Quelle incertitude ? À quel point êtes-vous sûr des résultats ? La 'science' dans ce sens-là est une invention des politiciens pour se protéger des critiques. Donc, nous devons expliquer qu’une telle chose, la 'vérité' ou la 'science', cela n’existe pas. Il y a seulement des probabilités, et des possibilités."

 

Avec des critères de plausibilité et de cohérence intrinsèque et extrinsèque …

 

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De Gaspard Koenig :

 

"Quand on demande aux gens d'où ils viennent, ils ne répondent jamais par les régions administratives. Mais par les régions de l'Ancien Régime (…)"

 

C'est une évidence : hors l'Île de France, la France n'existe pas ; elle est une invention jacobine, un mythe étatique, un mirage politique. On est morvandiau, bourguignon, alsacien, breton, normand, landais, basque, corse, savoyard, lorrain, provençal, auvergnat, flamand, franc-comtois, niçois, catalan, … mais pas français (sauf lorsqu'il y a des assistanats à y gagner).

 

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La prolifération exorbitantes (tant en nombre qu'en coût d'application et de contrôle) des "normes" dans tous les secteurs, dans toutes les professions, dans toutes les activités, est, dit-on en politique, motivée par la protection standard de chacun et la sécurité générale de tous.

Un crétin qui n'y comprend rien, a droit à autant de sécurité et de protection qu'un docte qui a tout compris. Soit.

De plus, ce joli principe démocratique implique que la norme soit la même pour tous (égalitarisme) et qu'elle protège les plus crétins des crétins (un nivellement par le bas qui induit une prolifération tatillonne dans les moindres détails). Cela peut déjà se discuter : pourquoi la majorité raisonnable devrait-elle être à la botte de la crétinerie des plus crétins ?

Par ailleurs : plus il existe de normes, plus il faut d'administration pour les gérer, les appliquer, les procéduraliser et les contrôler ce qui, d'une part, étend le pouvoir des administrations (et, par ricochet, celui des politiciens) et, d'autre part, permet à la bureaucratie de croître en vampirisant de plus belle, tel un cancer, le corps social (cfr. l'inusable "Tentation bureaucratique" de Michel Crozier).

Enfin, la prolifération des normalisations est un indice fort : plus un pays cultive les normes (tant en nombre qu'en mesquinerie et tatillonnage), plus ce pays cultive de tendances (tentations) totalitaires. En ce sens, la France est un des premiers de l'Union Européenne.

Il est temps de considérer la majorité des adultes comme des gens raisonnables et responsables, capables d'autonomie en matière de leur bonne santé et de leur bonne sécurité (ainsi que dans toutes les autres dimensions de vie qui concernent son nombril), une majorité qu'il ne faut plus materner au prétexte de la crétinerie des imbéciles.

Après tout, chacun est en droit de se suicider comme il l'entend.

 

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Proverbe juif :

 

"L'Esprit divin ne peut se poser que sur un cœur joyeux."

 

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Bien sûr que le futur n'existe pas et n'est pas déterminé, mais le présent est orienté vers UN futur qui, d'une manière ou d'une autre, réalisera l'intention (qui n'est ni un but, ni un objectif, ni une destination prédéfinis) qui anime le présent.

Il n'y a ni finalisme, ni causalisme, il y a un constructivisme qui dit que le présent construit ce qui sera le futur sur base du passé et du milieu ambiant, mais avec une intention orientée vers ce futur (on ne construit pas pour construire ; un peintre réalise sa toile sans prédéfinir l'œuvre finale, mais avec une intention qui guide sa créativité).

Cette intention projetée sur l'écran appelé futur, joue le rôle d'attracteur du processus.

 

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Le 15/09/2020

 

Pour Aristote – et les penseurs grecs en général – la Sagesse n'était pas cette justesse, cette sérénité, cette profondeur intérieures qui est l'apanage des grands philosophes et spirituels telles qu'on les imagine aujourd'hui : cette Sagesse intériorité qui fait mode en Occident, depuis des décennies, et qui s'incarne dans des "gourous", pour la plupart des imposteurs et des charlatans.

Non ! Pour Aristote et les autres, la Sagesse était l'art de gouverner équitablement et justement la Cité : la Sagesse était politique et non pas spirituelle.

Sofia n'est pas GnosiV.

Les "Sept Sages" (Solon, Epiménide, etc …), fondateurs de la civilisation hellénique, sont bien plus des idéologues que des philosophes

 

 

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L'argent est une puissance d'acquisition, un pouvoir d'achat. Mais l'essentiel ne peut jamais s'acheter. Et cela rend fou les accapareurs et les prédateurs pour qui l'argent est une fin en soi et le symbole de leur puissance qui n'est qu'illusoire et dérisoire.

L'argent est nécessaire sur le plan matériel ; ailleurs, il est inutile et futile !

 

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Comme les triangles de la géométrie plane euclidienne, les hommes sont rarement égaux, mais ils peuvent être semblables : les mêmes angles, mais pas les mêmes longueurs des côtés !

 

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Au-delà de la démocratie égalitariste qui est le standard en perdition d'aujourd'hui, un peu partout, un autre modèle s'impose : celui de l'orchestre philharmonique.

Là, les instruments et les voix ne sont pas égaux, et heureusement, car la richesse sonore de l'orchestre vient précisément des différences de timbre, de puissance, de tessiture et de "couleur" de ces diverses contributions sonores.

Dans un orchestre philharmonique, il y a des instrumentistes et des solistes,  des instruments de première ligne et ceux de second rang, moins éclatants, mais tout aussi indispensables ; il y a des voix de basse, de baryton, de soprano ; il y a un chef qui dirige l'ensemble et en garantit l'harmonie et la cohérence, qui donne le "la" et le tempo, qui désigne les points forts ou faibles, mais qui ne peut remplacer aucun des chanteurs ou instrumentistes qui savent, chacun, ce qu'ils ont à faire et qui connaissent parfaitement leur instrument ou leur voix ; … et il y a la partition.

Ainsi devrait fonctionner toute communauté humaine : orchestralement !

Cette analogie me paraît fondamentale, incontournable et souhaitable. Mais il reste une question difficile : celle de la partition …

Pour un orchestre philharmonique, elle est prédéfinie par le compositeur ; pour une communauté humaine, elle ne l'est pas puisqu'il n'y a pas de "compositeur" de la socialité humaine.

Alors ?

 

 

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J'adore le patriarche Isaac.

Son nom, d'abord : la translittération de l'hébreu donne Ytz'haq ce qui signifie : "Il rira" (sa mère, Sarah, apprenant qu'elle est enceinte de lui à 90 ans, éclate de rire). Isaac vit sous le règne du rire, de l'auto-dérision, de l'ironie, de la moquerie, de l'humour … Il rit ! Il est l'incarnation absolue de la Joie, de cette imperturbable Joie de vivre qui anime ceux que le Divin habite en profondeur.

Sa vie, ensuite : la Torah en parle peu … mais certains épisodes sont fameux comme son "sacrifice" initiatique, piloté par son mystagogue de père, Abraham, et qui aboutira à l'immolation du bélier pascal, symbole de la libération de tous les esclavages.

Ses amours, encore : sa femme, Rebecca en français, mais RiBQaH  en hébreu, est la "gourmande", celle qui engraisse, celle qui se gorge … la "bonne vivante".

Sa descendance, aussi : des jumeaux naissent : Esaü, le roux chasseur, homme des champs, qui sort le premier, et Jacob qui le talonne (c'est le sens de son prénom), un homme "simple, naïf, innocent" (TaM) vivant sous sa tente, qui déviera vers lui le droit d'ainesse et recevra, frauduleusement, la bénédiction successorale d'Isaac devenu aveugle ; il deviendra le père des douze tribus.

Sa retraite, enfin : la famine le pousse à aller s'installer chez Abimelek ("Mon père est Roi") où il prospère, sous l'œil jaloux des Philistins, et il doit fuir, allant de puits en puits, jusqu'au puits "du Sept" qui donnera son nom à la ville de Beersheba (le symbolisme des sept puits que Ytz'haq creuse pour survivre en exil, est d'une folle richesse).

 

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Les trois patriarches incarnent successivement, les trois attitudes de la Foi : Abraham (la valeur guématrique de son prénom est 3) incarne la religion exotérique (l'obéissance naïve), Isaac (la valeur guématrique de son prénom est 1) incarne la mystique ésotérique (l'initiation sacrificielle) et Jacob (la valeur guématrique de son prénom est 2) incarne la théologie dogmatique (le pouvoir prioritaire).

 

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D'après un très récent sondage, une très grande majorité des Français, tous bords confondus, aspire à restaurer l'autorité (88%), à être gouverné par "un vrai chef" (82%) et à rétablir la peine de mort (55% tant à droite RN et LR qu'à gauche LFI et PCF).

Sur toutes ses questions, le centre (surtout les entrepreneurs et les indépendants) est beaucoup plus mitigé et libéral … évidemment !

Tout cet actuel débat se ramène, in fine, toujours au même binaire : étatisme contre communalisme, c'est-à-dire : socialo-populisme contre écolo-libéralisme.

 

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Le 16/09/2020

 

L'histoire humaine n'est qu'un processus complexe comme les autres, c'est-à-dire qu'elle est soumise :

  • au quadripôle universel (généalogie, téléologie, écologie et axiologie, c'est-à-dire la tradition, la vocation, l'écosystémie et la politique), et soumis à une succession de paradigmes intriqués de durées variables sur l'échelle des durées (qui possède cinq niveaux), mais d'égale durée sur chacun de ces niveaux.
  • à ces "fréquences propres" du "système humain" qui sont les suivantes : un niveau civilisationnel de 1650 ans en moyenne (nous achevons le cycle civilisationnel chrétien), un niveau paradigmatique de 550 ans (nous achevons le cycle paradigmatique moderne), un niveau séculaire de 99 ans (nous achevons le cycle séculaire nihiliste), un niveau triadique (génie, délire, catastrophe) de 33 ans (depuis 2017, nous sommes dans un cycle triadique qui s'achèvera en 2050) et un niveau solaire (lié aux éruptions chromosphériques solaires) de 11 ans (nous sommes dans le cycle de 2017 à 2028, censé être "génial" mais encore enlisé dans la zone chaotique inter-paradigmatique).

 

Chaque cycle paradigmatique se redéfinit complètement et profondément sur chacune des dimensions de son quadripôle. Aujourd'hui, très vraisemblablement, nous passons :

 

  • d'une généalogie du "peuple" à une généalogie de la "communauté",
  • d'une téléologie du "plaisir" à une téléologie de la "joie",
  • d'une écosystémie de la "surabondance" à une écosystémie de la "frugalité",
  • d'une axiologie de la "justice" à une axiologie de la "panharmonie".

 

Sans doute, certains de ces termes doivent-ils recevoir quelque développement.

Pour être bref :

 

  • la notion de "communauté" est culturelle et non plus géopolitique ; elle est liée à une langue, à une tradition, à des coutumes et croyances particulières ;
  • la notion de "joie" dépasse les notions de plaisir et de bonheur, et exprime l'accomplissement de soi et de l'autour de soi ;
  • la notion de "frugalité" pointe l'idée d'un contentement matériel au profit d'un développement intérieur : culturel, intellectuel et spirituel,
  • la notion de "panharmonie" promeut l'éthique du devoir de se mettre au service de la Vie et de l'Esprit, sous toutes leurs formes.

 

Ce "programme pour un paradigme nouveau" (communauté, joie, frugalité et panharmonie) est en train, souvent intuitivement et inconsciemment, de se mettre en place, ici ou là.

Chacun de ses quatre pôles connaît déjà ses débordements, ses déviances, ses dogmatismes, ses extrémismes. Par exemple :

 

  • Se réclament de l'idée de "communauté" (du communalisme, donc) les communautarismes sectaires, fermés, haineux et violents des factions rétro-activistes : à bannir et à combattre.
  • Se réclament de l'idée de "joie" (de l'eudémonisme, donc) les immoralismes débridés, dévoyés et visqueux des factions perverses : à bannir et à combattre.
  • Se réclament de l'idée de "frugalité" (du minimalisme, donc) les ascétismes bornés, dogmatiques, totalitaires et hargneux des factions véganes ou équivalentes : à bannir et à combattre.
  • Se réclament de l'idée de "panharmonie" (du panenthéisme, donc) les laxismes des indifférentistes et des indifférencialistes des factions nihilistes : à bannir et à combattre.

 

Il y a donc du pain sur la planche !

 

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Le 17/09/2020

 

D'Aristote :

 

"L'homme est un animal politique."

 

Cette citation si célèbre est à prendre au sens grec du mot "politique" : l'homme est un animal citoyen, attaché à sa Cité, à sa communauté de vie. On est là à des lieues de toute considération sociale ou idéologique.

 

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De Raymond Aron :

 

"L'histoire se caractérise moins par les rencontres

que par l'orientation d'un devenir"

 

Pour comprendre cette phrase, il faut se souvenir des théories de Cournot qui parlaient de la rencontre fortuite de deux chaînes causales indépendantes. Une personne marche dans la rue pour se rendre à son travail un jour de grand vent : première chaîne causale. Ce grand vent, ce jour-là, détache une tuile sur un toit d'une maison située le long du trajet de cette personne : seconde chaîne causale. Ces deux chaînes causales sont indépendantes l'une de l'autre. Mais la tuile détachée heurte la tête de la personne qui marche, et la blesse. Selon Cournot, c'est là que se nicherait le hasard. Et de là, pendant longtemps, on a affirmé que le moteur de l'histoire est le hasard.

Aron rectifie, à juste titre.

Au-delà des rencontres heureuses ou malheureuses, il pointe "l'orientation d'un devenir", c'est-à-dire, dans mes mots à moi : une intention globale qui pilote le tout du monde.

Ce qui doit arriver, arrivera, tôt ou tard, parce que c'est nécessaire ; si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain.

Il faudrait parler d'un déterminisme holistique, mais d'un indéterminisme analytique (qui n'est pas du hasard, mais de la fortuité : la probabilité d'occurrence est infime, mais elle n'est pas nulle).

Le hasard, c'est bien plus que l'imprévisibilité, que l'indétermination : le hasard est aberrant, il s'oppose à toute logique.

 

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Le 18/09/2020

 

Bonne nouvelle : 60% des Français disent que la pandémie leur a fait changé durablement leurs habitudes de vie …

Pourvu que ça dure !

 

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De Hegel :

 

"L'homme n'est rien d'autre que la série de ses actes."

 

Tout humain se construit et n'est rien d'autre que ce qu'il construit de lui-même. Tout humain n'est que la somme accumulée de tout ce qu'il construit. La dignité et le mérite d'un humain sont tout entiers dans cette accumulation. L'humain qui ne construit rien, n'est rien.

 

Constructivisme, donc ! Ni causalisme, ni finalisme.

Ce que l'on est devenu, n'est de la faute ni des chromosomes ou de la société, ni du sort ou de la destinée.

Chacun est le seul responsable ce qu'il est déjà devenu, de que qu'il devient et de ce qu'il pourra encore devenir.

 

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Il y a bien longtemps, émergea l'idée saugrenue que le monde apparent (profane) n'était que la manifestation d'un monde réel (sacré) plus "vrai", plus "essentiel", plus "fondamental" que celui qui paraît …

Cette idée fut suivie d'une autre, plus saugrenue encore : si l'on parvient à "passer de l'autre côté du miroir" (à entrer dans le sacré), on peut vivre une vie plus belle, plus riche, plus accomplie, plus sereine, …

La quête du monde réel derrière le monde des apparences est unique et universelle, mais elle prit les couleurs et les intonations des divers "climats" naturels et culturels où elle germa, fondant ainsi autant de Traditions qu'il pouvait y avoir de ces "climats" …

 

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Il faut impérativement faire une profonde distinction entre "communautalisme" et "communautarisme".

Le "communautarisme" prône une vie communautaire (ce qui sera la norme dans le nouveau paradigme), mais dans des communautés sectaires, fermées, haineuses, jalouses et agressives envers les autres, envers ceux qui ne partagent pas ses traditions, pratiques ou croyances. Après les "cellules communistes", ce sont les factions islamistes ou rétro-activistes qui pratiquent ce genre de communautarisme délétère.

Le "communautalisme" (tant pis pour ce néologisme) est un mode partiellement en commun, autour d'une communauté de vie qui fonctionne selon un paradigme qui lui est propre, mais ne s'occupe pas des autres communautés et dont les membres restent totalement libres de quitter ou revenir à tout moment (l'exemple classique en est le kibboutz israélien).

La grande différence vient de ceci que la communautarisme se construit "contre" (le système, l'occident, les riches, les Juifs, … et tous les boucs émissaires imaginaires qu'il se plaît à inventer) et que le communautalisme  se construit "pour" (un mode de vie, des valeurs, des traditions, … sans "guerre sainte", sans obliger quiconque à les partager).

Le nouveau paradigme sera communautaliste  et anti-communautariste : les anciens principes de la modernité qu'étaient le "peuple", l'Etat-Nation", l'identité nationale, la République "une et indivisible", … et qui étaient de pures inventions artificielles et conventionnelles (et récentes puisque mises en place dans la seconde moitié du 19ème siècle) pour légitimer l'Etat central après l'effondrement des monarchismes, sont désormais vécus pour ce qu'ils étaient : des leurres politiques ; ils vont sombrer dans les oubliettes de l'histoire humaine.

 

*

 

Il me paraît urgent de refonder la loi des hommes sur trois plans complémentaires :

  • les droits et devoirs des personnes,
  • les droits et devoirs des communautés,
  • les droits de la Nature (de la Vie et de l'Esprit au-delà des humains).

Parce qu'ils étaient individualistes, les codes juridiques de la romanité et de la modernité ne se sont préoccupés que des droits des personnes … et on oublié ou occulté ou volontairement négligé les cinq autres dimensions de la réalité de la vie.

 

*

 

J'adhère assez à l'idée de Danielle Hani-Marai que toute tradition spirituelle et/ou traditionnelle s'élabore sur un triptyque universel :

  • des mythes (le message),
  • des symboles (le lexique),
  • des rites (la syntaxe).

Toute mutation paradigmatique, tous les 550 ans (et surtout civilisationnelle, tous les 1650 ans) transforme ces trois piliers triadiques : aujourd'hui, nous quittons, en même temps, le paradigme moderne et la civilisation chrétienne … (comme la chute de l'empire romain avait fait quitter, en même temps, le paradigme latin et la civilisation antique).

Quels en seront les nouveaux mythes, les nouveaux symboles et les nouveaux rites ? La réponse à cette question sera la clé du basculement.

 

*

 

Il me paraît de plus en plus clair qu'Eckart von Hochheim (dit "Maître Eckart" – 1260-1328) est le véritable fondateur de toute la métaphysique allemande dont, entre autres, Spinoza, Leibniz, Schelling, Hegel et même le second Heidegger furent les diligents héritiers.

Le monisme mystique et le panenthéisme lumineux de maître Eckart - proche de celui de Jean Scot Erigène (815-876) dont il prolonge l'œuvre -  se développent en contradiction profonde avec la théologie dualiste du catholicisme et de son Eglise romaine (avignonnaise, faudrait-il dire, à cette époque), avec qui il eut maille à partir (il est mort en route, au retour d'une audience inquisitoriale au Palais des Papes en Avignon).

 

*

 

Il est utile de rappeler que l'histoire humaine voit s'accumuler, dans sa mémoire, quatre sortes de temps :

  • le temps immobile de tout l'intemporel qui demeure en toile de fond, quoiqu'il arrive (en gros les fondements cosmiques et leurs répercutions biologiques et anthropologiques, rassemblées sous l'étiquette floue de "nature humaine") ;
  • le temps linéaire qui exprime, au-delà de toutes les variations, des tendances lourdes qui passent à travers tout le reste : les tendances à la complexification, à la quête cognitive, à la croissance démographique, à la recherche de la "bonne vie" ou de la "belle vie", etc …
  • le temps cyclique régulier qui scande l'histoire et qui marque des rythmes dont les durées sont en moyenne de même longueur : ces cycles sont civilisationnels (1650 ans : trois cycles paradigmatiques), paradigmatiques (550 ans : cinq cycles séculaires et 55 ans de transition chaotique comme celle que nous vivons aujourd'hui), séculaires (99 ans), tri-décennaux (33 ans), solaires (11 ans) …
  • le temps chaotique ou événementiel qui fait l'actualité dans sa totale insignifiance, mais parfois qui voit apparaître, discrètement, le déclencheur d'un basculement cyclique important.

 

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Le 19/09/2020

 

De Jacques Chirac :

 

"Le travailleur qui habite à la Goutte d’Or (un quartier du 18ème arrondissement de Paris, ndlr) et travaille avec sa femme pour gagner environ 15.000 francs. (...) Sur son palier de HLM, ledit travailleur voit une famille entassée avec le père, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, qui touche 50.000 francs de prestations sociales sans, naturellement, travailler. (...) Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, le travailleur français, sur le palier, il devient fou."

 

Politiquement incorrect, mais profondément vrai !

Le problème majeur du système français est de distribuer, à tire-larigot, des assistanats aux immigrants ; le sachant, ceux-ci – surtout africains, noirs ou maghrébins - deviennent plus nombreux chaque jour. Comment résister à l'attrait d'un pays qui, par pitié pleurnicharde, par charité chrétienne, par aveuglement idéologique ou par humanitarisme socialo-gauchiste, se croit obligé de recueillir toute la (pseudo)misère du monde.

 

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Il importe de bien distinguer le Sacré au niveau mystique et/ou métaphysique (la suréminence du principe de cohérence et d'évolution qui fonde le monde réel au-delà du monde des apparences profanes) et le Sacré au niveau ascétique et/ou éthique (les obligations et interdictions qu'il est absolument nécessaire de respecter pour avancer sur le chemin de la sacralisation de l'existence).

La confusion de ces deux niveaux de sacralité réduit la spiritualité au seul comportement et dégénère, alors, en morale, voire en moraline.

 

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L'idée de "Dieu" n'est jamais que la personnification de celle de Sacré qui est l'ultime réalité du Réel.

 

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De Pline le Jeune :

 

"C'est au moyen de l'esprit que l'on voit."

 

Cette citation de Pline renvoie vers l'idée que ce sont les mots qui forgent notre perception des manifestations du Réel. La tradition hébraïque et juive, au départ de la Bible, va dans ce sens en disant que "nommer", c'est "créer" : quelque chose qui n'a pas de nom, n'existe pas (au moins dans le monde culturel humain).

Parce que notre esprit n'en a pas encore forgé le nom, nous passons sans cesse à côté de myriades de choses et d'événements que nous ne voyons pas parce que nous sommes incapables de les nommer.

C'est l'Intelligence qui forge les concepts, donc les mots ; et c'est la Sensibilité qui "voit" la manifestation apparente du Réel. Il faut donc convenir qu'il existe un rapport dialectique et constructiviste entre Intelligence et Sensibilité : ce que l'une "nomme", l'autre le "voit" et ce que l'une "voit", l'autre le "nomme".

 

En ce sens, dans le second récit de la Genèse qui raconte l'émergence du monde mental (alors que le premier récit racontait l'émergence, en sept étapes, du monde physique), on trouve le verset 19 qui dit ceci :

 

"Et YHWH des Puissances formera depuis l'humus tout le vivant du champ ainsi que tout oiseau du ciel et Il viendra vers l'humain pour voir comment il les nommera et tout ce que l'humain, âme de vie, nommera pour eux, tel [sera] leur nom."

 

Ce que l'humain ne nomme pas, il ne le voit pas.

 

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Le 20/09/2020

 

En toute généralité, le Réel et la Nature n'ont que faire des fantasmes et des caprices humains.

Cette indifférence pleine et légitime pique à vif l'orgueil humain qui, par vanité, depuis l'aube des temps, s'acharne et s'éreinte à vouloir dominer et assujettir la Nature et, derrière elle, le Réel.

Et cet orgueil maléfique, cette vanité délétère en viennent à détruire la Nature et à falsifier le Réel. Il est temps que l'humain entre en humilité et comprenne qu'il est au service du Réel (l'Esprit) et de la Nature (la Vie), et non l'inverse … sinon, il disparaîtra de la surface de la Terre, à brève échéance.

Ses fantasmes et caprices sont puérils et sans le moindre intérêt, mais ils sont immensément destructeurs de Vie et d'Esprit ! La plèbe humaine détériore et abêtit tout ce qu'elle aborde !

 

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Le second récit de la Genèse biblique (2;4 à 3;24) raconte l'émergence du monde mental en complément du monde physique dont l'émergence est racontée par le premier récit de la Genèse (1;1 à 2;3). Cette émergence noologique passe par les étapes suivantes :

 

  • YHWH façonne l'esprit de l'humain en lui insufflant la Nishamah : l'âme personnelle.
  • YHWH un lieu spirituel appelé "jardin en Eden" au milieu duquel il plante l'Arbre de Vie et, plus loin, l'Arbre de la Connaissance bonne et mauvaise, jardin dont sortent quatre branches d'un fleuve symbolique : celle du Pyshon (charriant de l'or, du Bdéla'h et de la pierre de la Shoham), celle du Gui'hon, celle du 'Hidèqèl et celle du Phrat (le sens des mots hébreux en italique a été perdu).
  • YHWH établit l'humain dans le jardin "pour le servir et le garder".
  • YHWH donne tous les végétaux en nourriture, sauf l'Arbre de la Connaissance bonne et mauvaise (qui n'est pas l'Arbre du milieu du jardin).
  • L'humain nomme les vivants du champ et les oiseaux du ciel.
  • YHWH fait émerger la 'Ishah (la personnalité) du côté de l'humain qui devient un 'Ysh (une personne), et Il les rend inséparables. Ils étaient nus-intelligents ('Arom) : l'intelligence est la nudité de l'esprit !
  • Le serpent-devin, le plus nu-intelligent ('Arom) de tous les vivants du champ (Shadèh que l'on peut aussi rendre par "Nature"), conduit 'Ishah à manger du fruit de l'Arbre qui est au milieu du jardin (l'Arbre de Vie, donc, alors qu'elle croit manger de l'Arbre de la Connaissance, l'Arbre interdit), qu'elle partagea avec 'Ysh. "Et leurs yeux se dessillèrent" et "ils connurent combien ils étaient "nus-intelligents".
  • YHWH cherche l'humain dans le jardin : 'Ayèkhah ("Où es-tu ?").
  • YHWH questionne.
  • YHWH intronise l'humain dans la conscience de la Vie : douleurs de l'enfantement, soumission de la personnalité à la personne, pénibilité du travail de survie, inéluctabilité de la mort.
  • 'Ishah devient 'Hawah : la Vivante, cette "force de Vie" qu'est l'esprit.
  • YHWH fait sortir l'humain du jardin de l'innocence et de l'ignorance, et en interdit le retour en postant devant le jardin d'Eden des Kéroubim (des taureaux ailés symbolisant la fécondité spirituelle, comme au-dessus du propitiatoire de l'Arche d'Alliance) "avec une flamme (ou "magie") de l'épée (ou "dévastation") des retournements (ou "des fourberies")".

 

L'humain, ainsi, est chassé de l'animalité et doit commencer, à l'aide de sa nudité-intelligence, à construire son monde à lui dont le pâtre (Havèl – Abel) qui ne construit rien devra disparaître au profit du cultivateur (Qayn – Caïn), père des tous les arts (métallurgie, architecture, musique).

Ensuite viendra Shét (Seth) à la suite duquel on commença "à nommer au nom de YHWH".

Au sein du monde humain, Qayn construit le monde profane et Shét construit le monde sacré.

Toute l'histoire humaine émergera de la dialectique entre ces deux pôles.

 

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D'Atlantico :

 

"Islamistes, décoloniaux, écolos zozo et autres dangers pour la démocratie : ce continent immergé qui prospère sur le web. Pour quelques figures présentes sur les plateaux télé et qui tiennent des discours radicaux sur l’islamisme politique, le nouvel antiracisme identitaire, la décroissance environnementale ou le rejet de la démocratie libérale, il existe des dizaines de nouveaux influenceurs politiques sur les réseaux sociaux ou sur des chaînes vidéo web. Sans que jamais personne ne les contredise faute d’en avoir connaissance …"

 

Eh oui ! Il faudra bien en arriver à tirer les deux conclusions qui s'imposent :

  • la Toile des réseaux sociaux et des sites dédiés à "l'actualité", est devenue le "lieu" de toutes les impostures et infamies idéologiques ;
  • plutôt que de restreindre la liberté d'expression, il convient d'acter le niveau abyssal d'inculture et de crétinerie de la majorité de nos contemporains qui arrivent à gober toutes ces âneries.

 

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Deux conceptions métaphysiques s'opposent irrémédiablement depuis des dizaines de milliers d'années : la première voit le Réel comme un unité, animée intrinsèquement  par des dialectiques entre plusieurs pôles immanents, et la seconde voit le Réel comme une pluralité irréductible de mondes de natures différentes, variablement interconnectés entre eux.

En gros, nous parlons de l'opposition ancestrale entre monisme métaphysique et pluralisme métaphysique.

J'avoue que je ne parviens pas à comprendre qu'il soit possible d'opter pour le pluralisme métaphysique alors qu'il est évident que, si ces divers mondes ne sont pas interconnectés, leur pluralité est insignifiante et que, si ces divers mondes sont interconnectés, ils constituent, de facto, une unité de niveau supérieur.

Ma conclusion est radicale : la seule position métaphysique qui soit défendable et que fasse sens, est le monisme ; le pluralisme (donc le dualisme monothéiste qui en relève et, par suite, les religions qui s'y tiennent) incarne un stade primitif et rudimentaire de pensée qu'il faut remiser au placard de l'oubli.

Depuis longtemps, le présocratisme, l'aristotélisme, l'hylozoïsme, le lévitisme, l'hindouisme, le védantisme, le taoïsme, le bouddhisme, le kabbalisme, le johannisme, le rhénanisme, le spinozisme, le soufisme, le leibnizisme, l'hégélianisme, l'einsteinisme,  etc … sont des monismes.

Dont acte !

 

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Être Frères, c'est avoir même Père et même Mère ; et l'on peut être Frères par le sang, par le lait ou par l'esprit, c'est-à-dire par la nature, par la culture ou par la spiritualité.

Dans ce dernier cas, il faut prendre grand soin de bien spécifier de quel Père et de quelle Mère il s'agit.

Pour le Franc-maçon authentique, régulier et reconnu, le Père est le Grand Architecte de l'Univers et la Mère est la Tradition initiatique.

Pour le Juif, le Père est YHWH, la divinité tutélaire de la Maison d'Israël, expression particulière et particulariste de l'Eyn-Sof moniste, et la Mère est la Torah.

Dans tous les cas, il faut pratiquer la cinquième Parole de la montagne de Sin : "Honore ton Père et ta Mère afin que se prolongent tes jours sur l'humus que YHWH de tes Puissances donna pour toi".

 

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Il faut mettre le doigt sur un point qui fait mal : malgré la prétention du corps médical et le droit de vie et mort qu'il s'octroie, la Médecine n'est pas une Science au sens épistémologique du terme ; la Médecine est un Art et les médecins sont des artisans qui ne maîtrisent, à peu près, que la part strictement mécanique du fonctionnement anatomique, mais qui ignorent quasi tout de la Vie et de son mystère. On ne sait déjà pas comment naît et fonctionne une cellule procaryote ; comment voudriez-vous que l'on comprenne un organisme qui rassemble 80.000 milliards de cellules eucaryotes et plus encore de bactéries symbiotiques sans lesquelles cet organisme ne survivrait pas.

Orgueil et vanité de la Médecine : voilà le procès qu'il faudrait faire ...

 

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Le 21/09/2020

 

Le taux d'humains, touchés par la famine à l'échelle mondiale, a augmenté, du fait de la pandémie et de ses conséquences économiques (les pays prédateurs qui ne vivent que de l'exportation des ressources naturelles – pétrole, bois, etc … -, comme le Brésil, le Venezuela, Haïti, Angola, Nigeria, … sont évidemment les plus touchés … et ne compter pas sur moi pour les prendre en pitié : quand on vit en épuisant son patrimoine plutôt que de faire travailler ses mains et son esprit, …).

Mais, quantitativement, ce taux de famine est passé à seulement 1,8% de la population mondiale. Au-delà de la souffrance individuelle que cela implique et qui ne peut être dédaignée, ce chiffre est statistiquement dérisoire.

Il y a deux siècles, il s'élevait à une paire de dizaines de pourcents.

 

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D'un anonyme bien informé :

 

"On a enfin compris ce qui pouvait inciter un individu à laisser 3 000 avis - tous très positifs - sur des produits acquis sur Amazon : l'argent. Justin Fryer, plus gros contributeur de cette entreprise, a ainsi été capable d'acheter pour plus de 15.000 euros de marchandises sur le site, en attribuant 5 étoiles, toutes les quatre heures, à l'un des produits. Normal, ce n'était pas seulement son avis, c'était aussi son boulot, comme l'a révélé le Financial Times. Contrairement à ce que l'on pense, le digital crée aussi de l'emploi ..."

 

Il y a longtemps que l'on sait que les "avis" et "évaluations" que l'on trouve sur les sites de vente (Amazon, AirBnB, eBooking, …), sont des recommandations achetées par les annonceurs. Et si l'on cessait d'être naïf ?

 

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"Cancel culture" : tu me déplais, je te supprime !

 

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Parler d'un "Ancien Testament" à propos de la Bible hébraïque est aussi insultant que le serait de parler de "Faux Témoignage" à propos de la Bible chrétienne.

Le fait que le christianisme ait phagocyté la Bible hébraïque et ait condamné Marcion en hérétique (et bien malheureusement pour les Juifs qui, sinon, auraient eu la paix depuis deux mille ans), n'y change rien.

 

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La politique a sans doute pour mission de faciliter le cheminement libre de chacun vers le plein accomplissement de sa vie, mais, en aucune façon, elle n'a pour mission de fabriquer cet accomplissement, ni sur mesure clientéliste, ni en standard idéologique.

Personne – et surtout pas l'Etat – ne peut marcher à la place de quiconque.

De plus, la politique n'a en charge que des aspects matériels (l'argent qu'il ponctionne pour le redistribuer, et les infrastructures communes), donc l'inessentiel.

La Joie et l'Accomplissement personnels ne ressortissent pas de ces domaines-là. Ils sont totalement et radicalement intérieurs, inaccessibles à quelque action politique que ce soit.

Répétons-le encore et encore : la politique, c'est de la logistique, rien que de la logistique, dans le cadre d'une éthique dont elle doit se porter garante !

 

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L'humain devrait mener à l'Homme surhumain, c'est-à-dire à l'Homme accompli (au-delà de l'humain de l'humus) totalement au service de ce qui le dépasse, au service exclusif de la Vie et de l'Esprit.

Il y a encore bien peu d'hommes parmi les humains ; il me semble même qu'il y en ait de moins en moins !

Ainsi Blaise Pascal écrivait : "L'homme [au sens de "l'Homme surhumain"] passe [dépasse] infiniment l'homme [au sens de "l'humain"]".

 

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De Jacques de Marquette :

 

"(…) il est maintenant établi que la conscience humaine porte en soi la faculté de s'élever intuitivement par une communion interne, à la connaissance des lois de l'univers."

 

Contre Kant, Hegel ne dit pas autre chose ! L'intuition est une préhension totale, globale et holistique du tout de la réalité du Réel.

 

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L'accomplissement de soi peut passer par trois chemins complémentaires : l'Intelligence (la Connaissance, la Gnose), la Sensibilité (la Compassion, l'Amour) et l'Action (l'Engagement, le Sacrifice).

 

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De Max Planck :

 

"L'idée de Dieu qui est fondamentale pour l'ignorant

 est le couronnement de la carrière du savant."

 

L'idée de Dieu connait plusieurs étages, de la superstition la plus populaire à la mystique la plus élitaire, du dogmatisme le plus exotérique à la mystique la plus ésotérique.

 

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Je ne crois pas en l'importabilité des spiritualités de l'orient, tellement en vogue aujourd'hui en occident, avec leurs pratiques puériles totalement dévoyées (pseudo-yoga gymnique, pseudo-méditation relaxante, pseudo-qi-gong grotesque, pseudo-ayurvéda diététique, pseudo-zazen planant, pseudo-bouddhisme exotique (tibétain), etc ...).

Comme me l'avait vertement dit mon maître en kabbale, lorsque je m'échinais à devenir un bon spécialiste occidental du taoïsme : "Ce n'est pas parce que l'on peint un poireau en rouge, qu'il devient une tomate". Autrement dit : les spiritualités orientales ne sont accessibles qu'à des autochtones des cultures orientales, ce qui n'est le cas d'aucun occidental.

 

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La F.:M.: est la seule spiritualité occidentale qui nous reste et il faut qu'elle vive pour ouvrir les yeux, les cœurs et les esprits de nos contemporains, dans leur cultures à eux, dans leurs langages à eux.

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Il n'y a aucune joie, ni aucun bonheur à trouver dans "les endroits où l'on s'amuse", dans "les moments où l'on fait la fête".

Il n'y a là qu'ennui, bruit, dévoiement, fuite, abêtissement.

 

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Tout ce qui est "de masse" est de mauvaise qualité, voire dangereux, que ce soient les produits, les communications, les politiques ou les religions.

Tout ce qui devient "de masse" devient médiocre, rudimentaire, primaire, vulgaire, grossier et vil.

 

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Le 22/09/2020

 

Il faut le répéter, encore et encore : le vrai nom du parti nazi d'Adolf Hitler était : le "Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands" (le NSDAP, en allemand).

Il s'agit bien d'un parti socialiste et ouvrier, nationaliste et populiste.

Et ce parti doit beaucoup, dans sa symbolique et dans sa rhétorique au fascisme de Benito Mussolini (Duce de la République Sociale Italienne jusqu'en juillet 1945), qui prit le pouvoir en Italie dès 1922 et y instaura un autre socialisme anti-libéral, inspiré par Gabriele d'Annunzio.

Le pacte germano-soviétique de 1939 n'était rien d'autre que l'alliance des deux formes de socialisme contre le libéralisme.

Quand donc comprendra-t-on que toutes les vieilles lunes de "gauche" et "droite" n'ont aucun sens ? Il y a l'écolo-libéralisme entrepreneurial et il y a le socialo-populisme étatique. Autrement dit : il y a le vitalisme et il y a d'idéologisme, le réalisme et l'idéalisme, la lucidité et l'aveuglement, le différencialisme et l'égalitarisme, etc.

 

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Bernard de Clairvaux disait :

 

"L'Amour n'a qu'un mot."

 

Je lui réponds : "L'Amour n'est qu'un mot".

 

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Le 23/09/2020

 

Un ami me demande "Une méthode pour un management de crise" …

En voici une, donc, en sept points :

  1. Redéfinir avec soin la "raison d'exister" (le projet) de l'entreprise, sa finalité (qui n'est jamais le profit - celui-ci étant un moyen indispensable pour assurer la rémunération des ressources et le financement du développement - et une conséquence, mais jamais un but). Et bien comprendre (et valoriser) sa culture (ses valeurs, traditions, rites, réflexes constructifs et positifs) et son identité (sa généalogie, ses traditions), mais sans nostalgie ni culte du "bon vieux temps" qui n'a jamais exister, et en corrigeant les vieux défauts et les mauvaises habitudes.
  2. Eliminer sans pitié tout ce qui ne contribue pas réellement à cette finalité (avec éthique, c'est-à-dire en recourant, autant que faire ce peut aux formations ou aux départs volontaires, et sans casse sociale dans les cas les plus difficiles).
  3. Renforcer tout ce qui contribue réellement à la finalité de l'entreprise et viser, là, la virtuosité professionnelle dans toutes les dimensions (viser la marge par la qualité plutôt que le chiffre d'affaire par la quantité ; viser la haute valeur d'utilité des produits et services et non le prix le plus bas).
  4. Préférer un fonctionnement en réseau collaboratif des petites équipes (35 personnes, idéalement) et renoncer au pyramidal hiérarchique : cultiver les autonomies et les interdépendances (circulation des informations et des savoir-faire, esprit de corps, solidarité entre les personnes et entre les équipes), mais combattre les "indépendances" et les "baronnies".
  5. Créer son marché et non le subir ; atteindre des clients qui "nous méritent" et qui "nous apprécient", et non le tout-venant qui veut du bradage. Anticiper les évolutions de ces marchés et accompagner (par de la consultance, de la formation, des conseils, du SAV) le bon usage des produits et services auprès, non pas des acheteurs, mais des utilisateurs finaux.
  6. Pratiquer en tout la frugalité : faire moins mais mieux. Optimiser constamment le bon usage de toutes les ressources (y compris le temps, le stress, l'énergie, ...) ; repérer les ressources rares ou fragiles et inventer des solutions alternatives d'approvisionnement ou d'usage.
  7. Ne pas croire au "miracle technologique" : la technologie n'est jamais une solution à rien, mais elle peut être un amplificateur à beaucoup. L'intelligence artificielle n'existe pas ; en revanche il y a bien de l'intelligence humaine amplifiée par de la puissance de calcul. Tout ce qui est robotisable ou algorithmisable, sera robotisé et algorithmisé (que cela plaise ou pas) ; il y a un déplacement important du centre de gravité des activités humaines qu'il faut anticiper (et qui engendre deux problèmes à résoudre : son financement et le reclassement des collaborateurs visés).

Le reste est affaire d'intelligence, de bon sens, de savoir-faire, de tact et de souci de l'efficience à moyen et long terme (ne pas se laisser prendre au piège du court terme et de l'urgence : lorsque tout est urgent, plus rien ne l'est !

 

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Je ne résiste pas à la Joie de reproduire ici un "manifeste" de la presse écrite, paru hier, pour la défense de la liberté d'expression …

Ensemble, défendons la Liberté : lettre ouverte à nos concitoyens

Répondant à l'appel de Riss, directeur de « Charlie Hebdo », une centaine de médias, dont « Le Point », signe ce manifeste pour la liberté d'expression.

Il n'est jamais arrivé que des médias, qui défendent souvent des points de vue divergents et dont le manifeste n'est pas la forme usuelle d'expression, décident ensemble de s'adresser à leurs publics et à leurs concitoyens d'une manière aussi solennelle.

Si nous le faisons, c'est parce qu'il nous a paru crucial de vous alerter au sujet d'une des valeurs les plus fondamentales de notre démocratie : votre liberté d'expression.

Aujourd'hui, en 2020, certains d'entre vous sont menacés de mort sur les réseaux sociaux quand ils exposent des opinions singulières. Des médias sont ouvertement désignés comme cibles par des organisations terroristes internationales. Des États exercent des pressions sur des journalistes français « coupables » d'avoir publié des articles critiques.

Des morts

La violence des mots s'est peu à peu transformée en violence physique.

Ces cinq dernières années, des femmes et des hommes de notre pays ont été assassinés par des fanatiques, en raison de leurs origines ou de leurs opinions. Des journalistes et des dessinateurs ont été exécutés pour qu'ils cessent à tout jamais d'écrire et de dessiner librement.

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi », proclame l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, intégrée à notre Constitution. Cet article est immédiatement complété par le suivant : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » 

Notre édifice juridique attaqué

Pourtant, c'est tout l'édifice juridique élaboré pendant plus de deux siècles pour protéger votre liberté d'expression qui est attaqué, comme jamais depuis soixante-quinze ans. Et cette fois par des idéologies totalitaires nouvelles, prétendant parfois s'inspirer de textes religieux.

Bien sûr, nous attendons des pouvoirs publics qu'ils déploient les moyens policiers nécessaires pour assurer la défense de ces libertés et qu'ils condamnent fermement les États qui violent les traités garants de vos droits. Mais nous redoutons que la crainte légitime de la mort n'étende son emprise et n'étouffe inexorablement les derniers esprits libres.

Que restera-t-il alors de ce dont les rédacteurs de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 avaient rêvé ? Ces libertés nous sont tellement naturelles qu'il nous arrive d'oublier le privilège et le confort qu'elles constituent pour chacun d'entre nous. Elles sont comme l'air que l'on respire, et cet air se raréfie. Pour être dignes de nos ancêtres qui les ont arrachées et de ce qu'ils nous ont transmis, nous devons prendre la résolution de ne plus rien céder à ces idéologies mortifères.

Nous avons besoin de vous. De votre mobilisation

Les lois de notre pays offrent à chacun d'entre vous un cadre qui vous autorise à parler, écrire et dessiner comme dans peu d'autres endroits dans le monde. Il n'appartient qu'à vous de vous en emparer. Oui, vous avez le droit d'exprimer vos opinions et de critiquer celles des autres, qu'elles soient politiques, philosophiques ou religieuses pourvu que cela reste dans les limites fixées par la loi. Rappelons ici, en solidarité avec Charlie Hebdo, qui a payé sa liberté du sang de ses collaborateurs, qu'en France, le délit de blasphème n'existe pas. Certains d'entre nous sont croyants et peuvent naturellement être choqués par le blasphème. Pour autant, ils s'associent sans réserve à notre démarche. Parce qu'en défendant la liberté de blasphémer, ce n'est pas le blasphème que nous défendons mais la liberté. Nous avons besoin de vous. De votre mobilisation. Du rempart de vos consciences. Il faut que les ennemis de la liberté comprennent que nous sommes tous ensemble leurs adversaires résolus, quelles que soient par ailleurs nos différences d'opinions ou de croyances. Citoyens, élus locaux, responsables politiques, journalistes, militants de tous les partis et de toutes les associations, plus que jamais dans cette époque incertaine, nous devons réunir nos forces pour chasser la peur et faire triompher notre amour indestructible de la Liberté.

Signataires : Alliance de la presse d'information générale, BFMTV, Canal +, « Challenges », « Charlie Hebdo », CNews, « Courrier International », Europe 1, France Télévisions, « L'Alsace », « L'Angérien Libre », « L'Avenir de l'Artois », « L'Écho de l'Ouest », « L'Écho de la Lys », « L'Équipe », « L'Essor Savoyard », « L'Est Éclair », « L'Est Républicain », « L'Express », « L'Hebdo de Charente-Maritime », « L'Humanité », « L'Humanité Dimanche », « L'Indicateur des Flandre »s, « L'Informateur Corse Nouvelle », « L'Obs », « L'Opinion », « L'Union », « La Charente Libre », « La Croix », « La Dépêche du Midi », « La Nouvelle République », « La Renaissance du Loir-et-Cher », « La Renaissance Lochoise », « La Savoie », « La Semaine dans le Boulonnais », « La Tribune Républicaine », « La Vie », « La Vie Corrézienne », « La Voix du Nord », « Le Bien Public », « Le Canard Enchaîné », « Le Courrier Français », « Le Courrier de Gironde », « Le Courrier de Guadeloupe », « Le Courrier de l'Ouest », « Le Courrier Picard », « Le Dauphiné Libéré », « Le Figaro », « Le Figaro Magazine », « Le Journal d'Ici », « Le Journal des Flandres », « Le Journal du Dimanche », « Le Journal du Médoc », « Le Journal de Montreuil », « Le Journal de Saône-et-Loire », « Le Maine Libre », « Le Messager », « Le Monde », « Le Parisien » / « Aujourd'hui en France », « Le Parisien Week-end », « Le Pays Gessien », « Le Phare Dunkerquois », « Le Point », « Le Progrès », « Le Républicain Lorrain », « Le Réveil de Berck », « Le Semeur Hebdo », « Le Télégramme », « Les Dernières Nouvelles d'Alsace », « Les Échos », « Les Échos du Touquet », LCI, « Libération », « Libération Champagne », M6, « Marianne », « Midi Libre », « Monaco-Matin », « Nice-Matin », « Nord Éclair », « Nord Littoral », « Ouest France », « Paris Match », « Paris Normandie », « Presse Océan », Radio France, RMC, RTL, « Sud Ouest », « Télérama », TF1, « Var-Matin », « Vosges Matin ».

 

Il est plus que temps, en France surtout mais ailleurs aussi, que l'on neutralise, une bonne fois pour toutes, cette racaille d'islamistes et de rétro-activistes, dont les terroristes violents tuent des gens dans la rue ou tuent la parole sur les réseaux sociaux.

La tolérance ne doit jamais tolérer l'intolérance ; elle doit, au contraire, la combattre sans relâche et sans faiblesse !

 

*

 

Rudolf Otto appelait "irruption du numineux", le sentiment de la présence divine.

Mais qu'est cette "présence divine" sinon le principe d'évolution et de cohérence qui se manifeste en tout ce qui existe ?

Pourquoi rendre la spiritualité toujours si compliquée ? Il n'y a pourtant rien de plus simple – je n'ai pas écrit "facile", mais "simple" : le Réel vit derrière ses manifestations dont nous ne percevons qu'une part et dont nous faisons intégralement partie. Il faut donc transgresser ce seuil de perception et faire confiance à notre Sensibilité holistique (notre "intuition" intime) et à notre Intelligence holistique (quel nom donner à cette compréhension globale "d'un bloc" des principes métaphysiques qui régissent tout ce qui existe et évolue ? notre "révélation" intime ?).

L'essentiel à bien comprendre et intégrer est ceci : l'humain est partie intégrante et prenante du Tout-Un qui est toute présence en lui et dont il est pure manifestation : ce n'est pas moi qui vis, mais la Vie qui se vit en moi, et ce n'est pas moi qui pense, mais l'Esprit qui se pense en moi.

Par effet disons "hologrammique", le Tout-Un - le Divin, le Principe - est déjà tout en moi ; il "suffit" d'en prendre conscience !

 

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Michel Maffesoli écrit que "le 'désenchantement' du monde (…) repose sur la rationalisation généralisée de l'existence (…)".

Je m'oppose à cette assertion : le problème n'est pas la rationalisation du monde (qui recherche la "raison d'exister et d'advenir" de tout ce qui existe et advient, et qui s'oppose, farouchement et heureusement, à toute pensée magique ou surnaturelle), mais le problème est bien la désacralisation du monde  (qui ne voit et ne veut voir que l'apparence et la manifestation, et qui reste aveugle au Réel qui vit derrière elles).

 

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Toute tradition religieuse tisse trois brins : l'intellectualisme (par exemple, le protestantisme chrétien ou le "kalamisme" musulman), le fidéisme (par exemple, le catholicisme chrétien ou le sunnisme musulman) et le mysticisme (par exemple, l'orthodoxie chrétienne ou le soufisme musulman).

La spiritualité authentique dépasse, et de loin, ces trois aspects exotériques et populaires.

 

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Heidegger parlait de "La grandeur simple du Divin".

Il faut y revenir, au-delà de tous les nihilismes, de tous les agnosticismes, de tous les athéismes, de tous les hasardismes, de tous les matérialismes, de tous les positivismes, de tous les scientismes et de tous les laïcismes (mais sans trahir le principe politique et juridique de laïcité qui cantonne les croyances et manifestations religieuses dans le domaine privé personnel).

 

Et Heidegger d'ajouter :

 

"Comme le dit le vieux maître Eckhart, (…) c'est seulement

dans ce que le langage ne dit pas que Dieu est vraiment Dieu."

 

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Il faut le dire clairement : la France est un pays laïque de tradition judéo-helléno-chrétienne où l'islamisme conquérant et agressif, arrogant et anti-républicain, est persona non grata.

L'Europe, en ce sens, doit se montrer islamophobe. Il y a assez de place en Islamiland pour que les musulmans puristes, fanatiques ou intégristes puissent y trouver leur juste place et comprendre que nous ne voulons pas d'eux chez nous.

Ici : ou bien ils s'intègrent dans la culture judéo-helléno-chrétienne, ou bien ils s'en vont.

 

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Le 24/09/2020

 

De Philippe DE Gaulle à propos de l'expression : "Les Français sont des veaux" de son père Charles :

 

"Il l'a souvent employée quand il les voyait ne pas réagir ou se considérer comme battus avant même d'avoir engagé le fer. Au début de juin 1940, par exemple, à Londres, à l'hôtel Connaught, à voix basse pour ne pas être entendu des convives qui dînent à la table voisine. Il vient de stigmatiser l'armistice au micro de la BBC. Je le vois alors serrer son couteau nerveusement avant de le reposer avec délicatesse. Puis il me souffle : 'Ce sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n'ont que ce qu'ils méritent'. Quand j'apprenais l'histoire de France au collège Stanislas et que je m'étonnais de telle ou telle défaite militaire que nous avions essuyée, il me disait: 'Les Français sont comme ça depuis les Gaulois. Hannibal qui recrutait des légions pour battre Rome écrivait à son frère Hasdrubal, qui levait des mercenaires en Espagne et dans les pays voisins: 'Ne prends pas trop de Gaulois. Ce sont des ivrognes. Ils sont courageux dans l'action, téméraires au combat, mais vite découragés et jamais contents.' César disait à peu près la même chose. Il ajoutait : 'Ils sont palabreurs et n'arrivent à s'unir que face au danger'. Tu vois, concluait-il, deux cents ans avant Jésus-Christ, on définissait assez bien les Français d'aujourd'hui.' De même répétait-il souvent : 'La France vacharde'. Cela voulait dire qu'elle tombe dans la veulerie et qu'elle cherche à donner le coup de corne ou le coup de pied de l'animal rétif à ceux qui veulent la faire avancer. Une autre expression lui était familière: 'Les Français s'avachardisent'. Termes militaires pour signifier qu'ils s'avachissent en grognant. Dans une lettre au père Bruckberger, le 27 mai 1953, il écrivait avec néanmoins un certain optimisme : 'La mollesse française est d'une extrême épaisseur. Mais même en France, elle n'a pas l'Avenir, qui est aux forts'."

 

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A quoi reconnaît-on les crétins ? A leur inextinguible besoin de remplir leur vide intérieur de fracas, de fictions, de fêtes, de foutaises, de futilités, de frivolités, de fanfaronnades, de frimes, de fripes, de fast-food, de foot et de fariboles (les douze F de la médiocrité Fondamentale).

Ils ne vivent pas leur vie, puisqu'ils n'en ont pas : ils vivent par procuration des vies fictives que les marchands d'entertainment leur vendent à vil prix.

 

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De ma complice Néa, ardente défenderesse – à bon escient - du Prof. Didier Raoult :

 

"Alors que les media mainstream ont publié des fakes news au JT de 20h et un peu partout à propos du Pr Raoult, on apprend qu’il vient de se hisser à la 12e  place en épidémiologie, et est toujours n°1 dans sa discipline : l’infectiologie.

Et que 'The Lancet', revue médicale scientifique mondiale parmi les plus consultées, a validé ce que conteste la meute qui veut la peau du Pr Raoult.

On sent que petit à petit, la vérité est en train de sortir malgré le rouleau compresseur. La corruption sous la pression des lobbies est impressionnant, mais cela risque de se retourner contre eux malgré leurs milliards. "

 

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La pandémie actuelle n'a pas touché les populations à haut niveau d'immunité naturelle (les enfants, les jeunes, les ruraux, les peuples sous-développés qui vivent encore beaucoup dehors ou dans la Nature, etc …) et, au contraire, a fortement touché les sous-immunisés (les très vieux – surtout dans le Ehpad où l'on trouve des personnes âgées très dépendants et faibles -, les malades affaiblis, les obèses, les asthmatiques, les urbains, …).

 

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Pour certains, le retour à la spiritualité – qui, en toute généralité, est déjà un des moteurs du nouveau paradigme -, passe dangereusement par la nostalgie d'un vieux catholicisme désuet, relent d'une enfance catéchique, artificiellement réinventée.

Il peut y avoir, derrière ce repli nostalgique, une tentative de réinventer un christianisme moniste, débarrassé enfin de tout dualisme ontique, de tout surnaturalisme, de toute eschatologie ou sotériologie post mortem.

Un christianisme où Jésus retrouve sa seule réalité humaine de prophète illuminé, humain parmi les humains.

Mais il peut aussi y avoir, derrière ce retour, une nostalgie plus obscure d'un pouvoir ecclésial – à tendance évidemment totalitaire - au-dessus de tout le reste … au nom de "l'amour", cela va sans dire.

 

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Ramener le Sacré dans le quotidien.

Réensemencer le quotidien avec du Sacré.

 

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J'avoue commencer à en avoir par-dessus la tête des déviances restreignantes que l'on impose aux mots, pourtant cruciaux, que sont la "logique" et la "raison".

Non, la logique d'un processus ne se réduit pas au logicisme aristotélicien, mais exprime que le déploiement de ce processus est guider par un ensemble de principes et de règles, le plus souvent inconnu ou mal connu ; cet ensemble de règles intrinsèques exprimant son Logos ou sa logicité.

Non, la raison et la rationalité d'un processus (qui expriment que ce processus a une "bonne raison d'exister et d'advenir") dépasse infiniment la débilité du rationalisme et du positivisme ; la rationalité d'un processus exprime qu'il a de bonnes raisons d'être comme il est et de faire ce qu'il fait, que la "raison" humaine les comprennent ou pas.

 

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La rationalité du Réel n'est que rarement compatible avec le rationalisme humain.

La logicité du Réel n'est que rarement compatible avec la logique humaine.

 

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En décembre 1273, Thomas d'Aquin, le "docteur angélique", jette son écritoire par terre, écœuré par l'inanité de son œuvre ; et il s'écriera : "Sicut palea".

Il n'écrira plus rien, laissa sa "Somme théologique" en plan et mourra quelques mois plus tard, le 7 mars 1274 (il était né le 28 janvier 1225 ; il meurt donc à 51 ans).

Sicut palea : "Ainsi que de la paille" ! Autrement dit : rien que de l'insignifiant …

 

J'aime voir dans cet événement l'illustration de l'inanité de la théologie qui est une tentative absurde de faire se rencontrer la mystique et la métaphysique ; ni la métaphysique, ni la mystique n'ont besoin de la théologie qui voudrait, d'une part, rationaliser des intuitions mystiques qui se placent au-delà de tout raisonnement, et qui voudrait, d'autre part, faire entrer de force une tradition religieuse particulière dans une métaphysique qui les dépasse toutes.

 

Il y a évidemment une mystique de YHWH et il y a évidemment une philosophie et une éthique proprement juives, mais il n'y a, ni n'y aura jamais, de théologie hébraïque ou juive : le Dieu biblique ne ratiocine pas !

 

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La troisième Parole de la montagne du désert de Sin  (ex.:20;7) dit littéralement ceci :

 

"Tu ne [t']élèveras (NSh'A) pas avec Nom de YHWH de tes Puissances pour (ShW'A) inanité [ou fausseté ou vanité] car YHWH ne purifiera (NQH) pas avec qui [s']élèvera avec son Nom pour inanité."

 

Le Nom mystique (le Tétragramme) permet à l'initié de s'élever vers la sacralité au-dessus de la profanité, mais cette élévation spirituelle doit impérativement être au service d'une intention pure et sainte, et non au service de projets vils ou anthropocentrés.

 

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La contemplation du Nom mystique du Divin : YHWH … יהוה  "Il est devenant".

 

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Le trait le plus caractéristique, à la fois des christianismes et des islamismes, c'est leur anthropocentrisme ; si c'est bien Dieu et, surtout, sa volonté qui sont l'objet du discours, ce n'est pas Dieu lui-même qui est le centre du discours, mais son prophète ; qu'il s'appelle Jésus ou Mu'hammad ne change rien à l'affaire. Lisez les Evangiles, par exemple : de Dieu il n'est quasiment rien dit, hors qu'il est le Père du Fils …

Dans les deux cas, il s'agit de l'histoire d'un humain et de ses guerres contre d'autres humains.

Très naturellement, cela donna des religions "horizontales" qui parlent des humains aux humains. Le Divin, au fond, n'y est qu'un prétexte.

Il s'agit, dans les deux traditions, d'idéologies, des relations des humains avec les autres humains, des règles de socialité, des rapports entre factions fidèles et infidèles, croyantes et incroyantes … alors que le Divin se fiche comme d'une guigne que les humains croient ou non "en Lui" – ce n'est pas de la croyance que le Divin attend de l'humain, mais de l'accomplissement.

 

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Hegel proposait de renoncer "à la prétention d'enseigner comment le monde doit être". Accepter et assumer le Réel tel qu'il est et tel qu'il va, et s'y couler, et y tracer son propre chemin, en harmonie avec lui.

Le monde n'a pas à être changé ; si le monde ne convient pas à l'humain, c'est à l'humain de se changer ou de disparaître.

Il faut bannir de l'histoire de la pensée humaine et de l'action humaine toutes les formes d'idéologisme et, par suite, toutes les formes de révolutionnarisme.

Ce sont des jeux puérils et catastrophiques qui n'amusent que des adolescents boutonneux, particulièrement immatures.

 

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On peut affirmer que le Réel a un sens, non parce qu'il est orienté vers une finalité qui aurait été définie a priori, mais bien parce qu'il est guidé par une même intention renouvelée à chaque instant présent.

 

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Les rétro-activismes actuels, quelque nauséabonds soient-ils, reflètent un vrai mal du temps : le refus de la nature, du monde et de l'histoire tels qu'ils sont.

Ces rétro-activismes sont de purs produits issus des déviances urbaines, issus de cette existence "hors sol" complètement déconnectée de la réalité du Réel, issus d'un monde artificiel qui, dans son bocal de verre, se croit légitimement autorisé à faire œuvre de démiurge et à réinventer une irréalité de l'Irréel qui puisse nier la nature, le monde et l'histoire.

 

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Les "Frères et Sœurs du Libre Esprit" … résurgence panenthéiste, au 13ème siècle, en plein cœur d'une Eglise catholique obnubilée de dualisme (Dieu et Diable) et de moralisme (Bien et Mal).

Marguerite Porète, brûlée en place de Grève en 1310 …

 

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Tout mystique authentique est à la fois solitaire et solidaire.

 

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Aristote déclare que la mission première du Sage, est de mettre de l'Ordre.

 

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DE Nietzsche à propos des "libres penseurs" : "Ni libres ! Ni penseurs !".

 

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Le quaternaire d'Heidegger : le Divin et le Mortel, le Ciel et la Terre …

 

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Le sacrifice est ce qui "fait le sacré" ou "ce qui rend sacré". Le sacrifice du soi est indispensable pour sortir de la profanité et entrer dans le Sacré vers le Divin. Mais je ne crois pas en l'efficience du sacrifice par la souffrance, de quelque nature qu'elle soit (abstinence, mortification, pénitence, etc …), comme le catholicisme en fait l'apologie.

Je crois plus en l'efficience du sacrifice par le dépassement.

 

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Le 25/09/2020

 

Les trois fondamentaux de la physique aristotélicienne étaient le Mouvement (le domaine dynamique), la Substance (le domaine topologique) et la Forme (le domaine eidétique). Dans la réalité cosmique, ils sont apparus dans cet ordre.

Les vieilles cosmogonies reflètent cette triade qui préfigure celle de la cosmologie complexe.

Pour Hésiode, Gaïa est la substance topologique, Eros est le mouvement dynamique et Chaos est la substance eidétique. Ce Chaos n'est donc pas un désordre, mais une absence de forme, un "informe" qui rappelle le Tohu wa-Bohu ("informe et vide") de la Genèse.

Pour cette Genèse, d'ailleurs, la triade fondatrice est bien là aussi : le premier jour est celui de la Lumière qui est dynamique pure ; le deuxième jour est celui de la substance Eau qui se sépare en deux (l'Eau d'en-haut et l'Eau d'en-bas) pour engendrer l'espace aérien vide ; et au troisième jour,  l'Eau d'en-bas se retire pour engendrer l'espace terrien  d'où surgissent les arborescences formelles symbolisées par les arbres et les végétaux.

 

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Il faut cesser de parler de cet "Ancien Testament" et de ce "Nouveau Testament" dont on nous rabâche les oreilles depuis près de deux millénaires.

Les termes adéquats seraient bien plutôt : la "Bible hébraïque" (car cette Bible, selon son étymologie grecque, est bien une "bibliothèque")  et le "Témoignage chrétien" (car, en latin, Testimonium signifie "témoignage" et non "testament").

 

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Cultiver l'ordre dans sa vie (dans l'espace par classement comme dans le temps par ritualisation) permet de gagner énormément de temps que l'on pourra investir dans des activités nettement plus constructives que de chercher ceci ou cela qui n'a pas été remis à sa place ou que de réinventer l'eau chaude et la roue à longueur de journée).

Mettre de l'ordre dans sa vie, revient à se donner plus de temps pour s'accomplir vraiment, plutôt que de le perdre à des vétilles.

 

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Technologies de la Matière …

Technologies de la Vie …

Technologies de l'Esprit …

Une belle idée de mon ami POG …

 

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La pensée humaine navigue, selon les individus, entre trois pôles :

  • L'idéologie qui est l'art de la modélisation (religieuse ou laïque).
  • La praxéologie qui est l'art de l'action (personnelle ou collective).
  • L'hénologie qui est l'art de la contemplation (poétique ou méthodique).

 

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Le 26/09/2020

 

Dans la "Revue des deux mondes" :

 

"Derrière la haine d'Israël. Paradoxalement, alors qu’Israël est en train de normaliser ses relations avec les États arabes sunnites voisins, alors que la cause palestinienne est de moins en moins la cause des pays arabes, la détestation d’Israël est toujours aussi vivace dans de nombreuses franges de notre société. On ne parle pas ici d’une critique du gouvernement, de ses dirigeants, ou de tel ou tel aspect de sa politique. Non, il s’agit bel et bien d’une impossibilité de reconnaître Israël comme foyer national légitime du peuple juif, et son droit à vivre en sécurité dans ses frontières. En 2020, Israël et les juifs ne sont jamais loin lorsqu’il s’agit de dérouler des théories complotistes. Qu’elles soient politiques, internationales, économiques, financières. Et même sanitaires …"

 

On le sait depuis longtemps : l'antisionisme n'est que de l'antisémitisme qui, lui-même n'est que de l'antijudaïsme dont les racines sont chrétiennes, d'un côté, et musulmanes, de l'autre : la "haine de la source" !

 

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Deux constats sont indiscutables :

  • le Réel possède une cohérence et une rationalité intrinsèques (immanentes),
  • le Réel connaît une évolution orientée portée par une intention (sinon, pourquoi évoluerait-il ?).

 

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Une évidence : un écologue doit forcément être économe !

Ecologie et économie sont les deux faces d'une même médaille : l'étude de l'habitat (écologie) et le bon usage de l'habitat (économie) doivent se renforcer mutuellement et instaurer, entre elles, une dialectique constructiviste.

Il est ridicule, comme le fait l'écologisme gauchiste (l'écologie verte dehors mais rouge dedans ; l'écologie éhontément récupérée et détournée par le socialo-gauchisme), d'opposer l'écologie (qui n'a rien à voir avec l'antinucléarisme) et l'économie (qui n'a rien à voir avec le financiarisme).

 

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La rencontre de deux chaînes causales indépendantes (la rencontre entre une tuile que le vent détache d'un toit et la tête d'un passant se rendant à son travail) est une fortuité c'est-à-dire une événement contingent et imprévisible … mais ce n'est pas cela le hasard.

Le hasard nierait jusqu'aux chaînes causales qui la fortuité fait se rencontrer dans la contingence. Le hasard, c'est l'incohérence radicale, l'absence totale de rationalité.

 

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L'évolution du Réel se fait comme se construit un bâtiment par un maçon opératif.

Il y a des pierres et des poutres jamais parfaites, toujours à ajuster et à combiner.

Il y a des règles à respecter (sinon les murs d'écroulent).

Il y a une intention d'architecture.

Et il y a un savoir-faire (une expérience) qui sait tirer le meilleur parti des opportunités qui s'offrent et des problèmes qui se posent.

Il n'y a là ni causalisme (venant du passé) ni finalisme (vers un futur prédéterminé), mais un constructivisme créatif (dans le présent) qui accumule du travail couche par couche, avec patience et détermination.

 

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D'Hélène Strohl, Inspectrice générale honoraire des affaires sociales :

 

"Pour nombre de hauts fonctionnaires, mieux vaut des statistiques fausses que pas de statistiques !"

 

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Le 27/09/2020

 

Le constat salvateur et riche de la "rationalité" du Réel - où tout ce qui existe et advient a une bonne raison d'exister et d'advenir – a engendré cette perversion délétère qu'est le "rationalisme" triomphant des 19ème et 20ème siècles, avec, on le sait, les si funestes conséquences du nihilisme, de l'athéisme, du matérialisme, du cynisme financiariste et mercantile,  du pillage et du saccage de la Nature, bref : de la désacralisation de la Vie et de la déspiritualisation du Réel.

La confusion entre la "raison suffisante" (Anaxagore, Aristote, Thomas d'Aquin, Leibniz qui fondent la rationalité) et la "raison logique" (Platon, Descartes, Kant qui fondent le rationalisme) est terrifiante.

 

Du "rationalisme", Wikipédia dit ceci : "Le rationalisme est la doctrine qui pose la raison discursive comme seule source possible de toute connaissance du monde. (…) Ainsi, le rationalisme s'entend de toute doctrine qui attribue à la seule raison humaine la capacité de connaître et d'établir la vérité.".

 

Autrement dit, "rationalisme" est une doctrine épistémologique qui s'oppose, tout à la fois, à "empirisme" et à "intuitionnisme".

Comme si l'on pouvait ou devait opposer l'Intelligence humaine, qu'elle soit déductive (rationalisme) ou inductive (créativisme), à la Sensibilité humaine, qu'elle soit analytique (empirisme) ou holistique (intuitionnisme).

L'erreur fatale est de dualiser (d'opposer doctrinalement) ce qui n'est qu'une précieuse bipolarité (à activer dialectiquement).

 

Les immenses faillites, échecs et dégâts du "rationalisme" positiviste et nihiliste de ces deux derniers siècles, promeuvent, sous nos yeux, un irrationalisme dans les thèses et les opinions qui sous-tend une dangereuse et létale apologie de l'irrationalité.

Au nom des erreurs (légitimement constatées) du "rationalisme", on en vient à récuser la "rationalité" du Réel et à cautionner toutes les antisciences, pseudosciences ou parasciences les plus grotesques. Et les difficultés intrinsèques, pour le commun des mortels (et des journalistes), à comprendre les théories avancées de la cosmologie actuelle (quanticité, relativité, complexité) "n'arrangent pas les bidons".

 

D'autant que l'actuelle doctrine de la "libération de la parole" permet à n'importe quel crétin ignare de dire n'importe quoi sur tout, et surtout sur ce à quoi il ne comprend rien : les imbéciles sont devenus prétentieux et vindicatifs, et, au nom de l'égalitarisme ambiant, ne veulent plus ni reconnaître, ni assumer leur foncière imbécillité.

 

De plus, sur cette vague scélérate de l'anti-rationalité, surfe une permanente apologie de l'émotion. "Emotion" … L'échelon le plus bas, le plus reptilien, le plus primaire de la sensibilité. L'émotivité est tout à l'opposé de la sublimité.

Cette "émotion" puérile, dégoulinante de sensiblerie, de sentimentalisme, de pleurnicherie, de compassion, de commisération, est, en soi, une fuite, un déni et un refus de la réalité qui alimente tous les sectarismes, tous les fanatismes,  tous les militantismes, tous les activismes : il faudrait, selon ces pitres, que "l'idéal" triomphe du Réel. Au nom de tous ces larmoiements immatures, le Réel devrait rentrer, penaud, dans les moules étroits, étriqués et pauvres de l'idéalité humaine c'est-à-dire de la médiocrité, du ressentiment des médiocres et des minus habentes.

 

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Les trois voies de la communication humaine : le geste, la parole et l'écrit.

Je ne fais confiance qu'à l'écrit car il est le seul des trois qui "demeure", le seul des trois qui refuse l'évanescence et l'éphémérité, le seul des trois qui s'affirme comme mémoire incontestable en tant qu'il est et non en tant que ce que l'on a perçu ou retenu : on peut toujours retourner à un texte, mais jamais ni à une parole, ni à un geste.

 

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L'Esprit naît avec le langage !

Notre appréhension du Réel passe par deux voies distinctes :

 

  • La voie holistique :
    • Ce coucher de soleil me semble magnifique.
    • Cette personne me semble sympathique.
    • Cette théorie me semble plausible.
    • L'ambiance de cette réunion me semble malsaine.
    • Cet endroit me semble rassérénant.
  • La voie analytique :
    • Cette pomme est jaune et rouge.
    • Cette sauce sent la vanille et la muscade.
    • Le tissu est raide et rugueux.
    • Ce vin goûte le miel et la cerise.
    • Cette mélodie est en mode mineur.

 

On pressent que la voie holistique est bien plus personnelle et subjective que la voie analytique ; elle est plus indicible, plus incommunicable, plus intransmissible ; elle fait appel à des ressentis intimes, peu objectivables … mais non moins utiles pour autant : ressentir un malaise alerte parfois d'un danger grave (tant pour soi que pour les autres).

 

La pensée fonctionne autant par images (globales et holistiques) que par concepts (concis et analytiques). Mais il faut prendre garde aux pièges de la soi-disant "objectivité" : les adjectifs "rouge" ou "rugueux" sont aussi relatifs et discutables que les adjectifs "sympathique" ou "malsain". Les notions de "paysage" ou de "théorie" sont aussi floues et conventionnelles que celles de "pomme" ou de "mélodie".

 

Ce qui change entre les deux voies est que l'analycité est plus communicable, alors que l'holisticité l'est beaucoup moins, parce qu'elle fait moins appel aux ressentis et se construit sur base des cinq sens que l'on a en commun : ce que je vois, tu peux le voir, mais ce que je ressens tu ne peux pas le ressentir (du moins, probablement pas de la même manière).

 

Ce que l'on appelle "connivence" ou "fraternité" entre deux personnes, c'est précisément cette capacité rare qu'elles ont développée de ressentir le Réel de façon très proche, au travers d'images et de symboles partagés sans que la parole n'y ait de réel rôle à jouer. Elles sont en reliance noologique au-delà de tous les langages.

Mais ce n'est pas le cas général : les organismes vivants développés communiquent plutôt au moyen de langages analytiques plus ou moins riches et sophistiqués.

 

C'est d'ailleurs ces langages – tout conventionnels et relatifs qu'ils soient – qui permettent à une communauté de s'établir et de fonctionner, et d'organiser des solidarités et des synergies. Et si l'on va plus loin, ces langages communautaires et utilitaires permettent également de constituer, peu à peu, par mémorisations et accumulations, par sélections et structurations, ce que l'on appelle une "culture" qui va plus loin que le simple transmis des informations utiles (qui est la raison d'exister des langages au niveau communautaire), mais qui vise à établir un paysage mental commun qui puisse faire référence même en l'absence de communications directes.

 

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Les philosophies du "sujet" et du "pur subjectivisme" affirment péremptoirement que : "Du Réel même, on ne peut rien dire".

Rien n'est plus faux car c'est oublier que le "sujet" qui parle de sa relation au Réel, est lui-même partie prenante et intégrante de ce Réel qui l'engendre, le constitue, le porte, le nourrit et, surtout, l'habite dans toutes ses fibres.

Ainsi, si "du Réel, on ne peut rien dire", alors, de soi non plus, on ne peut rien dire puisqu'il y a identité totale (hologrammique pourrait-on dire) entre le Soi du Réel et le soi du "sujet".

Dans l'unité du Réel, il n'existe plus ni sujets ni objets (Kant), ni corps ni âmes (Descartes), ni Ciel ni Terre, ni au-delà ni en-deçà.

Il n'existe plus d'un projet global et des trajets locaux.

 

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Les religions sont toutes des surgeons exotériques d'une même mystique ésotérique, exprimée dans la diversité idiomatique.

Mais elles se distinguent entre elles par certains caractères universels qui se réduisent à leur manière préférentielle de communiquer avec ceux qu'elles sont censées relier (re-ligare, en latin).

 

Il y a les religions de l'écrit (intellectualités, écritures, études, …).

Il y a les religions de la parole (homélies, prêches, prières, chants, …).

Il y a les religions du geste (rituélies, gymnosophies, postures, …).

 

Globalement, chacune de ces trois catégories rejette les deux autres.

 

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La montée dans l'Esprit est en train de couper les humains de la Vie.

Terrible erreur ! Car l'Esprit qui se développe dans les villes, loin de la Nature vivante, n'est que de la "culture", mais il n'est ni de l'intelligence, ni de la connaissance.

 

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La ville est exempte de toute spiritualité authentique ; il n'y a là que de l'urbanité et de la barbarie opposée à cette urbanité

 

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Il faut réconcilier l'Esprit avec la Vie, non pas par régression vers je ne sais quel animisme ou totémisme archaïques et primitifs (lié à ce mythe ridicule de Hobbes et Rousseau : le "bon sauvage"), mais par progression vers le "Surhumain" nietzschéen.

Cette réconciliation attendue entre la dynamique d'accomplissement (la Vie) et l'eidétique de construction (l'Esprit) – sur fond du topologique de fondation (la Matière) - devra être la grande tâche du troisième millénaire qui commence.

 

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Dans "Le Juif cet inconnu", essai publié en 1941 par l'antisémite notoire Eugène Fayolle, on échappe (de justesse) au poncif absurde du Juif banquier, gras et cynique.

En revanche, ce scribouillard dessine un portrait du Juif en quinze points majeurs :

 

  • le tropisme vers l'intellectualité, loin de l'hédonisme légitime des jouisseurs bien gaulois,
  • le goût de la métaphysique, du sacré et de la pureté, au-delà des apparences profanes,
  • l'horreur de la violence et de la guerre, symbolisée par l'interdit du sang,
  • la préférence pour l'organique et l'ouvert fractal (le symbolique et l'herméneutique) contre le mécanique et le fermé,
  • la prédilection pour l'Esprit et les idées au-delà des préoccupations pratiques du quotidien,
  • le culte de l'autonomie qui récuse le principe de l'obéissance pour l'obéissance et du garde-à-vous devant une autorité humaine,
  • l'obsession du juste (tant en justice qu'en justesse), de l'équitable, de l'harmonieux contre la rigidité des règlements et des édits,
  • la mystique de l'humilité contre l'ostentation, la fatuité, l'égotisme, l'arrogance et le mépris,
  • l'affirmation du droit au-dessus de la force, et la préséance de l'éthique sur toute autre considération,
  • l'importance de la sensibilité au-delà des froides ratiocinations,
  • l'espoir que l'humain surmontera sa médiocrité et s'élèvera vers le Divin,
  • l'essentialité de la lucidité au-delà de tous les pessimismes et de tous les optimismes,
  • la conscience que l'avenir se construit et qu'il peut être meilleur si l'on y met sacralisation et spiritualisation,
  • la foi en la divinisation de l'humain au fur et à mesure de l'accomplissement de l'homme par l'humain,
  • la conviction en la nécessité de construire un monde libéral où chaque humain peut trouver son chemin d'accomplissement,

 

De là, notre nazillon réactionnaire conclut que le Juif est nécessairement un révolutionnaire idéaliste (donc, à ses yeux, un socialo-communiste dont Karl Marx – renégat et converti -  est censé être le prototype et dont Léon Blum – athée - est l'incarnation) qui n'a que dédain pour la réalité et ne vit que de chimères à venir.

Et de confondre, comme il se doit, révolutionnarisme (qu'il nomme aussi "jacobinisme") et messianisme (qui, s'il est personnifié, est fondamentalement bien plus chrétien que juif ; le messianisme juif est impersonnel et symbolise le passage progressif au Surhumain).

Et cette phrase (p. 86) qui dit tout : "(…) il faut noter comme un fait capital et singulier, qui ne souffre aucune exception, que tous les Juifs, depuis leur émancipation, ont toujours été du côté du Progrès contre l'Ordre".

 

Quand je lis les quinze points du portrait censé être infamant du Juif, j'en arrive à me dire que j'ai bien de la chance d'être juif et à caresser que les Goyim les adoptent pour eux …

 

La seule note positive de ce pamphlet : l'auteur cherche la bonne solution pour débarrasser l'Europe du cancer juif. Il évoque trois solutions possibles : l'extermination hitlérienne, la ghettoïsation médiévale ou … le sionisme. Il rejette les deux premières et applaudit à la troisième … à la condition que tous les Juifs soient juridiquement israélisés d'office (tout en gardant le droit paradoxal d'habiter et de vivre où ils veulent, mais en tant qu'étranger).

 

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* *

 

Le 28/09/2020

 

De l'étude des "Cahiers de doléance" de 1789 par Edme Champion, Emile Faguet, en 1899, tire cette conclusion aussi objective que péremptoire :

 

"Tout simplement, ils mouraient de faim et désiraient cesser de mourir.

Il n'y a pas autre chose dans les Cahiers de 1789."

 

Ensuite, et ensuite seulement, ce "mouvement de la faim" fut récupéré par les avocats-bourgeois de Paris afin de prendre leur revanche sur les nobles qu'ils jalousaient.

Ce ne sont pas ces pitres de Jacobins qui firent la soi-disant "révolution", c'est la famine qui n'eut d'autres causes que climatologiques. La politique et l'idéologie n'y eurent aucune part. Cette idéologie jacobine (étatiste et gauchiste, donc) ne fut la cause ni l'insurrection, ni de la soi-disant "révolution", mais elle les récupéra bien vite pour imposer sa Terreur.

 

Il se passa la même chose en Russie où, en mars 1917, poussée par la famine, une insurrection populaire spontanée (sans idéologie ni visées révolutionnaires) fit, depuis Petrograd, s'effondrer le tsarisme ; ce mouvement fut récupéré et détourné, plus tard, par cette crapule de Lénine et ses salopards de bolchéviks qui finirent par usurper le pouvoir en octobre, quand le sale boulot avait déjà été fait.

 

La famine parle toujours d'abord, le bavardage idéologique ne vient que bien après, pour récupérer les mouvements qu'ils n'ont jamais engendrés. Le révolutionnarisme est un pur mythe vide : une insurrection n'est jamais idéologique, mais toujours pratico-pratique (la faim, le chômage, la misère dont les causes sont rarement politiques, mais, le plus souvent, conjoncturelles).

 

Tout ceci est une belle illustration de la théorie des bifurcations pour les processus complexes : un paradigme local est en bout de course (la royauté française, le tsarisme russe), survient une conjoncture très défavorable et très négative qui joue le rôle de déclencheur ; s'installe alors un effet boule-de-neige qui exacerbent les tensions internes au système et le font entrer, alors, dans une phase de chaotisation (les anciennes régulations ne fonctionnent plus et les nouvelles ne sont pas encore là).

 

En France, cette chaotisation a duré de 1789 à 1870 (81 ans de marasme sociopolitique avec ses dates-clés intermédiaires : 1792, 1799, 1804, 1814, 1830, 1848, 1852 – le plus long de ces épisodes chaotiques fut la "monarchie de juillet" qui ne dura que … 18 ans, ex-aequo avec le second empire).

 

En Russie, elle démarra en mars 1917, passa par l'instauration de la NEP en 1921 qui consolida le chaos durable du totalitarisme soviétique, avant de s'effondrer en 1989 (82 ans de chaos).

 

Si l'on projette ces données sur le cas de la Chine communiste instaurée, en 1948, par l'infâme Mao-Tsé-Toung qui a récupéré la vraie révolution chinoise de Sun Yat-sen, d'abord, et de Tchang Kaï-chek, ensuite, on arrive à la conclusion que ce régime totalitaire, condamné à l'éternelle, épuisante et onéreuse fuite en avant économique, s'effondrera vers 2030.

 

Il faut en conclure que la chape de plomb (le maintien artificiel de l'ancien paradigme au moyen de surendettements calamiteux, phénomène bien visible, aujourd'hui, du fait de la pandémie et de la dispendieuse et ruineuse "relance économique" qui s'ensuit) va perdurer, elle aussi, jusque vers cette date de 2030.

 

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Pendant longtemps, les calaminés (catastrophes, famines, épidémies, …) étaient imputées à la volonté de Dieu, seul responsable de la marche du monde et bien peu sensible aux critiques humaines. Cela changea avec la laïcisation progressive de la société au 18ème siècle, sous la férule du philosophisme ambiant. Plutôt que de s'en remettre à Dieu, la populace inventa la théorie du complot (plus commode et plus accessible) : ces calamités étaient "forcément" causées par la volonté d'une minorité supposée puissante (la cour, les nobles, les juifs, les sorcières, …) de s'affirmer au détriment du "bon peuple".

Jamais ce "bon peuple" ne peut jamais s'imaginer, une seule seconde, être lui-même le premier responsable des calamités qui lui tombent dessus.

Il serait temps que le "bon peuple" d'aujourd'hui comprennent que c'est sa seule appétence consommatoire délirante qui est la cause de la chaotisation et de la dérégulation du monde, pandémies et climats compris.

 

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D'Olivier Rey, cette effarante vérité :

 

"C'est ainsi : plus le pouvoir central porte secours aux citoyens, plus ceux-ci sont enclins à lui reprocher les maux dont ils souffrent."

 

Le sécuritarisme fait exiger l'hyper-sécuritarisme. Toujours plus de sécurité !

No risk ! Le problème des gouvernants n'est plus ni politique, ni idéologique, il est devenu assurantiel et actuariel enrobé dans des discours et des promesses devant faire montre de toute-puissance.

 

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Plus on vit dans l'abondance, plus chaque pénurie paraît inacceptable.

 

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Le problème n'est pas la fortune des plus fortunés, mais ce qu'ils en font.

 

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D'Olivier Rey :

 

"Il devient chaque jour plus évident qu'en matière de développement technologique, le seuil de contre-productivité est dépassé, c'est-à-dire qu'au point où nous en sommes, les progrès de la technologisation présentent d'avantage d'inconvénients qu'ils ne procurent d'avantages, engendrent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent, dégradent l'humanité de l'homme au lieu de la servir."

 

Comme moi et comme mon ami Jean-Marc Jancovici, Olivier Rey est polytechnicien, scientifique et philosophe. Comme moi, il sait et dit que la technologie a atteint asymptotiquement son niveau quasi-maximum et qu'il n'y a plus grand' chose de spectaculaire à en attendre : le mésoscopique est bien connu et quasi totalement et optimalement exploité, le nanoscopique et le gigascopique sont très très loin et ne concernent que la science théorique fondamentale sans retombées pratiques prévisibles.

Le Dieu "technologie" qui est censé, par miracle, résoudre tous les problèmes de l'humanité et pallier toutes les carences et pénuries, ce Dieu-là aussi est mort !

 

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Le processus humain global domine largement tous les processus humains locaux et les "dirigeants" qui prétendent diriger ces processus locaux, ne sont en fait que les affidés obligés du processus global : leurs marges de manœuvre sont très marginales.

Pour comprendre le monde humain global, il faut dès lors se poser les cinq questions d'usage :

 

  1. Quelle est sa raison d'être ? Quelle est sa finalité ?
  2. Quelle est son identité (unique ou plurielle) ? Quelle est sa culture (unique ou plurielle) ? Quelle est son histoire (unique ou plurielle) ? Quels sont ses patrimoines prioritaires et déterminants ?
  3. Quels doivent être ses rapports d'échange avec son milieu, son environnement, la Nature, la Terre ?
  4. Quels sont ses modèles essentiels : politiques, économiques et éthiques ?
  5. Quels sont les protocoles de dissipation optimale des tensions entre ces quatre pôles ?

 

Si l'on tente de répondre très lucidement à ces cinq questions, force sera de constater que nous somme, en fait, à cheval sur deux mondes humains et que nous subissons une colossale mutation paradigmatique avec, pour corollaire, que nous traversions un période de grande chaotisation du monde humain.

 

Puisque bifurcation il y a, trois scénarii s'ouvrent : soit l'émergence rapide d'un nouveau paradigme global, soit une réorganisation temporaire et instable sur base continentale (ce qui est, en fait, en train de se mettre en place), soit un effondrement général plus ou moins brutal.

Et puisque cette bifurcation n'est sous le contrôle d'aucune institution, d'aucun "dirigeant, d'aucune instance, il faudra bien admettre que chacun redevient totalement responsable de son monde et de sa manière d'y habiter.

 

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L'équation de Hobbes est simple et imparable : si l'on veut la sécurité, il faut aliéner la liberté et si l'on veut la liberté, il faut sacrifier la sécurité.

L'Etat est une machinerie sécuritaire qui, par équation, réclame l'aliénation relative de toutes les libertés personnelles "publiques".

Réclamer de l'Etat plus de sécurité ET plus de liberté relève de l'oxymore et de l'aporie, bref : du crétinisme … Or, c'est précisément ce qui se passe aujourd'hui, dans un mouvement encore amplifié par la pandémie.

 

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Par rapport à la vie sociale et sociétale, les religions, de centrales qu'elles étaient, sont devenues périphériques suite au déplacement du centre d'autorité qui, de religieux, est devenu étatique.

Cette périphérisation du religieux a fait croire, un moment, à une pure laïcisation du phénomène social. Il n'en est rien et l'actuelle résurgence du spirituel le prouve à chaque instant.

Mais comme, par définition, la spiritualité ne connaît aucun centre d'autorité puisqu'elle est essentiellement personnelle et intérieure, peut-être sommes-nous en train d'expérimenter la périphérisation de tout centre d'autorité, tant religieuse que politique ou économique ou autres. Ces autorités qui assurent d'utiles régulations, ne sont alors plus que des fonctions logistiques et d'intendance, d'entretien public pourrait-on dire, de voirie collective en somme. L'extériorité, pour utile qu'elle soit, devient inessentielle.

La vie sociale a quitté le sociétal pour se faire communautale, dans des réseaux transversaux, électifs et sélectifs, qui reprennent le schéma du clan, de la tribu, de la "famille", etc …

Si l'on en voulait une seule preuve, que l'on regarde les taux-records d'abstention aux dernières élections (on atteignit, parfois, jusqu'à 87% d'abstention ; certains élus l'ont été avec 17% des voix, ; etc …).

L'homme de la rue, surtout jeune, a quitté la vie sociétale où il ne se reconnaît pas, pour s'installer dans une vie communautale qu'il s'est choisie, sur-mesure pourrait-on dire. La thèse de Michel Maffesoli, déjà ancienne, d'une tribalisation du monde humain se confirme.

 

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Le 29/09/2020

 

Les trois piliers de l'activité bancaire sont la circulation de la monnaie, la rétribution de l'épargne et l'octroi de prêts.

Or, ces trois fonctions, aujourd'hui, grâce à la vague numérique (les cryptomonnaies, les placements en ligne et le crowdfunding) et non sans quelques dangers bien réels, n'ont plus besoin de cette institution née au 16ème siècle appelée "banque".

Vers les années 1980, les immenses besoins d'alors en capitaux ont inversé le rapport entre l'économie réelle et la finance spéculative (celle-ci ayant été au service de celle-là et étant devenue, à cette époque, sa maîtresse tyrannique). Mais aujourd'hui, la démence spéculative commence à montrer son vrai visage : vendre de la promesse financière que l'économie réelle ne pourra jamais tenir est tout simplement de l'escroquerie ... que les bulles successives (et nous sommes loin d'en voir la fin) démontrent à qui veut voir et ose regarder.

La Banque, comme la Bourse, sont des institutions qui sont nées avec la Modernité, au 16ème siècle, et qui disparaîtront avec elle. Il restera un seul gros problème à résoudre : celui de la création d'une monnaie unique mondiale (avec des droits de tirage illimités et la remise des dettes structurelles souveraines) et de l'abolition des banques centrales (et donc de tout monétarisme).

 

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Les bifurcations, dans les vies humaines, sont des moments de grande opportunité si l'on veut bien sortir des nostalgies : faire son deuil du passé (cfr. Elisabeth Kübler-Ross), tourner la page et écrire un nouveau chapitre . Comme on dit chez moi : "Today is the first day of the rest of my life".

 

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Le temps est un engendrement second que le Réel se donne pour pouvoir s'y déployer (comme l'espace géométrique ou, plus généralement, l'espace des états dont l'espace-temps fait intégralement partie) ; le temps n'est que la mesure d'une activité et est donc tout relatif à cette activité et à la manière de la mesurer (cfr. le relativité).

 

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Le formalisme quantique n'est pas une description ontique du Réel, mais une description phénoménologique de notre rapport au Réel. On ne peut pas utiliser des arguments phénoménologiques pour fonder une métaphysique (cfr. les discussions sans fin entre Einstein et Bohr).

 

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L'humanité est une enfant gâtée dont le Père (l'Esprit cosmique) et la Mère (la Vie cosmique) ont trop longtemps toléré les frasques.

L'enfance est désormais terminée ; il est temps de devenir adulte !

Qu'est-ce que signifie "devenir adulte" ?

 

  • Savoir qui l'on est.
  • Assumer sa mission.
  • Respecter le monde.
  • Se donner des règles vie.
  • Vivre simplement.

 

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Si le Père des humains est l'Esprit cosmique et leur Mère, la Vie cosmique, alors mes Frères en humanité sont bien rares puisque la plupart des humains ne vivent pas, mais ne désirent que survivre, et/ou ne pensent pas, mais se contentent de rêvasser.

 

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La Vie cosmique est ce Métabolisme général qui anime l'évolution globale du Réel vers son accomplissement en plénitude.

L'Esprit cosmique est cette Intelligence divine qui assure la cohérence globale du Réel dans toutes ses dimensions.

L'humain adulte ne peut vivre en Joie qu'en se mettant pleinement au service de l'Esprit et de la Vie cosmiques.

 

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La spiritualité est l'ensemble de tous ces chemins vers la réconciliation entre le tout du Réel (la sacralité divine) et l'illusion de la partie (le profanité humaine).

 

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Hans Jonas disait que le rejet de toute transcendance a été : "l'erreur la plus colossale de l'histoire".

Il faut entendre par là que la modernité, en instaurant le règne de l'anthropocentrisme (l'humanisme, l'individualisme, le socialisme, la "libération" de l'humain et son "émancipation"), a rompu avec le théocentrisme antérieur (antique et médiéval), mais a été, sans doute, le funeste passage obligé vers un cosmocentrisme (un panenthéisme) à venir.

 

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Le théocentrisme est typique de l'enfance : le Père !

L'anthropocentrisme est typique de l'adolescence : le Moi !

Le cosmocentrisme sera typique de la maturité : le Réel !

 

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Le mot "transcendance" me gène parfois car il semble pointer vers l'idée d'un autre monde, distinct de celui-ci, d'une autre nature que lui, le dominant infiniment. Un tel dualisme me répugne radicalement !

En revanche, si l'idée de transcendance pointe, comme je le pense, vers ce qui dépasse la sphère humaine en replaçant celle-ci dans un Tout-Un qui l'englobe et lui donne sens et valeur, alors, évidemment, l'idée fait plus que me séduire.

Et en ce sens-là, la transcendance ne s'oppose absolument pas à l'immanence ; tout au contraire, elle la complète : le Tout-Un est, tout à la fois, infiniment au delà (transcendance) et infiniment au plus profond (immanence) de chacune de ses parties.

Est transcendant (on dit alors "transcendantal"), ce qui ne peut se décrire au moyen des mots humains si ce n'est de façon apophatique, ce qui sort radicalement du domaine du discours ou de l'expérience humaine, ce qui appartient au fondement holistique du Réel, indépendamment de toute pensée ou action humaine.

Un quasi synonyme de transcendant ou de transcendantal pourrait être "holistique" : qui appartient au Tout sans appartenir à aucune de ses parties.

 

*

 

Le Zarathoustra de Nietzsche disait :

 

"De toutes les choses auxquelles on accorde de la valeur,

c'est l'évaluation elle-même qui est la valeur suprême."

 

Ce que l'on appelle les "valeurs humaines", ne sont jamais que ces slogans qui ont de la valeur pour moi … et qui "me mettent en valeur".

Il faut donc bien distinguer ce qui fait valeur aux yeux des autres (ce qui est précieux et, donc, ce qui a un prix), de ce qui donne de la valeur à nos propres yeux dans nos propres existences (ce qui dépasse l'humain et se met au service de la Vie et de l'Esprit cosmiques).

 

*

 

Imaginons la gratuité de l'argent.

 

L'argent gratuit … Vraiment ?

 

Les trois piliers de l'activité bancaire sont la circulation de la monnaie, la rétribution de l'épargne et l'octroi de prêts.

Or, ces trois fonctions, aujourd'hui, grâce à la vague numérique (les cryptomonnaies, les placements en ligne et le crowdfunding) et non sans quelques dangers bien réels, n'ont plus besoin de cette institution née au 16ème siècle appelée "banque".

Vers les années 1980, les immenses besoins d'alors en capitaux ont inversé le rapport entre l'économie réelle et la finance spéculative (celle-ci ayant été longtemps la servante docile de celle-là et étant devenue, à cette époque, sa maîtresse tyrannique). Mais aujourd'hui, la démence spéculative commence à montrer son vrai visage : vendre de la promesse financière que l'économie réelle ne pourra jamais tenir est tout simplement de l'escroquerie ... que les bulles successives (et nous sommes loin d'en voir la fin) démontrent à qui veut voir et ose regarder.

La Banque, comme la Bourse, sont des institutions qui sont nées avec la Modernité, au 16ème siècle, et qui disparaîtront (qui doivent disparaître) avec elle.

 

Il restera un seul gros problème à résoudre : celui de la création d'une monnaie unique mondiale (avec des droits de tirage illimités et la remise des dettes structurelles souveraines) et de l'abolition des banques centrales (et donc de tout monétarisme).

C'est l'objet du présent article …

 

Imaginons l'argent gratuit … c'est-à-dire la déconnexion totale entre l'activité de travail et le pouvoir d'achat. Imaginons que tout quiconque puisse obtenir gratuitement, donc sans aucune contrepartie, tout l'argent utile qu'il veut. Tout le monde est riche comme Crésus et peut acheter tout ce qu'il veut (à condition que cet achat soit vraiment utile) : l'argent n'est plus ni un motif, ni une motivation. Que pourrait-il bien se passer ?

La demande explosera puisque tout le monde peut tout se payer illico.

Mais qui travaillerait encore pour produire l'offre qui devrait rencontrer cette demande exponentielle ? Quelle serait alors encore le motivation au travail ?

 

Posons d'emblée que la demande en travail, de la part des entreprises, diminuerait drastiquement puisque, l'argent étant gratuit, chaque entreprise pourrait se robotiser et s'algorithmiser à qui mieux-mieux. Seules les tâches non robotisables et non algorithmisables devraient encore être assumées par des humains …

Or, ce sont précisément les tâches les plus passionnantes, les plus stimulantes, les plus amusantes, les plus enrichissantes et les plus épanouissantes.

 

De plus, l'argent serait gratuit, mais toute demande d'argent pour un investissement privé, public ou entrepreneurial devra être dûment argumentée et justifiée, en vue d'approbation, quant à sa réelle valeur d'utilité au crible de sérieux critères éthiques. Tout ce qui est réellement utile, pour soi, pour les marchés, pour la société, étant financé gratuitement, la seule question centrale devient : qu'est-ce qui est réellement utile ?

 

Explorons les conséquences de ces quelques principes …

Dès les premières euphories infantiles passées (le temps des caprices …), une longue série de conséquences majeures s'ensuivraient :

 

  • Première conséquence : l'hyper-consommation frénétique du début retomberait assez vite ; tous les désirs et toutes les envies ayant été comblées, un nouvel équilibre consommatoire se mettra en place à la condition expresse que la loi interdise les gaspillages (comme dans ces restaurants "all you can eat" d'aujourd'hui où vous pouvez vous resservir autant de fois que vous le souhaitez, pour le prix fixe donné, mais où vous devez payer des suppléments pour toutes les denrées servies mais non consommées). Evidemment, dans notre cas de figure où l'argent est gratuit, l'amende financière ne serait plus une punition et serait donc inutile ; en revanche, des punitions par le "travail obligatoire" seraient très dissuasives.
  • Deuxième conséquence : l'explosion consommatoire impactera très négativement le stock des ressources non renouvelables encore disponibles et accélérera les pénuries qui s'ensuivront ; de là résultera que la régulation des marchés se fera par l'amont (l'offre naturellement restreinte) et non plus par l'aval (la demande que plus rien ne limite) ; ici encore, une législation anti-gaspillage est indispensable.
  • Troisième conséquence : après le farniente, l'ennui : la relation de chacun aux activités productives sera incroyablement transformée puisque la motivation à travailler ne sera plus l'argent, mais l'épanouissement, l'accomplissement, la joie et le plaisir personnels. Il n'y aura plus aucun contrat d'emploi ; seulement des contrats entre entrepreneurs (ou institutions) et contributeurs. Le droit du travail sera remplacé par un droit commercial lié à l'obligation des parties d'honorer correctement chacune leur part explicite de promesses et d'engagements : le contributeur s'engage à fournir sa contribution conformément au cahier des charges, et l'entrepreneur s'engage à rétribuer le contributeur en lui offrant l'accès à des domaines ou activités que l'argent ne peut pas acheter (la connaissance, la renommée, l'accomplissement de soi, la relation en réseau fermé, le respect, la considération, l'expérience, la confiance, etc …).
  • Quatrième conséquence : on assistera à l'explosion des activités technologiques de robotisation et d'algorithmisation dans toutes les entreprises, là encore menées par des passionnés qui "s'éclateront" dans leur métier.
  • Cinquième conséquence : les autorités étatiques et administratives n'ont plus aucun rôle à jouer dans la dynamique économique hors celui de mettre en place une législation pour empêcher les gaspillages, pour faire respecter les engagements réciproques entre contributeurs et entrepreneurs, pour assurer la réelle utilité des investissements et pour fixer l'éthique de gestion écologique des ressources et des pollutions.
  • Sixième conséquence : la problématique de l'allocation universelle est ipso facto résolue.
  • Septième conséquence : plus aucune spéculation financière d'aucune sorte, ni monétaire, ni monétariste, ni actionnariale n'est possible, puisque totalement inutile.
  • Huitième conséquence : puisque l'endettement souverain et structurel n'existe plus, les infrastructures collectives pourront, partout, être du meilleur niveau possible (à la condition de respecter, là aussi, scrupuleusement, les législations sur l'anti-gaspillage, le respect des engagements réciproques, l'utilité des investissements et la gestion écologique des ressources et pollutions).
  • Neuvième conséquence : le paupérisme serait éradiqué, à l'échelle mondiale, sans coup férir .. dans les limites de la disponibilité des ressources naturelles et moyennant une législation drastique sur le droit à la procréation et sur la décroissance démographique.
  • Dixième conséquence : la seule motivation de guerre entre continents (les Etats-nations étant condamnés à disparaître) sera (comme cela l'a toujours été) la mainmise sur les réservoirs de ressources naturelles qui, au fond, devraient échapper au principe d'appartenance par territorialité : les réserves de la Terre et de la Nature doivent n'appartenir à personne, mais être protégées par tout le monde. Ce point est sans doute le plus délicat, … mais il est étranger au processus de gratuité de l'argent puisqu'il est inhérent à la nature humaine (appropriation et prédation).
  • Onzième conséquence : les notions d'épargne, de thésaurisation, de placements, de spéculations, de rendements financiers, etc … perdent tout sens.
  • Douzième conséquence : plus rien n'ayant de prix, seule la notion de valeur d'utilité (donc d'usage réel, de non-nocivité, de pertinence, de durabilité, etc …) a encore du sens.
  • Treizième conséquence : l'argent n'a plus aucune valeur, mais reste indispensable en tant qu'unité et instrument de mesure de l'activité économique et de l'utilité des produits et des investissements (un produit qui ne s'achète pas ou un investissement qui ne se fait pas, durant une période assez longue, est considéré comme inutile et peut donc être éradiqué ou recyclé ou réaffecté).
  • Quatorzième conséquence : chaque entrepreneur est personnellement responsable de la valeur d'utilité de ses produits et de ses investissements puisque, pour les faire, il consomme des ressources déjà pénuriques ; en cas d'échec de son entreprise, sa renommée sera négative et son accès à l'argent gratuit sera de plus en plus limité en cas de récidive, mais, corollairement, en cas de réussite, ses possibilités de crédit se verront augmentées spectaculairement puisque la confiance en sera renforcée.
  • Enième conséquence : … (à suivre …).

 

Les considérations que l'on vient de lire, ne sont, bien sûr, qu'une esquisse rudimentaire. Elles prétendent, néanmoins, proposer une piste de réflexion féconde pour répondre à la chaotisation socioéconomique majeure que nous vivons actuellement.

 

La gratuité de l'argent est-elle une utopie ? Pas vraiment …

Déjà, un peu partout, mais surtout dans l'Union Européenne, l'endettement collectif est énorme et ne pourra plus jamais être remboursé, l'économie mondiale étant définitivement sinon en décroissance, du moins en berne. La planche à billets fonctionne déjà à plein rendement pour produire de l'argent qui, aux yeux de l'économie classique, ne vaut déjà plus rien … et les banques centrales prêtent à taux sinon négatifs, du moins quasi-nuls.

De plus, l'instauration des "Etats-Providence" depuis plus d'une demi siècle, non seulement entretient des hordes de chômeurs, handicapés, malades, jeune retraités, pères et mères en congé parental, personnels en congés divers, etc … qui ne produisent rien (sauf "au noir"), mais ce système rémunère aussi des gens que l'on paie à ne rien faire ou à faire rien, notamment des légions d'inutiles dans toutes les administrations et bureaucraties.

 

Il paraît clair que nous vivons une profonde bifurcation globale, la fin conjointe d'un cycle civilisationnel (la christianité en place depuis l'an 400 environ) et d'un cycle paradigmatique (la modernité en place depuis l'an 1500 environ).

Il paraît donc aussi clair que les anciennes idéologies tant politiques qu'économiques, issues de ces cycles dépassés (la valeur morale du "travail" et le culte de l'argent-roi), doivent être à leur tour dépassées radicalement ; et notamment le très biblique (Gen.:3;19) : "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front" (qui, dans le texte hébreu, n'est pas une malédiction, mais une prédiction réversible).

 

Déconnecter consommation (le pain) et travail (la sueur du front) est un enjeu majeur. En toute rationalité, consommation et travail n'ont plus aucune raison de rester liés l'une à l'autre dès lors que la technologie permet (dans certaines limites et moyennent certaines précautions, disciplines et contraintes) de les délier.

 

Il y a là un défi majeur que le présent article cherche seulement à exposer.

 

*

 

Plus on vieillit, moins la mort est tragique.

 

*

 

D'un point de vue holistique et transcendantal, impersonnel et méta-personnel, la mort est naturelle et indispensable. Mais d'un point de vue personnel aussi : l'immortalité serait épouvantable d'ennui et de fadeur !

 

*

 

La mort ne m'effraie nullement.

La souffrance morale non plus : elle n'est qu'imaginaire.

Seule la douleur physique me chagrinerait.

 

*

* *

 

Le 30/09/2020

 

Le libéralisme est le culte de l'autonomie personnelle.

Le capitalisme est le culte de l'investissement rentable.

Le financiarisme est le culte de l'argent pour l'argent.

La confusion (voulue et artificielle) entre ces trois nourrit une vision totalement faussée et retorse de l'économie humaine (du "bon usage de la maisonnée, de l'habitat"), propre aux idéologies gauchisantes visant à discréditer tout ce qui n'est pas étatisé, collectivisé et totalitaire.

Oui, sans réserve, au libéralisme.

Oui, pourvu qu'il soit éthique, au capitalisme.

Non, sans pitié, au financiarisme.

 

*

 

Tout discours est la mise en œuvre de noèmes supérieurs (déités, symboles, concepts, …) au sein de récits structurés et organisés selon une logicité précise (mythe, rituel, théorie, …).

 

Le discours mythologique (premier cycle civilisationnel : l'Antiquité) est anthropocentrique (les dieux sont anthropomorphes).

Le discours religieux (deuxième cycle civilisationnel : la Christianité) est théocentrique (le Dieu est absolument autre et étranger face à ce monde).

Le discours cosmosophique (troisième cycle civilisationnel : la Noéticité qui commence sous nos yeux) est cosmocentrique, à la fois spiritualiste et scientifique (Dieu, Un et Réel sont une seule et même réalité).

Ces discours et récits successifs diffèrent en ceci qu'ils se rapprochent de plus en plus du Réel.

 

Malgré que c'en soit la mode ridicule ("tout se vaut", "rien ne vaut", disent les nihilistes du coin de la rue ou des campus universitaires), ces récits ne sont pas égaux entre eux en termes de plausibilité et de cohérence face à la réalité du Réel.

Le psychocentrisme anthropique des "cultures primitives ou premières" n'a rien à nous apprendre sur la réalité du Réel ; j'en suis hypocritement désolé pour cette anthropologie gauchisante et ringarde qui cultive la nostalgie artificielle des "bons sauvages" !

Tout ne se vaut pas ! Je me fous, comme de l'an quarante, de la mythologie des dogons, des bochimans ou des aborigènes (même si je conçois leur intérêt pour un anthropologue, comme je conçois l'intérêt d'un ornithologue pour la confection du nid des tisserins et comme je conçois le total désintérêt des foules pour les protocoles d'émergence et de dissipation des tensions selon la théorie des processus complexes … à ceci près que cette dernière théorie influera de façon capitale sur l'avenir de l'humanité, alors que ce ne sera le cas ni des bochimans, ni des tisserins).

 

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L'histoire du passé n'a d'intérêt que comme nutriment de la construction de l'avenir.

 

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Le Réel est un, unique, unitaire et unitif.

Le Réel se crée perpétuellement et n'est jamais créé.

Le Réel s'est donné des bipolarités qui ne sont jamais des dualités.

Le Réel est un processus holistique actif visant son propre accomplissement en plénitude.

Le Réel est un processus global qui s'engendre des processus internes locaux.

 

 

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La différence est essentielle entre une dualité et une bipolarité.

Une dualité est une lutte entre deux opposés indépendants l'un de l'autre, où chacun est susceptible de vaincre l'autre (un exemple typique en est le combat à mort entre le Bien et le Mal dans la théologie chrétienne qui prévoit la victoire totale et définitive du Bien sur le Mal … à la fin des temps).

Une bipolarité est une tension entre deux pôles totalement dépendants l'un de l'autre où l'un ne peut jamais exister sans son autre (deux exemples typiques en sont les pôles nord et sud d'un aimant quelconque, ou le yin-yang dans la cosmologie taoïste).

 

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Il est désolant de constater combien est encore prégnant, en "sciences" humaines, le mythe de l'âge d'or, l'idée ridicule que la connaissance aurait été perdue et qu'il faille retourner dans les temps les plus anciens et les "cultures" les plus reculées, pour retrouver la sagesse primordiale.

Il ne faut ni mépriser, ni dédaigner toute l'histoire ancienne qui nourrit encore le processus d'émergence de l'Esprit, mais la forêt qui vit et pousse aujourd'hui, a dépassé, et de loin, les graines qui sont à son origine … et, bien sûr, on reconnaît aux fruits du marronnier d'aujourd'hui, le marron dont germa le premier marronnier, ancêtre de tous ceux qui poussent aujourd'hui … mais là n'est pas l'essentiel.

 

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Heidegger reprend les propos de Descartes à Picot sur l'arbre-philosophie …

J'y donne suite …

Avant d'alimenter le tronc cosmologique et, de là, toutes les branches de la connaissance, la sève noologique est puisée, par les racines métaphysiques, dans le riche humus vivant du Réel. Le point de contact entre cet humus et les radicelles terminales des racines métaphysiques, est subtil et flou, point de rencontre entre la manifestation apparente et l'intuition mystique. Là s'estompent et s'étiolent toutes les frontières ; là, il n'y a plus ni arbre, ni humus ; il n'y a plus qu'une osmose unitaire entre les deux pôles.

Ainsi, la métaphysique en tant qu'effort souterrain et profond de l'esprit, est impuissante sans le secours de l'intuition mystique qui lui fournit les sucs qu'elle élaborera pour nourrir tout l'arbre noologique. Cela signifie, donc, que l'essence de la métaphysique est au-delà d'elle-même et n'est jamais réductible à quelque considération métaphysique que ce soit. C'est l'intuition mystique qui fonde tout l'arbre de l'esprit et de la connaissance qu'il produit.

C'est assez dire la vanité de la notion de "vérité" (du latin Veritas : ce qui est "vrai") à laquelle, définitivement, il faut préférer la notion grecque de Aléthéia : "ce qui ne s'oublie pas" !

 

La chaîne noologique et gnoséologique est donc la suivante :

 

Réel à Mystique à Métaphysique à Cosmologie à Connaissances.

 

A remarquer que la "métaphysique" pourrait, avantageusement, être renommée la "cosmosophie".

Cette notion de "Mystique" ne renvoie à rien ni de mystérieux, ni de magique, ni de prophétique … seulement à cette

 

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Heidegger fait continuellement le distinguo métaphysique entre Être (Sein) et "étant" (dasein : ce qui est là, ce qui se montre là).

J'y préfère mon distinguo entre le Réel (absolu et unique ; la sacralité) et sa manifestation (relative et multiple ; la profanité).

 

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Le Réel est l'Unité (cohérence) et le Moteur (évolution) de tout ce qui advient en lui-même, par lui-même et de lui-même.

Absolument rien ne lui est ni extérieur, ni second.

 

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Le pensée de l'esprit, comme tout le reste, n'est qu'une manifestation, comme les autres, du Réel en cours d'accomplissement. Il faut définitivement éradiquer le distinguo kantien entre "sujet" (qui pense) et "objet" (qui est pensé).

 

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Il est urgent qu'une connexion profonde se rétablisse entre l'esprit humain et la réalité du Réel, que l'esprit humain sorte de la profanité et se mette en quête de la sacralité, que la manifestation redevienne seconde et le Réel, premier.

Sinon, l'humanité continuera à marcher cul par-dessus tête, noyée dans le superficiel et l'artificiel, et passant à côté de l'essentiel.

 

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S'il y a évidemment de la manifestation immédiatement constatable, il y a nécessairement, derrière, un Manifestant … qui est le Réel.

L'humain fait intégralement, irréfragablement et irréversiblement partie de cette manifestation, mais, du moins pour les esprits les plus aiguisés, certains humains peuvent, moyennant ascèses adéquates, passer de la manifestation (la profanité) au Manifestant c'est-à-dire à la réalité même du Réel (la sacralité).

Pour cela, il faut que ces esprits locaux se libèrent de toute localisation égotique et entrent en reliance, en résonance, en synergie, en symbiose, en syntonie avec l'Esprit du Réel qui pilote (c'est-à-dire active, organise et optimise) toutes les manifestations.

 

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NOUVEAU (depuis ce 3/10/2020): Le Tome 23 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).