Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Mars 2021 + lien vers le "tome 24" qui vient de sortir !

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/03/2021

De Marie-Laure Delorme :

 

"Un rabbin est là pour incarner plus grand que lui.

La tradition est ce qui tient quand plus rien ne tient."

 

*

 

Le nombre des suicides à l'échelle mondiale est de 1,5% de la population soit 117 millions par an. Voilà une vraie pandémie …

 

*

 

De Sénèque :

 

"Seul l'arbre qui a subi les assauts du vent, est vigoureux

car c'est dans cette lutte que ses racines, mises à l'épreuve, se fortifient."

 

*

 

D'Albert Camus :

 

"Des milliers de voix, jour et nuit, poursuivant chacune de son côté un tumultueux monologue, déversent sur les peuples un torrent de paroles  mystificatrices, attaques, défenses, exaltations. Mais quel est le mécanisme de la polémique ? Elle consiste à considérer l'adversaire en ennemi, à le simplifier par conséquent et à refuser de le voir. Celui que j'insulte, je ne connais plus la couleur de son regard, ni s'il lui arrive de sourire et de quelle manière. Devenus aux trois quarts aveugles par la grâce de la polémique, nous ne vivons plus parmi des hommes, mais dans un monde de silhouettes."

 

C'est exactement ce qui se passe sur les médias sociaux.

 

*

 

D'un article anonyme :

 

"Une belle école supérieure, un beau poste, un bon salaire, et la reconnaissance sociale qui va avec. Ce bouquet ne suffit plus pour certains jeunes diplômés. 14% des détenteurs d'un bac + 5 ont ainsi entrepris une reconversion dans les deux ans suivant l'obtention de leur diplôme, selon l'Association pour l'emploi des cadres (APEC). Et notamment vers les métiers manuels, moins valorisés et moins rémunérateurs. La quête de sens figure souvent au centre du discours de ces néo-artisans."

 

*

 

De Louis Gallois :

 

"Il faut se battre contre les illusions de la décroissance.

Mon sujet actuel, c’est la remise en cause du « productivisme ». Qu’est-ce que le productivisme ? La production sans limite, la consommation excessive de ressources, la pollution, le gaspillage, etc. ? Certains vont plus loin : pour eux, le productivisme, c’est la croissance, et, à les écouter, elle serait devenue source de déséquilibres pour la planète.

Bien sûr, la production doit réduire son impact sur l’environnement. Cela doit nous conduire à tourner nos usines vers une croissance plus verte. Mais si on en conclut que le vrai moyen de lutter contre la pollution et le dérèglement climatique, c’est la décroissance, il y a là un sérieux sujet de préoccupation.

Or, cette idée imprègne une partie de la jeunesse. On ne lui a pas expliqué quelles seraient les conséquences de la décroissance : d’abord, une réduction des moyens disponibles pour amorcer cette croissance verte qui aura besoin

d’investissements lourds et de recherche, donc d’importants financements. La décroissance ne pourra pas fournir d’emplois. Elle pose bien sûr un problème sur la réduction des inégalités : comment financer le modèle social, comment mieux partager la richesse créée si celle-ci se réduit ? Accessoirement, comment rembourser la dette avec une économie en décroissance ? Voilà pourquoi il faut se battre contre les illusions de la décroissance et pour une production et une

croissance responsables."

 

Les décroissance matérielles et démographiques sont indiscutablement indispensables et urgentes !

La croissance immatérielle sera la contre-attaque !

Quand on sait que Louis Gallois, énarque socialiste, est un haut-fonctionnaire, successivement PDG de l'Aérospatiale, président de la SNCF, directeur chez Airbus et, maintenant, président chez PSA-Renault-Citroën … on comprend vite que ce pauvre crétin n'a absolument rien compris à la réalité du monde d'aujourd'hui. Comme tous ses semblables, il pratique intensivement le déni de réalité : un indécrottable de la "courbe rouge".

 

*

 

La métaphysique vise à atteindre la texture ultime du Réel.

"Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?", demandait Leibniz.

Et quel est le fondement ultime de ce "quelque chose" ?

 

*

 

Il est essentiel que tous les décolonialistes étudient l'histoire de la république du Liberia … ils comprendraient combien leurs gesticulations sont absurdes.

 

*

* *

 

Le 02/03/2021

 

La vie humaine, comme n'importe quel processus complexe, évolue dans un champ de vie possédant six pôles opposés deux à deux sur trois axes (temporel, spatial et structurel).

Sur l'axe temporel, le pôle "vocation" et le verbe "s'accomplir", se trouvent en face du pôle "identité" et du verbe "s'affirmer".

Sur l'axe spatial, le pôle "ressources" et le verbe "se relier", se trouvent en face du pôle "territoires" et du verbe "s'enrichir".

Sur l'axe structurel le pôle "résiliences" et le verbe "se protéger", se trouvent en face du pôle "organisation" et du verbe "s'organiser".

Ces six pôles encadrent le fait de vivre au quotidien avec l'obligation vitale de réguler les tensions qu'ils induisent

 

La frugalité.

 

La frugalité est un état d'esprit qui consiste, en tout, à adopter le principe du : "moins mais mieux".

Quantitativement moins, mais qualitativement mieux. Le pôle "quantitativement moins" indique la voie de l'éradication du superflu, de la frivolité et de la futilité, et le pôle "qualitativement mieux" indique celle de la prise au sérieux de l'existence, voire de la sacralisation de la quotidienneté.

La frugalité, ce n'est ni l'abstinence, ni la diète permanente ; elle n'est pas un refus par principe, mais un refus par modalité.

L'interfécondation entre le petit modèle ci-dessus et le principe de frugalité, ouvre sept pistes d'évolution personnelle et d'amplification de la vie. Explorons-les …

 

S'affirmer moins mais mieux.

 

Il s'agit de dépasser "Connais-toi toi-même" delphique et d'entrer dans "Oublie-toi toi-même". Il s'agit de dépasser l'ego qui se prend pour une personne et de devenir une personne c'est-à-dire ce masque de théâtre au travers (per) duquel la Vie et l'Esprit "sonnent" (sona).

Ce n'est pas moi qui vit, c'est la Vie qui se vit à travers moi.

Ce n'est pas moi qui pense, c'est l'Esprit qui se pense à travers moi.

Dépasser l'ego, certes, mais sans renoncer à être ce que l'on est et à valoriser les trésors d'héritages et d'expériences que la vie nous a permis d'accumuler.

Il faut apprendre à devenir soi-même et à s'assumer pleinement, sans jamais se comparer et chercher à établir des supériorités par rapport à d'autres. Modestie sans humilité.

 

S'accomplir moins mais mieux.

 

Chacun porte en lui une vocation profonde. Chacun doit définir sa bonne raison de vivre et lui rester fidèle. Chacun doit se mettre au service de ce qui le dépasse, de ce qui se place très au-dessus de lui.

Il ne s'agit pas d'ambition. Il ne s'agit de réussir dans la vie. Ni même de réussir sa vie. Il s'agit d'accomplir la Vie qui se vit en chacun.

Il s'agit d'éradiquer, au plus profond de soi, toute forme de convoitise, d'avidité ou de cupidité. L'accomplissement de soi ne passe pas par les voies de la matérialité, même si le matériel, à la bonne dose, est souvent indispensable. Mais il n'est qu'un moyen et ne peut jamais devenir un but ou une finalité.

 

Se relier moins mais mieux.

 

Avoir trop d'amis, d'amitiés ou d'amour, c'est n'en avoir pas. La mode, au travers de ces funestes médias sociaux, est à la connexion avec tous, au détriment de ceux qui comptent vraiment et de ce qui compte énormément.

La connexion n'est pas la reliance.

Et la reliance authentique n'a de sens qu'avec le proche. "Loin des yeux, loin du cœur", dit l'adage. On ne peut pas être amoureux de quelqu'un que l'on ne peut pas caresser. On ne peut pas élargir sa vie en conscience avec la Vie qui nous entoure, sans que cet ami tilleul, cet ami rouge-gorge ou cette amie chienne ne fassent pas partie intégrante de mon monde existentiel, proche et palpable.

 

S'enrichir moins mais mieux.

 

S'enrichir, certes, mais de quoi ? S'enrichir, c'est amplifier et magnifier ses territoires de vie, extérieurs, parfois, intérieurs, toujours.

Les territoires de vie … l'expression me plaît bien. Elle implique, d'abord, que l'on reconnaissent ses frontières, donc ses limites. Où sont donc mes bornes ? Si le territoire est trop vaste, on s'y dilue, on s'y perd, on s'y noie ; s'il est trop étriqué, on y étouffe, on s'y blesse, on y meurt.

Si les territoires matériels de vie sont onéreux, les territoires immatériels le sont bien moins. Alors ? La vraie vie est la vie intérieure et c'est sur elle qu'il est nécessaire de se concentrer, mais la vie intérieure et immatérielle, se nourrit aussi de la vie extérieure et matérielle. Il faut se construire un bel équilibre entre ces divers territoires.

 

S'organiser moins mais mieux.

 

Trop d'ordre rend la vie rigide. Pas assez d'ordre rend la vie déliquescente. Au-delà de l'ordre mécanique ou militaire où tout est réduit à l'élémentaire, il faut cultiver un ordre organique où au-delà de sa juste place, chaque organe doit trouver sa juste fonction.

A l'ordre hiérarchique, il faut substituer un ordre complexe qui traduise une dialectique permanente entre autonomie et interdépendance (ni dépendance, ni indépendance).

 

Se protéger moins mais mieux.

 

Sans sombrer dans les délires de persécution, il faut être lucide : le monde extérieur – mais aussi le monde intérieur – induit des tensions qui, si elles ne sont pas diligemment dissipées, peuvent devenir destructrices, dissolvantes, morbides ou déstructurantes. Il est donc essentiel de cultiver, à la fois, cette lucidité et les résiliences qui permettent de les esquiver ou de s'y adapter positivement.

Mais, surtout, il faut savoir que le meilleur outil de résilience, c'est la confiance.

Avoir confiance en la Vie, c'est déjà éliminer une grosse part des soucis et des ennuis. Non pas une confiance aveugle et naïve, mais une confiance lucide et sereine.

 

Vivre  …

 

Au bout de cette belle ascèse (Askêsis, en grec, signifie "discipline" … et il s'agit bien d'une discipline de vie), à la convergence des six chemins qui y sont tracés, il reste l'essentiel sans plus aucun superflu : vivre la Vie et faire vivre la Vie en soi.

Vivre, tout simplement. Et c'est bien plus qu'exister, que naître et mourir. Vivre la Vie, c'est rejoindre l'intemporel puisque la Vie est éternelle, ici et maintenant.

 

*

* *

 

Le 03/03/2021

 

De Valentine Arama :

 

"[Attention, propos violents]. Ce « trigger warning », ou « message d'alerte » en français, n'arrêtera pas les plus téméraires. Mais il a le mérite d'interroger. Derrière ces deux mots se cache un concept tout droit venu des États-Unis, une mise en garde adressée aux lecteurs pour leur épargner tout contenu potentiellement traumatisant. D'abord utilisé dans la sphère féministe, il fait aujourd'hui florès chez les 18-25 ans. Cette « génération Internet » aussi appelée « génération Z », née entre 1995 et 2002, trouve dans cet outil la parfaite parade aux sujets qui la trouble. Contre d'éventuelles « micro-agressions » il faut désormais créer des « espaces sûrs », car, chez une partie de cette jeunesse, c'est la « sécurité émotionnelle » qui doit primer.

Plus question de se frotter à des idées contraires aux siennes, jugées hostiles, voire dangereuses."

 

Samuel Veissière, anthropologue et professeur au département de psychiatrie de l'université McGill (…) s'inquiète de cette tendance "à vouloir gommer les mots et les débats qui rendent les étudiants mal à l'aise (…) Il y a vraiment de nouvelles croyances culturelles selon lesquelles les mots et les idées peuvent nous traumatiser". Samuel Veissière se dit, en outre, convaincu que la "culture de la censure, des safe spaces et de la surprotection", loin de protéger les étudiants contre les micro-agressions, nuit en réalité gravement à leur santé mentale.

 

De Caroline Fourest :

 

"En mai 1968, la jeunesse rêvait d'un monde où il serait interdit d'interdire. La nouvelle génération ne songe qu'à censurer ce qui la froisse (…) Des espaces sûrs, où l'on apprend à fuir l'altérité et le débat"

 

De Daniel Pleux :

 

"Cette génération a été surprotégée et survalorisée. Depuis le milieu des années 1970 s'est installée l'idée selon laquelle l'éducation devait être plus permissive, faisant de l'enfant un être tout-puissant, qui se place hors des réalités. (…) Jamais contredite, cette génération ne souffre d'aucun déséquilibre dans sa connaissance. Elle entre, par conséquent, dans un rejet pur et simple d'une quelconque forme d'autorité et n'est donc pas adaptée au monde"

 

Cette génération a le "culte de la victimisation" et des idéologies de l'indignation permanente, amplifiée jusqu'à la nausée par les médias sociaux.

 

De Simon Pecnard :

 

"Avec les réseaux sociaux, il n'y a plus que les positions radicales qui s'expriment et qui sont mises en avant. Ce jeu-là induit une vision du monde erronée et excluante. (…) Aujourd'hui, beaucoup de jeunes défendent une ultra-minorité et participent de facto à une défense sectorielle d'intérêts."

 

Il y a derrière tout cela comme les prémices d'une "éthique de la non-agression".

Surtout ne jamais être agressé. Surtout neutraliser tous les agresseurs.

 

*

 

Je suis atterré de lire que les "travailleurs du sexe" aux Pays-Bas manifestent contre les mesures de confinement qui les gênent dans l'exercice de leur "profession".

La sexualité n'est pas un métier mais une joie partagée dans la sublimité. La putasserie (masculine ou féminine) est une infection sociale.

La voie sacrée de la Vie n'y est plus qu'une occupation vénale.

 

*

 

D'un anonyme :

 

"N'oublions pas que la différence entre la démocratie et la dictature, c'est de pouvoir exprimer un avis même s'il n'est pas partagé par la majorité !"

 

L'expression est jolie, mais fausse. La démocratie est la tyrannie des plus nombreux et la dictature est la tyrannie des plus violents.

Dans tous les cas, la bien-pensance (la non-pensée de ceux qui détiennent le pouvoir) triomphe.

 

*

* *

 

Le 04/03/2021

 

A propos de cette absurde décision de ne plus permettre aux parents parisiens de choisir l'établissement scolaire pour leurs enfants afin de forcer la "mixité", réaction de Marcel Guzard :

 

"La recherche absolue de l’égalité ne peut amener que la nullité. On ne peut pas raccourcir les grands ni enlaidir les beaux mais grâce à l’Education Nationale on peut abêtir les gens et ce résultat il ne faut pas le lui enlever. Même constat pour les revenus, plutôt les taxer au maximum que de prendre des risques. On agrippe le haut et on le tire vers le bas."

 

Cette maladie mentale qui s'appelle l'égalitarisme (sous ses deux formes d'indifférentisme – "rien ne vaut" - et d'indifférencialisme – "tout se vaut") vient de faire un funeste grand pas en avant !

 

*

 

Après Nassim Nicholas Taleb, le cygne noir est devenu le symbole qui caractérise un événement peu probable aux conséquences considérables.

 

*

 

De Christophe Bourseiller :

 

"La grande différence entre l'extrême droite et l'extrême gauche, ce n'est pas forcément la méthode, mais la conception de l'homme. Pour l'extrême droite, il n'y a pas d'égalité entre les hommes, nous naissons tous différents et il faudrait créer un ordre nouveau qui respecterait les inégalités naturelles. Au contraire, l'extrême gauche considère que tous les hommes et les femmes naissent libres et égaux en droit, et que c'est la société qui va sculpter les inégalités, donc que tout est la faute de la société. L'agenda politique consiste donc à créer une société égalitaire. Pour Gracchus Babeuf, qui est l'inventeur du mot communiste, le communisme est "la religion de la pure égalité". Chez les fascistes, c'est la religion de la pure inégalité. Il y a quand même une grande différence entre les deux … Le point commun entre les deux extrêmes, c'est le désir d'en finir avec ce monde, le désir de détruire ce monde, de détruire cette société, de détruire cette culture."

 

Dans les deux cas, il s'agit de révolutionnarisme c'est-à-dire de l'instauration et du maintien d'un totalitarisme par la violence.

La grande différence entre extrême-droite et extrême-gauche, n'est pas l'inégalitarisme des premiers et l'égalitarisme des seconds, mais bien plutôt deux formes d'égalitarisme l'une particulariste et l'autre universaliste.

Le respect et la valorisation des différences (différencialisme et antiégalitarisme) est le propre du libéralisme qui n'est ni de gauche, ni de droite.

 

*

 

Le panorama des idéologies est vaste. Mais une typologie simple peut en être fabriquée en partant de deux axes

 

  • l'axe "concentration/dilution" qui évalue la répartition et la dispersions de pouvoirs, où la "concentration" des pouvoirs tend au totalitarisme, au hiérarchisme, au centralisme et où la "dilution" des pouvoirs tend à l'autonomisme, au réticularisme, au localisme.
  • l'axe "social/économique" qui exprime la priorité donnée au social (égalitarisme, solidarisme, justicialisme) ou à l'économique (différencialisme, associationnisme,

 

Ces deux axes permettent de construire la matrice suivante (qui, bien sûr, devrait être enrichie de mille nuances ou variantes) :

 

 

Social

Economique

Concentration

Socialisme

Dirigisme

Dilution

Communalisme

Libéralisme

 

*

 

La France est "la mère patrie de l'idéologie du déni" (FOG)

 

*

 

Les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient.

 

*

 

Le refus du Congrès des Etats-Unis de ratifier le traité de Versailles en 1919, tua dans l'œuf la Société des Nations.

 

*

 

Pour renouveler l'économie, il faut acter la fin :

  • du mondialisme,
  • du consumérisme,
  • du productivisme,
  • du financiarisme.

 

*

 

Plutôt que de victimiser et de culpabiliser, il faut se responsabiliser.

Si les femmes, les noirs, les homosexuels, les musulmans, etc … se sentent infériorisés par le monde qui les entoure, rien ne les empêche de cultiver leur propre esprit d'entreprise, leurs propres talents, leurs propres intelligences … et de prouver, par leurs créations et leurs entreprises, qu'ils ne méritent pas le soi-disant rejet dont ils se croient l'objet.

 

*

 

Il faut cesser d'opposer l'économie et l'écologie : il n'y a pas d'économie durable dans écologie et il n'y a pas d'écologie efficiente sans économie.

Il faut bloquer la récupération de l'écologie par les faction gauchistes, antilibérales et anticapitalistes.

L'écologie est une science, pas une idéologie.

 

*

 

La notion de résilience pointe vers la capacité des systèmes complexes de développer des immunologies, de s'adapter ou de résister aux contraintes, pressions ou agressions (tant internes qu'externes), de montrer ou de développer de la souplesse, de l'agilité, de l'astuce, de l'esquive ou de la ruse.

 

La résilience est une vertu des matériaux qui, très élastiquement, ploient sous la contrainte, mais reprennent leur forme originale dès que cette contrainte (interne et/ou externe) se relâche.

Evidemment, cette capacité de résilience diminue avec la rigidité des organisations mises en place : il y a une subtile dialectique entre ces deux pôles : trop d'ordre rend vulnérable mais trop de souplesse rend stérile.

 

Une métaphore militaire se propose.

La défense globale d'un territoire (cfr. ci-dessus) implique une stratégie, une organisation et une discipline globales ; il s'agit de guerre impliquant une armée professionnelle et aguerrie. En revanche, l'habileté en matière de résilience implique des opérations de guérilla ou de commando, très locale, très ciblée, très intense et très autonome.

On imagine mal un commando privé d'autonomie et devant demander ses ordres à tout bout de champ. Pour qu'une telle opération soit rapide et efficace, il faut que la finalité prime sur les modalités, que la mission prime sur la procédure.

Souplesse et rigidité sont mutuellement incompatibles.

 

Mais il faut aller plus loin : la capacité de résilience est plus qu'une technique de "combat", c'est un état d'esprit d'autant plus développable que l'autonomie et la responsabilisation locales sont valorisées et développées.

C'est pour ne l'avoir pas compris que les USA ont perdu leur guerre au Vietnam et en Afghanistan et que la France a perdu sa guerre d'Algérie.

Les cellules font corps (c'est le cas de le dire) et développent des immunités communes, certes, mais chacune combat, de façon autonome et interdépendante, les virus qui se présentent à elle. Car, contrairement à ce que l'on pourrait croire, autonomie et interdépendance ne fonctionnent jamais l'une sans l'autre.

 

*

 

Tout système évolue du fait des tensions entre six pôles-attracteurs. Cela induit l'idée que tout système doit développer sept vertus :

 

  • Son énergie noétique (identité) : sa Force.
  • Son énergie stratégique (vocation) : sa Volonté.
  • Son énergie politique (territoires) : sa Souveraineté.
  • Son énergie économique (ressources) : sa Puissance.
  • Son énergie idéologique (organisations) : son Pouvoir.
  • Son énergie éthique (résiliences) : son Autonomie.
  • Son énergie coordinatrice (métabolisme global) : son Harmonie.

 

*

* *

 

Le 06/03/2021

 

La culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié.

L'ignorance, c'est ce qui reste quand on n'a rien appris.

 

*

 

La bêtise est un manque d'intelligence.

L'ignorance est un manque de culture.

Lorsque les deux se conjuguent, on a les médias sociaux et tous les rétro-activismes.

 

*

 

Réécrire l'Histoire à des fins idéologiques est commun.

La désécrire à des fins de moralisation est abject.

L'Histoire n'a pas à être morale. Elle est.

Et, partout, en toute époque, elle a été à la fois étonnante et infecte.

Les "grands hommes" (ou ceux qui, à tort, se sont crus ou voulus tels comme De Gaulle ou Mitterrand) ont toujours été, à la fois, géniaux (dans un sens pas nécessairement positif) et mégalomanes (dans un sens toujours nécessairement psychotique) ; est-ce une raison pour noircir le tableau et déboulonner les statues.

 

*

 

Il faut le dire et le redire : l'esclavage des noirs est d'abord et avant tout une pratique noire africaine (encore aujourd'hui) dont les arabo-musulmans ont fait un fonds de commerce. La traite négrière des européens (et pas de tous les européens) n'en a été qu'une péripétie. Ce sont les européens qui ont aboli l'esclavage ; pas les africains, pas les arabo-musulmans. Il n'y a jamais eu d'eunuques en Europe !

Il faut le dire et le redire : l'esclavage était, pour ces noirs-là, une planche de salut car ceux qui n'étaient pas vendus, étaient exécutés … puis mangés.

Si leurs ancêtres n'avaient pas été esclaves, les noirs américains d'aujourd'hui n'existeraient tout simplement pas.

 

*

 

Dans les Amériques, les descendants d'esclaves noirs n'ont pas du tout la même attitude, par exemple, aux Etats-Unis (ressentiment, haine raciale, racialisme, etc …) et au Brésil (intégration, déracialisation, métissage, etc …). Pourquoi ? Tous s'enracinent pourtant dans la même traite négrière. Pourquoi ce clivage entre nord et sud ? Le nord  a ressassé et le sud a dépassé. Pourquoi ?

 

*

 

INRI : Igne Natura Renovatur Integra.

Formule alchimique : la Nature se renouvelle intégralement par le feu.

 

*

 

Pour Plotin, l'Un précède le Tout et il est le Noûs, l'Intelligence pure.

 

*

 

Douter de tout est possible … mais stérile.

Il faut au contraire croire, mais de Foi et non de croyances.

 

*

 

La connaissance se construit dans la dialectique entre l'image venant de la sensation imparfaite et le modèle venant de l'intuition imparfaite.

Cette construction est le fait de l'intelligence dont l'étroit chemin s'appelle "cohérence".

C'est au modèle à "coller" à l'image et non l'inverse ; c'est là l'immense différence entre le scientifique et l'idéologique (ou le religieux).

 

*

 

La religion n'a rien à voir avec Dieu. Le Religion est une représentation imaginaire humaine de Dieu dont Dieu se fiche éperdument.

Dieu est infiniment au-delà de toute image que l'on peut se faire de Lui.

Il est l'Un de Plotin (et de Lao-Tseu, de Spinoza ou d'Einstein) dont tout émane et où tout revient.

 

*

 

L'intuition est possible et peut devenir fiable tout simplement parce que l'esprit humain est une manifestations locale de l'Esprit divin ou cosmique. L'intuition authentique est une reliance et une résonance profondes entre un esprit humain et l'Esprit divin.

 

*

 

L'étonnement, face à la banalité, est le premier signe de l'esprit philosophique.

 

*

 

La "psychologie" n'est rien de plus que la théorisation prétentieuse des délires de ces charlatans ignares et néfastes que l'on appelle "psychologues" (ou pire : psychiatres ou psychanalystes).

Il est temps, face à tout ce fatras préscientifique et quasi-chamanique (si proche de la sorcellerie), de fonder la noologie elle-même basée sur trois principes :

 

  • L'esprit humain n'est que la manifestation locale de l'Esprit cosmique (Noûs) qui donc est universel et fonctionne sur un modèle unique.
  • L'esprit est un processus complexe construit sur quatre pôles : la Mémoire (la puissance accumulative), la Volonté (la puissance performative), la Sensibilité (le puissance intégrative) et l'Intelligence (la puissance ligative), le tout optimalement harmonisé par la Conscience (la puissance cohésive).
  • Tous les dysfonctionnements mentaux se réduisent à l'hypertrophie ou à l'atrophie d'un ou plusieurs de ces cinq pôles, et doivent être guéris en rétablissant le Conscience (faire prendre conscience de l'incohésion) de ces hypertrophies ou atrophies.

 

Tout le reste est bavardage stérile (et nocif) !

 

*

 

A ceux qui entraient dans l'enceinte d'Eleusis, on disait : "N'entrez pas dans le sanctuaires si vous n'êtes pas initiés et purifiés".

L'avertissement est toujours d'actualité, pour tous les sanctuaires, et surtout pour celui de la Connaissance.

 

*

 

Le Global et le Local.

Le Passé et le Futur.

Le Complexe et l'Homogène.

Telles sont les trois dimensions du Réel.

Le Global et le Local conduisent à l'idée de l'Unité.

Le Passé et le Futur conduisent à l'idée d'Intention.

Le Complexe et l'Homogène conduisent à l'idée de Simplicité.

Unité, Intention et Simplicité : tels sont les fondements du Réel.

 

*

* *

 

Le 07/03/2021

 

Whatever you do, do it well.

 

*

 

Comme l'architecte est le garant de la cohérence globale de l'ensemble du bâtiment qu'il construit, le Grand Architecte de l'Univers est le principe de cohérence intrinsèque et immanent du Réel.

Il n'est pire blasphème que de l'anthropomorphiser.

 

*

 

Les traductions bibliques prétendent que l'humain a été fait à l'image ; c'est faux. Le texte hébreu dit ceci (Gen.:1;26-27) :

 

"Et il dira : 'Puissances, nous ferons un humain dans notre image et comme notre ressemblance (…)'. Et il engendrera des Puissances avec l'humain dans son image, dans l'image des Puissances (…)."

 

Au cours du passage de la parole qui prédit à l'acte qui fait, l'idée de ressemblance a disparu. De plus, l'humain n'est pas fait "à l'image de" mais bien "dans l'image de" (le mot hébreu est TsLM qui signifie : "image, forme, figure").

L'humain est engendré à l'intérieur de la manifestation divine, à l'intérieur de l'expression divine

 

*

 

L'humain ne peut m'intéresser qu'en tant que manifestation particulière du Divin (comme tout le reste qui existe, d'ailleurs).

 

*

 

Il ne s'agit pas "d'imaginer le futur" ; laissons cela aux diseuses de bonne aventure. Il s'agit de bien voir et comprendre le champ des contraintes réelles qui ne laisse ouvert qu'un faisceau de possibles. Il ne s'agit pas d'imaginer, mais de constater. Ensuite, il s'agit d'étudier ces scénarii possibles sans "espérer" quoique ce soit, mais en évaluant leur probabilité d'occurrence, tout en gardant en tête le théorème du "cygne noir" (la survenance d'un événement peu probable aux conséquences considérables, autre dénomination de l'effet papillon).

 

*

 

Pour utiliser une métaphore, imaginons celle-ci : considérons un paradigme comme une plateforme de vie construite au croisement de trois ponts reliant, deux à deux, six îles flottantes (les six pôles encadrant tout processus complexe). Imaginons maintenant que de très puissants courants marins déstabilisent gravement les six îles flottantes ; on comprend alors que les trois ponts risquent de s'effondrer, et qu'ils vont s'effondrer entraînant avec eux la plateforme paradigmatique. Ces puissants courants reviennent régulièrement (tous les 550 ans en moyenne) parce qu'ainsi le veut la physique de l'océan qui, lui aussi, a ses cycles, ses saisons, ses rythmes météorologiques ou océanographiques …

 

*

 

Je trouve dommage de voir certains courants para-maçonniques actuels redescendre, spirituellement parlant, dans les absurdités occultistes (qui furent héritières du martinisme, de memphis-misraïm et autres fumisteries) à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle avec des René Guénon, Oswald Wirth, Papus (Gérard Encausse), Joséphin Péladan,  Alexandre Saint-Yves d'Alveydre, Stanislas de Guaita, etc ...

Toutes ces pitreries pseudo-spiritualistes sont stériles, ne débouchent sur rien et frisent le dérèglement mental (sacrément logorrhéique, par ailleurs). Elles se voulurent l'antithèse des stérilités positivistes, humanistes et laïcardes de la troisième république. Certes. Mais elles ne valent pas mieux.

Il est urgent de remettre les choses en place : la Franc-maçonnerie est une démarche spirituelle, traditionnelle et initiatique, fondée sur les "Anciens Devoirs" des 13ème et 14ème siècles, qui ne cherche nullement à transformer le monde (ni par idéologie laïco-humaniste, ni par théurgie magico-occultiste), mais qui cherche à construire la reliance et la résonance entre un esprit humain libéré de la profanité et le principe de cohérence du Réel appelé Grand Architecte de l'Univers.

Tout le reste est dérive.

Tout le reste est délire.

 

*

 

D'Albert Camus :

 

"Mon rôle n'est pas de transformer le monde ni l'homme. Je n'ai pas assez de lumières ni de vertus pour cela. Mais il est peut-être de servir, à ma place, les quelques valeurs sans lesquelles un monde ne vaudra pas la peine d'être vécu."

 

*

 

D'un membre du Grand Orient de France :

 

"(…) après dix ans de maçonnerie, j’ai de plus en plus de difficultés à discerner une "vision" maçonnique et ce confinement n’a fait que nourrir ce doute déjà bien présent. Il est un fait que je suis "né" au GODF et que sa perspective essentiellement sociétale, qui me convenait au début en tant qu'athée rationaliste curieux de science, m’insupporte de plus en plus de par son étroitesse d’esprit et son dogmatisme antidogmatique !"

 

Le Grand Orient de France (et les 220 autres "obédiences françaises, toutes plus ou moins farfelues) n'a strictement rien à voir avec la Franc-maçonnerie qui est et doit rester régulière et universelle.

 

*

* *

 

Le 08/03/2021

 

De Michel Crozier (in : "La crise de l'intelligence") :

 

"Tocqueville a déjà démontré que cette administration omniprésente, qui s'occupe de tout et qui sait toujours mieux que les citoyens ce qui leur convient, étouffe leur initiative, diminue leur intérêt pour le bien public et engendre constamment par son agitation brouillonne les problèmes qu'elle devra finalement résoudre. Elle gaspille des ressources humaines considérables et elle est de moins en moins bien adaptée à la réalité de notre monde. Ne pouvant tout contrôler, elle s'acharne à développer (des) règlements, ajoutant la méfiance au contrôle."

 

*

 

Le coût caché des Fake News

et du complotisme...

Anonyme :

 

"La désinformation, tout le monde le sait, provoque des ravages sur la démocratie, la santé, la science et l'équilibre de nos sociétés, il a aussi de lourdes conséquences sur l'économie.  (…) Nous prenons conscience du caractère prédateur du modèle économique des GAFA et de la nécessité de réglementer les réseaux. Plus facile à dire qu'à faire..."

 

Ah ! On y vient !

 

*

 

Au contraire de l'imbécile antienne sur l'égalitarisme, nous avons besoin de plus d'élites, nous devons fabriquer des virtuoses dans toutes nos branches d'activités et créer sans cesse de nouvelles branches d'activité pour qui écloses de plus en plus de virtuoses.

Tant que la France n'aura pas compris la parfaite synonymie entre "élite" et "virtuose", elle continuera de s'enliser dans sa logique de médiocrité généralisée.

L'école doit, d'urgence, redevenir le moteur de la virtuosité, de l'excellence et de l'élitarité ; ce sont les Friedrich Nietzsche et des Albert Einstein que l'école doit produire, pas des François Hollande ou des François Mélenchon.

 

*

 

Contre les bêtises de Boris Cyrulnik (le dernier communiste en France avec le maoïste Badiou, le marxiste Piketty et le pitre Mélenchon) qui prétend que la vie sociale humaine (le lien social) est indispensable au bon fonctionnement du cerveau, donc de l'esprit …

 

  1. Le siège de l'esprit n'est pas le cerveau quoiqu'en dise le néo-matérialisme neuroscientiste ; il n'en est que la plateforme logistique.
  2. La privation sensorielle et affective engendre rapidement une dégénérescence encéphalique.
  3. Mais la solitude et l'asocialité n'impliquent aucune carence sensorielle et affective ; au contraire, il y a beaucoup plus de stimuli riches et féconds dans la nature que dans la promiscuité urbaine.

 

*

 

Selon le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) sur la période 2008 à 2017 :

 

"Les grandes entreprises, qui emploient plus de 5 000 personnes et/ou réalisent plus de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel, ont supprimé 246 300 emplois; les microentreprises en ont créé 126 700 ; les PME, 80 000; et les ETI, 68 700."

 

Qu'y a-t-il là d'étonnant ? Les dinosaures du 20ème siècle sont toujours dans la logique d'un productivisme de masse de plus en plus soutenu par la robotisation et l'algorithmisation des tâches peu exigeantes en termes de talents et de virtuosités.

Ce n'est plus là que se développe l'économie réelle … c'est une évidence !

 

*

* *

 

Le 09/03/2021

 

De Cory Clark :

 

La victime se définit de manière négative. Être une victime, c'est lorsqu'un tiers vous a blessé, dégradé ou a cherché à vous faire souffrir. Face aux tourments de leurs congénères, l'évolution a cependant doté les humains d'une aptitude à l'empathie qui les pousse à leur venir en aide afin d'éliminer ou de compenser leurs souffrances. Dès lors, afficher sa peine peut être une stratégie efficace pour qui veut obtenir des ressources. Les victimes sont susceptibles de recevoir de l'attention, de la sympathie et un statut social, mais aussi du soutien financier, entre autres avantages. Et le fait d'être une victime peut aussi vous doter de certains pouvoirs : la justification d'une exigence de châtiment, un sentiment de légitimité ou une bonne position psychologique pour s'exprimer sur certains sujets. Il est même possible d'en retirer une impunité morale qui permettra aux victimes de commettre des méfaits sans qu'on leur en tienne trop grief. (…) L'affichage victimaire est associé à de nombreux traits de personnalité moralement indésirables – le narcissisme, le machiavélisme (caractérisant la volonté de manipuler et d'exploiter autrui à son propre avantage), le sentiment que tout vous est dû, ainsi qu'une honnêteté et une humilité moindres. (…) La victimation, ou le fait de se voir durablement comme une victime, a tout d'un trait de personnalité stable qui se caractérise par le besoin d'être reconnu et plaint comme une victime, un sentiment de supériorité morale et un manque d'empathie pour la souffrance d'autrui. Ce trait de personnalité s'avère relativement stable dans le temps et les contextes relationnels, et est associé à des dommages perçus comme plus graves, à une propension à la rancune, aux envies de vengeance, à l'idée qu'on serait en droit de se comporter de manière immorale, à la rumination, à la méfiance, au névrosisme et à l'attribution de caractéristiques négatives à des tiers.".

 

Se poser en victime est une des quatre stratégie pour obtenir ce que l'on désire.

Ces quatre stratégies sont la pitié (faire la victime, donc), la menace, la culpabilisation et le mystère ("je ne peux pas t'en dire plus, mais …").

Ces quatre stratégies recoupent assez bien l'attitude des "trois enfants" de l'analyse transactionnelle (enfant soumis - pitié et culpabilisation -, enfant rebelle – menace - et enfant créatif - mystère).

Rien de plus facile que de ruiner ces stratégies : dire que l'on n'est pas dupe de la mise en scène et que l'on ne transige que d'adulte à adulte sur des faits avérés.

 

*

 

De François-Guillaume Lorrain :

 

"Les névroses identitaires minent notre époque. L'individualisme raisonné que l'on croyait vainqueur a été supplanté par un communautarisme galopant, paranoïaque et en quête de coupables."

 

*

 

Le plus grand ennemi de l'avenir, c'est la spéculation car elle hypothèque le présent sur des fantasmes de toutes natures : idéologiques, technologiques, financiers, etc …

 

*

 

Il faut interdire de parier sur le futur ; il faut proposer d'investir dans le présent.

 

*

 

L'irréalisme des statistiques pandémiques …

Sur 10.000 personnes, test ou pas, 10 sont réellement infectées (c'était en gros la situation il y a quelques mois : 1 sur 1000 donc 0.1%).

Si une personne est infectée, le test la détecte avec 100% de certitude (en fait c'est moins, mais passons).

Si une personne n'est pas infectée, il y a 5% de chance pour que cette personne soit déclarée infectée alors qu'elle ne l'est pas (donc dans 95% des cas, le test fonctionnera bien et déclarera la personne non infectée).

Donc, si l'on teste 10.000 personnes, les 10 personnes infectées seront détectées ET 5% des 9.990 personnes non infectées seront déclarées infectées, soit 499,5 personnes.

Le test déclarera donc que sur les 10.000 personnes testées, 504,5 personnes sont infectées alors qu'il n'y en a réellement que 10.

Donc 10 sur 504,5, cela fait une fiabilité de 1,98% (arrondi à 2%).

Sur les 10 personnes réellement infectées (et non 504,5), la majorité ne développera pas la maladie (étant simplement en bonne santé et capables de s'auto-immuniser) et, parmi ceux qui la développeront, bien peu atteindront des stades graves demandant hospitalisations … et encore moins devront entrer en soins intensifs ou réanimation, … et encore beaucoup moins en mourront.

De plus, il faut ajouter le nombre incroyable des décès répertoriés comme "décès dus au covid-19" mais qui, en fait, n'ont rien à voir avec le virus … Car, mourir "du" covid-19 et mourir "avec" le covid-19, ce n'est pas la même chose. Or, beaucoup de médecins, d'hôpitaux et d'Ehpads ont intérêt (financier) à déclarer leurs morts "covid-19" …

 

*

 

De Maurice Zundel :

 

"Le vrai problème n'est pas de savoir si nous serons vivants après la mort,

mais si nous serons vivants avant la mort."

 

Il y a tellement peu d'humains vivants parmi ceux qui existent et survivent temporairement sur terre.

 

*

 

Les cinq piliers de la société de consommation : la publicité (pour susciter les envies), le design (pour répondre aux envies), le marketing (pour connaître les envies), le jetable (pour renouveler les envies) et le crédit (pour financer les envies).

 

Le mot "envie" y est crucial, central : avoir une envie, c'est accepter de croire que l'on a un besoin pour connaître un plaisir.

Toute la société de consommation est construite sur un hédonisme artificiel.

 

*

 

Le travail de groupe ? Huit parasites qui phagocytent le travail de deux bosseurs.

L'intelligence collective ? Huit déconneurs qui s'amusent avec deux penseurs.

 

*

 

Ne pas confondre : "Il était une fois", et : "Il était une foi".

 

*

* *

 

Le 10/03/2021

 

L'avenir ne se rêve pas (il faut bannir le rêve !) ; il se construit selon les lois du Réel. Le rêve induit l'utopie et, ensuite, l'idéologie qui, si l'on y croit trop, finissent dans des bains de sang.

 

Surtout ne pas rêver ! Construire ce que l'on peut avec ce que l'on a.

Le rêve, lui, n'est que fantasme et caprice, ainsi que tous les idéaux.

Bannir aussi tous les idéaux, tous les idéalismes et toutes les idéologies.

Le Réel ! Rien que le Réel !

 

Et tant pis pour tous ceux qui sont trop faibles, trop aveugles, trop rêveurs, trop ignares, trop idiots pour assumer le Réel. Car seul le Réel est.

L'irréalité, c'est la mort.

Le Réel, c'est la Vie, et la Matière, et l'Esprit … et la grande logicité de cohérence qui les anime, qui en est l'Âme, le Logos.

 

Au cœur du Réel, il y a un unique Grand Architecte de l'Univers (qui est un principe de cohérence immanent et non un dieu personnel extérieur) dont nous, les humains, devons devenir des œuvriers sur un chantier nommé Terre.

 

Car le Réel est un immense chantier ; il est en construction et obéit à la grande règle "ordo ab chao" : du tas informe des matériaux jaillit l'édifice.

Aux causalisme, finalisme, déterminisme et hasardisme, il faut substituer un constructivisme intégral : le Réel se construit avec la Matière pour matériau, avec la Vie pour maître de chantier et avec l'Esprit pour architecte.

Il n'y a pas d'autre Trinité que celle-là : Matière, Vie et Esprit. Trinité cosmique, intrinsèque, immanente.

 

Il faut se méfier des rêveurs. Ils haïssent le Réel et fantasment sur un autre monde, sur un monde au-delà, sur un monde autre, sur un monde ailleurs ; et ils sont prêts à tout détruire afin que leur rêve miraculeusement sorte des ruines qu'ils laissent derrière eux … mais jamais rien ne sort d'un champ de ruines hors les ronces et les orties.

Et, de plus, il n'y a jamais de miracle ! Les miracles sont des rêves d'entorse au Réel et à sa logicité intrinsèque.

 

Les rêveurs fomentent la haine de ce qui est réel et de ceux qui font ce qu'il y a à faire. Un rêveur est au service de ses rêves, de ses fantasmes. Alors que la mission de l'humain doit être de se mettre au service du chantier du Réel, au service du Grand Architecte de l'Univers.

La règle n'est pas : "Connais-toi toi-même", mais bien : "Oublie-toi toi-même".

 

Le Salut de l'humain n'est pas dans l'Eternité, mais dans l'Intemporalité, ici et maintenant.

L'immortalité de soi est un rêve immoral, une négation de la Vie qui est au-delà des naissances et des morts.

 

*

 

A la question posée par "Le Point" : "Faut-il supprimer les réseaux sociaux", 78,2% répondent (comme moi) : OUI !

Enfin un espoir de lucidité …

 

*

 

La question plurielle de mon complice Olivier F. :

 

La fin de cette fumisterie de pandémie est imminente. La réalité économique rattrape nos décideurs politiques !

Quels signaux faibles voyez-vous poindre pour les mois qui viennent tant sur un plan social qu’économique ?

Comment les français / européens vont-ils survivre à une Faillite des Etats surendettés, une Hyperinflation qui massacre les épargnants, un Chômage à 25%, un Krach immobilier majeur, un Prélèvement autoritaire sur vos comptes bancaires ou une Ruine des assurances-vie ?.... tels qu’on peut lire les hypothèses de différents scénarios ici ou là ...

Bref, comment voyez-vous ce grand "tri" économique et social sur le court et moyen terme ?

 

Ne confondons pas prospective avec prophétie ou divination …

Il me paraît de plus en plus clair que cette pandémie, toute artificielle soit-elle à 80%, sera un déclencheur de deux phénomènes opposés :

 

  • le renforcement de la chappe de plomb, par les institutions de pouvoir, pour maintenir, avec acharnement thérapeutique, l'ancien paradigme sous perfusion malgré qu'il soit en état de quasi catalepsie ; la déficience des régulations et l'émergence des purulences internes (les rétro-activismes islamo-gauchistes, homo-genristes, socialo-populistes, racialo-indigénistes, esclavo-décolonialistes, etc …) ;
  • l'accélération de l'émergence du nouveau paradigme (effondrement de l'aéronautique, du tourisme lointain, de l'économie de masse et de prix, des mastodontes dinosauriens, de l'anthropocentrisme, du financiarisme, etc … et accélération des robotisations et algorithmisations, des économies de proximité, des dévalorisations monétaires, de la sortie du salariat, de la désurbanisation, des écologies intelligentes, de la déconsommation, de la hausse du prix des ressources de base, etc …).

 

Nous vivons l'épicentre du basculement chaotique entre la courbe rouge et la courbe verte … Comment cela se passera-t-il ? C'est du court terme donc cela échappe totalement à la science prospective. Mais on verra tout à fait clair en 2028. "Il est trop tard pour être pessimiste !", comme disait mon ami Matthieu Ricard.

 

*

 

Le covid-19 est une légende urbaine.

Il n'infecte que ceux qui croient en lui.

 

*

 

Ce que femme dit, Dieu le dit !

 

*

 

Les réseaux sociaux espéraient, à leur naissance californienne, "libérer"  la parole, mais ils ont réussi à devenir les plus gros dépotoirs psychotiques de l'histoire de l'humanité et la plus dramatique machination pour colporter et amplifier toutes les désinformations, toutes les manipulations et tous les complotismes.

 

*

 

Chez Proclus, les différentes "étages" métaphysiques sont, successivement, l'Un, puis l'Être (Essence, Puissance et Acte), puis la Vie, puis l'Intelligence … et ensuite, toutes les émanations (les "corps").

Adolphe Berger écrit (1840) :

 

"L'Un-Être n'est pas Dieu, il est le divin ;

il n'est pas le Premier, il est le développement du Premier."

 

L'Un-Être est le pont entre l'Un et l'Être qui contient le Tout.

 

*

 

La Bonté est Unification.

Est bon ce qui unit. Est mauvais ce qui sépare.

 

*

 

Je connais l'amour au sein d'un couple fusionnel.

Mais je ne sais pas ce qu'Amour signifie fors ceci : l'absolu contraire de la Haine.

 

Cela me rappelle un joli précepte maçonnique ancien :

 

"Estime les bons, plains les faibles, fuis les méchants mais ne hais personne."

 

Je n'aime pas les humains, mais je ne hais personne.

 

*

 

L'Un est la source ultime et unique dont émane tout ce qui existe.

 

*

 

Beaucoup de jeunes, aujourd'hui, sont allergiques à tout jugement. En conséquence, ils jugent très sévèrement ceux qui osent évaluer les êtres et les choses.

D'où vient cette peur panique d'être juger ? Sans doute du sentiment diffus et inconscient d'être en défaut …

Lorsqu'on n'a rien à se reprocher, on n'a jamais peur du regard des autres.

 

*

* *

 

Le 11/03/2021

 

Faire ce que l'on peut avec ce que l'on a et non pas vouloir faire ce que l'on veut avec ce que l'on croit que l'on pourrait avoir.

C'est sans doute cela le pragmatisme indispensable à tout constructivisme réaliste.

 

*

 

La culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié.

L'ordure, c'est ce qui reste quand on a tout salopé.

 

*

 

De Michel Crozier (en parlant des "élites françaises") :

 

"La recherche de la solution domine la construction du problème."

 

On en vient à valoriser une "bonne" solution à des "faux" problèmes.

L'idéologie pose le problème (forcément faux) pour la solution duquel chacun tente de briller d'intelligence et d'arrogance.

Mais le problème de fond n'est pas de trouver de bonnes solutions ce qui est toujours possible ; le vrai problème de fond est de poser les bonnes questions qui se posent ou se poseront (un peu d'anticipation est utile) réellement, hors de toute idéologie.

Les "élites françaises" sont d'abord des machines idéologiques, aveugles aux réalités.

 

*

 

Par les temps qui courent, pour être considéré comme impartial, il faut prouver qu'on est incompétent !

 

*

 

Il n'y a pas eu de catastrophe nucléaire à Fukushima. Zéro mort et zéro cancer. La centrale, au contraire, a remarquablement bien résisté. Les morts, c'est le tsunami même, l'abandon des gens, l'effondrement de bâtiments et l'évacuation absurdement gérée par les autorités politiques. Il faut cesser de désinformer pour faire plaisir aux écolo-gauchistes anti-nucléaires. Le seul accident nucléaire au monde, c'est Tchernobyl qui était une centrale négligée, sans sécurité d'enceintes, et où les morts se comptèrent surtout parmi les kamikazes que le pouvoir envoya au casse-pipe pour colmater.

 

*

 

De Klaus Kinzler (prof. de Sc. Po à Grenoble, harcelé pour "islamophobie") :

 

"Qui peut savoir ce qui se passe dans les têtes de ces écervelés ? (…) Pour moi, la notion d'islamophobie n'est pas établie scientifiquement et ne peut être placée sur le même plan que le racisme ou l'antisémitisme. Vous pouvez penser autre chose, mais certainement pas m'empêcher de le penser. Tous les mois, de nouveaux articles sont publiés qui proposent une nouvelle définition du terme. Certains y voient la peur de l'islam, d'autres la discrimination des musulmans. Ce concept est nuisible parce qu'ambigu, et il faudrait un débat sur son bien-fondé."

 

Islamophobie ou pas, il faut condamner radicalement et sans réserve l'islamisme politique sous toutes ses formes (le salafisme, le wahhabisme, le djihadisme et, surtout, les Frères musulmans qui alimentent tous les autres).

Les croyances et pratiques religieuses, quelles qu'elles soient, relèvent exclusivement de la vie privée et ne peuvent, en aucun cas, déborder sur la vie des autres, que cette vie soit privée ou publique.

 

*

 

Le téléocentrisme est une philosophie de vie qui oriente toutes les actions, toutes les pensées, toutes les activités vers ce qui a du sens, cers ce qui a une utilité réelle et une efficience réelle au service du projet de vie que l'on s'est fixé.

Il s'agit, en somme, de concentrer son énergie physique et mentale sur ce qui donne sens et valeur à ce que l'on est, à ce que l'on vit, à ce que l'on devient, et ce, de manière cohérente et efficace.

Au diable donc toutes les distractions (ce qui tire à côté, étymologiquement), tous les amusements, toutes les frivolités, toutes les futilités. Le vie est trop courte et le temps trop précieux pour le gaspiller à faire autre chose que ce que l'on s'est assigné comme mission de vie.

Et au-delà de la vie individuelle, le téléocentrisme rejoint le principe de la "raison suffisante" de Leibniz : tout ce qui existe a une "bonne raison d'exister" ; rien n'existe en vain. Comprendre la Vie et sa propre vie, ce n'est pas comprendre le "comment" des choses, mais bien le "pour quoi" (en deux mots) des choses. Quelle est l'intention (la tension intérieure, l'in-tension) profonde qui se cache en tout ? Le téléocentrisme est, en quelque sorte, la mise en pratique d'un intentionnalisme au quotidien : ne rien faire qui n'obéisse à une intention réelle et positive.

En tout, chercher à connaître les intentions plus que les trajectoires.

 

*

 

Le cosmocentrisme exprime simplement que l'humanité est un pur produit de l'évolution cosmique. Donc un pur produit de la biosphère terrestre. Et qu'à ces titres, elle est soumise, comme tout ce qui existe aux lois cosmiques qui régissent la totalité de tous les phénomènes.

Derrière cette première définition, surgit l'impérieuse nécessité, pour les humains, de se réancrer solidement dans la réalité cosmique, dans le flux cosmique. Dans le Réel cosmique, tout ce qui existe, possède une "bonne raison" d'exister et doit la chercher, la trouver et l'assumer pleinement.

Se réancrer dans le flux cosmique implique une forme de spiritualité (que l'on retrouve dans la taoïsme, dans le shivaïsme, dans le zen ou dans certaines formes de bouddhisme). Pour reprendre la jolie expression de mon ami Hubert Reeves, il faut prendre conscience que chacun des atomes qui nous composent, est une poussière d'étoile.

Plus concrètement, il s'agit de vivre sur Terre non pas face à - ou contre – la Nature, mais en elle car c'est en elle que tout plonge ses racines, même les humains qui l'ont oublié.

 

*

 

L'éthique est la réponse de fond à toutes les agressions que l'on subit du simple fait d'exister, du simple fait que l'on vit dans un milieu qui voit, en chacun de nous, une ressource, une menace, un obstacle, etc … Face à ces agressions diverses, plus ou moins violentes, plus ou moins dangereuses, chacun doit développer une immunité, c'est-à-dire une résilience efficace.

L'éthique est une telle réponse qui dépasse, et de loin, les anciennes notions de morale ou de législation car la morale est l'ensemble des préceptes conventionnels qui règlent, traditionnellement les mœurs (mores, en latin) alors que la législation est l'ensemble des lois artificielles, qui sont censées protéger la vie publique et le bien commun.

L'éthique est autre chose : elle est l'ensemble des règles de vie que chacun se donne, afin de conformer son comportement (éthos, en grec) avec tout ce qui l'entoure, humain ou non humain.

L'éthique de demain sera une éthique de la non-agression ; elle a pour fondement la volonté impérieuse de prévenir toute forme de violence par la condamnation ferme du principe même d'agression et d'agressivité.

 

*

 

La noosphère est un continent nouveau, au-dessus de la biosphère, où se placent les interconnexions entre tous les esprits humains au moyen des réseaux numériques, mais pas seulement, car il existe des interconnexions directes entre des intelligences humaines par d'autres média que la Toile.

La noosphère, en quelque sorte, s'émancipe de la lithosphère, c'est-à-dire des territoires géographiques et matériels. La révolution numérique (précédée par les révolutions télégraphique, téléphonique, etc …) abolit les distances physiques et amplifie exponentiellement l'interconnexion des esprits indépendamment de leur position géographique.

Cela signifie que la notion de "territoire" se dématérialise et que les "lieux" de vie ne sont plus seulement matériels et physiques.

Il est dès-à-présent possible d'établir de solides et durables relations de connivence, de complicité, d'amitié, de collaboration, etc … avec des humains que l'on ne verra jamais, que l'on ne rencontrera jamais, que l'on ne touchera jamais physiquement.

Mais cela n'empêche, ni n'interdit, ni ne dévalorise nullement la joie de la rencontre physique. L'un n'exclut pas l'autre. Au contraire, la noosphère, en se superposant à la lithosphère, amplifie exponentiellement les possibilités de rencontre … pour ceux qui le désirent.

 

*

 

La biocentrisme, face à l'immense crise écologique que nous vivons et aux désastreuses conséquences sur la Nature (dont la survie humaine dépend radicalement) de l'hyperactivité et l'hyper-démographie humaines, affirme que l'humain n'est ni le centre, ni le sommet, ni le but de l'évolution. Ce n'est pas la Nature qui est au service de l'humain, mais l'humain qui doit revenir au service de la Nature, c'est-à-dire de la Vie.

L'humain, parce qu'il est un être pensant (du moins pour la minorité qui non seulement ont un esprit, mais maîtrise aussi son mode d'emploi), doit absolument prendre la responsabilité du respect, de la promotion, de la facilitation et de la sacralisation de la Vie, sous toutes ses formes, dans toutes ses espèces.

C'est cela le biocentrisme, loin des écologismes idéologiques : prendre la Vie au service et mettre l'intelligence humaine à son service. Il ne s'agit pas là d'une divagation romanesque ou utopique ; il s'agit d'une simple prise de conscience simple et profonde : la survie de l'humanité dépend de la bonne santé de la Vie, et non le contraire.

L'humanité doit se mettre au service de la Vie.

 

*

 

Le réseau doit remplacer, dans un monde de plus en plus complexe, interconnecté, interagissant, le vieux modèle de la pyramide hiérarchique. Cette pyramide est un modèle monopolaire (une seule pointe au-dessus de tout le reste) c'est-à-dire incapable mathématiquement (cfr. le théorème de David Ruelle) de complexification, c'est-à-dire d'enrichissement, de résilience, de souplesse, d'agilité, etc … Elle ne peut être que lente et lourde, bureaucratique et inefficiente, normative et procédurale dans un monde de plus en plus vivace qui demande de la réactivité précise, efficace et créative.

Un réseau est tripolaire puisqu'il procède de trois instances de gouvernance : le pouvoir pour décider et trancher, le savoir pour connaître et affirmer, et le vouloir pour entraîner et coaliser.

Les deux mamelles d'un réseau sont l'autonomie et l'interdépendance. L'autonomie rend chaque entité du réseau libre et responsable de sa contribution au projet collectif. L'interdépendance rend chaque entité du réseau solidaire et complice de la contribution des autres entités au même projet collectif.

 

*

 

Celui qui gouverne, a charge de l'avenir, pas du passé. Le passé fut ce qu'il fut. Ce n'est pas son problème.

 

*

 

Je ne sais pas qui je suis, mais je découvre ce que je deviens.

 

*

* *

 

Le 12/03/2021

 

De Saïd Mahrane :

 

"À l'heure où les idéologies deviennent folles, où Pépé le putois est en passe d'être retiré des dessins animés au motif qu'il se comporte comme un harceleur, où des professeurs de Grenoble peinent à enseigner la liberté d'expression et la laïcité – ce qui revient, pour un Français, à apprendre à respirer – et où les poèmes rédigés par des Noirs ne peuvent être traduits par des Blancs, les indignations se multiplient, se répètent et elles-mêmes finissent par lasser."

 

*

 

De Jean-François Revel :

 

"La différence entre l'éducation totalitaire et l'éducation libérale consiste en une distinction des plus simples : la première prescrit ce qu'il faut penser, la seconde enseigne comment penser. (…) Je me dispenserais de ce truisme si les responsables de l'enseignement ne cédaient pas périodiquement à la tentation de le transformer en instrument de propagande et d'endoctrinement. Pour le journalisme, c'est là un penchant connu et dont les lecteurs se méfient. À l'égard des falsifications de l'enseignement, la méfiance protège hélas ! moins les jeunes. Leur ignorance les rend vulnérables, ce dont peuvent abuser des professeurs pétris d'idéologie et enflés de leur autorité. Ce qu'ils firent, et furent, en Europe occidentale après 1968, considérant que leur mission devenait de convertir toute la jeunesse au socialisme. À la fin des années quatre-vingt, aux États-Unis, sévit dans les écoles et dans les universités un nouveau genre de terrorisme moral et intellectuel, le déjà mentionné 'politiquement correct' ; en abrégé le 'PC'. Un sigle qui, décidément, n'a pas eu de chance au vingtième siècle. En 1988, le cours d'initiation à Stanford élimine donc Platon, Aristote, Cicéron, Dante, Montaigne, Cervantès, Kant, Dickens ou Tolstoï, pour les remplacer par une culture plus afrocentrique et plus féminine"

 

C'était en 1997. Ce "politiquement correct" inventé par la gauche américaine et reprise en chœur par les socialo-gauchismes européens, était une calamité qui devient un totalitarisme délirant avec tous les rétro-activismes (les "woke" américains) qui sévissent actuellement, et leurs cortèges de censures, d'intimidations, de menaces et de violences (jusqu'au meurtre).

Ce prurit de pureté égalitariste est une maladie mentale grave !

Il faut combattre cette notion d'égalité. L'égalité, cela n'existe pas, nulle part. Rien n'est jamais l'égal de rien.

Le problème n'est pas l'égalité ; le problème est le respect des différences et la recherche des complémentarités !

Il faut éradiquer tous les égalitarismes (indifférentisme du "rien ne vaut" et indifférencialisme du "tout se vaut") et pratiquer, assidument, le différencialisme, à tous les niveaux du discours.

 

*

 

Le paradigme de la Modernité qui commence à la Renaissance et qui finit sous nos yeux, était, selon le mot d'Auguste Comte, la "religion du Progrès".

Progrès tellement saisissant qu'il a conduit à Verdun, à Kolyma, à Auschwitz, à Hiroshima et à Bhopal …

Progrès tellement ahurissant qu'il a saigné la Terre à blanc et dérégulé ou détruit tous les écosystèmes …

Progrès tellement fantastique, qu'il a conduit à vivre de plus en plus vieux, pour mourir de plus en plus seul et abandonné, à la merci de la première pandémie qui passe …

Mais ne crachons pas dans la soupe. Le religion du progrès a fait son travail du mieux qu'elle a pu. Mais c'est fini, maintenant : on est arrivé au bout de cette aventure-là qui se termine dans une impasse.

 

Il est urgent de passer à autre chose : de la Modernité à la Noéticité.

Ce néologisme dérive du mot grec Noos qui signifie "esprit, intelligence, entendement, intention, sens, …".

De cette même racine grecque dérive les mots "noologie" (l'étude scientifique de l'esprit, tout à l'opposé, à la fois, de la psychologie et du neuroscientisme), "noétique" (la philosophie et les techniques propres à l'intelligence) et noosphère" (la "couche" de la pensée, issue de l'ensemble des processeurs intelligents interconnectés, qui entoure la biosphère terrestre).

En ces sens et sur ces bases, le paradigme de la Noéticité est ce paradigme émergent qui se fonde sur l'Esprit et les intelligences.

L'Esprit (ici avec majuscule) est un concept fort, comme on parle de la Matière ou de la Vie (aussi avec majuscules) comme des essences fondamentales qui "portent" tout ce qui existe.

Chaque vivant qui vit est une manifestation de la Vie.

Chaque intelligence qui pense est une manifestation de l'Esprit.

 

La Noéticité est le paradigme de l'Esprit comme substrat et/ou comme résultante de tous les esprits singuliers qui portent mémoire, volonté, sensibilité, intelligence et conscience (ce sont les cinq fonctions et facultés de tout esprit – cfr. mes livres : "Les autres dimensions de l'Esprit" chez Oxus et "Les autres pouvoirs de l'Esprit" chez Massaro).

L'Hellénité s'était construite sur l'idée de Sagesse. La Romanité sur celle d'Ordre. La Christianité sur celle de Foi. La Féodalité sur celle de Salut. Et la Modernité sur celle de Progrès. C'est au tour de l'Esprit de fonder le nouveau paradigme qui émerge.

Comme ce fut la mission de l'algue bleue de faire sortir la Vie de la minéralité, c'est la mission de l'humain de faire sortir l'Esprit de la vitalité.

C'est cela la Noéticité.

 

Et, en conséquence, le paradigme de la Noéticité - de l'Esprit -va explorer et construire les univers immatériels, et découvrir ou inventer leurs fondements, leur économie, leurs règles, leurs techniques, leurs technologies, leurs limites, …

 

Pourquoi ce choix de l'Esprit comme fondement du nouveau paradigme émergeant ? Tout simplement parce que la grande révolution ambiante est celle de la dématérialisation et de la numérisation de pans entiers de l'univers humain. L'émergence de l'immatérialité (et de ce que l'on appelle, improprement, le virtuel ou la virtualité) est déjà en cours. C'est elle qui transforme déjà radicalement tous les modes de vie des humains que nous sommes.

Cette grande mutation avait déjà été prédite ; je pense bien sûr au Surhumain de Nietzsche ou à la Noosphère de Teilhard de Chardin (après Vernadski, inventeur du concept de biosphère et prophète du dérèglement climatique … dès 1920).

On le verra dans les tableaux et chapitres qui suivent : la Noéticité est au cœur de tous les grands chambardements que nous vivons déjà et que nous vivront plus intensément encore dans les décennies qui viennent.

 

La Noéticité montante aura un impact colossal sur le déplacement des six "pieds" d'où partiront les trois "arches" de régulation de cette plateforme de vie que sera le nouveau paradigme :

 

  • dématérialisation des Identités et des mémoires retraçant les linéaments historiques et culturels (Généalogie),
  • dématérialisation des Vocations et aspirations profondes qui s'éloigneront des actuels enlisements dans le pur matériel et financier (Téléologie),
  • dématérialisation des Territoires hors de leur contexte géographique (Topologie),
  • dématérialisation des Ressources stratégiques qui s'appuieront plus sur les intelligences et les talents que sur le pétrole ou le cuivre (Ecologie),
  • dématérialisation des Organisations, des modalités relationnelles et des activités économiques où les réseaux et les télé-activités auront la part belle (Axiologie),

dématérialisation des Résiliences au travers du développement des interdépendances souples et d'une éthique de la non-agression (Immunologie).

 

*

* *

 

Le 13/03/2021

 

Ce qui caractérise le plus le 20ème siècle, c'est la dominance de l'idéalité, c'est le poids et la diversité des idéologies. Le 20ème siècle a été un siècle idéologue. Au nom de "l'idéal" (toujours imaginaire, toujours irréel, toujours "hors sol"), le 20ème siècle a martyrisé le Réel sous toutes les coutures. Ce siècle d'orgueil démesuré a voulu s'affranchir du Réel pour imposer toutes ses rêveries par la violence.

Chaque camp y est allé de son utopie et de son idéalisation de l'humain, de la société, de la politique, de la justice, de l'égalité, du travail, du mérite, du pouvoir, de la morale, de l'économie, de l'écologie, … bref de tous les sujets qui concernent l'existence humaine.

Mais cette idéologisation forcenée de l'existence a naturellement conduit à l'hypertrophie de l'idéel et à l'occultation du réel.

Le 20ème siècle a tout idéologisé au prix d'un total déni de réalité. On y a magnifié tous les idéaux et tous les idéalismes : l'homme idéal, la société idéale, la morale idéale, jusqu'au couple idéal et à la maison idéale …

Chacun y est allé de sa propre idéalisation dans un mouvement égotique hallucinant débouchant, évidemment, sur une généralisation du nombrilisme et du narcissisme : "l'idéal, c'est moi !".

Nous en sommes là : chacun se considère comme un dieu sacré, au dessus de tout jugement, de toute critique, de toute comparaison (c'est là la racine profonde de l'actuel rétro-activisme woke, écolo-gauchiste, black-bloquiste, hyperféministe, gilet-jauniste, végan, racialo-indigéniste, homo-genriste, esclavo-décolonialistes, etc …).

Le nombril est devenu le centre du monde. Chacun n'est plus qu'au service de lui-même ; chacun est devenu son propre dieu, son propre sacré, sa propre raison d'exister. Tout le reste est désacralisé, tout le reste est déspiritualisé : c'est cela le nihilisme, c'est cela la philosophie du "dernier homme" qui clôt le prologue du "Ainsi parla Zarathoustra" de Friedrich Nietzsche.

 

*

 

Le spectacle et le divertissement ne sont pas la culture. La culture est très précisément le contraire du spectacle et du divertissement. Il faut cesser de galvauder les mots. Ceux que certains appellent des "artistes", ne sont que des saltimbanques sans intérêt qui vivent au crochet de la société.

 

*

 

Sur Hitler …

Fils d'un père (Aloïs) né hors mariage, très autoritaire et antisémite (comme la plupart des Autrichiens de l'époque) ayant eu huit enfants avec trois femmes différentes … et se prenant pour un "génie" autodidacte, méprisant pour toutes les éducations et formations scolaires et universitaires.

Quant à sa mère, Klara, c'est une femme "très émancipée", active et très orientée vers la "chose économique"

 

*

 

L'énergie réelle est toujours et n'est que cinétique. Ce que les physiciens appellent de "l'énergie potentielle" n'est qu'une vue de l'esprit très mal nommée (il faudrait l'appeler un "champ de potentiel") ; elle n'est jamais utilisable telle quelle. Pour pouvoir parler, par exemple, d'énergie gravifique, il faut lâcher une masse dans le champ gravitationnel afin qu'elle gagne de la vitesse, donc de l'énergie cinétique que l'on pourra, ensuite, récupérer partiellement. L'énergie réelle est soit de l'énergie cinétique libre (comme un électron circulant dans un fil de cuivre mis sous tension), soit elle est de l'énergie cinétique encapsulée (comme une couche électronique en rotation autour du noyau d'un atome). Mais libre ou encapsulée, elle reste cinétique ; elle est toujours du mouvement. Et le mouvement ne se stocke pas. On ne stocke pas de l'électricité, par exemple : une batterie emprisonne des électrons piégés dans des connexions chimiques très friables entre des atomes aussi très instables (donc très polluants et d'une faible durée de vie d'utilisation). De plus ce piégeage a un très mauvais rendement (d'où les temps de recharge des batteries, avec beaucoup de déperdition donc de gaspillage) : il faut consommer beaucoup d'électricité pour "piéger" de l'électricité dans une batterie chimique.

 

*

* *

 

Le 14/03/2021

 

Quel est donc ce modèle civilisationnel appelé Christianité (qui s'étend de l'an 400 à l'an 2030 et dont la Modernité est le dernier des trois paradigmes constitutifs) ?

Pour répondre reprenons les six dimensions de tout paradigme … Mais essayons de les développer en les dégageant de toute connotation religieuse, en se souvenant, par exemple, avec Friedrich Nietzsche, que les idéologies socialistes ne sont que des laïcisations des valeurs profondes du christianisme. Autrement dit, le socialisme, qui appartient au 19ème et 20ème siècles, n'est que la version moderniste et déspiritualisée du christianisme.

 

Sur quelles généalogie et identité se fonde la Christianité ?

 

Bien sûr, la racine profonde de la christianité (tant religieuse qu'idéologique ou laïque) est à chercher dans l'ensemble des mythes véhiculés par la Bible hébraïque et par le Témoignage chrétien (épargnons-nous, dorénavant, cette insultante dénomination d'Ancien et de Nouveau Testament).

Quel que soit le nom qu'on lui donne, le fondement des origines humaines procèdent de deux natures, l'une matérielle, l'autre spirituelle ; cette dualité est censée fonder la supériorité de l'humain sur les autres vivants. L'humain seul possèderait un esprit et une conscience : il a mangé le fruit de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal[1] … ce qui a induit son malheur sur Terre et sa malédiction : "Tu mangeras ton pain dans la sueur de ton front".

Christianisme et socialisme partent donc d'un même socle généalogique : pour diverses raisons, la condition actuelle et réelle de l'humain est malheureuse et le travail est une punition (étymologiquement, le tripalium est un travail de maréchal-ferrant servant d'instrument de torture). Le mot-clé de la généalogie de la Christianité est : Souffrance. Remarquons qu'il y a un pont colossal entre Bouddhisme, Christianisme et Socialisme.

L'idée que la généalogie du monde aboutisse à un état général de Souffrance, leur est profondément commune.

 

Sur quelles téléologie et vocation se fonde la Christianité ?

 

De là, bien sûr, la vocation profonde de la christianité : sauver l'humanité en l'extrayant du malheur (la pauvreté d'âme ou de cœur) et de la malédiction (le travail) qui l'accablent.
La voie religieuse passe par le Salut des âmes immortelles, après la mort, par l'accès à la vie éternelle dans "l'autre monde", dans le monde céleste et divin … à la condition de l'avoir mérité par de bonnes actions durant la vie terrestre car les "méchants", eux, sont condamnés aux souffrances éternelles de l'Enfer : c'est la voie dite sotériologique.

La voie idéologique passe par le Progrès (une idée moderne s'il en est) social, parla Justice sociale (pendant du jugement dernier), par le partage des richesses, par la minimisation du travail et de ses pénibilités réelles ou imaginaires, … et l'éradication des "méchants" c'est-à-dire, selon les factions, les "bourgeois", les "riches", les "capitalistes", etc … : c'est la voie dite progressiste.

Des deux côtés donc, on retrouve cette aspiration profonde au sauvetage messianique de l'humanité (qui part donc du principe que l'humanité actuelle est malheureuse et souffrante) : messianisme chrétien qui est sotériologique voire le martyre, et messianisme socialiste qui est idéologique voire la révolution.

L'autre aspiration fondatrice est l'élimination des "méchants" et la glorification des gentils (les saints, d'un côté, le prolétariat, de l'autre).

 

Sur quels topologie et territoire se fonde la Christianité ?

 

De point de vue territorial, la Christianité professe un Universalisme sans (trop de) failles (la controverse de Valladolid montre, tout de même, quelques hésitations profondes quant aux Amérindiens). D'un côté : "Tous les hommes sont frères !" et de l'autre : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !".

La religion chrétienne, comme l'idéologie socialiste qui la prolonge, proclame qu'il n'y a qu'une seule et unique vérité et qu'elle la détient. Elle est donc valable pour tous les humains, quelles que soient leur race et leur culture.

Cet universalisme (d'ailleurs repris, aujourd'hui, par l'islamisme agressif, mais à son seul profit) est sans doute un des fondements les plus prégnant de la christianité qui a une conséquence gigantesque : l'égalitarisme. Puisque tous les humains sans dans la même condition (le péché ou la misère) et que la même vérité universelle et unique doit être reçue, à l'unisson, par chacun d'eux, tous ces humains sont fondamentalement à égalité dans le monde.

Toutes les différences s'estompent et finissent par devenir insignifiantes, face à cet unanimisme indispensable face à la vérité unique.

 

Sur quelles écologie, ressource ou prolifération se fonde la Christianité ?

 

L'essentiel n'est pas dans le monde matériel et réel puisque seule la vérité unique quant au salut futur, importe. Ce point est essentiel. Le présent n'est pas à vivre en tant que présent ; le présent est à exploiter en vue du futur. Il s'ensuit une sorte de mépris pour la matérialité, pour la chair, pour le corps ; pour les clercs chrétiens comme pour les prophètes socialistes, il s'agit d'une ascèse, d'une abnégation : seul le salut futur de l'humanité compte. Même s'il faut souffrir aujourd'hui, la gloire et la béatitude de demain en valent largement la peine.

On comprendra que tant du côté des "croyants" que du côté des "travailleurs", cette apologie de l'ascétisme fera peu d'adeptes … d'où la hiérarchisation nette entre les héros, c'est-à-dire les "saints religieux" ou les "conscientisés militants" d'un côté, et les suiveurs (censés être obéissants) c'est-à-dire les "ouailles" ou les "affiliés", de l'autre.

Un autre aspect de cette écologie est appelé "missionarisme" du côté religieux et "propagande" du côté idéologique. C'est plus que du militantisme ; c'est de l'engagement fort en vue de "convertir", en vue de faire adhérer à la vérité universelle et unique.

Pour ces obsédés du Salut futur (dans "l'autre-monde" ou dans "le monde-d'après"), le présent ne compte pas. Or, le présent est la seule réalité ; lui seul est le Réel issu du passé qui reste réel en lui. Le futur, lui, est hypothétique, idéologique, potentiel, irréel ou imaginaire. Cela signifie que la relation de la Christianité au Réel n'existe quasiment pas : son écologie est toute tournée vers l'Idéalité qui regroupe les notions d'idée, d'idéal, d'idéalisme et d'idéologie.

 

Sur quelles axiologie organisation et valeurs se fonde la Christianité ?

 

On l'a vu, tant la religion chrétienne que l'idéologie socialiste sont très hiérarchisantes (l'iconostase orthodoxe, la papauté infaillible catholique, le vœu d'obéissance des moines, la béatification marxienne, les cultes de la personnalité autour d'un Lénine, d'un Staline, d'un Mao et d'autres …, les nomenklaturas communistes, les SS national-socialistes, etc … en sont autant d'illustrations).

En fait, cette hiérarchie, tant dans le monde religieux que dans le monde idéologique,  s'échelonne en trois couches : les sacerdotaux, les ouailles et les mécréants. Entre elles, toute une typologie de relations peut existé, allant de l'obéissance à la haine en passant par la pitié, l'admiration, le refus, l'indifférence, etc …

La pyramide hiérarchique est typique de l'Eglise catholique et des régimes communistes. Des deux côtés, on parle de discipline : discipline de pénitence ou discipline de parti.

Et des deux côtés, le passage de l'état d'ouaille à l'état de sacerdotal passe par l'exemplarité morale (du moins en théorie) : c'est l'extrême rigueur morale qui, normalement, préside à la "montée" dans la pyramide ecclésiale ou partisane.

Mais qu'est-ce que la morale ? C'est bien sûr l'ensemble des règles de vie qui assurent, selon les traditions respectives, la possibilité de sauver l'humanité et de la sortir du malheur, de l'affliction, de la misère et de la malédiction.

On est là quelque part entre le décalogue biblique (très mal traduit et compris) et le petit livre rouge maoïste, entre le catéchisme catholique et le "manifeste" marxien.

Quoiqu'il en soit, l'idée centrale de l'axiologie de la Christianité est : Perfection.

 

Sur quelles immunologie et résilience se fonde la Christianité ?

 

Comment se préserver du Mal ? Comment se distancier des "méchants" ? Comment les combattre ou les convertir ? Comment préserver la pureté de la Vérité universelle unique ? Comment protéger la voie du Salut ?

Le mot-clé, ici, est : Générosité.

Cette générosité, dans le christianisme religieux, s'appelle Charité et débouche des aumônes.

Cette même générosité, dans le socialisme idéologique, s'appelle Solidarité et débouche sur des assistanats.

Cette générosité s'appuie sur deux principe déjà rencontré : l'universalisme et l'égalitarisme. Les traductions biaisées du texte biblique enjoignent ceci : "Aime ton prochain comme toi-même" (le texte hébreu dit : "Aime ton ami comme toi-même", ce qui n'est pas précisément la même chose …).

Le problème est qu'il faut avoir les moyens de sa générosité. Les contraintes économiques existent malgré que les idéalismes salvateurs ne veuillent rien en savoir.

La christianisme comme le socialisme sont tous deux fondés sur la haine des "riches". Tous deux appliquent cette sentence évangélique (Matt.:19;24) : "(…) il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu".

Au nom de l'égalité et de la justice égalitaire, il serait "injuste" qu'il puisse exister des "riches", des "très riches" et des "moins riches", voire de pauvres, voire des miséreux.

Mais la générosité des aumônes et des assistanats n'y changent rien : le chien mord la main qui le nourrit.

Ce n'est pas la richesse qui est blâmable, c'est l'égoïsme, l'égotisme ou l'égocentrisme, comme on voudra. Et l'égoïsme n'est l'apanage que des "riches", loin de là !

 

Sur quels métabolisme et régulation se fonde la Christianité ?

 

Comment harmoniser les six grands principes de vie (Souffrance, Salut, Universalité, Idéalité, Perfection et Générosité) qui sous-tendent la Christianité, comme nous venons de la voir.

Et comme toujours, ces six piliers s'opposent deux à deux et sont reliés par trois arches de régulation : Souffrance et Salut, Universalité et Idéalité, Perfection et Générosité. On mesure la profondeur des contradictions potentielles entre ces différents pôles. Il est donc indispensable de mettre en place un dispositif permettant, à la fois, de les réguler et de les optimiser.

Le mot-clé, ici, est : Communion.

Ce mot magnifique, dérive du latin : cum munire, qui signifie "construire ensemble".

Bien sûr, on connaît son sens religieux dans le christianisme et on connaît le rite éponyme qui, lors de tous les offices, en réactive la conscience et le symbole : en chrétienté, on parle de communauté, de paroisse, de congrégation, d'ordre monastique, etc …

Du côté laïque et idéologique, ce même mot pointe vers les notions de fraternité, d'amour, d'esprit de famille, de solidarité, d'égrégore ou encore … de cellule militante.

Quoiqu'il en soit, dans les deux cas, parti-pris est choisi d'une immunité collective plutôt qu'individuelle.

 

En synthèse …

 

Sans ni polémiquer, ni entrer dans trop de détails, chacun des sept mots-clés de la Christianité peut être discuté …

 

Souffrance : la vie réelle est un mélange de souffrance et de joie ; la souffrance est d'ailleurs souvent imaginaire et liée à une peur ; la philosophie stoïcienne a largement débattu sur l'inanité de la notion de souffrance comme fondement de la condition humaine.

 

Salut : l'idée de salut est une fuite en avant, un refus du présent ; et d'abord : sauver quoi et pour quoi faire ? La vie réelle est précisément dans la construction et pas dans la jouissance, fût-elle éternelle ; le seul "salut" qui soit, est de vivre ici-et-maintenant, dans le présent du Réel.

 

Universalité : les humains ne sont ni égaux, ni semblables ; rien n'est jamais l'égal de rien ; tout est différent de tout et unique en tout ; rien n'est universel car tout est multiple ; rien ne vaut pour tous ; il n'y a pas de vérité unique et universelle, il n'y a que des convictions et des croyances plus ou moins partagées ; c'est précisément cela, la richesse du Réel.

 

Idéalité : les notions d'idéal, d'idéalisme, d'idéologie et d'idéalité exprime le même refus opiniâtre d'accepter et d'assumer le Réel tel qu'il est et tel qu'il va ; or, le Réel seul a de la réalité et tout le reste n'est que fantasme, caprice, délire, imagination, rêvasserie, … ; l'idéalité est une fuite hors de la réalité ; et le Réel n'a pas à se plier aux fantasmes humains comme "égalité" ou "justice" ou "amour" ou "liberté" ; le Réel est ce qu'il est et va où il va, et c'est aux humains à y trouver leur juste et modeste place et à y construire leur accomplissement en l'accomplissant lui.

 

Perfection : Il faut bannir le mot "perfection" du vocabulaire ; rien n'est, ni ne sera jamais "parfait" puisque tout est perpétuellement en construction, en voie d'accomplissement de soi et de l'autour de soi ; tout est certes perfectible et devrait tenter son propre perfectionnement, mais pas pour atteindre une fantasmagorique perfection au bout du chemin, mais pour s'accomplir en cheminant ; la joie n'est pas au bout du chemin car la joie est le chemin.

 

Générosité : "on ne résout jamais le problème de la faim en donnant un poisson à manger, mais bien en enseignant la pêche", suggère un proverbe taoïste bien connu que je reformule ici ; la générosité par charité ou assistanat, ne fait qu'encourager la paresse et va à l'inverse du mouvement escompté. C'est une autre générosité qu'il faut pratiquer : celle de la parole et de l'enseignement.

 

Communion : une fraternité qui ne serait pas élective et sélective, ne tiendrait jamais, ne ferait jamais un égrégore réel, ne communierait pas comme elle le devrait pour que sorte d'elle l'œuvre qu'elle aspire à construire ; pour communier et devenir frères dans l'œuvre, il faut avoir même "père" fécondant et même "mère" fertile, et la plupart des humains sont d'abord des enfants orphelins, ravis de l'être (cela s'appelle l'égotisme), et les autres ne souhaitent que rarement reconnaître le même père et la même mère.

 

*

 

Observons notre époque, depuis que la révolution numérique s'y est installée (et y demeurera irréversiblement).

La majorité lit de moins en moins. Le presse écrite va à vau-l'eau. L'image (l'audio-visuel) prime le texte (le textuel). La langue est malmenée. L'orthographe traditionnelle y est contestée (notamment par cette fumisterie clownesque d'écriture inclusive). L'hybridation (surtout l'invasion de mots vaguement américano-anglais) est devenue la règle des snobinards. Le sabir protéiforme et multiplexé est une mode. Les abréviations, les acronymes et les sigles aussi. Même des marques commerciales se substantivent. Les conjugaisons s'appauvrissent au point de voir disparaître, peu à peu, le passé simple et les formes subjonctives. Le "nous" et le "on" se confondent.

J'arrête là mon inventaire à la Prévert … mais pourrait s'étendre sur plusieurs pages.

 

*

 

Un univers humain sans livres, sans textes, sans écrits, est-il envisageable ?

Est-il souhaitable ?

 

Un film fameux l'avait envisagé ; "Fahrenheit 451"[2] de François Truffaut en 1966. En voici le synopsis officiel :

 

Dans un pays indéfini, à une époque indéterminée, la lecture est rigoureusement interdite : elle empêcherait les gens d'être heureux. La brigade des pompiers a pour seule mission de traquer les gens qui possèdent des livres et de réduire ces objets en cendres. Guy Montag, pompier zélé et citoyen respectueux des institutions, fait la connaissance de Clarisse, une jeune institutrice qui le fait douter de sa fonction. Peu à peu, il est à son tour gagné par l'amour des livres.

 

Bien sûr, ce film est caricatural et va à l'extrême. Mais serait-il envisageable que le gros des connaissances et mémoires humaines soit stocké, accédé et transmis par voie exclusivement audio-visuelle et que le textuel tombe en désuétude et réduit à un usage totalement marginal … un peu comme l'est, de nos jours, la calligraphie sur parchemin, voire sur vélin.

Le papier serait alors remplacé, quasiment en tout, par l'écran..

On passerait de la scripturalité à la visio-numéricité.

 

Ce passage est-il possible ?

Techniquement la réponse est, déjà aujourd'hui, affirmative. Et la technologie ne fera que progresser et, donc, de rendre ce passage d'autant plus facile et évident.

 

Mais ce passage est-il souhaitable ?

La question est très loin d'être triviale car, d'elle, viendront d'immenses transformations inévitables de nos structures neurologiques, cérébrales et mentales … avec quelles conséquences ? La question en est posée aux spécialistes (pour autant que ceux qui sont réputés tels, aient les connaissances suffisantes pour répondre, ce qui ne semble guère le cas aujourd'hui).

Des expériences menées, notamment à l'Université hébraïque de Jérusalem, ont montré que les apprentissages faits au moyen des MOOC ("massive open online course" traduit en français par FLOT : "formation en ligne ouverte à tous") donnaient des résultats désolants de médiocrité. Mais est-ce la faute à la technologie ou à nos habitudes mentales ?

 

Le but de ce paragraphe n'était autre que d'ouvrir un débat qui s'annoncera crucial pour les décennies qui viennent, notamment et surtout en matière d'enseignement (avec, derrière cela, toute la réorganisation des structures scolaires et universitaires, des horaires de cours, des titulaires de cours, de la notion de diplôme, etc …).

Vaste programme, mon Général !

 

*

* *

 

Le 15/03/2021

 

De Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux USA, à propos des deux visages de la laïcité :

 

"En France, elle est le résultat d'un siècle d'affrontements parfois violents avec l'Église catholique ; aux États-Unis, elle visait à permettre l'existence des multiples confessions présentes au moment de l'indépendance en interdisant à l'État d'en privilégier une, comme le colonisateur britannique le faisait au profit de l'Église anglicane. Dans le premier cas, il fallait protéger l'État de la religion ; dans le second, la religion de l'État. On conçoit que le résultat soit différent, voire opposé. En France, on se méfie de toute manifestation publique de la religion au point de frôler parfois l'hostilité à l'égard de celle-ci. Aux États-Unis, on respecte, voire on valorise, la religion, pourvu que l'État ne s'en mêle en rien, au point de rendre l'irréligion suspecte. Le financement public de l'enseignement confessionnel que nous pratiquons serait impossible aux États-Unis, mais le président prête serment sur la Bible s'il le veut et n'aurait aucune chance d'être élu s'il se déclarait agnostique ou athée. Autre débat sans fin entre Français et Américains, le « communautarisme » supposé des seconds. Les Français, on le sait, accusent tout communautarisme de menacer l'unité nationale et appellent à le combattre. Les États-Unis, pays d'immigration, voient, tout au contraire, dans les communautés une voie vers l'intégration. Les immigrants s'installent souvent dans des quartiers où ils baignent dans langue, mœurs, cuisine, église de leur pays d'origine. Ils y trouvent de l'entraide ; la transition vers une nouvelle culture en est facilitée. Les enfants qui vont à l'école publique sont bilingues, quittent le plus souvent les lieux de leur enfance et revendiquent fièrement leur héritage (on est irlando-américain, italo-américain, etc. aux États-Unis) et les petits enfants sont des Américains comme les autres. Le fait est que le « melting-pot » – le creuset – américain, tout « communautariste » qu'il soit, conserve aujourd'hui son efficacité (…). (…) je crois avoir compris pourquoi nos deux pays ne parviennent pas à se comprendre et sans doute n'y parviendront jamais. En réalité, ils se sont édifiés sur deux mythologies contraires. Aux États-Unis, la construction sociale part de l'individu qui définit librement le pays dont il veut. En France, elle est inséparable d'une histoire dont hérite tout citoyen, qu'il doit assumer et poursuivre. La première est un flux, la seconde une accumulation. Aux États-Unis, l'immigrant est appelé à participer à l'évolution constante d'une culture nationale toujours en devenir ; on lui demande de ne renoncer à rien. En France existe la conviction que tout immigrant doit non seulement respecter les lois mais adhérer à une culture millénaire. (…) il [l'Américain] ne fonde pas l'identité nationale sur une culture fruit de l'histoire mais sur la participation à une aventure en cours."

 

Tout est dans la dernière phrase ; il y a une tension, dans tout processus complexe, entre généalogie (l'accumulation mémorielle de la construction passée) et téléologie (l'aspiration à un construction collective d'une optimalité future).

Les USA n'ont pas de généalogie réelle (la mémoire amérindienne a été détruite à coup de colts et de bourbon). Et sont donc constitutivement orientés vers le futur.

Mais en face, l'histoire de France (le récit national) est une pure invention du 19ème siècle, contemporaine, donc, de la fabrication des USA. En revanche, au contraire de leurs homologues américains, les terroirs français ont une réelle histoire et mémoire culturelles, linguistiques, artisanales, traditionnelles …

Et ce sont ces terroirs qui refusent le communautarisme, parce qu'ile veulent absolument conserver leur identité et, surtout, leur authenticité.

Le vrai débat est là : entre universalité et authenticité.

C'est le vieux débat biblique sur la pureté !

 

*

 

Une note pour déprimer : "La France est réputée pour avoir des niveaux d'imposition les plus élevés au monde. L'État français prélève au total 45,2 % de la production de richesse (PIB). Autrement dit, vous travaillez du 1er janvier au 13 juin pour l'État. La France est sur le podium mais le Danemark est leader : 50,9 %."

Et encore celle-ci, du même tonneau : "La France c'est 400 000 normes, 10 500 lois, plus de 80 codes, 1700 décrets publiés par an. C'est aussi 90 agents publics pour 1 000 habitants pas forcément aux bons endroits. 34 % des emplois personnels techniques et administratifs dans les écoles... L'OCDE avant 2014 calculait le coût des surcharges administratives à plus de 80 milliards d'euros par an, soit 3,5 points du PIB. L'impossibilité de réformer est due à l'omniprésence paralysante du centralisme administratif et à la caste d'énarques et de hauts fonctionnaires qui a le vrai pouvoir et qui, par conformisme, carriérisme ou manque d'imagination, s'assure que rien ne change ... Quand les ministres passent, eux restent !".

 

*

 

Les Français, lit-on dans la presse, sont "en colère" et "rejettent leurs élites". En réaction à cela, certains risquent d'adhérer à la mouvance du RN de Marine Le Pen.

Ils sont en colère pourquoi ? Ils sont les plus assistés du monde et la pandémie a été presque anecdotique pour la plupart (sauf en février et mars 2020).

Ils rejettent leurs élites pourquoi ? Parce que les instances politiques les ont privé de leurs petits caprices d'enfants gâtés et parce qu'ils réduisent l'élite sociétale à la seule "élite" politique en oubliant l'élite noétique (intellectuelle et scientifique) et l'élite économique (entrepreneuriale et managériale).

 

*

 

Balzac l'avait déjà bien relevé : les Français ont une obsession pour l'égalité, un culte de l'apparence et un problème avec l'autorité.

 

*

 

On parle beaucoup du dérèglement climatique, mais bien trop peu de la dérégulation océanique. Or, comme je le clame depuis des années, cette dérégulation peut être au moins aussi catastrophique que le climat (avec lequel elle est corrélée, bien sûr).

 

*

 

De Nicolas Stiel :

 

"Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) et l'Agence internationale de l'énergie estiment que la neutralité carbone est hors de portée sans l'atome."

 

C'est d'une telle évidence … !

Et de la même eau, du président Emmanuel Macron :

 

"Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire."

 

Comment certains ont-ils pu croire ou peuvent-ils encore croire le contraire ?

Il faut faire taire Greenpeace et toute la racaille écolo-gauchiste qui confondent science et idéologie.

 

*

 

De Nicolas Baverez :

 

"Les idéologies du racialisme et du décolonialisme qui promeuvent 'la construction d’un homme nouveau, assigné à résidence par sa race, son ethnie, sa religion ou son sexe' et souhaite une humanité 'déchirée en races et en communautés irréductiblement opposées' n’ont d’autre point de départ que la doctrine politique du racisme établie au dix-neuvième siècle par Arthur de Gobineau. Arthur de Gobineau publia 'L’Essai sur l’inégalité des races humaines' entre 1853 et 1855. Sa thèse consistait à affirmer que l’histoire se confond avec celle des races, qui obéissent à une classification et un ordre stricts et immuables: "L’humanité est divisée en races selon une hiérarchie logique, permanente et indélébile". Il en déduisait trois conclusions : la critique radicale de la démocratie fondée sur l’égalité entre les individus ; le bien-fondé de la colonisation qui assurait la domination de la race blanche censément supérieure ; la course inévitable des sociétés et des civilisations vers le néant du fait du métissage de la population."

 

L'égalitarisme nie les différences. Ce qui est absurde.

Le racisme et la racialisme les exploitent. Ce qui est abject.

Quand donc les différences pourront-elles être affirmées sans être exploitées ? Quand donc les différences seront-elles enfin perçues en termes de complémentarités ?

 

*

 

La notion d'élite, telle que mal perçue en France, me tarabuste …

Nul n'appartient à l'élite par sa naissance, ses héritages, son diplôme ou quoique ce soit d'acquis.

On appartient à l'élite par ses œuvres et seulement pas elles.

Ce qui fait l'homme, c'est ce qu'il fait … et rien d'autre.

Mais il faut aussi dire que la notion même d'élite est un déni très légitime d'égalité.

S'il existe des élites, c'est qu'il existe aussi des médiocres c'est-à-dire des humains qui n'ont jamais réussi à placer leur œuvre à un bon niveau durable qui soit sérieux, beau, bien, exceptionnel, remarquable, admirable, intelligent, etc ….

L'opposé de l'élitaire, c'est le médiocre.

Même si, comme souvent, le médiocre parvient, une ou deux fois dans sa vie, à faire quelque chose qui, peut-être, sortirait du commun, le fait élitaire demeure et l'écart d'avec les médiocres est clairement réel.

Ce qui est interpellant, aussi, c'est que les gens que je considère comme appartenant à l'élite, refuse généralement toute proposition qu'on leur ferait d'un quelconque pouvoir (comme Einstein refusant la présidence du jeune état d'Israël).

Le pouvoir n'intéresse que les démagogues, c'est-à-dire ceux, parmi les médiocres, qui sont capables de manipuler efficacement la masse des autres médiocres.

Et à nouveau surgit la typologie ternaire que j'ai déjà décrite, mais avec d'autres mots : les élites, les démagogues et les médiocres.

 

*

* *

 

Le 16/03/2021

 

Aujourd'hui, l'opinion, la rumeur, le délire prévalent sur la connaissance scientifique qui ne vaut plus rien dans les têtes vides de la horde des médiocres : l'émotionnel et le sensationnel priment. Les médias sociaux ont bien plus de poids et d'influence que le discours des savants.

La récente pandémie en a été l'illustration flagrante. La grande guerre des rationalistes du 17ème siècle, le grand siècle de la Modernité, a été perdue. La vérité ne vaut rien ; seule compte la rumeur, l'opinion et l'émotion. N'est vrai que ce qui se répète par le plus grand nombre.

N'est vrai que ce qui induit des larmes ou de la colère, du ressentiment ou du cynisme. Le savoir accumulé patiemment, structuré soigneusement, théorisé méthodiquement, vérifié scrupuleusement, ne vaut plus rien. N'est vrai que ce qui excite le cerveau reptilien.

 

Il en va de même pour l'histoire humaine que l'on réinvente allégrement au gré des besoins de l'idéologie reptilienne. La colonisation et l'esclavage ont été radicalement et infantilement déconstruits et reconstruits sur mesure aux dimensions étroites et étriquées des thèses genristes, décolonialistes, racialistes ou homosexualistes. Encore une fois : qu'importe la vérité pourvu que le discours engendre de l'indignation, de la haine, du ressentiment, de la culpabilité, de la pitié, de la hargne, de la solidarité …

 

*

 

Redécouvrir la Vie en soi, d'abord, c'est réapprendre à en prendre soin ; d'où le regain d'intérêt pour la santé, pour le bien-être, pour le bien-vivre, pour les soins du corps et de l'esprit, pour les pratiques physiques et mentales des disciplines des bons équilibres.

Redécouvrir la Vie autour de soi, ensuite : il y a la Nature, la Vie, le Cosmos.

Il y a le Réel extérieur dans sa merveilleuse banalité : ce tilleul, cette mésange, ce scarabée, ce pissenlit, cette abeille …

L'humain, à force d'abstractions et d'idéalisations, en était venu à oublier sa naturalité. Il ne faut pas chercher ailleurs l'engouement actuel pour l'écologie sous toutes ses formes (des meilleures aux pires, entre vraie science et fausse idéologie).

L'humain retrouve ses racines naturelles ; il reprend conscience, contre la Christianité, qu'il fait partie intégrante de la Nature et que, sans elle, il se condamne à mort.

L'humain est un animal purement naturel. Le surnaturel n'existe pas ! Ce surnaturel qu'il ne faut surtout pas confondre avec le spirituel. Tout au contraire, toutes les croyances en un quelconque surnaturel, dénature la spiritualité, la dévoie vers des chemins de magie obscure. La spiritualité, tout au contraire, marche vers cette Lumière qui illumine la Nature, la Vie et le Cosmos de l'intérieur.

 

*

 

Une  proximité à redécouvrir, est celle de l'autre humain. Mais pas du tout de cet humain abstrait et idéalisé que l'on appelle "le prochain" ou "autrui". Non ! Pas le prochain, mais bien le proche : l'humain qui est là, en toute proximité sans promiscuité. Car, et c'est sans doute, une des grandes maladies de la ville, la promiscuité est ennemie de la proximité. Vivre entassé n'est pas vivre embrassé.

Redécouvrir, donc, la relation proche à l'autre, semblable ou dissemblable. Proche physiquement (dans un même lieu matériel) ou proche mentalement (dans un même réseau immatériel).

Ainsi naissent ou renaissent des communautés de vie, des petits ensembles de personnes qui vivent d'une même vie commune, d'un même projet de vie. Cette émergence de nouvelles communautés de vie sera cruciale pour le nouveau paradigme qui vient ! Le monde de demain ne sera plus la juxtaposition d'Etats-nations souverains, mais l'entrelacement de myriades de communautés de vie, électives et sélectives, ayant chacune un projet et/ou un patrimoine communs. La multiappartenance sera la règle. Chacun deviendra membre actif d'une pléiade de communautés ; chacun sera au centre de son propre réseau d'appartenances.

Plutôt que de communautarismes, il vaudra mieux parler de communalismes, non pas forcément au sens libertaire et anarchiste, assortis au pas de démocratie directe interne, mais plutôt au sens du modèle politique cantonal suisse.

 

*

 

La conscience profonde de l'appartenance au cosmos et d'une identité cosmique, va forger le fond spirituel de la Noéticité. Le terme le plus propre pour désigner cette nouvelle spiritualité est, sans doute, le "panenthéisme".

Ce panenthéisme n'est ni un théisme (la croyance en un dieu personnel hors de l'univers matériel), ni un panthéisme (la réduction du divin au seul univers matériel), ni, encore moins, un athéisme (la négation de tout principe de cohérence et d'intention à l'intérieur de l'univers matériel où le hasard règnerait en maître).

L'étymologie du mot est claire : Pan : "tout" … (est) En : "en" … Théos : "Dieu" : le Tout (l'univers matériel qui est l'ensemble de tout ce qui existe) est en Dieu qui est l'Un qui contient ce Tout.

Le panenthéisme est donc un moniste (le Réel est Un) et un immanentisme (le principe divin est au cœur du Réel dont il est, à la fois, la Substance, la Vie et l'Esprit).

Le panenthéisme professe que l'univers matériel n'est que la manifestation superficielle du Réel qui est un "Un" qui est plus que le "Tout", mais dont ce Tout est l'apparence, la manifestation et la "peau" superficielle.

 

*

 

D'Anne Cheng :

 

"Les observateurs de la Chine classique soulignaient déjà le lien entre la déforestation, la désertification, la disparition des espèces sauvages, le débordement des rivières et l'apparition de nouvelles maladies pour souligner la nécessité d'une 'harmonie entre l'homme et le ciel'."

 

C'est la Sagesse même …

 

*

 

Le parti communiste chinois a publié, au début de 2012, l'ensemble des "valeurs socialistes fondamentales". Les voici :

 

  • Valeurs nationales :
    • Prospérité et puissance
    • Démocratie
    • Civilité
    • Harmonie
  • Valeurs sociales :
    • Liberté
    • Egalité
    • Justice
    • Etat de droit
  • Valeurs individuelles :
    • Patriotisme
    • Dévouement
    • Intégrité
    • Amitié.

 

C'est à mourir de rire tant la majorité de ces "valeurs" est bafouée au quotidien dans ce pays totalitaire et sanguinaire. De plus, il est patent que ces douze "valeurs socialistes" sont contradictoires entre elles (ce qui n'est pas nouveau en ce qui concerne tous les "socialismes" qui sont des contradictions en eux-mêmes) et sont très loin de couvrir tous les champs de la réalité humaine (une incomplétude aussi ontologiquement "socialiste"). De plus, ce sont des valeurs occidentales dans un pays qui revendique un retour profond à son authenticité historique et millénaire.

Comment le monde peut-il prendre ce guignol de Xi Jinping au sérieux ?

 

*

 

Le débat sur l'existence de "valeurs universelles" est vain et vide.

Il ressemble au débat sur le "droit naturel" qui serait un absolu au-delà de "l'humain, trop humain".

Il n'y a pas de "valeurs universelles", comme il n'y a pas de "droit naturel".

Tout ce qui relève des "valeurs " ou du "droit" est purement artificiel et conventionnel.

Le Réel (la Nature, le Cosmos, etc …) est fondamentalement et définitivement amoral.

La morale (dont les "valeurs" et le "droit" relèvent) est purement humain et varie d'un continent à l'autre, d'un bassin culturel à l'autre et, qui plus est, comme tout processus complexe, évolue dans le temps avec des bifurcations parfois radicales.

 

*

 

Les quatre "valeurs" essentielles du confucianisme remises à la sauce 21ème siècle, sont :

 

  • La responsabilité passe avant la liberté.
  • Le devoir passe avant les droits.
  • La communauté passe avant l'individu.
  • L'harmonie l'emporte sur le conflit.

 

C'est, en gros, le contre-pied systématique des valeurs dites "occidentales".

Dans les deux camps, on refuse la dialectique entre les deux pôles de chacune de ces dimensions :

 

  • dialectique de la responsabilité et de la liberté,
  • dialectique du devoir et des droits,
  • dialectique de la communauté et de l'individu,
  • dialectique de l'harmonie et du conflit.

 

Décidément, la bipolarité a bien difficile à être entendue, même au pays du Yin-Yang …

 

*

* *

 

Le 17/03/2021

 

Il faut revenir à la question fondamentale : au service de quoi les humains, aujourd'hui, vivent-ils ? Et la seule réponse vient de ce constat : les humains, surtout les jeunes générations, ne vivent plus qu'au service d'eux-mêmes, de leur ego, de leur image, de leur nombril autrement dit. C'est cela l'égocentrisme (qui n'est pas l'individualisme, puisque l'égocentrisme, archi-dépendant du regard des autres, n'est aucunement de l'autonomie !).

Moi, moi, moi, moi … et moi ! Mais dans ton regard …

Piètre téléologie …

 

Le "Progrès" des modernes n'a plus de sens (le désenchantement de Marcel Gauchet a joué à fond) et la nouvelle raison d'être du nouveau paradigme n'est pas encore en place. Dans l'entre-deux, il ne reste que le nombril. Cela fait la fortune d'Instagram par selfies interposés, mais Instagram, à ma connaissance, n'est pas vraiment le centre téléologique de l'humanité.

Nihilisme, encore !

Chacun refuse d'accepter et d'assumer les vraies contraintes de la vie. Il y a donc, sans le dire, un refus de la réalité de la Vie et, in fine, un refus de la vie et une victoire du thanatos

Le repli nombriliste est une forme de suicide. L'étymologie parle : le "sui-cide" est le fait de se tuer (caedere) soi-même (sui). Vivre, c'est vivre la Vie, c'est s'inscrire dans la Vie qui nous dépasse tous et dont chacun participe. Le nombrilisme narcissique est un refus net de cette inscription et de cette participation dans la Vie qui est bien au-delà de toutes les existences particulières.

 

La mode des tatouages est très révélatrice en ce sens : les tatoués se refusent tels qu'ils sont. Ils veulent montrer et prouver qu'ils sont maître de ce qu'ils veulent paraître. Mais ils ne sont qu'apparence : marques indélébiles de leur débilité.

La mode exprime un leitmotiv aussi creux que funeste : "je veux me choisir moi-même". Je veux choisir moi-même mon apparence sociale : la peau, la chevelure, les vêtements, l'alimentation, le genre, le sexe, etc …, au mépris total de toute réalité physique ou biologique. Il s'agit bien d'un total refus de la réalité telle qu'elle est. Il s'agit bien de capricieuse imbécillité.

La "théorie" du genre en est une expression fameuse et fumeuse … On ne naitrait pas masculin ou féminin ; on le deviendrait (paraphrase de cette inénarrable hypocrite que fut Simone de Beauvoir, l'inspiratrice d'Edith Butler, aussi homosexuelle qu'elle). La fausse "théorie" du genre oublie totalement que c'est la biologie qui préside à la psychologie et que c'est la nature qui détermine la culture. La différenciation nette des sexes est un impératif naturel en vue de la reproduction sexuée et de l'enrichissement des patrimoines génétiques. La déviance de quelques comiques ne change rien à l'affaire.

 

Ne pas s'accepter tel que l'on est et tel que l'on naît, est une preuve, à la fois, de bêtise et d'orgueil (les deux vont souvent de pair).

Encore une fois, la question téléologique est au centre du débat : au service de quoi ou de qui vit-on ? "Au service de l'image que je voudrais donner de moi-même", répondent les trop nombreux nombrilistes narcissiques contemporains.

Je suis une femme, dit cet homme. Je suis un bronzé, dit ce pâle blême. Je suis beau, dit ce laideron. Je suis élégant, dit ce mal fagoté. Je suis homosexuel, dit cet asexué. Je suis intelligent, dit ce crétin.

Et les médias sociaux permettent d'amplifier et d'ancrer ces prétentions fallacieuses. C'est d'ailleurs devenu leur seule raison d'être : permettre aux médiocres de se faire croire qu'ils existent et qu'ils ont des opinions.

 

Bien sûr, il faut être conscient que ces ridicules nombrilismes sont des expressions, comme il en existe beaucoup d'autres, de la chaotisation que nous vivons aujourd'hui entre deux paradigmes, l'un déjà effondré et l'autre encore en timide émergence. Pour beaucoup, incapables de comprendre cet "entre-deux", le repli sur soi et sur son nombril est une planche de salut. Un impasse, une illusion, mais un fil de rêve auquel se raccrocher le temps qu'il faut.

Car du temps, il en faut et la chaotisation du monde est en train de gâcher deux générations qui se réfugient dans le nombrilisme pour survivre.

 

*

 

Le nihilisme a détruit tous les repères, a ridiculisé toutes les spiritualisations et toutes les sacralisations. C'est le prix qu'il a fallu payer pour enfin sortir des voies de l'idéalité, de l'impasse des idéalisations, des idéalismes et des idéologies.

La plupart des humains sont désormais déboussolés. Ils vivent désormais devant une tabula rasa. C'est, à la fois, un grand traumatisme et une grande chance.

 

Un grand traumatisme parce que, faute de boussole, on tourne en rond, ou on reste sur place, ou on va n'importe où donc, le plus souvent, au plus médiocre.

Il suffit d'observer nos gouvernants qui n'ont plus aucun projet à proposer : leur seul horizon est la prochaine élection et l'espoir d'être réélu. Nous sombrons dans un court-termisme débilitant. La chaotisation ambiante accroît l'indéterminisme, l'imprévisibilité et l'incertitude, en tout.

Prévoir serait ne plus rien voir.

 

Une grande chance parce que, enfin débarrassé des fadaises idéalistes et idéologiques, chacun peut se retrouver face à la réalité du Réel. Il n'y a plus de mirages. Il n'y a plus de miracles. Il n'y a plus que le Réel dans toute sa vigueur, dans toute sa rigueur, dans toute sa splendeur, dans toute sa froideur.

Le Réel ne fait pas de sentiment et est foncièrement amoral. Il faut dire adieu, définitivement, à la sentimentalité et à l'esprit romanesque. Le réalisme est le seul chemin qui permette d'avancer vraiment, en pleine vérité, en pleine Lumière.

Voir sera un devoir.

 

*

 

Beaucoup semblent, depuis longtemps, ignorer l'accélération de la pénurisation de TOUTES les ressources matérielles. Les ressources non renouvelables couvrent 85% des besoins actuels de l'humanité et les ressources dites renouvelables (l'exemple typique est l'éolien : le vent est gratuit et renouvelable, mais l'éolienne n'est ni l'un, ni l'autre) ne couvriront jamais plus de 20% des besoins actuels (loi thermodynamique du rendement de Carnot ou du rendement théorique maximum indépassable). Cela signifie que lorsque tous les gisements de ressources non renouvelables seront taris (avant 2150 au rythme actuel), il faudra soit que la population humaine soit divisée par 5 (2 milliards, donc), soit que le niveau de vie soit divisé par 5 pour tout le monde.
Décroissance il doit y avoir, donc : décroissance consommatoire matérielle ET décroissance démographique rapide. Il ne sert à rien de décrier Malthus qui n'a fait qu’œuvre de bon sens : tous les rendements thermodynamiques de transformation sont inférieur à 1, par définition ; cela signifie que pour produire quelque chose et faut détruire plus que l'on ne produit. La technologie peut encore, parfois, améliorer ces rendements de quelques dixièmes de point, mais le principe demeure.
Mais décroissance matérielle ne signifie pas décroissance absolue ; cette décroissance matérielle peut et doit être compensée par une croissance immatérielle, qualitative donc : consommer beaucoup moins, mais apprendre à vivre beaucoup plus heureux !

 

*

 

Qu'on le veuille ou non, qu'il le veuille ou non, le monde entier, depuis le 19ème siècle, a été très largement occidentalisé au moins dans ses dimensions scientifiques, technologiques, idéologiques, économiques et financières.

L'Europe, bien sûr, puisqu'elle en est la source, les deux Amériques, tout le nord de l'Asie et une bonne part de l'Océanie sont quasi purement occidentales.

Toute l'Afrique noire a été imprégnée d'occidentalisme au travers de la colonisation et de la conversion massive au christianisme.

Culturellement parlant, l'Islamie et toute l'Asie sub-sibérienne sont restées hors de la sphère culturelle occidentale quant aux points de vue spirituel, moral, politique, artistique et esthétique, mais se sont profondément occidentalisées dans les autres dimensions. Et c'est très bien ainsi.

Pourquoi donc cette hégémonie occidentale sur certaines dimensions de l'humanité ? Tout simplement parce que l'occident – c'est-à-dire l'Europe -  a développé une rationalité de haut niveau qu'aucune autre contrée n'a pu atteindre sans elle.

L'efficience de cette rationalité est aujourd'hui totalement inégalée. Mais cela ne signifie nullement que la civilisation européenne ait réussi à devenir aussi brillante et supérieure dans les dimensions de l'esprit autres que l'intelligence rationnelle. Dans ces autres dimensions, les autres civilisations ont encore beaucoup de choses à lui apprendre.

 

*

* *

 

Le 18/03/2021

 

De Jacques Julliard :

 

"Il est aussi absurde d'identifier les musulmans au djihadisme

que les Français au colonialisme."

 

*

 

De FOG :

 

"Sartre, collabo professionnel, qui a commencé à 'résister' à la Libération dans le comité d'épuration où il dénonçait ses anciens collègues planqués des années 1940, sous la tunique protectrice du Parti communiste, avant de sombrer dans toutes les ganacheries mortifères de son temps, à commencer par le maoïsme (70 millions de morts !)".

 

*

 

De Pierre-Antoine Delhommais :

 

"(…) les Etats-Unis vivent, encore plus que la France, très au-dessus de leurs moyens, largement à crédit, en tirant leurs revenus moins de leur travail et de leur production que du recours effréné au déficit et à la dette. (…) Les Etats-Unis peuvent certes se permettre une telle dérive parce qu'ils ont le 'privilège exorbitant' de posséder la grande monnaie de réserve qu'est le dollar, et qui agit comme un aimant sur l'épargne mondiale."

 

*

 

Il faudrait un jour cesser cette arnaque et cette ânerie de prétendre qu'Abraham est le père des trois religions du Livre. C'est absurde. Abraham est le père du peuple hébreu tel qu'il est explicité dans la Bible hébraïque, et elle seule. Le christianisme a impunément phagocyté cette Bible hébraïque qui ne le concerne pas. Et l'Islam n'a fait que pomper, dans cette même Bible hébraïque, des éléments divers, déconnectés de leur contexte, et qui ont été très mal assimilés et digérés.

Une fois pour toutes, il n'y a pas trois religions du Livre. Il y a trois religions dont les deux récentes ont chacune leur livre (le Témoignage chrétien et le Coran) qui n'a strictement rien à voir avec la Bible hébraïque.

Abraham n'est pas le père des "croyants" ; il est le père de la nation hébraïque, donc juive, et de rien d'autres. Il faut faire cesser ces impostures et ses récupérations éhontées.

 

*

 

De Manuel Valls :

 

"Le sujet central, c'est l'islam politique, l'islamisme et sa contagion de la société française. IL faut l'éradiquer. Ce n'est pas un problème uniquement français, il est européen, car les Frères musulmans et les salafistes ont cibler principalement les communautés musulmanes en Europe pour les séparer du reste de la société et créer les conditions d'une véritable confrontation."

 

Quant donc une fatwah contre les Frères musulmans sera-t-elle promulguée, avec une mise à prix de chacune de leur tête.

 

*

 

 

A le lire aujourd'hui, dans son adulation de Montaigne, mon ami André Comte-Sponville fait figure du dernier nihiliste : tout se vaut, rien ne vaut. Comme Montaigne, il prône l'errance philosophique, l'absence de système, de cohérence, de logicité.

 

*

 

La raison d'exister de quoique ce soit est sa seule vérité. Il n'y a pas d'autre vérité que celle-là : être en phase avec sa propre raison d'exister, c'est être vrai.

 

*

* *

 

Le 19/03/2021

 

Quand on est capable de rien, on s'accroche à n'importe quoi.e caractère beaucoup trop invasif des activités humaines appauvrit et dérégule toutes les dimensions de la réalité terrestre mettant tout en grand danger, l'humanité y compris.

Il n'y a rien d'autre à faire que d'entamer une décroissance sur certaines dimensions de l'activité humaine (consommation matérielle et tendance démographique) et de compenser ces décroissances par des croissances dans d'autres dimensions.

 

*

 

Les prélèvements et les rejets dans les écosystèmes ont des conséquences désastreuses d'un tout autre ordre.

Ce que l'on a appelé l'anthropocène désigne l'ère géologique caractérisée par l'idée que l'humanité est devenue beaucoup trop influente sur les équilibres majeurs de la biosphère terrestre.

Outre les saccages et pillages des ressources naturelles, l'activité humaine rejette beaucoup de choses dans la biosphère : des effluents, des polluants, des énergies, …

Tout cela dérégule et chaotise  toute la planète avec des conséquences majeures et bien connues : le dérèglement climatique, la dérégulation océanique, l'effondrement de la biodiversité, des désertifications et déforestations calamiteuses, les pandémies, la fonde des glaciers et calottes polaires, la méthanisation des toundras, les ruptures graves des chaînes alimentaires, …

L'activité humaine perturbe profondément (et sans doute irréversiblement) tous les systèmes naturels !

 

*

 

L'ensemble de l'humanité a besoin, pour survivre et vivre de consommer des ressources matérielles naturelles. Ce besoin global est corrélé immédiatement avec le nombre d'humains sur Terre. Plus il y a d'humains, plus il y a de besoins, et plus il y a de demandes de ressources qu'il faudra aller prélever dans la Nature et dont la grande majorité (85% des besoins actuels) sont non renouvelables.

Il faut approfondir ce point …

La petite part de renouvelable couvre, aujourd'hui, de l'ordre de 15% des besoins en ressources de l'humanité. Elle ne dépassera jamais les 20% de la demande actuelle globale (pour des raisons thermodynamiques de rendement de Carnot évoquées plus haut).

Cela signifie, très brutalement dit, que le jour où tous les gisements de ressources non renouvelables seront épuisés (vers 2150, probablement), les humains auront le choix : soit diminuer de 80% le niveau de vie de tous, soit diminuer de 80% la population humaine terrestre globale.

Encore une fois, en physique, il n'y a jamais de miracles : il faut ramener la demande au niveau strict de la capacité d'offre (le cinquième de celle d'aujourd'hui) et, pour ce faire, il n'existe que deux paramètres : le nombre total de demandeurs ou la demande moyenne par demandeur.

Donc, consommer beaucoup moins ou être beaucoup moins à consommer. Il n'y a aucune autre issue.

 

*

 

Il est urgent, à l'échelle mondiale, de mettre en place des systèmes efficaces de régulation des naissances. Pour qu'une population reste stable, il faut une moyenne de 2.1 enfants par femme. La plupart des pays développés sont en dessous de ce seuil et contribue donc à la dépopulation du globe. En revanche, les contrées noir-africaines et musulmanes n'ont toujours pas compris l'impérieuse nécessité d'une politique de dénatalité ; le champion du monde est le Niger avec une moyenne de 9 enfants vivants par femme. C'est proprement suicidaire.

Quoiqu'il en soit, les chiffres parlent d'eux-mêmes : il faut qu'avant 2150, la population mondiale des humains descende et reste sous la barre des 2 milliards (soit la population mondiale en 1925).

 

*

* *

 

Le 20/03/2021

 

Les deux sources de revenu : le travail et la rente …

C'est la vision classique depuis les balbutiements de la théorie économique en Grande-Bretagne aux 18ème et 19ème siècles (Smith, Anderson, Ricardo, Malthus, etc …) et telle que plagiée éhontément par Karl Marx (qui n'a rien inventé ni rien achevé, mais qui a tout parasité : les idées des autres et le pognon d'Engels).

On oublie depuis des siècles la troisième source de revenu : l'intelligence !

C'est de la thermodynamique : le stock d'énergie accumulée (la rente et le capitalisme : ce que l'on possède) le flux d'énergie active (le travail et le socialisme : ce que l'on fait avec son corps) et la création de néguentropie (l'intelligence et le libéralisme : ce que l'on fait avec son esprit).

 

*

 

Ce qui est "rentable", c'est ce qui peut produire une "rente".

"Rentabiliser", c'est transformer en "rente". Les mots sont là …

 

*

 

De Jean-Marc Ferry :

 

"(…) la foi (…) comprise au sens séculier d'une confiance dans le réel."

 

Le définition est belle et bonne. Foi et confiance ont même étymologie qui a aussi donné "fidélité et fidèle", "confidence", … du verbe latin fidere : "se fier à".

 

*

 

De Niels Bohr :

 

"(…) toutes les choses que nous appelons réelles sont faites de choses qui ne peuvent pas être considérées comme réelles (…) le bon sens qui voudrait que les objets existent de manière objective, indépendamment de notre observation, devient obsolète lorsque l'on considère la physique quantique."""

 

A quoi Albert Einstein aurait répliqué :

 

"J'aime penser que la lune est là, même si je ne la regarde pas."

 

Le premier parle "phénoménologie", le second parle "ontologie".

En sens, tous ont raison. Mais ils ne parlent pas de la même chose : Einstein, parle du Réel et Bohr parle de l'image du Réel.

Il ne peut y avoir d'image du Réel sans un Réel qui est perçu (c'est le sens de la remarque d'Einstein).

Mais il ne peut y avoir du Réel (pour un humain) que pour autant qu'il est perçu (c'est le sens de la déclaration de Bohr).

 

*

 

Max Planck, Erwin Schrödinger, Eugène Wigner et d'autres, après Albert Einstein, sont arrivé à la même conclusion : la physique n'est possible et n'a de sens que fondée sur une métaphysique. Il ne peut y avoir de physique sans une forte cohérence du Réel, et si le Réel est cohérent, cela indique qu'il existe en lui, un principe de cohérence, un Logos donc, que l'on peut nommer "Dieu" ou "Esprit" ou "Tao" ou "Brahman" ou "YHWH" ou "Grand Architecte de l'Univers" … à la condition qu'il soit immanent au Réel. Sinon, on nage en pleine mythologie archaïque : le dieu personnel extérieur et étranger à l'univers est un fantasme puéril. Le dualisme monothéiste est une aberration.

 

*

* *

 

Le 21/03/2021

 

De Osho Rajneesh :

 

"Lorsque tu sais, toute croyance devient superflue. Tu sais. Et quand tu ne sais pas, abstiens-toi de croire. Croire en quelque chose empêche de jamais savoir."

 

"Personne n'est supérieur, personne n'est inférieur, personne n'est égal non plus, les gens sont juste uniques et incomparables."

 

"Pour pouvoir ramasser les diamants, il faut tout d’abord laisser tomber les cailloux que l’on porte dans nos mains."

 

"Si tu veux rester au pouvoir, tu devrais toujours maintenir le pays dans la peur. Maintenir constamment le pays dans la peur que les voisins sont sur le point d'attaquer, que des pays préparent une offensive. N'arrête pas de propager des rumeurs. Ne laisse jamais les gens en paix, car quand ils sont en paix, ils ne se soucient pas des politiciens. Quand les gens sont réellement tranquilles, les politiciens n'ont plus aucune importance."

 

*

 

L'écologie humaine doit être constructive en ce sens qu'elle doit (re)construire une relation positive avec la Vie sous toutes ses formes.

Il faut repenser et, surtout, renouveler pratiquement, quotidiennement, simplement, le pacte de Vie qui nous lie à tous les vivants.

Plus facile à dire qu'à faire après de si nombreux millénaires de méfiance réciproque. L'humain est un animal particulièrement mal adapté à la vie sauvage : pas de crocs, pas de carapaces, pas de fourrures, pas de griffes, lent à la course, balourd à la grimpe, sans beaucoup de flair … mais l'humain  voit loin et pense (parfois) juste. Il a donc pu développer une vision pensée et une pensée visionnaire. L'humain, malgré sa faiblesse constitutive, a réussi à survivre grâce à sa capacité d'anticipation (des dangers et des opportunités).

 

Tout cela a amené l'humanité à adopter une posture dualiste face à la Nature, la Vie, le Cosmos. Ce dualisme, venu de Platon et si cher à Kant, s'établit entre l'Objet (ce que l'humain voit) et le Sujet (ce que l'humain pense à propos de ce qu'il voit).

Et s'établissant ainsi, il a voulu établir, du même coup, une dualité ontique entre l'humain (doté d'une âme divine, qui serait, selon ses adeptes, non réductible à une émergence naturelle) et la Nature vivante.

L'humain serait, ainsi, d'une autre nature que la Nature.

Cette dualisation a mis l'humain en face de la Nature et non en elle ; elle a même défini l'humain contre le monde, la Culture contre la Nature, la civilisation contre la naturalité, l'Esprit contre la Vie.

Il fallait tout domestiquer c'est-à-dire tout réduire à la domesticité, au service domestique (du latin domus qui signifie la "maison") de l'humain.

 

Cette lutte de l'humain contre la naturalité (qui, bonne fille, a plutôt eu tendance à se laisser faire) a fini par déboucher, depuis que l'industrialisme a démultiplié la puissance humaine contre la Vie, sur une surexploitation suicidaire de la capacité de Vie de la biosphère ; mais ne revenons pas sur ce constat déjà fait et étayé plus haut.

Des pistes ont été tracées dont, par exemple, le biomimétisme si cher à mon ami Gauthier Chapelle qui cherche plus à imiter la Nature qu'à la combattre.

 

L'humain doit et peut survivre, mais certainement pas en sciant la branche de Vie sur laquelle il est assis (et c'est ce qu'il fait actuellement).

Le rapport entre l'humain et la Vie ne peut plus être un rapport de force, mais doit devenir un rapport de service.

Ce n'est pas la Vie qui est au service de l'humain, mais c'est l'humain qui doit comprendre que sa mission profonde est de mettre son esprit au service de la Vie. De la Vie sous toutes ses formes. En favorisant l'accomplissement de la Vie sous toutes ses formes, c'est son propre accomplissement que l'humain construit.

 

Ce renversement de posture est capital pour deux raisons majeures.

 

La première est que l'actuelle posture de pillage et saccage immodéré de la Vie et de la Nature, est proprement suicidaire et, à ce que je sache, la suicide n'est guère une voie d'accomplissement de soi.

 

La seconde est l'inversion de la notion de richesse. La Modernité avait tablé sur l'accumulation des richesses matérielles au détriment de la source qui la produit : la Nature. Le richesse y était synonyme de possession : possession des terres que l'on laboure, possession des bois que l'on rase, possession des cheptels que l'on abat, possession des mines dont on extrait les métaux précieux, les métaux de guerre et les métaux de travail, etc …

Je pointe, là, malicieusement, vers les analyses de la "propriété" de Pierre-Joseph Proudhon que, malheureusement, on a réduit aux méchancetés idiotes que Karl Marx en a dit.

Proudhon – dont le livre majeur porte un titre provocateur mais imprudent : "La Propriété, c'est la Vol" – ne conspue nullement la propriété, mais il exige que l'on ne possède pour soi que ce qui est absolument nécessaire pour vivre raisonnablement. Il ne s'agit pas de tout posséder ensemble (ça c'est le communisme) mais de ne posséder, chacun, que le strict nécessaire.

En Terre d'Israël, cela s'est traduit par l'opposition entre les kibboutzim (communistes) et les moshavim (associationnistes).

Mais il faut aller plus loin que les bonnes analyses de Proudhon contre les mauvaises analyses de Marx. Il faut reconsidérer la notion de richesse et établir une dialectique forte entre la richesse extérieure (ce que l'on possède autour de soi) et la richesse intérieure (ce que l'on devient en soi). Cette intériorisation de la Vie permet seule de servir la Vie extérieure ET intérieure (et d'éviter l'effondrement d'une humanité suicidaire).

Il ne s'agit plus de domestiquer, mais d'accomplir … dans le respect.

Ne plus jamais oublier que ce n'est pas moi qui vit ma vie, mais que c'est la Vie qui se vit à travers moi … et tout ce qui vit autour de moi.

 

C'est cela ce principe biocentriste qui devra présider aux relations futures entre les humains et la Nature.

Mais sans naïvetés, sans idéalisations, en toute lucidité et en tout réalisme. Il ne s'agit pas de sombrer dans les images d'Epinal d'un nouveau Paradis terrestre infantile où le lion paît avec l'agneau. Il s'agit, bien au contraire, de comprendre clairement que la Vie ne s'accomplit et ne se perpétue qu'en mangeant de la vie incarnée (et un végétal est de la Vie exactement au même titre qu'un animal, n'en déplaise aux végétariens de tous poils et aux végans débiles).

La Vie mange de la Vie pour vivre.

La Nature a fait l'humain omnivore et il doit le rester (sous peine de carences graves).  Là n'est pas le problème.

Le problème passe par les voies étroites de la frugalité (qui n'est pas une abstinence, mais une modération optimale). Et cette frugalité passez par les voies encore plus étroites d'une intériorisation de l'existence, par la claire conscience que la Vie se vit tout entière à l'intérieur de moi et que mon existence réelle n'est que de la Vie en moi nourrie par de la Vie autour de moi. Le biocentrisme appelle le téléocentrisme. La naturalité appelle la spiritualité.

Autrement dit la vie spirituelle est infiniment plus essentielle que la vie mondaine ou sociale.

C'est cette vie mondaine et sociale, et elle seule, qui engendre toutes les haines, toutes les guerres entre ces communautés de vie qui ne devraient vivre que pour s'accomplir intérieurement, sans empiéter sur les autres, sans agresser les autres.

 

*

 

C'est la Vie qui est l'archet, et moi, je ne suis que la corde. Et la Vie est multiple : elle fait vibrer tout ce qui existe, chacun selon sa nature, chacun selon sa fréquence.

ET tout ce qui vibre peut entrer en résonance.

Raisonner ? Oui, mais résonner en plus ! Entrer en résonance avec soi, avec ses proches, avec la Nature, avec les Idées, avec le Cosmos … et entendre enfin la "musique des sphères".

 

Mais pour entendre, il faut apprendre à écouter.

Ecouter le silence : "The sound of silence" tel que l'écrivait Paul Simon en 1964 n'est pas que de la poésie, c'est une invitation à la spiritualité. Car, au-delà de toutes les religions, la spiritualité est le chemin privilégié pour que chacun retrouve son harmonie avec toutes les vibrations cosmiques, avec la Vie : celle du monde comme celle de ce brin d'herbe.

 

*

* *

 

Le 22/03/2021

 

L'actuel changement de paradigme signe le divorce radical et irréversible entre le capitalisme spéculatif (le financiarisme) et le capitalisme entrepreneurial (l'entrepreneurialisme).

Il est temps de songer très sérieusement à interdire toutes les formes de spéculation (comme tous les jeux de hasard), de fermer toutes les Bourses du monde (comme tous les Casinos), d'instaurer une monnaie mondiale unique et de forcer les banques à faire enfin leur vrai travail (épargne et crédit, et rien d'autre).

Le travail et l'intelligence : oui. La rente : non.

 

*

 

Je me heurte souvent à la foi que beaucoup ont - et que je n'ai pas - en la puissance de la technologie pour combler les déficits de ressources.

La technologie ne peut faire qu'une seule chose : améliorer les rendements de transformation et les rapprocher, asymptotiquement, du rendement théorique maximal idéal (le rendement de Carnot).

Le principe de Malthus (pas de croissance infinie avec des réservoirs finis) est définitivement vrai ; mais la théorie qu'il en a tirée concernant l'agriculture était fausse car il n'avait pas tenu compte des énormes progrès technologiques encore possibles à son époque.

En revanche, aujourd'hui, selon moi, toutes les technologies "matérielles" fondamentales ne peuvent plus espérer améliorer leurs rendements de transformation (sauf, dans certains cas, pour les récentes biotechnologies) ; elles sont à leur maximum indépassable (à un epsilon près dont le prix sera exorbitant ... donc un epsilon inutile et dispendieux).

On ne peut plus guère compter sur de substantiels gains de rendements quels que soient les investissements intellectuels et financiers que l'on consentirait.

 

*

 

Quand on parle de "croissance", on parle de quelle "croissance" ?

La discussion sur la définition de l'indicateur de croissance que l'on choisit, est essentielle.

Le PIB est absurde.

L'IDH, s'il est déjà plus riche, ne me satisfait gère plus.

 

*

 

Les économistes de gauche sont très sensibles aux "inégalités". Moi, beaucoup moins : l'égalité n'existe pas dans le Réel et les différences (qui sont des "différences de potentiel" comme en physique) sont indispensables pour avancer.

 

*

 

Le regard économique qui m'intéresserait, serait global : un rapport entre "Humanité" et "planète Terre" en termes "patrimoniaux" (le PIB parle "compte de résultat ; moi, j'aimerais que l'on me parle "compte de bilan" à l'échelle planétaire).

 

*

 

Le tourisme de demain …

La fin de la logique de masse, accélérée par la pandémie, a fait basculer le monde du tourisme dans une tout autre manière de voyager.

En gros, ce basculement se résume en dix points que voici :

 

  1. Un tourisme de proximité avec de faibles déplacements : l'exotisme ne paie plus et le prix des carburants explose.
  2. Des séjours courts, mais plus nombreux, plus fréquents pour se dépayser, pour se réenchanter.
  3. Des séjours plus courts, certes, mais plus luxueux, plus confortables, avec plus de services.
  4. Une recherche de ressourcement et non plus de défoulement : recharger ses batteries et non plus se défoncer.
  5. Une volonté de reliance à soi pour se retrouver, pour faire le point avec sa vie et avec la Vie, pour savoir où on en est par rapport à soi, pour donner ou retrouver du sens.
  6. Un désir de reliance aux autres pour renouer avec ses proches, pour resserrer les liens de connivences et de tendresse, d'amitié et de complicité.
  7. Un besoin de reliance à la Nature pour retrouver la Vie au fond de sa vie, pour se réenraciner dans un terroir qui vit, qui illumine, qui sent, et tout cela dans le profond respect de la Vie sous toutes ses formes.
  8. Une quête de racines naturelles, certes, mais aussi de racines culturelles par l'histoire, par les mets et les vins, par les artisanats, par les traditions, par les murs de pierres.
  9. Un goût pour les activités douces ou créatives, loin des violences urbaines ou ultra-sportives, réapprendre à lire, à dessiner, à marcher, à respirer.
  10. Une indispensable culture de la joie de vivre au-delà des plaisirs que l'on prend ou d'un bonheur qu'on attend.

 

Au fond, le mot "tourisme" (faire un tour) est devenu inapproprié. C'est de voyage qu'il s'agit. Mais ce voyage est tout entier dédié à l'intimité, à la proximité sans la promiscuité.

 

*

 

Il est curieux que, souvent, on oppose "raison" et "révélation". La "révélation", ce n'est jamais que le nom religieux de l'intuition, c'est-à-dire d'une résonance particulière entre un esprit humain et l'Esprit cosmique. Au côté de la sensitivité (les cinq sens), l'intuition est l'autre dimension de la sensibilité, la première étant analytique et la seconde, holistique. Or, il est évident qu'aucune rationalité ne peut construire un édifice à partir d'autre chose que des matériaux fournis par la sensibilité. Ainsi, opposer "raison" et "révélation", c'est opposer les deux faces d'une seule et même médaille qui est l'esprit dans sa construction consciente au présent.

 

*

 

Parlant de "l'homme baroque", F. Ducarme écrit qu'il est :

 

"un homme quia perdu pied, qui ne sait plus qui il est, ni où il est, quia perdu tout repère dans l'infini, et qui commence à questionner son rôle dans cet univers d'autant plus effrayant qu'il n'est même pas hostile, mais simplement indifférent."

 

Cet "homme baroque" ressemble bigrement à l'homme de ce début de 21ème siècle.

 

*

 

"Au commencement était le Réel" …

Et le Réel se développe à partir d'un principe de cohérence (un Logos, un Esprit cosmique, une Âme universelle) et l'humain fait intégralement et constitutivement partie de ce Réel.

La seule certitude absolue est : il y a le Réel qui existe !

 

L'humain élabore une perception de certaines manifestations du Réel mais pas de toutes puisque la partie ne perçoit jamais la totalité du Tout : c'est l'univers-image. Et, ensuite, il s'en construit une représentation le plus fine et globale (c'est l'univers-modèle).

La perception du Réel résulte d'une interaction entre la sensibilité humaine et les manifestations du Réel ; cette interaction modifie à la fois le Réel (en le perturbant) et l'humain (c'est cette modification de l'humain que l'on nomme perception).

A partir de ces perceptions (analytiques ou sensitives ; holistiques ou intuitives), l'intelligence humaine édifie sa représentation du Réel dans un espace de représentation appelé "espace des états" qui rassemble l'ensemble des paramètres permettant la comparaison, entre eux, des phénomènes perçus. Cet espace des états est intimement lié aux modes de perception et reflète certaines caractéristiques de ce que l'on parvient à percevoir.

 

Ainsi, la notion d'espace topologique à trois dimensions, et celle de dimension dynamique fondant l'idée de  temporalité,  sont typiquement un produit de la perception par les sens de la vue et de l'ouïe qui repèrent des "positions" relatives et des "mouvements" relatifs ; mais l'espace-temps n'est qu'un sous-ensemble de l'espace de représentation où les perceptions du toucher, du goût et de l'odorat ne trouveraient pas leur place si l'on n'y adjoignait pas l'espace eidétique des formes, des organisations, des structures, etc ….

Au fil des temps, le nombre des dimensions de l'espace de représentation a dû considérablement augmenter pour accompagner le développement des technologies expérimentales (de l'univers-image) et les sophistications de l'appareil conceptuel (de l'univers-modèle).

 

Le premier grand principe de la consistance scientifique part du postulat que le Réel, tel qu'en lui-même, est gouverné par un principe de cohérence. La rationalité que cette cohérence reflète, s'exprime dans les relations qui président aux rapports les parties du Réel, et entre chacune de ces parties et le Tout du Réel.

Dès lors, pour que les représentations fournies par la science puisse être valables il faut que les univers-image et univers-modèle soient, chacun, intrinsèquement cohérents en eux-mêmes, et être aussi radicalement cohérents entre eux.

 

Le second grand principe de la consistance scientifique est de ne laisser entrer dans l'univers-image que des perceptions analytiques (sensitives) rigoureusement confirmées, et des perceptions holistiques (intuitives) réellement fécondes. Il faut donc se méfier des soi-disant perceptions qui, en fait, relèvent de l'imaginaire fantasque ou de l'hallucination psychique.

 

Par exemple, qu'il y ait des phénomènes atmosphériques locaux inexpliqués, produisant des perceptions troublantes, ne fait aucun doute ; de là à en tirer des preuves de l'existence d'OVNI ou de petits hommes verts, il y a un grand pas à ne pas franchir.

De même, qu'il y ait une "Intelligence cosmique" responsable de la cohérence du Réel, ne fait aucun doute ; mais de là à en conclure l'existence d'un Dieu personnel caché, antérieur et étranger au Réel, et créateur de tout ce qui existe, il y a une sacrée marche à éviter.

 

Dans ces deux cas, l'hypothèse complémentaire (les OVNI ou le Dieu personnel) n'est pas féconde en ce sens qu'elle ne rend pas le modèle plus cohérent et que, au contraire, elle l'alourdit inutilement. Le principe du "rasoir d'Occam" reste, dans tous ces cas, un outil d'une extrême pertinence.

 

*

 

Quel que soit le regard que l'on porte ou le chemin que l'on emprunte à propos de la réalité du Réel, on retrouve toujours les mêmes trois domaines métaphysiques établis par Aristote : celui de la Substance (le domaine topologique), celui du Mouvement (le domaine dynamique) et celui de la Forme (le domaine eidétique).

Certains physiciens d'aujourd'hui parleraient, respectivement, du domaine de l'Energie, du domaine de la Vibration et du domaine de l'Information (ou de la Néguentropie, ce qui revient au même). On pourrait aussi parler de Matière, de Vie et d'Esprit.

 

Tout le drame de physique classique (qui n'était que mécanique) est d'avoir voulu ignorer le domaine eidétique (forme, information, néguentropie, organisation) et d'avoir voulu tout réduire aux seuls domaines topologique et dynamique, symbolisés ensemble par l'espace-temps.

 

*

 

Le sujet humain face au monde est un "je" et, pour lui, l'objet dans le monde est un "il" ou un "ça". La véracité de ce "il" ne pourra être confirmée que par un "nous" intersubjectif humain qui pourra attester l'existence de ce "ça".

Mais les choses se compliquent lorsque la linguistique propose un "tu", humain ou non humain, symétrique au "je" : l'objet n'est plus seulement un "il" qui est regardé et passif, mais il est aussi un contre-sujet qui regarde et est actif dans sa relation avec le "je".

C'est là la source de toutes les formes de spiritualisme où l'esprit du sujet prête un esprit, équivalent au sien, à l'objet qui est en face de lui et avec lequel il construit un dialogue (poétique, mystique ou magique).

Le "je" du sujet et le "tu" de l'objet spiritualisé, forment un "nous" qui n'est plus le "nous" intersubjectif des différents sujets "je" face au "ça", mais qui devient un "nous" unitif, fusionnel et métaphysique. Un "nous" qui mène au "Un" au-delà de tous les "je", de tous les "tu", de tous les "il " et de tous les "nous".

Connaître, c'est alors faire du "nous" un "un" … où il n'y a plus de "il".

On pourrait alors encore gloser sur le "vous" qui, donc, ne serait aucun des "nous", mais avec lequel le "je" ou un des "nous" entrent en dialogue … et sur le "ils" qui n'est aucun des "nous", ni aucun des "vous".

Le "vous" peut parfois se fondre dans un "nous ; mais pour qu'un "ils" puisse en faire autant, il doit impérativement et préalablement devenir un "vous".

 

*

 

Faire l'amour et parler d'amour, ce n'est pas pareil.

 

*

 

Le temps permet de mesurer la durée entre deux événements.

L'espace permet de mesurer la distance entre deux objets.

Dès lors que l'on comprend que l'espace et le temps sont des systèmes de mesure et des espaces de représentations particuliers, et non des réalités, on comprend mieux les fondements des théories de la relativité.

Les durées et les distances sont physiques : le temps et l'espace ne le sont pas car ils ne sont que conventionnels.

La durée est une chose, mais la mesure d'une durée en est une autre qui dépend de la manière dont on la mesure (une mesure est toujours une interaction entre un phénomène et un instrument qui, tous deux conditionnent le résultat). C'est cela la relativité.

 

*

* *

 

Le 23/03/2021

 

Qu'est-ce que la complexité ? Tout sauf la complication. Un système est d'autant plus complexe que le nombre, l'intensité et la fréquence des interactions entre ses composants est plus grande.

Plus c'est complexe, plus tout interagit avec tout et plus les interactions prennent le pas sur les composants et déterminent la nature même du système.

Le niveau "zéro" de la complexité, ce sont les systèmes mécaniques qui sont démontables et remontables (on dit qu'ils sont réversibles) et où les interactions entre les composants sont faibles (des relations d'assemblage réversible qui ne modifient pas l'identité des composants).

Plus on monte dans l'échelle des complexités, plus les systèmes concernés sont intégrés, plus les interactions sont structurantes, plus les composants perdent leur identité pour entrer dans un processus fusionnel avec les autres afin d'engendrer des émergences irréversibles.

 

L'univers, pris comme un tout, est un immense océan quasi vide, émaillé d'îlots de complexité que l'on appelle des galaxies. Et toutes les galaxies évoluent vers toujours plus de complexification. La Matière, puis la Vie, puis l'Esprit sont des émergences successives produites dans les îlots galactiques. Le mot "îlot" est correct par rapport à l'échelle de l'univers et du vide intergalactique, mais il pointe tout de même vers des systèmes compacts composés de milliards d'étoiles rassemblées autour d'un noyau central que certains appellent un "trou noir" qui est tout sauf un "trou" et qui est "noir", parce qu'il absorbe tout ce qui passe à sa portée, lumière comprise.

 

*

 

Les sociétés humaines sur notre petite planète Terre, autour de cette étoile nommée Soleil, à la périphérie de cette galaxie appelée Voie Lactée, connaissent la même poussée cosmique vers toujours plus de complexité.

Cela signifie, très concrètement – et les technologies numériques en sont, actuellement, un amplificateur puissant – que chacun humain est en relations de plus en plus nombreuses, de plus en plus intenses et de plus en plus fréquentes avec d'autres humains.

Chacun de nous a de plus en plus d'interlocuteurs, rencontre de plus en plus de gens, communique de plus en plus fréquemment avec les autres. Chacun de nous produit sa propre existence par émergence (et non plus par assemblage).

 

J'ai calculé que le grand-père adoptif qui m'a élevé (un bon paysan flamand à qui je dois beaucoup), n'a rencontré, tout au long de sa vie que de l'ordre de 220 personnes différentes. A combien de milliers, voire de dizaines de milliers, êtes-vous  ?

Lui, il passait le plus clair de sa journée de travail seul, "au cul de son cheval", et de sa journée de repos, seul, avec ses pigeons (il était colombophile). Ses moments d'interaction avec d'autres humains se limitaient aux temps de repas et à la partie de carte du dimanche matin devant un "galopin" de bière ; et une fois par an, il y avait la "ducasse" ou "kermesse" de la rue (une trentaine de maisons) où il habitait : 't Corentje. Comparez avec votre vie … On était alors dans les années 1950 et 1960, il n'y a qu'un demi siècle.

 

Durant des siècles, hors ces quelques îlots de plus haute densité de population qu'étaient les villes (de quelques milliers d'habitants pour les plus grosses), le vie de 90% de la population était du même style que celle de mon grand-père Hector.

La population humaine totale est passée de 100 million à 1 milliard (un facteur 10) en 2.000 ans … et elle est en train de passer de 1 milliard à 10 milliards (aussi un facteur 10) mais en seulement 200 ans (un autre facteur 10, mais dans l'autre sens).

Cela signifie que l'indice de promiscuité a été multiplié par 1000, en gros, durant l'ère de la Christianité qui se termine sous nos yeux !

 

*

 

Le taux d'interaction humaine a augmenté de façon faramineuse ce dernier siècle, induisant une pression de sollicitation jamais atteinte auparavant. Des sollicitations de plus en plus nombreuses, intenses et fréquentes auxquelles il faut répondre de plus en plus rapidement, exactement, précisément.

Il n'est donc pas étonnant que le taux des burn-out suive, lui aussi, une exponentielle.

 

Ce taux de sollicitation touche chacun dans sa vie personnelle. A l'internat où j'ai passé mon enfance, la devise était : "Tout le travail d'abord, les jeux ensuite". Aujourd'hui, la quantité de choses à faire par jour est telle que la plupart doivent renoncer à tout faire et que la question numéro un de la gestion du temps est de définir des priorité et ainsi choisir ce que l'on ne fera pas parce que l'on n'aura pas le temps et m'énergie suffisants pour le faire. Puisque tout le travail ne pourra plus être fait, il n'y aura plus de jeux. Et cela implique un clivage net entre deux catégories d'humains : une minorité qui a choisi le travail (sans plus de jeu) et qui fait tourné "la boutique", et une majorité qui a choisi le jeu (sans plus beaucoup de travail, limité à 35 heures, en théorie, soit 20, en pratique, surtout chez les fonctionnaires) et qui parasite "le système".

Il y a donc là une colossale rupture sociétale qui brise le rêve de la Modernité, du Progrès et la Prospérité générale.

 

Mais cette explosion du taux de sollicitation touche aussi les communautés de vie (surtout les entreprises) qui doivent répondre de plus en plus vite, de plus en plus intelligemment et de plus en plus créativement, à un nombre hallucinant de nouveaux problèmes et de nouvelles questions. Et ces questions, parce qu'elles sont de plus en plus complexes, exigent des réponses qui devront être construire collectivement, par une équipes alliant diverses spécialités. IL va sans dire (puisque cela a été montré plus haut) que le modèle pyramidal hiérarchique, parce que trop pauvres en relations, parce que, donc, trop lent et trop lourd, est royalement incapable d'assumer cette augmentation spectaculaire du taux de sollicitation encore amplifié par la Toile et les outils numériques.

 

Bref : le modèle pyramidal hiérarchique n'est plus du tout adéquat dans un monde devenu exponentiellement et irréversiblement complexe. Il faut donc changer radicalement de modèle axiologique et sortir des pyramides archaïques pour fonder de nouveaux modes d'existence. On verra que la réponse est le passage à des modèles "en réseaux", en des modèles réticulés qui seront le fondement du monde qui vient.

 

*

 

Et il ne faut être "grand clerc" pour comprendre immédiatement qu'il n'y a pas que les entreprises qui devront (et qui le font déjà) sortir du modèle pyramidal hiérarchique ; tout le système politique et ministériel devra faire de même.

Or ce système est évidemment construit tout entier sur le principe d'un fonctionnement "mécanique" basé sur des hiérarchies pyramidales, des procédures figées, des normes impératives, des comportements stéréotypés, des principes du moindre effort, de la moindre activité et de la moindre responsabilité, etc …

Il ne faut jamais l'oublier : la pyramide est la géométrie de l'absolue stabilité, de l'absolue immobilité, où le leitmotiv central est "Continuer sans rien bouger", donc un modèle axiologique totalement inapte à répondre à un monde réel effervescent dans toutes ses dimensions.

La rupture entre les organisations politiques et administratives, d'une part, et le monde humain réel, d'autre part, est consommée et doit être actée.

Les pyramides nationales et leur mille-feuille administratif doivent disparaître au plus vite sous peine de complètement scléroser les tissus sociétaux.

 

*

 

Il faut faire une distinction nette et radicale entre le marchand et l'entrepreneur.

Le marchand n'a pas d'autre projet que de faire de l'argent.

L'entrepreneur a un projet économique et humain qui coûte de l'argent et qui en rapporte parfois.

Il faut distinguer nettement et radicalement l'économie marchande où l'argent est le but, et l'économie entrepreneuriale où l'argent est la conséquence.

 

*

 

L'économie de demain doit abolir le financiarisme et le mercantilisme, et promouvoir l'entrepreneurialisme.

 

*

 

La tripartition du temps a une réalité physique incontestable.

Le passé c'est l'accumulation de tout ce qui a déjà été fait.

Le présent ce qui est en train de ce faire.

Quant à l'avenir, c'est une fiction vide de réalité. Le futur n'existe pas et n'a rien de réel ; au mieux, il n'est qu'une projection ou une extrapolation imaginaires et humaines qui se construisent soit sur des fantasmes divers, soit sur par application, plus ou moins rigoureuse, du principe de cohérence, inhérent au Réel, tant dans les domaines topologique de la spatialité et eidétique de la , que dans le domaine dynamique de la temporalité.

Le temps réel s'arrête précisément à l'instant présent ; il faut le répéter, le "futur" n'est qu'extrapolation imaginaire, purement irréel et fantasmagorique, le "futur" n'existe pas puisqu'il reste intégralement à construire dans le présent, instant après instant, en cohérence avec tout le passé accumulé et en optimalité par rapport aux tensions héritées du passé, qui habitent le présent et qu'il est en charge de dissiper , notamment en faisant germer des émergences de complexité.

 

Si l'on observe un petit chêne de quarante centimètres de haut, on voit qu'il a germé d'un gland, qu'il a poussé pendant une poignée d'années, en accumulant toutes les vieilles cellules qu'il a engendrées dans son bois intérieur (c'est son passé réel et lignitisé) et qu'il continue de pousser grâce au travail actuel de la mince couche de cambium qui enrobe ce bois, juste sous l'écorce (c'est son présent). Même si je connais bien l'espèce quercus et que je me mette à supputer sa pousse future pour imaginer ce chêne dans un an ou dix ans ou cent ans, il ne s'agira que de supputations gratuites tant je suis dans l'ignorance totale d'un éventuel arrachage par le jardinier, ou d'une éventuelle sécheresse qui le tuera, ou d'une invasion funeste et létale de vers, insectes ou pucerons divers … Mes supputations sont de pures extrapolations soumises à l'hypothèse jamais vérifiable et assurable du "toutes autres choses restant égales".

 

*

 

En suivant Carlo Rovelli …

Le temps n'existe que parce qu'il existe une flèche du temps c'est-à-dire un écoulement entropique impliqué par le second principe de la thermodynamique classique (la chaleur va du chaud vers le froid, irréversiblement).

La physique de la complexité confirme, mais de manière plus profonde : la flèche du temps manifeste une intention fondamentale, cosmique et immanente, qui veut extrémiser l'ordre processuel soit par uniformisation entropique (c'est le fameux second principe), soit par complexification néguentropique (ce sont les structures dissipatives et les émergences autopoïétiques).

Cela montre, à la fois, une évidence de bon sens et une révolution cosmologique : il ne peut y avoir de flèche du temps sans intention !

 

*

 

L'Etat doit légiférer (le moins possible), mais surtout ne rien faire lui-même.

Payer un fonctionnaire pour faire ce qu'une entreprise privée ferait beaucoup mieux, beaucoup plus vite et pour beaucoup moins cher, est une absurdité.

Il faut d'urgence éradiquer la notion même de "service public" ; un "service public", dès que l'on sort de l'idéalisme naïf et infantile qui a présidé à sa mise en place, n'est plus qu'une planque, au service d'elle-même mais certainement pas au service du "public", inféodé aux impératifs idéologiques et électoraux de l'administration, attirant tous les parasites n'ayant rien dans le ventre et incapable d'assumer un quelconque projet de vie personnel, inapte à produire de la réelle valeur d'utilité, embrigadé dans la logique bureaucratique qui n'a qu'une seule finalité, identique à celle de la tumeur cancéreuse : se développer à l'infini en parasitant létalement les tissus sains où elle s'est implantée.

 

*

 

La notion des "droits de l'homme" est importante (même si sa version onusienne actuelle est passablement ridicule). Mais la vraie question est : parmi les abrutis d'humains actuels lesquels peuvent être vraiment considérés comme des hommes ayant des droits ?

 

*

 

Chacun a le droit de vivre sur ce qu'il a produit.

Personne n'a le droit de vivre sur des rentes prélevées sur ce que d'autres ont produit.

 

*

 

J'en ai plus que marre du mercantilisme – et du financiarisme qui va avec – à la sauce américaine : marketing, design, merchandising, couponing, pricing, franchising, …

Qu'on jette tout cela aux chiottes. Seule compte la valeur d'utilité réelle des produits que l'on vend au juste prix à ceux qui en ont réellement besoin.

Tout le reste est arnaque.

 

*

* *

 

Le 24/03/2021

 

Après s'être enfin débarrassé de tous les idéaux, de tous les idéalismes et de toutes les idéologies, après avoir appris à se dépolitiser et à remettre le politique à sa juste place périphérique d'un simple organe de régulation infrastructurelle et sécuritaire, notre époque doit revenir aux fondamentaux : l'éthique c'est-à-dire les règles de vie, les règles du jeu comportemental (Ethos, en grec, signifie "comportement").

Les lois juridiques, économiques, politiques, ascientifiques, … ne sont rien d'autre et rien de plus, que des applications particulières d'une éthique essentielle.

 

*

 

La force (de caractère, de volonté, de conviction, …) peut appartenir à une personne seule.

Mais le pouvoir n'appartient qu'à une masse d'individus.

C'est là l'origine de tous les conformismes et de tous les suivismes.

Le "nous" rend les faibles puissants.

C'est là la source de l'ultra-violence des actuelles bandes d'adolescents dans les banlieues ou les "quartiers".

 

*

 

Se maintenir. Se relier. S'accomplir.

Sur ces trois motifs d'action, seul le dernier est proprement humain … mais il ne concerne que bien peu d'humains.

 

*

 

La thèse antisémite par excellence : si l'antisémitisme existe c'est la faute aux Juifs et la preuve qu'ils le méritent.

Voilà qui est abjectement tautologique.

 

*

 

Un mot est à la mode : "néolibéralisme".

Ce mot ne signifie rien ! Le libéralisme est une doctrine intemporelle qui met l'autonomie personnelle au-dessus de toute considération, de quelqu'ordre soit-elle. Il n'y a, ni y aura quelque néolibéralisme ou ultralibéralisme que ce soit.

Il y a le libéralisme qui s'oppose, depuis toujours et à jamais, à l'étatisme, au populisme, au socialisme, au communisme, au fascisme, à la dictature des masses menées par des démagogues et à toutes les formes d'autoritarisme et de totalitarisme.

En revanche, et l'amalgame est détestable et abject, ce que les gauches appellent de plus en plus souvent "néolibéralisme" n'est que le détestable financiarisme dont la seule visée est d'inféoder le capitalisme entrepreneurial (l'apologie de l'initiative, du travail, de l'intelligence créative, de la production de valeur d'utilité, etc …) au capitalisme spéculatif (l'apologie du parasitisme, de la rente, de la malignité, de la cupidité, du fantasme de l'argent facile, …), et de soumettre l'économie réelle (celle du travail, donc) à la dictature boursière (celle de la rente, donc).

 

*

 

La réalité collective possède quatre dimensions complémentaires :

 

  • la dimension politique qui organise (axiologie) et protège (immunologie) la communauté ;
  • la dimension bromatologique qui nourrit (économie) et pérennise (écologie) la communauté ;
  • la dimension noétique qui donne identité (généalogie) et sens (téléologie) à la communauté ;
  • la dimension sociale qui régule et optimise le tout (métabolisme) dans la quotidienneté.

 

*

* *

 

Le 25/03/2021

 

Ethique de non agression : il est strictement interdit d'agresser qui que ce soit, tant matériellement (dans son corps et dans ses biens) qu'immatériellement (dans sa privance et dans son honneur).

Toute manifestation d'agressivité envers quiconque, humain ou non humain, doit être immédiatement condamnable et condamnée.

Même si elle peut avoir des explications, l'agressivité, sous toutes ses formes, n'a jamais d'excuses.

 

Imaginons quelques instants un monde où personne n'agresse jamais personne. Et voilà le monde en paix.

Parce que ce n'est pas de mes compétences, il ne m'appartient pas de psychanalyser l'agressif ni de décortiquer les mauvaises raisons qu'il a de l'être.

Mais il me semble tout de même que toutes les formes d'agressivité relèvent de la contrariété c'est-à-dire du fait que l'autre (humain ou non humain), par ce qu'il est, dit ou fait, est considéré comme faisant obstacle sur le chemin qui mène à la réalisation d'un désir.

Plus ce désir est fort, plus la contrariété est grande et plus l'agressivité risque d'être destructrice.

 

En hébreu, le mot Shathan (qui a donné "Satan" en français) signifie, précisément, "ce qui fait obstacle". L'agression est une satanisation. Agresser l'autre, en somme, c'est donc le diaboliser. C'est donc quitter le monde réel et se laisser envahir par les fantasmagorie démoniaque de l'âme primitive, primaire, primale, c'est redevenir esclave du cerveau reptilien.

 

Peut-être, alors, pour désamorcer toutes les formes d'agressivité, faut-il se concentrer sur sa cause première et interdire à quiconque de faire obstacle à l'accomplissement de l'autre, pourvu que cet accomplissement soit légitime, constructif et pacifique, respectueux de la Vie et de l'Esprit … et qu'il ne s'agisse pas de caprices puérils.

 

*

 

L'heure n'est plus aux pyramides hiérarchiques, quelles qu'elles soient, qui sont trop pauvres, trop lentes et trop lourdes pour être efficaces et résilientes dans un monde de plus en plus complexe.

Or tous les systèmes politiques modernes, qu'ils soient "démocratiques" ou "autoritaires", étaient forcément très pyramidaux, très hiérarchiques, très bureaucratiques. De plus la dématérialisations des relations et des appartenances a déplacé vertigineusement la notion de territoire qui, de national et géographique, est devenu culturel et immatériel.

Les frontières ne sont plus une ligne physique sur une carte ou sur une route, mais une ligne symbolique entre le "nous" et le "eux".

La seule réalité matérielle qui tienne, est celle du "continent" qui est un bassin culturel mondial, mais inscrit, par l'histoire, au départ d'un bassin géographique (Euroland, Angloland, Latinoland, Afroland, Islamiland, Russoland, Indoland et Sinoland).

Un continent est un réseau de "régions" autonomes qui peuvent être des terroirs et/ou des communautés de vie, ancré dans un territoire géographique.

 

*

 

La Modernité avait voulu tout désacraliser, tout déspiritualiser et avait abouti à ce détestable nihilisme nombriliste et narcissique du 20ème siècle.

Le 21ème siècle démarre sur l'exigence de redonner sens et valeur à ce que l'on est (cfr. la question de l'identité, ci-dessus), à ce que l'on fait (cfr. les éthiques politiques et bromatologiques), à ce que l'on devient …

En paraphrasant la phrase faussement attribuées à André Malraux : le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas.

Mais quelle spiritualité ? Toutes les spiritualités se valent-elles ?

Il est évident qu'il existe des spiritualités nocives, surtout lorsqu'elles s'incarnent dans des religions dogmatiques, haineuses, sectaires, inquisitoriales et violentes.

L'actualité met face à face l'islam et l'islamisme. Et il est évident que l'islamisme est un sectarisme violent et nauséabond ; mais c'est d'abord à la grande majorité des musulmans non islamistes qu'il revient de le désavouer radicalement et sans ambiguïté.

Il en va de même pour le néo-catholicisme latin et le néo-évangélisme américain.

 

Toutes les spiritualités s'enracinent dans la même mystique universelle, intemporelle et moniste. Chaque spiritualité s'incarne dans divers corps religieux différant entre eux par leur credo, leurs rites, leurs coutumes ou leur langue. Et dans chaque branche religieuse, il existe une minorité sectaire, violente, inquisitoriale, dogmatique et haineuse.

C'est ainsi.

Et ce sont donc ces factions nauséabondes qu'il faut dénoncer partout avec vigueur et rigueur car un secte religieuse qui s'installe dans la haine de l'autre, est évidemment et complètement déconnectée de la mystique universelle et intemporelle, et relève de la maladie mentale.

Le ressentiment, quelle qu'en soit la source, est toujours une manifestation de l'irreligion la plus infâme.

 

*

 

Chacun a le droit d'affirmer son identité personnelle. Chaque communauté a le droit d'affirmer son identité culturelle.

L'ère noétique se construira sur le principe profond et irréfragable du différencialisme !

Son contraire, l'égalitarisme nie les différences et doit être éradiqué. Dans le Réel, rien n'est l'égal de rien puisque tout est différent et unique.

Quand donc les différences pourront-elles être affirmées sans être exploitées ? Quand donc les différences seront-elles enfin perçues en termes de complémentarités ?

Être différent et se revendiquer tel, ce ne peut jamais être revendiquer une quelconque supériorité ou infériorité. Cela ne signifie nullement, tout au contraire, qu'il n'existe pas d'élites selon tel ou tel critère. Qui plus est, il doit y en avoir et il faut qu'elles soient reconnues telles afin de stimuler les courages, les émulations, les projets ou les efforts.

 

*

 

Il est urgent d'opposer le libéralisme entrepreneurial au modèle américain qui n'est plus libéral du tout depuis la fin des années 1970 et qui est tout entier construit sur le financiarisme (la Bourse, les bulles spéculatives, la monnaie de singe, la planche à billet, …) et sur le mercantilisme (marketing, design, merchandising, couponing, pricing, franchising, …).

L'économie entrepreneuriale de demain sera tout le contraire de ce modèle américain, comme elle sera aussi tout le contraire du dirigisme autoritariste du socialo-populiste (étatisme, victimisme, assistanats, obsession taxatoire, fonctionnarisme, procéduralisme, normativité, règlementarisme, etc …).

 

*

 

L'économie moderne était construite sur un modèle financiaro-industriel dont les deux piliers – très corrélés l'un à l'autre - étaient une logique de production/commercialisation de masse, d'une part, et une logique de prix (toujours plus) bas, de l'autre.

L'économie de l'ère noétique se construira sur deux autres piliers : une logique de niche et de proximité, d'une part, et une logique de valeur d'utilité, d'usage et d'utilisabilité, de l'autre.

L'obsession de la productivité sera remplacée par une exigence de virtuosité.

L'obsession de la quantité cèdera la place à une exigence de qualité.

 

*

 

La Chine actuelle amorce un profond retour au confucianisme traditionnel ce qui implique un antilibéralisme et un anti-individualisme radicaux.

 

*

 

Se pérenniser : c'est la dimension bromatologique entre écologie et économie.

Se relier : c'est la dimension politique entre axiologie et immunologie.

S'accomplir : c'est la dimension noétique entre généalogie et téléologie.

Il n'y en a pas d'autres hors celle d'harmoniser optimalement ces trois.

 

*

 

Le confucianisme s'occupe exclusivement de la régulation des relations entre les humains ; il est donc exclusivement moral et politique et se désintéresse totalement de cosmologie ou de spiritualité.

Toute cette pensée est construite sur le modèle pyramidal hiérarchique et sur les notions de respect, de bienveillance, de justice, de prudence et de sincérité (les cinq vertus principales).

Ces cinq vertus, il faut :

  • les faire briller en soi,
  • les activer chez les autres,
  • les porter à leur perfection.

Le confucianisme connait cinq niveaux humains : la personne, la famille, la communauté, l'empire et l'humanité, qui, chacun, doivent être régulé selon les mêmes principes (les cinq vertus).

Le confucianisme est l'antithèse absolue du taoïsme qui lui, soumet l'humain au naturel, à l'universel et au cosmique et se moque éperdument des relations entre les humains.

 

*

 

De Soljenitsyne

 

"L'homme qui n'est pas préparé intérieurement à la violence est toujours plus faible que celui qui fait violence."

 

Le latin disait : "Si vis pacem, para bellum" (si tu veux la paix, prépare la guerre).

 

*

 

Dans une vraie université où de vrais étudiants étudient vraiment de vraies matières scientifiques et culturelles, personne n'a de temps à perdre à faire de l'idéologie. Au contraire de ses homonymes belges, allemands ou britanniques, l'université française, qui était déjà d'un niveau de médiocrité insondable, est devenue, surtout dans les facultés dites de "sciences" humaines, un creuset de gauchisme archaïque et nauséabond.

A l'instar des mouvements "étudiants" de Berkeley (Californie), "mai '68" n'a été un évènement toujours célébré qu'en France. Ailleurs, il ne s'est agi que de ce qui n'est que réalité : un caca nerveux de petits merdeux, vite oublié.

La soi-disant "université" française n'a jamais rien produit d'autre, depuis un siècle, qu'un infect brouet gauchiste, parfois marxiste, parfois stalinien, parfois trotskyste, parfois maoïste … mais toujours putride. C'est elle, et elle seule, qui a engendré cette dramatique défiance et ce funeste dégoût des plus nombreux à l'égard des vraies élites intellectuelles.

 

*

 

De Jos De Beus, en parlant du choix des électeurs pour un candidat quelconque :

 

"La personnalité l'emporte sur le parti, la performance sur le programme et l'authenticité sur la compétence."

 

Don acte ! Les idées n'importent plus du tout, seulement le charisme.

 

*

 

De Nicolas Baverez :

 

"Le paradoxe ultime consiste à (…) faire le pari de la mondialisation

au moment où elle implose et se reconfigure en blocs régionaux."

 

Tiens, tiens ! Mon hypothèse de "continentalisation" du monde humain ferait-elle son chemin ?

 

*

 

La Grande -Bretagne :

 

  • 000 morts dans la pandémie,
  • récession de 9.9%,
  • déficit public de 19.3% du PIB,
  • effondrement des exportations vers l'UE de 59.5% (contre un recul de 27.5% en sens inverse) …

 

… et ce pitre de BoJo pavoise et joue les gros bras !

Sinistre plaisanterie !

 

*

 

Dans "Jouer sa peau", Nassim Nicholas Tayeb explicite cette évidence mathématique : "un groupe intolérant qui veut imposer ses règles mais ne consent pas à celles des autres, l'emportera toujours sur la majorité tolérante, prête à adopter les lois d'autrui puisqu'elle y est indifférente".

Le principe est pourtant simplissime : la tolérance ne peut jamais tolérer l'intolérance !

 

*

 

De Raymond Aron (vers 1970) :

 

"Aujourd'hui, on, est révolutionnaire ou on est antirévolutionnaire. Et si l'on est antirévolutionnaire, on est libéral et démocrate, ainsi que je le suis."

 

Dont acte !

 

*

 

Il existe trois nuances de conservatisme : le bon vieux temps, le nouveau bon vieux temps et le futur bon vieux temps.

Il existe trois nuances de progressisme : la subversion, la putrification et la contestation.

Le libéralisme a donc six ennemis !

 

*

 

Les referenda français et néerlandais de 2005, le referendum irlandais de 2008 et le referendum britannique de 2016 ont largement montré l'incapacité des masses à comprendre que le continent est désormais beaucoup plus important que les nations.

C'est la victoire de ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur jardin.

 

*

 

Le suffrage universel, c'est demander à des crétins d'être intelligents. Ou, du moins, supposer qu'ils pourraient l'être.

C'est en tous cas demander à un analphabète inculte de donner son avis sur une analyse comparée entre le relativité générale et la théorie quantique. Et, pis que tout, de tenir compte de cet avis.

 

*

 

La vérité ne se vote pas ; elle se démontre.

 

*

 

Il est de bon ton, à Gauche, de croire (ou de faire croire) à un ternaire (inspiré de la fumeuse et inepte théorie marxienne de la lutte des classes) entre les "gouvernants", les "puissants" (industriels et financiers) et la "société civile" (les masses non puissantes, donc …). Le thèse est simpliste : les "puissants" financent les jeux électoraux de façon à ce que les "gouvernants" élus soient favorables à leurs intérêts et à l'accroissement de leur puissance.

Cette thèse repose sur une hypothèse implicite et radicalement fausse, à savoir que les intérêts de ces soi-disant "puissants" sont identiques ou, à tout le moins, convergents.

Cette une thèse complotiste est donc aussi idiote que toutes les autres.

 

*

* *

 

Le 26/03/2021

 

De Michel Crozier :

 

"Toute société a besoin d'élites."

 

… n'en déplaise à tous les socialo-populismes "progressistes" ou "conservateurs". Mais les élites dont il est parlé, ne sont pas les aristocraties authentiques jaugées sur leurs œuvres réelles, mais seulement des castes construites sur des statuts acquis (nom, héritage ou diplôme).

 

*

 

Un conservateur, c'est quelqu'un qui s'entête à préserver de faux droits acquis.

Un progressiste, c'est quelqu'un qui s'entête à prôner une idéologie obsolète.

 

*

 

Toute société humaine me semble reposer sur un trépied ; des Aristocraties (de l'esprit), des Elites (démagogues) et des Masses (vouées au panem et circenses).

Les Aristocraties sont avide de paix.

Les Elites sont avides de pouvoir.

Les Masses sont avides de plaisirs.

 

*

 

La notion de pouvoir est souvent réduite au seul pouvoir politique (le plus en vue, probablement, du fait de son impact journalistique) ; mais d'autres pouvoirs, bien plus puissants même si moins visibles, s'exercent dans les sociétés, comme le pouvoir noétique des "professeurs", ou le pouvoir économique des "grands patrons", ou le pouvoir financier des "banquiers", ou le pouvoir religieux des "prélats", ou le pouvoir médiatique des "vedettes", ou le pouvoir technologique des "plateformes", etc …

Et chacun de ces pouvoirs tire à hue et à dia pour, au moins, se pérenniser et pour, le plus souvent, s'amplifier.

 

*

 

Tout pouvoir tend à grossir au détriment des autres pouvoirs.

Tout pouvoir tend à être hégémonique. Plus il y réussi, plus on glisse vers un totalitarisme.

La paix, tant intérieure qu'extérieure, réclame une diversité de pouvoirs de poids semblables.

 

*

 

Toute société humaine requiert six pouvoirs de base :

 

  • Deux pouvoirs noétiques : l'un culturel (la mémoire, l'identité) et l'autre spirituel (la vocation, le projet).
  • Deux pouvoirs bromatologiques : l'un économique (l'utilité, la technique) et l'autre écosystémique (la frugalité, les ressources).
  • Deux pouvoirs organiques : l'un politique (le territoire, la loi) et l'autre civique (l'éthique, la sécurité).

 

*

 

Le monde humain développé passe d'une logique de la sécurité et de l'obéissance à une logique de la responsabilité et de l'autonomie.

 

*

 

Le Réel se pense au travers des esprits qui le vivent en pensée.

 

*

 

Tout ce qui existe a une bonne raison d'exister. Et le Tout qui réunit tout ce qui existe, aussi. S'il est une raison pour tout, alors ce Tout est nécessairement utile : il est au service d'un projet, au service, donc, d'une Intention. Cette Intention est l'Âme ou le Logos du Réel. La nature de cette Intention à accomplir est la seule question métaphysique. Elle est la source ultime du Tout et elle est d'essence spirituelle, immanente à tout ce qui existe.

L'Intention est à l'œuvre dans tout ce qui arrive ; elle est le moteur ultime de Tout ; elle cherche à construire un Ordre qui devient de plus en plus complexe, mais selon des règles de Cohérence, elles aussi immanentes.

Cette Intention, cet Ordre et cette Cohérence sont, en fait, les trois faces (respectivement dynamique, topologique et eidétique) du cœur de réalité du Réel.

Pour construire son Temple, le Grand Architecte de l'Univers a besoin d'un Chantier (du dynamique), de Matériaux (du topologique) et d'un Plan (de l'eidétique) : c'est une autre manière de spécifier le même ternaire.

 

*

 

D'André Robinet, à propos de Maurice Merleau-Ponty :

 

"La pensée ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve."

 

La pensée d'un philosophe ou d'un scientifique est un édifice perpétuellement en construction, à jamais inachevable …

Et si, comme moi, on s'obstine à toujours rester en haut de l'échafaudage, on finit par ne plus se souvenir des détails des couches du bas malgré le mal qu'on s'y est donné …

 

*

 

Toute démarche de l'esprit commence par la conscience de soi et de ses perceptions, par l'être au monde nombriliste d'un "je" qui se demande ce qu'il fait là (en fait, il est là parce qu'il a quelque chose à y faire dont il est l'outil).

Ensuite, la conscience commence à s'évader de son nombrilisme à la rencontre de la manifestation du Réel : le monde des choses (dont le soi) et de leurs relations mutuelles, le monde de la physique, de la Nature, du Cosmos.

Enfin, la conscience cherche à voir derrière les apparences de la manifestation quelle est la réalité du Réel et elle ouvre les portes de la métaphysique et de la mystique.

Sortir de soi, d'abord.

Sortir de l'apparence, ensuite.

Entrer dans l'Ultime, enfin.

Apprenti. Compagnon. Maître.

Et l'on comprend alors l'aversion absolue que j'ai pour toutes les philosophies du sujet où l'on s'interdit, pour des raisons qui ne tiennent pas, de sortir du "soi".

Tout au contraire, il faut s'évader au plus vite de la prison du psychique.

Il faut d'urgence fuir le "Je pense" cartésien et entrer dans le "il y a pensée".

 

*

* *

 

Le 27/03/2021

 

Notre monde est tourmenté par trois chaotisations concomitantes :

 

  • une chaotisation écologique (dérèglement climatique, dérégulation océanique, pandémies, effondrement de la biodiversité, pollutions, pénurisation de toutes les ressources, désertifications, déforestations, …)
  • Une chaotisation géopolitiques (guerres des ressources, des idéologies, des technologies, des monnaies, des normes, des marchés, …)
  • Une chaotisation péri-urbaine (guerres des bandes et des gangs, rétro-activismes violents : islamisme, racialisme, décolonialisme, genrisme, véganisme, ultra-féminisme, gilet-jaunisme, black-bloquisme, …)

 

*

 

De mon amie Julia de Funès :

 

Mon esprit critique qui dissimule peu

Se sent soudain contraint à vous faire un aveu.

Je voyais la médecine comme une profession,

Elle est aujourd’hui devenue consécration.

Nos grands pontes sont bien loin de l’ouvrage

Lorsqu’ils augurent sur les plateaux de sinistres présages.

Les praticiens sur le terrain s’exemptent de cet écueil

Eux pour qui le travail passe bien avant l’orgueil.

Mais pour ceux qui parlent chaque jour à la télé,

Quand prennent-ils le temps de pratiquer, de soigner?

Je crois, plus fort que tout, l’attrait de la renommée

Et la fierté d’appartenir à de doctes assemblées.

Mis en lumière ils veulent dire, ils veulent écrire,

Et montrer jusqu’où, pourrait conduire le pire.

Nulle science ne leur paraît plus profonde

Que la leur, qui cadence notre monde.

Ils ont sur notre vie l’autorité suprême

Il devient criminel d’en disposer soi-même.

Les médecins règnent sur nos existences amoindries,

Quelle que soit l’ampleur de leurs divergences d’avis.

Le mot le plus inquiétant de nos nouveaux dominants

Est prononcé chaque jour, c’est celui de variant.

On cherche ce qu’ils disent après qu’ils aient parlé,

Puis on adopte volontiers leurs mots, leurs idées.

Cette reconnaissance extrême

Qui les rend fiers d’eux-mêmes,

Leur font dicter pour loi ce dont ils ont convenu

Ce sont eux qui gouvernent et d’un ton soutenu.

On aurait aimé d’une âme de docteur,

Un peu moins de terreur, davantage de douceur.

On leur devinerait même une once de plaisir

À vouloir nous instruire jusqu’à nous engourdir.

Ces doctes personnages ne sont point de mon goût

Je consens qu’en ces temps ils aient clarté de tout,

Mais il est noble qu’aux questions sans réponse

Ils sachent résister aux sirènes de l’annonce.

De leur savoir, je préfère qu’ils se gardent,

Et qu’ils aient du savoir sans vouloir qu’on les regarde.

Je respecte beaucoup le médecin, ses confrères,

Mais je ne puis approuver leurs délires, leurs chimères.

Les propos qu’ils tiennent sont-ils bien scientifiques?

Quand ils annoncent au monde une décennie critique?

Et ne trouvent pour remède qu’un confinement très strict?

Ces docteurs aux grands noms me dépriment et m’assomment

Je m’étonne de voir qu’on arbore de tels hommes.

Ils montent si haut dans les spéculations

Qu’ils se perdent en maintes prédictions.

Ils pêchent par hybris, diraient les philosophes,

Et imaginent des Dieux pouvoir porter l’étoffe.

D’où vient à ces savants cette soudaine puissance?

Ne serait-ce pas aussi de notre complaisance?

La chute sera brutale pour ne point dire fatale,

Quand ils se résoudront à ne faire plus que du médical.

Les médecins cesseront alors de se prendre pour devins

Et retourneront au soin dont nous avons tant besoin.

Quand sur des personnes on prétend se régler

C’est de leurs plus beaux attraits dont il faut s’inspirer.

Dans le courage, l’intelligence, le dévouement

Se niche entre autres leur véritable talent.

Prenons, sur leurs nombreuses qualités, modèle

Celles qui font du médecin un être exceptionnel.

Mais de grâce ne transformons pas en vaticinateurs

Les plus estimables de nos vaccinateurs.

Il serait maintenant juste de se moquer de moi

Qui ose jouer à Molière pour dire ce que je vois…

 

*

 

Exister, c'est Devenir !

 

*

 

D'Aristote :

 

"Connaître, c'est connaître par les principes."

 

Affirmation radicale du principe de cohérence du Réel.

C'est la différence fondamentale entre savoir et connaître. On sait des choses ou des phénomènes ou des faits ou des mouvements, mais on connaît qu'ils sont de multiples manifestations d'une seule réalité sous-jacente.

 

*

 

D'Aristarque de Samos :

 

"Pourquoi continuer à faire tourner la torche autour de la mouche ?"

 

La "torche", c'est le Soleil. La "mouche", c'est la Terre.

Cela se passe à Alexandrie au 3ème siècle avant l'ère vulgaire.

 

*

 

Les lois de la physique traduisent des corrélations entre des mesures quantitatives de certains paramètres "convenablement choisis".

La grande question est celle de savoir si les lois de la physique sont universelles (les mêmes partout) et intemporelles (invariables dans le temps).

J'aurais tendance à répondre plutôt affirmativement pour l'universalité (sauf dans certains îlots aux conditions très exceptionnelles comme au cœur d'une galaxie ou, au fin fond de la matière, au cœur du protéus), et plutôt négativement pour l'intemporalité (car cela impliquerait qu'une intelligence "extérieure" à l'univers ait pensé ces lois en perfection, avant même qu'elles n'entrent en vigueur).

 

*

 

Toute mesure est une interaction entre un phénomène et un instrument : le phénomène perturbe l'instrument (et cette perturbation est précisément la mesure) et, en réciprocité, l'instrument perturbe le phénomène (qui, dès lors, n'évolue plus comme l'aurait fait s'il n'y avait pas eu de mesure).

Cette perturbation de la mesure sur le phénomène implique qu'il est impossible de mesurer fiablement, au même moment, deux grandeurs complémentaires l'une de l'autre (c'est là l'origine du principe d'incertitude ou principe d'indétermination de Werner Heisenberg qui n'est absolument pas propre au modèle quantique).

En toute bonne logique, il est impossible de mesurer, en même temps, quelque chose et sa propre variation (la position et la vitesse, par exemple) : si ce "quelque chose" varie, c'est qu'il n'est pas un "quelque chose" en soi.

 

*

 

Nicolas Copernic à Giordano Bruno à Tycho Brahe à Johannes Kepler à Galileo Galilei à Isaac Newton à Albert Einstein.

Telle est la chaîne du modèle cosmologique mécanique moderne.

 

*

 

S'il n'y a aucune bonne raison de changer quoique ce soit, rien ne change.

C'est le principe d'inertie.

 

*

 

L'idée d'une force qui s'applique sur un objet est incorrecte. L'intuition de Ernst Mach est meilleure : tout objet est plongé dans un champ global d'influence que le reste de l'univers engendre là où cet objet est.

Cette influence s'exprime sous trois formes : une tension dynamique (entre inertie conservative et intention constructive), une tension topologique (entre expansion géométrique et concentration gravifique) et une tension eidétique (entre complexification néguentropique et homogénéisation entropique).

La "force" gravitationnelle traduit la tension de concentration gravifique.

La "force" électronucléaire traduit la tension de complexification néguentropique.

Les interactions de ces tensions sont régies par un principe d'optimalité qui s'exprime sous la forme des lois de la physique.

 

*

 

Tout système évolue par dissipation optimale de trois tensions entre six attracteurs.

 

*

 

On appelle Matière l'ensemble des structures stables relevant de l'interaction entre la réalité topologique et la réalité eidétique.

On appelle Vie l'ensemble des structures stables relevant de l'interaction entre la réalité topologique et la réalité dynamique.

On appelle Esprit l'ensemble des structures stables relevant de l'interaction entre la réalité eidétique et la réalité dynamique.

 

*

 

Les modèles relativistes investiguent le domaine topologique alors que les modèles quantiques investiguent le domaine eidétique. Ils sont donc, par essence, non réductibles les uns aux autres.

En revanche, la physique théorique ne s'est pas encore vraiment penchée sur le domaine dynamique et la tension entre inertie et intention ; la question, là, est un univers topologique en expansion-gravitation, certes, un univers eidétique en complexification-homogénéisation, re-certes, mais pour quoi faire ?

C'est cela le grand défi cosmologique du 21ème siècle tel que je l'ai relevé dans mes deux derniers livres à paraître au début de mai, cette année ("Dieu sait-il ce qu'il fait ? – Les leçons spirituelles de la cosmologie." et "Traité de cosmologie complexe").

 

*

 

La grande question épistémologique est : quels sont les paramètres les plus pertinents pour caractériser tous les phénomènes ou, autrement dit, quelles sont les "bonnes" dimensions de l'espace de représentation ?

Jusqu'à aujourd'hui, ce "bon" espace de représentation a été construit empiriquement, par essais et erreurs, au gré de l'évolution des théories et des caractéristiques primordiales que chacune inventait pour générer sa propre cohérence.

Dans l'état actuel des choses, chacun des six attracteurs (pôles) du modèle complexe a engendré des paramètres universels … :

 

  • l'attracteur topologique d'expansion a engendré la notion de distance ;
  • l'attracteur topologique de gravitation a engendré la notion de masse ;
  • l'attracteur eidétique d'homogénéisation a engendré la notion d'entropie ;
  • l'attracteur eidétique de complexification a engendré la notion de néguentropie ;
  • l'attracteur dynamique d'intention a engendré la notion de rythme ;
  • l'attracteur dynamique d'inertie a engendré la notion d'accumulation.

 

L'espace de représentation de la physique complexe inclut donc :

 

  • la distance (les trois dimensions géométriques),
  • la masse (une seule dimension de densité)
  • l'entropie (une seule dimension d'uniformité)
  • la néguentropie (n dimensions morphiques)
  • le rythme (une seule dimension temporelle)
  • l'accumulation (m dimensions mnésiques).

 

*

 

Il existe trois constantes universelles fondamentales : G, h et 1/c qui concernent, respectivement, le domaine topologique, le domaine eidétique et le domaine dynamique.

 

*

 

Il y a trois domaines physiques irréductibles les uns aux autres :

 

  • La physique topologique qui est celle de la relativité générale et qui implique l'alchimie cosmologique par expansion volumique et concentration gravifique.
  • La physique eidétique qui est celle des protéus et qui implique l'alchimie électronucléaire par complexification néguentropique et par homogénéisation entropique.
  • La physique dynamique qui est celle des intentions et qui implique l'alchimie émergentielle par accumulation mnésique et par accomplissement créatif.

 

*

 

Le temps n'est ni continu, ni discontinu ; il est pulsatile du fait de la dialectique dynamique entre inertie et accomplissement.

L'espace n'est ni continu, ni discontinu ; il est cellulaire du fait de la dialectique topologique entre expansion et concentration.

L'ordre n'est ni continu, ni discontinu ; il est fractal du fait de la dialectique eidétique entre complexité et homogénéité.

 

*

* *

 

Le 28/03/2021

 

En ce jour de la Pâque juive qui est la commémoration de la libération des esclaves hébreux et de leur départ vers le Sinaï, je propose cette méditation ...

En franchissant la porte qui s'ouvre devant vous, vous devenez libre de vous libérer de toutes ces servitudes volontaires que le monde profane appelle des "libertés", mais qui ne sont que des caprices.

Le Grand Architecte de l'Univers gère un immense chantier et il a besoin d'Œuvriers libres pour se mettre au service de sa Lumière.

Tout reste à construire. Et un Architecte sans Œuvrier est aussi impuissant qu'un Œuvrier sans Architecte.

Seule l'Œuvre compte : le Temple à construire !

Faites votre chemin avec sagesse, avec intelligence, avec bonté, avec puissance, avec beauté, avec honneur, avec admiration, avec sérieux : ce sont les huit conditions pour passer du Royaume à la Couronne.

 

*

 

Les sens de la vue et de l'ouïe sont les seuls de nos sens qui captent les distances (les dimensions relatives), les fréquences (celles de la lumière et celles du son) et leurs changements (les mouvements, trajectoires et vitesses). Ces deux sens humains sont primordiaux, voire hégémoniques, pour la bonne et simple raison que l'humain est notoirement inadapté à la vie sauvage (où sont ses carapaces, ses fourrures, des crocs, ses griffes, ses talents de coureurs sauteur, grimpeur, planeur, etc … ?). Pour survivre, il doit repérer les dangers et opportunités de loin (la vue), il doit entendre le moindre bruit indicateur de l'approche d'un prédateur ou d'une proie (l'ouïe) … et il doit être capable d'interpréter tout cela le plus correctement et le plus immédiatement possible (l'intelligence).

Ces deux sens essentiels de l'humain, évoluent donc dans le domaine strictement topologique ; cela explique pourquoi, durant des millénaires, la représentation de l'univers a été (et est encore souvent) purement spatiale et temporelle.

 

Le sens du goût, dans la bouche, avec la langue mais aussi avec les lèvres, le palais et les dents, décrypte des structures physiques (viscosité, chaleur, texture, croquant, dureté, tendreté, croustillant, … ) et chimiques (certains radicaux organiques repérés comme sucrés, amers, salés, acides, métalliques, etc …) ; disons donc d'un mot que le sens du goût reconnaît certaines structures physicochimiques.

Le sens de l'odorat ne repère, lui, que des structures chimiques, mais avec un "catalogue" infiniment plus vaste que celui des papilles gustatives.

Quand au sens du toucher, comme les deux précédents, c'est un sens de "contact" qui ne travaille pas à distance puisqu'il doit "toucher" ; outre le chaud et le froid, il reconnaît des textures (lisse, rugueuse, granuleuse, rêche, douce, légère, lourde, visqueuse, …) ; il n'implique pas que la peau mais aussi une coopération de la peau avec les muscles des doigts qui, ensemble, soupèsent et évaluent des formes géométriques (rondeurs, angles, rectilignité, brisure, densité, élasticité, plasticité, …).

 

En synthèse, à un instant t donné, en temps arrêté, les sens de la vue et de l'ouïe sont des capteurs topologiques (volumiques, spatiaux), alors que l'odorat, le goût et le toucher sont des capteurs eidétiques (structurels, organisationnels).

Mais tous sont aussi sensibles aux aspects dynamiques puisque tant la vue que l'ouïe repèrent des mouvements spatiaux, alors que le goût et le toucher (bien plus que l'odorat) captent les variations des structures qu'ils ont repérées (la langue reconnaît la fonte d'une crème à la glace en bouche, comme le toucher repère le frisson ou le hérissement de poils sur la peau de l'autre).

 

Pour la physique théorique d'aujourd'hui, l'espace de représentation du cosmos est encore très souvent exclusivement spatio-temporel. L'espace-temps y est même encore souvent vu comme un contenant "neutre" et absolu dans lequel évolue l'univers, alors que ce que l'on appelle l'espace et le temps ne sont que des conventions de mesure grâce auxquelles les expérimentateurs évaluent et comparent certaine grandeurs convenablement choisies.

L'espace et le temps – comme les mathématiques et les paramètres et grandeurs qu'elles manipulent – ne sont que des conventions humaines.

La physique complexe inverse radicalement tout ce regard et considère le Réel comme une unité organique en devenir, travaillée par trois propensions fondatrices (topologique avec extension et concentration, dynamique avec inertie et accomplissement, et eidétique avec complexification et homogénéisation).

De plus, la physique complexe a construit un espace de représentation beaucoup plus riche qui possède un domaine topologique (incluant l'espace géométrique à trois dimensions), un domaine dynamique (incluant le temps à une dimension) et un espace eidétique (dédié aux notions d'ordre, de régularité, de règles, de structure, d'organisation, etc …)

 

Dans le fond, les divers organes des sens de l'humain – et de la plupart des vivants, végétaux compris – chevauchent, souvent un ou plusieurs des trois domaines ontologiques (repérés déjà par Aristote sous les catégories de Substance topologique, de Mouvement dynamique et de Forme eidétique).

C'est d'ailleurs cette hybridité de nos sens qui permet à notre esprit de construire des ponts et des rapports entre les messages qu'ils lui envoient.

On pourrait tracer le tableau des sensibilités humaines en utilisant 0 pour "nul", f pour "faible" et F pour "fort".

 

 

Topologique

Dynamique

Eidétique

Vue

F

F

f

Ouïe

F

f

0

Odorat

0

0

F++

Goût

0

f

F

Toucher

f

f

F

 

Ce tableau montre à souhait que c'est la vue seule qui connecte fortement l'esprit humain avec le domaine dynamique d'où l'importance cruciale de la vue dans la survie et dans le langage humains où le verbe "comprendre" et le verbe "voir" se confondent si souvent : "Tu vois ce que je veux dire ?".

Être un voyant, un visionnaire, n'est-ce pas "voir" l'invisible et ses structures temporelles ?

Mais pour la vision, la dynamique se réduit aux seules trajectoires du mouvement alors que la dynamique cosmique est le moteur même de toute l'évolution globale (c'est là qu'est la réponse à la question : pour quoi tout ce qui arrive, arrive-t-il ? pour quoi tout évolue-t-il ?).

Parallèlement, notre sens eidétique le plus performant (mais bien moins ;que le chien et tant d'autres mammifères) est celui de l'odorat ; et il en découle la polysémie du verbe "sentir" qui déborde très largement l'activité des seuls capteurs nasaux.

"Je sens un malaise." "Je sens une ambiance joyeuses." "Je sens de la tristesse dans tes yeux."

 

Ce tableau, lu en miroir, montre aussi que c'est manifestement le domaine dynamique qui est le moins bien perçu par nos sens (et donc par notre esprit qui n'y reconnaît que rarement les forces d'intention ou d'inertie, les puissances d'accumulation et d'accomplissement).

Mais existe-t-il une sensitivité biologique qui soit spécifiquement sensible à la temporalité, qui "sente" le temps qui passe et la "vitesse" à laquelle il passe. Lorsqu'on parle d'horloges biologiques ou des phases du sommeil, ou plus banalement, des sensations d'ennui ou d'effervescence, n'est-ce pas de la perception de la temporalité et de ses rythmes propres que l'on parle ?

Oui, peut-être, mais tout cela est très flou. Et tout cela explique sans doute pourquoi les humains se sentent si mal à l'aise avec la durée, avec le temps qui passe, avec leur mortalité, … et qu'ils s'inventent une autre dynamique, d'autant plus simpliste et pratique, qu'ils se l'imaginent sur mesure : l'éternité, l'immortalité, l'âme immortelle, le salut, … bref : l'eschatologie et la sotériologie.

Toute la physique classique a d'ailleurs fait totalement l'impasse sur les deux  attracteurs de la tension dynamique à savoir : l'accumulation mémorielle moteur de toutes les inerties, et l'accomplissement intentionnel moteur de toutes les émergences.

Au fond, les humains ne perçoivent la temporalité qu'indirectement (comme l'avait bien compris Bergson qui avait remarqué que toute mesure du temps était essentiellement spatiale). Le temporalité leur est un arrière-fond mystérieux et inaccessible qui, comme il se doit, est la source de toutes leurs angoisses existentielles (dont celles de vieillir et de mourir).

La philosophie, depuis toujours, sait et dit que le problème de l'incompréhension du temps et de sa nature est le plus grave problème de l'humanité. La physique théorique lui emboîte naturellement le pas.

Il ne faut jamais oublier que le temps n'existe pas ou que, plus exactement, il exprime, dans des unités convenables, arbitraires et conventionnelles, la durée et le taux d'avancement (l'âge, le niveau d'accomplissement) d'un processus en cours. Tout ce qui existe possède un cycle de vie naturel (une espérance de vie). Tout ce qui existe est plongé dans un Réel qui évolue de manière pulsatile ; pulsations qui engendrent des ondes, des interférences, des résonances, des harmoniques et des harmonisations. La structure unilinéaire du temps qu'a imposée la mécanique classique est infiniment trop pauvre pour rendre compte de la pluridimensionnalité réelle du temps.

 

Mais continuons l'étude de notre ternaire et de ses relations (plus ou moins intenses) avec nos sens, donc avec notre esprit.

Au trois pointes du triangle, il y a le domaine topologique (riche), le domaine dynamique (pauvre) et le domaine eidétique assez riche, mais dans la stricte proximité). Chacun de nos sens est plus ou moins bon sur l'une au moins de ces pointes (et mauvais ou nul sur la pointe dynamique, nous venons de le voir). Soit !

Mais existe-t-il un sens humain qui ressente, holistiquement, la  synthèse des trois domaines (topologique, dynamique et eidétique) ?

Oui, ce sens synthétique et holistique s'appelle l'intuition., il consacre une reliance et une résonance, totales et profondes, entre un esprit humain singulier et l'Esprit cosmique (le Logos universel, le Grand Architecte de l'Univers) et ce, dans toutes ses dimensions.

L'intuition est un "sens" (le sixième, dit la tradition) que chacun possède, mais bien rares sont ceux qui l'ont développé à très haut niveau et qui, à ce titre, pourraient être proclamés "prophètes" au sens hébreu des "Nabiim".

 

*

 

Les rares humains qui vivent (au sein ou en marge de ces majorités qui vivotent et survivent sans vivre), vivent consciemment les structures des volumes et les structures des organisations, mais ils ne vivent pas les structures des durées.

On dirait qu'ils veulent rester étrangers au(x) temps.

 

*

 

Il est utile de constater que toutes les cultures humaines ont défini, partout et toujours, trois Arts sacrés (les autres "arts" n'étant que décoratifs). Ce sont :

 

  • L'Architecture : qui est l'art volumique d'agencer des volumes et des matériaux en vue d'un projet supérieur (les Temples).
  • La Poésie : qui est l'art eidétique d'agencer des mots, des rimes et des rythmes en vue de dire l'indicible (les Liturgies).
  • La Musique qui l'art dynamique d'agencer des sons en mélodies, harmonies et rythmes en vue de transmettre une extase (les Hymnes).

 

*

* *

 

Le 29/03/2021

 

De Napoléon Bonaparte :

 

"La bonne politique est de faire croire aux peuples qu’ils sont libres."

 

*

 

De Clara Gaymard :

 

"Chacune d’entre nous a un chemin à accomplir. Il y a deux choses qui me paraissent importantes. La première c’est de ne jamais rester dans l’état de victime. Même si les agressions peuvent être réelles, il ne faut jamais donner cette victoire-là à ceux qui en sont à l’origine. La deuxième chose, c’est de ne jamais se sentir coupable. Cela ne sert à rien. On fait du mieux qu’on peut. On se trompe, on fait des erreurs, on se relève, on recommence. On n’escalade pas l’Himalaya en un jour. Il faut apprendre à se faire confiance et faire confiance à la vie qui, parfois, apporte des réponses à nos questions."

 

Exit, donc, toutes les victimisations et toutes les culpabilisations !

Exit, donc, tous les rétro-activismes !

 

*

 

De François de Closets :

 

"D’un épisode à l’autre, l’administration révèle la même incapacité face à l’urgence. L’épidémie crée des situations nouvelles, elle exige des réponses rapides autant que novatrices mais la pesante machine étatique l’ignore et, rivée à son mode de fonctionnement, devient inadaptée, voire contre-productive"

 

Il faut démanteler les administrations publiques et toutes les bureaucraties. Tout doit passer et être géré optimalement par des réseaux de petites entités locales autonomes.

Fin de l'étatisme et du centralisme et du jacobinisme, un point c'est tout.

 

*

 

En gros, la physique relativiste s'occupe du domaine topologique tiraillé entre expansion géométrique et concentration gravifique ; et la physique énergétique s'occupe du domaine eidétique tiraillé entre homogénéisation entropique et complexification néguentropique (dont le versant quantique s'occupe des interactions électronucléaires ou protéiques).

Même si ces deux physiques font usage de la temporalité, il n'existe pas de (méta)physique pour s'occuper du domaine dynamique tiraillé entre le pôle "intention, novation et vitalité", et le pôle "mémoire, accumulation et inertie".

Une question d'ailleurs se pose en sus : le domaine dynamique préexiste-t-il aux domaines topologique et eidétique qu'elle fait émerger ? Ou coexistent-ils dès l'origine ?

 

Les deux physiques classiques prennent acte de l'existence d'une temporalité mais ne répondent pas à la question : pour-quoi (pourquoi et pour quoi) y a-t-il évolution cosmique ?

Pour paraphraser Leibniz, on pourrait poser la question : pour quoi y a-t-il du Devenir plutôt que rien ?

Les émergences complexifiantes néguentropiques, les régularités homogénéisantes entropiques, les expansions volumiques et les concentrations gravifiques ont leur raison d'exister, à la condition qu'elles soient au service d'une intention qui les dépasse. Laquelle ? Quelle est cette intention d'accomplissement qui est le moteur de l'évolution du Tout ?

Ma réponse, depuis longtemps est : "accomplissement". Certes, mais accomplissement de quoi et pour quoi ?

 

*

* *

 

Le 30/03/2021

 

Ce n'est pas la mort au présent qui peine, c'est le manque futur et le souvenir passé.

 

*

 

L'ENA ..

Comment apprendre à de jeunes gens malins, un peu cultivés, mais très ambitieux, à devenir des apprentis despotes dans des administrations inutiles (quel pléonasme !) dont le seul but est de proliférer et de prospérer comme un cancer dans un corps sain (cfr. Michel Crozier).

Le bureaucratisme avec le procéduralisme et le normativisme qui le caractérisent, est une maladie sociétale létale qui doit être éradiquée, même au prix d'une chirurgie profonde et d'une chimiothérapie lourde.

 

*

* *

 

Le 31/03/2021

 

La bonne folie commence dès que l'on cesse de croire en la banalité.

 

*

* *

 

 

 

[1] Si on lit attentivement le texte hébreu, on comprend deux choses essentielles. Primo, Eve mange et donne à manger du fruit de l'Arbre qui est au milieu du jardin d'Eden, qui l'Arbre de Vie. Secundo, l'autre arbre, en hébreu, porte le nom de "l'Arbre de la Connaissance bonne et mauvaise", ce qui n'est pas la même chose.

[2] Cette température est celle de l'ignition du papier.

***

Nouveau : depuis ce 31/1/2021 : Le Tome 24 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).