Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Janvier 2020

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/01/2020

Non seulement les mièvres "violons" de l'humanisme, de l'égalitarisme et de l'universalisme n'ont rien à faire avec la F.:M.: et la vie des Loges, mais ils en sont même l'antithèse puisque la F.:M.: fait une différence notoire entre profane et sacré, entre l'homme profane et l'homme initié, et qu'elle se fonde comme aristocratie spirituelle.

Si "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", alors le processus initiatique n'a plus ni sens, ni valeur.

 

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Les figures de l'homme divinisé.

Les racines. Moïse, l'errant. Arjuna, le délivré. Lao-Tseu, l'immortel.

Les dérivés. Bouddha, l'éveillé. Jésus, le crucifié. Mahomet, le guerrier.

 

Figures de proue des six religions du monde qui se sont forgées à leur image.

Judaïsme : religion du cheminement et du questionnement.

Hindouisme : religion de la libération et de la transfiguration.

Taoïsme : religion de l'intemporel et du non-agir.

Bouddhisme : religion de la vacuité et de la compassion.

Christianisme : religion de la souffrance et de la mort.

Islamisme : religion de la conquête et de la domination.

 

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Pour moi, il est clair que l'humanisme du 16ème siècle, enclenché par la Renaissance italienne, est de nature autre que le rationalisme du 17ème, que du philosophisme du 18ème, que du positivisme du 19ème et, surtout que du nihilisme du 20ème. Mais il est indéniable que l'ensemble de ces cinq siècles est un processus global cohérent et forme le paradigme moderne, lui-même étant le processus de déconstruction de l'ère christiano-idéaliste (de 500 à 2050).

 

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Le 02/01/2020

 

Du psychiatre Alfred Hoche (en 1908) à propos des conjectures psychanalytiques de Freud :

 

"Il est certain qu’il y a du nouveau et du bon dans la doctrine freudienne de la psychanalyse. (...) Malheureusement, le bon n’est pas neuf et le neuf n’est pas bon"

 Et Soline Roy de commenter :

 

"Souvent bâtis à partir d’un rien (une observation, un souvenir...), les piliers de la psychanalyse n’ont rien, strictement rien de scientifique. Et il est vertigineux de constater à quel point l’on a pourtant pu faire nôtres quelques-unes de ses théories, apprises comme vérités toutes nues."

 

Et du psychanalyste Jacques Lacan, en 1977 :

 

" Notre pratique est une escroquerie. Bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué."

 

Et de Freud lui-même dans une lettre à Jung :

 

"Pour apaiser ma conscience, je me dis souvent : 'Surtout ne cherche pas à guérir, apprends et gagne de l’argent !'."

 

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Dans sa préface de "L'Assommoir", écrite en 1877, Émile Zola écrit  :

 

"J'ai voulu peindre la déchéance fatale d'une famille ouvrière dans le milieu empesté de nos faubourgs. Au bout de l'ivrognerie et de la fainéantise, il y a le relâchement des liens de la famille, les ordures de la promiscuité, l'oubli progressif des sentiments honnêtes, puis, comme dénouement, la honte et la mort."

 

Aujourd'hui, ce n'est plus l'alcool qui fait ces effets-là dans les banlieues, mais l'islamisme et le trafic de drogues qui le finance.

 

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Les erreurs médicales coûtent la vie chaque année à 61 000 personnes en France, soit 20 000 de plus que l'alcoolisme et 20 fois plus que les accidents de la route (environ 3000 morts). Ces erreurs sont la troisième cause de mortalité en France.

 

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De David Herbert Lawrence (in : "Apocalypse") qui n'a évidemment rien à voir avec le cuistre T.E. Lawrence "d'Arabie" :

 

"(…) la pesante accumulation des temps modernes : la quantité sans la valeur réelle. (…) de tout temps, la religion vraiment vivante se trouve au bas de la société, dans les masses incultes. (…) On ne peut y échapper : l'humanité est à jamais divisée entre aristocrates et démocrates. (…) Il faut être un grand aristocrate pour être capable de grande tendresse, de bonté et d'altruisme : la tendresse et la bonté de la force. Chez les démocrates, il peut arriver qu'on rencontre tendresse et bonté, mais ce sont celles de la faiblesse, qui sont tout autre chose. (…) Nous ne sommes pas en train de parler de partis politiques, mais de deux types de l'humaine nature : ceux qui se sentent forts dans leur âme, et ceux qui se sentent faibles. (…) Et la loi des faibles, c'est : A bas les forts ! (…) Les aristocrates de l'esprit trouvent leur accomplissement dans la construction de soi et dans le service d'autrui. (…) Niez la puissance des hommes supérieurs et vous n'en aurez plus vous-même. (…) Quand la volonté du peuple devient la somme des faiblesses d'une multitude d'hommes faibles, il est temps de briser là. (…) Les couches inférieures de la population vénèrent le pouvoir."

 

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Le même D.H. Lawrence écrivait, en 1924 :

 

"Aujourd'hui, nous allons voir le lectorat se diviser à nouveau en deux groupes : la masse, qui lit pour se distraire ou pour assouvir un intérêt éphémère, et la petite minorité, qui recherche uniquement les livres possédant une valeur intrinsèque, les livres qui transmettent une expérience, une expérience toujours plus profonde."

 

Belle clairvoyance … Mais c'était bien avant la Toile ! Avec elle, la masse ne lit quasiment plus et s'empiffre de fragments numériques ludiques dénués de sens, d'intérêt et de vérité. Des graines frelatées d'informations que l'on jette au poulailler pour le gaver et le faire pondre des temps de connexion et des clics.

 

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L'âme quitte le corps et meurt bien avant que le corps ne lâche prise … Je crois, de plus en plus, que c'est l'âme qui meurt (anima, ce qui anime). Une fois que l'âme est morte, le corps suit.

 

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Il est essentiel de bien distinguer la puissance qui est toujours personnelle, d'avec le pouvoir qui est toujours délégué et de l'autorité qui doit toujours être reconnue.

C'est la différence cruciale entre, dans l'ordre, l'aristocratique, le démocratique et le technocratique.

 

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Beaucoup d'humains deviennent ce qu'ils croient être, mais peu deviennent réellement ce qu'ils sont.

 

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Le 03/01/2020

 

Du prix Nobel de littérature 2010, Mario Vargas Llosa :

 

"Aujourd'hui, les intellectuels dans leur ensemble ont ratifié l'acte de décès du collectivisme marxiste et accepté la faillite de l'étatisme."

 

Si ça pouvait être vrai !

En revanche, ceci, du même, est profondément vrai :

 

" L'idée que le libéralisme se résume à une régulation par le marché est une mystification."

 

Définir le libéralisme n'est pas chose aisée. Bien sûr, le libéralisme s'oppose à l'étatisme et, plus généralement, à toute centralisation des pouvoirs. Bien sûr, il privilégie les transactions directes entre des personnes (le "marché" au sens le plus large) que l'intermédiation obligatoire d'un système quelconque. Mais surtout, le libéralisme se ramène, dans toutes les dimensions de l'existence, au rejet radical de toute idéologie que celle-ci soit religieuse, politique, économique ou autre.

Le libéralisme est l'anti-idéologie absolue. Le libéralisme, c'est le choix définitif du Réel contre toutes les idéalisations, contre toutes les théorisations.

La plus grave erreur humaine est de subordonner la réalité à une idée, quelle qu'elle soit ! Cette grave erreur s'appelle l'idéalisme en théorie et l'idéologie en pratique. Le libéralisme en est le radical contraire.

Il faut comprendre le monde et non le contraindre.

 

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Nature …

En latin : Natura signifie "ce qui est en train de naître", "ce qui fait naître".

En grec : Physis signifie "ce qui croît de soi-même".

Dans les deux cas, il s'agit d'une vision processuelle quasi vitaliste, en tous cas, et anti-mécaniciste, anti-matérialiste. C'est le paradigme christiano-idéaliste qui a détruit cette vision. Mais elle va ressusciter avec l'effondrement actuellement en cours, de ce paradigme obsolète.

 

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L'homme se considérait comme un des habitants locataires de la Nature.

"Vivre selon la Nature" était le leitmotiv de l'homme appartenant au paradigme mythico-naturaliste qui précéda, durant plus d'une millénaire et demi, le paradigme christiano-idéaliste qui s'effondre sous nos yeux.

Après Descartes, l'homme s'est cru propriétaire de la Nature et est devenu un exploiteur et un consommateur de tout.

 

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De Philippe Soual :

 

" Notre époque n’accorde en fait que peu d’importance à la matière et au corps, contrairement aux apparences. (…) tout est devenu spectacle."

 

Je paraphraserais : notre époque n'accorde en fait que peu d'importance à la Vie réelle et à l'Esprit réel. Seul le paraître a de l'importance. Paraître autre chose que ce que l'on est, se donner en spectacle, copier des modèles artificiels.

Tyrannie des simulacres.

 

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04/01/2020

 

La colonisation européenne n'a pas été que territoriale (comme aux Amériques et en Afrique ou aux Indes), elle a aussi été idéologique (comme en Chine ou en Corée avec le marxisme et le communisme).

 

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Il est temps d'inverser le regard : c'est l'Esprit qui a fait émerger la Vie qui a fait émerger la Matière qui, en se complexifiant a fait émerger les vies (incarnations matérielles de la Vie), puis les esprits (incarnations matérielles et vivantes de l'Esprit).

Au commencement était le Noôs … Puis le Logos … Puis la Hylé … Puis le Kosmos …

 

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Il faut que nous, les "hommes supérieurs" comme dirait Nietzsche, nous nous sortions de la Matière pour retrouver la Vie et, derrière elle, l'Esprit … et nous reconnecter à eux. Nous avons perdu notre relation intime avec eux. Nous avons cru pouvoir nous affranchir d'eux, nous passer d'eux pour construire un monde humain fermé, "hors sol", nombriliste et narcissique, anthropocentré et humaniste. Quelle abominable erreur. Erreur qui, pourtant, fut le moteur central de tout le paradigme christiano-idéaliste (auquel appartiennent tant l'islamisme que le socialisme, les deux actuels avatars nauséabonds du populisme, c'est-à-dire la tyrannie sanglante des médiocres).

 

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De D.H. Lawrence :

 

"Nous et le cosmos ne faisons qu'un. Le cosmos est un immense corps vivant dont nous faisons toujours partie."

 

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La paradigme christiano-idéaliste, dont la Modernité fut la phase de déconstruction, n'a été qu'une seule et longue histoire (1650 ans, de 400 à 2050) : celle d'une tentative désespérée et vaine de sortir du monde réel, de la Vie réelle et de l'Esprit réel, pour s'inventer des mondes imaginaires, religieux (christianisme et islamisme) ou idéologiques (socialisme ou populisme), visant à satisfaire les lubies, les phobies, les fantasmagories et les caprices humains contre la réalité du Réel.

 

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Après le paradigme mythico-naturaliste de l'Antiquité qui fut l'enfance de l'humanité ( (de -1250 à 400) et après le paradigme christiano-idéaliste de la Christianité qui fut son adolescence (de 400 à 2050), doit venir une nouveau paradigme qui sera le début de son âge adulte … Espérons que ce nouvel âge soit cosmico-réaliste.

 

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Le véganisme est bien vite devenu une religion, une idéologie aussi ridicule et risible que tous ses prédécesseurs. En quoi une carotte ou une laitue seraient-elles moins respectables qu'un veau ou un agneau ?

Abattre un seul arbre feuillu est un crime bien plus grave que d'abattre deux cents poulets ou deux mille salafistes.

 

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Le 05/01/2020

 

De Néa B. :

 

"(…) un éveil spirituel est en train d'émerger dans un monde en apparence chaotique. L'humain est en quête de sacré, de ressourcement, d'épanouissement, de religieux sans dogme et de Divin sans Dieu. Notre époque a tout simplement soif d'une spiritualité authentique, adogmatique, dénuée de fables et de contes, de merveilleux et de miracles, de surnaturel et de paranormal."

 

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Ce qui est pour moi l'essentiel, c'est de passer d'une Europe des Nations (des sociétés de droit, mal assemblés par des intérêts égoïstes) à une Europe des Régions (des communautés de partage, intégrées dans une véritable fédération profonde, tant politique que noétique et économique sans plus d'Etats-Nations). Il y a un effet de taille : au-delà de la taille "région" (3 à 6 millions d'habitants) où l'on trouve de vrais effets d'appartenance affective, les effets d'appartenance deviennent de l'ordre de l'intérêt pécuniaire individuel (qui peut aller jusqu'au parasitisme social).

 

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La France aime faire l'éloge du tissu associatif comme le terrain de la véritable citoyenneté. Ce serait vrai si la plupart desdites associations n'étaient pas souvent noyautées par le socialo-gauchiste, l'islamisme ou autres, c'est-à-dire si elles n'étaient pas des bouillons de culture d'idéologies nauséabondes.

 

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Il faut une âme pour que le corps vive. Lorsque l'âme meurt (car elle meurt toujours), le corps trépasse ensuite. Parfois longtemps après : ainsi Nietzsche dont l'âme meurt à Turin en 1889 mais dont le corps ne trépassera qu'en 1900, soit onze ans plus tard. Comme aussi ces vieux couples vénérables et amoureux qui n'ont plus qu'une seule âme pour eux deux : quand l'un meurt, la demi âme restante ne suffit plus, et l'autre suit peu de temps après.

C'est l'âme qui meurt, pas le corps. C'est donc de l'âme qu'il faut prendre le plus soin ; il faut qu'elle reste forte et pleine de vie. C'est elle l'attelage, le corps n'est que le charriot. Et l'âme, c'est l'esprit dont les cinq composantes (la mémoire, la sensibilité, la volonté, l'intelligence et la conscience) doivent demeurer alertes et éveillées, saines et vivaces.

Mais notre monde finissant, numérisé et médiatisé, pollue nos âmes encore plus que nos corps.

 

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La plupart des humains exigent du Réel qu'il leur fournisse un spectacle conforme à leurs fantasmes, à leurs rêves, à leurs espoirs. Et comme c'est rarement le cas (le Réel n'a que faire d'eux puisqu'ils n'œuvrent pas à l'accomplir), ils s'enferment dans le déni de réalité, dans la croyance et la superstition, dans le mensonge et le complotisme. Et leur vie en devient triste et tragique.

En revanche, si l'on fait l'effort de renoncer à toutes ces billevesées humaines, trop humaines, et si l'on s'efforce d'entrer en résonance avec la logique du Réel, alors, comme par hasard, le sésame fonctionne et la caverne aux trésors s'ouvre.

Mais seuls les "hommes supérieurs", les élus et les initiés, acceptent de faire ces efforts, de dépasser l'orgueil humain qui croit que tout lui est dû, et de renoncer aux illusions profanes.

 

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Le 06/01/2020

 

D'emblée, il faut souligner que le monde musulman, dès l'origine, est terriblement hétéroclite et hétérogène ; son histoire ne va rien arranger et le monde musulman d'aujourd'hui est toujours une mosaïque de "tribus" religieuses loin de s'entendre entre elles et loin de digérer leurs paradoxes et contradictions, ce qui laisse tout le loisir aux sectes extrémistes (frèrisme, wahhabisme, salafisme, djihadisme) de proliférer et de profiter des fissures et interstices pour injecter leur venin nauséabond.

 

Le cycle musulman est aujourd'hui, comme le cycle christiano-idéaliste, dans son troisième et dernier paradigme : celui de la déconstruction, mais avec un décalage de plus d'un siècle sur ce dernier (cette anti-cyclicité partielle est une des sources des heurts violents entre les deux cultures, tant en Israël, qu'en France ou ailleurs).

 

La germination …

 

Pour l'Islam, tout commence aux alentours de La Mecque, vers 600 (le début officiel du calendrier musulman a été arbitrairement fixé à 622, ,avec l'Hégire de La Mecque à Médine). On ne sait rien des débuts de Mu'hammad hors qu'il était caravanier et illettré, et que jeune, il avait épousé une riche veuve nommée Khadija. Mu'hammad est imprégné de la spiritualité ambiante : sur fond d'animisme arabique, des communautés juives et surtout chrétiennes orientales (monophysites, ébionites, syriaques, …) ont déjà, depuis longtemps, donné, au centre de la péninsule arabique, un grand bain de monothéisme. Mu'hammad, oisif, a le temps d'entendre toutes ces histoires, de les ruminer, de les méditer et, peu à peu, son esprit s'illumine ; il se dresse en prophète d'une nouvelle sur-religion inédite, prétendant englober le judaïsme arabique, le christianisme oriental et le djinisme ancien. La habitants de La Mecque le rejette et il part pour Médine où les communautés juives et chrétiennes sont plus nombreuses. Il croit en une conversion rapide des Juifs à sa prédication ; il n'en est rien, évidemment. Il se rapproche alors des chrétiens arabisés qui vont devenir sa véritable source d'inspiration, notamment en lui faisant découvrir, avec des yeux chrétiens, la Bible et les Evangiles, et en écrivant, pour lui, les prémices de ce qui deviendra, plus tard, après sa mort, le Coran écrit par bien d'autres plumes. Ce rejet de la prédication de Mu'hammad par les communautés juives médinoises est la cause profonde de la haine que Mu'hammad et, après lui, tout le monde musulman a conçu à l'endroit des Juifs (un profond antijudaïsme séculaire dont l'antisionisme actuel n'est qu'un avatar puéril) ; d'ailleurs, dès qu'il eut les moyens militaires de le faire, Mu'hammad s'est empressé d'exterminer ces communautés juives médinoises.

 

La cycle arabique …

 

Quoiqu'il en soi, à Médine, les balbutiements mysticistes de La Mecque, aigris par les échecs mecquois et médinois des conversions que Mu'hammad espérait massives, se transforment et deviennent rapidement une idéologie politique, impérialiste et totalitaire. La "Guerre Sainte" allait bientôt pouvoir commencer. En bon populiste, Mu'hammad rassemble assez vite une bonne troupe populacière de "laissés pour compte" ; il devient alors possible de lancer une razzia sur La Mecque et d'y triompher militairement, avec force massacres. Du coup, Mu'hammad, chef de guerre - mais si peu chef religieux - se lance à l'assaut de la péninsule arabique et son triomphe de La Mecque lui apporte gloire et crédit auprès des tribus pauvres, illettrées et dépenaillées qui vivotent dans le désert.

 

L'armée musulmane grossit et atteint de l'ordre de 100.000 soldats. Il n'y en aura jamais guère beaucoup plus. L'empire romain s'est écroulé vers 400, laissant toute l'Afrique du nord à son triste sort ; parallèlement, au 7ème siècle, l'empire sassanide s'effondre en Perse. La ridicule armée musulmane profite de ces deux immenses poches de faiblesse pour conquérir tout le Moyen-Orient aryen et toute l'Afrique du nord berbère : les populations les accueillent en libérateurs et en sauveurs, presque sans coup férir (sauf en Tunisie où un chef de tribu juive, nommée La Kahina, va réussir une coalition judéo-berbère qui va tenir les hordes arabes des Omeyades en échec.

En Afrique du nord, les populations étaient de curieux mélanges de Berbères, de Noirs africains et de Wisigoths, sans la moindre goutte de sang arabe dans les veines. Les Maghrébins, il faut le rappeler, ne sont pas des Arabes ; ils n'en ont ni la race, ni la langue, ni la culture, ni la mentalité.

 

Sans évoquer trop les légendes de la succession de Mu'hammad et des querelles entre Ali et Abu-Bakr, le fait est que l'idéologie musulmane s'est assez vite scindée en deux courants principaux (eux-mêmes subdivisés en de nombreux courants concurrents, voire ennemis). D'un côté, 80% des musulmans se regroupent sous la bannière du sunnisme (péninsule arabique, Maghreb, Afrique saharienne et sub-saharienne, une partie occidentale du proche-Orient, une partie de l'Asie du sud-est. De l'autre côté, les 20% restant se regroupent sous la bannière du chiisme persan, devenu iranien, qui est plus un zoroastrisme islamisé qu'autre chose.

Le cycle arabique de fondation de l'idéologie musulmane dura de l'ordre de 550 ans, entre environ 600 et 1150. La fin de ce paradigme arabique marque également l'épanouissement d'un chiisme élitaire, mystique et poétique qui prend ses distances par rapport au rigorisme populaire, exotérique et puritain d'un certain islamisme sunnite.

 

Le cycle turc …

 

Un paradigme ottoman (turc) prit alors le relais du paradigme arabique de 1150 à après 1700. Il fut suivi d'un long effritement qui se termina en déroute, du fait de la radicalisation passéiste des "Jeunes Turcs" (responsable du génocide arménien en 1908), avant la grande défaite de la coalition germano-turque de 1918. Un sursaut d'occidentalisation faillit réussir grâce à Mustapha Kemal Atatürk entre 1923 et  1938. 

Ce sunnisme turc impérial prit d'abord la forme d'un empire seldjoukide limité (1077 à 1307), puis celle d'un empire ottoman très étendu (conquête progressive de tout l'espace sunnite occidental à partir de 1250). L'apogée de l'empire ottoman se place entre 16ème et 17ème siècle, notamment sous la férule de Soliman-le-Magnifique.

 

Le cycle occidental …

 

Dès le début du 18ème siècle, l'empire ottoman commence à s'affaiblir sous la poussée européenne (Maghreb, Egypte, Liban, Syrie, etc …). C'est alors que commença le paradigme de déconstruction (qui est un paradigme d'occidentalisation) de l'idéologie musulmane (comme la modernité fut le cycle de déconstruction du paradigme christiano-idéaliste, mais avec une avance préjudiciable de deux siècles environ).

L'occidentalisation du monde musulman eut de nombreuses causes :

  • bien sûr la colonisation européenne y apporta un progrès économique, technique, éducationnel et moral (surtout au bénéfice des femmes et par l'abolition des esclavages) indiscutable,
  • mais aussi la manne financière apportée par l'ère du pétrole lui permit de singer l'occident en matière de luxe, de confort, de services et d'organisation,
  • mais encore, la formation des élites musulmanes dans les universités occidentales accéléra la prise de conscience de l'archaïsme des structures et mœurs musulmanes,
  • mais enfin, les travailleurs immigrés qui vinrent prêter main forte, durant les "trente glorieuses", à la reconstruction de l'Europe, furent le noyau d'une population musulmane occidentalisée (même si leurs rejetons banlieusards actuels financent leur "radicalisation" à grands coups de trafics de drogue) qui n'a plus aucune intention de retourner vivre parmi les archaïsmes de leur passé maghrébin ou turc.

 

Asynchronisme délétère …

 

C'est l'asynchronisme entre le paradigme musulman et le paradigme chrétien qui est la cause profonde des conflits entre eux aujourd'hui.

Les christiano-idéalistes ont déjà "viré leur cuti" et savent qu'ils sont en train de bifurquer radicalement hors christianité, hors idéalisme et idéologie, et hors modernité : pour eux, une nouvelle ère de l'histoire humaine s'ouvre sur des principes et des réalités totalement différentes de celles qui prévalaient.

Au même moment, dans le même monde, mais dans des référentiels différents (car l'islam est toujours une construction essentiellement médiévale), les musulmans instruits n'ont pas encore pris conscience des processus de déconstruction qui  travaillent profondément leur culture, et n'en acceptent pas du tout les manifestations (d'où la haine de la technique, la haine de "l'occident", la haine de la science, la haine de la libération des femmes et des mœurs, la haine de l'instruction, etc …).

 

C'est cela le moteur intime de la radicalisation du frèrisme, du salafisme, du wahhabisme ou du djihadisme.

C'est cela aussi le moteur intime de la "révolution iranienne" et du rapprochement, contre nature, du chiisme et du sunnisme sous le régime dictatorial et brutal des âyatollâhs.

C'est cela le jeu de ruse de l'Arabie saoudite qui, d'une main, finance le salafisme du monde entier, et de l'autre, se dit allié de l'occident, grand consommateur de son pétrole.

C'est cela la cause de la haine profonde contre Israël, dans le contexte de la haine millénaire contre les Juifs : Israël appartient au monde et à l'histoire occidentale, christiano-idéaliste, et est perçu, au mépris total de l'histoire longue, comme un coin de fer moderniste enfoncé dans la chair d'un monde musulman archaïque.

C'est cela la souffrance du Liban, jadis le pays des cinq religions en paix (sunnisme, chiisme, druzisme, judaïsme et christianisme), jadis le pays le plus occidentalisé du proche orient, jadis la plaque financière la plus prospère de la région, et aujourd'hui déchiqueté et mis en lambeaux par les séides du Hezbollah salafiste iranien.

Voilà la cause intime et profonde des tensions entre le monde musulman et le reste du monde, comme un décalage horaire de plusieurs siècles entre les évolutions cycliques de leur histoire.

 

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De Jacques Julliard :

"Ce qui caractérise le monde d’aujourd’hui et les sociétés actuelles, c’est l’émiettement, sous les coups de l’individualisme et du déclin du système parlementaire libéral. Je ne sais s’il faut parler de convergence des luttes ou de confusion des esprits. Dans le cas des grèves actuelles, on a rarement vu un conflit d’une telle ampleur s’accompagner d’une telle médiocrité dans les analyses et les propositions. (…) Le principal risque est celui d’une désagrégation générale. C’est pourquoi nous devons tenir bon sur les valeurs universelles qui fondent notre pacte social : l’unité nationale contre l’individualisme diviseur ; la

laïcité contre le communautarisme, la défense des droits de l’homme contre les cultures diversitaires, l’idéal d’un progrès valable pour tous. Ce n’est pas gagné. Raison de plus pour vous souhaiter la meilleure année possible."

 

Jacques Julliard, à son habitude, ressasse les huit vieux poncifs usés du paradigme philosophiste des soi-disant "Lumières" (bref : celui des Kant, Bentham et Hume) :

 

  1. Pacte social
  2. Parlementarisme libéral
  3. Universalisme
  4. Unité
  5. Nation
  6. Laïcité
  7. Droit-de-l'hommisme
  8. Progressisme

 

A leur habitude, les médias opposent deux regards sur nos sociétés.

Le premier, plutôt bourgeois et conservateur, met en garde - à très juste titre, contre la montée en puissance des "maladies" de notre temps, dans nos sociétés occidentales.

Et de leur côté, ils ressassent sans fin les vieux poncifs usés du paradigme philosophiste des soi-disant "Lumières" (bref : celui des Kant, Bentham et Hume).

 

Ils opposent en fait ce que j'ai appelé ailleurs, de nombreuse fois, la "courbe rouge" (on tente de maintenir le paradigme moderne issu de la Renaissance et des Lumières, en l'état, coûte que coûte : universalisme, humanisme, droit-de-l'hommisme, étatisme, démocratisme, solidarisme, etc …) et la "courbe noire" (en gros : la démagogie et les nostalgies populistes globalement fascisantes, sous la coupe de la bien-pensance socialo-gauchiste et des rétro-activismes).

Si la courbe noire est évidemment nauséabonde et ne mène qu'à l'amplification de la phase chaotique actuelle avec, comme seule issue, l'effondrement de l'humanité, l'obstination à maintenir les valeurs de la courbe rouge est un déni de réalité et une absurdité puisque ce paradigme moderne (de 1500 à 2050) et, plus profondément, le méta-paradigme christiano-idéaliste (de 400 à 2050), sont obsolètes au vu des cinq irréversibles et irréfragables ruptures que nous vivons depuis environ 1975 à savoir :

 

  • La rupture éconologique qui impose de réinventer toutes les productions et toutes les consommations, donc tous les marchés, en raison de la pénurie bientôt généralisée de toutes les ressources matérielles ; cette réinvention devra se construire sur la base du principe de frugalité, et du principe de la valeur d'utilité et d'usage.
  • La rupture éthologique qui impose de réinventer tous les comportements et tous les modes opératoires, tant professionnels que domestiques, donc toutes les activités, toutes les organisations et tous modes de communications, en raison de la révolution numérique ; cette réinvention devra se construire sur base de réseaux immatériels impliqués par l'abolition de l'espace et temps.
  • La rupture axiologique qui impose de réinventer toutes les valeurs éthiques et morales, citoyennes et personnelles, privées et publiques, politiques et domestiques, en raison de l'émergence de cette nouvelle éthologie impliquée par les réseaux immatériels ; cette réinvention devra se construire sur base d'un développement de réelles et profondes intelligences et sagesses technologiques.
  • La rupture noétique qui impose de réinventer toute la noologie, c'est-à-dire tous les développements de l'esprit humain - qui sont la mémoire, la volonté, la sensibilité, l'intelligence et la conscience - et de redéfinir les modalités de création, de construction, de transmission et de diffusion des connaissances, tant théoriques que pratiques, intellectuelles que manuelles, esthétiques que morales ; cette réinvention devra se construire sur base de la construction d'une véritable noosphère.
  • La rupture téléologique qui impose de réinventer toutes les raisons d'exister, de vivre, d'aimer, d'œuvrer, de procréer, de créer, de collaborer, etc … et de s'efforcer de comprendre le sens ou de donner du sens à une existence, personnelle et collective, qui n'aura plus grand' chose à voir avec les paradigmes historiques connus ; cette réinvention devra se construire sur base du principe simple qui consiste à mettre l'homme et l'humanité, non plus au service de leur propre nombril, mais bien au service de la Vie et de l'Esprit.

 

Ces cinq ruptures majeures condamnent la "courbe rouge" à disparaître avant 2050.

Nos cinq ruptures invitent, au travers d'autres modèles, à considérer neuf pistes pour construire la "courbe verte", abolir la "courbe rouge" et abattre la "courbe noire".

Les voici :

 

 

Pistes ...

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1

Démassification

Rejeter tout ce qui est "massif" et "standard" : production de masse, marchés de masse, distribution de masse, médias de masse, loisirs de masse, etc … Chercher la "personnalisation" en tout …

2

Autonomisation

Vouloir être autonome soi-même et ne dépendre de personne ni physiquement, ni émotionnellement, ni intellectuellement, ni spirituellement … Mais aussi, cultiver l'interdépendance mutuelle et réciproque …

3

Relocalisation

En finir avec la mondialisation : continentaliser les territoires et les infrastructures, et localiser la vie dans une économie matérielle de totale proximité …

4

Innovation

Cultiver la créativité dans toutes les dimensions de la vie et (ré)inventer tout en permanence … Créer sa vie comme une œuvre d'art …

5

Procentration

Se concentrer sur sa propre raison d'être et sa propre vocation, et y développer tous les talents et toutes les compétences, toutes les techniques et tous les métiers qui mènent à l'excellence et la virtuosité au service de cette vocation …

6

Qualification

Passer, en tout, du quantitatif au qualitatif … de la quantité d'avoir, de paraître ou de consommer à la qualité d'être, de devenir et de créer … Refuser, en tout, la non-qualité

7

Immatérialisation

Appliquer, en tout, ce principe que, désormais, ce sont les patrimoines immatériels (les connaissances et savoirs, les talents et compétences, les mémoires et intelligences, les sensibilités et volontés, les lucidités et conscience) qui sont les plus stratégiques et les plus enrichissants, tant personnellement que collectivement.

8

Synchronisation

Accepter que le monde réel soit devenu imprévisible et imprédictible et abandonner les vieux rêves rationalistes de planification et de quantification de tout … Le monde est une vaste organisme vivant qui se crée et s'invente à longueur de temps, selon que ses potentialités internes rencontrent, ou non, des opportunités externes … Cultiver l'éveil et la vigilance, la curiosité et la lucidité …

9

Réticulation

Partout, en tout, toujours, dénoncer les centralisations des pouvoirs, les bureaucraties publiques ou privées (les "dinosaures"), les pyramides hiérarchiques, les grosses organisations monolithiques … Préférer les organisations en réseaux constitués de petites entités autonomes, agiles, légères, fédérées entre elles par un projet collectif noble et constructif …

 

Pour nous, aujourd'hui, il ne s'agit plus ni de maintenir la "courbe rouge", ni d'accepter la "courbe noire" ; il s'agit de construire la "courbe verte" qui permettra de relever tous ces défis et, ainsi, d'éviter l'effondrement promis, à juste titre si l'on s'entête, par les collapsologues.

 

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Le 07/01/2020

 

Je viens d'avoir affaire à un livreur de gasoil de chauffage que je connais depuis des années et qui est un garçon charmant, petite quarantaine, barbu depuis peu (c'est à la mode).

Pour lui, le pétrole augmente parce que les gros riches et les sales politiciens complotent à se remplir les poches depuis longtemps, ne laissant plus rien aux plus pauvres. Selon lui, c'est la cause unique de l'augmentation des prix de toutes les matières premières. Et lorsque je lui dis que, toutes les réserves s'épuisant et que ce qui devient plus rare devient forcément plus cher, surtout si lui, comme les autres, consomment de plus en plus, son complotisme reprend le dessus : il prétend que l'on trouve tout le temps de nouveaux gisements, mais qu'on les cache pour faire grimper artificiellement les prix et permettre à la mafia politico-richarde (il faut entendre : "les entrepreneurs et dirigeants libéraux") de s'en mettre encore plus dans les poches.

Il serait faux de laisser croire qu'il n'existe aucun processus spéculatif qui fasse fluctuer les prix artificiellement, mais cela, c'est l'écume (infecte) des vagues et non la vague elle-même. Et cette écume n'est le fait ni des entrepreneurs, ni des politiciens, mais bien des fonds de pension qui vont aussi financer les retraites de mon livreur.

La seule question que je me pose, c'est de savoir de quel bord il tient : Mélenchon ou Le Pen ? gilets jaunes ou CGT ? Dans tous les cas, il connait sa chanson populiste par cœur, et il n'en démord pas.

Ce qui est philosophiquement plus grave, c'est que ce complotisme populiste n'a que faire des faits, des chiffres, des expertises, des vérités ; quoiqu'on lui rétorque, il pratique avec maestria la boucle autoréférentielle : "Si tu ne penses pas comme moi, c'est que tu fais partie du complot, ce qui prouve, donc, qu'il y a bien complot et que j'ai donc bien raison". Ce complotisme populiste a   l'énorme avantage de déresponsabiliser totalement ses croyants puisque les responsables de tout ce sont les comploteurs, donc la caste des prédateurs honnis. N'allez surtout pas leur dire que chacun est responsable de ce qu'il fait ou ne fait pas … puisque le complot lui-même est fait pour empêcher les "victimes" du complot de faire quoique ce soit. Ces "victimes" sont, par définition, disculpées de tout : de leur bêtise, de leur lâcheté, de leur ignorance, de leur aveuglement, de leur démagogie, de leur superstition, de leur violence (un "victime" acculée a toujours tous les droits, mais aucun devoir), etc …

Les seules questions auxquelles on n'obtiendra jamais de réponses sont celles de la raison d'être de ce soi-disant complot et des mécanismes qui le maintiennent si bien en fonctionnement.

 

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De Jerome H. Barkow :

 

"Ceux qui s'opposent à l'idée que nous avons une psychologie façonnée par l'évolution, c'est-à-dire que la nature humaine est le produit de l'évolution biologique, au même titre que la psychologie de toutes les autres espèces de cette planète est un produit de l'évolution biologique, comprennent cette idée de travers. Dans les arguments de la psychologie de l'évolution, ils lisent des notions d'inévitabilité et de destin biologique, ils voient un aveu d'impuissance à changer nos sociétés pour les rendre plus équitables et moins cruelles. Ils sont persuadés que c'est ce que disent les évolutionnaires (qu'importe tout ce que nous pouvons dire pour leur faire comprendre qu'ils se trompent). Dès lors, nous sommes les ennemis de leurs idéologies, que ce soit le communisme, certains courants féministes ou mouvances religieuses."

 

Ainsi que je le martèle depuis des décennies : la Nature précède et façonne la Culture et la physiologie précède et façonne la psychologie !

Et cela ne plaît évidemment pas du tout aux rétro-activistes (ceux qui font de l'activisme politique à contre sens) qui ont remplacés, en apparence, les socialo-gauchistes sur les campus ou sur les place publique.

 

De Steven Pinker, professeur de psychologie cognitive à Harvard :

 

"Les divers symptômes de cette ignorance [de la noologie évolutionnaire] constituent la 'doctrine de la page blanche' [l'homme est une page blanche] prisée en sciences sociales. Une théorie aussi politiquement et émotionnellement réconfortante que radicalement fausse, car elle gravite autour de quatre peurs infondées: l'inégalité (s'il existe des différences entre sexes, populations ou races, alors, la discrimination et l'oppression seraient justifiées) ; le déterminisme (si les gens sont les produits de l'évolution, alors, ils ne peuvent être tenus pour responsables de leurs actions, ils pourront toujours accuser leurs gènes ou les pressions de sélection ayant mû leurs ancêtres) ; le nihilisme (si nos engagements émotionnels, moraux et sociaux ne sont que des adaptations d'évolution ayant amélioré les chances de reproduction de nos ancêtres, alors, ils n'ont aucune valeur intrinsèque et la vie est dénuée de sens) et celle de l'imperfectibilité (la nature humaine contient de très vilaines tendances pouvant contrecarrer une réforme sociale d'obédience progressiste alors que, si nous sommes des pages blanches, l'utopie dans laquelle les individus sont élevés et conditionnés avec des traits socialement bons est possible)."

 

De Stéphane Debove (enseignant ENS) :

 

" Beaucoup de gens aimeraient que tous les humains soient les mêmes au niveau neural et cognitif à la naissance […]. Le problème, c'est que ces préférences ne sont que ce qu'elles sont: des préférences. Et l'univers n'a que faire de nos préférences. Mais la psychologie humaine est ainsi faite que, confrontés à des données qui viennent contrarier ces préférences, beaucoup de gens choisiront de nier la réalité de ces données, et de rejeter la discipline qui les a produites."

 

De Jesse Bering :

 

"Je pense que c'est parce que les gens ont peur d'eux-mêmes … de leur incapacité à contrôler leurs propres pulsions ataviques, parce qu'ils ont finalement conscience que ces instincts sont bien plus puissants que toutes les philosophies ou théologies qui prétendent les domestiquer. Nous ne sommes pas de petits dieux privilégiés dont le cerveau serait immunisé contre les forces de l'évolution, mais des animaux émotionnellement brumeux et bourrés de biais cognitifs ancestraux. L'ironie, c'est que notre rejet obstiné de ce fait établi par le darwinisme et notre attachement à des idées aussi utopiques que factices – celles que nous serions les seuls animaux à l'esprit vierge et que tout nous est possible – sont en train de précipiter notre espèce vers l'extinction."

 

La plupart des gens et des académiques d'aujourd'hui considèrent encore la noologie évolutionnaire de la même manière que les croyants et prélats du 17ème siècle considéraient la révolution copernicienne : avec dégoût et colère, avec haine et vindicte. E pur si mueve

 

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Toujours se placer bien au-dessus de ce qui arrive.

 

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Le déterminisme est ce qui prend la place de l'autonomie lorsque celle-ci est trop faible.

 

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Assumer l'Autre et le Soi, et les dépasser tous deux.

 

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Toute vérité n'est qu'une erreur moins erronée que les autres, en attendant une vérité meilleure (donc plus efficace et/ou plus cohérente). Et de même pour toutes les autres valeurs fondamentales (le vrai, le bien, le bon, le beau, le sacré, etc …). Il ne s'agit pas de relativisme, mais, bien au contraire, d'un hiérarchisme ET d'une temporarité : ceci est la meilleure réponse pour l'instant !

 

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Constructivisme de l'esprit humain par sublimation de l'instinct animal, par subsomption des vécus, ressentis, observés.

 

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La suppression de tout surnaturel rend totalement disponible pour la Nature (contemplation et joie externe) et pour sa nature (accomplissement et joie interne). La suppression de tout surnaturalisme libère enfin toutes les voies (scientifiques, mais aussi mystiques et initiatiques) vers le monisme, le panenthéisme, le panthéisme … le dionysisme.

 

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Les rapports humains sont d'abord construits sur l'égoïsme et l'hypocrisie.

 

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La moralité est toujours relative à une morale, et toute morale est la construction généalogique d'une éthologie censée devenir de plus en plus favorable au plein accomplissement de chacun. Les progrès d'une personne vers plus de moralité ou d'une société vers plus de morale, n'appellent aucun surnaturel, aucune "loi" révélée, Toutes les valeurs ont une généalogie et la justice humaine ne fait que juger par rapport aux valeurs ambiantes, soit qu'elles sont imposées par le tyran en place, soit qu'elles sont admises par les mœurs en place (ces mœurs peuvent être un tyran).

 

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La femme n'est pas homme et l'homme n'est pas femme. Les différences entre eux sont énormes et fondent la complémentarité du couple face au monde, aux autres, aux enfants et au temps.

 

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L'aristocratisme nietzschéen s'oppose radicalement, à la fois, au démagogisme et à l'étatisme. Il rejette virulemment toutes les formes de socialisme comme intrinsèquement totalitaire, malgré de fausses apparences parfois démocratiques. Le socialisme impose un fantasme social collectif à la réalité des individus personnels.

 

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Il n'est de moralité que collective et conventionnelle (la conformité aux mœurs coutumiers, aux usages collectifs). Il n'existe pas de "morale naturelle" qui serait indépendante des humains. Un être humain seul ne peut qu'être immoral ou, mieux, amoral. La morale est née du groupe et le groupe est né de la faiblesse de l'homme seul face à la Nature sauvage. La morale est une coutume à laquelle le groupe tient parce qu'elle a fait ses preuves pratiques (non parce qu'elle est vraie) : la morale relève de l'utilitarisme.

 

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Pour pérenniser et sacraliser une morale, et la sortir du relativisme utilitariste, une voie est d'inventer un Autre-à-côté dont cette morale soit l'exigence et la révélation.

La morale exige le sacrifice (puisque la coutume collective DOIT l'emporter sur la volonté personnelle). La morale est sacrificielle et les sacrifices religieux n'en sont que les symboles. La faute morale doit être expiée. Le sacrifice expiatoire, a posteriori, remplace le sacrifice moral qui n'a pas été fait, délibérément, a priori.

Ne pas confondre l'exigence morale collective et l'exigence ascétique personnelle. Faire du bien par indispensable obéissance collective et faire du bien par libre volonté personnelle, ne relèvent pas du tout de la même logique. Ils s'opposent même.

En symétrique à cela, les notions de culpabilité, de remord et de contrition sont centrales. La morale exige que celui qui fait mal, en souffre intérieurement, indépendamment de toute punition éventuelle. Faire du mal, ce doit être se faire du mal, immédiatement et automatiquement, la punition collective ou divine ne venant qu'en supplément.

Mais, a contrario, si un membre d'une communauté fait du mal, la communauté elle-même en est en partie coupable puisque c'est elle qui a "produit" cet individu.

L'erreur profonde faite est d'affubler le monde d'une signification morale. C'est le cœur des voies du Soi car la morale permet de donner de la valeur à ce Soi, de le rendre précieux et, donc, de justifier le fait de vouloir le maintenir, le pérenniser ou l'augmenter. La morale dit : est Bien ce qui est bon pour le Soi que l'on a définit et est Mal ce qui est mauvais pour lui.

 

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La Nature n'est ni bonne ni mauvaise. Elle est amorale.

 

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Le fondement de la morale (cfr. aussi Spencer). Une "morale" de la Vie (et de l'Esprit) : est bien ce qui favorise l'accomplissement de la Vie (et de l'Esprit). La morale de la "volonté de puissance" comme moteur de la Vie (et de l'Esprit).

 

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La pitié est le fondement de toute morale. Si la pitié pour l'autre n'existe pas, pourquoi se soucier de cet autre pour lequel il n'y a qu'indifférence, mépris, défiance, animosité ou rejet. La pitié implique un assujettissement "doux" à l'Autre qui prime sur Soi.

La pitié débouche aussi sur la pitié de soi et l'égoïsme le plus exacerbé.

Si l'on ne fonde pas le "vivre ensemble" sur la pitié, quelle serait l'alternative ?

Une morale de la pitié réciproque (socialisme) contre une morale de l'intérêt réciproque (libéralisme) et contre une morale de la passion (intentionnalisme).

 

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Le 09/01/2020

 

Le vocabulaire académique est révélateur d'une époque …

 

Il y a cinquante ans, lorsque j'entrai à l'université comme bachelier, on commençait par faire deux ans (éliminatoires) de candidature afin d'acquérir le bagage nécessaire pour être candidat (si les résultats théoriques et pratiques, écrits et oraux, obtenus l'avéraient) à tenter les deux ou trois années de "licence". A leur terme, on pouvait obtenir la "licence" (permission) d'exercer ce métier-là dans ce domaine-là. Ensuite, les meilleurs pouvaient tenter une maîtrise afin de maîtriser suffisamment leur domaine pour exercer le magistère et enseigner aux élèves-candidats. Les plus doués, alors, pouvait tenter leur doctorat afin, après trois à cinq ans d'études et de recherches, de devenir docteur (doctor, en latin, "plus docte" que les autres) et de pouvoir tenter une agrégation de l'enseignement supérieur et enseigner les étudiants de licence, de maîtrise et de doctorat.

 

Aujourd'hui, les bacheliers ont déjà atteint un tel haut niveau d'inculture, d'illettrisme, d'ignorance et d'orgueil, qu'il est devenu inutile de leur demander d'être candidat à quoique ce soit. On entre directement en licence d'où, après trois ans, on obtient le droit d'exercer un métier et de s'y faire licencié (viré) pour incompétence, fainéantise, je-m'en-foutisme, paresse, etc … . Si, malgré tout, on persévère, il est possible, après deux ans, d'obtenir un "mastère" qui prouve deux chose : que l'on maîtrise un peu le franglais et que l'on est capable de colmater les brèches de ses connaissances avec un bon "mastic" d'arrogance puérile et de revendications idéologiques.

 

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Devenir Maître est la finalité profonde de toute l'initiation maçonnique. Et aussi de toute l'ascèse taoïste ("maître" en mandarin, se dit Tseu comme Lao-Tseu, Tchouang-Tseu ou Lie-Tseu, et tant d'autres) ; un enseignant de haut niveau dans les arts martiaux ou artistiques asiatiques, ou en escrime occidentale, est également appelé "maître" ; ce n'est pas un hasard.

Mais qu'est-ce qu'un Maître ? Qu'est-ce que la Maîtrise ?

C'est d'abord être parfaitement Maître de son Art.

C'est ensuite pouvoir parfaitement exercer le Magistère.

C'est enfin être parfaitement Maître de son Âme.

 

Si une de ces trois conditions n'est pas parfaitement remplie, alors le titre de "maître" est usurpé et l'on a affaire à un imposteur.

Et la plus difficile de ces trois conditions est la dernière puisque la première (compétence) et la deuxième (rhétorique) ne sont que techniques (ce qui n'enlève rien ni à leur importance, ni à leur difficulté).

 

Que signifie alors "devenir parfaitement Maître de son Âme" ?

Impassibilité ? Ataraxia ? Apathéia ? Silence intérieur ? Transparence émotionnelle ? Les sages stoïciens comme les sages zen ont exploré très loin cette voie du grand calme. Mais ce n'est qu'une voie ; il en est d'autres.

Les sages taoïstes, par exemple, ne demandent pas le retrait hors du tumulte du monde ; ils exigent seulement le non-agir (le Wu-Wei), la parfaite résonance et harmonie entre le Tao cosmique et la tao intérieur du sage. Les sages kabbalistes vont dans le même sens : par l'étude de la Torah, mettre sa propre intention de vie en harmonie avec la Vie divine.

L'Âme, selon son étymologie latine, est ce qui "anime", c'est-à-dire ce qui donne sens et valeur à l'existence dans chaque ici-et-maintenant. La parfaite Maîtrise de son Âme consiste, dès lors, à vivre chaque instant, en chaque lieu, en parfait alignement avec sa propre raison d'exister, c'est-à-dire d'être toujours parfaitement au service de la Vie et de l'Esprit … et de rien d'autre.

 

Un Franc-maçon régulier dirait que la parfaite Maîtrise consiste à consacrer chaque instant de sa vie à la construction du Temple parfait à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers … et à rien d'autre.

C'est ce "à rien d'autre" qui constitue tout le cœur de l'ascèse !

 

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Le 10/01/2020

 

L'âme personnelle n'est pas immortelle. Il n'y a aucune vie personnelle après le mort personnelle. La Vie cosmique, elle, est éternelle et immortelle et chaque vie personnelle participe pleinement d'elle (comme chaque esprit personnel participe pleinement de l'Esprit cosmique). D'ailleurs, le contraire de la mort, ce n'est pas la vie ; le contraire de la mort, c'est la naissance. La Vie, elle, ne saurait mourir. Lorsque quelqu'un meurt, c'est son âme qui meurt, pas son corps. Lorsque l'âme est morte, alors le corps n'est plus "animé", ses fonctions vitales s'éteignent et il commence à se décomposer. Ce n'est pas le corps qui meurt !

 

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Il est ridicule de porter un jugement de valeur sur ce qui est le Réel, sur ce qui fait le Réel : juger le Réel, c'est le comparer à autre chose qui, forcément, n'existe pas puisque le Réel inclut tout ce qui existe.

 

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Le rationalisme socratique s'oppose à l'évidence aristocratique qui dit que "ce qui a besoin d'être prouvé, ne vaut pas grand' chose". L'évidence (sensitive ou intuitive) est plus puissante que tous les raisonnements. Le principe parménidien est pourtant clair : "Ce qui est, est et ce qui n'est pas, n'est pas".

 

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Les sens et la chair, plongés dans le Réel, montrent, dans chaque ici-et-maintenant, la prégnance primordiale du Devenir, de l'impermanence, du changement, des mutations et transformations incessantes de tout, partout et toujours. Il n'y a pas d'Être !

 

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Le Réel n'obéit à aucune autre "logique" que celle de la Volonté de Puissance qui est son seul Logos. Et cette "logique" n'est ni logique au sens aristotélicien, ni mathématique au sens euclidien.

 

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La Morale s'inscrit contre la Vie ; elle intime l'ordre de l'abnégation et du sacrifice de soi, non seulement au profit de l'communauté à l'"aquelle on appartient et qui est solidaire de chacun de ses membres, mais au profit d'abstraction confuse relevant d'un Autre-à-côté ou d'un Autre-à-venir. Elle abolit l'ici-et-maintenant au profit d'un ailleurs et/ou d'une plus-tard.

 

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Il faut faire une distinction importante entre deux "moralités" : celle de la Morale collective des "esprits faibles et esclaves" et celle de l'Ethique personnelle des "esprits nobles et libres". L'éthique personne consiste à construire sa vie et son œuvre = comme conséquence de la pression de la Volonté de Puissance -, mais pas n'importe comment. Pour que son édifice tienne debout, remplisse ses fonctions et apparaissent comme un bel ouvrage, l'architecte doit respecter certaines règles physiques et esthétiques ; mais c'est lui qui décide, lesquelles il choisit.

 

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Les forces d'Individuation (néguentropiques) et celles d'Intégration (entropiques) sont elles aussi en compétition. Il peut alors se faire que les progrès extrinsèques collectifs supplantent les progrès intrinsèques individuels. La ruche survit mieux que chaque abeille individuelle, mais cela sous-entend la totale subordination de l'abeille à la ruche. C'est la ruche qui devient l'individu où chaque abeille n'est plus qu'un organe spécifique en totale dépendance.

 

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Nous sommes en train de vivre une résurrection de Dionysos. L'écologie authentique - lorsqu'elle ne vire pas à l'écologisme socialo-gauchiste ou bobo -, le retour à la Nature - qui n'a rien à voir avec les chèvres du Larzac -, les diététiques bios - lorsqu'elles évitent les obsessions ridicules du végétalisme ou du véganisme -, les médecines douces - loin des charlatanismes néo-magiques -, et, plus généralement, le soin du corps, la quête de sensualité et de sensation, le goût de la marche, la contemplation des arbres, etc … traduisent cette résurrection certes encore balbutiante.

 

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L'antagonisme entre christianisme et dionysisme est flagrant. Ces deux doctrines sont inconciliables. La vraie vie après la mort et la vraie vie pendant la vie sont en opposition irréfragable. La christianisme hait la chair et ne jure que par l'esprit (l'âme) alors que le dionysisme (comme le spinozisme) rend la chair et l'âme, le corps et l'esprit totalement inséparables (même dans la mort). L'autre monde et ce monde-ci, le monde terrestre et le monde céleste, le monde naturel et le monde surnaturel, le monde divin et le monde humain, toutes ces dualités qui fondent le christianisme (et l'islamisme qui en est l'héritier), ne sont, pour le dionysisme, qu'un seul et unique monde : le Réel tel qu'il est tel qu'il va, tel qu'il évolue et tel qu'il se crée à chaque instant.

 

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Il faut procéder à l'inversion de toutes les valeurs, à la transmutation (au sens alchimique de transformation du vil plomb en or pur) de toutes les valeurs. La destruction de l'esprit de faiblesse est au cœur de ce dispositif de transmutation, puisqu'il est à la source de l'abandon du Réel au profit des chimères et des utopies, puisqu'il est à l'origine de la servitude volontaire et du ressentiment généralisé, puisqu'il est la raison profonde de la paresse et de la couardise, puisqu'il est la cause des déchirements et des souffrances, puisqu'il est le levain de la pitié et de la charité. Vaincre l'esprit de faiblesse, donc !

Restaurer, dès lors, l'inscription de la Vie et de toute vie dans le sillage de la Volonté de Puissance, tout à l'opposé de tous les nihilismes, de tous les indifférentismes ("Rien ne vaut") et de tous les indifférencialismes ("Tout se vaut"). Remettre l'existence dans le champ téléologique qui donne du sens à tout ce qui existe. Rendre au cosmos sa place centrale et à l'humain, sa place périphérique. Passer d'une Morale pour "esprits faibles et esclaves" à une Ethique pour "esprits libres et nobles", à une Ethique pour hyperboréens. Remplacer l'égalitarisme des droits à l'aristocratisme des devoirs. Bref : annihiler le nihilisme et construire le constructivisme.

 

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La psychologie évolutionnaire - que je préfère appeler l'hérédité noologique - est encore taboue aujourd'hui. En effet, dire qu'une bonne part des capacités noologiques (mémoire, sensibilité, volonté, intelligence et conscience) est transmise par hérédité et ensuite développée - ou non - grâce au contexte d'un milieu social adéquat, fait hurler les égalitaristes de tous bords.

Hérédité noologique tant individuelle qu'ethnique : sacrilège.

Caractère favorable ou défavorable de tel contexte linguistique, culturel ou religieux : sacrilège.

Souligner que des études indubitables montrent que, dans les écoles françaises, les jeunes filles asiatiques aient des résultats scolaires nettement supérieurs aux jeunes garçons musulmans ou africains : sacrilège encore.

Cessons de nous mettre la tête dans le sable. Le mythe de la page blanche (qui affirme que le psychisme d'un nouveau-né est totalement vierge et que tout s'apprend  socialement) est une absurdité révolue, même s'il arrange bien la bien-pensance socialo-gauchiste.

Non, les hommes ne naissent pas égaux, ni physiquement, ni psychiquement.

 

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Le 11/01/2020

 

Le PIB mondial est de l'ordre de 70.000 milliards de dollars et sa croissance est (définitivement) en berne, voire en déclin.

La dette mondiale est de l'ordre de 220.000 milliards de dollars, soit trois fois, environ, le PIB mondial … et elle croît, en moyenne, de 25% par an par la faute exclusive des économies dites "émergentes" (les pays développés ont, peu ou prou stabiliser leur dette : la hausse de la dette publique est équilibrée par la baisse des dettes privées). Lae as de la Chine est particulièrement aberrant : sur le marché intérieur la dette est essentiellement celle des entreprises d'Etat surtout dans les secteurs de la construction et de l'immobilier, mais sur le marché extérieur, la Chine prête de l'argent, à tire-larigot et sans aucune prudence et garantie, à ses "amis" africains, dont elle pille le sous-sol et le sol.

Tant que les taux d'intérêt resteront très bas ou négatifs, cette dette pourra être "roulée" (reconduite) pendant un temps. Mais un jour ou l'autre, il faudra solder les comptes et permettre à l'économie réelle de reprendre sa place, usurpée depuis trop longtemps par les économies spéculatives et monétaires.

A titre d'exemple, rien que la bulle des CDS pèse au moins 80.000 milliards de dollars, soit plus du PIB mondial.

De plus, les taux d'intérêt négatifs sont contreproductifs puisqu'ils défavorisent l'épargne, et voudraient forcer l'endettement et la consommation, alors que toutes les ressources naturelles sont entrées en pénurie.

Enfin, les planches à billets sont en surfusion.

A part ça, "tout va très bien madame la marquise …".

Une crise à venir ? Mais non ! Toujours la même depuis trente ans, mais de plus en plus grave ! Et bientôt paroxystique … voire catastrophique.

 

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        La physique du 19ème siècle présentait les lois de la Nature comme des réalités immuables et éternelles, comme des "commandements de Dieu". Même si ce Dieu ne jouait aucun rôle, ces "lois" idéalistes" incarnaient l'Être suprême : elles en étaient le masque tangible. Cette physique idéaliste et essentialiste est encore l'apanage de beaucoup de physiciens. Mais les choses changent et l'on commence à comprendre que l'espace, le temps, l'énergie, la matière et leurs "lois" (c'est-à-dire leurs modes de fonctionnement courants, récurrents et réguliers) ne sont pas des "donnés" (par qui ? pour quoi ?) mais des produits d'un univers dont le fondement est une tension interne, une in-tension, une intention  très semblable à l'idée de la Volonté de Puissance.

 

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Au centre de toute épistémologie, il y a une dialectique entre "vérité" et "utilité" … et, souvent, une confusion entre science et technique. Il est clair que la connaissance scientifique, comme toute connaissance, a pour origine une tentative impérieuse de comprendre le monde afin d'y survivre et que la technique n'avait d'autre but originel que de faciliter cette survie. En gros : "Est vrai ce qui fonctionne". La "Vérité" avec cette majuscule qui la rend définitive, éternelle et transcendante, est un de ces mots vides parce que trop grand ; tout s'y noie. Une connaissance n'est jamais "vraie" en soi : elle est, ou pas, adéquate et cohérente, de cette double cohérence  avec le Réel, à l'extérieur, et avec les autres connaissances acquises et avérées, à l'intérieur. Cette double cohérence simultanée est le seul critère de validation d'une connaissance, quelle qu'elle soit, scientifique ou pas. Quant à la technique, sa seule raison d'être est d'être utile et efficace, sachant que les critères d'utilité et d'efficacité sont éminemment relatifs à une époque, à une culture, à une problématique. La technologie n'est jamais "un bien" ou "un mal" en soi ; tout dépend de l'usage que les humains en font.

 

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A propos de la logicité, les humains ont toujours confondu "le semblable" et "l'identique". Or, rien n'est jamais identique à rien dans le Réel : cette pomme-ci et cette pomme-là sont peut-être deux pommes au niveau des mots, mais dans leur réalité, elles ne sont que superficiellement semblables sans être du tout identiques. La logique, comme les mathématiques, fait l'impasse sur ces différences et, par simplification et par idéalisation, réduit le semblable à l'identique : arithmétiquement l'ensemble fait de cette pomme-ci et de cette pomme-là, quelques différentes soient-elles, devient : il y a là deux pommes. "Pomme" n'est alors plus une réalité spécifique, mais une unité de compte.

 

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A propos de la causalité, une autre confusion se fait, sournoisement, entre "description" et "explication". Décrire, même minutieusement, un phénomène ou un processus, ne l'explique en rien. Encore une fois, la tradition logique a idéalisé et généralisé la récurrence de relations de précédence (A précède B et chaque fois que B arrive, A était arrivé avant B). Mais succession n'est pas filiation. Précédence n'est pas engendrement. Une intuition majeur de Ernst Mach répond à cela. L'intuition de Mach est celle-ci : tout ce qui arrive ici-et-maintenant est le résultat de tout ce qui est déjà arrivé partout depuis toujours. Chaque évènement est une convergence locale et instantanée de toute l'évolution de tout depuis toujours. Il n'y a pas une cause qui produit un effet ; il y a un événement qui est peut-être déclenché par une déclencheur discernable, mais qui ne se produit que si tout le reste est bien là, comme il doit être.

 

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Le 12/01/2020

 

Il faut toujours bien définir de quelle "connaissance de soi" l'on parle (tant au plan divin qu'au plan humain) et distinguer la connaissance conceptuelle, verbale et analytique, de la connaissance intuitive, visionnaire et holistique.

Les voies de la connaissance conceptuelle et analytique nécessite impérieusement le miroir de l'autre puisqu'il faut se com-prendre, puisqu'elle nécessite com-paraison.

L'autre voie, celle de la connaissance intuitive et holistique de soi, est ressentie directement, mystiquement, sans nulle médiation de quelque miroir que ce soit : même dans les ténèbres les plus épaisses, sans contact avec rien, je sais que j'existe et comment j'existe, je sens que j'existe et comment j'existe.

Mais ces deux voies de la connaissance ne s'excluent nullement l'une, l'autre ; tout au contraire, elles se complètent et se valident mutuellement …

 

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L'inter-fécondation (cross-fertilization) des divers champs de connaissance me paraît indispensable et vitale, pour construire la science de demain non pas contre les savoirs spécialisés, mais au-delà d'eux. Le Réel est un Tout-Un et tout ce qui y existe ne prend sens et valeur et, par conséquent, ne devient compréhensible et connaissable, que parce que ce Tout est Un.

Il faut sortir de l'analycisme et du réductionnisme de l'idéologie mécaniciste.

 

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Si l'efficacité est dans le détail, la vérité ne s'y trouve pas.

 

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Aimer sa femme, c'est connaître le plaisir, le bonheur et la joie de vivre avec elle, en toutes circonstances, à tout âge, de toutes les manières.

Aimer sa femme, c'est n'être plus qu'une seule chair, un seul cœur, un seul esprit et une seule âme à deux.

Aimer sa femme, c'est la vivre à chaque instant, au-delà des rides et des humeurs.

 

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De Friedrich Nietzsche ("Le Gai savoir") :

 

"On ne peut rendre entièrement en paroles même ses propres pensées."

 

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Le 13/01/2020

 

L'âme, en mourant, laisse mourir le corps. C'est elle la Vie, pas le corps. Le corps n'en est que l'organe. Et l'âme, dans un corps sain, engendre l'esprit et ses cinq facultés (mémoire, sensibilité, intelligence, volonté et conscience) qui, tant que l'âme est vivante, va assurer la coordination entre le corps, cette âme et le monde.

En fait, l'âme de Vie (Néphèsh 'Hayym) possède deux organes qui meurent avec elle : le corps et l'esprit.

Cette âme, c'est le Conatus de Spinoza, c'est la Volonté de Puissance de Nietzsche, c'est l'Elan vital de Bergson.

 

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De Roger Scruton qui répond à la question : "Il se trouve toujours des intellectuels pour croire aux théories marxistes. Comment est-ce possible ? " :

 

"La seule explication, selon moi, est qu'il s'agit d'un phénomène religieux. La religion promet la vie éternelle, et tout ce qui est promis par la religion est invisible. Ces philosophies promettent toujours quelque chose pour l'avenir, et ce qui se passe effectivement ne peut donc jamais les réfuter, puisque l'avenir n'est pas encore advenu. En ce sens, l'intellectuel de gauche moderne est le descendant du prêtre. (…) Ils ne cessent de comparer l'imperfection du présent avec la perfection de l'avenir. Or il est malhonnête de prétendre que tout est imparfait, car on peut toujours améliorer les choses ponctuellement - c'est cela, être conservateur, et c'est ce que cette gauche refuse d'accepter. En réalité, il existe deux grandes conceptions de la politique. Selon celle que je défends, la politique n'est pas l'entièreté de la vie mais une petite partie de celle-ci. Elle est un ensemble de pratiques par lesquelles les hommes se mettent d'accord malgré la divergence de leurs intérêts. C'est un système de compromis. L'autre conception de la politique, qui est la conception exorbitante héritée de Lénine, qui s'inspirait de Marx mais aussi de la Révolution française, et celle du nazisme, est que la politique est une vision entière qui organise la vie de tous et à laquelle chacun participe. Cette vision offre une solution absolue et finale aux problèmes de la communauté. Chaque fois, le résultat est le même : le chaos et des millions de morts. (…) Paradoxalement, elle [la politique vue de gauche] est également immorale, car elle est indissociable d'un transfert de la moralité de l'individu vers la société. La vie morale à proprement parler est l'obligation de se montrer responsable envers ceux qui dépendent de nous. Si je transfère ce devoir à la communauté, cela devient une obligation de l'État, et non la mienne. Je peux donc vivre de façon immorale, pour autant que l'État agit à ma place, notamment par la redistribution des richesses. Ce n'est rien d'autre que l'externalisation du devoir moral, et donc un moyen d'y échapper. Dans le cas de l'État providence, c'est une externalisation du devoir de charité."

 

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Vers la fin de son Zarathoustra, Nietzsche récapitule les idées-forces de son œuvre. Ces idées sont celles :

 

  1. du Surhumain et du surpassement de l'humain,
  2. de l'engagement dans la réalité de la Vie,
  3. de l'abolition de tous les "prêtres",
  4. de l'inconciliabilité entre les "esprits faibles et esclaves" et les "esprit nobles et libres",
  5. du dépassement du Bien et du Mal,
  6. du rejet du destin fataliste au profit d'un destin vocationnel,
  7. du gouffre qui sépare la valeur et le prix,
  8. de la Volonté de Puissance et du constructivisme qui s'ensuit,
  9. de l'absurdité de la "pureté",
  10. de la vitalité dionysiaque,
  11. de la Joie dans le réel,
  12. de la lâcheté des dévots,
  13. de l'horreur de tous les nihilismes,
  14. de la fidélité à la terre,
  15. du ridicule de vouloir "être le médecin des incurables",
  16. de la lutte contre tous les parasitismes,
  17. de l'esprit de légèreté contre l'esprit de pesanteur,
  18. du bon choix d'ennemis qui ne soient pas méprisables,
  19. de la morale des esclaves et de la morale du ressentiment,
  20. de la différence et de la complémentarité entre le mâle et la femelle, entre l'homme et la femme,
  21. de l'inanité de l'idée du "contrat social",
  22. du danger de la bonté et de la justice, de l'égalité et de la pitié,
  23. de l'abomination qu'est le "dernier homme",
  24. de la lutte contre la mollesse et la paresse,
  25. de la grandeur de l'ivresse.

 

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Le 14/01/2020

 

Le fait de compter ou de dénombrer, est déjà un acte d'idéalisation. Pour qu'un décompte soit possible, il faut une unité de compte qui soit commune à tous les éléments de l'ensemble que l'on dénombre (ce qui, implicitement, présuppose une prémisse fondamentalement fausse : le Réel étant un continuum, il n'est pas décomposable en éléments distincts, sauf à faire l'impasse sur tout ce qui lie le "tas" des éléments pour en faire le "tout" réel).

Quoiqu'il en soit, pour dénombrer il faut nécessairement une unité de compte commune ; or, une telle unité de compte commune n'existe jamais, sauf à passer par une idéalisation simplificatrice qui élimine tout ce qui différencie, pour ne garder que ce qui est approximativement semblable.

 

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Dès lors que, comme le font le criticisme de Kant ou le phénoménologisme de Husserl, on veut comprendre l'acte de connaissance en opposant un sujet et un objet, on fait fausse route. La connaissance n'est pas un rapport entre deux entités distinctes, mais bien la prise de conscience que ces deux entités n'en sont pas, mais qu'elles ne sont que deux manifestations d'une seule et unique réalité sous-jacente dont elles procèdent totalement toutes deux. C'est cela seulement qui peut fonder une connaissance authentique : connaître c'est savoir que le connaissant et le connu sont les deux faces complémentaires d'une même réalité. L'acte de la connaissance est essentiellement un acte de l'intuition (de reliance et de résonance) c'est-à-dire le dépassement le dépassement radical du connaissant et du connu dans la prise de conscience de l'unité du Réel qui les englobe et les manifeste tous deux.

 

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La logique et la mathématique sont des domaines de pensée autoréférentiels, purement conventionnels, qui n'ont rien à voir avec la réalité du Réel. Elles relèvent toutes deux de la pure idéalisation fantasmagorique basée sur deux principes faux : l'analycisme (le Réel n'est pas un assemblage) et l'identité (rien, dans le Réel, n'est objectivement identifiable).

Le logique et la mathématique ne sont pas des sciences, mais des langages humains aussi subjectifs et conventionnels que tous les autres langages humains. Toutes deux sont des constructions idéelles, artificielles et axiomatiques, auxquelles s'applique le théorème d'incomplétude de Gödel : dès que l'on se place assez loin des axiomes, dans l'arborescence déductive, les propositions ne sont plus décidables (il est devenu impossible de savoir si elles sont vraies ou fausses, non par suite d'erreurs éventuelles de raisonnement ou défaut de rigueur, mais intrinsèquement, par construction même).

 

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La logique et la mathématique sont des formes pures, indépendantes des substances auxquelles elles s'appliquent. Ce sont donc des "formalismes", des patterns, des grilles de lecture conventionnelles et artificielles. Ces formes artificielles se superposent parfois, approximativement, aux formes du Réel. La raison n'en est nullement que la logique ou la mathématique soient "donc" vraies, puisque isomorphes (parfois) au Réel ; cela signifie seulement que l'esprit humain et les phénomènes physiques procèdent de la même économie dont les lois de la physiques et les axiomes de la logique et de la mathématique, procèdent également.

 

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Si la morphologie est, au sens étymologique, l'étude des formes, la logique et la mathématique en sont deux parmi les multiples langages. Mais ces deux langages-là sont largement insuffisants et déficients pour prétendre pouvoir rendre compte de la réalité du Réel.

Husserl fait une énorme erreur en prétendant que ces langages-là sont les langages vrais du Réel, et que toutes les manifestations du Réel peuvent et doivent y trouver leur description exacte et vraie. C'est en cela que le phénoménologisme est un idéalisme, un idéalisme pythagoricien.

 

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La logique et la mathématique sont deux langages qui permettent d'assurer une cohérence de l'univers-modèle, face à l'univers-réel. Cela n'implique absolument pas que cette cohérence soit parfaite, d'une part, et que, d'autre part, elles soit isomorphe, ni même homomorphe à la cohérence du Réel. Elle ne fait que l'approcher, et seulement dans certains cas, les plus rudimentaires c'est-à-dire les moins complexes.

 

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Husserl, à bon droit, distingue radicalement ce qui est vécu (l'univers-image) de ce qui est pensé (l'univers-modèle). Le psychologisme confond les deux dans le magma psychique ou cérébral. Mais la distinction entre sensibilité (le vécu) et l'intelligence (le pensé) ne suffisent pas à rendre l'intégralité de l'esprit ; il faut encore y adjoindre la mémoire (l'accumulation du vécu et du pensé), la volonté (le vécu et le pensé pour quelque chose, ce que Husserl nomme l'intentionnalité) et la conscience (la confrontation explicite des quatre autres). Le psychologisme confond tout et Husserl ne prend en compte que deux des cinq pôles.

 

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L'intentionnalité est inhérente à la réalité de l'esprit humain : on observe quelque chose, on pense quelque chose. Il ne s'agit nullement d'une béance. L'esprit n'a émergé de la Vie que pour contribuer à l'amélioration des chances de survie de l'espèce. Il est donc là pour "être utile" à quelque chose. Cela n'empêche nullement des moments de "silence" mental, de "suspension" du mental, une sorte de belle "absence" où le mental se fond avec ce qu'il ressent sans autre but que de s'y "délayer". C'est sans doute cet état que recherche la "méditation" indienne (la dhyâna) commune au shivaïsme, aux yogas hindous, aux bouddhismes, au ch'an chinois et au zen japonais.

 

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Husserl a raison sur un point crucial : il faut s'interroger sur l'intentionnalité qui se cache derrière la volonté de réduire le Réel à de la logique et/ou à de la mathématique. Je pense que la seule réponse possible vient de l'intuition qui "ressent" que l'économie de la pensée et l'économie du Réel sont soumis aux mêmes critères d'optimalité, optimalité qui peut se formaliser, notamment, dans les règles logiques et mathématiques, mais pas seulement ! C'est là que se tend le piège du réductionnisme : réduire le Logos du Réel à de la logique mathématique (parce que l'esprit humain s'y simplifie la vie) est une erreur capitale.

 

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La notion d'optimalité est cruciale : c'est elle qui affirme et détermine la téléologie tant du Réel tel qu'il évolue, que de l'esprit tel qu'il pense.

Optimalité de quoi et par rapport à quoi ? Je pense que tout le questionnement phénoménologique se ramène à cette seule question.

Ce que l'on appelle "vérité", n'est que la fine pointe extrême de la convergence de l'optimalité du Réel tel qu'il évolue, que de l'esprit tel qu'il pense.

 

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Sans du tout sombrer dans le dualisme idéaliste platonicien, il faut reconnaître que l'histoire des cultures et de la pensée humaines a engendré des concepts, des idées, des structures idéelles, des doctrines et des théories qui se sont accumulées et qui ont fini par prendre une existence et une vie propres dans la noosphère. Une dialectique a fini par s'installer entre la cosmosphère (l'univers-image) et la noosphère (l'univers-modèle) à propos du Réel, c'est-à-dire de l'univers-réel.

Il serait ridicule de vouloir, comme Descartes, pratiquer la Tabula rasa et de refonder la "connaissance" à neuf. La Connaissance est un processus vivant et évolutif, avec ses continuités et ses ruptures, avec ses paradigmes et ses bifurcations. La Connaissance est un processus constructif qui obéi, non pas à une logique pure et absolue, mais à une logique constructive où, encore une fois, le principe d'optimalité joue un rôle crucial.

 

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Le 15/01/2020

 

D'un F.: breton :

 

" Le monde est une matrice à décoder pour y trouver le Créateur, partout, tout le temps. Hic et Nunc ...    "

 

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La plupart des hauts personnages juifs évoqués par les textes évangéliques sont des pharisiens c'est-à-dire des chefs de file du judaïsme populaire et exotérique (exaltant la croyance en l'immortalité de l'âme personnelle et en une vie après la mort dans "l'autre-monde" - ce qui est contraire à la tradition sadducéenne). A cette époque et jusqu'en 70 (avec la destruction du Temple et l'expulsion des Juifs, le sadducéisme s'effondre et le lévitisme avec lui), le pharisaïsme est une dissidence hérétique par rapport à l'orthodoxie juive du Temple qui est le sadducéisme (le lévitisme). La sanhédrin était le tribunal sadducéen siégeant dans le Temple. Jésus et ses disciples étaient aussi des pharisiens d'origine, mais teinté d'un peu de zélotisme violent (cfr. l'épisode des marchands du Temple) ou d'un peu d'essénisme plus ou moins pur (Jean-le-Baptiste était un dissident essénien). En somme : des jeunes hommes du peuple en rébellion contre la présence romaine ET contre les institutions traditionnelles juives (les sadducéens et l'aristocratie lévite). Bref : l'équivalent de nos "gauchistes" auxquels Paul, le "collabo" romain, n'appartenait pas et qui s'opposèrent à lui. Un Jésus gauchiste face à un Paul vichyste …

 

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Les ténèbres de la nuit qui vient, ne se réduisent pas aux cris de l'orfraie.

Autrement dit, la problématique du réchauffement climatique, qui est indéniable et irréfutable, ne se réduit pas aux gesticulations de la petite conne de Greta Thunberg. Heureusement ! Elle et ses thuriféraires médiatiques, transforment ce qui est grave et profond, en catastrophisme de spectacle, sans beaucoup d'intérêt, mais d'un impact non négligeable (salutaire s'il enclenche une prise de conscience).

Le dérèglement climatique n'est qu'un des aspects de la phase chaotique que vit, aujourd'hui, le monde humain dans toutes ses dimensions : climatique, écologique, pollutoire, culturelle, morale, éthique, éducationnelle, pénurique, économique, financière, politique, populiste, monétaire, militaire, terroriste, salafiste, illibéraliste, etc …

Le vraie Vie est un Tout, où tout est dans tout, où tout est cause et effet de tout. Il faut se méfier de tous ceux qu'hypnotisent un seul arbre au point de ne plus voir du tout la forêt qui est derrière.

Méfions-nous des promesses apocalyptiques chères à nos amis collapsologues. Mais méfions-nous encore plus des aveuglements et des politiques de l'autruche de tout ceux qui ne veulent ni voir, ni comprendre, ni savoir que leur monde ancien est mort, et qu'il est en train de disparaître par décomposition nauséabonde.

 

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Le 16/01/2020

 

La question de la structure du Judaïsme actuel est touffue. En gros, il faut distinguer les Juifs de Foi et les Juifs de Culture.

Parmi les Juifs de Foi, on distingue, habituellement, trois grandes familles : les Orthodoxes, parmi lesquels les Loubavitchs et les Hassidim (qui sont les plus repérables dans leurs accoutrements d'un autre siècle), les Traditionnalistes (les "conservatives", en anglais) et les Libéraux (où des femmes peuvent être rabbin, comme la ravissante  Delphine Horvilleur en France). Tous ces Juifs religieux vivent discrètement en petites communautés autour d'une synagogue, d'un boucher kasher et d'un rabbin. Ce rabbin est élu et appointé par la communauté ; un rabbin est un maître d'école, un conseiller familial et un maître des cérémonies, mais il n'est aucunement un prêtre ; depuis Moïse, le sacerdoce juif est exercé par la tribu des Lévy (Lévy, Halévy, Lévi, Lewi, Lewis, …) et, plus spécifiquement, par la famille des Cohen (Kaplan, Kaghan, Cahen, Hacohen, etc …), descendants d'Aaron, frère de Moïse.

Parmi les Juifs de Culture, mais non de Foi, on peut distinguer trois catégories : les indifférents (qui n'attachent aucune importance à leur généalogie juive), les "mémoriaux" qui se savent juifs, le cultivent même, mais seulement en terme d'histoire culturelle humaine (centrée sur leur famille ou, plus généralement, sur le peuple d'Israël) et sans connotation religieuse, et, enfin, les sionistes qui sont politiquement engagés en faveur de l'Etat d'Israël et qui pratiquent une forme de militantisme en ce sens.

Il faut enfin ajouter une septième catégorie (pour que le plan du monde sont complet et possède ses sept Lumières, comme la Ménorah de la Genèse …).

Ce sont les Kabbalistes qui forment une catégorie à part : celle des mystiques de la Torah ; ils peuvent être religieux … ou pas, membre d'une communauté … ou pas, très stricts sur les lois de pureté … ou pas (ces lois de pureté peuvent être intériorisées et prises au sens ésotérique, symbolique et herméneutique). Souvent, les Kabbalistes ne sont pas connus, dans leur communauté, pour tels. Ils sont juste un peu étranges … goguenards, moqueurs, ironiques … face à l'exotérisme des Juifs "pieux".

Bien sûr, ces diverses catégories ne sont pas étanches, et un même Juif peut appartenir à plusieurs mouvances - dont certaines, cependant, s'excluent mutuellement.

 

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Les sociétés humaines, depuis longtemps, se sont construites sur les réseaux de communautés physiques, ancrées dans la géographie.

Aujourd'hui, ces communautés physiques perdent de leur importance (même si elles demeurent réelles, dans l'environnement matériel) ; car ce sont les communautés spirituelles (mentales, psychiques, immatérielles, etc …) qui détiendront et activeront l'immense majorité du lien entre les humains, indépendamment du lieu physique et matériel où ils vivent.

L'essentiel de la vie se passera au sein de ces communautés spirituelles (qui concernent l'esprit et peu le corps), les communautés physiques étant reléguées aux modalités logistiques.

Les "frontières" politiques n'auront plus aucune importance (sauf pour gérer les flux matériels, éventuellement. Les notions d'Etat, de Nation, de Pays, de Patrie, sont déjà totalement obsolètes, simples fournisseuses de logistique élémentaire et alimentaire.

 

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L'ère médiévale voulait "sauver les âmes". L'ère moderne voulait "fabriquer le bonheur". Deux immenses échecs ! On ne sauve pas les âmes de l'extérieur, même à grands coups d'Inquisition. On ne fabrique pas du bonheur à l'extérieur, même à grands renforts de surconsommation. Le salut et le bonheur se construisent de l'intérieur. Chacun est seul responsable de sa propre joie de vivre.

 

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Il y a Apollon qui symbolise l'Ordre à la fois lisse et rigide, solide et statufié.

Il y a Dionysos qui symbolise la Vie à la fois mouvante et exubérante, fluente et créatrice.

Un double choix s'impose …

Le premier affirme qu'il faut conserver intacte une dialectique permanente entre Dionysos et Apollon.

Le second est que, toujours, la Vie doit être considérée comme supérieure à l'Ordre car la Vie sans l'Ordre, reste la Vie alors que l'Ordre sans la Vie n'est que Mort.

 

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Ma réponse à un article de Michel Onfray …

 

"Arrête Michel !

Michel Onfray, comme s'est devenu son habitude, malheureusement, dit n'importe quoi, insulte n'importe qui, et tout cela au nom de poncifs surannés et d'idéologies misérabilistes complètement à côté des réalités socioéconomiques d'Europe. Il y a longtemps qu'il n'y a plus de "petit peuple" en France. Des vrais pauvres, il n'y en a que très peu.

Ceux qu'on appelle "pauvres" désormais, ce ne sont pas ceux qui ne gagnent pas assez, mais ceux qui dépensent trop (en écrans plats, en smartphones, en baskets ou "survêt" Adidas ou Nike, en plats industriels préparés ou en hamburgers "pas chers" qui les rendent obèses, etc ...).

Michel, nous ne sommes plus en 1848. Sors de tes inepties et de tes myopies : le monde réel ne colle plus du tout avec tes grilles de lecture. Ne t'occupe plus de l'actualité, tu n'y comprends rien. Change de lunettes !"

De plus, sors de ta haine anti-européenne au nom de je ne sais quel nationalisme rampant, au nom de je ne sais quel souverainisme obsolète : la France, en général, et ta Normandie, en particulier, n'existeraient plus sans l'Union Européenne.

 

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Qu'est-ce que le constructivisme ?

Tout ce qui existe dans le Réel se construit par accumulation, comme l'arbre qui pousse et dont le cambium produit la dernière couche de vie par-dessus le bois mort. C'est ce processus accumulatif qui distingue le constructivisme des quatre autres thèses. Tout ce qui se construit se construit dans le présent, sans déterminisme, sans finalisme, sans hasardisme, sans causalisme. Tout ce qui se construit, se construit dans une incessante dialectique entre ses potentialités internes héritées de ses propres généalogies, et les opportunités externes offertes par le milieu … et le tout soumis à une principe d'optimalité qui exprime seulement que toute évolution tend à atteindre les meilleurs résultats possibles, en consommant le moins de ressources possibles.

Derrière l'idée du constructivisme pointent deux idées essentielles et adjacentes : l'émergentisme et l'intentionnalisme.

L'émergentisme montre seulement que, dans certaines circonstances, la construction se heurte à une impossibilité de "faire comme d'habitude" et qu'alors, afin que l'ouvrage continue, le Réel est obligé d'inventer une "autre voie" dite émergente, un saut de complexité comme celui qui mène du Minéral à la Vie, ou de la Vie à l'Esprit. Techniquement, une telle émergence s'appelle aussi une "bifurcation".

Quant à l'intentionnalisme, il répond à cette question : mais pour-quoi donc le Réel construit-il tout ce qu'il construit ? La réponse est toute simple et touche l'essence même du moteur intime et ultime du Réel : sa propension intrinsèque et immanente à accomplir tout l'accomplissable. Aristote appelait cela "entéléchie", Spinoza parlait de "Conatus", Nietzsche, lui, invoque la "Volonté de Puissance" et Bergson, après lui, nommera "élan vital" cette tension intérieure (cette in-tension qui est une "intention") qui est le carburant initial de toute cette aventure prodigieuse qu'est la construction du Réel et de tout ce qu'il contient, nous, les humains, y compris.

 

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La Révolution Française de 1789 du Peuple contre Louis XVI …

 

  1. Ne fut pas française mais parisienne …
  2. Ne fut pas une Révolution mais un putsch d'un quarteron d'avocaillons bourgeois, jaloux des statuts de ce qui restait de la Noblesse …
  3. N'eut pas lieu en 1789 mais en 1792 …
  4. Ne fut pas dirigée contre Louis XVI, mais induite par lui …
  5. Ne réclama pas des droits, mais du pain …

 

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La Morale d'esclave dualise : les bons et les méchants ; elle s'appuie sur deux "vertus" : la pitié et la faiblesse.

Le faible et l'esclave sont forcément des bons puisqu'ils démontrent leur faiblesse et qu'ils attirent la pitié.

En revanche, celui qui ne connaît ni pitié, ni faiblesse, est donc forcément méchant.

Il est inutile de chercher à argumenter.

Il est, par exemple, inutile de prétendre que la pitié affaiblit encore plus les faibles, qu'elle amollit encore plus les mous, qu'elle renforce toutes les paresses et toutes les fainéantises, toutes les nonchalances et toutes les négligences, qu'elle approfondit, abyssalement, la dépendance des dépendants, qu'elle amplifie le parasitisme des parasites, etc … Inutile !

Comme il est inutile d'essayer de faire comprendre que la force des forts est une force constructive et créative dont les faibles aussi profiteront, que les forts ne cherchent en rien le pouvoir (le pouvoir est un besoin de faible) et que les faibles n'ont rien à craindre des forts (sauf s'ils sont aussi fous, ce qui peut parfois arriver … mais alors le danger n'est pas dans la force, mais dans la folie), etc … Inutile !

 

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Le 17/01/2020

 

Les priorités dans les changements des comportements, afin d'éviter l'effondrement promis par les collapsologues, sont au nombre de dix :

 

  1. Frugalisation : passer à une société de déconsommation.
  2. Autonomisation : abolir le salariat et mener une déprolétarisation.
  3. Continentalisation : entériner les grands bassins culturels.
  4. Définanciarisation : interdire toutes les spéculations.
  5. Désétatisation : réduire le politique à la seule logistique collective.
  6. Réticulation : abolir toutes les organisations pyramidales.
  7. Immatérialisation : passer de la sociosphère à la noosphère.
  8. Démassification : sortir des standards et des économies d'échelle.
  9. Libéralisation : abolir le socialo-gauchisme au profit d'un éco-libéralisme.
  10. Valorisation : préférer la valeur d'utilité au prix, même pour le travail.

 

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En 1884, Huysmans écrivait :

 

"À Paris, il y a, en moyenne, 95 imbéciles sur 100 personnes."

 

Rien n'a changé ! Surtout dans les banlieues islamisées. Quant au reste du monde, il faut compter 85 imbéciles sur 100.

 

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L'écrivain Antoine Bueno a commis un livre intitulé : "Permis de procréer". Cela fait longtemps que je pense et écris qu'un tel permis est indispensable (à l'échelle mondiale) pour deux raisons : l'une dénataliste (l'humanité doit redescendre sous la barre des deux milliards pour être viable) et l'autre eugéniste (empêcher les abrutis de fabriquer des humains malheureux et débiles toute leur vie).

 

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Ce que "libération sexuelle" a voulu dire …

Notre monde est devenu, à la fois, hyper-sexualisé (avec une impudicité médiatique des corps, et un putride mélange de voyeurisme et d'exhibitionnisme sur la Toile) et puritain (avec l'hyperféminisme, les "comportements inappropriés" à l'américaine, la condamnation de toute séduction) ; il est, de plus, enclin à la pornographie (jeunes et adultes mâles se complaisent de fantasmes et de plaisir solitaire) et au culte de la conjugalité (la mise en avant du couple, de la fidélité, de la tendresse et de la connivence).

La "libération sexuelle" des années soixante a été un échec sur toute le ligne, au niveau de toutes ses "expériences" d'amour libre, tant communautaires qu'individuelles ; il n'en est ressorti qu'une immense amertume et une aspiration à revenir aux fondamentaux du genre :

  • Aimer est beaucoup plus important que faire l'amour.
  • La sexualité est assez périphérique par rapport à la vraie vie, mais a été montée en épingle en réaction contre le puritanisme chrétien (et musulman).
  • Les délires charlatanesques de Freud (et des Lacan ou Dolto après lui) ont fait beaucoup pour laisser croire que la sexualité était centrale dans l'esprit humain, ce qui est notoirement faux.

Les nouvelles générations (du moins, leurs factions éduquées et instruites) semblent avoir assez bien compris ce mouvement de désexualisation assumée et d'affectivité renouvelée : c'est la victoire du besoin féminin d'affection sur le besoin masculin de conquête. Enfin !

 

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La question de Kant : "Qu'est-ce que l'homme ?" n'a guère beaucoup d'intérêt ; elle ne fait que pointer la nature humaine et ce qui lui est propre : le "propre de l'homme".

En revanche, la seule question vraiment utile est : "Quelle est la raison d'exister de l'homme ?", ou encore : "Au service de quoi l'homme est-il dédié ?", ou encore et enfin : "Quelle est la vocation profonde de l'homme ?".

La réponse à cette question unique mais trine résout tous les problèmes puisque, non seulement, elle donne le sens et la valeur de l'aventure humaine, mais elle fonde la seule éthique qui vaille : est éthique ce qui sert la raison d'être et la vocation, ne l'est pas ce qui la dessert.

Cette réponse annihile tous les anthropocentrismes puisqu'elle met l'homme au service de ce qui le dépasse infiniment.

Encore et toujours, selon moi, la seule réponse possible est : l'existence de l'homme n'a de sens qu'au service de la promotion et de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit (Nietzsche dirait, sans doute : la "Volonté de Puissance" en tant que moteur intime et ultime du Réel qui engendre la Vie et l'Esprit).

 

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La "Volonté de Puissance", c'est la Volonté d'accroître les potentialités, c'est-à-dire d'accroître, en quantité et en qualité, le spectre des possibles, des possibilités.

 

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Le 19/01/2020

 

Tous les cinq cent cinquante ans, en moyenne, l'humanité vit un effondrement paradigmatique (assujettissement des cités grecques, fin de l'empire romain, déliquescence de l'empire carolingien, abolition de l'ordre féodal et, aujourd'hui, obsolescence du modèle moderniste).

Et, chaque fois, les masses ressentent que "leur" monde s'effondre. Face à ce sentiment confus, intuitif et instinctif d'effondrement, dont l'expression commune est une peur viscérale de "perdre" quelque chose de central, leurs réactions s'inscrivent toujours dans trois logiques qui ne s'excluent pas mutuellement :  l'aspiration à une "tyrannie" politique qui "rétablisse" l'ordre antérieur (c'est le socialo-populisme sous toutes ses formes, assorti de chasses aux sorcières et de désignations de boucs émissaires), l'aspiration à un "miracle" théophanique qui puisse "sauver" le monde (c'est le mysticisme de la fuite dans les pseudo-spiritualités de type new-age ou écolomaniaque) et le déni de réalité (c'est le parasitisme démagogique qui cherche à "traire la vache tant qu'il y a du lait").

Le meilleur symptôme de cette "fin d'un monde", de cet effondrement paradigmatique et de cette lassitude de vivre, est le rejet, de plus en plus profonde, du devoir d'autonomie, rejet qui est un signe indéniable majeur de déclin civilisationnel et de dégénérescence collective et sociétale.

La notion de "devoir d'autonomie" est bien autre chose que les soi-disant revendications de liberté. La liberté, chacun l'a, mais peu l'assument. L'idée du "devoir d'autonomie" est plutôt la mesure du taux de vitalité d'une population, de son niveau d'entrepreneuriat, de sa capacité créative, de son courage à assumer sa propre vie et de sa volonté de construire.

Ce "devoir d'autonomie" n'est plus du tout assumer par les masses, aujourd'hui ; elles se sont pelotonnées dans un cocon généralisé d'assistanats en tous genres. Elles ne veulent plus rien assumer et cherchent, désespérément, qui des "maîtres", qui des "esclaves", pour tout assumer à leur place.

 

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Dans un excellent article du Point, Nicolas Baverez dresse, en quelques chiffres, l'état socioéconomique de la France en ce début de la troisième décennie du 21ème siècle :

 

  • "redistribution de 15% des transferts sociaux mondiaux à une population représentant 1% des habitants de la planète et ne générant que 3% de sa production",
  • "croissance potentielle inférieure à 1%",
  • "gains de productivité nuls",
  • "déficit structurel de sa balance des paiements de 2,5% du PIB",
  • "déficit structurel de ses finances publiques de 3,1% du PIB",
  • "décrochage de compétitivité (28ème rang sur 192), de richesse par habitant (30ème rang) et d'éducation (23ème rang sur 32 dans le classement PISA)",
  • "dette publique atteignant 2.415 milliards d'euros, soit 100,4% du PIB contre 86,4% pour la zone euro et 59,2% pour l'Allemagne",
  • "présence de 20.000 musulmans radicalisés sur le territoire".

 

La France est devenue, depuis 1981, le cancre abêti de la classe des économies développées. Elle est en voie de sous-développement. Et elle est minée, de l'intérieur, par des tumeurs nostalgiques ou cyniques du genre "gilets jaunes" ou CGT (qui reçoivent l'appui benêt et débile d'une bonne part de la population).

 

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Le 20/01/2020

 

Ni les unités de mesure, ni, par conséquent, la géométrie de l'espace-temps ne sont stables. Elles dépendent, à la fois, de l'état du système observé et de l'état du système de mesure. Or, ces états varient constamment. Les théories de la relativité et les relations d'incertitude d'Heisenberg ne disent rien d'autre. Elles formalisent la corrélation entre ces unités et ces états.

 

M = m.U(Emes,Eobs)

 

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Schelling disait que la philosophie est née de la "contradiction entre nécessité et liberté". Contradiction évidente puisque la nécessité est l'antonyme de la liberté, et vice-versa. Cette bipolarité est le moteur même de la Vie et de l'Esprit ; elle est la dialectique fondatrice du Réel : la liberté émerge lorsque la nécessité est perdue. La méthodologie hégélienne est ici opérante : la liberté est la négation de la nécessité et le philosophie est la négation de la liberté, au-delà de la nécessité, dans la volonté.

 

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Héraclite et Anaximandre, contre Parménide …

Puis Spinoza et Pascal, contre Descartes …

Puis Schelling et Hegel, contre Kant …

Puis Nietzsche et Bergson, contre Comte …

Puis, plus rien …

Tout est dit de l'histoire de la philosophie !

 

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La Vie et l'Esprit sont les deux fondements premiers du Réel. La Matière n'est que seconde, un support émané sur lequel Vie et Esprit s'accomplissent.

La Matière n'est à la Vie et à l'Esprit que ce que le bois du tronc et des branches est à l'Arbre qui pousse.

 

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Tout le marxisme repose sur deux axiomes faux.

Le premier axiome pose un dualisme ontique entre capital et travail, et oublie complètement le troisième pôle de toute activité économique : l'intelligence qui, jamais, ne peut se réduire ni à du travail, ni à du capital, et qui est toujours plus essentiel que ces deux-là.

Le second axiome pose la lutte des classes entre prolétaires et bourgeois, ce qui est absurde pour trois raisons majeures. La première est qu'une société humaine contient toujours bien plus de deux catégories et n'y est jamais réductible : les entrepreneurs, les paysans, les artisans, les fonctionnaires, les indépendants, les professions libérales, les enseignants, les mères au foyer, les retraités, les malades, les handicapés, … qui constituent, ensemble, un énorme pan sociétal qui n'est jamais réductible ni au bourgeoisisme, ni à l'ouvriérisme. La deuxième raison, est que la seule et grande aspiration de tout prolétaire est de devenir bourgeois (et c'est ce qui s'est passé au 20ème siècle). La troisième et dernière raison, est statistique : ce que Marx appelle "classe" n'est jamais un "bloc", ni compact, ni homogène, mais une répartition gaussienne qui se superpose et s'interpénètre avec les autres gaussiennes des autres catégories supposées.

Bref : le marxisme est un simplisme dualiste que tout infirme et qui, donc, bien logiquement, s'est trompé dans toutes ses "prédictions" que Engels a prétendues "scientifiques".

Comme le marxisme est faux et que ses présupposés sont contre-nature (l'égalité entre les hommes, la prééminence du travail sur le capital et sur l'intelligence, etc …), lorsque des doctrinaires, des idéologues ou des doctrinaires ont voulu l'appliquer aux sociétés réelles, ils n'ont eu d'autre choix que de l'imposer par recours à la violence totalitaire (cfr. léninisme, stalinisme, maoïsme, castrisme, polpotisme, etc …).

 

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Le 21/01/2020

 

Paradoxe de l'insatisfaction croissante : Tocqueville constate avec surprise que plus une situation s'améliore (liberté, revenus... ), plus les écarts (inégalités, pauvreté, corruption) avec la situation "idéale"  sont ressentis subjectivement comme intolérable par ceux-là même qui bénéficient de cette amélioration.

Autrement dit : plus on s'approche du but, plus la distance qui en sépare devient insupportable.

Ou, encore : plus la misère recule, plus les moins aisés se sentent pauvres.

 

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Lors de mes conférences, mon état d'esprit est beaucoup plus celui d'un Compagnon du Devoir que celui d'un Frère Prêcheur.

 

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Husserl a l'art de présenter des évidences de la manière la plus inintelligible qui soit. Bref.

C'est une évidence de cette sorte qui dit que toute représentation est intentionnelle. Toute représentation de quoique ce soit dans mon esprit est beaucoup plus que seulement une image neutre. Ma représentation de ce représenté est, surtout, une représentation "pour moi" de tout ce que le représenté me dit, me suggère, éveille en moi, etc … Cette représentation identifie le représenté avec son apparence perçue ; mais elle l'identifie surtout avec ce que je pourrais en faire, en dire, en penser, etc … Elle l'identifie, en même temps à sa réalité selon moi et à ses potentialités pour moi (c'est là que se glisse la notion d'intentionnalité).

 

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Le 24/01/2020

 

En entreprise, tout processus de "rationalisation", surtout pour cause financière (cost-cutting et autres), est toujours un processus qui mène une "médiocrisation" et à un "appauvrissement", et qui adoube les normes et renie les intelligences.

 

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Thomas Piketty  ... n'est qu'un tout petit économiste, mais il est un très gros idéologue archéo-marxiste. Oubliez-le ! Il retarde de deux siècles et, comme tous les idéologues, il trafique la réalité pour la faire entrer dans son moule fantasmatique et mensonger.

C'est un infâme BoBol, comme disent certains : un Bohème-Bolchévique (comme Alain Badiou, Jean-Luc Mélenchon et quelques autres momies puantes). Et comme le peuple français ne connaît rien, ni ne comprend rien à l'économie, des pitres nocifs et nauséabonds comme Piketty, peuvent connaître un quart d'heure de gloriole.

Au pays des aveugles …

 

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De William Marx :

 

"Le formatage des discours et des consciences est partout."

 

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La "différence" est une affirmation de soi. L'altérité est une relégation de l'autre.

Le soi se nourrit de l'autre. L'autre se rabougrit dans son soi.

 

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25/01/2020

 

Dieu a créé le monde pour échapper enfin à sa mortelle Perfection.

 

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L'artisan ne vend pas son temps, il vend ce qu'il fait de son temps et reste maître de celui-ci.

 

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Le 26/01/2020

 

Du Maréchal Ferdinand Foch :

 

"Ne me dites pas que ce problème est difficile.

S’il n’était pas difficile, ce ne serait pas un problème."

 

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L'humanité n'est qu'un immense tub qui transforme des ressources rares en plaisirs infantiles.

 

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L'idée de surpassement, tant individuel que collectif, est au cœur de la pensée nietzschéenne. Tous les êtres, tant individuellement que collectivement, se sont surpassés. Et ce surpassement est création de Vie, il est création dionysiaque : rien n'est mécanique, rien n'est déterminé en termes de forme, même si le destin et l'élan vitaux déterminent tout en termes de direction. Toute la Vie sait vers où elle doit aller, mais doit, incessamment et  perpétuellement, inventer comment y aller. La Vie a un sens ; et ce sens s'appelle le destin. La Vie sait vers où elle doit aller, mais elle ne sait pas où elle arrivera. La Vie est un cheminement sans destination. Elle est cheminement. Et toute existence, individuelle ou collective, participe de ce cheminement. La Vie veut se complexifier. La Vie veut engendrer des formes de plus en plus complexes, tant individuelles que collectives. La Vie veut ! La Vie est Volonté. La Vie est Volonté de Puissance .. et "Puissance" signifie "Complexité". Plus la Vie devient complexe, plus elle acquiert de puissances, de potentialités, de possibilités. Cette Volonté de Puissance est le Sens de la Vie, elle est la force de la Vie pour toujours se dépasser, se surpasser et se surmonter elle-même.

 

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A célébrer …

 

À Nouakchott, le monde religieux islamique s’engage contre les djihadistes  …

 

C’est la première réponse élaborée, concertée et opérationnelle que le monde religieux islamique du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest apporte à l’extrémisme et à la violence djihadiste qui frappe ce continent. Cette "déclaration de Nouakchott" a été prise après trois jours de discussion, du 21 au 23 janvier, entre quelque 500 oulémas, imams, prédicateurs islamiques et membres de confréries soufies, auxquels s’étaient joints une poignée d’hommes politiques, chercheurs en sciences humaines et acteurs de terrain. "Il devient un devoir du temps pour les universitaires et les chefs religieux d’intervenir d’urgence afin de lutter contre la violence et l’extrémisme qui continue d’instrumentaliser la pensée religieuse", est-il écrit en préambule de ce texte d’une dizaine de pages.

 

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A propos des sports d'hiver …

Il est peut-être temps de comprendre qu'il n'y aura plus de neige, ni de sports de glisse, ni de stations de sport d'hiver.

Il est peut-être temps de rendre la montagne à la Nature.

Il est peut-être temps de cesser l'artificiel, le superficiel et l'antinaturel.

Il est peut-être temps de songer à cesser de saccager et de piller la Terre pour des caprices infantiles.

 

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Le 27/01/2020

 

Un système est d'autant plus complexe qu'il concerne :

  1. De nombreuses entités (internes et externes).
  2. De nombreux canaux d'interactions entre ces entités.
  3. Des flux fréquents et intenses dans tous ces canaux.

 

Un système complexe devient chaotique lorsqu'il se place loin de l'équilibre et que ses régulations internes ne peuvent plus jouer leur rôle, obligeant le système, pour éviter l'effondrement, à "inventer" des "émergences", des "bifurcations" et des "autopoïèses".

 

Un système entre en phase chaotique dès lors que sa logique interne est profondément et irréversiblement défaillante par rapport à la logique de son milieu. Un système ne peut sortir d'une phase chaotique que par effondrement ou émergence.

Il existe deux scénarii d'émergence : l'émergence sphéroïdale qui est une fermeture vis-à-vis du milieu et l'émergence fractale qui est ouverture dialectique et complexifiante à la logique du milieu.

 

L'effet papillon est une conséquence d'un état chaotique : le système est tellement loin de l'équilibre, tellement saturé de tensions, qu'une cause infime peut induire des conséquences énormes et disproportionnées.

 

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Tout train est composé d'une locomotive et d'une série de wagons. Un train sans wagons ne sert à rien. Un train sans locomotive ne va nulle part et n'accomplit rien.

Ainsi en va-t-il pour les communautés humaines où les masses (85%) sont tirées en avant par une élite (15%). Depuis que les sociétés humaines ont opté pour la démocratie et l'égalitarisme, elles subissent la fourberie des démagogues et la tyrannie du plus grand nombre, c'est-à-dire des médiocres.

Privées de locomotives, elles ne vont nulle part et stagnent dans la médiocrité générale. Pour relancer le train humain sur la voie de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit, il faut de nouvelles locomotives, il faut de nouvelles élites intellectuelles et spirituelles, il faut une nouvelle aristocratie : une aristocratie de l'Esprit et non de l'Argent, une aristocratie des Devoirs et non des Droits, une aristocratie des Energies et non des Privilèges.

 

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La Vie est amorale. Elle se construit, poussée par sa généalogie et tirée par sa téléologie. Elle ne connaît ni Bien, ni Mal. Elle ne connaît que des potentialités et des opportunités. Elle ne reconnaît que des obstacles ou des facilités, des obstructions ou des contributions.

Les vieux interdits absolutisent le Mal - et l'identifie au Diable - alors que le Mal absolu - comme le Bien absolu - cela n'existe tout simplement pas.

Il est par exemple interdit de tuer un homme ; cependant l'euthanasie, l'avortement, la peine de mort ou le suicide sont parfois indispensables pour que la Vie puisse s'accomplir en plénitude.

 

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La culture occidentale est pétrie de dualité, toutes aussi vides les unes que les autres : Bien et Mal, Vrai et Faux, Bon et Méchant, Beau et Laid, Vie et Mort, Bonheur et Malheur, Joie et Souffrance, Moi et l'Autre, Individu et Société, Réussite et Echec, Richesse et Pauvreté … La liste est longue et fastidieuse.  Ennuyeuse comme une froide journée de pluie automnale.

Mais chacune de ces dualités empoisonne l'esprit et réduit l'intelligence aux simplismes. Ces dualités n'en sont pas, mais symbolisent des bipolarités pratiques mais irréelles (des "conjectures"), où il est indispensable d'ensemencer des évolutions dialectiques.

 

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Le Réel n'est pas une "chose" qui est ; il est un processus en marche qui, dans le présent de l'instant se crée lui-même, perpétuellement, sous la double pression de sa généalogie et de sa téléologie. Le Temple de Dionysos se construit, ici et maintenant, par-dessus de ce qui a déjà été construit et en faveur de ce qui reste à construire. L'humain n'est qu'un œuvrier maladroit dans un coin du chantier de la Vie cosmique en construction.

 

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Terrible injonction : être vrai ! Rien n'est plus ardu que ne pas se mentir, que de ne jamais mentir, que de faire preuve, en tout, pour tous, d'une exigeante et inflexible lucidité.

Les humains détestent leur vérité. Ils haïssent la lucidité. Ils préfèrent les contes infantiles que vendent les bonimenteurs, les marchands de rêves et d'illusions.

Liberté. Egalité. Immortalité. Justice. Bonheur. Démocratie. Voilà les contes pour enfants que les humains aiment écouter.

 

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L'antagonisme foncier entre les notions de "prix" et de "valeur" est fondateur d'une nouvelle économie humaine. Le prix n'est que le prix du marché. La valeur ne fait valeur que pour moi.

Ce qui a vraiment de la valeur, ne peut avoir de prix puisque la valeur ne se vend pas. La nouvelle économie humaine sera une économie des valeurs où les prix ne joueront plus qu'un rôle secondaire : la valeur d'utilité et d'usage fera du prix d'acquisition ou d'accès, un petit  paramètre d'une équation complexe et subjective, qui en contient bien d'autres.

 

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J'ai fait, ailleurs, la distinction que je crois pertinente, entre l'indifférentisme du "Tout est vain" et l'indifférencialisme du "Tout se vaut". Dans les deux cas, il y a "blasphème" et injure à la Vie. Il nous faut au contraire affirmer bien fort que "Tout est potentiellement fertile" puisqu'il y a des actes qui contribuent à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit … et que "Rien n'est égal" puisqu'il y a des différences énormes entre les gens, les actes, les pensées et les cultures, et que ces différences essentielles et irréfragables forment le terreau où la Vie puise ses richesses.

 

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Aimer le Réel ! Voilà l'antithèse absolue de tous ces idéalismes qui rêvent, attendent, imaginent ou s'inventent des "Autres-à-côté" et/ou des "Autres-plus-tard" pour alimenter leur déni de réalité et se gaver d'illusions religieuses ou idéologiques (toute religion est une idéologie et toute idéologie est une religion). Il est vital, tout au contraire, de reconstruire une spiritualité du Réel c'est-à-dire un regard sur le Réel qui fasse sens et qui donne valeur à ce qui est et à ce qui arrive.

Il faut mettre en cage tous ces oiseaux de malheur qui conspuent le Réel au nom de leurs caprices qu'ils appellent "idéaux".

 

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Le Réel est un processus en marche qui s'accomplit, peu à peu, selon une économie cosmique qui lui est propre. Tout ce qui existe dans le Réel participe de ce Réel - et de lui seul - et de son économie.

Le Tout vise son propre accomplissement. Ainsi que chacune de ses parties. Une Alliance est indispensable entre ce Tout et toutes ses parties, une Alliance d'accomplissements mutuels au sein d'une même et unique économie.

Faute de respecter ce pacte, le Tout perd sa force - et son temps - et les parties concernées dégénèrent.

 

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Si rien ne vaut la peine, alors rien ne se fait et rien ne s'accomplit. Et si rien ne s'accomplit, chacun reste esclave de ses enfermements, de ses médiocrités et de ses ignorances. Car ce qui ne se construit pas, se détruit.

 

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La liberté pour la liberté est vaine ; elle ne prend valeur qu'au service de ce qui la dépasse. Aussi, faut-il parler de libération en soi et non de liberté pour soi.

 

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Il convient d'apprendre à se consacrer sans se sacrifier.

 

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La générosité est un masque. Ne croyez jamais en la bonté de qui que ce soit. Les humains ne sont jamais bons. Ils font seulement semblant. Ils se travestissent. Ils se griment.

Mais la doctrine de la bonté a encore de fortes assises : soyez bons et tout sera bien, dit-elle.

La bonté y est vendue comme la panacée.

Mais qu'est-ce que la "bonté" ?

Le dictionnaire de l'Académie française en donne deux définitions dont la comparaison fera sourire. Il dit de la bonté :

  • "Qualité de ce qui est conforme à ce que l’on souhaite, à ce que l’on recherche."
  • "Qualité morale, vertu qui porte à s’intéresser à autrui, à faire le bien."

Donc, être bon avec quelqu'un d'autre, c'est agir en conformité avec ce qu'il souhaite et ce qu'il recherche.

Être bon avec quelqu'un, c'est donc exaucer tous ses caprices.

Et comme le bonté, pour être équitable, doit être réciproque, une société bonne est une société où chacun satisfait les caprices égoïstes des autres, tout en en exigeant la réciproque (avec intérêt … dans les deux sens, financier et psychologique, de ce mot).

 

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Le "contrat social" est quelque chose qui n'existe tout simplement pas. C'est une fiction. Une abstraction vide de contenu et de sens. Une conjecture doctrinale et idéologique. Le triste Hobbes l'inventa ; l'infâme Rousseau la vulgarisa.

Ce fameux "contrat social", nul ne l'a jamais ni vu, ni lu ; nul, jamais, ne le signa "pour accord".

Il n'y a pas de contrat entre les humains. Seulement des us et coutumes, des lois édictées par ceux qui s'en sont arrogé le pouvoir, des conventions plus ou moins tacites, des habitudes … tout ce que l'on voudra, mais point de contrat. Il y a bien des contrats privés qui formalisent des engagements ou des transactions entre parties singulières et particulières bien identifiées, mais point de "contrat social", mouture laïcisée de la vieille charité chrétienne.

Une communauté humaine est une construction patiente, comme on construit une demeure pour y abriter les siens. Il n'y a là aucun contrat ni de propriété, ni de location.

Ce qui lie les membres d'une communauté, ce n'est jamais un contrat ; c'est un projet, c'est un étonnant mélange de généalogie et de téléologie, d'identité commune et d'intention commune. Point de contrat !

 

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Chacun doit apprendre à danser sa vie, mais chacun selon son identité, dans sa différence.

Et la première de ces différences, voulue et construite par la Vie elle-même dans son immense élan pour se perpétuer et s'accomplir, est la différence cruciale entre un homme et une femme.

Différence flagrante, malgré les mensonges pseudo-scientifiques ou hyperféministes. Différence cruciale sur tous les plans intérieurs : charnel, émotionnel, intellectuel et spirituel, dans toutes les dimensions extérieures : comportementale, relationnelle, communicationnelle et esthétique.

La Nature précède et commande la Culture ; la physiologie précède et commande la psychologie. Tout le reste n'est que mensonges et tromperies, travestissements et contre-nature.

 

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Le couple est l'unité humaine de base. C'est là le lieu de l'élévation de chacun.

Il est temps de vénérer le couple comme formant l'unité de base de toute communauté humaine. Une telle communauté n'est pas un ensemble d'individus, mais bien un ensemble de couples unis, chacun, par un amour profond, par une complémentarité sans faille et par un respect absolu de la personne de l'autre.

Il me semble urgent de repenser la vie en société non plus au travers du prisme déformant et tronquant de l'individualisme, mais bien plutôt au travers de la loupe éclairante et révélante de ce que certains appellent le "couplisme" (par opposition à l'individualisme délétère qui sévit un peu partout).

 

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De Goethe :

 

" Le juif est le thermomètre du degré d'humanité de l'humanité."

 

La montée de l'antisémitisme est la mesure de la montée de la barbarie et de la dégénérescence d'un peuple.

Le peuple musulman doit donc en être à un très haut degré de barbarie …

Et de Marek Halter :

 

"Quand on s'attaque au juif, c'est que la société ne va pas.

Le problème de l'antisémitisme, c'est l'antisémite, pas le juif."

 

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Les fausses informations ou les opinions mensongères se propagent comme les virus d'une épidémies jusqu'à intoxiquer tout le système qui tombe malade et fait des poussée de fièvre. Et ces virus informationnels se propagent d'autant plus facilement et sont d'autant plus virulents, qu'ils ont toutes les allures du bon sens. Cela est vrai en politique comme en économique ou en finance.

 

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La Génération Z est en train mettre en place ce que je prédis depuis longtemps : passer du mono-travail à la multi-activité, passer du salariat à l'indépendantat, passer du contrat d'emploi aux contrats de mission, passer de la carrière aux expériences, passer de l'avoir et du paraître au vivre et au devenir, passer du sédentarisme au nomadisme, passer du sécuritaire au libertaire.

Mais il y a un hic de taille : celui du bien-vivre familial lorsqu'il y a des enfants …

Et un biais nauséabond : celui du parasitisme …

 

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Le 28/01/2020

 

Lorsqu'on parle du numérique, il est essentiel de souligner la "puissance d'amplification, en volume et en vitesse" de la Toile, en général, et des réseaux sociaux, en particulier. C'est cette puissance d'amplification qu'il faut apprendre à maîtriser dans le bon sens. C'est cette puissance d'amplification qui fait danger pour la démocratie et, plus généralement, pour la santé mentale humaine, individuelle et collective …

 

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La myopie est un dérangement visuel. L'acouphène est un dérangement auditif. L'arthrite est un dérangement articulaire.

Et ces dérangements n'entraînent aucune ostracisme à l'égard de ceux qui en sont victimes.

De même, l'homosexualité est un dérangement sexuel et affectif. Elle ne peut entraîner aucun ostracisme non plus.

Mais elle est bien un dérangement c'est-à-dire quelque chose qui n'est pas à sa place, quelque chose qui n'est pas rangé dans la bonne case, dans ces cases qui ont été inventées et mises en œuvre par la Nature, lors d'un coup de génie : la différenciation sexuelle en vue d'enrichir les patrimoines génétiques.

Ce qui dérange, ce n'est pas l'homosexualité, c'est sa banalisation, c'est sa normalisation, c'est son institutionnalisation.

Le mariage pour tous, la procréation pour tous, sont de pures aberrations !

 

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Qu'est-ce que la Science ?

La Science est l'Art de bien décrire et de bien modéliser l'évolution des systèmes naturels.

 

Qu'est-ce que la technologie ?

La Technologie est l'Art de bien concevoir et de bien fabriquer des systèmes artificiels utiles.

 

Qu'est-ce que la Spiritualité?

La Spiritualité est l'Art de bien accomplir la résonance avec le Réel, en soi et autour de soi.

 

Qu'est-ce que la Philosophie ?

La Philosophie est l'Art de bien poser les questions à propos de l'existence, et de tenter d'y bien répondre.

 

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Il est impossible de maintenir durablement des relations personnelles profondes avec plus d'une cinquantaine de personnes.

Dès lors, pour être pérenne, une communauté doit avoir un effectif optimal situé entre vingt et quarante personnes.

Moins de vingt : l'effet de seuil n'est pas atteint.

Plus de quarante : il est temps de préparer un essaimage.

 

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Depuis 1981 et l'accession du démagogisme socialo-populiste au pouvoir en France, avec cette crapule de François Mitterrand, ce pays ne fait que dégénérer, sur tous les plans, de tous les points de vue ; il est en train d'atteindre le fond avec Mélenchon, la CGT, les "Gilets jaunes", les Black-blocs, : partout la violence, la barbarie, l'antisémitisme, les dégradations, les vandalismes, les incendies de voitures, … Des minorités insignifiantes qui combattent la volonté d'une majorité trop silencieuse : c'est la dictature des marginaux et de tous les radicalisés !

 

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Avoir été - ou, pire encore, être encore - communiste est un crime encore beaucoup plus grave que celui d'avoir été nazi ! C'est dire …

 

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La phénoménologie d'Husserl n'a vraiment brillé que par son originalité, mais n'a débouché sur rien ; même ses disciples les plus proches (Heidegger, Levinas, …) ont fini par tout lâcher.

 

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Rien n'est "chose objectale". Tout est "activité processuelle".

L'Être n'existe pas. Seul le Devenir existe.

Tout ce qui existe est en construction : constructivisme radical et accumulatif.

Tout ce qui existe et évolue obéit à une intentionnalité.

Toute évolution est passage d'une généalogie à une téléologie.

 

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De Blaise Pascal, cette phrase que j'ai si souvent recopiée et à laquelle je ne résiste pas :

 

"(…) tout le malheur des hommes vient dune seule chose, qui est de ne pas savoir demeure au repos dans une chambre."

 

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Contre la mode moderniste …

Une philosophie qui n'est pas un système n'est que du bavardage !

Une philosophie sérieuse doit être une doctrine globale et générale, très structurée, une vision cohérente et holistique du Tout et de ce qu'il contient,

Une philosophie doit être un "parthénon grec", un "monastère roman", une "cathédrale gothique", une œuvre architectonique unitaire et unifiée.

Une philosophie qui ne se décline pas d'une métaphysique complète et cohérente n'est que fumisterie.

 

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Au 18ème siècle, l'illuminisme s'est opposé radicalement au philosophisme, comme, un siècle plus tard, le romantisme (héritier de l'illuminisme) s'opposa radicalement au positivisme (héritier du philosophisme).

Déjà, au 17ème siècle, Pascal et Spinoza s'étaient opposés clairement à Descartes.

 

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Kant a raison d'opposer le "systématique" au "rapsodique".

En science et en philosophie, le rapsodique est une faute, un péché : c'est seulement la cohérence du Tout qui donne sa crédibilité à une partie, lorsqu'elle est à sa juste place.

 

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Désormais, toute théorie de la connaissance doit nécessairement être soumise à trois conditions sine qua non de validité.

Primo : la notion de cohérence globale et totale doit en être le centre, au-delà de tout concept oiseux de "vérité".

Secundo : l'esprit (qui cherche à connaître) et le monde (qui est à connaître) sont les deux faces du même Réel et participent, tout deux, d'une même logique globale.

Tertio : l'intuition (résonner) découvre et la raison valide (raisonner).

 

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De Christian Godin en parlant des catégories de Kant :

 

"Les jugements analytiques a priori [ceux de la raison pure venus de l'axiomatique] (…) sont rigoureux mais stériles. et les jugements synthétiques a posteriori [ceux de la raison pratique venus de l'empirique] (…) sont féconds mais manquent de rigueur."

 

L'erreur de Kant (outre qu'il ait nié radicalement l'intuition, ce qui est rédhibitoire) a été de croire en la possibilité d'existence de jugements analytiques a priori ou, du moins, des catégories transcendantales qui rendent de tels jugements possibles. Tout cela n'existe clairement pas. Même les raisonnements purs des mathématiques ou de la logique, ont des racines empiriques et ont été agencés empiriquement. La raison pure n'existe pas ni en jugements, ni en catégories transcendantales. Seule la raison pratique existe, dont les méthodes se sont construiotes par essais et erreurs. Tout est empirique ou intuitif !

Donc tous les jugements sont "synthétiques a posteriori", sans exceptions, et, en conséquence, peuvent parfois être féconds, mais ne sont jamais rigoureux.

La connaissance se construit à tâtons.

La notion de "jugement", chez Kant, est également erronée : Kant parle de "jugement de vérité" alors qu'il faut parler seulement de "jugement de cohérence".

On ne peut jamais savoir si nos représentations de quelque chose sont vraies ou fausses. On peut seulement constater, si l'on est lucide, que ces représentations  sont cohérentes, ou pas, avec toutes nos autres représentations, et avec les faits d'expériences avérés.

 

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Le 29/01/2020

 

De Nicolas Baverez :

 

" Dans les pays développés, les comportements évoluent très rapidement. L'ère de la consommation de masse est terminée. L'heure est à consommer moins mais mieux, en privilégiant produits biologiques et circuits courts pour l'alimentation, en luttant contre le gaspillage, en développant les achats d'occasion dans l'habillement et la chaussure, l'électroménager, l'informatique ou la téléphonie. Partout, l'accumulation des produits recule devant l'incorporation des services, le volume devant la qualité. Du côté des entreprises, la mutation des modes de production n'est pas moins spectaculaire, ouvrant la voie à une croissance plus qualitative et moins gourmande en ressources matérielles."

 

Conclusion : tant par leur démographie absurde que par leurs émissions de gaz carbonique et par leurs économies débiles, ce sont les "pays de merde" qui causent la ruine de la Terre.

L'Europe est le seul continent à devenir vertueux.

 

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De mon "collègue" André Comte-Sponville :

 

" Je suis athée parce que je ne crois en aucun dieu. Non dogmatique parce que croire et savoir, ce n'est pas la même chose. La foi est une grâce, le savoir, non. Je ne prétends pas savoir que Dieu n'existe pas ! Mon athéisme est une croyance, une opinion, celle que Dieu n'existe pas. Et fidèle, parce que tout athée que je sois, je reste attaché par toutes les fibres de mon être aux valeurs morales, spirituelles et culturelles transmises pendant des siècles dans notre pays par la religion, spécialement par l'Église catholique."

 

Cher André, trois erreurs :

  • parler de Dieu sans le définir est une bêtise,
  • ne pas comprendre que tout savoir est une croyance, en est une autre,
  • ne pas voir que toute éthique n'a de sens que déduite de la métaphysique qui la fonde (et donc rester attaché aux valeurs catholiques sans être catholique) en est une troisième.

Si rien n'est divin et sacré (c'est cela l'athéisme), l'éthique n'existe pas : il n'y a que le hasard et la nécessité !

Tu te définis comme philosophe de l'éthique et tu déclares que philosopher, c'est penser l'art de vivre. Très bien. Seulement, sans métaphysique préalable, rien de tout cela n'a de sens. La philosophie, c'est, d'abord, une métaphysique et, ensuite, toutes ses déclinaisons sur les différentes dimensions de l'existence. Sans métaphysique, il n'existe aucune philosophie. Or, l'athéisme, par définition, c'est la négation radicale de toute métaphysique ; il rend toute philosophie et toute éthique impossible.

Quant à diviniser et à sacraliser l'Homme, faute d'autre chose, c'est de l'humanisme, c'est-à-dire du narcissisme nombriliste : "vanité des vanités !".

 

Tu ajoutes :

 

" Je suis aussi un citoyen du monde. C'est une exigence morale. Si tous les humains sont égaux en droits et en dignité, cela ne saurait dépendre de leur nationalité."

 

Les hommes ne sont jamais égaux, ni en droits, ni en dignité ; et les nationalités (les cultures et religions, donc) ne sont pas équivalentes. Encore une bêtise.

En revanche, tu as magnifiquement raison (sauf sur l'égalité et la souveraineté du peuple) lorsque tu dis :

 

" Si l'on entend par 'islamophobie', la haine ou le mépris de musulmans, ce n'est qu'une forme de racisme, haïssable. Mais si on entend par 'islamophobie', la peur ou le refus de l'islam, c'est une position parfaitement légitime. On a le droit d'être antifasciste, anticommuniste, antilibéral ; pourquoi n'aurait-on pas le droit d'être anti-christianisme (comme Nietzsche) ou anti-islam ? En tant qu'athée libre-penseur, je refuse toutes les religions. Mais je constate qu'aujourd'hui, la plus dangereuse, c'est l'islam. Pourquoi devrais-je m'interdire de le penser et de le dire ? Il faut combattre toute vision non laïque de la société et toute position qui remet en cause l'égalité des hommes et des femmes. Dans un État laïque, c'est le peuple qui est souverain, et non Dieu ! Est laïc tout État qui garantit à ses citoyens le droit de choisir leur religion, d'en changer ou de n'en avoir aucune. Un État qui favorise une religion ou veut interdire le blasphème n'est pas laïc. C'est aux musulmans de choisir leur camp !"

 

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Libertarisme, libertarianisme et libéralisme sont une seule et même doctrine, mais déclinée selon trois axes différents, respectivement : personnel (préséance de la personne sur la communauté), économique (liberté d'entreprendre) et sociétal (anti-étatisme).

 

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Le 30/01/2020

 

L'accomplissement de sa propre vocation est le chemin que chacun devrait suivre : accomplir tous les accomplissables en soi et autour de soi. Voilà la seule voie d'un destin assumé. Et la progression du cheminement sur ce chemin d'accomplissement, est marqué par une Joie grandissante. Cette Joie n'est ni plaisir, ni bonheur : elle est bien plus que cela.

 

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L'esprit de pesanteur tombe comme une pierre. L'esprit de légèreté s'envole comme un oiseau.

Il prend de la hauteur. Il prend de l'élévation. Il se dématérialise.

De son côté, l'esprit de pesanteur aime à s'alourdir, à s'encombrer de mille détails stériles ou inutiles. Il aime le poids, la lourdeur.

Sans doute, cette distinction entre esprit de légèreté et esprit de pesanteur, rejoint-elle celle faite par Blaise Pascal, respectivement, entre esprit de finesse et esprit de géométrie.

L'esprit de géométrie est analytique, il découpe un tout en myriades de fragments qu'il croit de plus en plus élémentaire, mais qui sont de plus en plus insignifiant.

L'esprit de finesse, quant à lui, est holistique, il considère le tout comme une totalité globale ; il ne cherche pas à en découvrir les composants, mais à en comprendre, à la fois, la raison d'exister (la téléologie) et la logique d'évolution (la généalogie).

 

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Dans le Vie vraie, chacun possède un rôle, une vocation, une mission, un destin. La liberté n'est pas de choisir ce rôle, mais seulement de décider de le jouer bien. "Jouer", donc … Et gagner en esprit de légèreté, comme sur la scène d'une comédie. Prendre l'existence comme une comédie de boulevard. Ne pas se prendre au sérieux. Se moquer de soi, d'abord. Cultiver l'autodérision. Et rire gaiement.

 

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Il faut être seul, dans le silence, pour entendre les voix de la mémoire profonde. Nietzsche, dans "Généalogie de la Morale" a inventé la méthode généalogique qui consiste à voir et à comprendre que tout système actuel (la morale, la société, la science, la religion) est le fruit d'une longue évolution qui, peu à peu, a construit ce qui est là, sous nos yeux. Rien n'est tombé tout fait du ciel. Tout est le fruit d'une construction, presque toujours sans plan préétabli.

Mais rien n'est compréhensible, si l'on ne comprend pas bien la logique de cette construction, de cette évolution, de ce processus. Les monastères romans ou les cathédrales gothiques ne sont tels qu'ils sont QUE parce qu'ils sont le fruit de techniques bien précises et bien spécifiques de construction. Si l'on ne comprend pas bien ces techniques, on ne comprend rien à la spécificité et à la beauté de ces styles architectoniques.

Il en va de même pour tous les édifices immatériels de la culture humaine. Comme il en va de même de l'univers physique et du Réel pris comme des Touts.

Et pour comprendre cette logique processuelle qu'il faut décrypter puisqu'elle est cachée dans l'édifice même, implicitement et jamais explicitement, il faut de la solitude, du recueillement, du silence, de la rumination plusieurs fois recommencée.

Les généalogies, une fois reconstituées, révèlent l'identité profonde de l'édifice, quel que soit celui-ci : un homme, une communauté, une morale, une doctrine, une philosophie, une religion, …

 

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Personne ne peut marcher à la place de quelqu'un d'autre. Tout cheminement réel est à faire seul, par soi-même. Lire un récit de voyage n'est pas voyager. Regarder un reportage n'est pas visiter.

Tout ceci est encore plus vrai lorsqu'il s'agit de cheminement spirituel et initiatique, de cheminement intérieur vers le dépassement de soi.

 

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Il faut opposer érudition (l'accumulation de savoirs momifiés) et connaissance (la mise en œuvre vivante de ces savoirs revivifiés). Cette distinction entre érudition et connaissance est cruciale, surtout aujourd'hui, où les réservoirs de savoirs numérisés font office de cerveau, où cette fumisterie appelée, à tort, "intelligence artificielle", n'est qu'un amas de logiciels pleinement humains qui ne fait que simuler les fonctions analytiques et mécaniques de l'esprit.

Pour le coup, cette érudition numérisée se place au niveau de refroidissement le plus bas : de l'érudition congelée qui a atteint le plus haut degré d'infertilité.

Mais ces savoirs congelés suffisent aux masses inintelligentes puisqu'ils permettent de répondre à n'importe quelle question indigente. Les savoirs médiocres suffisent aux questionnements médiocres.

 

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L'humain ne change que poussé par la souffrance. C'est une constante. Il est réactif et non proactif. Tant que l'on ne souffre pas trop, rien ne bouge. Cela est vrai pour l'abrutissement numérique ou les saccages écologiques, pour la montée des radicalisations ou l'intégrisme islamiste, l'humain est ainsi fait qu'il préfère s'enfoncer la tête dans le sable et ne rien voir. Pour les masses, l'avenir de l'humanité est la dernière de ses préoccupations.

 

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La "dureté de l'âme" est une intransigeance radicale sur le Destin de l'humain, sur son rôle, sa mission et sa vocation au service de la Vie et de l'Esprit.

La "dureté du cœur" est, elle aussi, une intransigeance : celle de détruire toute sensibilité à la "misère humaine" qui n'est que pleurnicherie des lâches, des fainéants ou des parasites de la Vie qui n'assument rien de ce qu'ils sont et, surtout, de ce qu'ils pourraient devenir.

Détruire toutes ces sensibleries et tous ces sentimentalismes qui ne sont qu'apitoiements sur soi, apitoiements sur l'humain. L'humain pitoyable ne mérite aucune pitié.

La "dureté de l'âme et du cœur" revient, en somme, à l'exigence absolue et radicale que les "hommes supérieurs" doivent avoir vis-à-vis d'eux-mêmes, d'abord, et vis-à-vis des autres, ensuite, quant à l'engagement irrévocable des humains au service de l'accomplissement de leur vocation : la Vie et l'Esprit qui les dépassent.

 

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Le 31/01/2020

 

Les Français ? Economiquement ignorants, socialement dépendants et politiquement immatures

 

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L'homme de la rue, en France, est bloqué dans une vision maçonnique du monde qui est celle du Grand Orient de France, totalement irrégulière et non reconnue au niveau international. Il ne sait sans doute pas que 90% des Francs-maçons du monde sont réguliers et reconnus.

Il ignore sans doute qu'en France, la MAJORITE des Francs-maçons est régulière (GLNF, GLF, GLAMF, GLFF, GL Opéra, …) même si tous ne sont pas reconnus internationalement pour des raisons historiques. Il y a plus de 220 "obédiences" en France, alors que, depuis toujours, la "Règle" veut qu'il ne peut exister qu'une seule Grande Loge par Etat. L'exception française, commence à bien faire : quand on joue au rugby, on ne se réclame pas du football, même si le rugby est aussi respectable que le football … mais les "règles" du jeu ne sont pas les mêmes. C'est cela la régularité : respecter les règles qui sont d'application depuis au moins le 14ème siècle. Cela s'appelle la Tradition maçonnique. Cela s'appelle l'Ordre maçonnique. La philosophie des obscures "Lumières" est morte comme la Modernité dont elle est le fruit. La Franc-maçonnerie française, si elle veut survivre, doit revenir à ses sources et rejeter le "progressisme" du 19ème siècle qui a inventé la "maçonnerie dite libérale" mais qui est en fait déspiritualisée, dénaturée, déritualisée, … et socialo-gauchiste. Elle est une maçonnerie artificielle imposée par Napoléon Bonaparte. La Franc-maçonnerie "libérale" est un pur fruit de la Modernité et disparaît déjà avec elle, irréversiblement. La Franc-maçonnerie réelle n'est ni progressiste, ni humaniste, ni moderniste. Elle est traditionnelle, spiritualiste, initiatique et ritualiste. Elle est dans le Sacré et jamais dans le profane. Elle n'est pas concernée par les querelles "humaines, trop humaines" de la politique et de la religion.  Elle est totalement au-delà de ces bavardages du "café du commerce".

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NOUVEAU (depuis ce 9/2/2020): Le Tome 21 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (323 pages à télécharger gratuitement).