Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - DECEMBRE 2020 + lien vers le tome 23 !

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

RAPPEL

Le séminaire "La Grande Bifurcation" se tiendra du 22 au 26 mars 2021

Information et inscription dès maintenant !

 

Le 01/12/2020

Le trentenaire d'aujourd'hui se veut un être si détaché qu'il semble revenu de tout sans être allé nulle part.

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D'Alexis de Tocqueville en parlant du "despotisme démocratique" :

"Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme … Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres"

Voilà où nous en sommes … Merci les réseaux sociaux !

*

Je ne respecte l'Art que lorsqu'il est mis au service de ce qui le dépasse.

L'Art au service de lui-même n'est que masturbation stérile.

Il en va de même pour la Science ou pour la Religion.

 

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Il y a une nouvelle "'génération" tous les 20 ans, environ.

La génération maudite (nés entre 1920 et 1940) … La Mort.

La génération "baby boomers" (nés entre 1940 et 1960) … La Vie.

La génération X (nés entre 1960 et 1980) … La Réussite.

La génération Y (nés  entre 1980 et 2000) … Le Nombrilisme.

La génération Z (nés entre 2000 et 2020) … La Militance.

 

*

 

Toutes les utopies humanistes, du démocratisme à l'égalitarisme, sont construites sur la même erreur de fond qui est le refus de constater que 85% des humains sont des crétins, essentiellement manipulables par le premier démagogue venu, et uniquement orientés vers le panem et circenses.

 

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Le numérique ne crée rien, mais il amplifie tout ! Le pire comme le meilleur. Mais surtout le pire parce que c'est là qu'est la vraie nature des humains.

 

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L'idéal républicain n'est rien d'autre que la totale déspiritualisation de l'humain : il veut mettre l'humain au seul service de l'humain (c'est-à-dire de lui-même). La démocratie égalitariste n'en est que l'expression idéologique, la laïcité n'en est que la "religion" et l'école publique n'en est que le "bras armé" (les "hussards noirs").

Cet idéal républicain est une pure manifestation positiviste du 19ème siècle de l'anthropocentrisme humaniste propre à la modernité.

 

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De Robert Kopp :

 

"C’est après le premier choc pétrolier marquant la fin des Trente Glorieuses que le système mis en place parfois sans discernement a commencé à se détraquer : désindustrialisation et montée du chômage, abandon de la discipline budgétaire et endettement progressif de l’État, arrêt de l’immigration de travail, mais autorisation du regroupement familial, abandon de l’assimilation et de l’intégration à la française et émergence des territoires perdus de la République, collège unique éloignant trop de jeunes de l’apprentissage, destruction de l’école par le pédagogisme, abandon de toute hiérarchie en matière culturelle, fabrique médiatique du consensus et dictature du politiquement correct."

 

Oui, c'est bien cela le mécanisme de l'effondrement de l'ancien paradigme, de la "courbe rouge", de la modernité.

Mais la nostalgie du "bon vieux temps" (entendez les années 1950 et 1960) est une pleurnicherie, pas une solution.

 

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L'islamisme est un archaïsme totalitaire et intégriste qui combat, à juste titre, le modernisme déspiritualisé, mais qui est bien pire que ce qu'il combat.

 

*

 

Le dynamisme de la "courbe verte" (l'émergence du nouveau paradigme) a deux ennemis : le conservatisme de la "courbe rouge" (la nostalgie de la modernité) et l'archaïsme de la "courbe noire" (la barbarie des rétro-activismes).

 

*

 

La Science doit être au service de la Force, c'est-à-dire de la capacité à construire le mieux et à combattre le pire.

L'Art doit être au service de la Beauté, c'est-à-dire de la sublimation de l'harmonie spirituelle et de l'équilibre vivant.

La Religion doit être au service de la Sagesse c'est-à-dire de l'accomplissement du monde, de la Vie et de l'Esprit.

 

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Le mythe GAFAM est en train d'évoluer à toute vitesse.

Le fabricant Apple est quasi mort, dépassé et écrasé par les géants asiatiques.

FaceBook – dont les revenus dépendent à 98,5% de la publicité – s'étiole et disparaîtra : les jeunes générations n'en veulent plus.

Google garde le vent en poupe par sa maîtrise de l'algorithmie … mais il est très fragile puisque 70% de ses revenus dépendent des budgets publicitaires.

Microsoft maintient le cap, mais dans le métier des logiciels bureautiques plus qu'ailleurs (il est à la micro-informatique ce qu'IBM est resté à la macro-informatique).

Et puis, il y a Amazon dont le vrai métier est bien plus la logistique que le numérique et qui, de ce fait, relève beaucoup plus que les autres, des activités industrielles classiques.

Cela signifie donc que trois métiers seulement sont d'avenir : l'algorithmie (simulation et corrélation), les plateformes logistiques et les logiciels de production (bureautique et robotique). Le reste disparaîtra … et, en premier lieu, tout ce qui relève du gadget (Apple) et du ludique (FaceBook).

 

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De Mark Twain :

 

"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi.”

 

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Le 02/12/2020

 

Hors de l'humain, il faut faire germer l'Homme afin que le Divin vienne y habiter.

 

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Du prophète Zacharie (8;19) :

 

"Aimez la Vérité et la Paix."

 

Toute l'éthique se résume à ceci : flanquer la Paix à tout le monde.

Aimer la Paix (celle de tous les jours, celle d'ici et maintenant).

A l'issue d'une guerre, il n'y a que des perdants.

 

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D'Abraham Ya'aqov de Sodegor :

 

"Le silence ne fatigue jamais."

 

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Il y a des humains qui naissent séniles.

Il y a des humains qui meurent puérils.

Ils sont aussi affligeants les uns que les autres.

 

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Pour beaucoup, savoir où ils (en) sont, c'est savoir qu'ils sont au milieu des autres, sans du tout savoir où c'est.

 

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Ce que, dans la Bible, les chrétiens traduisent par des "commandements" (en hébreu : Mitzwot), il vaudrait mieux le traduire par des "ordonnances" c'est-à-dire des préceptes destinés à engendrer de l'ordre (de la cohérence et de l'harmonie) dans le monde.

Le mot "commandement" présuppose une idée hiérarchique liée à l'obéissance et à la récompense ; il ne s'agit pas de cela. Il s'agit d'accomplir l'Alliance entre le Divin et l'humain, de façon à bien construire le monde qui vient, dans un esprit de complicité et de connivence, dans un esprit de partage d'une Joie réciproque.

 

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Le 03/12/2020

 

Comment oser prétendre connaître l'écume lorsqu'on ne connaît rien à la vague ? Et comme prétendre connaître la vague lorsqu'on ne connaît rien à l'océan ?

C'est pourtant ce que font les "sciences molles" qui prétendent connaître le système humain (psychique ou social) mais qui ne connaissent rien à la physique des systèmes complexes.

 

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Le 04/12/2020

 

Le 9ème verset du 2ème chapitre du livre de la Genèse est souvent traduit ainsi :

 

"(…) et l'arbre de vie au milieu du jardin

et l'arbre de la connaissance du bien et du mal".

 

Cette traduction (celle du rabbinat comme celle de Segond) est fallacieuse. La traduction exacte et littérale est celle-ci :

 

"(…) et UN arbre de LA Vie au milieu du jardin

et UN arbre de la Connaissance bonne et mauvaise."

 

Il pourrait donc bien y avoir, symboliquement, plusieurs arbres de la Vie (dont un au milieu du jardin) et plusieurs arbres de la Connaissance.

La notion de "connaissance bonne et mauvaise" est en rapport avec l'humain : la connaissance qui est bonne pour tel humain et la connaissance qui est mauvaise pour tel humain. Aux yeux de l'Absolu, toute Connaissance est bonne.

Mais tout humain n'est pas apte à recevoir une connaissance qui le dépasse et pourrait le détruire.

L'Arbre de la Connaissance possède toutes les Connaissances, y compris celle qui permet de savoir si telle connaissance est compatible avec tel humain.

Voilà qui pointe vers le dicton : "Toute vérité n'est pas bonne à dire".

 

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La Liberté ce n'est pas "faire ce que je veux, comme je veux, quand je veux" … Non ! Ça, c'est le caprice. La Liberté, c'est tout autre chose : c'est choisir de construire ce qu'il y a à construire et choisir de bien le construire.

La Liberté n'est pas un droit.

La Liberté, c'est un appel, c'est une intention, c'est une vocation !

 

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Il est indispensable que l'Europe soit totalement autonome – dans toutes les dimensions : militaire, diplomatique, financière, technologique, économique, philosophique, …- par rapport aux USA.

 

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Le tableau qui suit, montre à quel point l'actuelle pandémie covid19 est dérisoire du point de vue de la mortalité … surtout lorsqu'on sait que l'âge médian est de 84 ans (les décès dus à la pandémie concernent des gens qui, pour leur majorité, seraient, de toutes les façons, morts dans les mois qui suivaient).

 

 
   

 

 

 

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Le libéralisme est haï au moins autant par le socialo-populisme que par le conservatisme.

 

*

 

Dès l'instant où une autorité politique quelconque (légitime ou pas, élue ou pas) impose que le social a préséance sur le personnel, le totalitarisme est en place.

 

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Humour et jeux de mots …

 

En montagne, les cons gèrent.

En sport, les cons pansent.

En bêtise, les cons pensent.

En amitiés, les cons génèrent.

En montant, les cons descendent.

En opinion, les cons sidèrent.

Au jardin, les cons postent.

En camion, les cons voient.

Entre les pages, les cons pulsent.

En enfer, les cons damnent.

Au paradis, les cons ciergent.

En second, les cons priment.

A table, les cons vivent.

En sueur, les cons dansent.

Dans l'amalgame, les cons fondent.

En inimitié, les cons pissent.

En obéissant, les cons signent.

Au jardin, les cons binent.

Au lit, les cons plotent.

Avec du vin, les cons servent.

En crise, les cons parent.

Dans les plans, les cons passent.

Face aux chiffres, les cons pilent.

Entre eux, les cons plaisent.

Avec les selfies, les cons posent.

Avec les feuilles de chou, les cons postent.

Avec les journaux, les cons pressent.

En fréquence, les cons pulsent.

Avec des cailloux, les cons cassent.

Avec bêtise, les cons cernent.

Avec un cercle, les cons centrent.

Avec orgueil les cons cèdent.

Sur la longueur, les cons courent.

Avec l'opinion, les confédèrent.

Avec leur visage, les cons figurent.

En uniformité, les cons forment.

Avec froideur, les cons gèlent.

En complot, les cons jurent.

Dans leur royauté, les cons sacrent.

Dans leur puanteur, les cons sentent.

Dans leurs bocaux, les cons servent.

Dans leur vidanges, les cons signent.

Au magasin, les cons somment.

Dans leur vide, les cons tiennent.

Sans espoir, le cons tentent.

L'air de rien, les cons testent.

Aux ronds-points, les cons tournent.

En remorque négociée, les cons tractent.

Sans que ça aillent, les cons viennent.

Sans victoire, les cons vainquent?

Sans parler, les cons versent.

Sans rien dire, les cons vexent.

Sans mariage, les cons volent.

Même aveugles, en file, les cons voient.

 

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* *

 

Le 05/12/2020

 

Valery Giscard d'Estaing insistait (paix à l'âme de ce grand bâtisseur d'Europe) sur les deux manières d'envisager, selon lui, le libéralisme. Le libéralisme à la française qui vise les intérêts de l'individu et le libéralisme à l'anglaise qui vise les intérêts de la collectivité.

En fait, le libéralisme, dans les deux cas, vise à ouvrir de nouveaux espaces de liberté, mais pas dans le même but, dit-il.

Je pense quant à moi que ce "libéralisme à la française" n'est pas du libéralisme ; ce n'est que du nombrilisme égotique qui ne construit rien.

Plus généralement, la notion d'intérêt collectif est absente de la culture française (latine ?) qui oscille entre deux pôles : le nombrilisme égotique et le collectivisme revanchard. En gros : tout pour moi (immoralisme égocentrique) et tous contre ceux qui sortent du lot (morale du ressentiment).

 

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Le Robert donne cette définition pour "socialisme" : "Doctrine d'organisation sociale qui entend faire prévaloir l'intérêt général sur les intérêts particuliers, au moyen d'une organisation concertée (opposé à "libéralisme")".

Et pour "libéralisme", le même nous dit : "(opposé à "étatisme, socialisme") Doctrine selon laquelle la liberté économique, le libre jeu de l'entreprise ne doivent pas être entravés".

Il suffit de comparer ces deux définitions pour se rendre compte, d'abord, de leur incohérence mutuelle (puisque le libéralisme est l'opposé du socialisme – ce qui est vrai -, on devrait lire, d'une part, pour libéralisme : "Doctrine d'inorganisation sociale qui entend faire prévaloir les intérêts particuliers sur l'intérêt général au moyen d'une inorganisation non concertée", et, d'autre part, pour socialisme : "Doctrine selon laquelle la liberté économique et le libre jeu de l'entreprise doivent être entravés"), et, ensuite, de leur incohérence intrinsèque (l'intérêt général et les intérêts particuliers ne sont pas antinomiques et les expressions "liberté économique" et "libre jeu de l'entreprise" n'ont aucun sens).

 

Mettons donc les choses en ordre.

  • Toute organisation sociétale (et non pas sociale) a pour but d'optimiser les rapports entre l'intérêt général et les intérêts particuliers (individuels ou collectifs), sur tous les plans tant économique que financier, politique, culturel et éthique.
  • Le socialisme est bien une doctrine (donc une idéologie), mais le libéralisme ne l'est pas puisque le libéralisme est le refus radical de toute idéologie.
  • Le socialisme et le libéralisme ne s'opposent pas sur la nécessité d'une organisation sociétale, mais sur les moyens à mettre en œuvre pour optimiser ces rapports entre intérêts général et privé : le socialisme passe par le pouvoir étatique (étatisme, totalitarisme) et le libéralisme passe par la sagesse des marchés (lorsque la violence – celle des Etats et celle des voyous - y est proscrite).
  • La notion d'intérêt général est un concept vide sauf si on le considère comme la résultante globale du jeu des intérêts privés ; hors de là, le concept d'intérêt général n'est que l'expression d'un fantasme idéologique qui ne fait que traduire les fantasmes de son concepteur.

 

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La vie n'attend pas ceux qui ne veulent pas vivre.

 

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Pour être respecté (honoré), il faut d'abord être respectable (honorable).

 

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Trois présidents français …

Charles De Gaulle : homme du passé.

Valery Giscard d'Estaing : homme du futur.

François Mitterrand : homme de merde.

 

Et un quatrième … François Hollande : homme de rien (mais, alors, de vraiment rien) !

 

*

 

N'en déplaise aux socialismes et aux ouvriérismes (et à tous leurs dérivés), il n'y aura bientôt plus d'ouvriers/ouvrières, de cols bleus, de prolétariat, de classe ouvrière, etc … et, derrière, plus de salariés, plus de syndicats, plus de prébendes, plus d'assistanats, plus de conseils d'entreprise, plus de contrats d'emploi, plus de chômage, etc … Toutes ces fumisteries auront disparu et chacun redeviendra maître et responsable de lui-même, de sa vie, de son parcours, de son emploi du temps, de son activité, de ses revenus, etc … (c'est cela l'autonomie, l'autre nom de l'individualisme qui est tout sauf l'égoïsme).

Cela fait des décennies que la clientèle de la gauche n'est plus les "travailleurs, travailleuses" qui votent à droite et à l'extrême-droite. Elle a dû, alors, se rabattre sur les "immatures" (les ados), les "métèques" (les immigrés) et les "parasites" (les fonctionnaires, chômeurs, assistés de tous poils).

C'est le grand-œuvre de Mitterrand, d'avoir ainsi instauré cette nouvelle stratégie électoraliste avec les immenses dégâts séparatistes et rétro-activistes que l'on sait et dont on commence à payer le prix fort.

 

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* *

 

Le 06/12/2020

 

De Sénèque :

 

"La preuve du pire, c'est la foule."

 

Ne jamais donner la parole à la rue.

Et si elle la prend, l'ignorer radicalement.

Ce sont les médias qui excitent les foules et qui sont responsables de ses exactions.

Le vote suffit ; la rue est inutile. La rue est toujours dictatoriale : une minorité insignifiante qui n'accepte pas d'être très minoritaire, et qui, donc, n'accepte pas la démocratie.

Et, derrière l'ignoble "foule" déchaînée (quelques milliers de crétins dans les grandes villes), traînent les images d'Epinal des "révolutions" et des "barricades" qu'inventa le socialisme du 19ème siècle en dépit de l'histoire réelle.

La rue, c'est l'égout des opinions … avec ses rats d'extrême-gauche et d'extrême-droite … avec ses étrons de démagogues instigateurs ou récupérateurs … avec ses papiers hygiéniques de slogans abjects …

La rue, ce n'est pas le peuple.

Et le peuple, ce n'est pas la nation.

Et la nation, ce n'est pas une réalité.

La rue, ce sont des fanatiques et/ou des casseurs qui viennent se défouler, qui viennent vomir leurs ressentiments nauséabonds à travers la sale gueule de leur médiocrité foncière.

 

*

 

D'Etienne Gernelle :

 

"L'islamisme ne tue pas parce qu'on le provoque,

il tue parce qu'il est l'islamisme."

 

Si dénoncer l'islamisme comme un totalitarisme odieux et sanguinaire, c'est de l'islamophobie, alors il est temps que nous devenions tous islamophobes.

 

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La liberté, ça se mérite.

La liberté, ça se construit.

La liberté n'est pas un droit ; elle est une vocation, un but, une mission.

 

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L'islamisme est à la racine même de l'Islam.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"L'épidémie de Covid-19 accélère la restructuration de la mondialisation autour de pôles régionaux tout en accroissant l'écart entre les nations selon leur capacité à gérer la crise."

 

Enfin un qui a compris la "continentalisation" du monde que j'évoque depuis des années.

La pandémie n'y est pour rien ; elle n'en est qu'un des multiples révélateurs.

La continentalisation du monde a commencé à Berlin en 1989, n'en déplaise à Francis Fukuyama et à sa guignolesque "fin de l'Histoire".

L'effondrement du communisme soviétique a privé les USA de leur repoussoir faire-valoir (ce qui a enclenché leur déclin), a déclenché le processus d'Union Européenne, a conforté Deng en Chine, a libéré la haine islamiste (jusque là sous férule) et a fait, de l'Afrique noire  et de l'Amérique latine, deux orphelines.

 

*

 

De Clément Pétreault :

 

"Personne ne croit sérieusement que les djihadistes combattent l'Occident en vue d'instaurer une ordre juste et égalitaire. Leur monde rêvé est, au contraire, régi par un ordre archaïque et structurellement inéquitable, au nom d'une vision théologico-politique extrémiste."

 

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De Bernard Haykel :

 

"Des parties de la gauche 'progressiste' à la dérive et de la droite populiste préfèrent désormais l'idéologie aux faits."

 

Désolé de vous contredire, Monsieur le Professeur de Princeton, mais cela a toujours été le cas. Les faits n'intéressent pas les socialo-populistes, ces ennemis du libéralisme, sauf si, par hasard, ils confortent leur idéologie.

Bien plus, ces idéologies n'acceptent pas le Réel (les faits donc) puisqu'elles récusent le Réel au nom de leur Idéal irréaliste.

Se proclamer de gauche ou de droite, c'est avouer que l'on n'est pas dans le Réel, mais bien à côté du Réel ; que ce soit d'un côté ou de l'autre importe peu.

 

*

 

D'Anton Tchekhov :

 

"Les œuvres d’art se divisent en deux catégories,

celles qui me plaisent et celles qui ne me plaisent pas."

 

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Le 07/12/2020

 

De Pierre-Yves Gomez :

 

"Notre avenir sera si riche que nous n’avons pas à nous soucier des dettes qui s’accumulent : elles seront effacées par les performances du futur. Et si l’homme est un être nuisible qui a dévasté la planète, il pourra sans problème être régénéré et 'augmenté' par les miracles de la technologie. Telles sont les promesses que nous fait le capitalisme spéculatif. Depuis près d’un demi-siècle, cet esprit malin a saisi la sphère financière, puis l’économie réelle, et enfin la société tout entière. Il a bouleversé le travail, la consommation, les entreprises, les mentalités et la vie quotidienne pour produire une société matérialiste, fébrile et fataliste. Rebondissant à chaque crise, il a pris la forme de la financiarisation, puis de la digitalisation. Il prépare déjà sa nouvelle mue. À chaque fois, il nous fait espérer un avenir qui nous sauvera, tout en nous susurrant que l’être humain en sera exclu s’il ne s’adapte pas."

 

On peut être d'accord sur ce texte, mais pas sur l'usage frauduleux du mot "capitalisme" qu'il faut remplacer par "progressisme".

Le capitalisme est une technique de financement privé des entreprises privées, qui est n'est qu'une des conséquence de ce "progressisme spéculatif" qui est l'idéologie de la "fuite en avant".

 

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De Jean-Pierre Jouyet, Haut-Fonctionnaire :

 

"Le fonctionnement du pouvoir en France : 3 cercles distincts dans ce petit

Paris :

  • Il y a nous : 'les Intendants', que certains appellent aujourdhui lEtat profond. Ce sont les directeurs d’administration centrale des grands ministères : Trésor, Budget, police nationale, Défense, Affaires étrangères…
  • Il y a le « le Tiers-Etat » : lensemble bourgeois du monde parisien, 'le Siècle' [le club] qui regroupe les figures des affaires, de la presse, de l’édition, du droit.
  • Enfin, il y a 'la Cour'. De Line Renaud à Michel Houellebecq, sans oublier Fabrice Lucchini, Serge Weinberg, l’avocat Jean-Michel Darrois ou bien sûr Bernard Arnault…

Mais tout ne se mélange pas : les Intendants, vous les voyez rarement à la Cour."

 

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Le contraire de la Barbarie, c'est l'Aristocratisme.

Le Démocratisme fait le lit de la Barbarie puisqu'elle est la tyrannie des crétins et qu'un crétin n'est qu'un barbare "doux".

 

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Les neuf besoins fondamentaux humains sont, selon Manfred Max-Neef : "Subsistance, Protection, Affection, Compréhension, Participation, Oisiveté, Création, Identité, Liberté".

On n'est là pas loin du tout des cinq besoins fondamentaux de Maslow (leur hiérarchisation en moins) : "Physiologique (subsistance), Sécurité (protection), Appartenance (affection, participation), Reconnaissance (compréhension, identité), Accomplissement (oisiveté, création, liberté).

Mais mon modèle est plus cohérent en disant qu'il existe trois dipôles :

  • Accomplissement et Conservation,
  • Intégration et Individuation,
  • Uniformisation et Complexification.

Ces trois dipôles engendrent des tensions dont la dissipation optimale est le moteur de l'évolution, personnelle et collective.

 

La barbarie commence avec la volonté d'abolition d'un ou plusieurs de ces six pôles existentiels car tous sont vitaux.

 

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Sénèque disait : "Il n'est nul vent favorable à celui qui ne sait où il va".

La version Halévy est : "Tous les vents sont favorables à celui qui va n'importe où".

 

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* *

 

Le 08/12/2020

 

Le physicien nobélisé, Dennis Gabor, disait que tout ce que la technique permet, l'humain le fera, bon ou mauvais. Ainsi, dans l'état actuel des technologies numériques, tout ce qui est robotisable sera robotisé et tout ce qui est algorithmisable sera algorithmisé, que cela plaise ou pas, que cela soit mieux ou pire.

Cela signifie que, dans tous les secteurs, dans tous les métiers, des pans entiers de l'activité tomberont dans le domaine numérique, ce qui libèrera (libère déjà) des humains pour les tâches et projets qui, eux, ne seront jamais ni robotisables, ni algorithmisables.

 

Quels sont ces tâches et ces projets ? Il y en a énormément. En tous cas, tous ceux qui ne relèvent pas de traitements séquentiels, quantitatifs, analytiques, programmatiques, etc … N'oublions jamais qu'une machine numérique ne sait rien, ne pense rien, n'est consciente de rien, n'invente rien, ne crée rien : elle exécute un programme conçu et encodé par de l'intelligence humaine. L'intelligence artificielle, cela n'existe pas. Au mieux, avec l'acronyme IA, peut-on signifier "Intelligence (humaine) Amplifiée" ou "Intelligence (humaine) Augmentée" ; tout ce que l'on voudra mais surtout pas "Intelligence Artificielle" qui est un mythe de BD tout juste bon pour des journalistes ignares en quête de sensationnel.

Un système algorithmique ne fait qu'exécuter, simuler et amplifier grâce à une puissance de calcul (parfois monstrueuse) qui revient à additionner très très vite d'énormes quantités de "zéros" et de "uns" en suivant un programme très strict et très précis, pensé et réalisé par des humains.

 

Le centre de gravité des activités humaines ne s'affaiblit pas (au contraire), mais se déplace. Les humains, enfin débarrassés des tâches rébarbatives, répétitives, mécaniques, routinières, inintelligentes, inintéressantes, fastidieuses, éreintantes, dangereuses, dégoûtantes, répugnantes, etc …, pourront, enfin, se consacrer mieux à ce pour quoi ils sont mieux doués.

 

Quelles sont ces fonctions non robotisables et non algorithmisables qui forment déjà les champs de l'activité proprement humaine ?

En gros : tout ce qui est complexe sans être compliqué (cfr. plus haut), c'est-à-dire :

 

  • tout ce en quoi tout interagit avec tout de façon au moins partiellement imprévisible,
  • tout ce qui demande une vision et une compréhension globale (plus qu'analytique),
  • tout ce qui appelle de la créativité et de l'improvisation,
  • tout ce qui est lié à la relation et à l'émotion,
  • tout ce qui relève du qualitatif et de l'affectif,
  • tout ce qui requiert de l'intuition et de l'imagination,
  • etc …

 

On le comprend vite : ce champ d'activités typiquement humaines est non seulement immense, mais ne requiert pas de compétences scientifique ou technique de haut vol, contrairement à ce que l'on dit souvent.

Au fond, les activités humaines se répartiront sur trois mondes avec des interfaces fascinantes entre eux :

 

  • le monde technique et, notamment et surtout, tout ce qui concerne les systèmes et machines numériques : leur conception, leur programmation, leur réalisation, leurs réglages, leur entretien, leur maintenance, leurs dépannages, etc … ;
  • le monde noétique qui est le monde de la recherche et de la connaissance, de l'intelligence et des laboratoires, de l'enseignement et de la science ;
  • le monde humanique (si l'on me permet ce néologisme) qui est celui des activités non numérisables où l'on doit maîtriser, répétons-le, "tout ce qui est complexe sans être compliqué" (cfr. ci-dessus) et ce, au quotidien, dans la vie de tous les jours … On pourrait parler d'intelligence créative et émotionnelle au quotidien

 

Ces trois mondes ne sont nullement antinomiques entre eux. Ceux qui prétendent en faire des ennemis jurés se trompent. Ces mondes sont complémentaires. Comment un astronome (le monde noétique) pourrait-il faire ses observations avec un radiotélescope numériquement piloté (le monde technique) sans un manager d'équipe (le monde humanique) ?

Les interfaçages entre ces trois mondes engendreront les métiers nouveaux encore insoupçonnables …

 

Le seul vrai grand danger de notre époque, est de voir un de ces trois mondes devenir hégémonique et imposer aux deux autres son paradigme spécifique.

Or, aujourd'hui encore, le monde technique vise cette hégémonie et ce réductionnisme débilitant. Car c'est bien de réductionnisme qu'il s'agit : réduire l'humain (le monde humanique) à n'être qu'un objet manipulable (big-data) et jetable (la cancel culture des réseaux sociaux) … et réduire la science (le monde noétique) à n'être plus qu'un fatras d'algorithmes de simulation sans le moindre génie.

Comme toujours, un univers monopolaire n'engendre que du totalitarisme, alors qu'un univers tripolaire est indispensable (cfr. le célèbre théorème du mathématicien franco-belge David Ruelle) pour engendrer de la complexité et, partant, du sens et de la valeur.

 

*

 

Suite à mon article ci-dessus … un joli cadeau ....

 

J'ai fait le tweet suivant en étant obligé de réduire le nombre de signes :

 

"Les activités non robotisables et non algorithmisables :

ce qui agit dans l'incertain,

ce qui demande une compréhension globale,

ce qui appelle créativité et improvisation,

ce qui relève du qualitatif et de l'affectif,

ce qui requiert intuition et imagination."

Marc Halévy

 

Edgar Morin

 

*

 

J'ai la conviction que nous jouons une grosse carte du changement de paradigme pour l'instant. La pandémie (qui est largement une fumisterie médiatique) est à la fois un amplificateur et un accélérateur dans un climat chaotique général à la fois fécond et nauséabond.

 

*

 

De Valérie Toranian :

 

"La France est en phase aiguë de nihilisme. Déprime, incertitude, flottement, noirceur. La petite musique de l’aquoibonisme et de la résignation trotte dans les têtes : plus rien ne vaut rien, Dieu est mort, la République fout le camp, il n’y a plus ni valeurs, ni respect. Rien que le cynisme, qui n’a pas de parti. Et l’endormissement dans la tyrannie douce des GAFAM. Ce n’est pas uniquement la faute de la pandémie. Certes, elle en rajoute une couche (le chaotique feuilleton de la gestion de la crise sanitaire n’a pas aidé…) mais voilà longtemps que le mal nous gratte de partout. La dépression nationale est peut-être aujourd’hui la notion qui rassemble le plus de Français. Inévitable corollaire de ce nihilisme passif, mais en plus dangereux, le nihilisme actif : l’incivilité, l’agressivité, la violence sont en hausse."

 

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De Gilles Boyer :

 

" Persuadé, enfin, que les défis qui nous attendent sont tous d’ampleur continentale et que nous serons bien plus forts si nous, Européens, les abordons unis face à des compétiteurs puissants. Nos adversaires voudraient une Europe faible, ce qui est sans doute la meilleure preuve que nous devons la renforcer. (…) Il est (…) difficile de nier que l’Union est, tout à la fois, miraculeuse et désespérante, capable de tout, du meilleur comme du pire, tantôt naine, tantôt géante. Elle est allée très loin, sans doute plus loin que n’importe quelle intégration d’États souverains dans l’histoire du monde, mais elle s’est arrêtée au milieu du gué en refusant de franchir quelques pas décisifs. Nous la critiquons, mais nous nous tournons vers elle dès lors que les choses se gâtent. À l’intérieur, on raille volontiers sa faiblesse, mais à l’extérieur, elle est un partenaire économique incontournable. (…) Mais il faut bien admettre que personne, au-delà des spécialistes, ne comprend comment elle fonctionne, ce qu’elle fait, ce en quoi elle est utile. Sa complexité institutionnelle, faite de contre-pouvoirs soigneusement équilibrés et de compromis habilement élaborés, la rendent peu agile en cas d’urgence et peu capable de dégager des positions fortes qui ne soient pas édulcorées par les exigences de l’unanimité. (…) L’Union a certains attributs d’un État : un territoire, un drapeau, un hymne, une monnaie, une politique commerciale. Mais sa diplomatie et sa défense commune ne sont pas abouties, et elle n’a pas de politique budgétaire et fiscale intégrée, ni de chef d’État, ni de gouvernement (autrement dit, pas de visage) à proprement parler. À vingt-sept, elle est difficilement gouvernable, et son budget est famélique à l’échelle de ses ambitions."

 

A quand l'intégration fédérale pure et simple et la marginalisation des Etats-Nations artificiels ? A quand l'éradication radicale de tous les nationalismes et de tous les souverainismes ?

 

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Le grand saut de la physique complexe …

On ne parle plus de briques élémentaires, mais de processus.

On ne parle plus de forces élémentaires, mais de tensions :

  • Dynamique : accumulation entre passé (conservation) et futur (accomplissement)
  • Volumique : dialectique entre local (analytique, individuation) et global (holistique, intégration)
  • Eidétique : ordonnance entre uniformité (entropie) et complexité (néguentropie)

On ne parle plus de lois élémentaires, mais d'optimalité de la dissipation des tensions.

 

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Le formalisme quantique prétend que toute entité matérielle "ponctuelle" possède, en même temps, un comportement corpusculaire et un comportement ondulatoire.

Ce paradoxe naît précisément qu'il impose la ponctualité des entité et leur refuse une forme.

Il n'y a pas de point matériel ; il n'y a que des vagues à la surface de l'océan.

Il n'y a ni espace ni temps ; il n'y a que des volumes et des durées.

 

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Il faut être prudent quant à la potentielle dictature du technologique. Il faut combattre le réductionnisme technique qui veut annuler les deux autres dimensions (noétique et humanique) et réduire l'humain soit à un algorithme, soit à un rat de labo.

Mais est-ce une raison pour nier les possibilités offertes par la technologie qui, éthiquement, est neutre (ce n'est pas la technologie qui est morale ou immorale, c'est l'usage que nous, les humains, en faisons) ?

 

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Je tiens beaucoup à cette tripolarité indispensable - et que mon ami Edgar Morin a largement contribué à exprimer -  pour que la complexité émerge et se déploie. L'occident a voulu tout réduire à du binaire (bien et mal, vrai et faux, laid et beau, sacré et profane, gauche et droite, blanc et noir, juif et aryen, ...). Et du binaire, il n'émerge rien ... sauf des guerres, de la barbarie et de la violence.

Il faut du ternaire pour que la féconde complexité s'installe et engendre de la richesse (dans tous les sens de ce mot).

 

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De la journaliste Bari Weiss (ex-journaliste de ce torchon gauchiste qu'est devenu le New-York Times, à l'instar de Le Monde, Libération ou L'Obs et tant d'autres en France, sans parler de cette poubelle nauséabonde qu'est Mediapart) dans How to Fight Antisemitism, :

 

"La politique identitaire corrompue de droite (…) dit aux Juifs qu'ils ne pourront jamais être assez blancs ou chrétiens. La politique identitaire corrompue de gauche [leur] dit qu'ils ne pourront jamais être assez opprimés".

 

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J'ai la conviction que nous jouons une grosse carte du changement de paradigme pour l'instant. La pandémie (qui est largement une fumisterie médiatique) est à la fois un amplificateur et un accélérateur dans un climat chaotique général à la fois fécond et nauséabond.

 

Réponse d'Edgar Morin :

 

"Pour ma part, je crains le pire qui est probable mais j'espère en l'improbable."

 

Et ma réponse :

 

"L'improbable, c'est l'émergence, fruit du chaos, et saut de complexité.

Et le Réel, depuis toujours, engendre des émergences improbables comme la matière ... comme la vie ... comme la pensée ... comme la fraternité ...

C'est ça ou l'effondrement prédit par les collapsologues.

Et toi et moi nous savons une chose : la vie trouve toujours un chemin."

 

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Le 09/12/2020

 

La communication n'est jamais neutre, elle n'est pas la technicienne neutre de l'usage neutre d'un canal neutre pour véhiculer un message neutre d'un émetteur à un récepteur.

La communication authentique est toujours engagée, sans jamais être manipulatoire.

La communication authentique est toujours au service d'une idée, mais jamais au service d'une idéologie.

Un communicant authentique doit être intransigeant en matière d'éthique et de déontologie, et ne jamais être, comme beaucoup de soi-disant communicants d'aujourd'hui, sans foi ni loi, uniquement obnubilé de manipulation, qu'elle soit commerciale ou politique.

 

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De Julien Bobroff (in : "La quantique autrement") :

 

"Pourtant, même si cette question 'Pourquoi est-ce ainsi ?' est légitime, ce n'est pas celle-là qu'il faut poser aux physiciens. Car ceux-ci ne cherchent pas à savoir pourquoi le nature se comporte de telle ou telle façon, mais plutôt comment elle fonctionne, quelles lois la gouvernent"

 

Voilà qui est "tout faux". Le "comment" est la conséquence du "pourquoi" ou, plus exactement, du "pour quoi". Les lois de la Nature ne sont pas premières ; elles sont secondes et ne sont que des "recettes", pas à pas élaborées, qui fonctionnent bien pour résoudre optimalement les problèmes posés par le "pour quoi", par l'intention, la vocation, la raison qu'a le Tout-Un d'évoluer.

Une phénoménologie sans ontologie derrière elle, n'a strictement aucun intérêt scientifique (ou métaphysique), aucun intérêt autre que technique.

La réponse au "comment" quelque chose fonctionne et évolue est une conséquence du "pour quoi" ce quelque chose a été conçu.

 

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La physique classique était une physique des objets.

Avec la physique quantique, à l'échelle nanoscopique, les objets disparaissent pour devenir de mystérieuses "fonctions d'onde".

La physique complexe, elle, unifie tout cela sous la forme de processus dont les objets comme les fonctions d'onde ne sont que des figurations.

 

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Le 10/12/2020

 

L'univers est un processus global se manifestant au travers de processus locaux intriqués qui interagissent au travers de trois tensions universelles (gravitationnelle, électronucléaire et intentionnelle), selon un principe d'optimisation des dissipation

 

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Nous vivons l'affrontement entre une gouvernance chinoise financiaro-industrialiste (de nature confucéenne) et une nécessité mondiale écologue (d'essence taoïste), qui ne pourra se résoudre que par un immense effort d'intelligence collective.

Le même problème se pose, à peu près dans les mêmes termes, aux Etats-Unis.

Sur ce point, l'Europe est très en avance sur ses deux challengers.

 

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De Jean-Paul Brighelli (auteur de "La fabrique du crétin") à propos de la bérézina des élèves français en mathématiques … et ailleurs (classement TIMMS) :

 

"La loi Jospin (1989), qui suivait leurs consignes [celles des tenants du "pédagogisme"], a décidé de laisser les élèves "construire leurs savoirs tout seuls". En maths, c'était supposer que nous aurions à faire à des générations entières de petits Blaise Pascal, capables à dix ans de retrouver, de tête, les douze premiers principes d'Euclide. Ajoutez à cela le "travail en autonomie", ou en "îlots", où les élèves "construisent des compétences" sans se voir infliger l'apprentissage d'un savoir imposé (l'horreur), et le tableau sera complet. (…) Le résultat, c'est que vous apprenez à l'école toutes sortes de belles choses sur l'environnement, le devoir d'assistance aux migrants, la joie de la diversité ethnique, mais très peu de mathématiques, comme très peu d'orthographe/grammaire, toutes disciplines où il faut apprendre par cœur, une méthode absolument proscrite aujourd'hui. (…) La réalité, c'est que les notions de base de travail, d'effort et de discipline se sont évaporées."

 

Que dire de plus …

Les systèmes éducatifs, à tous les niveaux, de la maternelle à l'université, vont à vau l'eau. Comme l'écrit Jean-Claude Michéa : on enseigne l'ignorance !

Le pédagogisme – comme tout ce qui relève du psychologisme – est un cancer culturel qui tue l'esprit et la pensée, sous prétexte d'égalitarisme.

 

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Toute mesure qui impose l'égalitarisme, induit un renforcement des inégalités. Et ce, pour une raison mathématique et statistique bien simple : l'égalité étant contre-nature, les meilleurs refusent de devenir mauvais et redoublent d'effort, ce qui creuse les écarts.

Sous pression de la tension égalitariste, la gaussienne naturelle se scinde en deux avec d'un côté la masse des médiocres, et de l'autre l'élite des virtuoses.

La gaussienne initiale devient une maxi-gaussienne à gauche du graphique et une micro-gaussienne à droite ; ces deux gaussiennes résultantes étant séparées par un "vide" sociologique où plus personne n'est acceptablement moyen.

 

Un "bel" exemple en fut l'URSS qui, sous-prétexte d'égalitarisme a créé un "Prolétariat" massif et une "Nomenklatura" élitaire.

On retrouve la même chose en matière d'études supérieures en France (la patrie de l'égalité) avec la masse des "diplômés" ignorants des "facultés universitaires" et le petit cercle des "élites" prétentieuses sortant des "grandes écoles".

 

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L'égalitarisme (et donc le socialo-populisme) se fonde sur le refus des répartitions gaussiennes naturelles.

Et tout ce qui est contre-nature, ne se maintient que dans et par la violence dont le coût est toujours prohibitif. Tout ce qui est contre-nature finit toujours en ruines.

 

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D'Alexis de Tocqueville :

 

"La liberté n'existe pas sans morale, ni la morale sans foi."

 

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Les amis : le libéralisme écosystémique et le capitalisme entrepreneurial.

Les ennemis : le financiarisme spéculatif et le socialo-populisme étatique.

 

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Le 12/12/2020

 

De Florence Bergeaud-Backler :

 

"L’islamisme est une branche politique d’un mouvement plus large de réaction à la colonisation européenne que l’on a appelé le réformisme orthodoxe des salafiya (nommés ainsi en raison de leur vénération pour les salafiyyoun, les pieux anciens). Pour les réformistes de la fin du XIXe (notamment Djamal al-Din al-Afghani, Mohamed Abduh et Rachid Rida), les musulmans ont été colonisés par les Européens en raison de leur éloignement de l’islam. Non point que la civilisation européenne ait été supérieure – car elle est pour eux irrémédiablement athée, immorale, matérialiste et égoïste – mais parce que les musulmans ont oublié l’islam « originel » du Prophète et de ses compagnons [...]"

 

Le Qatar est un des principaux bailleurs de fonds du salafisme des Frères musulmans et de l’Organisation de la Coopération Islamique (l'équivalent musulman de l'ONU).

 

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Transmis par Domi : une typologie des six profils humains connus comme "process communication" de Taibi Kahler…

 

Empathique

Motivé par le lien à l'autre. En recherche d'une relation qui a du sens.

La question existentielle : "suis-je aimable ?"

Inconsciemment : aimer ou être aimé.

Besoin d'être reconnu pour qui il est, en tant qu'être humain, pour elle-même.

L'environnement de travail a un impact très important.

Le stress commence dès qu'il pense que la relation est en danger.

La limite (la difficulté) : oui/non  car une telle envie de faire plaisir que l'on dit oui même si l’on veut dire non. Il se sur-adapte pour faire plaisir.

En tant que chef d'entreprise, l'empathie est importante pour créer du lien, de l'inclusion. La difficulté est au niveau de la prise de décision.

30% des personnes sont empathiques (dont 75 % femmes, 25% hommes)

 

Travaillomane

Motivé par la reconnaissance pour son travail.

Son filtre par rapport au monde : le recul pour l'analyse.

Se méfie des émotions, des convictions. Il a confiance en la rationalité.

Logique, responsable, organisé.  Tableur.

Question existentielle: suis-je compétent?

Besoin de reconnaissance sur ses compétence, de voir le produit fini.

Sous stress, il arrête de déléguer ("je le fais moi-même…") car il ne supporte pas l'échec.

25% de la population a une base de travaillomane (dont 75% hommes et 25% femmes)

 

Persévérant

Le sens, l'engagement sont son mobile.

Entre lui et le monde, le filtre est les opinions, les valeurs, …

Il se mets au service de quelque chose

Côté tenace, courageux, …

Il a le langage du travaillomane mais plus sur les opinions que sur les faits. Il partage aussi le côté "sois parfait" et persévérant, mais pas seulement pour lui, aussi dans l'engagement attendu de tous

Note : il n'y a que le persévérant qui accepte la critique.

Sa question existentielle: suis-je fiable?

10% de la population a cette base (dont  75% hommes et 25% femmes)

 

Rêveur

Le principal, c'est "imaginer".

La véritable scène est dans sa tête (cfr. Einstein avait une base rêveur).  Ils ont l'air absent mais en fait font des tas de scénarios à partir de ce qui a été dit ou vu (cfr. un élève que l'on pense dans la lune, distrait)

Très résistant à la frustration.

Il a besoin de solitude  Il s'entend avec tout le monde.

Ce n'est vraiment pas un commercial, mais plutôt informaticien, chercheur, ingénieur, artiste.   Il lui manque le bouton "action".

Sous stress, le rêveur est paralysé, ne fini plus ses phrases.

Avec un rêveur, il faut utiliser le monde impératif, être clair.  Ne pas le noyer d'information, ne pas trop parler.

On a envie de le secouer mais il ne faut surtout pas le faire. Comme une tortue, il rentrerait encore plus dans sa carapace.

Si 85% de la population déteste recevoir des ordres, pas le rêveur.

10% de la population a cette base (dont 60% de femmes, et 40% hommes).

 

Promoteur

Adaptable, plein de ressources, acteur. Energie, puissance de vie.

Son moteur est l'action, teintée de challenge, de risque.

Sa question existentielle : suis-je vivant ?

Comme dans un stage de survie, c'est le plus efficace en situation de crise.

Il est très aidant.

Aussi il travaille plutôt "sous pression" (dernière minute).  Cfr. étudiants qui étudient la veille des examens.

Seul profil qui accepte de subir et d'appliquer un style directif.  Être directif pour gagner du temps, de l'efficacité (cfr. salle des urgences).

La fin justifie les moyens cfr. "Entre loup et agneau, je préfère être loup".

Sous stress "sois fort" : "moi je me suis fait seul, bougez vous !"

5% de la population a cette base (60% d'hommes et 40% de femmes).

 

Rebelle

Créatif, spontané, c'est notre part d'enfant. 

Avec le rêveur, c'est une autre façon de créer.  mais le rêveur est plus ingénieur, ou chercheur (il peut chercher toute la vie sans s'ennuyer) tandis que le rebelle sera plus un artiste.

Il n'est pas pour la tradition. Il fonctionne bien dans la communication, la pub, l'informatique, l'art. Un grand besoin de s'amuser. Management : il pratique le "laisser faire"

Sous stress "Fais effort" : soit il refile le bébé, soit c'est la faute des autres,….

20% de la population a cette base (dont 60% de femmes et 40% d'hommes)..

 

Il est à remarquer que, dans la typologie donnée ci-dessus, il est confirmé que la "locomotive" de l'humanité (promoteurs + persévérants) totalise bien les 15% que j'avance depuis tant d'années.

En revanche, les "rebelles" qui sont les freins de tout, ne totalisent ici que 20% alors que mes chiffres pointent vers les 23%.

 

A partir de cette typologie et en la croisant avec les trois axes tensoriels (dynamique entre mémoire et accomplissement, eidétique entre complexité et uniformité, et volumique entre individuation et intégration), vient une nouvelle typologie :

 

  • pôle "mémoire" : le routinier,
  • pôle "intention" : le promoteur,
  • pôle "individuation" : le misanthrope,
  • pôle "intégration" : l'empathique,
  • pôle "uniformité" : le conciliateur,
  • pôle "complexité : le concepteur.

 

Ces six pôles viennent du modèle général d'évolution de tout processus complexe (et le comportement humain dans ses activités, en est bien un).

 
   

 

 

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Le 13/12/2020

 

Partout dans le monde, il n'y a, par pays, qu'une seule et unique obédience maçonnique régulière et reconnue par toutes les autres. C'est cela la Franc-maçonnerie universelle à laquelle j'appartiens, tant aux USA qu'en Israël et en Belgique ... et à laquelle "l'exception française" fait un tort considérable (je reçois un nombre considérable de messages de profanes attirés vers la Franc-maçonnerie au travers de mes livres, mais qui disent ne pas reconnaître la Franc-maçonnerie que je décris dans les fumisteries pathétiques françaises du genre Grand Orient de France, Droit humain et tant d'autres).

Tout le délire français a commencé après le révolution de 1792 et la récupération politique de la Franc-maçonnerie par Bonaparte.

Depuis près de mille ans, la Franc-maçonnerie authentique à ses règles, les mêmes, appelées "Old Charges" et "Landmarks", auxquelles il est exclut de déroger (c'est en cela que la Franc-maçonnerie authentique est Traditionnelle).

Cette authenticité a été portée, en Grande-Bretagne, par la Grande Loge des Ancients contre les Moderns (Desaguliers, Anderson et consorts) qui ont voulu, vers 1723 (et non en 1717 où il ne s'est rien passé), réinventer la Franc-maçonnerie, autour de la Royal Society de Londres, dans le but de singer les obscures "Lumières". Heureusement, cette déviance a été éradiquée par l'Act of Union de 1813 ... mais le mal était fait (même si aujourd'hui, il est presque guéri partout : 90% des effectifs de la Franc-maçonnerie mondiale sont reconnus et réguliers). Mais la France (et certaines de ses anciennes colonies, comme la Belgique) est toujours gangrenée par cette maladie du foisonnement idéologique à l'encontre de l'universalité initiatique.

Car l'histoire de la pseudo-maçonnerie française est une bien triste histoire de querelles idéologiques (alors que toute discussion politique ou religieuse est interdite : tout Franc-maçon doit respecter la religion et obéir aux lois du pays où il travaille) et d'affaires de personnes (au mépris du concept fondamental de Fraternité et d'allégeance de la personne à l'institution).

Qu'il y ait, au sein de la régularité reconnue et universelle de la Franc-maçonnerie, plusieurs manières de pratiquer et de cheminer sur les chemins initiatiques, c'est une évidence (la meilleure preuve en est la multiplicité des hauts-grades), mais pas au prix de la destruction de l'universalité maçonnique, ni à celui de dérogations aux Landmarks.

Quand on dit jouer au football, on respecte les règles du football ; cela n'empêche personne de jouer au rugby, car alors cela s'appelle du rugby et pas du football.

Il en va de même pour la Franc-maçonnerie qui doit être, tout à la fois et harmonieusement, universelle, initiatique, traditionnelle, régulière et reconnue.

Les 220 "obédiences" françaises sont une pure aberration et ne font que traduire une infirmité congénitale française : l'incapacité de dépasser son nombril et de se mettre au service d'une œuvre (symbolisée par le Temple de Salomon) qui dépasse radicalement tous les humains, leurs personnes, leurs opinions, leurs "idéaux", leurs orgueils, leurs urticaires ... et leurs humeurs.

 

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La liberté, ce n'est pas faire tout ce que l'on veut !

La liberté, c'est choisir librement de mettre son existence au service d'une œuvre qui dépasse tout ce que l'on croit être, c'est choisir librement de vouloir contribuer, sans cesse, à cette œuvre en s'y dédiant totalement, par tous ses talents et avec toutes ses énergies !

 

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Je hais les vaines vacances et tous ces vacants sciés vides, évidés et vidés qui y vaquent en vagant et divagant.

 

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Le 14/12/2020

 

De FOG en parlant de l'influence des rétro-activismes venus des campus américains :

 

"Après l'impérialisme économique ou culturel,

voici le temps de la domination intellectuelle"

 

La dictature du "camp des victimes" ;;; et de la haine radicale envers le camp (supposé, inventé ou réinventé) des "oppresseurs".

Face au constat clair de différences non niables, quatre scenarii sont possibles :

 

  • l'indifférence, la cohabitation, le multiculturalisme, la coexistence pacifique …
  • la guerre civile, le conflit permanent, le communautarisme sectaire, fermé et agressif …
  • la discrimination, l'apartheid, l'oppression de l'inférieur par le supérieur, du faible par le fort, de la minorité par la majorité …
  • le dépassement, la synthèse dialectique, l'intégration, le transcendement, la communion dans la différence au service d'un projet commun …

 

En matières ethniques et raciales, longtemps, les pays anglo-saxons ont préféré la cohabitation communautariste alors que les pays latins penchaient plutôt pour l'intégration humaniste et universaliste (mais sans réel projet commun).

Aujourd'hui, manifestement, ces deux voies s'avèrent des échecs flagrants.

De tous côtés, des activistes "révolutionnaires" s'appuient sur les échecs de ces voies positives, pour prêcher toutes les guerres civiles au nom des supposées "oppressions systémiques" qui ne sont que des fantasmes réinventés.

 

Je reste quant à moi persuadé que la voie de l'intégration reste la meilleure, mais pas pour des raisons morales (humanisme, universalisme, droit-de-l'hommisme, …) mais au service d'un réel dessein commun, à l'échelle de communautés intégrantes (une entreprise, un quartier, un village, un club sportif, un cercle culturel, …).

 

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De Saïd Mahrane à propos de "Contre le peuple" du philosophe Frédéric Schiffter (reproduction intégrale de l'article paru le 12/12/2020 dans "Le Point") :

"Son essai, Contre le peuple (Séguier), est né d'une joute ancienne. Dans les années 1970, à Toulouse, où il suivait des études de philosophie dans une université peuplée de gauchistes et de gudards, Frédéric Schiffter fut interpellé par un étudiant, en l'occurrence trotskiste : "Les ennemis du peuple dans ton genre, on les retrouvera !" Il faut dire que le jeune dandy n'appartenait à aucune obédience ("changer de monde, c'est changer de maître") et haussait les épaules lorsqu'il entendait le mot « peuple ». Il apprit, plus tard, que le trotskiste en question était devenu énarque et haut fonctionnaire… Mais c'est avec le réveil des Gilets jaunes que le philosophe, grand lecteur de Clément Rosset, a eu envie de disséquer le terme qui lui avait valu ce procès expéditif.

À l'heure où l'on observe une divinisation des masses dans les discours politiques, dans des revues ou sur moult plateaux de télévision, lui se lance, altier, dans une véritable entreprise de démystification. Il s'est intéressé au peuple lui-même, mais aussi à ses relais et à ses porte-voix, qui entretiendraient la fiction. "C'est une manie chez les épris de justice à l'abri de la nécessité de me caser dans le parti de la domination parce que leurs lubies idéologiques, l'ostentation qu'ils mettent dans leur combat, le pompeux qui orne leur discours m'incitent à la plus élémentaire circonspection", écrit-il, vengeur.

En philosophe, et non en facile pamphlétaire, il a usé pour son essai du « rasoir » de Guillaume d'Occam, un instrument de critique des « "vocables généraux" qui enrobent la pensée de graisse ». « Ne jamais multiplier les notions générales sans nécessité », recommandait le philosophe anglais du XIVe siècle. Schiffter se range donc du côté des nominalistes contre les réalistes, qui croient, eux, à l'Homme, à la Femme, au Bonheur et à l'existence d'un Peuple. Le philosophe leur répond que nul ne peut rencontrer l'Homme ou le Peuple, mais qu'en revanche on peut serrer la main de tel ou tel homme issu d'un milieu modeste. "Le mot peuple, qui suggère un être à la fois pluriel et unifié dont politiciens et intellectuels se proclament les amis, ne renvoie, en toute rigueur, à personne."

Les définitions grecques du peuple permettent de constater ses différentes acceptions : l'ethnos (groupe ayant en commun l'origine, la langue…), le laos (le public des rues, des marchés et des gradins), l'ocklos (la foule en effervescence) et le démos (somme d'individus ayant les mêmes droits). L'auteur rappelle que les conventionnels de 1789 regroupaient sous le nom de peuple, afin de fédérer la nation, tous les Français – riches bourgeois, rentiers, artisans, paysans… – qui ne faisaient pas partie des ordres déchus (noblesse et clergé). Schiffter relève également un changement de nature du mot, au XIXe siècle, lorsque les termes de “race” et de “peuple” devinrent équivalents pour les philosophes allemands. On parlait alors du Volksgeist (génie du peuple). À Michelet, l'auteur du magistral Le Peuple, le philosophe reproche d'avoir produit un mirage réaliste. Mais Michelet lui-même savait faire preuve de lucidité, confessant que le peuple était aussi vrai qu'altéré et éphémère.

Pour Schiffter, l'idée d'un peuple unifié et solidaire (la fameuse common decency orwellienne) est un autre mensonge. À le lire, ce peuple "fantôme" est d'abord une somme d'attentes individualistes. Si les sondeurs posaient à chaque citoyen la question : que demande le peuple ? Ils s'entendraient répondre : “Ce que je désire, moi !”. Pour lui, la seule réalité qui vaille est le démos reposant, au sens civil et administratif, sur un ensemble de citoyens, riches ou pauvres. "Lors d'un vote, ce n'est pas le prétendu peuple qui se prononce, mais ce qu'on appelle à juste titre le corps électoral."

Érudit et courageux – et parfois, hélas, aussi définitif que ceux qu'il conspue et qualifie de "philodoxes" (amis de l'opinion) –, Schiffter refait l'histoire de ce peuple, vivant ou mythique, qui sera encore, à coup sûr, au centre de la prochaine présidentielle."

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De Benjamin Haddad :

 

"Ce sont nos philosophes français des années 1970 et 1980 qui ont inspiré ce débat où l'on considère désormais que chaque idée n'est que le reflet d'un rapport de force. On ne croit plus aux idées, plus aux valeurs, on essentialise tout."

 

Les philosophes en question sont, sans doute, les Sartre, les Foucault, les Deleuze, les Derrida et autres Althusser ; bref, la chienlit marxo-philosophique.

Avec le verbe "essentialiser", Haddad relance la querelle des universaux entre nominalisme et réalisme.

 

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L'essentialisme est une doctrine qui affirme, à bon droit, qu'il existe, entre les humains (et les ethnies, les races, les sexes, etc …) des différences de nature, d'essence génétique et/ou phylétique, innées et non acquises, communes à tout un groupe et transmises de génération en génération.

En cela, l'essentialisme s'oppose à l'existentialisme qui, lui, affirme que tout est acquis (et, donc, que c'est la société qui fabrique les individus et que ces individus doivent refuser les conditionnements sociétaux – systémiques – et reprendre leur totale liberté pour se construire en totale indépendance et conscience).

Cette querelle de doctrines est oiseuse car, dans la réalité, chacun est composé d'une part essentialiste (héritée, immuable, génétique, phylétique, …) et d'une part existentialiste (une possible construction partielle de soi, en autonomie).

La vie réelle est, précisément, la dialectique permanente entre la part essentialiste et la part existentialiste. Mais la plupart des humains ne sont pas capables ou sont trop paresseux pour développer leur autonomie au-delà de leur nature profonde, en s'appuyant sur elle sans la subir du tout.

C'est parce que chacun est partiellement déterminé, que chacun qui en a le courage, peut partiellement se construire de façon autonome.

 

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Le manque de revenu induit trois comportements possibles : le parasitisme, le banditisme ou le militantisme.

Le parasitisme pallie le manque de revenu par l'appel à la charité, privée ou publique, spontanée ou organisée.

Le banditisme s'approprie illégalement ce qui manque en en spoliant les autres par diverses voies, plus ou moins punissables.

Le militantisme refuse d'assumer la situation et en reporte la responsabilité sur les autres (au nom d'une idéologie quelconque).

Mais sauf accident de vie (ce qui arrive et appelle une libre solidarité), le manque de revenu est le plus souvent la conséquence de trois causes plus ou moins conjuguées : la bêtise (cause essentialiste), l'ignorance et la paresse (causes existentialistes).

 

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De Cynthia Fleury :

 

"Contre le délire victimaire.

Conspirationnisme, néo-populisme, meute des réseaux sociaux … Le ressentiment serait-il un mal français ? Nous avons un nouvel ennemi c'est le ressentiment. Celui qui pousse, derrière son écran, à tous les déversements de haine en ligne, celui qui incite à se complaire dans la posture victimaire plutôt que d’agir. Le  ressentiment est binaire, c’est un phénomène de réductionnisme, de refus de la complexité et de manque de discernement. Il dévalue, dénigre les outils mêmes de la régulation démocratique et fantasme la radicalisation, la violence comme pureté de l’action. Le ressentiment ne produit pas de l’action mais du passage à l’acte. Il réactive toutes les bases caractérielles d’un sujet : sa passivité agressive, son délire victimaire de persécution. Historiquement, le fascisme

a été identifié comme la grande ère du ressentiment. Mais les avatars de la pulsion ressentimentiste sont extrêmement nombreux : cela va du conspirationnisme aux néo-populismes en passant par les vomissements sur les réseaux sociaux."

 

*

 

De François Mauriac :

 

"Ecrire, c'est déjà agir !"

 

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Je suis un ardent défenseur et partisan de l'écologie ; c'est pourquoi je lutte contre l'écologisme (qui, comme la pastèque, est verte dehors mais rouge-sang dedans).

Le fond du problème n'est pas la production, mais la consommation.

Dès que l'on consommera beaucoup moins et que la valeur d'utilité triomphera du prix d'achat, les modes de production les plus sains se développeront naturellement.

 

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De Pierre de Villiers :

 

"Nous sommes le plus souvent dans le comment

plutôt que dans le quoi ou le pourquoi."

 

Et encore moins dans le "pour quoi" …

La banalité de ces anciens militaires est sidérante.

 

Et du même :

 

"C’est de la France qu’il s’agit; et c’est la France qui compte."

 

Mais mon pauvre gars, la France, tout le monde s'en fout, et à juste titre, à commencer par la plupart des Français. La France, ça n'existe pas ! L'Europe, ça existe. Le Morvan, ça existe. Mais pas la France : un fantasme du 19ème siècle. Un Etat-Nation artificiel créé de toutes pièces par la modernité finissante.

 

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L'armée française, pour rappel, n'a gagné ni aucune de ses guerres ni aucune de ces batailles depuis 1815. C'est une armée perdante et inefficace. Ses chefs d'état-major devraient en tirer une seule conclusion : fermer leur gueule ! En France, le mess des officiers n'est qu'une variante du café du commerce.

 

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La "Nation", comme le "Peuple", cela n'existe pas. De purs mots vides. Des fantasmes nationalistes et/ou populistes.

 

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De mon amie Néa :

 

"La santé est depuis trente ans une affaire de business et de marketing sur fonds de désinformation aux conséquences criminelles. On sait que 30% des médicaments sauvent des vies et 70% sont inutiles, voire dangereux."

 

Il y a bien longtemps que le big-pharma s'intéresse beaucoup plus à ses bénéfices qu'à la santé publique. Elle est financiarisée à la moëlle.

 

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Charles De Gaulle - qui n'a jamais été confirmé général après sa nomination temporaire par Pétain - était le pire des tenants du pouvoir autocratique personnel et centralisé (nationaliste, populiste, antisémite et anti-européen du même tonneau que les Le Pen), posture qui est restée, malheureusement, le principe de base de la cinquième république, un régime présidentiel encore plus régalien que l'ancien régime.

 

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Le 15/12/2020

 

Les réseaux sociaux …

Les réseaux sociaux ne sont ni des réseaux (ils ne véhiculent aucun projet commun qui est la condition sine qua non d'existence d'un réseau), ni sociaux (ils n'ont aucune finalité sociale au sens européen du terme). L'expression est typiquement américaine et a été mal traduite.

Les "réseaux sociaux" (puisque l'usage est de les appeler ainsi) ne servent à rien, n'ont aucune utilité réelle directe ; ce sont des champs d'épandage d'opinions où chacun peut déverser sa bile psychotique à l'envi, sans contrôle, ni censure ; ce sont le lieu de la rencontre ultime entre le voyeurisme et l'exhibitionnisme ; mais ce sont aussi les plus infernales et terrifiantes machines à manipulation de masse qui ait jamais existé.

Bien sûr, il faut nuancer et des réseaux typiquement professionnels comme LinkedIn sont d'une autre tenue que des réseaux populaciers comme FaceBook (Fesse-Bouc). Mais le principe demeure : l'épanchement sans frein, souvent anonyme, ou alors sous pseudonyme ou nom d'emprunt.

Le grand danger de ces réseaux sociaux, c'est la lynchage médiatique de personnes, de sites, d'établissements, d'entreprises, etc … La mauvaise foi y règne en maîtresse (parfois téléguidée par des infox dealers envieux ou complotistes machiavéliques) et aucun recours n'y est possible : répondre, c'est s'enfoncer. On y pratique avec délectation le conseil de Talleyrand : "Calomniez, calomniez ; il en restera toujours quelque chose !".

 

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Comme toujours, la langue grecque classique est bien plus riche que la langue française.

Pour l'amour, elle avait Eros (l'amour charnel), Storguê (l'amour affectif), Philia (l'amour amical ou intellectuel) et Agapê (l'amour spiritualisé).

Pour le peuple, elle avait  Ethnos (ceux de même culture), Laos (la populace), Ochlos (la foule) et Démos (les citoyens de droit et d'élite).

En français tous ces sens, pourtant essentiellement différents, ont été agglomérés sous l'étiquette "peuple" qui, ensuite, lorsqu'il fut arraché à toute réalité et identifié à cet autre artifice qu'est l'Etat, devint "nation".

Ce qui aurait du rester la "démocratie" (une gouvernance pilotée par une élite évergétiste) est devenu "laocratie" (le suffrage universel et la dictature de la foule des médiocres) et verse, aujourd'hui, dans une "ochlocratie" (une dictature des minorités violentes et fanatisées, rétro-activistes et socialo-populistes), radicalement opposée à toute "ethnocratie" (la gouvernance par "ceux de souche").

 

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Les institutions de pouvoir (étatique, financière, boursière, patronale, syndicale, académique et médiatique), aujourd'hui complètement inefficientes parce que entées sur un paradigme dépassé, dans un monde ayant vécu un vrai saut de complexité qu'elles sont incapables de comprendre et d'accepter, sont condamnées à tenter une dérive autoritaire.

Cet autoritarisme s'apparente à une forme d'acharnement thérapeutique par rapport à un paradigme en effondrement qui veut se donner l'illusion de vivre encore et de pouvoir encore survivre.

Il appelle, en écho, une montée des barbaries, des fanatismes, des sectarismes, des rétro-activismes et des socialo-populismes qui peuvent profiter d'un terrain sociétal complètement chaotisé pour donner libre cours à toute leur chienlit.

 

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Le 16/12/2020

 

Pourquoi cette obsession analytique à l'œuvre dans la culture scientifique et philosophique européenne ? J'y vois deux pistes de réponse.

La première est que la modernité (de 1500 à 2050) a été fondée par de tels esprits rationalistes analytiques (Descartes, Galilée, parfois Spinoza, mais moins Leibniz) qui ont enclenché une vaste démarche ayant donné cinq siècles de grands succès tant du point de vue scientifique que technique.

La seconde est plus profonde et plus intimement liée au fonctionnement de l'intelligence humaine qui préfère comparer et différencier, que globaliser et intuitionner.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"L'épidémie a souligné l'immense fragilité des États, des sociétés et du système international. À l'exception d'une poignée de pays, les gouvernements n'ont pas réussi à maîtriser la propagation de la maladie, provoquant une profonde crise de défiance envers les dirigeants. Surpris et dépassés, ils ont été contraints de recourir à des mesures de confinement qui ont provoqué une récession inédite. Les séquelles seront durables, qu'il s'agisse de la dégradation de la santé physique et mentale des individus, du basculement dans la pauvreté de pans entiers de la population, de l'explosion des inégalités, de la déscolarisation de dizaines de millions d'enfants, du surendettement des États – 137 % du PIB pour les pays développés – ou du recul de la liberté. (…) L'année 2021 se présente sous deux faces que tout oppose. En dépit du lancement des campagnes de vaccination, sa première moitié sera très dure, toujours dominée par l'épidémie et marquée par l'envolée des faillites, du chômage et de la pauvreté. La seconde devrait être brillante, la levée des mesures sanitaires et la poursuite des plans de soutien provoquant un très fort rebond. Ce tournant cristallisera les gagnants et les perdants parmi les continents, les nations, les entreprises et les individus. La ligne de clivage s'établira entre ceux qui demeureront englués dans la peur et le ressentiment, et ceux qui basculeront dans une dynamique d'espoir et de reconstruction, entre ceux qui s'enfermeront dans l'illusion de la restauration du passé et ceux qui feront sans trembler le pari de la transformation.

L'année qui s'ouvre sera donc décisive. Elle doit certes être tournée vers la relance, mais plus encore vers les réformes pour résoudre les problèmes que nous avons laissés s'accumuler : un capitalisme de bulles, de rente et de prédation ; la désintégration des classes moyennes et des sociétés développées ; le déclin et la corruption des démocraties sous le feu croisé des populismes, des démocratures et des djihadistes. (…) La levée des mesures de confinement et de restriction d'activité aura un effet immédiat sur la production et l'emploi, avec un fort rebond du secteur des services qui représente 70 à 80 % du PIB des pays développés. Simultanément devra être transformé le contrat économique et social autour de six priorités. L'organisation des entreprises et du travail autour de la réarticulation de la vie personnelle et professionnelle, d'une plus grande autonomie des salariés, d'un management moins hiérarchique et plus responsable. Un partage plus équitable de la valeur ajoutée entre travail, capital et États. La réduction de la dépendance à la Chine pour les biens essentiels. La reconfiguration de l'industrie numérique autour du respect des citoyens et non de la spoliation de leurs données. L'accélération de la transition écologique en s'appuyant sur la modification des modes de consommation provoquée par les confinements et par l'introduction d'un prix du carbone. Enfin la sortie progressive du capitalisme de bulles et de rente. La chute de l'offre de travail, la paupérisation de la population, la montée des inégalités constituent un nouveau choc sur les classes moyennes qui va déstabiliser un peu plus les démocraties. Il est donc essentiel de désamorcer la spirale infernale de la peur, de la colère et de la violence. En réengageant les citoyens dans les décisions publiques par la décentralisation. En investissant dans l'éducation qui constitue la première ligne de clivage entre inclus et exclus. En mettant les technologies au service des politiques publiques. En confortant l'État de droit et en assurant la vitalité du débat public."

 

Il y a beaucoup de vrai dans cet extrait d'article. Mais est-il audible par les oreilles atteintes de crétinisme ?

 

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De cet idiot tragique de Charles De Gaulle :

 

"La France n'a pas besoin de vérités ;

la France a besoin d'espoir."

 

C'est toujours le problème aujourd'hui : mieux vaut le déni de réalité que la lucidité de médiocrité.

 

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De Frédéric Schiffter :

 

"Quand les petits hommes en foule entendent un habile parleur les appeler "peuple", ils voient la statue colossale d'un titan lui sortir de la bouche."

 

C'est une vérité joliment dite. La grandiloquence – et les mots creux – galvanise la masse des crétins qui voudraient exister par eux-mêmes, mais en sont incapables. Au nom de la misère physique qui n'existe presque plus, on voudrait encore soigner cette réelle misère mentale qui est le lot de ces 85% de crétins qui pillent et saccagent tout au nom de leurs caprices, de leurs ignorances et de leurs bêtises.

 

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La querelle des universaux est enterrée, mais elle n'est pas morte. On l'exhume de nos temps. On reparle, à notre grand dam, des Idées platoniciennes … Le nominalisme se fait attaquer de toutes parts par les sectaires qui parlent en majuscules.

Le Peuple, la Nation, l'Etat, la Liberté, l'Egalité, la Vérité, la Justice, l'Elite, la Démocratie, le Capitalisme, etc … tout cela n'existe pas. Ce ne sont que des mots qui tentent, difficilement et péniblement, de couvrir des réalités infiniment composites, disparates, relatives, complexes …

Les mots des humains sont définitivement trop faibles pour couvrir le Réel !

 

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L'humanité se divise naturellement en deux : les aristocraties et les masses.

Avec, entre elles, discontinuité claire et effet de seuil.

Mais que l'on ne se méprenne pas : l'aristocratie vraie n'a rien à voir ni avec la fortune patrimoniale ou de revenu, ni avec l'érudition, ni avec le nobiliaire (qui n'est que le fruit des hasards de l'histoire guerrière), ni avec le pouvoir (au contraire, les vrais aristocrates ont horreur du pouvoir puisque le pouvoir concerne les masses), ni avec les diplômes ou distinctions qui ne sont que conventionnels.

L'aristocratisme se définit très simplement par cette seule, pure et limpide définition : est aristocrate celui qui met son existence au service de ce qui le dépasse infiniment, au-delà de l'humain.

L'aristocratisme ne concerne que 15% de l'humanité, les 85% restant n'étant que des animaux humains obsédés par leur nombrilisme et leur narcissisme, qu'ils soient riches ou pauvres, diplômés ou ignares, démagogues ou moutons, profiteurs ou parasites.

 

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De Gustave Flaubert :

 

"Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire

au niveau de bêtise du bourgeois."

 

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La notion d'aristocratie dépasse, détruit et transcende la vieille dichotomie entre "peuple" et "élite", entre "populace" et "démagogie", entre "servage" et "noblesse", entre pouvoir massif et pouvoir malin. Elle dépasse en fait toute idée de pouvoir.

 

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Le 17/12/2020

 

Les médecins français sont parmi les plus mal formés du monde développé.

On leur a fait croire que la médecine est une science, alors qu'elle n'est qu'un art balbutiant. Leur référentiel est mécaniciste, analytique, réductionniste, cartésien, etc … Ils ont tout faux !

L'incapacité notoire de la France de répondre au défi de la pandémie, a des responsables notoires comme le ministre Véran (originairement neurologue) et l'apparatchik Delfraissy (prof de fac) qui, tous deux, ont pris une posture idéologique là où il fallait être, à la fois, pragmatique et humble (deux vertus apparemment inconciliables avec le statut d'homme "public" et "de pouvoir").

L'ordre des médecins, une horde de Diafoirus parisianisés aux ordres du big-pharma, n'est pas en reste ...

Pendant que de vrais médecins (et il y en a beaucoup) se bagarraient, comme ils pouvaient, dans un système hospitalier complètement gangréné et pourri par les fonctionnaires, la bureaucratie, les syndicats, les énarques, les idéologues …

La conclusion à en tirer est simple et définitive : l'Etat n'a pas à se mêler de Santé.

 

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De Laetitia Strauch-Bonart :

 

"L'ennemi de la liberté d'expression n'est plus l'Etat mais l'opinion qui, en intimidant plus qu'en interdisant, suscite un climat anxiogène."

 

L'opinion est ici un concept difficile car il n'a pas de contours précis. L'opinion, c'est ce qui émerge, avec flou, des réseaux sociaux où des hordes de crétins qui n'y comprennent rien, suivent, comme les moutons de Panurge, les jérémiades ou les gueuleries de quelques débiles sournois et manipulateurs, complotistes ou paranoïaques, ambitieux ou machiavéliques.

 

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Le 18/12/2020

 

Je reprends ci-dessous - et sans rien y changer - un texte que j'avais écrit en 2003, il y a donc presque 20 ans. Ce texte reste parfaitement d'actualité …

On y remarquera  le "et ce n'est qu'un début" en parlant des pandémies …

 

 

Dix pistes pour l'avenir

 

Marc Halévy - 2003

 

La biosphère est un fragile tissu organique qui recouvre et englobe la lithosphère. Elle est un vaste écosystème enraciné dans le sol de la Terre, dans les vents de l'Air, dans les nappes de l'Eau et dans la lumière du Feu solaire.

 

L'homme y est apparu et y a vécu, porteur de l'espoir de la pensée.

Puis brutalement, le tissu humain s'est mis à proliférer anarchiquement en rongeant et en détruisant tous les tissus alentour.

L'homme est devenu le cancer de la Terre. L'humanité est devenue sa tumeur.

 

Aujourd'hui, l'organisme sain de la biosphère réagit comme réagissent les cellules saines d'un cancéreux : il envoie contre la tumeur tous les anticorps qu'il peut secréter pour se débarrasser du chancre.

Ces anticorps s'appellent grippe de Hong-Kong, grippe asiatique, Sida, Ebola, "vache folle", grippe aviaire … et ce n'est qu'un début.

La lithosphère n'est d'ailleurs pas en reste et réagit aux pillages et pollutions infâmes que lui fait subir l'homme, en lui répondant de plus en plus fort par des "catastrophes" naturelles et climatiques … et ce n'est qu'un début.

 

Si la partie saine de l'humanité ne se réinscrit pas d'urgence dans l'harmonie douce et frugale avec la Nature, et dans sa vocation noétique fondamentale, elle sera emportée comme le reste.

 

L'ère "moderne" que nous quittons, a été la plus violente, la plus meurtrière, la plus barbare que la Terre ait subie.

Des centaines de millions d'assassinats, rien que pendant le XXème siècle.

Les guerres mondiales et locales, les communismes, les colonialismes, le nazisme et les fascismes, les mafias, sans parler des cynismes spéculateurs et profiteurs, ni des hédonismes égoïstes et ravageurs, ni de l'industrialisme irresponsable et désertifiant, ni des militarismes débiles et revanchards, ni des nationalismes cocardiers et xénophobes, ont mis le monde en coupe réglée pendant des décennies.

Maintenant, il suffit : baste !

 

Aujourd'hui, il nous faut construire un Monde vivable et viable pour nos petits enfants.

Un nouveau mode d'humanité doit émerger qui vise l'éradication définitive des causes de Violence afin d'établir la Paix, tant intérieure avec soi-même, qu'extérieure avec les autres et avec la nature.

 

Pour réussir cette mutation radicale sans violence (car la violence n'entraînerait que la radicalisation des résistances), il ne s'agit pas tant de combattre que de dépasser, de transcender, de sublimer.

 

  1. Dépasser le capitalisme spéculateur par le capitalisme entrepreneur.

 

L'explosion des "bulles spéculatives", l'effondrement de la soi-disant "nouvelle économie", la dictature des actionnaires institutionnels et des fonds de pension ont démontré les limites et les impasses du capitalisme classique.

La spéculation est toujours destructive, toujours irresponsable, toujours immorale.

Le monde doit s'affranchir de la finance sous peine de s'y asphyxier. Il doit retrouver le goût de l'entreprise, de l'aventure, du travail créatif et constructif pour reconstituer ce tissu économique local et vital détruit sous les bottes du terrorisme et du totalitarisme marchand.

Que faire ?

Remplacer le concept de valeur d'échange par celui de valeur d'usage en redéfinissant fondamentalement la notion de valeur ajoutée.

Considérer globalement l'emploi comme un faux problème : le plein emploi, comme le profit, n'est pas un but, mais une conséquence.

Mesurer non pas le nombre de chômeurs, mais la durée moyenne du chômage.

Défiscaliser totalement les revenus du travail et la propriété de patrimoines, mais taxer très lourdement tous les produits financiers et spéculatifs.

Constituer des fonds d'investissements importants, privés, publics et mixtes, gérés par des professionnels de terrain, destinés à financer la recherche et la création dans toutes les disciplines et à stimuler la construction efficace d'un vaste tissu de PME/PMI dans tous les domaines de l'économie douce (cfr. infra).

Arrêter net tout protectionnisme, tout acharnement thérapeutique, toutes subsidiations au profit de tous les secteurs dangereux, polluants, militaires ou moribonds.

Libérer totalement toutes les PME des obligations du droit social issu de vieilles luttes qui ne les concernent pas, entre syndicats et industries lourdes.

Lever les carcans réglementaires des banques afin de les forcer à faire leur vrai métier de financeur des risques de la vie économique réelle.

 

  1. Dépasser le déplacement physique par la mobilité virtuelle.

 

Tous les moyens de transports brûlent et gaspillent des quantités phénoménales d'énergies non renouvelables, tuent impunément des milliers d'humains tous les jours et polluent par les fumées, les déchets, les épaves et le bruit.

Or, la grande majorité des déplacements physiques des personnes est désormais totalement inutile du fait des réseaux informatiques et télécommunicationnels.

Que faire ?

Augmenter drastiquement les taxes sur tous les carburants et sur tous les véhicules.

Généraliser et augmenter les péages sur les autoroutes et les routes, notamment et spécialement pour les poids lourds.

Favoriser la généralisation du train pour les indispensables déplacements professionnels.

Stimuler le développement des ateliers et commerces de proximité, ainsi que le télétravail.

Décourager toutes les formes de tourisme car il ravage les trésors naturels et culturels du monde, il favorise toutes les formes de prostitution humaine tant physique que mentale, et il détruit les tissus économiques locaux au profit de toutes les sources d'argent facile. 

Développer exponentiellement la quantité et la qualité des banques documentaires culturelles et naturelles, et en permettre l'accès gratuit à tous, depuis le domicile.

Favoriser la dépollution et la propreté des villes, et la création et l'entretien des espaces verts de proximité.

Eradiquer toutes les formes d'urbanisme concentrationnaire.

 

  1. Dépasser les industries lourdes par les technologies douces.

 

La plupart des matériaux lourds (lourds pas spécialement en poids, mais lourds en coûts énergétiques et écologiques) qui nous semblent indispensables, peuvent être remplacés par des matériaux "doux". Mais surtout, nous pouvons en diminuer drastiquement le nombre et la quantité, sans nuire à notre confort de vie. La question fondamentale derrière tout cela est double : de quoi avons-nous réellement besoin pour vivre bien ? quel prix nos petits enfants devront-ils payer pour ce confort ou ces caprices ?

Que faire ?

Bien prendre conscience que les industries lourdes, polluantes, épuisantes, désertifiantes, héritées des XIXème et XXème siècles, ne sont pas un mal inéluctablement nécessaire : on peut vivre très bien (vivre mieux !) avec moins d'acier, moins d'aluminium, moins de pétrole, moins de produits chimiques, moins de ciment, moins de plastiques, de papier et de cartons.

Faire jouer, donc, le principe de frugalité (cfr. infra) dans toutes les facettes de nos existences.

Comprendre que chaque minerai, que chaque roche, que chaque glaise, que chaque arbre, que chaque ruisseau arrachés à la Terre est une blessure réelle et que cette blessure c'est la chair de nos chairs qui en saignera. Il n'y a là aucun écologisme : seulement un effort de lucidité que seuls les aveugles égoïstes refusent de faire.

Promouvoir la recherche et la créativité pour la fabrication douce et le bon usage de matériaux complexes, issus de l'industrie douce : les matériaux recyclables sont une première et timide avancée en ce sens, même s'ils engorgent souvent des parcs entiers dans l'attente d'un improbable recyclage … Il faut aller beaucoup plus loin.

Sortir de la logique de consommation pour entrer dans une logique de la durabilité.

Cesser de subir grégairement et dénoncer les futiles effets de mode : c'est un corollaire du passage de la valeur d'échange à la valeur d'usage.

Apprendre à acheter un vêtement, une paire de chaussures, un appareil, une voiture, un ordinateur pour les user à la corde, et non pour frimer.

Sortir d'une économie d'acharnement thérapeutique envers la sidérurgie et ses consœurs moribondes et les laisser mourir naturellement. Le "chômage" que cela entraînera n'est plus un problème dès lors que l'allocation universelle est appliquée (cfr. infra).

 

  1. Dépasser l'asservissement économique par la création noétique.

 

La vieille société marchande a tout chosifié afin de pouvoir tout vendre et tout acheter, même l'être humain, même la faune et la flore, même la Vie dans ses principes : civilisation de l'objet, donc de la pénurie puisqu'un objet, quel qu'il soit, est unique, donc rare. Et cette logique de la pénurie entraîne celle de la compétition, de la spéculation, de la précarité, de la convoitise et de l'appropriation de gré ou de force.

Or, notre époque voit éclore les technologies de l'information et les immenses champs de la création de connaissances et d'œuvres culturelles. L'immatériel et l'information impliquent d'autres logiques que celles de la pénurie et de la propriété : lorsque je donne une information, je ne m'en prive nullement, je la partage tout en la gardant entièrement pour moi. Que faire ?

Remplacer le concept de travail (et particulièrement de travail salarié) par le concept d'activité créatrice de valeur (quantitative et/ou qualitative).

Stimuler et libérer tous les talents et toutes les expertises, toutes les créativités.

Eradiquer les logiques de rémunération à l'heure : ce n'est plus du temps que le travailleur doit fournir, mais de l'énergie mentale.

Ne plus apprendre des savoirs mais apprendre à apprendre et à créer de la connaissance.

Généraliser l'usage des ordinateurs connectés et en organiser l'apprentissage permanent, dès le plus jeune âge.

Cultiver toutes les formes de création, scientifiques, intellectuelles et artistiques, sur support informatique et en faciliter la diffusion à très grande échelle.

Accélérer la reconversion des industries de l'édition sur support classique (papier, film, disque) en services de diffusion d'œuvres sur support virtuel (via câble, satellite ou Internet).

Accélérer la disparition des télévisions classiques et développer les techniques d'importation numérique de toutes les œuvres cinématographiques, musicales et télévisuelles (y compris les émissions d'information), à la carte, à partir du câble ou du satellite, afin de les stocker sur le disque dur du téléviseur et de les visionner quand bon il semble.

 

  1. Dépasser la dépendance sociale par l'allocation universelle.

 

Nous touchons ici un des points les plus simples et les plus complexes à la fois.

Il s'agit, tout simplement, d'abolir tous les systèmes de dépendance sociale (allocations de chômage, retraite légale, allocations familiales, allocations de maladie-invalidité, assistance sociale, etc …) et de payer, une fois pour toute, à vie, à tous les citoyens, une allocation mensuelle définitive (dès la naissance, à condition de prévoir des protections contre les parents peu scrupuleux) qui soit suffisante pour assurer une survie décente à chaque personne, de sa naissance à sa mort, quels que soit, par ailleurs, ses choix de vie (toute autre rémunération viendra en sus).

Ce schéma a été maintes fois étudié : les actuels revenus de la TVA suffisent à financer cette allocation universelle pour l'Europe.

Dans cette logique, il n'y aura donc plus de chômeurs, d'assistés, de quémandeurs, de profiteurs, de parasites, mais il y aura des gens qui choisissent de pratiquer des activités, rémunératrices ou pas, en plus de leur revenu de base. Les riches pourront continuer à vouloir être plus riche, mais les moins aisés ne seront plus pauvres, et ceux qui se contentent de peu, pourront consacrer leur vie à autre chose qu'à la gagner.

Cela signifie aussi que les entreprises pourront adapter en permanence leurs effectifs à leur juste besoin, mais que, pour attirer et conserver leurs collaborateurs précieux, elles ne pourront plus compter seulement sur l'appât du gain et la peur de la misère ou du chômage : elles devront mettre en place de réels processus de séduction et de motivation bien au-delà des gadgets psychosociologiques actuels.

Que faire ?

Décider, au niveau européen, de changer de logique fondamentale et décider de mettre en place l'allocation universelle.

Réorganiser la structure et les circuits de la finance collective afin de faire basculer les fonds de la charité-pitié-dépendance vers les comptes de la dignité-solidarité-liberté.

Démanteler les actuels systèmes de dépendance sociale et libérer les fonctionnaires qui y fonctionnent.

Enclencher le nouveau système, pour tous, au même moment.

 

  1. Dépasser la démocratie parlementaire par la responsabilité personnelle.

 

L'ère qui s'achève était l'ère des Etats, royaux d'abord, bourgeois ensuite, populaires enfin.

Etats omniprésents, voulant tout contrôler, tout régenter, tout organiser, tout financer : Etats totalitaires, donc, même s'il s'agit d'un totalitarisme doux et confortable, lénifiant et démagogue.

Que faire ?

Prendre conscience que cet Etat-là, que cette politique-là ont perdu toute crédibilité ; que la "démocratie" qu'ils prétendent sanctifier n'est plus qu'une démagogie insipide au profit d'un clan de professionnels du pouvoir ; que toute bureaucratie, publique comme privée, est condamnée, par essence, à l'inefficacité et à la gabegie (cfr. les études de Michel Crozier) et qu'il faut en débarrasser nos sociétés ; que ces institutions ne se "justifient" plus que par les allocations multiples qu'elles ont inventées pour se légitimer, et s'effondrent dès lors que fonctionne l'allocation universelle.

Savoir que l'Etat providence est en faillite et qu'il va entraîner avec lui toute l'économie locale et domestique par vampirisme, s'il ne lui est pas appliquer d'urgence le principe de séparation de l'Etat et de l'Entreprise, comme naguère celui de la séparation de l'Etat et de l'Eglise : l'économique et le politique n'ont rien à faire l'un avec l'autre ; toute collusion entrer eux est néfaste et corruptrice.

Organiser donc cette séparation, strictement.

Remplacer l'actuelle "démocratie" parlementaire, lourde et inefficace, partisane et disciplinée, par cette démocratie directe que les moyens informatiques remettent à portée de main après trois milles ans d'éclipse, et rénover l'éducation citoyenne en fonction.

Retirer à l'Etat et à ses succursales le pouvoir de régenter, de réglementer, de forcer nos vies privées et restaurer la responsabilité individuelle au-delà de tous les pseudo-assistanats que l'on nous assène : chaque individu doit être libre de ses appartenances (y compris de sa "nationalité") et de ses solidarités (y compris avec ses concitoyens). Le seul rôle du politique est de faciliter la lutte contre la violence, sans rien violenter.

Restaurer le rôle et le vocable de "gardien de la paix" et éradiquer ceux de "gens d'arme" et de "forces de l'ordre" : les mots ne sont jamais neutres.

Entériner, enfin, l'éclatement des Etats nationaux, désormais inutiles, et accélérer leur disparition par la redistribution effective des pouvoirs stratégiques vers le haut (l'UE, l'ONU, etc …) et des pouvoirs opérationnels vers le bas (les terroirs, les communautés, etc …).

Très généralement, remplacer, partout, en tout, ceux qui détiennent le pouvoir par ceux qui font autorité.

 

  1. Dépasser le pillage des ressources naturelles par la frugalité écologue.

 

Loin de tout écologisme militant (dont la portée et les motivations réelles sont loin de ce que l'on croit), il est temps de remettre l'homme à sa place dans le monde. La Terre n'est ni la servante, ni l'esclave, ni la nourrice de l'homme. Elle en est la Mère ! Et il est temps que ce fils prodigue fasse amende honorable et cesse de martyriser cruellement et stupidement celle qui le porte. La Terre et son manteau de Nature sont épuisés à force de pillages, de pollutions, de saccages, de tortures en tous genres. Même si l'homme disparaissait demain, il n'est pas sûr qu'elles guériraient …

Que faire ?

D'abord, changer nos mentalités : l'homme ne peut plus être un conquérant, un guerrier, un héros vainqueur, il doit devenir jardinier, humble, doux, au service de la Vie, dans la durée, chacun autour de soi.

Remplacer les valeurs masculines de virilité et de violence, par les valeurs féminines de fécondité et de paix.

Eradiquer partout, en tout, la valeur d'échange (le pilier de la machination marchande) et instaurer la valeur d'usage, avec, en corollaire, la prise en compte non seulement des coûts directs de production mais aussi des coûts indirects de dégradation (pollution, gaspillage, bruit, laideur, nuisances, déchets, recyclage, effets secondaires sur la santé physique et psychique, etc …).

Refondre, en ce sens, toutes les règles et plans de la comptabilité des Etats et des entreprises.

Inoculer, partout, tout le temps, par l'école et tous les médias, le principe de frugalité et bien faire comprendre que le superflu est toujours nuisible et néfaste, pour soi, pour les autres et pour le monde. Il ne s'agit ni de macération, ni de privation, ni d'ascétisme ; il s'agit d'une simple et saine sagesse de vie au quotidien. Le superflu est devenu la raison de vivre de tous ces déboussolés, surtout citadins, qui n'ont trouvé que le strass (le superficiel, le futile, le spectacle, la mode, le snobisme …) et l'ivresse (l'alcool, la drogue, la techno, les discothèques, les "vacances" …) pour y noyer leur désespérance, leur vide intérieur, leur pauvreté existentielle.

Resacraliser, réenchanter le monde et la Nature, la Terre et le Ciel, afin de gommer les erreurs froides et calculées de cinq siècles de rationalisme réducteur et de scientisme totalitaire.

 

  1. Dépasser les bureaucraties fonctionnaires par la gratuité.

 

Il n'y pas que les ministères et les administrations publiques qui soient bureaucratisés. La bureaucratie est omniprésente. L'esprit fonctionnaire s'est universalisé.

La forme a pris le pas sur le fond. La lettre sur l'esprit. Le "comment" sur le "pourquoi".

La modalité sur la finalité.

La bureaucratie, le fonctionnarisme, c'est ravaler l'humain au plan du robot, de la machine, de la mécanique programmée : sacralisation de la procédure et du formulaire, déification de la routine et de la répétition, diabolisation de l'innovation et du changement, anathème sur la créativité et la fantaisie.

Que faire ?

Comprendre que les systèmes procéduriers sont d'incroyables simplifications et réductions de la complexité réelle du monde réel. Et que cette complexité croissant, les systèmes bureaucratiques et fonctionnaires seront toujours plus inefficaces, inopérants, bloquants, suffocants. Donc dangereux !

Savoir que la réalité n'est qu'un tissu épais de multitudes de cas particuliers irréductibles à quelque règle ou procédure que ce soit : la standardisation, possible il y a cinquante ans, ne l'est plus aujourd'hui.

Prendre conscience que, face à l'exponentielle complexité du réel, les seules issues, les seules tactiques de vie – et de survie – sont la souplesse et la créativité, soit tout l'opposé de la rigidité et de la fixité bureaucratiques.

S'imprégner de l'idée que l'usager, le client, l'homme-de-la-rue, le citoyen, la ménagère de quarante ans, n'existent que dans l'imaginaire des statisticiens, ne sont que des concepts manipulatoires, pour faire acheter ou voter : en réalité, il n'y a que des individus, tous respectables en tant que tels, ayant tous des talents, des opinions, des sensibilités et des besoins différents, tous uniques.

S'affranchir donc de la dictature des raisonnements statistiques, des enquêtes d'opinion, des sondages, des études de marché, des audimats et autres cotes de popularité : tout cela est trop réducteur, trop simpliste, trop massique, trop infantile pour tout dire.

Comprendre que les inventeurs de la standardisation visaient la réduction des coûts et le gain de temps, mais que l'on sait aujourd'hui, du fait de la croissance de la complexité, que le bon marché finit toujours par coûter très cher, et que chercher à gagner du temps en fait perdre beaucoup.

Face à l'échec des standardisations, transformer notre rapport au temps et au monde en y introduisant la notion de gratuité, celle de qualitatif, celle de créatif.

Réapprendre à écouter. Prendre son temps et ne plus se le laisser voler au nom de chimères ; et là, retrouver la vraie efficacité, celle qui fait mouche parce que l'on est aller assez loin, assez profond pour ne plus fourguer, à la va-vite, la solution toute faite, étudiée pour tout le monde et qui ne convient, en fait, à personne … parce que tout-le-monde, ça n'existe pas !

Réapprendre à flâner, à errer, à sortir de toutes les routines car c'est toujours ailleurs que se trouve l'idée féconde : il n'y a ni heure, ni lieu pour le génie qui souffle où et quand il veut, au total mépris des contrats, des horaires, des planifications et des budgets.

 

  1. Dépasser le juridisme légaliste par l'éthique individuelle.

 

Nos sociétés sont minées de juridisme : la menace du tribunal est partout, la vénalité des avocats aussi. Le corps judiciaire n'a plus mission de rendre Justice, mais de jouer avec le meccano absurde et incohérent des décrets et procédures légaux pour justifier ce qui n'est plus qu'un avatar de la loi du plus fort ou du plus rusé : les mieux défendus sont toujours les plus coupables !

Que faire ?

Déconfisquer la Loi, décodifier le Droit et les rendre à la société civile.

Simplifier toutes les procédures.

Généraliser le recours systématique à l'arbitrage et au référé.

Combattre toutes les formes de juridisme.

Dénoncer le cercle vicieux, mais lucratif, des lois faites par des juristes élus ou mandatés, pour des juristes avides et égocentriques.

Rendre les avocats personnellement responsables de leurs dossiers.

Généraliser le principe du "no cure, no pay".

Cesser de légiférer sur tout et n'importe quoi.

Combattre la rage réglementaire et l'obsession disciplinaire afin de briser net la spirale de la violence civile : prohibition, provocation, répression, insurrection.

Se rappeler que l'alcoolisme n'a jamais été aussi grave aux USA que durant la "Prohibition" qui n'a eu d'autre effet que d'enraciner et d'enrichir la mafia (c'est la loi des effets pervers).

Supprimer l'immunité de l'Etat, des institutions de pouvoir (y compris la magistrature et la police) et des politiques (y compris les partis et les syndicats).

Abolir la raison et le secret d'Etat.

Comprendre qu'une "loi pour tous" emprisonne tout le monde sauf les quelques pourcents de racaille qu'elle est censée empêcher de nuire.

Comprendre aussi que l'inflation de lois et règlements ne fait qu'amplifier la délinquance qui répond à la violence légale par de la violence illégale : la solution des problèmes n'est pas dans la répression des comportements, mais bien dans la compensation des immenses déficits d'éducation, tant à l'école que dans les familles.

Pallier les déficiences morales des populations par une intense initiation continue, dès le plus jeune âge, aux philosophies, aux spiritualités, aux religions, aux écoles éthiques de toute l'humanité, de toutes les époques : il ne s'agit ni d'embrigader, ni d'inculquer des "valeurs", ni d'imposer des comportements, il s'agit plutôt de conscientiser, d'éveiller l'esprit critique, de faire mesurer la portée des actes et des paroles, d'établir le lien fort entre bonheur pour soi avec les autres et quête de soi dans les autres.

 

  1. Dépasser le matérialisme hédoniste par l'accomplissement spirituel.

 

Au fond, l'homme d'aujourd'hui est un sale enfant gâté qui tourne en rond au manège de ses caprices. Mais il a cassé presque tous ses jouets : la femme, l'enfance, la nature, la joie, l'émerveillement, le sacré, le divin, l'espérance, la vie même …

L'homme a épuisé l'homme.

L'humanisme qui ramène tout à l'homme, a trouvé sa limite : il est une impasse.

La source inépuisable du bonheur humain n'est pas en l'homme.

L'assouvissement effréné de tous les caprices ne laisse finalement qu'un vide amer, qu'un fond de désespérance, qu'un manque immense.

"La chair est triste hélas, et j'ai lu tous les livres", dit le poète du désespoir.

"Humain, trop humain", répond le philosophe de l'au-delà de l'homme.

Que faire ?

D'abord et avant tout, ne réinventer ni ce Dieu-le-Père contre-Nature, ni les dieux de pacotille, ni les idoles grotesques, ni les superstitions débiles, ni les mysticismes de bazar.

Ne jamais croire aux panacées : il ne suffit pas de quelques contorsions de hatha-yoga pour trouver "la Plénitude d'être dans le Devenir".

Par contre, savoir au plus profond de soi que l'homme ne prend sens et signification, ne reçoit valeur et dignité, ne connaît joie et plénitude, qu'au service de ce qui le dépasse infiniment, de ce qui est ineffable, irreprésentable, inintellectualisable, de ce qui est infiniment au-delà de toutes les religions et de toutes les philosophies, tout en étant ici-et-maintenant, totalement en nous et avec nous.

Réinventer une mystique de la Vie et s'y dévouer intégralement en créant, en cultivant, en suscitant, en facilitant tous les épanouissements possibles de ces graines de vie que l'homme, depuis trop longtemps, gâche, piétine, détruit.

 

Épilogue

 

Ces dix pistes constituent les points essentiels d'un manifeste pour des temps nouveaux.

Elles peuvent certainement être formulées ou reformulées avec d'autres mots.

Elles peuvent assurément être regroupées ou éclatées selon d'autres grilles.

Qu'importe !

Le temps n'est plus ni aux tergiversations salonardes, ni aux arguties spécieuses.

Il ne s'agit pas de faire la Révolution (l'histoire montre que toutes les révolutions se noient dans le sang qu'elles font couler), mais d'anticiper une évolution qui dépasse l'homme et qui le liquidera s'il ne cesse pas de contempler le nombril de ses désastres.

 

*

 

 

Il n'existe qu'une seule obédience maçonnique régulière et mondialement reconnue en France : c'est la Grande Loge Nationale Française. Le Grand Orient, le Droit Humain et leurs ramifications sont de pures impostures. La vocation unique de la Franc-maçonnerie régulière est spirituelle et initiatique ; le monde profane ne l'intéresse pas.

 

*

 

Le ressentiment des médiocres est le cancer de nos sociétés.

C'est lui qui fabrique les rétro-activismes et les djihadismes.

Et pour vaincre le cancer, il faut extraire et détruire la tumeur qui, sinon, prolifère en se nourrissant des tissus sains.

 

*

 

Il n'y a d'urgence que pour ceux qui manquent d'anticipation.

 

*

 

Oui, il est vrai que beaucoup de "petites gens" sont des victimes, mais seulement de leur médiocrité, de leur inintelligence et de leur inculture.

Ils n'ont de vertus que par imitation ou par confort.

Ils n'ont de vigueur que par ressentiment.

Ils ne pensent pas, mais répètent des slogans.

Ce sont souvent de braves gens qui se contentent seulement d'haïr tout qui ne leur ressemble pas.

Ils vénèrent le dieu Entropie sous toutes ses formes : uniformisme, simplisme, conformisme, égalitarisme, grégarisme, totalitarisme, parasitisme, populisme, protectionnisme, étatisme, fonctionnarisme, militantisme, …

 

*

 

La seule oppression réelle est celle du crétinisme !

 

*

 

On ne prêche jamais que des convaincus.

 

*

 

Quelqu'un qui ne lit rien, ne sait rien.

La connaissance passe par la lecture attentive.

L'audiovisuel ne fabrique que des idiots-visuels.

 

*

 

De Raphaël Enthoven :

 

"L’argument des concernés … Vous n’avez pas le droit de parler de négrophobie si vous n’êtes pas noir, vous n’avez pas le droit de parler d’arabophobie ou d’islamophobie si vous n’êtes pas arabe, d’homophobie si vous n’êtes pas homo, d’antisémitisme si vous n’êtes pas juif, bref, on pourrait pousser la logique et dire que vous n’avez pas le droit de parler de corridas si vous n’êtes pas un taureau."

 

*

 

Un intellectuel de gauche, ça n'existe pas : ou bien ce n'est pas un intellectuel, ou bien il fait semblant d'être de gauche.

Un intellectuel a pris le parti de l'intelligence et du dépassement, alors qu'un gauchisant a pris le parti du peuple c'est-à-dire de l'inintelligence et du ressentiment, érigés en système.

Il y a contradiction dans les termes.

 

*

 

Le vrai problème de l'humanité, aujourd'hui, est la promiscuité : trop d'animaux humains au mètre carré !

Trop de contacts. Trop de regards. Trop de comparaisons. Trop de jalousies. Trop de mauvaises humeurs.

C'est dans cette immonde promiscuité que germe le socialo-populisme.

Cette promiscuité s'exprime au travers des foules et des cohues … tant "naturelles" (les concentrations urbaines) que "culturelles" (les réseaux sociaux).

 

*

 

La promiscuité induit la grégarisation.

Et la grégarisation induit le retrait de la personne et la dictature de la tribu.

Il y a uniformisation collective. Il y a conformisation.

 

*

 

Une aristocratie exige tout de soi.

Le vulgaire exige tout des autres.

 

*

 

José Ortega y Gasset ("La révolte des masses") oppose, à juste titre, la démocratie libérale et la démocratie sociale.

La démocratie libérale privilégie un Etat minimal de protection des faibles, alors que la démocratie sociale impose une Etat maximal de réglementation de tout.

 

*

 

La médiocrité n'a aucun droit !

 

*

 

Le médiocre admire et envie le colossal, le gigantesque.

L'aristocrate les méprise.

 

*

 

Il est urgent de reconstituer une aristocratie spirituelle, morale et intellectuelle (et non guerrière) face à ces soi-disant "élites" politiques, médiatiques, académiques et économiques qui ne sont que des démagogues menant les médiocres par le bout du nez, à grands coups de hochets grandguignolesques.

 

*

 

Il est urgent de réapprendre, partout, le dépassement de soi.

 

*

 

La médiocrité commence toujours par le nombrilisme narcissique.

 

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Toute la modernité a progressivement consacré le triomphe de la quantité sur la qualité.

 

*

 

En tout, la quantité induit la médiocrité.

 

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Le propre du vulgaire est de réclamer la chose mais d'en refuser les conséquences.

Ainsi de la liberté qui implique la responsabilité. Ainsi de la sécurité qui implique le courage. Ainsi de la propriété qui implique le soin, Ainsi de la santé qui implique la discipline. Ainsi de la satiété qui implique la modération. Ainsi de l'amitié qui implique l'abnégation. Ainsi de la dignité qui implique le mérite. Ainsi de la volonté qui implique le respect. Ainsi de l'alacrité qui implique le dévouement. Ainsi de la générosité qui implique le don. Ainsi de la socialité qui implique la courtoisie. Etc …

 

*

 

De Bernard Werber :

 

"Pour comprendre un système, il faut savoir s'en extraire."

 

*

* *

 

Le 19/12/2020

 

D'Annie Laurent :

 

"Les hommes finissent par être possédés par ce qu’ils possèdent."

 

ou encore :

 

"Le communautarisme le plus visible, le plus criant,

n’est-il pas celui de l’Etat-nation ?"

 

et aussi :

 

"La démocratie [est] une oligarchie bénie des citoyens."

 

Et mieux :

 

"Les gouvernements ne sont pas au service du peuple mais à leur propre service."

 

 

 

*

 

Il faut impérativement opposer "communautarisme" et "réticularisme".

La communauté est sphéroïdale et fermée, et vire trop souvent au sectarisme.

Le réseau est fractal et ouvert, et  prolifère de façon élective et sélective.

 

*

 

Du professeur Aram Mardirossian :

 

"Le fondement du mariage pour tous – je suis contre mais j'admets qu'on soit pour –, c'est la discrimination. Un jour, quelqu'un dira : 'Ma jument, je l'adore, je ne peux pas l'épouser, c'est un scandale'."

 

Ce professeur a été censuré et démis par les autorités académiques pour ses propos politiquement incorrects (aux yeux de l'homo-gauchisme), mais philosophiquement parfait.

 

*

 

Il faut réinsister sur la réalité de la "loi des effets pervers".

Le prototype en a été la "prohibition" au Etats-Unis : en interdisant l'alcool, on a amplifié l'alcoolisme.

Toujours l'interdiction induit la transgression.

C'est en ce sens qu'il faut légaliser la vente de toutes les drogues aux adultes, mais dans les pharmacies seulement (ce faisant, par la même occasion, faisant d'une pierre deux coups, on coupe les vivres à pas mal de maffieux et de djihadistes).

 

*

 

De Léon Tolstoï :

 

"Le patriotisme, c’est l’esclavage."

 

Et d'Ernest Renan, dans la même bonne veine :

 

"Un ensemble de préjugés et d’idées bornées, voilà la patrie"

 

*

 

Un idée intéressante pour fonder le processus de continentalisation, entre autres : celle de "bassin d'interdépendance".

 

*

 

Il ne faut plus parler de "réseaux sociaux" (ce ne sont pas des réseaux, n'ayant ni projet, ni patrimoine communs), mais bien de "médias sociaux" (à l'inverse des presses écrites ou radio-télévisuelles qui sont des médias soit privés, soit étatiques).

 

*

 

Tant que l'humain restera la finalité de l'humain, l'humanité tournera en rond.

 

*

 

La révolution numérique a remplacé la notion de "flux canalisés unidirectionnels" (processus linéaire depuis un producteur vers un utilisateur) par celle de "plateforme d'échanges directs et réciproques" (chacun est, à la fois, potentiellement producteur et utilisateur).

La double grande question éthique posée par ces plateformes, est celle-ci : tout peut-il être échangé avec n'importe qui ?

 

*

 

L'humanité est un train qui ne sait pas où il va, dont 15% forment la locomotive qui tire, et dont 85% sont des wagons qui suivent ; et cette locomotive ne vient ni du "peuple", ni des "élites", mais elle se crée sous la forme d'un aristocratisme spiritualiste qui doit tenter de montrer où elle doit aller.

 

*

 

Il faut combattre l'utopisme sous toutes ses formes ; il faut apprendre à accepter et à assumer le Réel tel qu'il est et va, car la Vie est infiniment plus vaste que l'humain et l'humain est à son service ou n'est pas.

 

*

 

L'émotion est le degré "zéro" de la sensibilité qui doit tendre au "sublime".

 

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L'importance essentielle de faire des humains autonomes, conscients des interdépendances.

 

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La Paix et l'Amour, oui, mais la Paix au sens de ficher la paix aux autres, et l'Amour au sens de l'amour de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, de l'amour du Divin, donc, et non de l'humain.

 

*

 

Ne jamais confondre individualisme (quête de l'autonomie) et égocentrisme (nombrilisme narcissique).

 

*

 

Chaque personne doit prendre conscience de sa propre identité, de sa propre vocation, de son propre monde et de ses propres grilles ; alors seulement elle pourra s'accomplir en accomplissant la Vie et l'Esprit en elle.

 

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Ne pas confondre liberté et autonomie.

Ne pas confondre Liberté et caprice.

 

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De Pierre Desproges :

 

"Je pense donc tu suis."

 

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Rien n'est jamais l'égal de rien.

Contre les égalités, les différences.

Cultiver et affirmer les différences, c'est cultiver et affirmer la complexité, donc la richesse et les potentiels d'émergence de l'inédit.

 

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Une conviction, toujours provisoire, ne devient dogme que si elle devient définitive ; il faut donc cultiver les convictions pour ne pas s'enliser dans les dogmes.

 

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Chacun a une identité personnelle parce que chacun a, en lui, sa propre généalogie.

 

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Le Réel se construit par accumulation.

Sans généalogie, point de téléologie.

Il faut connaître d'où l'on vient pour décider où l'on va

 

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La généalogie doit être dépassée sans être rejetée.

 

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Tout ce qui est bipolaire (binaire) est sclérosant. La Vie, elle, est toujours tripolaire.

 

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En matière éducative, ne jamais oublier que sur cent enfants, il y a quatre-vingt-cinq futurs crétins, mais qu'on ne sait pas lesquels.

 

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Le plus tôt possible, l'humain doit être mis au service de ce qui le dépasse : la Vie et l'Esprit.

 

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Rêver n'est pas une "valeur", c'est une erreur !

 

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Le sécuritarisme est une maladie mentale proche de la paranoïa.

 

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A l'humanisme ambiant, j'oppose un antihumanisme nietzschéen : l'humain n'est pas une fin en soi, mais un pont vers le surhumain.

 

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La poésie, lorsqu'elle est sa propre fin, n'a que peu d'intérêt ; en revanche, lorsque le langage poétique est mis au service d'une mystique, alors il devient magnifiquement pertinent.

 

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La tolérance, c'est la guerre contre toutes les intolérances.

 

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Il n'y a pas de physique sans métaphysique : la physique scrute le "comment" à partir du "pour quoi" de la métaphysique.

 

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Chaque humain est une manifestation particulière de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, au sens cosmique, une manifestation du Divin qui s'accomplit donc en lui.

En ce sens, chaque humain, comme chaque vivant, aussi ténu soit-il, est "citoyen" de l'univers entier.

Mais cette "citoyenneté" universelle n'a que peu à voir avec la manière dont les humains s'organisent politiquement entre eux.

 

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Le combat contre l'idée-même d'Etat-Nation est une des plus grandes urgences.

 

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L'étatisme allié au démocratisme donne une ochlocratie terrifiante.

 

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Non pas tolérer l'autre, mais affirmer et respecter ses différences si ce respect est réciproque.

 

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L'indifférence aux différences mène au nihilisme : "tout se vaut" et "rien ne vaut".

 

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Le post-humanisme s'adresse en fait seulement à une aristocratie qui n'est déjà plus tout-à-fait humaine ; le reste de l'humanité est très attaché à sa "servitude volontaire" et au panem et circenses … et il n'a aucune intention de s'en libérer.

 

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Les deux pièges dans lesquels s'enlisent bien des pensées d'aujourd'hui :

  • l'anthropocentrisme et l'absence de toute conscience écologique ;
  • l'angélisme et l'absence de lucidité sur la foncière médiocrité humaine.

 

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Le militantisme ne sert à rien : on ne convainc que les déjà convaincus … toujours cons vaincus.

 

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Lorsqu'un paradigme proclame qu'il a atteint sa plénitude et que "les temps sont achevés", on peut être sûr qu'il est en plein déclin.

C'est ce qui s'est passé sous Trajan ou Hadrien,  sous Charlemagne et sous Philippe le Bel, ou à la fin du 19ème siècle.

Cela se passe, en général, entre 150 et 200 ans avant l'avènement du paradigme suivant (pour nous, ce sera vers 2050).

 

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Le 20/12/2020

 

L'homme a des yeux, mais il ne regarde pas. Il préfère paraître.

 

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La Franc-maçonnerie "moderne" est un pur produit de la modernité au siècle des "Lumières". Elle est née à Londres en 1723 (et non en 1717 date à laquelle il ne s'est rien passé), dans le giron de la Royal Society et voulue par son secrétaire Théophile Desaguliers (et son scribe attitré James Anderson). Cette Franc-maçonnerie-là (qui est encore celle des obédiences irrégulières) disparaîtra avec la Modernité qui lui a donné vie, puisqu'elle prétend en porter haut les idéaux (égalité, prospérité, laïcité, socialité, universalité, mixité, etc ...).

En revanche, la Franc-maçonnerie régulière, héritière des bâtisseurs de cathédrale (celle des Ancients qui a triomphé de la voie substituée andersonnienne dans le "Act of Union" de 1813 et qui est le fondement de "Aims and Relationship of the Craft"), est intemporelle puisqu'elle est ancrée dans la Sacralité par sa démarche initiatique traditionnelle, elle aussi intemporelle.

La Franc-maçonnerie "moderne" (dite aussi "libérale" ou "laïque" ou "humaniste") est une imposture qui, malheureusement, sévit encore au travers de 220 pseudo-obédiences en France. Son influence fut purement française (mais s'est étendue dans certains pays d'Europe au fil des conquêtes napoléoniennes, vu que Bonaparte lui a mis le grappin dessus afin de la mettre au service de sa politique, et dans certains pays d'Afrique au fil des colonisations).

En gros, organisée autour de cette fumisterie appelée "Grand Orient de France" (et du encore plus navrant "Droit humain"), elle n'a été qu'un instrument affairiste au service d'une politique socialo-gauchiste et laïcarde, au centre des funestes péripéties des troisième et quatrième républiques.

Heureusement, il existe, dans tous les pays, une Franc-maçonnerie régulière (qui regroupe 90% des effectifs dits maçonniques). En France, il s'agit de la GLNF (la seule obédience mondialement reconnue, malgré ses récents et infâmes avatars d'une totale indignité), de la GLAMF (sa dissidence) et, parfois, lorsqu'elle tourne enfin le dos au GOF, de la GLF.

 

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La judéité est indissociable de l'exil.

Le problème posé, depuis près de trois mille ans (depuis la déportation à Babylone, avant beaucoup d'autres), est celui-ci : comment survivre et vivre dans un monde qui n'est le sien et qui interdit le retour chez soi ?

Il faut subvenir aux besoins de sa famille, sans un monde hostile où l'on est vu comme "étranger" le plus souvent malvenu et d'où on peut être exclu ou chassé du jour au lendemain.

Et si, en plus, l'identité spirituelle est forte et profonde, liée à des livres auxquels on croit (et ce, de très multiples manières et sans jamais en imposer quoique ce soit à quiconque, et malgré que d'autres aient phagocytés ces textes en les détournant), le problème s'amplifie.

Ajoutons à cela un goût immodéré pour les idées, la connaissance et l'étude (dans un monde superstitieux d'ignares et d'incultes) et le cantonnement dans des métiers "permis" rares (proximité distante ou distance proche), ne permettant aucun patrimoine foncier, donc des métiers intellectuels (médecin, conseiller), artisanaux (tailleur, fourreur) ou financiers (prêteur, bijoutier).

Saupoudrons de la vieille accusation débile de déicide …

Et l'on comprend que ce sont les Goyim qui ont fabriqué le Juif. En haïssant le Juif, c'est eux-mêmes qu'ils haïssent.

 

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Les cultures ne sont pas égales entre elles. Il existe des cultures qui (s')enrichissent et des cultures qui (s')appauvrissent.

 

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La grande question politique ne sera plus de départager la gauche (égalitarisme) de la droite (bourgeoisisme) puisque les "petites gens" ne rêvent que de s'embourgeoiser ; mais bien l'opposition terrible entre populisme (la lutte pour le pouvoir) et aristocratisme (la lutte pour la mission).

 

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L'amalgame est l'ennemi mortel du discernement.

 

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L'ochlocratie désigne la domination par la foule (ochlos), la dictature de l'opinion et la tyrannie des crétins. Le populisme, sans le dire, manipule l'ochlocratie.

Quant à la démocratie, elle désigne, initialement, la domination du démos, c'est-à-dire de l'ensemble des citoyens libres, responsables et capables ; elle est tout à l'opposé de l'ochlocratie et du populisme.

 

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Le droit de voter doit se mériter.

Au contraire du populisme et de l'ochlocratie, la démocratie authentique implique une délégation temporaire du pouvoir politique à ceux qui en sont compétents, par ceux qui méritent de voter.

 

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Le suffrage universel n'existe pas ; il y a toujours des exclus du droit de vote (trop jeunes, trop vieux, trop fous, trop crapules, …). Il suffit de devenir plus précis et plus exigeants quant aux critères de droit de vote et de passer d'une démocratie universelle (celle du ressentiment) à une démocratie sélective (celle du projet collectif dans une optique évergétiste).

 

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Le problème politique essentiel n'est pas "le pouvoir comment ?" (démocratie, autocratie, ploutocratie, ochlocratie …) mais bien "le pouvoir pour quoi ?". Quel est le projet ? Le "comment" doit suivre le "pour quoi" et en fixer l'éthique.

La démocratie, la liberté, l'égalité, la justice … ne sont pas des projets ; ce ne sont que des moyens, des outils. Voilà l'immense erreur des obscures "Lumières". La liberté pour quoi faire ? L'égalité pour quoi faire ? La démocratie pour quoi faire ? Etc …

 

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La liberté pour la liberté n'est que la prison de caprices.

 

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Le libéralisme s'oppose au populisme parce que la personne s'oppose au peuple.

 

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Peut-il exister un projet politique qui soit commun, collectif ? Aujourd'hui, le seul projet qui soit, se réduit au nombrilisme égotique de chacun.

 

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Le clivage réel d'aujourd'hui oppose l'aristocratisme post-humaniste (l'humain au service de ce qui le dépasse) au démocratisme archéo-humaniste (l'humain au service de son nombril collectif)

 

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Le populisme est toujours une imposture puisque le "peuple" n'existe pas. Le "peuple" désigne une idée abstraite et n'a aucun autre fondement que de permettre aux tyranneaux de se réclamer de lui et de parler et agir en son nom.

 

*

 

Face à la majorité imbécile, il faut affirmer une minorité distante.

 

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L'égalité entre les humains est une absurdité et une contre-vérité. La réalité est tout autre. Il y a :

  • 15% d'éveillés,
  • 60% de nigauds,
  • 25% de prédateurs (dont les démagogues).

Ces trois catégories et leurs poids relatifs sont des réalités universelles, à toutes les échelles (sauf dans les communautés de moins de 50 personnes où la loi des grands nombres peut ne plus jouer).

De plus, il existe des gens qui font partie des 15% d'éveillés mais qui n'ont pas compris que les 85% restants ne le sont pas et ne le seront jamais. C'est parmi ces "éveillés naïfs" que l'on trouve les utopistes et les idéologues qui voudraient que les 15% d'éveillés, prennent soin des 60% de nigauds, contre les 25% de prédateurs (dont les démagogues).

 

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Le 21/12/2020

 

La démocratie n'est, en fait, que la voie du recours au vote majoritaire.

On le sait, maintenant, le suffrage universel conduit à l'ochlocratie qui induit le populisme et le démagogisme.

Si l'on veut détruire le populisme et le démagogisme, et réduire l'ochlocratie, il faut dénoncer le suffrage universel et implanter un suffrage sélectif.

Ne peut voter que celui qui le mérite (cfr. Kant).

Les critères de ce "mérite" sont en fait la seule question politique. Tout le reste n'est que mécanique optimisation de l'efficience des décisions et de leurs mises en œuvre.

Qui mérite de voter ? Voilà la question aux milles réponses …

"Tout le monde" répondent les ochlocrates …

"Les plus riches", répondent les ploutocrates …

"Les plus instruits", répondent les technocrates …

"Les plus puissants", répondent les oligarques.

"Moi seul", répond l'autocrate.

Etc …

"Les meilleurs", répondent à juste titre les aristocrates (en fidélité à leur étymologie).

Oui, mais "meilleurs" par rapport à quoi ? selon quels critères ? Retour, donc, à la question de départ … qui est la seule question politique.

  

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Le populisme est, avant tout, la haine contre les "élites" réelles, parfois, ou inventées, le plus souvent.

Il est l'expression flagrante du "ressentiment" (au sens de Nietzsche) des médiocres (riches ou pauvres, instruits ou incultes).

 

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Il n'existe pas de "vérités" politiques ; il n'existe que des pratiques politiques.

La politique, c'est de la logistique, c'est de l'intendance ; sa seule mission est de garantir la paix (intérieure et extérieure) et la sécurité (physique et morale).

Tout le reste est idéologie, autrement dit abstractions, idéalisations et simplismes, donc imposture !

Tout ce que veulent les "citoyens", c'est vivre leur vie à leur mode, en paix et en sécurité, c'est-à-dire sans aucune peur d'origine extérieure à eux-mêmes.

 

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Tout populisme se construit sur un principe d'ostracisme puisqu'il désigne, toujours, ceux qui appartiennent au "peuple" et ceux qui ne lui appartiennent pas (les "élites", les "étrangers", les "opportunistes", les "égoïstes", etc …).

Tout populisme induit aussi un radicalisme puisqu'il peut radicaliser ses critères de l'exclusion "hors du peuple".

La conjonction de plusieurs populismes concurrents sur le même territoire induit l'expression d'un ostracisme radicalisé du "plus petit commun dénominateur" (l'ennemi du "peuple" est ainsi enfin désigné pour de bon).

 

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L'idée d'autonomie personnelle me parait aussi évidemment positive et nécessaire, que l'idée d'autonomie collective me paraît pernicieuse en étant un strapontin pour les communautarismes les plus sectaires.

 

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Le populisme est le fonds de commerce de démagogues qui soulèvent la masse des médiocres avec le levier du ressentiment.

 

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Derrière le populisme il y a une question : "Qui est "Nous" (le "vrai" peuple) ?" et une certitude : "Nous doit écraser Eux (les vrais ennemis du "peuple")".

 

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L'Etat existe réellement.

Les idées de "peuple" ou de "nation" ne sont que des inventions artificielles qui servent à légitimer ceux qui manœuvrent l'Etat.

Il n'existe aucun "peuple". Il n'existe aucune "nation".

Il n'existe que des gens "jetés au monde" par une même généalogie globale, floue et disparate, protéiforme et multiforme, qui appartiennent à une même famille culturelle (même outil communicationnel de base), une famille même religieuse (mêmes valeurs morales de base) et une même famille historique (même économie sociétale de base).

Mais cette généalogie commune prend des formes très différentes selon l'échelle de grandeur du regard (village, région, pays, continent).

Le niveau du "pays" me semble le plus faible (parce que le plus récent et le plus artificiel).

 

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Aujourd'hui, le monde humain est divisé en trois grandes familles.

La famille populiste (populisme fort : Latinoland, Russoland ; populisme mou : Angloland, Indoland, Afroland et quelques vestiges de l'Europe catholique), la famille autoritariste (Sinoland, Islamiland) et la famille écolo-libérale (Euroland).

 

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Il y a des liens forts de parenté et de similitude entre populisme et catholicisme.

 

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Recep Tayyip Erdogan a tout résumé : "Nous sommes le peuple. Qui êtes-vous ?". Un populiste est le "peuple", même tout seul ; il l'incarne dans sa pureté et dans son authenticité et il n'en accepte aucune contestation.

 

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L'idée de pureté est ambigüe.

Elle est pernicieuse et dangereuse lorsqu'on l'applique à l'Être extérieur (ce que je suis : pure race, pure nationalité, pure souche, pure généalogie, …).

Elle est cruciale et essentielle lorsqu'on l'applique au Devenir intérieur (ce que je fais : démarche pure, cheminement pur, vocation pure, éthique pure, sacralisation pure, …).

 

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Le 22/12/2020

 

De Pierre Teilhard de Chardin :

 

"Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle

mais des êtres spirituels vivant une expérience humaine."

 

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La guématrie permet de très jolis jeux de l'esprit qui fascinent souvent les non initiés, mais qui posent la question-clé de la kabbale : la guématrie (ou le notarikon, ou le atbash, ou l'arbre séphirotique, etc ... ) pour quoi faire ?

Que cherche le Kabbaliste au-delà du texte ?

De même : que cherche le Franc-maçon dans l'herméneutique de ses rituels ? En Franc-maçonnerie aussi, les jeux de l'esprit de subtilité ("esprit de finesse", dirait Blaise Pascal) sont infinis avec les symboles mis en œuvre dans les rituels ; mais pour quoi faire ?

On pourrait encore parler des "expériences" de l'Alchimiste : que cherche-t-il ?

Dans les trois cas cités (ainsi que dans toutes les autres démarches initiatiques ou mystiques), le cherchant est en quête de Gnose c'est-à-dire de la Connaissance absolue : la Connaissance inhumaine, surhumaine, transhumaine que Dieu seul a de la réalité du Réel.

Tout ceci pointe vers le célèbre aphorisme d'Albert Einstein : "Je veux connaître les pensées de Dieu ; tout le reste n'est que détail".

 

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Contrairement à ce que d'aucuns allèguent, le cartésianisme n'est pas mort du tout ; il reste une belle méthode de résolution de problèmes mais dont le champ d'application n'est pas infini, mais seulement très limité aux seuls systèmes mécaniques (analytiques) et réversibles (démontables et remontables, réductibles).

En revanche, la méthode cartésienne est foncièrement inadaptée aux systèmes complexes qui forment la majorité de la réalité de notre Réel et où le tout n'est presque jamais l'exacte somme de ses parties (ces systèmes ne sont pas conservatifs dans toutes leurs dimensions d'état).

 

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Si l'on part de cette tripartition statistique de l'humanité avec ses 15% d'éveillés, ses 60% de nigauds et ses 25% de prédateurs, on constate qu'il y a 75% de braves gens, qu'il y a 85% d'aveugles qui ne vont nulle part, et qu'il y a 40% de combattants (les fils de la Lumière sont moins nombreux que les fils de la Ténèbre).

Quant aux 15% d'éveillés, où sont-ils ? Que font-ils ? Ce sont eux les néo-aristocrates qui n'appartiennent à aucune des classes sociales ou des catégories socio-professionnelles généralement reconnues ; ils sont disséminés et ne se préoccupent pas d'un "pouvoir" quelconque. Ils ne sont pas classifiés "élites" par les populistes.

 

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La grande différence entre l'aristocratisme et l'élitisme, réside en ceci que l'élitisme tend à se placer "en tête" des masses pour les guider (vers le mieux ou le pire, c'est selon), alors que l'aristocratisme se place "au-dessus" d'elles pour ne plus les subir.

L'élitisme est politique, philanthrope et anthropocentré, et regarde l'Avenir ; l'aristocratisme est apolitique, misanthrope et théo-cosmocentré, et regarde le Sacré.

L'élitisme pervers vise le pouvoir pour soi et anime une part des "prédateurs" (démagogues, manipulateurs, exploiteurs, etc …) ; l'élitisme positif est, quant à lui, évergétiste. Cet élitisme positif et l'aristocratisme peuvent facilement converger.

 

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Le démagogue populiste (quel pléonasme !) est tellement persuadé d'incarner personnellement et totalement, la vraie volonté, le vrai intérêt et la vraie pureté du "peuple" que ledit "peuple" ne doit absolument plus participer à quoique ce soit concernant la politique.

Telle est la cause profonde de la dérive assez systématique du populisme vers l'autocratisme (Berlusconi, Orban, Poutine, Chavez, Maduro, Erdogan, etc …).

L'équation est simple et simpliste : "Le peuple, c'est moi et ceux qui s'oppose à moi, s'oppose au peuple et doivent donc être éliminés".

Et comme le "peuple" n'existe pas et ne peut donc pas donner d'avis, l'équation est toujours vérifiée.

 

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Il existe sept types humains :

  • Les aristocrates : des éveillés qui se sont retirés de la mondanité.
  • Les missionnaires : des éveillés qui veulent convertir les prédateurs.
  • Les idéologues : des éveillés qui veulent le bonheur des nigauds.
  • Les utopistes : des éveillés qui croient à la concorde universelle.
  • Les démagogues : des prédateurs qui manipulent les nigauds.
  • Les profiteurs : des nigauds qui profitent.
  • Les arnaqueurs : des prédateurs qui arnaquent.

 

*

 

Une définition de "crapule" (TLF) : "Personne sans principes, capable de commettre n'importe quelle bassesse, n'importe quelle malhonnêteté".

Une définition de "crétin" (TLF) : "Personne (…) stupide" c'est-à-dire "qui est habituellement dénuée d'intelligence, qui présente une grande lourdeur d'esprit, une grande inertie".

 

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L'égalité n'existe pas et n'existera jamais.

Mais la concorde pourrait exister … s'il n'existait pas de prédateurs.

 

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Une définition de "concorde" (TLF) : "Rapport moral, situation qui existe entre des personnes ayant même disposition de cœur, d'esprit, et vivant en harmonie, éventuellement en collaborant à une œuvre commune".

 

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La notion de souveraineté, elle aussi, doit impérativement être questionnée car cette notion ne signifie strictement rien et relève de la plus pure illusion.

Rien ni personne n'est jamais souverain sur quoique ce soit puisque, pour cela, il faudrait empêcher toutes les influences, forces et mouvements tant intérieurs qu'extérieurs.

La seule souveraineté qui pourrait être revendiquée, est celle de l'Etat (puisque la "nation" ou le "peuple", cela n'existe pas). Or, l'Etat, aussi totalitaire soit-il, n'a qu'un tout petit pouvoir de contrôle face aux puissances réelles et à leurs actions.

 

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Le totalitarisme n'est possible que là où règne la "servitude volontaire".

 

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N'est esclave que qui consent à l'être.

 

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Tout le jeu politique n'est que l'expression des alliances et des antagonismes entre trois acteurs : l'Etat, les Médias et les Factions (des groupes militants). La majorité des citoyens n'y joue, en fait,  aucun rôle … même au travers de ses votes qui sont bigrement manipulés par les trois pôles actifs.

Et ces trois pôles sont constitués, chacun, d'un noyau de prédateurs, entouré d'une cour de nigauds et parfois illuminé de quelques éveillés utopistes.

 

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Le libéralisme a deux ennemis : le populisme et l'idéologisme.

Le populisme confisque tout au nom d'un improbable "peuple".

L'idéologisme confisque tout au nom d'un improbable "idéal".

Tout "peuple" est un fantôme irréel.

Tout "idéal" est un fantasme irréel.

Le libéralisme ne reconnaît que les personnes et les réalités.

 

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Le pouvoir s'achète. Cela s'appelle le clientélisme. Et qui paie ? Les contribuables qui élisent ceux qui les achètent. La boucle serait bouclée si ceux qui élisent et ceux qui paient étaient les mêmes.

Les socialistes et les populistes sont coutumiers du fait : tondre les locomotives pour clientéliser les wagons.

 

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L'illibéralisme s'enracine dans le catholicisme.

Depuis longtemps, la dogmatique catholique combat le libéralisme au prétexte de lutter contre l'individualisme (confondu avec l'autonomisme), contre le matérialisme (confondu avec l'immanentisme) et contre l'athéisme (confondu avec le monisme ou l'antithéisme).

Trois procès radicalement erronés.

 

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La séparation de l'Eglise et de l'Etat était une bonne idée, en théorie (elle n'empêche nullement, cependant, la foi religieuse de forger les convictions politiques).

En revanche, l'éviction de toute spiritualité hors du politique est un désastre.

La politique est un "comment" qui doit être au service d'un "pour quoi". La politique qui ne serait pas au service de quelque chose qui la dépasse, ne peut qu'être une machinerie qui tourne en rond et à vide : le règne du cynisme !

 

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Le 23/12/2020

 

De Michèle Cotta :

 

"la France est un pays de contrastes et (…) son rapport à l'État est compliqué, cet État dont on attend tout et auquel on ne pardonne rien."

 

L'analyse transactionnelle s'applique parfaitement aux relations entre population et Etat : parent nourricier ou autoritaire face aux enfants soumis, rebelles ou créatifs. Tout sauf une relation factuelle entre adultes.

 

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Le modèle dit que l'humanité est composée de 60% de nigauds, de 15% d'éveillés et de 25% de prédateurs.

Ceux que j'appelle les "nigauds" forment la masse des gens dont le niveau d'intelligence, de culture et de talent est faible, juste bons à être des exécutants au service de leur propre petite vie médiocre ; ils vivent dans la logique du panem et circenses.

Ceux que j'appelle les "éveillés" forment la minorité des gens qui se mettent au service d'une œuvre qui les dépasse ; ce sont des constructeurs et des entrepreneurs dans les domaines économiques, sociétaux et/ou noétiques.

Ceux que j'appelle les "prédateurs" sont les gens qui ne vivent qu'en tirant des autres (essentiellement des nigauds), légalement ou illégalement, des avantages personnels parfois substantiels, en matière de gloire (les "vedettes"), de fortune (les "malfrats") et/ou de pouvoir (les "meneurs"). Ce sont des parasites, entièrement dépendants de ceux qu'ils subjuguent au moyen de la peur (violence, colère, menace, …), de la culpabilisation (morale, injustice, imprécation), du charme (mystère, mystification, envoûtement) ou de la pitié (victimisme, pleurnicherie, souffrance).

 

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Le "peuple" des populistes n'est pas toute la population, loin s'en faut. Leur "peuple" est ce qu'ils incarnent ou croient incarner. Le reste de la population (et c'est souvent beaucoup) n'est considéré par eux qu'en tant que des "idiots débiles" à guérir, ou que des "ennemis du peuple" à éliminer.

En tant que doctrine monolithique, le populisme est incapable de concevoir et d'accepter un quelconque pluralisme.

 

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La question centrale est qu'est-ce qu'un "citoyen" ? Et qui l'est ?

Partons, dès lors, d'une posture classique …

Qu'est-ce qu'un citoyen ? Quelqu'un qui possède le droit de voter dans un Etat.

Qui est citoyen ? Celui qui est reconnu administrativement comme tel par cet Etat.

La citoyenneté n'a donc rien de généalogique, mais tout d'administratif.

Tout citoyen appartient (au double sens d'appartenance et de possession) à l'Etat qui l'a administrativement désigné comme tel.

La notion de "citoyenneté" est donc très proche de la notion de "nationalité" qui, elle aussi, est une notion purement administrative aux mains de l'Etat qui en stipule les règles.

La question alors devient celle du rapport entre un Etat et sa propre généalogie avec ses dimensions géographiques et culturelles. Un Etat particulier n'est-il qu'une structure administrative particulière ou est-il (aussi ?) un processus historique intégrant sa propre généalogie ?

Autrement dit, un Etat porte-t-il une identité spécifique ou n'est-il qu'un outil administratif neutre ?

C'est bien sûr autour de cette question que s'écharperont l'universalisme (un Etat est un outil neutre sans histoire, ni mémoire) et le nationalisme (un Etat est le fruit d'un processus généalogique, au service d'une identité spécifique). Pour sortir de ce dilemme, la question devient : qu'est-ce qui légitimise l'Etat pour remettre entre ses mains les questions de citoyenneté et de nationalité ?

Autrement dit : quelle est la légitimité d'un Etat et sur quoi se fonde-t-elle ?

Au service de quoi un Etat est-il ?

Quatre réponses sont possibles :

  • au service d'une identité généalogique (fondement du populisme)
  • au service d'un projet téléologique (fondement de l'eschatologisme)
  • au service d'une régulation écosystémique (fondement de l'écologisme)
  • au service d'un modèle axiologique (fondement de l'idéologisme)

La pluralisme va tenter de concilier, le plus optimalement possible, ces quatre raisons d'être. Face à lui se dresseront quatre dogmatismes.

 

*

 

Il me semble urgent d'entrer dans un monde post-politique et post-idéologique, et de considérer que l'institution publique (car c'est d'elle et d'elle seule dont il s'agit) n'a pour mission que de faciliter la résolution, par les gens eux-mêmes, des problèmes qui se posent à eux.

L'institution publique (l'ex-politique) n'a mission ni de poser les problèmes, ni de les résoudre.

 

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Chacun vit une vie à la fois intérieure et extérieure. La vie intérieure ne regarde en rien l'institution publique. En revanche, l'institution publique a pour mission de faciliter la vie extérieure de chacun en lui assurant toutes les conditions nécessaires à son bon et libre déroulement en paix, sans nuire à rien ni à personne.

 

*

 

La seule mission de l'institution publique est d'assurer une éthique positive et constructive dans toutes les relations entre chacun et tout le reste. Mais elle n'a pas à se mêler ni de la nature, ni des modalités de ces relations.

Il s'agit de moraliser et non de régenter.

 

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De Joseph Macé-Scaron :

 

"L'émotion, l'immédiateté et l'apparence mène le bal. Cette curieuse et furieuse trinité a accouché d'une religion monstrueuse avec son Eglise, son clergé, ses servants, ses dévots et ses inquisiteurs."

 

L'émotion : le degré "zéro" de la sensibilité …

L'immédiateté : le degré "zéro" de la profondeur …

L'apparence : le degré "zéro" de la réalité …

Nous vivons désormais dans un monde de niveau "zéro" en tout ce qui est essentiel. Les médias sociaux en sont, pour beaucoup, responsables … "dans un monde où l'information, à peine apparue, se trouve balayée par une désinformation".

 

Et du même :

 

"Seul le libéral peut saisir le monde dans sa pluralité. Les dogmatiques passent leur temps à le vider de sa complexité pour y mettre à la place de la moraline, de l'indignation, de la fureur, de l'envie."

 

Eloge de la pensée complexe contre la non-pensée unidimensionnelle de toutes les idéologies, forcément dogmatiques.

Le monde est un dans son essence, sa nature et sa finalité, mais incroyablement multiple dans ses dimensions, ses manifestations et ses modalités.

 

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Parmi bien d'autres, nous vivons la fin d'un mythe : celui du "collectif".

De "collectivité" à "collectivisme", ce mythe est mort.

On parle "d'intelligence collective", mais on en parle seulement … personne ne l'a encore vraiment vue.

Et les "projets collectifs" ne concernent que de petits noyaux fermés qui communient dans une œuvre commune.

 

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De Georges Clémenceau :

 

""Ne craignez jamais de vous faire des ennemis ;

si vous n'en avez pas, c'est que vous n'avez rien fait."

 

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Achever : continuer d'œuvrer pour mener à bonne fin.

Finir : mettre la dernière main.

Terminer : mettre un terme avant la fin.

 

Oh, que de pièges dans le mésusage des mots … L'anglais est plus précis : to achieve, to finish et to terminate.

 

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Il y a toujours trop d'Etat.

Il y a toujours trop d'institutions de pouvoir.

Un code éthique clair, cohérent, positif et constructif, et les moyens efficaces de le faire respecter suffisent.

La vie sociétale est un jeu ; il faut des règles claires et des arbitres intègres. Et, surtout, il ne faut pas que les arbitres soient joueurs.

 

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* *

 

Le 24/12/2020

 

Contre l'écologisme … mais pour l'écologie …

Remettre les pendules à l'heure (et faire taire Greta Thunberg) :

  • la croissance de la démographie humaine est catastrophique ; c'est ça le vrai grand problème (trop d'humains sur une Terre trop petite qui ne peut porter durablement que 2 milliards d'humains) ;
  • les grandes promiscuités humaines dans les mégalopoles induisent une hausse de la délinquance, de la violence et des maladies mentales, une baisse de l'immunité collective et une concentration accélérée des effets pollutoires ;
  • la pénurisation des ressources est réelle : eau douce, terres arables, pétrole, métaux non ferreux, terres rares, etc …
  • le nucléaire est la moins polluante et la moins dangereuse des filières ; il est la seule source d'énergie utilisable à long terme ;
  • la pollution atmosphérique du fait des combustibles fossiles carbonés (charbon, pétrole, gaz) est un vrai problème, cause d'allergies graves et de cancers ;
  • la déforestation amazonienne est spectaculaire, mais inoffensive ; en revanche, le reboisement de l'Europe en feuillus est indispensable ;
  • le chauffage domestique au bois est une aberration ;
  • les filières dites "énergie renouvelable" (éolien, photovoltaïque, …) sont des absurdités thermodynamiques ET écologiques ;
  • le dérèglement climatique est réel (l'atmosphère est devenu un système chaotique) mais n'est pas le problème écologique essentiel, sauf en matière de désertification ;
  • l'effondrement de la biodiversité est manifeste ;
  • la pollution par le plastique est désastreuse, surtout dans les océans ;
  • la consommation de viandes n'a aucun effet écologique (les modes végétarienne -surtout végétaliste – et végane sont proprement ridicules : l'humain est et doit être, par nature, omnivore) ;
  • les délires de l'industrie agroalimentaire (engrais, pesticides, "malbouffe", excès de sucres et de sels, additifs chimiques alimentaires, …) sont la grande cause de la baisse de l'espérance de vie et de la montée des cancers, des obésités et des diabètes ;
  • la corrélation entre la destruction de écosystèmes naturels et la montée des pandémies est indéniable.

 

En matière écologique, trois écueils sont à éviter : le catastrophisme, le sensationnalisme et le sentimentalisme. Ces trois pièges sont, en fait, contre-productifs puisqu'ils mettent l'accent sur ce qui est spectaculaire mais de peu d'intérêt, mais taisent les vrais problèmes qui, le plus souvent, ne se "voient" pas.

De toutes les manières, la seule grande règle fondamentale que tout le monde devrait appliquer, est le principe de frugalité : en tout, moins mais mieux.

Le problème n'est pas de "produire autrement", mais de "consommer moins".

 

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L'étymologie grecque d'Europe (Eurus-Ops) est belle et profonde : celle qui a de "vastes yeux" ou un "vaste regard".

 

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De Pierre-Joseph Proudhon (in : "Théorie de la propriété") :

 

"La propriété est la plus grande force qui puisse (…) servir de contre-poids à la puissance publique, (…) [et] par ce moyen assurer la liberté individuelle."

 

Malgré ce que l'on en a dit, Proudhon ne fut pas homme de gauche (Marx et lui étaient en guerre). Pour lui, il existe deux types de propriété : l'appropriation spéculative qui est du vol, et l'appropriation opérative qui permet l'autonomie.

L'ennemi de Proudhon, c'est le financiarisme ("l'esprit de rente") … et il avait pleinement raison.

C'est le capitalisme financiariste qu'il faut combattre, au profit d'un capitalisme entrepreneurial.

Proudhon était un libéral aussi anti-bourgeois qu'antisocialiste, ni de gauche ni de droite : un artisan, ardent défenseur de l'artisanat libre (on dirait, aujourd'hui, un défenseur des TPE, PME et PMI contre, à la fois, le syndicalisme et le financiarisme, le socialisme et le conservatisme, l'étatisme et l'industrialisme).

Il n'avait qu'un seul très navrant défaut : son antisémitisme idiot et méchant qui assimilait, ô combien à tort, judéité et finance (le syndrome Rothschild), alors qu'à son époque, dans l'Est de la France où il vivait et surtout en Alsace, la plupart des Juifs étaient des petits commerçants et artisans comme lui.

 

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Toute l'histoire de France est traversée par un fil populiste qui va de la Sainte Ligue du 16ème siècle aux Gilets-jaunes en passant par Robespierre, par Bonaparte, par Ferry (Jules, pas le comique), par la Ligue de l'entre-deux-guerres, par Blum, par Pétain, par Poujade, par le RPF de De Gaulle, par Mitterrand, par le Front National devenu Rassemblement National, par Chirac, …

Le fait de le peindre en "gauche" ou en "droite", en "paternaliste" ou en "socialiste", ne change rien au populisme, cette maladie mentale et obscène de se prendre pour l'incarnation du "peuple", de ce "peuple" qualifié de "petit" ou de "grand", … qui n'existe nulle part … mais qui rassemble bien des "nigauds profiteurs".

 

*

 

Notre époque voit, bien malheureusement, le triomphe de l'émotivité sur la rationalité. C'est le signe indubitable d'une dégénérescence, d'un déclin, d'une décadence, d'une victoire des populaciers.

 

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La Force, c'est celle de ne jamais céder à la violence.

 

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De Raymond Aron :

 

"La terreur est l'essence du régime totalitaire."

 

Et la terreur, c'est la violence sans la force. La violence et la terreur sont les armes des régimes ou des factions faibles, incapables de soutenir une quelconque contradiction, incapable d'affronter un refus, incapable d'accepter un autre que lui-même.

L'islamisme et les rétro-activismes (deux germoirs de totalitarisme) en sont les nauséabondes illustrations actuelles.

 

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Chacun peut être la manifestation de quelque chose, mais personne ne peut revendiquer être l'incarnation de quoique ce soit.

La notion même d'incarnation est fallacieuse et absurde.

 

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La gentillesse sans l'exigence est une faiblesse.

 

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Les foules ne représentent rien d'autre qu'elles-mêmes.

On peut les écouter, mais jamais les entendre.

Une foule, c'est de la racaille rassemblée par des truands.

 

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L'égalitarisme est une dictature totalitaire.

Son carburant est le ressentiment, c'est-à-dire l'envie et la jalousie.

 

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De Pierre Bentata :

 

"La crise est ce moment cruel où l’illusion s’évanouit pour laisser apparaître la réalité dans ce qu’elle a de plus cru. En quoi elle impose un jugement, non sur les événements en tant que tel mais sur l’idée qu’on s’en faisait. Tant que ronronne le train-train quotidien, on peut aisément fantasmer sur ce qu’on ferait en période extraordinaire. Mais quand survient la crise, les masques tombent. Nul ne peut plus éviter de se regarder en face, découvrant bien souvent un visage moins glorieux qu’il ne se l’imaginait. (…) Nous qui aimons diviniser nos gouvernants pour mieux leur reprocher de n’être que des hommes ; qui n’apprécions rien tant que la soumission pour le plaisir de nous en plaindre. Un peuple d’enfants qui refuse d’être infantilisé mais se perd en réclamations, revendications et récriminations de toute sorte. Et cela, au nom d’une sacro-sainte liberté qu’il piétine à mesure qu’il l’invoque. La crise aura donné raison à notre Président, nous ne sommes pas des individus libres. Non pas que cette liberté nous aurait été volée, mais que nous ne l’avons jamais faite nôtre, par refus d’accepter les responsabilités qui vont avec."

 

Globalement, les Français, plus que beaucoup d'autres, donnent quotidiennement raison à Etienne de la Boétie et à son magnifique pamphlet "sur la servitude volontaire".

 

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La terreur robespierrienne, l'impérialisme bonapartiste et la mégalomanie gaulliste furent et sont toujours les causes profondes, généralement, de la défiance de l'Europe à l'égard de la France et, particulièrement, du Brexit.

La période allant de 1785 à 1815 (les "trente infectes") fut la pire au niveau européen. Il serait temps que les manuels d'histoire, en France, tiennent Louis de Bourbon dit XIV, Maximilien de Robespierre, Napoléon Bonaparte et Charles De Gaulle pour ce qu'ils étaient : des malades mentaux mégalomanes qui ont assassiné la France et l'Europe.

 

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Cessez de rêver. Chassez tous les rêves, toutes les utopies, tous les idéaux.

Surtout, ne rêvez plus !

Acceptez et assumez le Réel et lui seul, tel qu'il est et tel qu'il va, et trouvez-y votre chemin.

Le Réel est infiniment plus riche, plus créatif, plus surprenant que tous vos petits fantasmes simplistes et idéalisants.

Tous les totalitarismes commencent par des "rêves" utopistes et idéalisants d'un simplisme écœurant.

 

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Le 25/12/2020

 

N'ouvre pas la porte d'une maison dans laquelle tu ne veux pas qu'on entre.

 

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Hiney

lo yanoum

vé-lo yyshan

shomer lè-Israël

 

Voici,

Il ne sommeillera pas

Et il le dormira pas

Gardien pour Israël.

 

Havah naguilah vé-nishmé'hah

Havah néranénah vé-nishmé'hah

Ourou a'hym bélèv shaméa'h

 

Que viennent l'allégresse et la joie

Que viennent la musique et la joie

Frères, une joie dans le cœur s'est éveillée.

 

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Selon moi, la qualité d'une personne ou d'une communauté repose sur quatre vertus fondamentales : son autonomie, sa maturité, sa responsabilité et son libéralisme :

  • Autonomie : n'être esclave de rien ni de personne, mais assumer et favoriser l'interdépendance de tout ce qui existe.
  • Maturité : renoncer à tous les caprices et à toutes les utopies, et accepter et assumer tout le Réel tel qu'il est et va.
  • Responsabilité : se donner une éthique, des règles de vie et s'y tenir, assumer ses actes et paroles, et leurs conséquences.
  • Libéralisme : combattre tous les autoritarismes et tous les égalitarismes dans le respect de toutes les différences positives.

 

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Même si le terme a été perverti, à gauche (où il désigne l'égocentrisme bourgeois) comme à droite (où il désigne l'indiscipline libertaire), il faut faire l'éloge de l'individualisme c'est-à-dire de cette doctrine qui veut faire de l'autonomie personnelle le socle de toute vie sociétale qui n'est, en fait, que le vaste réseaux des interdépendances constructives entre personnes autonomes.

 

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L'individu c'est ce qui ne peut être divisé, c'est l'atome sociétal.

 

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Combien de fois faudra-t-il encore répéter que la judéité n'est pas une race, mais une culture !

Il n'y a pas de race juive même si l'ancien noyau originel était peut-être partiellement sémite ; les diasporas, les conversions, les mariages mixtes ont, depuis longtemps, dilué ce vieux fond génique au profit d'un fond toraïque.

 

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Il faut remplacer les mots "peuple", "nation", etc … qui sont vides, par ceux de "population" (dans un sens plutôt administratif) et, surtout, de "public".

Le "public" est une globalisation de tous les "privés", d'une part, et, d'autre part, il est ce qui assiste et/ou participe au spectacle sociétal en fonction de ces goûts ou de ses intérêts.

Bref, le "public" est l'ensemble des gens sans présupposer aucune relation, accointance ou similarité entre eux.

Le "public", c'est tous les gens. La sphère publique, dès lors, est le domaine qui est censé concerner le "public" c'est-à-dire tous les gens. Cette sphère publique doit avoir un rayon suffisamment grand pour contenir tous les gens, sans exclure quiconque, et une épaisseur suffisamment fine pour laisser, en son sein, le plus de place possible aux sphères privées qui seules importent.

 

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La seule et unique mission du politique, est de mettre de l'huile, là où il faut, pour que rien ne grippe ou ne casse dans la mécanique sociétale.

La politique n'est que lubrifiant.

IL ne faut surtout lui confier aucune autre mission ; elle en abuserait illico.

 

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Alexis de Tocqueville affirme que le public est le triomphe de la velléité c'est-à-dire de l'ombre fugace d'une vague volonté volatile, qui prend comme une forme selon la chandelle du démagogue qui l'allume.

 

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Les démagogues constituent l'élite des médiocres.

Cet oxymore est leur fonds de commerce.

 

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Le juridisme, importé des USA, est une maladie grave des corps sociétaux dans la mesure où les juges forment un contre-pouvoir discret mais puissant qui se place au-dessus des pouvoirs légitimes, tant économiques que politiques.

Les juges font et défont les présidents … non au nom de la justice ou de la morale, mais au nom de leur idéologie corporatiste.

 

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La servitude volontaire ne gène en rien les 60% de nigauds qui constituent l'humanité. Les 25% de prédateurs qui en vivent en sont ravis.

Quoi d'étonnant à ce que l'illibéralisme et le socialo-populisme en fassent leurs choux gras ?

Quoi d'étonnant à ce que l'islamisme et les rétro-activismes y trouvent un terreau victimaire facile ?

Quoi d'étonnant à ce que les 15% "éveillés" désertent la sphère politique et sociale, et se créent des plateformes de forage au-dessus de l'océan des médiocrités serviles ou prédatrices ?

 

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Le prédateur, c'est quelqu'un qui a besoin des nigauds pour leur extorquer de quoi (bien) vivre : de l'argent, du vote, de l'admiration, du travail, du temps, de la militance, du consentement, de l'indulgence, de l'attention, de l'obéissance … et mille autres choses.

Un prédateur est toujours narcissique, nombriliste, égocentré, retors, manipulateur, séducteur, cynique, …

 

Le nigaud est un adepte immodéré de la servitude volontaire, il est tout entier au service de sa médiocrité tranquille et confortable … et est prêt à beaucoup pour la préserver.

Si l'on y touche, il est capable de colère, voire de violence, car elle est sa seule raison de vivre ; et les démagogues le savent et l'en manipulent à souhait.

Le nigaud n'a aucune éthique personnelle, mais il suit volontiers la morale ambiante pour n'avoir aucun souci.

 

L'éveillé est toujours au service d'une œuvre qui le dépasse (parfois de peu, parfois de beaucoup). Il a un projet de vie qui ne tourne jamais autour de son nombril et auquel il dédie toutes ses énergies. Il construit son monde comme une œuvre d'art. Il est généreux, parfois trop, et ne se méfie pas toujours assez des prédateurs (qui le spolient) et des nigauds (qui le parasitent).

Pour accomplir son projet, il se donne des règles de vie qui forgent son éthique (parfois ascétique).

Ni la gloire, ni la fortune, ni le pouvoir ne l'intéressent.

 

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La démocratie a l'immense de remplacer le coercitif par l'administratif.

 

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Non pas rêver sa "vie", mais vivre la Vie.

 

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L'artiste passe bien après l'œuvre ; il n'est qu'un ustensile. Le monde se crée à travers lui.

 

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Le modèle pyramidal hiérarchique est commun à la plupart des espèces animales dites "supérieures", dont l'humaine. Ce modèle correspond à un optimal (que les mathématiques appellent "arborescence linéaire") : le nombre des relations permises pour relier tout le monde (ou presque) est minimal ce qui optimalise les dépenses de temps et d'énergie pour les gérer, mais ce qui rend la vitesse de réaction de l'ensemble assez faible (grande inertie). Ce système fonctionne bien dans un univers où les règles de vie sont rudimentaires (les univers darwiniens, par exemple).

Les régimes autocratiques comme les régimes démocratiques (et comme toutes leurs variantes et hybridations) relèvent tous de ce modèle pyramidal hiérarchique et ne se différencient que par les modes de désignation du sommet de la pyramide et du nombre d'étages hiérarchiques. Ce type de modèle organisationnel est mécanique et aucunement organique.

Dans un univers complexe où le taux d'activité, le taux d'instabilité et le taux d'imprévisibilité sont très élevés (ce qui est bien le cas de l'univers humain actuel), ce modèle pyramidal hiérarchique devient totalement inefficient. Il faut passer à un modèle organique et non mécanique, un modèle en réseau où l'on maximalise (plutôt que le minimaliser) le nombre des relations, interactions, connexions et interrelations entre les membres de l'ensemble.

Une telle organisation sociétale réticulée n'a plus rien à voir ni avec l'autocratie, ni avec la démocratie (quelles qu'en soient les modalités).

Les principes à respecter dans une organisation en réseau sont essentiellement :

  • La cohésion d'un réseau est assurée par la qualité et la profondeur de son projet collectif et de ses patrimoines collectifs.
  • La résilience d'un réseau est assurée par la petitesse, la vitalité et la virtuosité de ses entités, et par leur interactivité permanente.
  • L'efficience d'un réseau est assurée par l'application stricte d'au moins sept règles :
    • d'autonomie,
    • de subsidiarité,
    • de fractalité (prolifération par essaimage),
    • de responsabilité,
    • de solidarité,
    • d'éthicité,
    • de progressivité.

 

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Dans un monde complexe, si l'on veut survivre et bien vivre efficacement, il faut abandonner le modèle hiérarchique pyramidal (soit toutes les "craties" et toutes les "archies" classiques) et passer à des modèles réticulés.

Les "éveillés" en sont ravis.

Les "nigauds" en sont incapables.

Les "prédateurs" en ont ennemis.

Quelle en sera l'issue ? Les nigauds et les prédateurs (85% ensemble) constitueront une humanité pyramidale et hiérarchique (le "monde archaïque") incapable d'assumer la complexification du Réel … et les éveillés (15%) constitueront une humanité (une surhumanité, une aristocratie) faites de réseaux noétiques autonomes (le "monde noétique").

Ces deux mondes humains seront parallèles et interdépendants, mais bien nettement différenciés, organisés avec des gouvernances totalement différentes (le monde archaïque sera populiste autoritaire, le monde noétique sera aristocratique libéral).

Les problèmes viendront du monde archaïque et les solutions viendront du monde noétique.

Le travail viendra du monde archaïque et les idées viendront du monde noétique.

Séparation du corps (hiérarchique) et de l'esprit (réticulé). Le grand organisme global de l'humanité deviendra holistiquement spécialisé : le physiologique d'un côté et le noologique de l'autre.

Pour enclencher cette scission de l'humanité, les éveillés doivent se coaliser dans leurs réseaux noétiques, fonder le monde noétique, affirmer leur solidarité noologique avec le monde archaïque, mais se soustraire totalement à son autorité en se plaçant nettement au-dessus des Etats, des Bourses, des Banques, des Patronats, des Syndicats, des Universités et des Médias, c'est-à-dire au-dessus de toutes les institutions "d'avant" qui continueront d'utiliser les "nigauds" en échange du panem et circenses, et de suivre les "prédateurs" en échange de gloire, de fortune et de pouvoir.

Restera à régler le problème de l'interface entre ces deux mondes : qui appartient à quel monde ? Ces appartenance seront-elles liées à l'hérédité (la "noblesse" de sang est une absurdité) ou au mérite (quels critères ? évalués par qui ?) ?

La seule solution est celle-ci : tout qui naît, appartient au monde archaïque (comme c'est le cas actuellement) ; mais tout qui vit, peut être coopté dans le monde noétique et s'y accomplir selon une progression initiatique.

 

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De Baroukh Spinoza :

 

"Dieu est l'asile de l'ignorance."

 

L'idée de Dieu est une poubelle commode pour y jeter tout ce que l'on ne comprend pas, au nom du "mystère", du "miracle", du "surnaturel", …

Mon Dieu à moi, le Divin immanent, le Grand Architecte dans l'Univers, est celui de Spinoza et d'Einstein, celui de la Kabbale aussi : un Dieu de la Gnose à atteindre par le long chemin de la Connaissance, sans aucun mystère, sans aucun miracle et sans aucun surnaturel, un Dieu qui est le Logos du Réel, l'Esprit cosmique et l'Âme du monde.

 

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Contre le libéralisme, l'étatisme et le financiarisme sont copains comme cochons.

L'institution, quelle qu'elle soit, s'oppose, par nature, à la circulation : le statique réglementaire s'oppose toujours à la dynamique libertaire.

Lorsque le socialo-gauchisme et le socialo-populisme font l'amalgame entre financiarisme et libéralisme (surnommé, pour l'occasion, "néo-libéralisme" ou "ultra-libéralisme"), il n'y a aucun hasard ; seulement une immense ignorance philosophique et économique, et/ou une infâme mauvaise foi toute en idéologie puante.

Le pire ennemi du libéralisme, répétons-le, est cette nauséabonde coalition entre financiarisme et étatisme (l'Etat protège la Banque qui finance les endettements de l'Etat : "je te tiens, tu me tiens par la barbichette …" et ça donne la crise des subprimes en 2007 en finançant, au nom du "social" l'achat d'immobilier par des insolvables notoires).

 

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De même, libéralisme et capitalisme sont ennemis puisque le premier vise la libre circulation de tout et que le second vise l'obsessionnelle accumulation de tout.

 

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Il faut sortir de ce mensonge que le libéralisme est la doctrine anglo-saxonne par excellence. Le libéralisme est né et a été instruit en France. Le monde anglo-saxon l'a déformé pour en faire un financiarisme étatisé. Il faut n'avoir jamais vécu aux Etats-Unis pour penser un seul instant que ce temple du conformisme, de communautarisme et du réglementarisme puisse être libéral.

 

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Winston Churchill était un libéral ; Maggy Thatcher (comme Ronald Reagan, son parèdre) était une financiariste (une boutiquière grippe-sous).

 

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Le 26/12/2020

 

Le financiarisme donne l'illusion de la richesse,

mais ne construit aucune prospérité.

 

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L'argent facile n'existe jamais très longtemps.

Juste le temps de passer d'une poche dans l'autre.

 

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Toute économie fondée sur la spéculation est condamnée à dégénérer.

L'argent n'existe que parce qu'il existe du travail qui génère de la valeur.

 

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Le financiarisme tue l'entrepreneuriat.

Le capitalisme spéculatif et le capitalisme entrepreneurial s'opposent aussi radicalement que la rente et l'ouvrage.

 

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L'Etat n'est jamais entrepreneur sauf à être entrepreneur de pompes funèbres.

 

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Le 27/12/2020

 

La cosmologie – cet art de comprendre l'ordre de l'univers pris comme un tout – a longtemps été rattachée à la philosophie. Elle est a présent devenue la charnière entre physique et philosophie.

Elle est une aventure intellectuelle fascinante et rejoint l'aphorisme d'Albert Einstein : "Je veux connaître les pensées de Dieu ; tout le reste n'est que détail".

 

De la Théogonie d'Hésiode à aujourd'hui, le chemin cosmologique a été long et accidenté.

Aujourd'hui, il est face à un incontournable mur : la vision mécaniste démarrée par Galilée et Newton, et parachevée par Albert Einstein, s'effondre sous ses propres contradictions. Une remise en question fondamentale s'impose : non, l'univers n'est pas une machinerie poussée par le hasard.

 

Il faut tout reprendre autrement, avec d'autres prémisses, avec un autre regard et oser l'audace suprême : le Réel qui se manifeste au travers de l'Univers, est tiré par une intention.

Le mystère de cette vocation universelle est révélé dans mon livre "Dieu pilote à vue !" (parution à l'été 2021).

 

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Que dit réellement Proudhon ? Que quoique ce soit n'appartient réellement à quelqu'un que s'il s'en sert pour engendrer de la valeur d'utilité et n'appartient à personne dès lors que l'on en fait rien par soi.

C'est là qu'il enfonce de coin de la différence entre "propriété" (active et productive) et "possession" (passive et spéculative).

 

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Il arrive que le silence couvre la parole …

 

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Le 28/12/2020

 

Ne pas rêver ; construire !

 

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De Serge Bouchard (anthropologue canadien) :

 

"La nature, c'est un tout. La planète Terre, c'est un tout. Nous ne sommes pas extérieurs à la nature. La pathologie qui s'est développée dans l'histoire de l'humain, c'est qu’à cause de notre intelligence, j'imagine, à cause de notre mémoire, de notre accumulation du savoir, on a été capables de modifier nos environnements naturels. On a été capables de se reproduire sans fin, avec des systèmes économiques et des systèmes de production qui nous permettaient de manger, de nous sauver, etc. Mais pour le faire, le prix qu'il y a eu à payer, c'est qu'on s'est extirpés de la nature, on s'est placés en face de la nature. En fait on s'est dénaturés, on s'est enculturés. On est devenus des êtres de culture."

 

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Les humains ne "tolèrent" le Réel qu'à certaines doses. Dès que le Réel leur déplait, ils s'enferment dans leur imaginaire. Il y a donc en eux (je me désolidarise radicalement) un sorte de schizophrénie latente qui, sans doute, est le vrai "propre de l'homme".

Qu'est-ce que l'homme ?, demandait Kant. La réponse est : le seul animal schizophrène.

Ce refus du Réel est souvent moins le refus de voir les choses telles qu'elles sont, dans l'ici-et-maintenant, que le refus de connaître, dans la durée, l'évolution des choses telles qu'elles vont ; au fond, ce refus est celui de l'inéluctable et il induit le refuge dans le miracle, dans la magie, dans l'aveuglement ou dans l'ignorance.

Dans l'esprit des rares humains chez qui la lucidité existe, se déroule une lutte à morte entre cette lucidité et la force de l'illusion … et, le plus souvent, l'illusion en sort grand vainqueur.

Mais comment peut-on appeler un esprit comme le mien, qui n'a aucune illusion sur rien et ne s'en fabrique jamais, pour qui la lucidité est naturelle et normale ?

Vivre sans illusion (sans rêve, sans imaginaire, sans idéal, etc …), vivre dans la lucidité absolue et constante, vivre sans aucun espoir de miracle, cela s'appelle comment ?

Il faut apprendre la lucidité. Il faut apprendre à assumer pleinement cette lucidité. Bien peu d'humains en sont capables. Peut-être est-ce cela qui façonne l'immense différence entre les "éveillés" et tous les autres …

 

 

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Fonder une éthique de la lucidité …

 

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D'aucuns font métier de fabriquer ou d'entretenir des illusions toutes faites pour les autres. On peut les appeler des "illusionnistes professionnels". Au rang de ceux-là, on mettra les idéologues, les politiciens, les artistes, les romanciers, les diseurs de bonne aventure, les prêtres, les moralistes, les affabulateurs, les magiciens, les faux-prophètes, les faux-messies, etc …

 

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Les sondages ne font que mesurer le taux de pénétration statistique des illusions chez les gens.

 

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Le 29/12/2020

 

On est encore en zone chaotique pour des années, avec toutes les manifestations que l'on en connait tant dans la relation entre l'humain et son écosystème (climat, pandémie, biodiversité, etc ...) qu'entre les humains eux-mêmes (guerre des ressources, des normes, de technologies, des marchés, des monnaies, etc ...).

Je crois que l'on ne quittera la zone chaotique qu'entre 2025 et 2030. Si on ne le fait pas, le scénario d'effondrement pourrait se mettre en place.

 

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Un symbole est un tremplin intérieur pour l'esprit, mais jamais une réalité extérieure pour les yeux.

C'est l'esprit et lui seul qui transforme un objet visible en symbole, pour son usage …

 

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Dans "Le Réel – Traité de l'idiotie", Clément Rosset clame deux principes.

"Le Réel est le Réel".

"Le Réel est insignifiant".

Sur le premier principe, il n'y a rien à ajouter si ce n'est : "Il n'existe que le Réel".

Quant au second principe, il est faux : si le Réel était insignifiant, cela signifierait que le Réel ne signifierait rien, ne "ferait signe" de rien, n'aurait aucun sens. Or le Réel exprime une Intention et la signifie, donc, toujours et partout. Le Réel signifie donc cette Intention par laquelle il y a quelque chose plutôt que rien. Autrement dit : tout a un sens et signifie ce sens.

C'est là la grande leçon que donne Leibniz : le "sens", cette "intention", c'est le Dieu, c'est le Divin, c'est le Sacré, c'est le Grand Architecte de l'Univers.

 

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Avec Henri Bergson, il faut distinguer le Réel du Possible. En fait, le Possible n'existe pas puisque seul le Réel existe ; le Possible est une pure vue de l'esprit, un acte d'imagination. Tout ce qui adviendra est possible, mais n'est pas (encore) réel.

S'il y a plusieurs Possibles imaginaires, il n'y a et n'y aura qu'un seul Réel.

La notion de "possibilité" (et donc, les notions adjacentes de "potentialité" et de "probabilité") traduit une pure supputation, projection d'un modèle élaboré sur des hypothèses théoriques sans autre fondement que les expériences du passé. Cela traduit deux idées cruciales :

  1. dans la plupart des cas, l'évolution du Réel n'est pas connue, n'est pas déterministe, n'est pas mécaniste ;
  2. mais cette évolution est cohérente parce qu'elle a du sens, parce qu'elle obéit à une Intention qui s'accomplit selon sa propre logicité.

Lorsque l'on dit que telle "chose" est possible, on dit seulement que, selon ce que l'on connaît de la logicité du Réel, cette "chose" n'est pas impossible.

L'impossibilité, ici et maintenant, d'une chose est une vraie réalité. En revanche, le "Possible" est une double négation : le possible est ce qui n'est pas impossible. Le "possible" est ainsi une indétermination

 

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L'humain prête à Dieu les attributs qu'il s'attribue à lui-même, mais en beaucoup mieux, en beaucoup plus absolu, avec des majuscules. Dieu est l'Esprit, l'Intelligence, l'Unique, etc … Tout cela n'est évidemment pas faux puisque l'humain et ses attributs (réels ou supposés) font partie intégrante du Divin.

Mais le Divin est infiniment plus que l'humain et ne peut se limiter aux seuls attributs humains. Et c'est là que commence le Mystère divin.

 

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La spiritualité est-elle rationalisable ? Est-elle raisonnable ?

La spiritualité dépasse et englobe la rationalité.

La foi n'a rien d'irrationnel et la foi et la raison ne s'opposent pas, comme le voudrait la vulgate rationaliste.

La foi dépasse la raison en ce sens qu'elle exprime l'existence d'un Divin englobant toutes les rationalités. La foi authentique est surrationnelle.

 

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La foi authentique n'a rien à voir avec les croyances.

La spiritualité authentique dépasse, et de loin, toutes les religions qui n'en sont que des vulgarisations pour esprits faibles.

 

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Sur la foi …

Il ne s'agit pas de "croire", mais d'avoir confiance et d'être fidèle à cette confiance, de s'y fier et de s'y confier.

Tout ce qui existe et arrive a une bonne raison d'exister et d'arriver.

Telle est la foi authentique, celle d'Héraclite d'Ephèse, celle de Spinoza et de Leibniz, celle d'Einstein.

 

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Toutes les croyances ne sont que des superstitions, étrangères à la foi authentique.

 

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La foi authentique n'affirme que ceci : le Réel est cohérent dans toutes ses dimensions. C'est le principe de cette cohérence que l'on appelle Dieu, Divin, Sacré, Grand Architecte de l'Univers.

 

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Trop souvent, l'esprit religieux oppose foi et raison à propos de la croyance aux miracles, au prétexte que Dieu, ayant édicté les lois universelles, a la totale liberté d'y déroger. Rien n'est plus absurde.

Ces lois universelles sont la réalité du principe de cohérence qui anime le Réel et sont, dès lors, Dieu lui-même qui n'a aucune bonne raison de s'opposer, ce faisant, à lui-même puisqu'il serait, alors, sa propre négation.

Par essence, un "miracle" ne serait que la négation même de l'existence de Dieu, principe de cohérence du Réel.

Il serait peut-être urgent de faire comprendre à ces faibles esprits religieux que les textes sacrés qui relatent ces miracles, ne sont en rien des comptes-rendus d'expériences réelles, mais des récits symboliques invitant à l'herméneutique.

Le seul miracle, c'est l'existence du Réel lui-même.

Il faut être singulièrement puéril pour oser croire que Dieu dérogerait à ses propres lois cosmiques pour donner un coup de pouce à quelques paumés sur une planète paumée dans une galaxie paumée. Je crains que Dieu n'ait autre chose à faire …

 

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Il est hallucinant de constater que les croyants d'une religion croient, dur comme fer, aux "miracles" de leur propre livre saint, mais rejettent, comme légendes grotesques, ceux des autres religions.

 

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La notion même de "miracle" est une incongruité métaphysique.

 

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Le 30/12/2020

 

De David ben Gourion à propos d'Albert Einstein :

 

"Vous vous rendez compte que c'est un scientifique qui n'a besoin d'aucun laboratoire, d'aucun équipement, d'aucun outil d'aucune sorte ? Il se contente de s'asseoir dans une pièce vide avec un crayon, une feuille de papier et son cerveau, et de réfléchir."

 

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D'Albert Einstein en 1952 :

 

"Je sais peu de choses sur la Nature et rien du tout sur les hommes."

 

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Un prophète ne s'assied jamais sur le trône.

 

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Ce qui énerve les antisémites, c'est l'autonomie des Juifs qui ne demandent rien à personne et qui n'attendent rien de personne.

 

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De Céline Pina :

 

"Les enfants ne sont pas victimes de racisme au sein de l’éducation nationale, leurs chances sont largement liées au niveau d’éducation des parents et notamment de la mère. Là où les femmes sont les plus éduquées, les enfants investissent l’école comme une chance. Là où la femme est infériorisée et maintenue en minorité [état de mineure inféodée], l’échec scolaire est massif. Ainsi la réussite est très différente en fonction des familles mais aussi des cultures, en fonction de la place accordée à l’éducation des femmes. Cela se traduit par des grandes différences entre groupes ethniques. Les enfants d’origine turque par exemple ou issus de familles maghrébines réussissent moins bien que les autres, ceux issus de familles asiatiques dépassent même les natifs. Mais l’immigration asiatique concerne souvent des personnes éduquées quand celle des pays d’Afrique concerne des populations pauvres et acculturées. Cette différence se retrouve dans la réussite des enfants. La réussite est ainsi plus liée à l’origine sociale des parents qu’à l’ethnie d’origine. (…). Si je prends l’exemple des cités dites difficiles, certes le chômage y est plus élevé qu’ailleurs, mais le niveau d’étude y est aussi ridiculement bas. Sans compter que se pose la question de la simple sociabilité. Il est dur de trouver du travail quand on ne sait pas se lever le matin, que l’on ne supporte pas d’obéir à un ordre, que l’on est ingérable avec ses collègues et que l’on insulte son superviseur. Les comportements des jeunes dans ces quartiers expliquent bien plus leur niveau de chômage que les préjugés racistes qu’ils affronteraient. Le dire c’est commencer à regarder en face le réel."

 

Enfin, les choses se disent ! Le problème n'est pas la couleur de la peau, mais la bêtise, l'ignorance, l'inculture, l'incivilité, la barbarie, la violence, la crétinerie, l'arrogance, …

Le problème n'est pas d'être maghrébin ou noir, le problème est d'être con et fier de l'être !

Il faut cesser de parler de racisme ou autre. Il faut parler de crétinophobie !

 

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Le 31/12/2020

 

En grec ancien, le mot Krisis signifie le "tri". L'année 2021 sera, sans doute, l'année d'un grand tri entre les continents (la fuite en avant du Sinoland, la fissuration de l'Angloland et la consolidation de l'Euroland), entre les pays d'Europe (stop à l'illibéralisme et au populisme), entre les entreprises (celles qui ont de l'avenir et celles qui n'ont que du passé et vivent aux crochets des contribuables), entre les gens (ceux qui travaillent et ceux qui mendient), le grand tri entre les profiteurs et les constructeurs, le grand tri entre les menteurs et les lucides.

La pandémie (une fumisterie qui a duré un mois et demi et que l'on traine en longueur artificiellement pendant une année entière) a été un incroyable révélateur de tant de choses, et surtout de la phénoménale incurie de l'administration française, de ses énarques et de ses ignorants "comités scientifiques". Là aussi, il y aura du tri à faire !

 

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Non au vaccin !

Jouer avec mes gènes, me gêne !

 

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De John Kenneth Galbraith :

 

"La seule fonction de la prévision économique

est de rendre l'astrologie respectable."

 

Ce grand ennemi du fumiste John Maynard Keynes (le père honni de l'Etat- Providence) a pleinement raison. L'économie est une manifestation particulière d'un processus socioéconomique global extrêmement complexe. L'approche mécaniste et déterministe n'y a aucune chance. Trop simpliste. L'économie n'est pas une science ; juste un jeu de conjectures qui n'est opérant que dans des flux laminaires, sans turbulences.

En zone chaotique, inter-paradigmatique, la "science économique" est du même niveau de fiabilité que la chiromancie … ou que la météorologie à 10 jours.

 

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Il faut en finir avec la Grande -Bretagne : les Ecossais, les Gallois et les Irlandais en Europe, les Anglais ailleurs, avec les Ricains, sans doute, qui ne veulent pas d'eux

 

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En Europe, il est temps de claquer la sale gueule populiste et illibérale des Hongrois, des Polonais et des Bulgares. Ou bien ils filent doux, ou bien ils sont virés et végéteront dans leur néant.

Ras-le-bol de ces parasites !

 

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Le numérique, censé amplifier le principe de réalité par l'accès aux connaissances, informations et données sérieuses et réelles, amplifie, tout au contraire, le règne du principe de plaisir en permettant une évasion permanente vers des univers virtuels, faux et fantasmagoriques.

Il bafoue, de plus en plus profondément, le principe de lucidité qu'il était censé nourrir.

Le numérique amplifie tout. Il amplifie donc aussi l'immaturité d'une large majorité du genre humain qui ne pratique qu'une seule chose : le panem et circenses.

 

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Les deux grandes erreurs socio-idéologiques de ce dernier siècle sont, d'une part, le refus de voir que 85% des humains sont des crétins et d'en rendre responsable le "système" (qui n'est jamais que la réalité de ces 85%) et, d'autre part, le refus de voir que ces 85% fonctionnent, en dehors de toute rationalité, en troupeau grégaire

 

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Le plus grand déficit de notre époque concerne l'esprit critique. Nous vivons le règne absolu de la médiocrité intellectuelle.

Une quelconque méchante rumeur sur les médias sociaux l'emporte, sans coup férir, sur l'avis d'un prix Nobel.

Nous en sommes là ! La tyrannie des crétins !

 

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Le rejet de la rationalité au profit de l'émotivité est le cancer de notre époque.

 

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Le bourgeoisisme, c'est l'adulation du confort rentier.

Le socialisme, c'est l'adulation de la médiocrité égalitaire.

La troisième voie, le libéralisme, c'est le refus de toute adulation et la pratique permanente de l'autonomie, quelque inconfortable et inégalitaire soit-elle.

 

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La question de Schopenhauer est pertinente : pour quoi cette emprise du panem (la sécurité) et du circenses (l'amusement) sur la plupart des humains ? Je ne crois pas en la réponse de Schopenhauer qui évoque l'ennui.

La sécurité me semble la condition même de la survie en réponse à la peur de la mort. Quant à l'amusement, je ne crois pas que ce soit l'antidote à l'ennui, mais plutôt l'antidote à la peur du réel (rechercher le rêve, le spectacle, l'utopie, l'idéologie, le dépaysement, la distraction, ...).

Dans les deux cas, il s'agit de combattre la peur de quelque chose. C'est la peur qui est le ferment du panem et circenses. Il n'y a qu'une petite minorité d'humains qui surmonte la peur et donc qui échappe au panem et circenses ...

 

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Nouveau : depuis le 3/10/2020: Le Tome 23 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).