Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Février 2020

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/02/2020

Il faut impérativement faire une distinction radicale entre l'intelligence analytique et rationnelle, et l'intelligence holistique et intuitionnelle. Cette distinction est d'autant plus vitale, aujourd'hui, que les systèmes numériques seront beaucoup plus performants que les humains dans les domaines de l'intelligence analytique et rationnelle, mais resteront définitivement incapables de simuler quoique ce soit ayant trait à l'intelligence holistique et intuitionnelle.

*

Tout ce qui est robotisable, sera robotisé.

Tout ce qui est algorithmisable, sera algorithmisé.

Que cela plaise ou non. Que cela soit éthique ou non, Que cela soit catastrophique ou non.

*

Sans métaphysique préalable, il ne peut y avoir ni physique, ni éthique.

*

A quelques exceptions notoires près (Bergson, Teilhard de Chardin, …) la philosophie du 20ème siècle s'est enlisée dans un verbiage lourd et abscons, et s'est totalement désintéressée du Réel pour s'embourber dans des salmigondis conceptuels totalement artificiels et stériles.

Si, de plus, on regarde les si nombreux "philosophes" dont la "pensée" n'a été qu'un collaborationnisme étroit et nauséabond avec des idéologies socialo-populistes totalitaires : Sartre, Beauvoir, Merleau-Ponty, Desanti, Althusser, Garaudy, Foucault, Badiou, … on comprend qu'il est temps d'apurer et de renouveler la philosophie.

 

*

 

Les seuls philosophes authentiques de notre époque doivent être recherché du côté de la physique fondamentale ou du côté de la mystique moniste. La philosophie "littéraire" est morte. La seule philosophie qui vaille, aujourd'hui, est une philosophie des sciences ou des spiritualités.

 

*

 

Quel que soit le sujet questionné, le Divin, le Tout, le moi, le monde, l'humanité, la Nature, la société, l'existence, etc … il n'y a que cinq questions philosophiques :

  1. quelle généalogie ? quelle identité ?
  2. quelle téléologie ? quelle intention ?
  3. quelle écologie ? quel territoire ?
  4. quelle axiologie ? quelle optimalité ?
  5. quelle éthologie ? quel comportement ?

 

Traditionnellement, la philosophie faisait l'objet d'une tripartition : le rapport avec l'extériorité (l'écologie), le rapport avec l'intériorité (l'axiologie) et l'harmonisation ou la mise en cohérence des deux premiers (éthologie). C'était oublier la temporalité et l'évolution de tout ce qui existe, le constructivisme de l'accomplissement dans la tension entre volonté (téléologie) et mémoire (généalogie).

 

*

 

Le Réel possède une intention immanente qui prend deux visages : celui de l'entropie qui est son goût de l'uniformité et la néguentropie qui est son goût de la complexité. Tout ce qui existe est le champ de bataille de ces deux forces (le yin et le yang de la pensée taoïste), de ces deux propensions qui sont aussi indispensables l'une que l'autre (s'il n'en existait qu'une seule, le Réel aurait très vite abouti soit à une mer totalement étale, soit à … oui, à quoi au fait ?).

 

*

 

Le seul vrai enjeu philosophique du basculement actuel de paradigme est celui de la sacralité au-delà de toute religiosité.

 

*

 

Dans l'extériorité de soi, il faut se garder de faire la distinction entre les autres humains et le monde. Les autres humains ne sont qu'une partie du monde et il ne peut y avoir, à l'extérieur de soi, qu'une seule éthique qui règle (régule) le rapport entre soi et le monde (autrui compris). Il faut cesser de donner à "l'autre homme" un statut particulier ; il n'est pas plus que cette mésange, que ce pissenlit, que cette rivière ou que cette forêt.

 

*

 

L'éthique à construire, dans le nouveau paradigme, possède trois dimensions :

  • l'éthique vis-à-vis de soi c'est-à-dire les valeurs que l'on revendique pour soi (elles seront différentes pour chacun ; l'idée de droits naturels ou de droits universels est une absurdité) ;
  • l'éthique vis-à-vis du monde c'est-à-dire les règles que l'on applique dans ses rapport à tout le reste, à l'extérieur de soi (humains compris) ;
  • l'éthique globale qui harmonise et rend cohérentes entre elles les deux précédentes.

 

*

* *

 

Le 02/02/2020

 

Le fait de faire une loi pour préserver la ruralité, ses us et coutumes, et son ambiance, etc … est typiquement français, puisque, dans ce pays (encore très ancré dans la "courbe rouge"), on croit que des lois résolvent des problèmes et on y légifère sur tout et n'importe quoi. Pour moi qui ne suis pas français, je trouve cela assez ridicule, je l'avoue.

Mais il ne faut pas nier que la ruralité connaît des antagonismes réels entre archéo-ruraux et néo-ruraux … où ce sont les néo-ruraux qui se montrent les plus attachés à la ruralité, à l'écologie et au respect de la Nature. Beaucoup de paysans exploitent la Nature et ne la respectent que très peu.

Plus généralement, entre ville et campagne, on assiste à des systèmes de flux inverses.,.

Les tendances lourdes à observer sont multiples et contradictoires :

 

  1. Les grandes villes reçoivent la quasi-totalité des migrants pauvres …
  2. Mais elles perdent les 30/45 ans diplômés et capables de télétravail (ils vont s'installer dans les petites villes de province plutôt que, comme moi, dans la ruralité profonde).
  3. Les retraités actuels restent là où ils sont, en général, ou émigrent …
  4. Mais les retraités futurs fuiront les grandes villes certains vers les petites villes, d'autres vers des bourgs campagnards.
  5. Le prix des carburants va augmenter très lourdement dans les 5 ans qui viennent et limiteront fortement le nombre des navetteurs.
  6. Le développement de la Toile et le tertiarisation des métiers permettront un développement rapide des diverses formules de télétravail.
  7. De plus en plus d'entreprises vont évoluer vers des organisations en réseaux de petites communautés de travail n'ayant que peu d'ancrage géographique.
  8. La qualité de la vie en ville s'appauvrit de plus en plus (bruits, pollutions, insécurité, incivilité, …), ce qui encourage les plus aisés à partir (plutôt vers la façade atlantique entre Toulouse et Le Havre).
  9. L'économie avance à marche forcée vers une économie de proximité.
  10. Les aspirations à plus d'écologie et à plus de bien-être (qui sont parfois très contradictoires) s'amplifieront surtout chez les générations Y et Z.

 

Quelles conclusions tirer de tout cela ?

 

  1. La ville et la campagne ont toujours été des mondes en opposition (promiscuité vs. solitude, culture vs. nature, abondance vs. frugalité).
  2. Les grandes villes sont en voie de sous-développement et de paupérisation.
  3. L'économie se décentralise à grande vitesse (mais pas les bureaucraties, qu'elles soient publiques ou privées).
  4. La révolution numérique rend beaucoup d'activités indépendantes de la géographie.

 

*

 

Comme suite logique à cette boucherie absurde que fut la première guerre mondiale, la seconde, par le cumul de ses horreurs (Auschwitz, Kolyma, Hiroshima, et tant d'autres) aurait dû mettre le point final aux délires philosophistes des 17ème et 18ème siècles, puisqu'elle en était la conséquence inéluctable et nauséabonde.

La Modernité est un échec (elle n'était d'ailleurs pas faite pour réussir, mais seulement pour déconstruire le paradigme christiano-idéaliste qui s'était installé dès l'an 400) et il aurait fallu y mettre fin en 1945. Il en était encore temps : l'occident avait encore la main sur le monde entier et aurait pu détruire définitivement le mythe du progrès. Mais au lieu de cela, l'occident et toute l'humanité derrière lui se sont complu à se faire croire qu'il y avait seulement des corrections à apporter au système (et les peuples alors colonisés ont sautés dans cette charrette avec enthousiasme … il est trop facile de faire les procès du colonialisme après coup, au café du commerce), alors que c'est le paradigme tout entier qui avait fait la preuve de sa totale et radicale caducité.

Alors a commencé le folle fuite en avant et la religion du déni de réalité (cela commença, dès 1944, avec l'engouement criminel et puant pour le marxisme et le communisme … et cela continua avec le droit-de-l'hommisme, le décolonialisme, le mondialisme,  le mercantilisme, le financiarisme, le monétarisme, le technologisme, le consumérisme, l'écologisme, le minoritarisme, etc …).

Le coupable ? Le progrès quantitatif ! La course effrénée au "jamais assez et toujours plus" de tout.

Plus d'argent, plus de possessions, plus d'espérance de vie, plus d'humains, plus de croissance, plus de congés, plus de salaires, plus de plaisirs, plus d'avantages, plus de sécurité matérielle, plus "d'amis" factices, etc …,

C'est de ce progrès quantitatif qu'il faut faire le procès sans hésiter … et la sentence est évidente : la peine de mort !

 

*

 

Je viens de prendre conscience de cette évidence : le rationalisme est un idéalisme. Le rationalisme se fonde sur un dualisme ontique de type platonicien : d'un côté le Monde imparfait et relatif, de l'autre la Raison parfaite et absolue.

Le Réel étant réel, il ne peut être ni idéal ni, donc, rationnel.

Mais cette non rationalité ne signifie nullement que le réel soit irrationnel (il a sa logique, mais qui n'est pas aristotélicienne), ni qu'il n'ait pas de bonnes raisons d'exister et d'évoluer (cfr. Hegel et Nietzsche).

 

*

* *

 

Le 03/02/2020

 

De mon cher ami Joël de Rosnay :

 

La nouvelle révolution en biologie, appelée épigénétique, montre que votre comportement quotidien - ce que vous mangez, l'exercice que vous pratiquez, votre résistance au stress, le style de vie que vous adoptez - va inhiber ou activer certains de vos gènes. Vous êtes comme le chef d'orchestre d'une symphonie, coauteur de votre vie, de votre santé, de votre équilibre."

 

Ce que Joël ne dit pas, c'est que ces inhibitions ou activations de certaines fonctionnalités, peut, dans certains cas, devenir héréditaires …

 

*

 

Le constructivisme est une théorie de l'évolution des processus qui met en place un schéma universel extrêmement simple, mais extrêmement puissant.

En voici une présentation axiomatique (sans doute un peu théorique et ardue au premier regard) où l'on retrouvera sans peine des éléments de la pensée nietzschéenne.

 

  1. Tout ce qui existe est un processus en marche ; tout processus évolue (vous et moi y compris, notre famille, notre village, notre science, notre médecine, notre technologie, notre biosphère, notre système solaire, notre galaxie "voie lactée" …).
  2. Pourquoi évolue-t-il ? Parce qu'il est au milieu d'un gué entre sa rive généalogique qui est l'accumulation de tout ce qu'il est déjà devenu (sa Mémoire) … et sa rive téléologique qui est le spectre large de tout ce qu'il pourrait encore devenir (poussé, en cela, par sa Volonté de Puissance qui n'est qu'une autre formulation de la volonté d'accomplissement en plénitude) … Plusieurs remarques s'imposent dans ce contexte :
    1. Le plein accomplissement d'un processus n'est jamais prédéfini, il n'y a nulle part une finalité déterminée, un but à atteindre, une destination prescrite : l'édifice sera ce qui s'y construit en fonction des circonstances, des opportunités, des décisions, des coups de hasard, des coups de génie, des configurations …
    2. La réalité généalogique apporte des facultés, des capacités, des savoirs et savoir-faire, des forces et des faiblesses, des habiletés et des virtuosités, de la personnalité, des expériences vécues, des connaissances acquises, des envies et des peurs, des dégoûts et des appétences, etc …
    3. L'intention téléologique (voir paragraphe ci-dessus) est forgée par l'universelle Volonté de Puissance (ou volonté d'accomplissement en plénitude) et aspire à évoluer vers un enrichissement de soi, c'est-à-dire vers une complexification architectonique qui, en somme, répond à cette loi universelle de la maximisation locale de la néguentropie (cette loi est la généralisation du second principe de la thermodynamique dans les systèmes loin de l'équilibre).
    4. La rencontre de cette réalité généalogique et de cette intention téléologique produit un état de tension qui doit, selon les lois de la thermodynamique, être dissipé optimalement (ce sont ces phénomènes de dissipation optimale qui forment le cœur de ma physique des processus complexes - Je renvoie donc à mon ouvrage : "La Complexité du Réel" - Ed. Chapitre.Com - 2019).
  3. Comment évolue-t-il ? Pour évoluer optimalement (l'idée d'optimalité, qui est le cœur de la physique complexe, a déjà été évoquée plus haut), de quoi dispose, ici et maintenant, le processus ? Il dispose de deux choses :
    1. D'un milieu externe où il peut (peut-être) puiser les ressources dont il a besoin pour s'alimenter et pour se construire. Ce puisement dans le milieu n'est jamais trivial puisque ce "milieu" est lui aussi un processus en évolution qui requiert que soit maintenue son optimalité et son homéostasie. Le milieu, en somme, est un réservoir d'opportunités dont certaines se renouvellent et d'autres pas, dont certains accès sont parfois gratuits et faciles, et d'autres pas. De là, la dimension écologique de tout processus (j'appelle cette dimension, parfois, aussi éconologique parce qu'elle mêle en fait les considération d'écologie et de frugalité, avec les notions d'économie et de nécessité).
    2. D'une logique interne qui lui est propre et qui amalgame les modèles, les méthodes, la valeurs, les croyances, les convictions, les préférences, etc … que le processus possèdent en lui, dans sa mémoire propre ou dans sa mémoire phylétique (que, naguère, on appelait "instinct"). C'est cela la dimension axiologique du processus.
    3. Le rencontre entre cette écologie tournée vers le dehors et cette axiologie tournée vers le dedans, engendre un lieu de confrontation global (entre les quatre dimensions et pressions : généalogique, téléologique, écologique et axiologique). Ce terrain eut être appelé le métabolisme du processus ou son éthologie concrète ; quoiqu'il en soit, alimenté par les quatre sources de pressions déjà citées, la construction du processus, son cœur de chantier, sera ce lieu de confrontation vers où convergent tous les matériaux, tous les talents, toutes les potentialités, toutes les opportunités, toutes les tensions … et où se déploieront toutes ses activités réelles, internes et externes, c'est là que s'initie toutes les actions et toutes les pensées … Et c'est précisément ce lieu, ce terrain, ce chantier que l'on appelle la Vie dionysiaque.

 

*

* *

 

Le 04/02/2020

 

C'est fou la quantité de bêtises qui se colporte concernant les livres saints du judaïsme. Mettons un peu d'ordre …

La Torah, au sens précis, est le Pentateuque et rien de plus. L'ensemble de la Bible hébraïque, appelée par son acronyme Tanakh, contient la Torah, les Nabiim (les "écrits prophétiques") et les Kétoubim (les "écrits sapientiaux"). La Torah a été écrite vers le 6ème siècle avant l'ère vulgaire, au retour de l'exil de Babylone. Les autres textes sont presque tous postérieurs et on été écrits entre le 6ème et le 3ème siècles avant l'ère vulgaire.

La Mishnah est une compilation rabbinique de règles de vie pour aider les communautés à fonctionner en exil après la destruction d'Israël par les Romains en 70 de l'ère vulgaire. La Mishnah transmet les traditions des communautés pharisiennes qui étaient considérées comme "hérétiques" ou "déviantes" par l'orthodoxie lévitique et sadducéenne.

Les Talmuds ne sont que des commentaires rabbiniques sur la Mishnah selon deux écoles : celle de Jérusalem (plus "juridique" et plus sèche) et celle de Babylone (plus "dialectique" et beaucoup plus volumineuse). En fait, un Talmud est la somme de la Mishnah (la même pour les deux écoles) et de la Guémarah (le commentaire sur la Mishnah). Les deux Guémarot  ont été écrites entre le 2ème et le 8ème siècles de l'ère vulgaire.

Quant à la distinction entre la Loi écrite et la Loi orale, elle est une invention de l'époque de la rédaction de la Mishnah au 2ème siècle de l'ère vulgaire, ayant pour but de donner même autorité à la Mishnah rabbinique (le Loi orale) qu'à la Torah mosaïque (la Loi écrite).

 

*

 

L'idée d'Alliance est centrale dans le judaïsme. Il y en eut trois successives selon la Bible hébraïque. Dans l'ordre :

  1. L'Alliance avec Noa'h dont le signe est l'Arc-en-ciel.
  2. L'Alliance avec Abraham dont le signe est la Circoncision
  3. L'Alliance avec Moïse dont le signe est la Torah.

 

*

* *

 

Le 06/02/2020

 

Le Réel, le Tout, l'Un, le Divin, Dieu … autant de synonymes !

 

Cinq principes en déterminent toute la métaphysique et toute la physique :

 

  1. Le Réel seul existe, qui engendre par émergence tout ce qui existe.
  2. Le Réel vise son propre accomplissement en plénitude.
  3. Le Réel évolue par accumulation.
  4. La Réel se construit par dialectique entre son Tout et ses parties.
  5. Le Réel procède selon une logique propre qui vise l'optimalité.

 

Tout le reste n'est que commentaire.

 

 

Et la Vie est émergence ! Et la Vie est le principe et la logique même de l'émergence !

C'est la Vie qui fait émerger tout ce qui existe.

Et la Vie, c'est Dionysos lui-même !

 

L'optimalité, c'est l'optimalité du pas d'évolution c'est-à-dire l'optimisation entre l'accomplissement maximal et l'effort minimal (énergie).

La dialectique, c'est la dialectique entre le Tout et ses parties, c'est-à-dire l'optimisation du rapport entre intégration (entropie) et individualisation (néguentropie).

L'accumulation, c'est l'accumulation mémorielle (le temps ne se passe pas, il s'accumule), c'est-à-dire la thésaurisation des résultats  par superposition.

L'émergence  c'est l'émergence d'de structures dissipatives autopoïétiques, c'est-à-dire l'optimisation entre le sphéroïdal (la plus petite surface pour un volume maximal) et  le fractal (e plus petit volume pour une surface maximale).

La notion d'accomplissement reste donc le seul vrai problème métaphysique : que signifie "accomplissement" ? L'accomplissement c'est, sous la pression originaire de la Volonté de Puissance, la réalisation (donc le fait de faire advenir à la réalité, au Réel) de tous les possibles, en bonne cohérence avec le "déjà-là" accumulé.

 

*

 

Le thème de la seule vraie question humainement utile d'aujourd'hui est "le changement de paradigme" et les quatre crises majeures de notre temps :

  • écologique : la pénurie de toutes les ressources,
  • technologique : la crétinisation numérique,
  • organisationnelle : le passage de la pyramide au réseau,
  • économique : la fin du modèle financiaro-industriel et l'émergence d'un modèle basé sur la valeur d'utilité et non plus sur le prix, et sur la proximité et non plus sur la masse,
  • et éthique : la fin de l'homme au service de lui-même et le début de l'homme au service de la Vie et de l'Esprit.

Le reste est bavardage, donc idéologie démagogique.

 

*

 

Un homme est un homme. Une femme est une femme.

Le problème n'est pas l'égalité entre eux. La réalité est le différence radicale et complémentaire entre eux, à assumer dans le plus parfait respect mutuel.

 

*

 

Paraphrasant Georges Clémenceau qui parlait de la guerre et des militaires, de FOG, pointu comme d'habitude (mais je l'avais écrit avant lui, il y a des années … lit-il mon journal ?) :

 

"L'écologie est une chose beaucoup trop importante

pour être confiée aux écologistes."

 

Et il ajoute, de son cru, en paraphrasant ce qui n'a jamais été du Malraux :

 

"Le 21ème siècle sera écologique ou il ne sera pas, cela crève les yeux. (…) On se croyait au-dessus du vivant, voilà qu'on se découvre modestement dedans. ça nous change."

 

Et de Régis Debray, dans la même veine :

 

"L'Orient n'avait-il pas été plus sage en cherchant l'harmonie et la communion avec la Nature, en s'en faisant l'émule et non le maître."

 

*

 

Le respect, cela se mérite.

L'islam des islamistes ne méritent aucun respect. Il doit être condamné en tant que véhicule de haine et que complexe délétère de supériorité.

 

*

 

Le financiarisme est un illibéralisme.

 

*

 

Il y a trois erreurs de fond dans les discours "écologistes" d'aujourd'hui, notamment en matière de climat, d'énergie et, plus généralement, de chaotisation du rapport entre l'humanité et son milieu terrestre (la Nature, donc).

 

  • Première erreur : la confusion entre libéralisme et financiarisme. Le libéralisme suit la loi des marchés qui est celle de l'offre et de la demande. S'il y a pénurie (ce qui est clairement le cas dans toutes les dimensions), il n'y a plus d'offre et la logique de surexploitation s'éteint ; alors il devient nécessaire de considérer la Nature comme une ressource rare et chère, de la valoriser au juste prix … et de valoriser d'autres ressources, immatérielles celles-là, qui ne sont pénuriques que par bêtise humaine. En revanche, le financiarisme, de mèche avec les étatismes, ponctionne l'épargne publique pour forcer, artificiellement, des prix bas pour des denrées qui doivent devenir chères donc inaccessibles au plus grand nombre. Financiarisme et étatisme convergent dans l'antilibéralisme afin de maintenir une surexploitation massive des ressources aux fins d'un démagogisme délétère. Cela fait plus de cinquante ans que les pays dits développés vivent largement au-dessus de leurs moyens réels, encouragés par un électoralisme et un clientélisme politiques et financiers court-termistes.
  • Deuxième erreur : la dérive socialo-populiste de l'écologisme. Le problème, ce n'est pas l'humain, mais la Vie et l'Esprit. 85% des humains sont des parasites de la Vie et de l'Esprit, sans aucune valeur ajoutée. Les humains sont 7,5 milliards aujourd'hui et la Terre ne peut en soutenir durablement et harmonieusement que 2 milliards. Ce n'est pas la quantité des humains qui compte, mais leur qualité. Et cette qualité, toujours pour les mêmes raisons démagogiques et égalitaristes (donc de nivellement par le bas), ne fait que s'effondrer de générations en générations. Il est temps de réaffirmer que la raison d'exister de l'humain n'est pas l'humanité, mais que l'humain ne prend sens et valeur qu'au service de ce qui le dépasse infiniment : la Vie et l'Esprit (et non "Dieu" comme on a tenté de le faire croire pendant deux millénaires).
  • Troisième erreur : la croyance erronée que le débat est technocratique et doit s'étayer sur des chiffres avérés. Tous les scientifiques professionnels savent que l'on faire dire aux chiffres à peu près ce que l'on veut : un chiffre est le résultat d'une mesure effectuée sur base d'une théorie préalable que la mesure est censée avérer. Cela s'appelle une tautologie. Le problème n'est pas de savoir quels chiffres sont vrais ou faux. Le problème est de revenir aux fondamentaux de la connaissance physique du monde. En matière d'économie humaine, le problème est de comprendre le second principe de la thermodynamique. Le problème est de comprendre que le rendement de n'importe quelle transformation de ressources ou d'énergies est toujours inférieur à l'unité et que, donc, pour produire quelque chose, il faut détruire plus que l'on ne produit. Le problème n'est pas de produire autrement ; le problème est de consommer moins. Mais ce message est tellement inaudible par les masses ignares qu'il n'a aucune chance de passer par les voies de la sagesse. Il passera donc par les voies de la souffrance.

 

Si vous avez lu ce texte jusqu'au bout, alors vous avez une chance de comprendre la réalité et les véritables enjeux du changement de paradigme que nous vivons. L'heure n'est plus à faire du "social". L'heure est à la lucidité sans pitié (au sens de Nietzsche).

 

*

* *

 

Le 07/02/2020

 

Être de gauche, c'est être du côté du "peuple".

Être de droite, c'est être du côté des "nantis".

Dans les deux cas, c'est être au service des humains.

Je ne suis ni de gauche, ni de droite puisque les humains m'indiffèrent et que je suis du côté de la Vie et de l'Esprit tout au-delà des humains.

 

*

 

Il est indispensable de répéter et d'approfondir cette idée cruciale que le financiarisme, comme le socialo-populisme, est un illibéralisme, que le financiarisme est la dictature de l'argent pour l'argent, une dictature de l'argent à court-terme au mépris de tous les équilibres à long terme, une dictature établie en parfaite collusion avec les institutions étatiques qui ont besoin d'énormément d'argent pour financer les subventions et assistanats, et, ainsi, "acheter" le pouvoir et la paix sociale.

 

*

 

De Nicolas Baverez à propos des démocratures populistes :

 

"Les populismes ne constituent ni un accident, ni une parenthèse destinée à se refermer rapidement. (…) Les populistes (…) portent une conception alternative d'une démocratie fondée sur la souveraineté absolue du peuple. Cette démocratie qui assume son illibéralisme, revendique le primat de l'élection qui conduit à remettre l'ensemble du pouvoir entre les mains d'un homme fort, dont la personne est réputée se confondre avec la nation. Avec pour conséquences la suspension des contre-pouvoirs, la suppression des libertés individuelles, le déni du pluralisme politique, considérés comme autant d'obstacles à l'efficacité de la décision politique (…)."

 

Financiarisme : souveraineté absolue de l'Argent.

Populisme : souveraineté absolue du Peuple.

Illibéralisme : souveraineté absolue de l'Etat.

Les trois fléaux s'unissent … l'Argent, le Peuple et l'Etat.

 

L'illibéralisme triomphe : Hongrie et groupe de Višegrad, Brésil, Inde, Philippines, Turquie, Russie,… et, partiellement, les USA … sans parler d'une Marine Le Pen en France ou d'un Matteo Salvini en Italie … sans parler d'un grand nombre de pays d'Afrique et d'Amérique du Sud qui leur ressemblent de plus en plus …et sans parler des dictatures pures et simples comme la Chine ou l'Iran, …

 

Mais la bonne attitude contre le populisme, le financiarisme et l'illibéralisme n'est pas un "retour" à la démocratie libérale …

Les thuriféraires de cette démocratie libérale et, plus généralement, de ce que l'on appelle encore les "idéaux des Lumières", ne comprennent manifestement pas trois choses :

  1. La démocratie est un système qui n'a jamais très bien marché et qui ne marchera plus jamais car elle a été confisquée par les partis politiques idéologisés et carriérisés, par la démagogie professionnelle, et par l'électoralisme et le clientélisme ; il faut aussi cesser de croire à l'intelligence des peuples car les masses sont de plus en plus incapables de comprendre la complexité réelle du monde, et les enjeux qui sont ceux de la politique réelle.
  2. Le libéralisme n'a rien à voir ni avec le capitalisme, ni avec le financiarisme. Il est fondé sur la liberté personnelle d'entreprendre, aux sens pleins et multiples de ce verbe. Il est, à la fois, un anti-étatisme et un anti-idéologisme radicaux ; cela signifie qu'il prône un Etat minimal uniquement confiné à la gestion des logistiques collectives non privatisables (en gros les investissements indispensables, mais non rentabilisables), et qu'il refuse de croire que l'on puisse réduire la réalité complexe des communautés humaines à des modélisations idéologiques quelles qu'elles soient.
  3. L'économie n'a pas pour finalité de faire de l'argent pour l'argent, de générer des profits maximaux, de servir des rentes financières aux actionnaires et des rentes sécuritaires aux salariés. L'argent est un moyen ou une conséquence, mais jamais un but. La seule finalité de l'économie est de produire de la valeur d'utilité ou d'usage, au meilleur prix possible afin de rémunérer de façon équitable toutes ses parties prenantes, et d'assurer, à la fois, sa propre pérennité et sa capacité d'innovation sur la durée.

 

Ces trois convictions n'ont pour objectif que d'empêcher la stupidité du Peuple, la cupidité de l'Argent et l'orgueil de l'Etat, de nuire et de mettre, enfin, l'humanité au service de la Vie et de l'Esprit.

 

A tout cela, il faut ajouter le fait que la mondialisation se termine sur un échec global et que la continentalisation du monde est en marche … également en ce qui concerne les modalités de fonctionnement socio-politico-économique. Et que, donc, que chaque continent aura sa propre logique ; espérons que le continent européen réussisse à se purger de ses miasmes populistes, illibéralistes et financiaristes.

 

*

 

La majorité des humains est ainsi faite qu'elle choisira plutôt le suicide demain à la discipline aujourd'hui

 

*

 

Les fumisteries technologiques :

  • 1G : numérisation et échanges de voix.
  • 2G : numérisation et échanges de textes.
  • 3G : numérisation et échanges d'images.
  • 4G : connexion aux sites de la Toile.
  • 5 G : connexion aux "objets connectés".

Tout ce qui est au-dessus de la 2G ne sert strictement à rien … et ne fonctionne que "sur une patte", quand ça veut bien, quand ça peut bien, quand ça choit bien.

L'échange et la connexion ne sont pas un enjeu stratégique

 

*

 

Comme tous les nostalgiques du socialo-gauchisme qui en train de devenir un socialo-populisme, bien des mouvances entretiennent une confusion biaisée et fallacieuse entre capitalisme, financiarisme, monétarisme et libéralisme. Ce sont des doctrines et des pratiques complètement opposées, qu'un seul trait commun rassemble : l'opposition radicale au socialisme, au communisme, au collectivisme, au marxisme, au totalitarisme, au national-socialisme, etc … toutes doctrines dont la seule issue a été des famines, des effondrements, des calamités, des persécutions, des répressions et des centaines de millions de morts non-naturelles au 20ème siècle.

 

De plus, comme tous les mauvais médecins, ces mouvances se concentrent sur les symptômes de la maladie (le délire des systèmes monétaires et boursiers) plutôt que de voir les causes de la maladie : des centaines de millions de gens qui voudraient vivre et consommer comme des riches et dont on achète les voix à coût de prêts à bas prix, de crédit à la consommation, d'assistanats et de subventions.

 

La finance spéculative mondiale, tant monétaire que boursière (qui m'est totalement odieuse), est une fuite en avant. Evidemment. Mais le vrai problème n'est pas là ! Le vrai problème est que beaucoup de pays vivent, depuis au moins cinquante ans au-dessus de leurs moyens et que leurs peuples doivent apprendre très vite à se serrer la ceinture et à consommer beaucoup moins de tout … et surtout de saloperies toxiques et de ludique inutile.

Il faut, bien sûr, combattre cette finance spéculative que certains appellent "capitalisme", mais à tort puisque le capitalisme est une technique de financement privé des investissements privés. Ce capitalisme peut être spéculatif ou entrepreneurial. Il faut combattre le "capitalisme" spéculatif (le financiarisme). Mais le capitalisme entrepreneurial doit être, tout au contraire, vigoureusement soutenu … sinon : pas d'entreprises, pas d'emplois, pas de revenus, pas de marchés.

 

Les banques et les institutions financières ne font que répondre à la demande de milliards d'abrutis qui veulent consommer n'importe quoi, selon leurs caprices infantiles, et qui, ce faisant, tuent la planète. La cause de tout ce marasme que nous vivons, est la propension des imbéciles à dépenser de l'argent qu'ils ne possèdent pas. Alors, forcément, il y a des malins qui trouvent des trucs pour fabriquer de l'argent à partir de rien. Mais ça, c'est la réaction, pas la cause.

 

Cessons de combattre et les symptômes et attaquons enfin les causes profondes de ce qui nous tue à petit feu.

*

 

La Toile est une caisse d'amplification et de résonance énorme et immonde pour des opinions qui falsifient continuellement la réalité pour des raisons visiblement idéologiques voire psychopathiques.

 

*

 

Il fallait un cycle de déconstruction du paradigme christiano-idéaliste. Ce fut la Modernité. Mais celle-ci a dérapé. Plutôt que de préparer un nouveau paradigme spirituel (cosmo-noétique), elle a voulu s'affirmer elle-même en paradigme long, comme paradigme techno-industriel ou fausto-prométhéen ; un paradigme anthropocentré et "hors-sol", narcissique et nombriliste, hédoniste et nihiliste. Toute cette mauvaise tragédie s'est nouée entre 1780 et 1848 …

 

*

 

D'Epictète :

 

"Ne prétends pas changer la nature des choses."

 

*

 

De Régis Debray :

 

"(…) l'homme est partie intégrante et non surplombante de la nature. Il se croyait au-dessus, et se découvre dedans.

 

*

 

Il n'y a pas d'urgence.

L'urgence est un fantasme qui ne traduit qu'une seule chose : notre incapacité ou notre paresse à anticiper ou à satisfaire par soi-même un caprice que l'on sous-traite à d'autres.

 

 

*

 

Il ne faut pas sombrer dans le contemption de la technologie ; il faut seulement la mettre radicalement au service d'autre chose que les caprices humains.

 

*

 

En un peu plus de deux siècles, nous avons connu trois révolutions technologiques : la puissance de la vapeur, la puissance de l'électricité et la puissance du microprocesseur.

Il est grand temps que s'ensuive une révolution éthique et spirituelle.

 

*

Tant que l'humain restera au service de lui-même, il regardera tout ce qui n'est pas lui avec hostilité.

 

*

 

Les hommes ont toujours rêvé surtout du pouvoir. Aujourd'hui, les femmes le revendiquent.  Qu'elles le prennent donc : bon débarras. (En fait, les femmes ont toujours détenu le vrai pouvoir domestique ; mais maintenant, elles veulent en plus le pouvoir public ; tant mieux pour elles).

 

*

 

Les hommes sont mécaniques et dominateurs alors que les femmes sont organiques et séductrices.

 

*

 

De Régis Debray :

 

"Il n'est pas de projet sans mémoire."

 

*

 

Ce n'est un modèle de société (une idéologie politique) qu'il faut viser, mais bien un modèle comportemental (une éthique spirituelle).

 

*

 

L'homme restera un loup pour l'homme tant que l'humain ne rêvera d'être qu'un loup-garou.

 

*

 

Il faut construire un monde où tout n'est pas à vendre. Il faut donc y réintroduire de la sacralité : ce qui est sacré ne se vend pas.

 

*

 

Notre époque vit une grande quête d'identité tant au niveau personnel que collectif : "qui suis-je vraiment ?". Et ce "vraiment" éradique toutes les réponses conceptuelles, abstraites, génériques et "bateau". La réponse : "Je suis un humain" est aussi risible que : "Je suis un multicellulaire". Être un humain est un constat biologique insignifiant du point de vue identitaire, comme les "droits universels de l'homme" sont insignifiants du point de vue des différences colossales entre les humains.

Ce genre de concepts "bateau" sont des concepts "entropiques" tant ils sont diluants, indifférenciants, etc …

 

*

 

Un local, des locaux (rien de plus normal …)

Un chacal, des shakos (ou comment des charognards deviennent des militaires).

Un Fayçal, des faisceaux (ou comment des Arabes deviennent fascistes).

 

*

* *

 

Le 08/02/2020

 

De la Revue des deux mondes :

 

" Notre époque dont l’enfant est un roi, précieux, adulé, admiré, n’a-t-elle pas abandonné son devoir d’éducation, de transmission pour se soumettre aux injonctions jeunistes tous azimuts ? (…) notre société est doublement coupable : en fétichisant l'enfant et en ayant voulu inventer le parent parfait ... Mais n’est-il pas injuste de faire (encore !) le procès des parents (…), alors qu’en France le culte de l’enfance est une invention du 18e siècle et de Rousseau ?"

 

Jean-Jacques Rousseau est la tête à claques du 18ème siècle … comme Greta Thunberg est la tête à claques de ce début de 21ème. J'espère que cette dernière fera beaucoup moins de dégâts idéologiques que le premier.

Le chaos climatique est une chose bien trop réelle et bien trop sérieuse pour être laissée entre les mains d'une idéologue socialo-populiste en herbe.

 

*

 

L'Euroland a inventé la Modernité et elle sera (elle est déjà) le premier à en sortir … alors que l'Angloland, l'Indoland et le Sinoland s'enferrent dans une hypermodernité fantasmagorique et débile, que l'Islamiland est encore médiévale, que le Russoland et le Latinoland sont à la traîne (et presqu'en faillite) et que l'Afroland n'est nulle part.

L'après-modernité s'invente en Europe et nulle part ailleurs. L'Europe n'est pas ringarde, elle est, tout au contraire, l'avant-garde de l'avenir de l'humanité … une fois de plus.

Mais bien sûr, comme toujours, le socialo-populisme n'y comprend absolument rien … et résiste bêtement, sournoisement, insidieusement, souvent, … voire violemment et agressivement (gilets-jaunistes et cégétistes en tête).

 

*

 

L'après-modernité sera aussi un après-technologisme : elle est déjà en train de comprendre que les "réseaux sociaux" sont des cloaques putrides, que les 3G, 4G et 5G ne servent à rien, que le "transhumanisme" est une terrifiante fumisterie, que la robotisation et l'algorithmisation sont vendus très largement au-dessus des services réels qu'ils peuvent rendre efficacement et utilement, que l'ordiphone induit un esclavage absurde et inutile, etc …

Nous allons assister, dans les prochaines années, à l'amplification de la déjà actuelle vague de déconnexion, de dénumérisation et de détoilification.

Ces gens-là - dont moi - sont déjà en train d'inaugurer ce que j'appelle "l'intelligence technologique" qui consiste à appliquer au numérique comme au reste, le principe de frugalité : beaucoup moins mais bien mieux !

 

*

 

Pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tête de beaucoup de musulmans, autochtones de l'Islamiland ou immigrés en Euroland, il suffit de bien voir qu'ils fonctionnent selon une anthropologie médiévale.

Dans leur tête et selon leur propre calendrier, ils sont encore au 14ème siècle : ils constituent une mosaïque de  fiefs plus ou moins vassaux d'une kyrielle de suzerains plus riches ou plus fourbes ou plus cruels, et ils nous refont le coup de l'Inquisition, des Croisades et de la chasse aux Juifs et aux "sorcières" …

Les salafistes sont leurs derniers Templiers … avant que vienne leur propre révolution humaniste … qui s'enclenche déjà un peu, mais si laborieusement …

 

*

 

De Régis Debray :

 

"Le vivant organise le milieu qui l'organise.

Il y a interdépendance et codéveloppement."

 

*

 

De Julien Gracq :

 

"Une civilisation de bernard-l'ermite est sans avenir."

 

Vrai ! Et nos villes sont d'immenses pagures : de gros corps mous multi-organiques et décérébrés qui se logent, en s'y entassant, dans des coquilles de béton, d'asphalte, de verre et d'acier.

 

*

 

Presqu'aucun humain ne vit dans le Monde, mais chacun ne vit que dans son petit monde qu'il a façonné à sa main, selon ses codes et ses goûts, selon ses possibilités et ses capacités.

Faut-il alors s'étonner que ce trop petit monde artificiel de beaucoup soit incompatible avec le Réel et ses évolutions ?

Dans la tête et la vie des masses, il y a conflit perpétuel entre leurs petits mondes étriqués et sécurisants, et le vrai Monde vivant.

 

*

 

Il faudra parler de la dialectique entre la Vie et l'Esprit.

Plusieurs mondes humains y sont envisageables … :

  1. Un monde dont la Vie et l'Esprit sont absents, un monde minéralisé, revenu au minéral, donc, un monde effondré …
  2. Un monde où la Vie triomphe et où l'Esprit s'étiole, un monde redevenu sauvage où l'écologie profonde a gagné sa bataille …
  3. Un monde, tout symétrique, où l'Esprit seul règne et où la Vie est remisée dans un coin, sans intérêt : c'est le monde qu'aurait voulu imposer le christianisme paulinien et augustinien, un monde où la chair est rejetée et honnie …
  4. Un monde où la Vie et l'Esprit trouvent un compromis, toujours hasardeux, toujours fragile, toujours instable, mais qui pourrait être pérenne si les paramètres n'y évoluent pas ou peu : un monde en équilibre précaire construit sur une démographie faible et stabilisée, et sur une frugalité impérieuse liée aux ressources exclusivement renouvelables … C'est le monde des "écolos" actuels.
  5. Et puis, il y a le monde où la Vie et l'Esprit trouvent dialectiquement, ensemble, une voie émergente radicalement inédite ; un monde où les humains seront au service exclusif de cette Vie et de cet Esprit ; un monde hissé à un nouveau niveau inédit de complexité, et dédié à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit au travers tout ce qui vit et pense, y compris les (des) humains. Comme à chaque fois, un tel processus d'émergence implique une inversion de valeur. Ce ne sont plus ni la Vie, ni l'Esprit qui sont au service de l'humain et de son anthropocentrisme, mais le radical contraire : ce sont la Vie et l'Esprit qui donneront sens et valeur à l'humain … seulement s'il contribue à leur accomplissement conjoint. Mais il est évident qu'un tel monde "supérieur" ne sera possible que si les humains apprennent rapidement la frugalité et la discipline, la modestie et l'austérité.

 

Il me semble que le choix d'une de ces cinq voies doit être fait maintenant. Sans tarder. Pour choisir la première voie, il suffit de continuer à proliférer et à consommer comme aujourd'hui : l'effondrement est assuré. La deuxième voie fait l'hypothèse fausse de la réversibilité de l'évolution. La troisième voie est une impasse déjà horriblement expérimentée.

Il ne reste, en fait, que la quatrième et la cinquième voie. Elles ne sont en rien contradictoires. Il faut donc, si l'on veut éviter l'effondrement, les mener de conserve : la quatrième pour le court-terme et la cinquième pour le plus long terme.

 

*

 

D'Héraclite d'Ephèse :

 

"Le Logos dit que Tout est Un."

 

*

 

Une existence, ici et maintenant, qui ne serait pas le point de rencontre entre une généalogie et une téléologie, serait profondément absurde, c'est-à-dire sans sens et sans valeur.

 

*

 

De Christian Godin (in : "La Totalité") :

 

"La tendance à adopter le point de vue de la partie contre le tout ne domine pas seulement le champ philosophique. (…). Ainsi chute-t-on des droits de l'homme à ceux de l'homosexuel (…)."

 

Et plus le monde humain dégénère, plus cette infirmité de l'esprit prend des racines profondes et des proportions inquiétantes dans les comportements sociaux qui exaltent, en les victimisant, les micro-minorités insignifiantes au détriment et à l'encontre de la majorité des braves gens qui essaient de vivre leur vie loin de ces violences et de ces ostracismes artificiels.

 

*

 

Totalité et universalité ne sont pas synonymes.

Universalité pointe un indifférencialisme entropique et mortifère.

Totalité pointe un organicisme néguentropique et vivace.

Tout ce qui est universel est insignifiant, tout ce qui est holistique est crucial !

 

*

 

De Christian Godin, encore :

 

"Lorsque tout signifie, tout devient insignifiant"

 

Remarquable synthèse …

 

*

 

Le génial urinoir de Marcel Duchamp marque, enfin, la fin du mythe de l'art.

L'art n'existe pas, ne vaut rien (sauf au sens pécuniaire, parfois ; il y a des crédules … ou des spéculateurs sur le connerie des crédules) et ne signifie rien … hors les fantasmes que l'on y investit. Un "artiste" est une connard parasite qui survit, dans sa fantasmagorie, en pompant du fric aux gogos  qu'il convainc de son génie.

Lorsque l'art est divertissement ou ornement, il n'est rien. Perte de temps. Perte de puissance spirituelle. Insignifiance.

Ne sont pas de l'art, les monastères romans, les cathédrales gothiques, les œuvres de Bach ou Pachelbel, le Requiem de Mozart, etc …  ce sont des prières. Tout le reste n'est que broderies sur un déguisement ridicule.

L'art, sauf quelques rares exceptions, n'est que branlette d'égotistes en mal de reconnaissance ou d'autosatisfaction.

 

*

 

Christian Godin a raison : les trois derniers siècles ont tout fait pour détruire l'idée d'une fondement unique, unitif et unitaire de tout ce qui existe, pour annihiler le notion de "totalité". Le résultat en est une dispersion, une fragmentation, une mosaïcisation délétère du Réel et, donc, une perte totale de perspective, de cohérence, de sens, de valeur et de sacralité qui  a engendré le nihilisme nauséabond de notre époque.

Le grand Tout est devenu un gros tas.

 

*

 

L'idée d'universalité indifférenciante et l'idée de totalité différenciée sont radicalement contradictoires et inconciliables.

Le philosophisme du 18ème siècle, en instaurant trop durablement l'idée d'universalisme et, par conséquent, d'égalitarisme, a été la plus grande bévue de l'histoire de la pensée.

 

*

* *

 

Le 09/02/2020

 

De ma complice Néa B. sous le titre : " Les dérives des campus américains ont débarqué en France" :

 

" Les fâcheuses retombées du Post-modernisme.

Dérives à la vénérable université de la Sorbonne. Comment en est-on arrivé là ?

J'ai vu progressivement le fils du 36 sombrer dans ce délire et cela me peinait profondément car j’éprouvais une affection sincère pour lui, mais peu à peu, je réalisais le fossé qui se creusait entre nous, ses névroses se transformaient en accusation-victimisation sur à peu près tout et n’importe quoi. Obsession identitaire, manque de rigueur intellectuelle, militantisme exacerbé…

Il enseigne à Rouen mais j’imagine que ce fléau se répand jusque dans nos villages, la théorie du genre et les cultural studies sont le coronavirus du cerveau.

Personne ici ne semblait se rendre compte de ses dérives, par peur d'être traités d'homophobes une fois que l'homosexualité devenait une mode. Et puis les gens peu à peu ne captent plus rien, il y a une sorte de nihilisme, une indifférence totale à tout, tant que cela ne concerne pas leur petite personne directement. Pareil pour l’islamisme jusqu’au prochain attentat, l’occasion d’allumer des bougies. C’est aussi un reflet de la Postmodernité et de notre décadence. Les race studies et déclinaisons sont juste là pour tout exploser

 

Tout fonctionne comme ça dans nos sociétés aujourd'hui, l’apathie par peur de paraître sexiste, raciste... et les gens s'autocensurent, ce qui débouche sur des comportements schizophrènes.

Ces professeurs postmodernistes (dont le fils du 36 fait partie) enseignent aux étudiants qu'il n'y a pas de vérité, que la science et les faits empiriques sont des outils d'oppression par le patriarcat blanc, et que presque tout le monde en Amérique – et à présent en Europe - est raciste et sectaire

Je me souviens d'une discussion agressive de sa part à l'égard des disciplines scientifiques qui pour lui étaient des disciplines vulgaires, en comparaison des disciplines nobles des sciences sociales. Il croyait dur comme fer à toutes ces âneries et peu à peu, il inversait toutes les valeurs jusqu’à la mythomanie maniaco-dépressive. C’est triste pour lui mais je suis surtout peinée qu'il ait réussi à endoctriner mon frère sur le tard, quand il n'avait plus les capacités ni l’envie de relever toutes ces conneries.

 

Ces Cultural studies sont un glissement de la théorie marxiste de la lutte des classes vers la lutte des identités : au lieu de juger les gens sur leur personnalité, il faut maintenant les juger en fonction de leur couleur de peau, leur ethnicité, leur sexe, leur orientation sexuelle, etc.

Les postmodernistes ont essayé de détourner la biologie, ils ont pris le contrôle d'une grande partie des sciences politiques, de presque toute l'anthropologie, de l'histoire et des lettres (anglaises) : "... terrorisme intellectuel, caractère frauduleux, corruption, vacuité et nihilisme terrifiant de ces champs de recherche".

 

À l'instar des terroristes du 11 Septembre qui ont envoyé des avions dans des immeubles, "les gens qui publient dans ces disciplines envoient des cargaisons de charabia, d'inepties, de grotesques conneries sexistes, racistes et identitaristes s'écraser contre les édifices de la raison que nous avons érigés depuis l'avènement de la méthode scientifique".

Cf : https://www.lepoint.fr/debats/peggy-sastre-quelque-chose-de-pourri-au-royaume-des-sciences-humaines-11-10-2018-2262079_2.php

.................

Ce qui se passe sur les campus américains se développe à grande vitesse dans nos plus prestigieuses universités françaises. On connaît tous le drame d'Evergreen et les dérives de sa terrifiante idéologie.

« Dans les jeunesses hitlériennes, on fabriquait des petits nazis entraînés à tuer des Juifs.

Dans les rangs du Komsomol soviétique (jeunesse communiste) on formatait des jeunes pionniers qui n'avaient aucune hésitation à exterminer les ennemis du peuple.

Et les Gardes Rouges chinois, de tristes robots endoctrinés, portaient la mort dans les rangs des adversaires du bien aimé président Mao. Que fabriquait-on d'autre à l'Université d'Evergreen ? Le racisme anti-blanc.»

Les Blancs devaient s'excuser d'être blancs et subissaient les plus atroces sévices. Sous couvert d'antiracisme, le campus Evergreen a instauré un régime de la terreur discriminant les Blancs.

Une idéologie autoproclamée antiraciste où les Blancs sont coupables par nature.

Les personnes de couleur peuvent réserver la nourriture, les tables et les chaises en priorité

Une vidéo parue en 2019 témoigne de cette terreur.

.........................

Premières journées de cours à La Sorbonne, vénérable et autrefois prestigieuse université de France : les cultural studies.

Ces "cultural studies", directement héritées des chaires anglo-saxonnes, prennent de l'ampleur en France. Leur principal thème de recherche : l'étude des "minorités", essentiellement à travers les critères du genre, du sexe, de la race et de l'orientation sexuelle.

Elles embrassent donc des sujets aussi variés que le racisme, le féminisme, les classes populaires, le porno ou les personnes en surpoids. Ce sont les Race studies, porn studies ou encore fat studies.

"Populaire", c'est le mot passe-partout qui permet de revendiquer tout et n'importe quoi, à toutes les minorités. Mais qu'est-ce qu'une minorité ? Pour ces gens-là il suffit d'avoir un peu d'embonpoint pour avoir droit à revendiquer contre l'oppression de la société castratrice de l'homme blanc hétérosexuel, contre le paternalisme, contre le racisme, etc … La liste est infinie.

Les cultural studies revendiquent de n'exclure personne, c'est-à-dire aussi de n'offenser personne (la bien-pensance et ses ravages).

 

Dans les cultural studies, on met des guillemets partout pour ne pas offenser les particularités : le beauf, le petit, le grand, le gros. Le dominé devient "le subalterne", ou le racisé.

L'écriture inclusive y a une place de choix

Ces consignes donnent parfois lieu à des discussions d'une absurdité rare. "Femme de couleur", une professeure le reprend : "Je n'aime pas du tout l'expression femme de couleur. Préférez femme non blanche ou femme racisée"

 

Un professeur dit que copier les travaux d'autres chercheurs est interdit. Certains étudiants parlent alors de viol intellectuel, puis contestation : "Cette comparaison dangereuse minimise les violences sexuelles et reproduit la violence à l'égard d'étudiant.e.s."

Choqués, les étudiants réclament des excuses publiques. Etc.

https://www.lepoint.fr/societe/le-jeu-du-mot-qu-il-ne-faut-pas-dire-07-02-2020-2361677_23.php "

 

*

 

Aujourd'hui, le problème n'est plus de gagner des sous avec vos sous, mais de cesser d'en perdre et d 'anticiper les énormes pertes qui vous attendent.

Je m'explique …

 

Primo : il faut cesser de croire que l'on peut encore faire des business plans, des tableaux de rentabilités, des prévisions de gains et ce genre de couillonnades pour banquiers décatis et décérébrés. Nous sommes entrés dans une économie mondiale en phase chaotique, tant dans ses dimensions commerciales que financières ou monétaires, où plus rien de quantitatif n'est prévisible.

En plein ouragan, les bulletins météo ne servent plus à rien et la seule confiance que l'on peut avoir, doit être placée dans la force du bateau et dans la virtuosité de son capitaine.

 

Secundo : l'argent qui dort est de l'argent qui meurt. Les taux dits "négatifs" pratiqués par les banques centrales sont des mesures qui visent à décourager l'épargne et à alimenter les marchés qui, eux-mêmes, sont en pleine décroissance. Pour cesser de perdre de l'argent, il faut investir dans du vrai matériel, dans du "dur", dans du foncier, dans des entreprises, petites et moyennes (surtout pas les grosses ou pimpantes cotées en Bourse), qui pratiquent un vrai métier pour lequel il y aura toujours de la clientèle et de la demande, dans des activités dont la valeur d'utilité ou d'usage ne dépend pas des fluctuations monétaires ou boursières.

 

Tertio : tous les analystes - sauf les hypocrites, les escrocs ou les manipulateurs - savent que nous sommes à deux doigts d'une crise financière majeure, aux côtés de laquelle celle dite des subprimes en 2007 et 2008 semblera de la roupie de sansonnets. La finance spéculative mondiale va s'effondrer, entrainant avec elle la valeur des monnaies officielles, dollar en tête.

Les bulles spéculatives actuelles atteignent un volume équivalant plusieurs dizaines de fois celui du PIB mondial. Les endettements de tous les gros acteurs sont démentiels et tout ce petit monde débile joue à "je te tiens, tu me tiens par la barbichette" … mais la "tapette" finale sera terrible.

 

Quarto : la croissance économique est définitivement morte, le mythe des économies montantes ou nouvelles (la Chine, pour le pas la nommer, après l'Inde, la Russie, le Brésil et l'Afrique du Sud qui ne font plus rêver personne) va retomber comme un soufflé, les Etats-Unis se replient sur eux-mêmes et s'appauvrissent, et les pays arabes producteurs de pétrole ne produiront bientôt plus rien, les nappes s'épuisant. Seule l'Europe, quoique que les crétins en disent, a encore un bon avenir devant elle, pour peu qu'elle devienne  un vrai continent intégré.

 

Quinto : toutes les ressources non renouvelables sont en pénurie et les ressources renouvelables ne peuvent satisfaire, au mieux, que 20% des besoins actuels. Il y a donc plus de 5 milliards d'humains en trop sur la Terre. Le principe de frugalité (en tout, même en technologie numérique) est déjà en train de devenir le premier principe économique et éthique de notre planète.

 

Conclusion : il nous faut investir nos sous (et ne plus les thésauriser) et il faut les investir dans des projets réels, à échelle humaine, ancrés dans la réalité du sol, dans des activités qui correspondent aux besoins de base des humains (nourriture, habitat, vêtement de base, ressourcement, santé, éducation, nature, etc …) et qui respectent le principe de frugalité.

 

A bon entendeur … !

 

*

* *

 

Le 10/02/2020

 

D’après SICS :

 

" Les jeux vidéo représentent un tiers de tous les téléchargements. Ils sont devenus le loisir le plus populaire et le plus lucratif, loin devant le cinéma, la télévision, la musique, les livres. Quelque 2,5 milliards de personnes y jouent dans le monde. Parmi elles, de vrais drogués. En juin 2018, l’Organisation mondiale de la santé a reconnu l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie, au même titre que celle à la cocaïne ou aux jeux d’argent."

 

*

* *

 

Le 11/02/2020

 

L'auteur de ces lignes est Juif. Il est issu d'une famille doublement tolédane, Halévy et Bernal (la synagogue de Tolède, aujourd'hui encore, s'appelle la synagogue Halévy ou, mieux : ha-Lévy). Cette famille fut expulsée d'Espagne en 1492, puis du Portugal quelques années plus tard, et finalement accueillie à Amsterdam pendant plus de quatre siècles …

Cette histoire est aussi celle de la famille de Baroukh Spinoza qui fut formé par le kabbaliste Abraham Cohen de Herrera et que, j'ose l'imaginer, mes ancêtres fréquentèrent et … qui, j'ose l'imaginer encore plus fort, le défendirent contre les ridicules accusations d'athéisme qui aboutirent à son 'Hérèm, c'est-à-dire à son expulsion de la communauté amstellodamoise.

 

*

 

Qu'est-ce qu'une Tradition ?

C'est un édifice qui se construit, générations après générations. Il se construit toujours plus haut, toujours plus beau, mais en préservant les grandes lignes, les grands axes, mais en construisant le "nouveau" dans le plus grand respect de la construction antérieure, et en parfaite harmonie avec elle.

 

Une tradition spirituelle ne vit que si des humains s'en nourrissent intérieurement, régulièrement, assidument, passionnément. Quelle est leur "bonne raison" de faire cela ? Que cherchent-ils ? Quelle est leur question ? Quelle est leur quête ?

Toute Tradition spirituelle est une chemin qui n'a de sens et de vie que si des chemineaux y cheminent (des chemineaux et non des cheminots : les chemins de fer ne sont pas une voie spirituelle … seulement syndicale, au mieux).

Ainsi, pour qu'une Tradition spirituelle vive, se développe, s'enrichisse et s'accomplisse, elle doit répondre aux besoins spirituels de ses adeptes, non pas avec des réponses toutes faites (ça, c'est le rôle des religions), mais avec des outils, des modèles, des rites, des méthodes, des balisages, des symboles, etc … qui puissent les accompagner dans leur cheminement intérieur.

 

*

 

Un processus est poussé par une généalogie (sa mémoire accumulée) et tiré par une téléologie (sa raison d'exister qu'il est souvent difficile de décrypter).

Entre son passé qui le fonde et son futur qui le stimule, l'intérieur du processus est habité par une axiologie (toutes les règles, les méthodes, les modèles, … qui le guident dans son accomplissement) et son extérieur est contraint par une écologie (la pression et les évolutions de son milieu). Au milieu de toutes ces tensions, le processus évolue, pas à pas, jour après jour, en suivant son métabolisme, selon sa propre éthologie (son comportement réel, dans l'instant, dans son vécu actuel).

 

*

 

Le monde des "cherchants" évolue, les modes et modalités de cheminement aussi, mais, globalement, la tension et la pression demeurent les mêmes ; les spiritualités évoluent, à présent, dans un monde foisonnant où les textes et les connaissances, où les humains et les idées, circulent affolés dans un maelström où il devient de plus en plus difficiles de trier le vrai du faux, le génial du nullissime, l'authentique du farfelu, le maître du charlatan, le penseur du menteur, le mystique du loustic, etc ...

 

*

 

On ne chemine pas si l'on ne marche pas soi-même. Avec courage, avec ténacité, avec fermeté, avec régularité, avec passion. Toute démarche spirituelle est avant tout un effort, un travail, une ascèse …

On n'arrive à rien, en ne faisant rien.

 

*

 

Face au Rien, il y a le Tout.

Face au nihilisme, il faudrait un "totalisme" dont le mot est trop proche de "totalitarisme" pour plaire ; mettons donc, face au nihilisme, le holisme.

Tout est Tout. Tout est Un. Le Tout est le Réel … et ce Réel est Un qui contient le Tout.

 

Tout est dans Tout et réciproquement. Tout est cause et effet de Tout.

Le Tout n'est pas un ensemble ou un assemblage.

Le Tout est une unité totalisante dont les parties ne sont que conventionnelles et artificielles, mais pratiques pour y faire travailler les mains et les esprits.

C'est le niveau du regard qui détermine l'existences des choses.

 

Dès que l'on identifie le Tout à une seule caractéristique, on profère des âneries comme … tout est absurde, tout est souffrance, tout est matière, tout est misère, tout est désespoir, tout est injustice, ...

Réduire le Tout à quelque chose est toujours un péché mortel de l'esprit.

Il faut inverser le regard et renoncer à toute réduction pour, tout au contraire, penser en termes d'intégration : remplacer "tout est matière" par "il y a du matériel dans le Tout".

 

Maurice Merleau-Ponty affirmait, à raison, que : "C'est le Tout qui a un sens et non chaque partie".

Le Tout donne sens et valeur à chacune de ses parties. C'est vrai. Mais, en retour, le Tout ne prend sens et valeur qu'au travers de ses parties.

Et Christian Godin d'ajouter : "Tout ce qui est absurde est mutilé" c'est-à-dire amputé de son lien (physique et/ou logique) au Tout.

 

Les deux grands ennemis - tout opposés - du holisme sont le monisme apophatique et l'atomisme mécaniciste.

Dans le Tout, il y a du différencié qui peut être pensé et dit.

Dans le Tout, il n'y a pas de vide puisque tout est plein.

 

Toute approche analytique (mécanique, chimique, œnologique, biologique, génétique, médicale, diététique, sociologique, idéologique, économique, psychanalytique, etc …), face à la réalité organique du Tout, est vouée à l'échec. Le Tout ne se réduit jamais à l'ensemble de ses parties supposées ou conjecturées. Rien n'est assemblage. Le holisme requiert impérativement des approches processuelles (et non objectales) et systémiques (et non analytiques).

 

Tout ce qui existe - c'est-à-dire qui est directement ou indirectement expérimentable -, est un tout de parties et une partie d'un tout qui est partie du Tout.

Plus les parties de parties sont fines, plus elles deviennent indiscernables et conjecturelles, donc insignifiantes (c'est ce que nous apprend la physique quantique).

 

Le fondement du Tout, c'est sa cohérence. Il y a un Tout, parce qu'il y a une cohérence dans ce tout. Parce que ce Tout est un tout qui se tient, tant dans l'espace que dans le temps.

Vouloir toujours plus de cohérence (intérieure et extérieure), c'est s'accomplir !

Mais il ne faut jamais confondre la "cohérence" et la "coercition". Le Logos du Réel n'est ni policier, ni judiciaire ; mais il est et il finira toujours par triompher, même s'il faut, pour ce faire, créer des émergences inouïes.

 

Les imbéciles aiment à confondre et à entretenir la confusion entre "totalisme" (holisme, donc) et totalitarisme, alors que le totalitarisme est, très précisément et très contradictoirement, une interdiction péremptoire et violente de toute différence, de toute non-uniformité ; il est la réduction drastique et autoritaire de toute la réalité humaine à un "particulier" (propre à une partie), à un schéma, à un modèle, à une idéologie, étroits, étriqués, simplistes et absurdes.

Réduire la totalité et exalter le Tout sont au radical opposé l'un de l'autre.

 

Le Tout est rationnel. Hegel l'a martelé. Mais cette rationalité-là est tout à l'opposé de l'étroit rationalisme réducteur n'acceptant que les résultats de la logique aristotélicienne. Dans le Tout, tout a sa raison d'advenir, d'exister, d'évoluer et de disparaître. Mais cette rationalité globale liée à la cohérence globale du Tout, n'est jamais réductible ni au rationalisme, ni au logicisme.

 

Tant que les humains refuseront le fait simple qu'ils sont partie prenante et intégrante d'une Tout qui les engendre, qui les porte, qui les nourrit, qui les englobe, qui les transcende et qui leur donne sens et valeur, ils ne connaîtront que malheurs et souffrances, et ils s'inventeront des fables religieuses ou idéologiques pour tenter d'échapper à ce fait simple qu'ils ne sont que des parties prenantes et intégrantes , et qu'ils ne sont pas un tout, ni collectivement, ni individuellement.

 

L'histoire des humains a enfanté des monstres terrifiants, ce n'est pas pour cela que cette histoire devrait être intrinsèquement monstrueuse.

L'histoire des humains a connu des irrationalités absurdes, ce n'est pas pour cela que cette histoire devrait être intrinsèquement irrationnelle.

Ces monstruosités et ces irrationalités flagrantes et sanglantes, témoignent du fait que les humains refusent de se soumettre à l'harmonie et à la rationalité de l'évolution du Tout dont ils procèdent, vers son propre accomplissement.

Les monstruosités et les irrationalités de l'histoire des humains ne témoignent que de l'orgueil humain de s'opposer au Logos du Réel.

 

Le Réel a deux faces. Il est le Tout de ce qui est expérimentable, directement ou indirectement. Mais il est aussi le Tout cde ce qui est inexpérimentable mais qui est nécessaire pour donner de la cohérence à toutes les expériences faites.

 

*

 

Comment faire pour affirmer fermement les différences et les non-égalités entre les humains, sans sombrer ni, d'un côté, dans l'égalitarisme, l'uniformisme ou le victimisme, ni, de l'autre, dans l'oppression, l'ostracisme ou le suprémacisme ?

 

*

 

Ce qui est nié, au nom de l'égalitarisme, par les cultural studies, ce ne sont pas tant les différences entre les personnes, mais l'évaluation de ces différences sur une échelle quelconque.

Ce qui fait horreur, ce sont toutes les formes d'élitarisme, toutes les formes d'aristocratisme.

Oui, la majeure partie des meilleurs athlètes du monde sont des Noirs ; bon, et alors ?

Oui, près d'un tiers des prix Nobel sont des Juifs ; bon, et alors ?

Oui, la grosse majorité de ceux qui empiffre de malbouffe, sont des Obèses ; bon, et alors ?

Oui, la totalité des plus jolies filles du monde sont des Femmes ; et alors ?

Oui, la totalité des gros cons du monde sont des Crétins ; bon, et alors ?

Ces constats, pourtant factuels et neutres, sont déjà considérés, par ces "cultural studies", comme inaudibles. Mais si l'on en vient à oser affirmer qu'un obèse, un crétin, un athlète et une starlette ont une bonne probabilité de jouir d'une intelligence assez faible et que l'avenir de l'humanité passe plutôt par ceux qui développent la science que par celles qui montrent leur cul sur la Croisette, alors on crie au plus abominable des scandales.

 

*

 

Accomplir, c'est croître en cohérence.

Et la cohérence peut être locale par croissance de la néguentropie ou globale par croissance de l'entropie.

L'univers entier, et tout ce qu'il contient, vise, dans toutes les dimensions, à atteindre la cohérence maximale ; toute son évolution n'a que cette intention-là.

S'accomplir, c'est faire croître sa cohérence personnelle dans toutes les dimensions de son devenir.

Accomplir le monde, c'est en faire émerger une cohérence plus forte.

L'ennemi de la cohérence, c'est la chaos.

L'univers a horreur du chaos bien plus que du vide.

 

*

* *

 

Le 12/02/2020

 

D'Etienne Gernelle dans "Le Point" :

 

" Comment BlackRock a remplacé Rothschild dans le rôle de bouc émissaire ?

Accusé de tous les maux par le RN, LFI, le PS, EELV et la CGT, le gestionnaire d'actifs a vu ses locaux saccagés, suivant un stéréotype qui date de Sophocle..."

 

La socialo-populisme, par essence, parce qu'animé exclusivement par le ressentiment, a toujours besoin de désigner un bouc émissaire pour tenter d'exorciser ma médiocrité des masses. C'est ainsi.

Le fait de désigner la finance spéculative et le financiarisme généralisé qu'elle a induit, comme le cancer de l'économie, est une bonne chose … mais la manière est abjecte parce que violente et destructrice, vandale et barbare.

 

*

 

Malgré ce que la bien-pensance tente d'imposer depuis des siècles, les hommes ne sont pas égaux entre eux, dans aucune de leurs dimensions : ni charnelle, ni émotionnelle, ni intellectuelle, ni spirituelle.

Partout il existe des effets de seuils : la réalité est une échelle, pas un plan incliné. Elle est faite de sauts successifs … et le plus grand nombre n'a pas les capacités de sauter plus haut et de franchir le vide séparant les échelons.

Et Nietzsche, très logiquement, en déduisit que les masses populaires incapables de s'élever, cultivent, automatiquement, un ressentiment hargneux envers ceux qui se sont hissés sur un échelon supérieur : elles  veulent, à toute fin, rabaisser ces "prétentieux", les niveler, les égaliser et les ramener à l'échelon le plus bas.

C'est bien ce que font les religions populaires anti-élitaires, comme le catholicisme et l'islamisme ; c'est bien ce que font les idéologies socialo-populistes ; c'est bien ce que fait la sociologie gauchiste des "cultural studies".

Allergie populaire profonde à toute réalité élitaire !

 

*

 

Je n'aime pas les humains, je les subis souvent, je les supporte parfois … et j'ai quelques Frères.

Je n'aime que Dieu (celui de Spinoza, de Nietzsche et d'Einstein), ma femme et les arbres.

 

*

* *

 

Le 13/02/2020

 

Là où il y a l'Etat, la médiocrité et l'efficience s'imposent.

 

*

 

Dieu ne peut être assimilé aux notions de perfection et de transcendance puisque ces deux concepts n'apparaissent que comme des négations du Réel (le Réel n'est, par évidence, ni parfait, ni transcendant) et sont donc indéfinissables.

 

*

 

La vue ne perçoit que des variations de fréquence et d'intensité lumineuse.

L'ouïe ne perçoit que des variations de pression atmosphérique.

La toucher ne perçoit que des variations de texture et de chaleur.

Le goût et l'odorat ne perçoivent que des variations de structures moléculaires.

Dans tous les cas, il s'agit de variations qui impliquent l'idée de succession, donc de temps.

Mais qu'est-ce qui varie ? Pour la vue et l'ouïe : la Substance à laquelle elles sont sensibles (le champ électromagnétique et l'air). Pour les autres : la Forme (la chaleur est aussi une variation de la Substance).

La Substance implique le volume donc l'espace.

La Forme implique la complexité.

On retrouve donc les trois composantes de l'espace des états : le volumique (entropie), l'eidétique (néguentropie) et le dynamique (énergie).

 

*

 

Le slogan indispensable pour notre époque :

 

Une décroissance matérielle pour une croissance spirituelle.

 

*

* *

 

Le 15/02/2020

 

De mon ami Michaël G. :

 

"L’écoute métaphysique se méfie des icônes et défie les idoles."

 

*

 

Mettre en place une organisation pour l'organisation et non pour un but clair, poursuivi avec efficacité, c'est faire de la bureaucratie. C'est faire du social ou de la socialisation un but en soi et non un moyen. C'est faire de la démocratie pour la démocratie ce qui revient à tourner en rond autour de son nombril.

 

*

 

Le but d'une école européenne n'est pas la socialisation des jeunes (ça, c'est le modèle de l'école aux USA - je suis américain - qui est une immense usine à fabriquer des crétins).

Le but de l'école est de transformer des animaux humains en humains pensant sainement, efficacement et correctement afin de résoudre pleinement les problèmes que pose la Vie au quotidien, tant du point de vue personnel (culture, spiritualité, éthique, intelligence relationnelle, etc …) que professionnel (connaissance, science, technique, intelligence  opérationnelle, etc …).

L'école n'est pas un lieu de démocratie … et l'on n'apprend rien en s'amusant. Apprendre à penser est long, pénible et difficile (85% des humains n'y arrivent jamais). Il y faut beaucoup d'effort et de fatigue, beaucoup de travail et de souffrance.

Une école est une entreprise, pas une institution.

 

*

 

D'Elie Wiesel :

 

"Quatre sages sont entrés un jour dans le verger de la connaissance interdite. L'un a regardé où il ne fallait pas, et il a perdu la raison. L'autre a regardé, et a perdu la vie. Le troisième a regardé, et a perdu la foi. Il n'y a qu'un seul, Rabbi Akiba, qui est entré et sorti en paix …"

 

*

* *

 

Le 17/02/2020

 

Une éolienne est une aberration thermodynamique, financière et écologique. Une absurdité totale. Le vent est gratuit et renouvelable, mais l'éolienne n'est ni l'un, ni l'autre. De plus, les rendements des transformations du vent (entropie élevée) en électricité (entropie très basse) sont désastreux.

 

*

 

De Sénèque :

 

"La joie est une affaire sérieuse."

 

"Quand tu auras désappris à espérer, je t'apprendrai à vouloir."

 

"Rien ne nous est plus utile que de vivre tranquille, de parler peu avec les autres et beaucoup avec nous-mêmes."

 

"La vie est pièce de théâtre. Ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée."

 

*

 

La Kabbale peut être approchée par quiconque, à la condition expresse de maîtriser l'hébreu. Mais la Kabbale est profondément ancrée dans le judaïsme dont elle est le versant mystique et ésotérique. Comme toutes les mystiques, elle tend vers un panenthéisme moniste qui est commun à toutes les spiritualités. Pour le dire autrement, la Kabbale est le chemin juif qui mène au panenthéisme universel : le Divin kabbalistique est Eyn-Sof (le "sans limite" - l'Apeiron d'Anaximandre) dont le Dieu tutélaire de la Maison d'Israël, YHWH, est l'expression juive.

 

*

 

Tout processus singulier d'émergence (naissance) se termine par un processus d'effondrement (mort) de cette singularité locale.

L'accomplissement de ce cycle est l'accomplissement de cette singularité.

Tout existant, partie du Tout, vit un tel cycle de vie.

Cette circularité néguentropique singulière n'est qu'une pulsation qui contribue à un processus bien plus profond visant à accroître la cohérence du Tout et, ainsi, participant à son accomplissement.

Tout ce qui est limité dans l'espace, est aussi limité dans le temps.

Seule la totalité est illimitée. Toute singularité est limitée.

 

*

 

La philosophie contemporaine est le fait, non de philosophes, mais de professeurs de philosophie qui répugnent à l'idée de simplicité ; ils font dans le compliqué par amour de la complication, de l'obscurité, de la subtilité grotesque et inutile.

Cette mode de l'obscurité philosophique a induit, également, un obscurantisme de la pseudo-pensée qu'elle engendre : la bien -pensance, le politiquement correct, les victimismes, la défense des "opprimés" autoproclamés, etc …

Toute cette mode, aussi ridicule qu'abjecte, est née à la suite de Husserl et de Freud par dégénérescence de ces absurdités que sont la phénoménologie et la psychanalyse. Cela a donné les verbiages obscurs des Heidegger (de la première époque), Sartre, Beauvoir, Merleau-Ponty, Lacan, Foucault, Derrida, Althusser, Deleuze, Levinas, Adorno, Habermas, Horkheimer, Marcuse, Chomsky, … et les "œuvres" de toute cette bande de bavards plus ou moins marxisants et fantasmeurs de "révolutions" qui, faute de contact réel avec le Réel, par ignorance de l'évolution des sciences du Réel, se sont vautrés dans l'inconsistance verbale, la bêtise idéologique et les débilités conjecturales.

Il est temps que la philosophie réapprenne les sciences et que la métaphysique se réintéresse à la physique.

Depuis les présocratiques jusqu'à Einstein, presque tous les grands philosophes ont d'abord été de bons physiciens.

Le divorce entre science et philosophie a été (est) catastrophique.

Un philosophe ignorant de science, pense à vide et mouline des mots creux.

 

*

 

Au sens métaphysique, comme principes fondateurs, l'Être et le Devenir sont totalement incompatibles. Si l'Être est fondateur, il n'y a pas de Devenir (Parménide), si le Devenir est fondateur, il n'y a pas d'Être (Héraclite).

Il n'y a pas à sortir de là.

Or, comme il y a évidemment du Devenir (malgré les contorsions comiques de Zénon d'Elée, disciple de Parménide), force est d'admettre qu'il n'y a pas d'Être et que, donc, le Devenir fonde tout ce qui existe. Rien n'est. Tout advient et devient. Tout ce qui existe, est en Devenir.

 

*

 

Le panenthéisme est la seule issue métaphysique pensable et raisonnable.

Seul le Réel existe et il est en Devenir, donc il est inaccompli, mais en voie d'accomplissement.

Ce Réel est animé d'une Âme, c'est-à-dire d'un Logos, c'est-à-dire, encore, d'un principe moteur alliant désir d'accomplissement, rapport dialectique (entre son Tout et ses parties), logique d'optimalité et accumulation de mémoire. Cette Âme du Réel (ou ce Logos si l'on préfère) peut, indifféremment, être nommée le Divin, l'Esprit cosmique, le Grand Architecte de l'Univers ou Dieu (mais alors, un Dieu impersonnel).

Tout (Pan) ce qui existe et évolue, existe et évolue dans (en) le Réel, existe et évolue dans (en) le Divin (Théos).

Tout vit en Dieu. Panenthéisme.

Nul besoin d'introduire (par application du principe du rasoir d'Occam) un quelconque dualisme ontique entre deux "mondes" de nature différente (ce sont les théismes).

Nul besoin, non plus, de faire appel au Hasard (c'est l'athéisme) pour abolir l'idée d'un Logos cosmique : le hasard ne produit rien puisqu'il est, par essence, "incohérence" radicale, en contradiction flagrante avec la cohérence globale du Réel où tout se tient.

Tout vit en Dieu. Panenthéisme.

 

*

 

Quel dommage que Hegel ait été si mauvais écrivain …!

 

*

 

De Christian Godin :

 

"Voltaire n'était pas philosophe."

 

Effectivement, c'était un polémiste et un fumiste. De même, Marx n'était pas non plus un philosophe, c'était un idéologue et un autre fumiste.

Au 20ème siècle, surtout entre 1945 et 1985, il y en eut des kyrielles comme eux, tous aussi fumistes les uns que les autres.

 

*

 

La plus grande erreur de la philosophie occidentale est d'avoir cru pouvoir séparer le sujet et l'objet. Ce faisant, tout s'inscrit dans un dualisme aussi artificiel que stupide (merci Descartes).

Le sujet et l'objet sont des modalités aussi variables qu'artificielles, du même Tout, du même Réel, du même Un.

Depuis l'absurde "Cogito ergo sum" de Descartes, toute la philosophie occidentale a été infestée par un subjectivisme dualiste absolument ridicule et détestable.

Le fondement de la métaphysique et de la spiritualité de demain : "Est cogitandum, est exsistendum". Anticartésianisme radical !

 

*

 

Il est vital de distinguer "raisonnalisme", "rationalisme" et "cartésianisme".

Le raisonnalisme dit : tout ce qui existe, a une bonne raison d'exister, et cette raison n'est pas forcément logique (au sens aristotélicien).

Le rationalisme dit : il n'est d'autre "vérité" que celle issue de la logique aristotélicienne.

Le cartésianisme dit : la logique (aristotélicienne) du sujet affronte méthodiquement et analytiquement la logique cosmique de l'objet.

 

*

 

Le fait de construire des métaphysiques ou des philosophies sur l'idée que le sujet est face à autre chose que lui, est logiquement faisable, mais pratiquement ridicule. Il y a le Réel et, dans ce Réel, il y a des comiques qui pensent penser.

Il faut sortir des conjectures qui, depuis deux mille ans, polluent cette évidence.

Le sujet qui pense, n'est qu'une manifestation locale de ce qui pense à travers lui. Il existe, mais il n'est pas. Il est sa propre illusion.

 

*

 

L'Esprit hégélien s'oppose radicalement à l'ego cartésien.

Il faut choisir.

Mon choix est clair : Descartes patauge dans l'erreur sur tout et Hegel est la prémisse de la métaphysique de demain : Hegel est une intuition maladroitement exprimée, mais clairement féconde.

 

*

 

L'humain, l'homme, l'humanité ne sont que des épiphénomènes sans importance.

 

*

 

De Christian Godin :

 

"Rien n'est plus artificiel que le doute cartésien ou l'épochè husserlienne."

 

L'éloge de la fuite … le mythe de la certitude … l'orgueil humain … le fantasme de la vérité … la source de tous les dogmatismes, de tous les totalitarismes …

Tout est conviction ! Et toute conviction ne vaut que pour soi !

Et une conviction, parce qu'elle est plus partagée, n'est pas plus fiable pour autant, … Au contraire, la conviction du plus grand nombre n'est que le produit du crétinisme des masses.

 

*

 

Définition du temps : le temps est la mesure conventionnelle et artificielle du degré d'avancement d'un accomplissement.

 

*

* *

 

Le 17/02/2020

 

De Christophe Guilluy, géographe :

 

"Le monde d'en haut, en abandonnant le bien commun, plonge les pays occidentaux dans le chaos de la société relative. La rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, nous fait basculer dans l'a-société. La crise de la représentation politique, l'atomisation des mouvements sociaux, la  citadellisation des bourgeoisies, le marronnage des classes populaires et la communautarisation sont autant de signes de l'épuisement d'un modèle qui ne fait plus société. La vague populiste qui traverse le monde occidental n'est que la partie visible d'un soft-power des classes populaires qui contraindra le monde d'en haut à rejoindre le mouvement réel de la société ou bien à disparaître."

 

Voilà un exemple typique de néo-gauchisme et de néo-marxisme absurdes … Je note tout de même d'excellentes nouvelles : "La crise de la représentation politique [la fin de la démocratie au suffrage universel], l'atomisation des mouvements sociaux [la fin des syndicats et autres militances archaïques] et une vraie conséquence : "l'épuisement d'un modèle qui ne fait plus société ". [la notion de République doit être totalement dépassée].

 

Je note aussi trois erreurs monstrueuses :

  1. la première est qu'il n'existe pas de "classe populaire" puisque la notion de classe sociale est archi-fausse,
  2. la deuxième est qu'il n'existe ni monde d'en-haut ni monde d'en-bas puisque, sur n'importe quel critère, il n'existe que des répartitions gaussiennes,
  3. la troisième est que, "marronnage" signifiant "évasion d'un esclave", le terme est totalement inadéquat puisqu'il y a belle lurette que la majorité des gens de ce pays a sombré dans la fainéantise et les assistanats de toutes sortes.

 

Quant au socialo-populisme, il n'est que la convergence de deux mouvements : la nouvelle incarnation des doctrines du ressentiment et la peur d'un nouveau monde (paradigme) sans abondance ni assistanats.

 

Au commencement, il y avait une multitude éparpillée de communautés locales autonomes que l'on a forcées à s'agréger en sociétés nationales (d'abord royales, puis républicaines). Aujourd'hui, ces sociétés nationales n'ont plus aucune efficacité (ce sont des montages mécaniques et bureaucratiques dans un monde réel devenu infiniment organique et complexe) et elles doivent être remplacées par des réseaux continentaux.

 

*

 

Fonction publique (Source : Insee 12/2019) ...

  • Fonction publique d'État : 2 503 600 agents (-0,1 %)
  • Fonction publique territoriale : 1 953 600 agents (-0,8 %)
  • Fonction publique hospitalière : 1 184 300 agents (-0,3 %)

Il n'y a donc pas de baisse importante de la fonction publique.

Cinq millions et demi de fonctionnaires sur une population active d'environ trente millions (dont trois millions de chômeurs), soit quarante millions de gens financés par vingt-sept millions de productifs. Donc, 60% de la population française vit aux crochets de 40% de cette population !

Beaucoup rêvent d'en augmenter encore la proportion ... Financés par qui, dans un monde en décroissance ?

 

*

 

Il faut distinguer trois notions : celle d'égalité, celle de supériorité et celle de domination.

Les cultures sont-elles égales ? La réponse est non : dans le monde réel, rien n'est jamais l'égal de rien.

Existe-t-il des cultures supérieures aux autres ? La réponse est oui, mais cela requiert la définition d'un bon critère de comparaison. Le seul critère qui vaille est celui-ci : est supérieur, ce qui se met totalement au service de la Vie et de l'Esprit, par-delà les humains, au-delà des croyances, des fantasmes, des fables, des illusions, des apparences, des idoles, des superstitions, des idéologies, des religions, des coutumes, des arts, des langues, etc …

Les cultures supérieures ont-elles le droit de dominer les autres ? La réponse est non, sauf si ces autres pratiquent le ressentiment, la violence, le sabotage, la destruction, la terreur ou la barbarie.

Le grand défi lancé à l'humanité par le nouveau paradigme n'est certainement pas d'atteindre l'égalité de tous avec tous (qui est un nivellement par le bas), mais bien de faire monter tout le monde vers plus de supériorité vitale et spirituelle (qui est une élévation vers le haut).

 

*

 

Le Réel est un Tout cohérent, complexe et organique, évolutif et vivant, tendu entre mémoire accumulée et volonté intentionnelle.

Aucune de ses parties n'est ni réellement discernable, ni totalement autonome.

Toute partie, par définition, est limitée en volume et en durée ; seul le Tout ne connaît pas de limites.

Seules les parties qui contribuent valablement à l'accomplissement du Tout, au service exclusif de la Vie et de l'Esprit, prospèrent dans la Joie.

La seule vocation profonde de tout ce qui vit et/ou pense, est la Joie de vivre et/ou de penser.

 

*

 

Le Tout (to olon), c'est-à-dire le Tout intensif,  contient (le) tout (to pan) c'est-à-dire la totalité extensive.

Le Tout est unité et cohérence ; la totalité est exhaustivité.

La Totalité absolue (le Tout-Un) est l'unité entre la totalité intensive (le Tout qui existe en tant que tel) et la totalité extensive (le tout de tout ce qui existe).

Aucune partie n'a de sens ou de valeur par elle-même. C'est le Tout duquel et auquel elle participe, qui lui donne son seul sens et sa seule valeur.

La partie n'a de sens et de valeur qu'en tant qu'elle contribue à l'accomplissement du Tout.

 

*

 

D'Henri Bergson :

 

"La philosophie ne peut être qu'un effort pour se fondre à nouveau dans le tout."

 

*

 

Le secret de l'évolution du Réel tient dans la dialectique permanente entre le Tout (le global) et ses parties (le local), sous la houlette du principe d'optimalité.

La "chose" à optimiser, est la cohérence.

Cette optimisation est éphémère mais rapide si elle est locale et néguentropique, par émergence de complexité ; elle est durable mais lente si elle est globale et entropique, par propagation d'uniformité.

 

*

 

Le rabbin Delphine Horvilleur définit ainsi la laïcité :

 

"Le droit de se moquer de toute croyance et le devoir de protéger tout croyant ou non-croyant, sa légitimité et sa pleine sécurité."

 

Le blasphème n'a d'éventuelle et théorique possibilité que dans le cadre strict de la relation entre un croyant affirmé et sa propre religion. Et même là, l'idée même de blasphème est proprement ridicule. C'est se faire une bien piètre et lamentable idée du Divin que de croire que Dieu puisse s'offusquer de paroles humaines.

De plus, un éventuel blasphème est une stricte affaire intérieure entre le croyant et son Dieu ; personne n'a à y mettre son nez.

 

La laïcité, pour moi, n'a rien à voir avec la spiritualité, la religion ou les croyances. Elle revient seulement à abolir toute forme de pouvoir ou d'autorité religieux et cléricaux. En matières de spiritualité, de religion ou de croyances, personne n'a quelque pouvoir ou autorité que ce soit sur qui que ce soit. Il n'existe aucun pouvoir ou autorité institutionnels en ces matières. Il y a des croyants face à leur Dieu, sans personne qui puisse porter un jugement quelconque sur cette relation purement intime et intérieure, qui ne regarde personne, quelque théologien ou clerc ou prêtre soit-il !

Aucun pape, évêque, curé, pope, rabbin, calife, imam, mollah ou ayatollah n'a un moindre pouvoir ou autorité sur quiconque. Que ces gens-là, s'ils en ont la qualité et la compétence, puissent jouer un rôle de guide spirituel, de conseiller spirituel ou d'enseignant spirituel envers ceux qui le leur demanderaient, soit ; mais rien, absolument rien de plus !

 

*

* *

 

le 18/02/2020

 

De Robert Dedecker :

 

" La figure de l’État-Léviathan, dont Thomas Hobbes fut le théoricien, s’est imposée à l’Europe au 17ème siècle pour sortir de l’anarchie violente dans laquelle elle était plongée depuis la Renaissance."

 

Hobbes écrit ce "grand Léviathan qu’on appelle République ou État" et en lui : "La souveraineté est une âme artificielle".

Il est temps de le mettre à mort !

 

Et Dedecker continue :

 

" Armés de leur bonne conscience, réincarnation parodique de la belle âme de jadis, ces réseaux sociaux se placent au-dessus des États. Ils se veulent la vraie souveraineté, se substituant à celle énoncée jadis par Hobbes - l’âme digitale du monde."

 

Pour lui, les réseaux sociaux abolissent la séparation entre vie publique et vie privée et instaure le règne absolu d'une transparence artificielle.

Il rappelle opportunément que :

 

"La sacralisation de la vie privée est liée à l’œuvre civilisationnelle de l’époque bourgeoise de l’histoire, dont elle est le plus beau fruit, et dont nous sommes en train de sortir."

 

Et enfin :

 

" Les réseaux sociaux aspirent à devenir le nouveau sujet politique. Ils se comportent comme s’ils étaient des peuples ou des nations."

 

L'utopie numérique voulait instaurer une démocratie universelle et directe au-dessus des systèmes politiques et étatiques (considérés comme pourris).

Dans la réalité des faits, les réseaux sociaux sont devenus, très vite, des arènes glauques où les notions mêmes de vérité, de véracité, de véridicité ou, a minima, de vraisemblance ont explosé en vol au profit de rumeurs, de falsifications, de manipulations, de complotismes, de sensationnalismes, d'exhibitionnismes, de voyeurismes, de modes, de bien-pensances mal pensantes, de ressentiments, de méchancetés, de cruautés, de lynchages, d'intoxications, de propagandes, etc …

 

Au fond, les systèmes politiques étatiques étaient de la démagogie douce et juridisée alors que les réseaux sociaux sont de la démagogie violente et amorale.

 

*

 

La Modernité …

  • La révolution humaniste au 16ème siècle.
  • La révolution étatiste au 17ème siècle.
  • La révolution bourgeoise au 18ème siècle.
  • La révolution industrielle au 19ème siècle.
  • La révolution idéologique au 20ème siècle.
  • La révolution écologique au 21ème siècle.

Fin de la Modernité : 2050 …

C'est l'écologie qui nous en fera enfin sortir !

 

*

 

Hegel faisait reposer la pensée et l'esprit sur trois piliers : la Philosophie, la Religion et l'Art.

Hegel complète le modèle avec l'Histoire. Or, le modèle complet possède cinq piliers : la mémoire, la volonté, l'intelligence, la sensibilité et la conscience.

On peut sans doute associer l'Histoire à la mémoire, l'Art à la sensibilité, la Religion (la spiritualité, plutôt) à la conscience et la Philosophie (la logique, la métaphysique, l'éthique et la physique) à l'intelligence … mais il y manque la volonté (l'étude et la connaissance de l'intention cosmique) qui conditionne l'activité de tout le reste.

En fonction de ce qui vient d'être dit, peut-être faudrait-il renommer les cinq grands domaines de connaissance qu'investigue l'esprit pensant :

  • La Noétique qui est le domaine de l'intelligence et qui couvre toutes les constructions systématiques et rationnelles.
  • L'Esthétique qui est le domaine de la sensibilité et qui couvre toutes les constructions poétiques et artistiques.
  • La Mnémonique qui est le domaine de la mémoire et qui couvre toutes les accumulations culturelles et expérientielles.
  • L'Anagogique qui est le domaine de l'intention et qui couvre toutes les intuitions holistiques et téléologiques.
  • L'Extatique qui est le domaine de la conscience et qui couvre toutes les voies spirituelles et mystiques.

 

*

 

Un épisode biblique a fait couler beaucoup (trop) d'encre : celui du "sacrifice d'Isaac". Comment un Dieu peut-il exiger, en preuve de fidélité, l'immolation de son fils unique, attendu pendant quatre-vingt ans … ? Ce Dieu est cruel et sadique.

Il n'en est évidemment rien. Toute la problématique provient de la confusion, à partir de la même racine, de "sacrifice" et de "consécration".

Dieu demande à Abraham de lui consacrer son fils Isaac afin que cette consécration face de lui le pilier du Sacerdoce (repris plus tard par Lévy et sa caste).

En hébreu, littéralement, le texte dit (Gen.:22;2) : "(…) avec ton fils, avec ton unique que tu aimes, avec Ytz'haq, vas pour toi vers une terre de la Moriah et fais-le monter, là, pour une montée au-dessus du UN de la montagne que je te dirais".

La racine traduite ici par "monter" et "montée"  signifie aussi bien "élévation" que "holocauste" (dont les fumées s'élèvent de la Terre vers le Ciel), d'où la confusion !

Le "sacrifice d'Isaac" fut en fait la première initiation sacerdotale, la première "consécration" d'un homme à la Gloire de Dieu ; et comme ce fut la toute première, du jamais-vu, Abraham n'y a rien compris …

 

*

 

Comment exprimer ma distance face à l'humain ?

Outre mon couple qui est l'entité la plus précieuse, les seuls humains qui m'importent, sont les membres de ma famille, de ma communauté, de mon village (boulanger, épicier, boucher, …).

Le reste de l'humanité m'indiffère d'autant plus qu'il y a, aujourd'hui, cinq milliards et demi d'humains en trop sur MA planète, une multitude détestable qui vit en parasite, pillant et saccageant la Nature pour satisfaire ses caprices débiles.

La totalité de la culture humaine se réduit à deux ou trois mille livres que je possède, que j'ai lu et que j'ai digéré. Plus personne n'a quoique ce soit à m'apporter de plus.

Antihumanisme nietzschéen ! Misanthropie évidente !

 

*

 

Fouquier-Tinville : l'idole de Mélenchon … la complicité des ordures !

Robespierre (avec sa merde de Saint-Just qui porta en culotte de cuir la peau d'une jeune femme qu'il fit exécuter) : l'idole de tous les populistes … l'horreur de la Terreur !

Danton : l'idole des gagne-petit … parangon de la corruption et de la cupidité.

Marat : la laideur absolue (surtout intérieure) … l'idole de tous les démagogues !

La "révolution française" qui ne fut ni révolution, ni française, fut une effroyable prise de pouvoir par une batterie bourgeoise et parisienne d'avocaillons démagogues, gavés de mots absurdes, trop grands pour eux (liberté, égalité, fraternité … république, laïcité, peuple …), qui menèrent la pire épuration possible parmi les élites de la France qui ne s'en est jamais remise.

L'exaltation du ressentiment !

Le Jacobinisme et la Terreur sont les vrais noms de ce que l'on a euphémistiquement habillé d'un soyeux "révolution française" ; il ne furent qu’un amas d'atrocités dont il est urgent de faire le procès et le deuil.

Il est temps de radier le 14 juillet du calendrier.

 

*

 

De Paul Bourget :

 

"Osons le dire : une révolution n'est jamais qu'une entreprise de brigandage, inaugurée par des naïfs, poursuivie par des intrigants, et consommée par des scélérats."

 

Comment dire mieux ? Voyez Lénine, Mussolini, Hitler, Staline, Mao, Castro, Pol-Pot, Chavez, … et tous les autres.

 

Dans la même veine, de Louis de Bonald :

 

"Des sottises faites par des gens habiles ; des extravagances dites par des gens d'esprit ; des crimes commis par des honnêtes gens … voilà les révolutions."

 

 

*

* *

 

Le 19/02/2020

 

Les mathématiques comme les algorithmes sont des langages de représentation qui ne traduisent pas la réalité du Réel, mais qui en simulent certains aspects les moins complexes.

Les mathématiques sont un langage axiomatique qui simule des objets de l'espace-temps, alors que les algorithmes sont un langage programmatique qui simule des processus dans l'espace-temps.

Plus on monte dans l'échelle des complexités, moins ces langages se montrent adéquats.

 

*

 

Quelques définitions concernant les mathématiques …

  • L'arithmétique est l'étude des relations entre les nombres.
  • L'algèbre est l'étude des relations entre des nombres et des inconnues.
  • L'analyse est l'étude des relations entre inconnues.
  • La trigonométrie est l'étude des relations entre des mesures d'angles.
  • La géométrie est l'étude des relations entre points dans un espace.
  • La topologie est l'étude des relations entre formes et nombres.

 

*

 

Une cellule vivante contient ses biomolécules et elle contient toutes les interactions entre ces molécules selon les lois de la chimie ; mais la cellule vivante est plus que ce qu'elle contient puisqu'elle est le siège d'une organisation globale qui engendre une importante propriété émergente : la Vie, propriété qui n'est pas analytiquement réductible ni aux molécules, ni à leurs interactions.

 

De même, au plan métaphysique et cosmologique : le Réel contient le Tout et contient toutes les interactions entre toutes les parties de ce Tout ; mais le Réel est plus que le Tout qu'il contient puisqu'il est le siège d'une organisation globale (le Logos) qui engendre, successivement, la Substance, l'Espace, la Matière, la Vie et l'Esprit.

Ces engendrements successifs ne sont possibles que par accumulation mémorielle et répondent à la nécessité d'un accomplissement intentionnel.

 

C'est parce que le Réel est plus que le Tout qu'il contient, que l'on peut parler de panenthéisme.

 

*

 

La métaphysique affirme l'existence d'un Logos au cœur du Réel ; la physique, ensuite, prend la mission de l'expliciter.

Ce Logos est, à la fois, le secret et la source de l'évolution universelle. Percer ce secret, c'est atteindre ce que Hegel appelait le "savoir absolu".

Ce Logos organise, dans le présent, le chemin entre ce que le Réel est déjà devenu (son accumulation mémorielle) et ce qu'il pourrait encore devenir (son accomplissement intentionnel).

 

Ce Logos met en œuvre trois principes fondateurs :

  • un principe de cohérence pour maintenir l'unité et la continuité du Tout selon toutes ses dimensions ;
  • un principe de dialectique entre global et local, entre intégration et individuation, entre entropie et néguentropie, entre effondrement et émergence, entre uniformité et complexité ;
  • un principe d'optimalité pour dissiper au mieux et au plus vite les tensions induites, au sein du processus d'accomplissement, par les dialectiques qui s'y développent.

 

*

 

La pensée grecque visait l'objet, l'extériorité, l'Autre. La pensée moderne visait le sujet, l'intériorité, le Soi. Jusqu'à Kant qui décréta que l'objet et le sujet étaient définitivement étrangers l'un à l'autre.

Mais depuis, avec les Schelling et Hegel, puis Nietzsche jusqu'à Heidegger et au-delà, le mur séparant le Soi et l'Autre a été miné et sapé.

Au-delà du Soi et de l'Autre, il y a le Réel qui les contient et les transcende tous deux. La métaphysique est ainsi, enfin, réhabilitée sous la forme d'une mystique panenthéiste qui, par la résonance intuitionnelle, dépasse, sans la nier, la rationalité.

 

*

 

Tous les dogmatismes, qu'ils soient religieux ou idéologiques, assènent des réponses à de vraies questions, mais avec des concepts vides (Dieu ? Justice ? Salut ?) ou faux (Lutte des classes ! Egalité !).

 

*

 

Toute pensée est pensée d'un esprit humain. Il n'y a pas d'idée en dehors de celles créées par un esprit humain. Tout ce que l'homme pense, est purement humain. Et tous les langages qui expriment ce qui est pensé, sont purement humains aussi.

Cet incontournable subjectivisme n'implique nullement l'abandon de toute métaphysique, le renoncement à progresser vers le "savoir absolu" de Hegel. La raison - sans jeu de mot - en est simple : l'esprit humain qui pense et parle avec ses idées propres et avec ses langages propres, fait partie intégrante et prenante du Réel et de son Logos. ; l'esprit humain est donc tout imprégné de ce "savoir absolu" dont il participe pleinement et qui l'irrigue par le biais de l'intuition.

 

*

 

L'intuition (l'intuitivité) inspire et la raison (la rationalité) développe et valide.

L'une sans l'autre est stérile. L'esprit a besoin de ces deux "jambes" pour bien marcher.

L'intuitivité est l'intelligence holistique et anagogique.

La rationalité est l'intelligence analytique et logique.

 

*

 

Comme les masses (le "peuple") ne pense pas par lui-même - ou si peu - et comme il veut ou doit avoir une "opinion" (ne serait-ce que pour voter), cette opinion est forgée à l'extérieur de lui.

Jusqu'il y a peu, le moteur de l'opinion a longtemps été le "discours des notables". Ces "notables" étaient ceux qui faisaient autorité des points de vue éthique, intellectuel ou spirituel.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ce discours a de plus en plus été confisqué par les seuls professionnels des sphères sociopolitiques et médiatiques.

Mais aujourd'hui, ce moteur de l'opinion n'est plus le "discours des notables" (qui se sont largement décrédibilisés, notamment par leurs errances marxistes) et s'est incarné dans la "voix des réseaux sociaux". Cela induit une nouvelle sphère méta-médiatique et méta-sociopolitique qui échappe de plus en plus totalement aux "notables" en général et aux "politiques" en particulier.

Si l'on veut éviter cette "tyrannie de la fange", il faut restaurer d'urgence un principe de "notabilité" c'est-à-dire une aristocratie éthique, intellectuelle et spirituelle qui soit apolitique, qui fasse autorité sans détenir aucun pouvoir, et qui soit au-dessus de tous soupçons de corruptibilité.

 

*

 

La notion de "souverain bien" est riche puisqu'elle désigne ce qu'il y a de mieux que tout le reste ; elle désigne le bien qui est mieux que tous les autres biens.

Pour moi, la définition de mon "souverain bien" est la Joie perpétuelle !

Il existe trois Joies qui n'en font qu'une : la Joie de l'accomplissement intérieur par la Connaissance, la Joie de l'accomplissement extérieure par l'Amour et la Joie de l'accomplissement transcendantal par l'Unité.

 

*

 

Je pense qu'opposer maturité et jeunesse est une erreur. Le crétinisme est de tous les âges de la vie … seulement il est plus flagrant - parfois - chez les plus jeunes et plus travesti - parfois - chez les plus vieux.

 

*

 

Le crétinisme est de tous les pays, mais il est plus flagrant ici ou là, selon les mentalités ou selon les cultures. Et je connais quelques pays où il atteint des sommets !

 

*

 

Le problème n'est pas de niveler les richesses, mais bien de réduire les appétits.

 

*

 

Beaucoup disent ou pensent que le souverain bien serait de vivre éternellement, de devenir immortel. Je ne le pense pas. Je crois qu'il arrive un moment où l'âme est saturée d'existence, où elle a fait le tour, où elle aspire au repos. Alors, elle meurt doucement jusqu'à s'éteindre, n'animant plus le corps qui, alors, commence à mourir. Voilà ce qu'est la belle mort.

 

La vilaine mort, c'est lorsque l'âme a encore bien envie de vivre, mais que le corps s'effondre par maladie, par violence, par abandon.

 

Le concept de l'immortalité de l'âme personnelle est une charlatanerie puérile.

Tout être possède une âme (ce qui anime) et un corps (ce qui agit) qui sont deux manifestations de la même réalité personnelle. Pour que la mort soit belle, il faut que l'âme meure avant le corps.

 

*

 

En lisant le "Livre de la Sagesse de Salomon" …

Toutes les fadaises concernant l'immortalité de l'âme personnelle, le jugement après la mort, une récompense ou une punition éternelles, ne font que traduire la rage et le désespoir des justes d'esprit faible, face aux souffrances et injustices qu'ils subissent durant leur vie du fait des autres qu'ils espèrent voir punis.

C'est une espérance de vengeance qu'ils expriment.

La foi en un paradis céleste (pour les gentils) exprime une espérance d'immortalité … mais pour quoi faire ?

La foi en un enfer céleste (pour les méchants) exprime une espérance de vengeance … mais pour quoi faire ?

Les idées de justice ou d'injustice, d'espérance ou de désespérance  sont totalement étrangères au Réel. Ce ne sont que des fantasmes humains de bas niveau.

Comme le Réel ne connaît pas la notion de "justice" (le bonheur des vertueux et le malheur des vicieux), les esprits faibles veulent croire en un Irréel qui compensera.

Dans le Réel, il n'y a aucune corrélation systématique ni entre vertu et bonheur, ni entre vice et malheur.

Il n'y a pas de "justice" divine.

 

*

* *

 

Le 20/02/2020

 

La vie …

D'abord l'oubli du silence … ensuite le silence de l'oubli.

 

*

 

D'Héraclite d'Ephèse :

 

"L'âme est tournée vers son propre accroissement."

 

*

 

La perfection, c'est la mort !

Il faut de l'imperfection et du goût pour le perfectionnement si l'on veut que la Vie se vitalise, prenne sens et valeur, et s'accomplisse.

Mon Dieu, préservez-nous de la perfection, même de la vôtre : nous voulons rester vivants !

 

*

 

De Blaise Pascal :

 

"Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose ; cette universalité est la plus belle."

 

*

 

Une société sans spiritualité, c'est-à-dire sans claire conscience affirmée de sa généalogie (son identité) et de sa téléologie (sa vocation), ne peut qu'être une bureaucratie stérile, court-termiste, électoraliste, clientéliste et démagogue.

Si l'on veut construire une méta-société qui échappe aux pièges, dogmatismes et finitudes des communautés archaïques que les communautarismes et les populismes ambiants voudraient restaurer, il est temps de reposer, non pour le passé, mais pour l'avenir, les questions essentielles des généalogies et des téléologies, et de refonder d'authentiques spiritualités areligieuses.

 

*

 

Le pire ennemi des régimes totalitaires, autoritaires ou socialo-populistes … est l'inflation !

Qu'elle augmente vite !

 

*

* *

 

Le 21/02/2020

 

Au commencement, il y eut des communautés fermées et quasi autarciques.

Ces communautés s'ouvrirent et interagirent entre elles pour diverses raisons (échanges de biens, de femmes, de compétences, d'outils, etc …).

Ces interactions, aidées par la croissance démographique et l'intensification du commerce et des artisanats, firent émerger des villes-noyaux, fortifiées et semi fermées.

 

Les échanges entre ces villes impliquèrent des infrastructures communes, ce qui induisit la constitution progressive de conglomérats politiques, hiérarchiques et bureaucratiques.

Ces conglomérats s'organisèrent alors en Etats-nations et devinrent des entités souveraines, fermées et en concurrence économique, politique et militaire.

 

Mais à nouveau, sous la pression de la poussée démographique, des développements technologiques, des productions industrielles et des échanges commerciaux, ces Etats-nations interagirent de plus en plus intensément entre eux, économiquement, politiquement et militairement, jusqu'à se compénétrer profondément et abolir, de facto, leur sacro-sainte souveraineté nationale.

Nous en sommes là …

 

Après les communautés autarciques, les villes fortifiées et les conglomérats métropolitains, les Etats-nations doivent aujourd'hui disparaître et être remplacés pour des réseaux transnationaux, dénués de toute territorialité, mais ancrés profondément, chacun, dans une identité noétique et un projet spirituel. Ces deux notions doivent être explicitées …

 

Une identité culturelle implique l'ancrage dans une généalogie, dans une tradition (au sens fort et non folklorique), dans une chaîne de transmission impliquant des langages spécifiques, des valeurs spécifiques, des comportements spécifiques, des rites spécifiques, etc … Une identité culturelle, en aucun cas, ne peut se construire "contre" les autres identités culturelles. Bien au contraire, l'appartenance à divers réseaux distincts doit être considérée comme un enrichissement global. Il n'y a pas de concurrence entre les réseaux noétiques.

 

Un projet spirituel implique l'expression d'une téléologie, d'une vocation collective au service de la Vie et de l'Esprit (d'où l'usage des vocables "noétique" et "spirituel"), d'une vision volontariste, mais non révolutionnaire, de l'avenir, non de l'humanité prise comme un tout, mais du réseau concerné et de ses modes de recrutement et de fonctionnement. Ici encore, le projet spirituel d'un réseau noétique ne peut se définir "contre" les projets des autres réseaux.

La spiritualisation de l'humanité est impliquée par le sens même de l'évolution et par le passage rapide d'une économie humaine matérielle et à une économie humaine immatérielle.

 

Le prototype de ces futurs réseaux transnationaux, noétiques et spirituels, est la Franc-maçonnerie régulière universelle.

 

*

 

Avec thé pour santé …

 

*

 

De Jean Van Hamme, dans le film "Largo Winch" :

 

"Il y a ce que la Vie t'a donné et il y a ce que tu en fais.

Ce sont les deux forces de la Vie !"

 

*

 

De mon ami Thibault Isabel :

 

"Le paganisme n'est pas une morale de la pitié, mais de l'exigence."

 

La faiblesse est une déficience. S'y complaire est un vice.

La force morale est une capacité. La faiblesse morale est une tare.

La morale chrétienne, fondée sur l'égalité et la culpabilisation, sur la faiblesse et la pitié, sur le péché et la contrition est  le pire des systèmes éthiques que l'on puisse imaginer : une vaste machine à fabriquer des névroses et des psychoses.

 

Et de continuer :

 

"L'humilité est aussi vile que la vanité"

 

Et humilité n'est pas modestie. Et vanité n'est pas fierté.

La modestie est aussi noble que la fierté.

Être seulement et véridiquement ce que l'on est vraiment : ni plus haut (modestie), ni plus bas (fierté)

 

Et encore :

 

"Chacun doit se contenter de faire fructifier son potentiel,

qui varie en genre et en intensité selon les personnes."

 

Il est en effet temps d'affirmer ce simple constat évident : il existe bien des minus habentes. Les humains ne sont pas égaux ni en potentialités, ni en tout le reste.

 

*

 

De Friedrich Nietzsche dans "Le crépuscule des idoles" :

 

"Le monde apparent est le seul."

 

Monisme donc, contre tous les dualismes. Mais monisme qui ne signifie pas athéisme, loin de là. Monisme qui induit le panthéisme ou le panenthéisme qui sont deux spiritualités authentiques, deux voies de sacralisation, deux chemins de sublimation et de dépassement de l'humain, trop humain, deux voies d'accès au "savoir absolu" de Hegel, à la libération totale de Moïse et à l'union mystique de la partie avec le Tout.

 

*

 

Le christianisme a séparé le masculin et le féminin, le divin et l'humain, l'âme et le corps, le céleste et le terrestre, l'immortalité paradisiaque pour les "gentils" et la vengeance infernale pour les "méchants", etc …

Tous ces dualismes relèvent de la psychopathologie, du psychotique et de la schizophrénie.

Saül de Tarse, devenu "saint" Paul, en est l'exemple typique.

 

*

 

La voie de Moïse est la voie de la libération totale, d'une libération de tous les esclavages et de toutes les idolâtries.

 

*

 

Etymologiquement, l'individu est un "atome" indivise qui évolue seul dans le vide.

Etymologiquement toujours, la personne est un "masque" spécifique au travers duquel s'exprime le Réel.

C'est pourquoi il est vital de distinguer l'individualisme délétère de la modernité, du personnalisme vital qui sera un des fondements du nouveau paradigme.

 

*

* *

 

Le 22/02/2020

 

De la Revue des deux mondes :

 

"L'ironie dévastatrice est plus que jamais un bouclier nécessaire contre l’esprit de sérieux et les dogmes qui font de nouveau fureur."

 

*

 

De Chantal Delsol à propose de l'universel et de l'universalisme :

 

" Il existe un universel, celui de la condition humaine (…) : le genre, la filiation, la vie et la mort. Il y a aussi un universel moral, certes très général : le bien c’est le lien, le mal c’est la séparation, et ce partout dans le monde. Mais l’universalisme, c’est l’universel qu’on veut imposer."

 

Cet universel proposé de la condition humaine n'est rien d'autre que l'universel de tout vivant sexué. Quant à l'universel moral proposé, il est simplement ridicule : ainsi la solitude et l'érémitisme seraient le mal alors que l'association de malfaiteurs serait le bien.

Chantal Delsol est prête à toutes les âneries pour sauver le peu qu'il reste de son catholicisme (en grec katholikos signifie "universel").

 

*

 

Affirmer les différences et classer ces différences selon quelque critère que ce soit, c'est abolir l'équivalence (étymologiquement : valoir la même chose), c'est abolir, tout à la fois, l'indifférencialisme et l'indifférentisme. Il est urgent que ces abolitions s'effectuent.

Non, toutes les ethnies ne sont pas équivalentes.

Non, toutes les cultures ne sont pas équivalentes.

Non, toutes les religions ne sont pas équivalentes.

Non, toutes les idéologies ne sont pas équivalentes.

Non, toutes les théories ne sont pas équivalentes.

Non, toutes les pensées ne sont pas équivalentes.

Non, toutes les philosophies ne sont pas équivalentes.

Et tout cela pour une bonne raison : les humains ne sont pas équivalents.

 

*

 

La valeur d'une chose, d'un être ou d'une idée n'est ni son prix de revient, ni son prix de marché, mais bien sa capacité de contribution à l'accomplissement cosmique de la Vie et de l'Esprit.

Dans tout ce que font, disent ou pensent les humains, bien peu a de la valeur.

 

*

 

Nietzsche dénonçait : "ceux qui troublent leur eau pour qu'on l'imagine plus profonde". C'est le cas des verbiages jargonneux et abstrus des soi-disant philosophes français de la seconde moitié du 20ème siècle.

 

*

 

La rustrerie, la brutalité, la bestialité, la vulgarité, l'agressivité, la violence ou la barbarie des paroles, des pensées et des actes sont le signe irréfragable de la déliquescence de ce qui, naguère, assurait la cohérence de nos sociétés étatiques.

Celles-ci se fissurent de toutes parts et chaque fissure devient une niche où prospèrent de sales groupuscules vandales et destructeurs.

Ces sociétés s'effondrent sous nos yeux, partout dans le monde. Un nouveau modèle paradigmatique doit émerger d'urgence, sinon le chaos des primaires, des crétins, des charlatans, des démagogues et des tyranneaux triomphera.

 

*

 

Le TLF définit le vandale comme une "(Personne) qui, délibérément, par plaisir ou par méchanceté, abîme, détruit des œuvres d'art, des choses belles ou utiles" ou comme une "(Personne) qui, par stupidité, ignorance ou manque de goût, défigure, endommage un site, un paysage, une œuvre d'art, etc.".

 

*

 

Le vandalisme ne concerne pas que les objets ; il touche aussi les personnes et les idées.

Nous vivons une époque de vandalisme généralisé.

 

*

 

De la Nature a émergé la Culture ; celle-ci doit, maintenant, lui rendre la pareille.

 

*

 

Il faut le redire : les "individus" (ces atomes indivis jetés dans le vide humain), cela n'existe pas. Il n'existe que des "personnes" c'est-à-dire des manifestations spécifiques de la Vie et de l'Esprit, sous le "masque" d'un ego superficiel et apparent.

 

*

 

L'Esprit est le sens de la Vie. La Vie est la force de l'Esprit.

L'un n'existe pas sans l'autre.

L'Esprit habite l'âme. La Vie habite le corps.

L'âme et le corps sont une seule et même chose, mais selon des modalités différentes.

 

*

 

Malgré la proximité étymologique (l'une en grec, l'autre en latin), il serait erroné de confondre "métaphysique" ("au-delà de la Nature) et "surnaturel" (au-dessus de la Nature).

Une métaphysique du surnaturel fonde tous les théismes (dualisme ontique séparant le monde matériel et terrestre - le monde réel et naturel - du monde spirituel et céleste - le monde divin et surnaturel).

Le monisme, tant panthéiste que panenthéiste, éradique le surnaturel, mais se revendique comme métaphysique spiritualiste au nom de l'immanentisme.

 

*

 

Les quatre dimensions de l'Amour (l'Eros charnel, la Storgué émotionnelle, la Philia intellectuelle et l'Agapê spirituelle) ne devraient jamais être séparées.

L'hypertrophie d'une seule des quatre dimensions entraîne le dérèglement.

Ce que l'on appelait, dans les années 1960, "l'amour libre" n'était, en fait, que la "libération" de l'Eros et le dénigrement des trois autres ; ce fut un désastre.

Mais l'éradication de l'Eros et l'hypertrophie de l'Agapê par la psychopathie paulinienne, en fut un autre, autrement plus grave.

Pour être pérenne, l'Amour entre un homme et une femme doit harmoniser et entretenir ses quatre composantes.

 

*

 

De Confucius :

 

"Si vous avez affaire à un homme capable de comprendre vos paroles, mais que vous ne l'instruisez pas, vous gaspillez un homme. Si vous avez affaire à un homme incapable de comprendre vos paroles et que vous l'instruisez, vous gaspillez vos paroles. Le sage ne gaspille ni les hommes, ni les paroles."

 

Autrement dit : instruire un ignorant intelligent est une bonne chose, mais instruire un ignorant crétin est de la perte de temps.

Et je crains qu'il y ait de plus en plus d'ignorants crétins … qui, à force de n'être pas instruits, deviennent "ininstruisibles".

Le pédagogisme a tué l'école !

 

*

 

Il faut réapprendre la rigueur … en tout.

 

*

 

Les trois dogmes actuels sont les droits de l'homme, l'égalité naturelle de tous les êtres humains et le développement durable.

Les "droits de l'homme", cela n'existe pas car c'est une fiction idéologique et juridique relevant d''un idéalisme aussi puéril que naïf.

L'égalité "naturelle" (ou culturelle) de tous les êtres humains, cela n'existe pas car c'est un déni de réalité tant physique que psychique et logique.

Le "développement durable", cela n'existera jamais car c'est une absurdité thermodynamique : il y a incompatibilité entre croissance (de la démographie et de la consommation) et décroissance (des stocks de ressources et des rendements de transformation - la loi des rendements décroissants expriment cette évidence : l'augmentation de la productivité coûte de plus en plus cher).

 

*

 

D'Héraclite d'Ephèse, cet aphorisme prophétique :

 

"La santé de l'homme est le reflet de la santé de la Terre".

 

*

 

L'entropie engendre du volume pour y inscrire de l'uniformité.

La néguentropie engendre de la forme pour y construire de la complexité.

L'énergie engendre du mouvement pour y installer de l'optimalité.

 

*

 

Face aux indiscutables et irréfragables différences, le problème n'est pas l'égalité ; le problème est l'harmonie.

L'égalité, c'est l'uniformité entropique, et l'uniformité c'est la mort.

L'harmonie, c'est la complexité néguentropique, l'apologie de la différence et de la stratification.

Il faut refuser, avec autant de vigueur, l'égalité et le hiérarchie, l'égalitarisme et le hiérarchisme.

 

*

 

La Franc-maçonnerie française a été cassée par la révolution de 1789 qui, à l'exception de quelques rares Ateliers parisiens, n'était en rien favorable aux révolutionnaires ; cela induisit la fermeture de la majorité des Loges et le départ de la plupart des Francs-maçons vers l'Angleterre et l'Allemagne, essentiellement.

Face à ce désastre et à l'exil de beaucoup des élites françaises, Napoléon Bonaparte réhabilita la Franc-maçonnerie et permit la réouverture des Loges à la condition expresse que cette nouvelle "Franc-maçonnerie", à la tête de laquelle il plaça son frère et son affidé Cambacérès, fut totalement dévouée au pouvoir impérial et assujettie à ses vues. C'est là l'origine du Grand Orient de France qui fait de la politique, mais pas de maçonnerie. Ce Grand Orient, porté par la politique laïcarde et anticléricale de la troisième république, en vint à éradiquer les deux piliers centraux de la spiritualité maçonnique : le Grand Architecte de l'Univers (assimilé à tort au Dieu personnel des religions théistes) et la Bible (assimilée à tort à une vérité divine révélée).

De ce fait, dès 1871, le Grand Orient de France fut définitivement excommunié par toutes les Grandes Loges du monde. Puisque, dès lors que l'on casse un ou deux piliers, pourquoi ne pas continuer la déconstruction ? Dès 1901, s'introduisit la mixité avec la naissance du Droit Humain. Par la suite, de dissidences en dissidences, de sécessions et sécessions, l'irrégularité se propagea et rencontra un succès quantitatif (lorsque l'exigence spirituelle baisse la garde, le nombre supplée la qualité). Malheureusement, les médias français ne parle que de ces mouvances irrégulières dites "libérales" (parce que "libérées" des Règles de l'Ordre maçonnique) qui fait sporadiquement la une de magazines en mal de sujet sérieux.

 

*

* *

 

Le 23/02/2020

 

Le spécisme qui tend à vouloir abolir toutes les différences entre espèces vivantes, est une crétinerie monstrueuse. Les espèces existent, sont toutes différentes, et ne sont jamais égales entre elles. De plus, les lois de la Vie sont telles que pour survivre, chaque espèce doit en manger d'autres (des graines, des fruits, des feuilles, des racines, des insectes, des poissons, des mollusques, des vertébrés, etc … selon les capacités de son système digestif).

C'est ainsi et c'est très bien ainsi !

Cependant, les humains devraient utiliser leur intelligence pour minimiser ses prélèvements et pour éradiquer les souffrances, tant dans le monde végétal que dans le monde animal.

 

*

 

Georges Steiner souligne que "le contrat entre le mot et le sens est rompu", ouvrant une faille où s'est engouffrée toute la barbarie du 20ème siècle.

Selon moi, cette "crise du langage" est née avec les soi-disant "Lumières" et la soi-disant "révolution française" (qui ne fut qu'une dictature d'abord populiste puis impériale) ; elle est, sans doute, une des causes majeures de tous nos délires idéologiques depuis près de trois siècles.

L'usage idéologique des mots "liberté" ou  "égalité" ou "fraternité" en est un funeste et effarant exemple.

 

*

 

Par antihumanisme, il faut entendre que l'homme n'est pas la mesure de toute chose, que l'homme n'est ni le sommet, ni le but, ni le centre de l'univers, que l'homme, comme tout ce qui existe, est soumis à un principe supérieur sacré qui régit l'univers et lui donne sens et valeur.

 

*

 

L'évolution biologique a fait un saut de complexité avec l'humain (quoique déjà en préparation chez certains mammifères supérieurs).

Ce saut s'exprime par le fait que certains organes (les mains et la pensée, surtout) se soient échappés de l'usage unique (monomodal) pour s'ouvrir à des usages multiples et indéterminés (multimodaux). Il faut voir là une application typique du principe de "volonté de puissance", c'est-à-dire de l'intention de développer de nouvelles potentialités "ouvertes", adaptables et libérées (libérables, à tout le moins).

L'évolution de la Vie et de l'Esprit va de la détermination fermée à la libération ouverte. Tel est le sens de la flèche du temps.

Il manque sans doute un mot français pour désigner cette faculté qui est tout le contraire de la prédestination, qui marque une disponibilité potentielle pour des usages indéterminés, qui indique l'élargissement de l'éventail des talents possibles, qui ouvre, en somme, la perplexité de la complexité, qui rend possible la multimodalité, qui affirme donc une forme de déspécialisation en permettant une montée de l'universalité comportementale.

On pourrait peut-être parler, là, d'une montée vers l'omnipotence … devenir capable de tout faire, de tout affronter, de tout accomplir, en pensée et en acte, et de se libérer, ainsi, de toutes les déterminations modales.

Risquons un néologisme : la "surpotentialisation".

 

*

 

Est une chose, ce qui a une cause.

Ainsi le veut l'étymologie latine …

 

*

 

Les quatre "causes" aristotéliciennes correspondent assez bien aux quatre dimensions processuelles : la cause téléologique (intentionnelle) ou finale, la cause généalogique (mémorielle) ou efficiente, la cause axiologique (logique) ou formelle, et la cause écologique (dialectique) ou matérielle.

Ces quatre "causes" convergent dans le processus qui réalise la "chose".

 

*

 

L'écran tue l'intelligence.

 

*

 

Une certaine technolâtrie ambiante qui croit, stupidement, que la technologie va résoudre les vrais problèmes humains, induit, par symétrie, une technophobie tout aussi puérile.

Le problème est autrement simple. La technologie est insignifiante et indépendante de la notion de "progrès de l'humanité" (les seuls progrès qui importent sont spirituels et éthiques).

La technologie n'est ni bonne, ni mauvaise. Elle n'est porteuse d'aucun messianisme, d'aucune sotériologie. Elle est un ensemble d'astuces, plus ou moins malignes (dans les deux sens du terme) et dispendieuses, pour déplacer les vrais problèmes de fond sans les résoudre. 

 

*

 

Surtout, ne jamais tomber en extase devant un artéfact, quel qu'il soit.

Rien, jamais, n'a été ni plus beau, ni plus génial qu'un brin d'herbe ou qu'une aile de libellule.

 

*

 

Les êtres vitalement et mentalement faibles (85%) tendent à se regrouper et à conspuer les êtres vitalement et mentalement forts (15%) qui ne leur demandent rien.

C'est l'essence même du socialo-populisme et du psychologisme, du victimisme et de l'égalitarisme.

 

*

 

Les notions de discipline et d'efficacité agacent les esprits paresseux.

 

*

 

Comme toujours, lorsque le paradigme ambiant s'effondre, la réaction du plus grand nombre est la paresse, le désengagement et les réflexes sécuritaires.

 

*

 

C'est lorsque tout s'effondre autour de soi, qu'il faut être courageux et vouloir profondément (re)construire.

 

*

 

Les enfants sont des personnes qui considèrent que tout ce que vous, parents, avez fait pour eux est, au mieux, normal et, au pire, insuffisant.

N'attendez aucune reconnaissance pour avoir passé les meilleures années de votre vie jeune à transformer des petits animaux humains en êtres humains le plus potables possible.

Et lorsque vous vieillissez et qu'ils ont à leur tour des enfants, ne croyez surtout pas qu'ils apprécieront enfin, par symétrie, votre dévouement à leur égard.

Vous devenez très vite un boulet que l'on traite, au mieux, avec politesse . Mais de l'amour, de l'amitié, de l'affection, de la complicité, surtout n'en cherchez pas.

 

*

* *

 

Le 24/02/2020

 

De Novalis :

 

" Nous cherchons partout l’absolu et ne trouvons jamais que des choses."

 

*

 

Je suis allergique à ce verbe à la mode : "échanger".

Je n'ai rien à échanger. Je ne fais pas dans le troc.

J'ai beaucoup à donner et rien à recevoir !

J'ai mes réponses et j'ai mes questions.

Mes réponses sont à prendre par qui veut : elles ne m'intéressent plus.

Mes questions sont à moi ; les réponses des autres ne m'intéressent pas.

Ne vaut que le chemin fait seul.

 

*

 

Je suis profondément allergique à tout ce qui commence par psy.

 

*

 

A part une poignée, les autres humains ne m'intéressent pas.

La plupart me dégoûte, même.

La misanthropie est un art qui se perd.

Comme le goût de la solitude et du silence.

 

*

 

Il faut revenir à cette idée : "Ne vaut que le chemin fait seul".

C'est sans doute la raison profonde de l'échec de toutes les "thérapies", de tous les "coachings", de toutes les fumisteries "psy" et de tous les "pédagogismes" scolaires.

C'est sans doute aussi la cause profonde du crétinisme humain, de la bêtise évidente de l'opinion publique et de la débilité abyssale des réseaux sociaux.

La plupart des humains sont incapables de faire une chemin seul, quel qu'il soit.

 

*

 

Tout ce qui est naturel, se fait de l'intérieur.

Tout ce qui est artificiel, est fait de l'extérieur.

Un arbre pousse activement de l'intérieur.

Une automobile est fabriquée passivement de l'extérieur.

C'est la différence capitale entre "émergence" et "assemblage".

Tout ce qui est "naturel" est émergence et relève de la physique.

Tout ce qui est "artificiel" est assemblage et relève de la technique.

 

*

 

En grec, la Physis, c'est ce qui fait croître ou pousser.

En latin, la Natura, c'est ce qui fait naître.

La Physique, qui est la science de la Nature, étudie donc la logique du processus qui fait émerger tout ce qui existe.

 

*

 

Platon fait la distinction entre l'icône (eikon) et l'idole (eidolon), entre la représentation et la substitution, entre la ressemblance et le simulacre.

En théorie, le distinguo est pertinent ; mais dans la pratique - surtout dans les domaines religieux -, la tendance naturelle de toute icône est de devenir idole.

 

*

 

D'Aristote :

 

"La Nature ne forme ni rien de non-finalisé, ni rien de vain".

"La Nature forme le meilleur à partir du possible"

 

La physique des processus complexes ne dit pas autre chose.

 

*

 

La science comprend le monde ; la technique le transforme.

Ces deux fonctions sont radicalement différentes et parfois incompatibles.

 

*

 

L'ordre humain doit s'inscrire harmonieusement dans l'ordre cosmique, sinon il n'est que désastre.

C'est le très triste constat de notre époque que de voir cette harmonie rompue selon toutes les dimensions de formes, de lieux, de rythmes.

L'humain est devenu "dénaturé", "hors sol", désincarné, absent du monde, autiste, étranger à la Vie … et presqu'indisponible pour l'Esprit.

Il tourne tant en rond autour de son propre nombril qu'il en finit par se prendre pour le centre de tout.

 

*

 

De Pierre-Joseph Proudhon :

 

" Il m'est impossible, plus j'y pense, de souscrire à cette déification de notre espèce (...) qui sous le nom d'humanisme réhabilitant et consacrant le mysticisme, ramène dans la science le préjugé ..."

 

On s'est trompé de but : il ne faut surtout pas de déifier l'Homme (anthropocentrisme), mais bien que chaque humain se déifie c'est-à-dire dépasse et abolisse l'humain en lui afin de se transcender (cosmocentrisme).

 

*

 

Les vrais problèmes humains sont toujours holistiques. La technologie ne peut qu'être analytique. La conclusion est d'évidence : la technologie ne résoudra jamais aucun des vrais problèmes humains (la mort, la souffrance, la pénurie, la maladie, la catastrophe, la famine, … et surtout la bêtise).

 

*

 

Selon George Steiner, la relation de maître à disciple peut aboutir soit à la destruction du disciple par le maître (le mandarinat oppressif et lourd), soit à la destruction du maître par le disciple (ce qui, en gros, est la situation actuelle des systèmes éducatifs sous le joug du pédagogisme socialo-gauchiste à la mode depuis un demi siècle), soit à une "amitié" complice et respectueuse entre le maître et le disciple où l'autorité est légitime et bienveillante à la fois (ce que moi j'ai connu dans les années 1950 et 1960 avec mes instits et plusieurs de mes profs).

 

*

 

En grec, la "vérité" se dit alêthéïa : ce que l'on n'oublie pas !

 

*

 

De même que les sophistes antiques avaient détourné et falsifié la Sophia grecque, les philosophistes modernes du 18ème siècle (surtout les soi-disant Lumières françaises) ont détourné et falsifié la philosophie européenne.

Dans les deux cas, le but n'est plus de progresser vers la connaissance, le but n'est plus que de briller et de flatter la populace.

Socrate et Rousseau, Protagoras et Montesquieu, Gorgias et Voltaire sont frères de lait.

Dans tous ces cas : apologie de la démagogie sous couvert d'humanisme.

La philosophie analytique de notre époque est exactement du même tonneau … vide !

Lorsque la forme (le langage, la logique, le raisonnement, l'idéologie) prend le pas sur le fond, la pensée s'effondre : il ne reste alors que du verbiage filandreux.

 

*

* *

 

Le 25/02/2020

 

La science moderne est essentiellement analytique. Pour elle, l'univers (ou un organisme vivant) est un assemblage de briques élémentaires (des cellules) interagissant entre elles par des forces élémentaires (les cohésions tissulaires) régies par des lois élémentaires (les règles physiologiques).

La biologie actuelle constate ces forces et lois "élémentaires" chez les organismes vivants, mais ne les connaît pas vraiment.

De plus, la physique fondamentale et la cosmologie d'aujourd'hui savent que l'univers, pris comme un tout, n'est pas un assemblage d'atomes, mais une structure gigogne de processus globaux (holistiques) dont le second principe de la thermodynamique donne un fameux exemple. L'entropie et la néguentropie sont des variables extensives (donc holistiques) et non analytiques … et leurs évolutions sont irréversibles.

 

*

 

Le processus de construction d'un système complexe (pas seulement biologique) ne peut pas être pensé par analogie avec le déroulement d'un programme informatique : l'ADN n'est pas un programme dont il suffirait de changer quelques instructions (des séquences) pour obtenir une autre résultat final.

La construction d'un système complexe (un être biologique, par exemple) requiert deux types de mémoire très différents.

 

La première mémoire sert à fabriquer les matériaux de l'édifice : c'est l'ADN et tout l'attirail génétique qui l'accompagne dans les noyaux cellulaires, qui permettent de fabriquer les protéines et les cellules nécessaires pour construire l'être biologique concerné.

 

La seconde mémoire sert à organiser le processus de construction globale du système complexe. Cette mémoire contient la "logique" de construction de l'édifice. C'est cette mémoire-là qui permet, par exemple, à des tisserins couvés et élevés hors Nature, de construire à l'identique leurs nids à l'architecture fameuse, sans jamais l'avoir appris nulle part (ni les douze ou seize nœuds différents nécessaires pour le réaliser). Cette mémoire est dite phylétique puisqu'elle n'appartient pas en propre à l'individu concerné mais à tout son phylum. C'est cela que l'on appelait, jadis, "l'instinct" (qui, selon Jean Rostand, serait "la poubelle de nos ignorances"). On comprend assez vite que les phénomènes épigénétiques touchent cette mémoire phylétique sans toucher directement la mémoire génétique.

 

En bref : la mémoire génétique fabrique les matériaux (c'est la part analytique du processus), la mémoire phylétique organise la logique de construction de l'organisme global (c'est la part holistique du processus).

L'édition génomique ne touche que la mémoire génétique. En transformant le "programme" de fabrication des matériaux, elle influence évidemment, mais indirectement, la construction de l'organisme. Construire une maison en bois ou une maison en pierre, ne donne pas la même maison, même si le plan global n'est que peu changé.

 

*

 

Dans un système complexe loin de l'équilibre, une petite variation locale, en apparence insignifiante, peut induire des effets colossaux et catastrophiques à grande "distance" (spatiale, temporelle ou formelle) de là. C'est "l'effet papillon" découvert par Edward Lorenz.

Un cause infime peut déclencher un chaos global. Le dérèglement climatique actuel en est un parfait exemple.

S'il en est ainsi en physique, raison de plus pour voir qu'il peut en être aussi ainsi en biologie où, chez des espèces "loin de l'équilibre" (comme le sont toutes les espèces domestiquées), une petite variation génétique "contrôlée" peut (via la dialectique incontrôlable entre les deux mémoires, génétique et phylétique) déclencher l'effondrement chaotique de toute une espèce.

 

*

 

De Caroline Fourrest :

 

"Les phénomènes de meute enragée pour cause 'd'appropriation culturelle' sont favorisés par le mode de protestation des réseaux sociaux. Mais cette passion victimaire déborde dans la vraie vie, gagne la génération des milléniaux et l'université. Ce qui se passe sur les campus américains est réellement alarmant. Cette gauche victimaire et identitaire n'est pas du tout minoritaire aux États-Unis, au Canada, ni même en France. Ils sont même soutenus par de nombreux enseignants. Toute une génération de professeurs et de chercheurs issus des études décoloniales ou influencés par une approche anglo-saxonne accompagne cette dérive et se coopte. (…) La gauche victimaire défend une vision identitaire de l'antiracisme et du féminisme totalement contre-productive. Si le but est de tout ramener à la couleur de peau, au sexe ou à la religion, tout en considérant que les Blancs sont racistes par nature, on ne risque pas d'avancer ni de convaincre, juste de renforcer les stéréotypes et de monter les identités les unes contre les autres. (…) Cette nouvelle génération est moins antiraciste ou féministe que victimaire et dégagiste. (…) Nous vivons dans une société post-héroïque. Ce n'est plus le courage ou la virilité (et tant mieux) qui permet d'exister publiquement, mais le fait d'être victime."

 

A mourir de rire : voilà une gauchiste de l'égalité universaliste, individualiste et libertaire qui déplore le gauchisme de l'égalité communautariste, identitaire et victimaire.

Quand donc tous ces crétins de l'égalitarisme sous toutes ses formes, de tous les âges et générations, sur tous les terrains (ronds-points, manifestations, amphis universitaires ou réseaux sociaux), comprendront-ils que c'est le concept même d'égalité qui est absurde.

 

Rien n'est l'égal de rien ; tout est différent tant en nature qu'en valeur.

 

*

 

Le fait qu'un quidam se sente blessé ou choqué par mon apparence, mes gestes ou mes paroles, fait-il de moi un fautif ou un criminel, passible au mieux de devoir présenter des excuses et au pire d'être lyncher ?

Si la réponse est affirmative, on prend une posture intenable puisque quelque apparence que je prenne, quelque geste que je fasse, quelque parole que je profère, risqueront toujours de choquer ou blesser quelqu'un, quelque part, maintenant ou plus tard, ici ou ailleurs.

Ce ne sont pas ces expressions de moi qu'il faut prendre en compte, mais leur seule intention. Si cette intention est bien de blesser ou choquer, alors elle peut faire débat ; mais si elle ne l'est pas, alors c'est à la "victime" de prendre sur elle et de ravaler sa soi-disant sensibilité victimaire hors de propos. Je lui propose une thérapie salutaire : l'autodérision !

 

*

 

L'égalitarisme est une maladie mentale qui se décline selon deux voies : l'indifférentisme (rien ne vaut) et l'indifférencialisme (tout se vaut).

L'égalitarisme est une forme pernicieuse de schizophrénie aigüe puisqu'il repose sur une flagrant et obsessionnel déni de réalité.

 

*

 

L'antonyme de l'égalitarisme, c'est l'aristocratisme, non par le sang, mais par le mérite.

 

*

 

La notion d'aristocratisme vaut entre les individus, mais aussi entre les ethnies, les cultures et les religions.

Un des plus beaux critères pour définir l'aristocratisme est cette capacité de se mettre au service, non de soi-même, mais de ce qui surpasse ce soi.

Par exemple, une religion populaire et égalitaire (comme le catholicisme ou l'islamisme), par son dogmatisme et son missionnarisme, n'est au service que d'elle-même ; une religion aristocratique, peut avoir ses rites et principes propres, mais toujours au service d'un Divin apophatique et inaccessible, deviné mais non révélé, inspirant mais non culpabilisant, etc …

 

*

 

De Claude Lévi-Strauss :

 

"À l'époque domine en moi le sentiment de l'impuissance devant un monde

où les variables sont devenues trop nombreuses pour que la pensée puisse les maîtriser"

 

C'est cela qui s'appelle la complexité croissante qui rend la démocratie caduque puisque les humains ne sont pas égaux non plus devant la complexité.

 

*

 

Il y a deux manières de penser : l'une, analytique, au moyen de concepts, l'autre, holistique, au moyen d'images.

L'une est scrutation, l'autre est vision. L'une sans l'autre se condamne à la stérilité soit de l'analycisme rationaliste, soit de l'illuminisme mystique. Cette bipolarité de la pensée exige donc, comme toujours, l'instauration d'une dialectique entre ses deux pôles.

 

*

 

La philosophie n'est pas un domaine de connaissance en soi, mais elle est une méthode de questionnement et de conceptualisation qui peut s'appliquer dans chaque domaine de la connaissance.

Il n'y a que quatre domaines fondamentaux de connaissance et chacun d'eux peut être appréhender de façon analytique et conceptuelle ou de façon holistique et imaginale  :

  • la connaissance téléologique qui étudie la raison d'advenir et de subsister de tout ce qui existe, et qui donne soit la Métaphysique, soit la Spiritualité,
  • la connaissance généalogique qui étudie l'évolution de tout ce qui existe, et qui donne soit l'Histoire, soit l'Ontologie
  • la connaissance écologique qui étudie le fonctionnement de tout ce qui existe, et qui donne soit la Cosmologie, soit la Systémique,
  • la connaissance axiologique qui étudie l'évaluation de tout ce qui existe, et qui donne soit l'Ethique, soit la Noologie.

La méthode philosophique est le champ d'affrontement et de métabolisation de ces quatre domaines noétiques qui doivent converger pour former le Savoir absolu (Hegel) ou la Gnose ou la Connaissance totale, mais qui ne convergent pas forcément, pas naturellement.

 

*

 

Une philosophie qui ne rechercherait pas à construire un système total et intégré (comme chez Aristote ou Schelling ou Hegel ou Whitehead), ne serait que divagations (comme chez Platon ou Descartes ou Kant ou Heidegger).

 

*

 

De Christian Godin :

 

"Il n'y a pas d'histoire lorsqu'un processus ne comprend ni ordre, ni finalité."

 

Je n'aurais pas dit mieux … Mais j'aurais ajouté : ni mémoire, ni milieu.

 

*

 

La Totalité (l'Un) est plus que le Tout (l'Ensemble).

Cela induit la différence entre la connaissance absolue (gnosisme) et le savoir intégral (encyclopédisme).

Il ne faut pas savoir Tout, mais connaître (comprendre, concevoir, appréhender, englober, assimiler, …) la Totalité au-delà du Tout.

 

*

 

Etymologie grecque de "système" …

Stêmôn (tissé, chaîné) précédé de Sun (ensemble).

Sun-Stêmôn : tissé ou chaîné ensemble.

 

*

* *

 

Le 26/02/2020

 

Il n'y a que les Parisiens pour croire que la France, ça existe. Ailleurs, on connaît la Bourgogne, la Provence, la Bretagne, l'Alsace, etc … ainsi qu'un cloaque appelé "Île de France".

 

*

 

L'homme sans la femme et la femme sans l'homme ne valent pas grand' chose.

La différence entre l'homme est la femme est de nature, tant physique que psychique, mais pas de valeur : c'est leur complémentarité parfaite qui fait du couple l'unité de base de toute communauté et de toute vie humaine.

 

*

 

Beaucoup s'enferment dans des univers imaginaires fort étrangers à l'univers réel. Les psychanalystes et les psychologues sont de ceux-là.

 

*

 

Michel Onfray qui se dit nietzschéen, mais qui n'a pas compris grand' chose à Nietzsche, aurait été méprisé par Nietzsche, l'aristocrate, tant Onfray cultive le populisme gauchiste (qu'il prétend libertaire mais qui n'est que démagogue) et le ressentiment. Tous ses textes dégoulinent de jalousie et de rancœur, de rages de potache mis au coin, de trépignements de petit catho rebelle mais prisonnier, d'infantilisme psychologique ; ces textes cultivent l'insulte, l'ignorance arrogante et le jugement péremptoire sur ce qu'Onfray ne connaît que par ouï-dire ou par préjugé. Avec d'éternelles imprécations aussi obsessionnelles que simplistes contre la spiritualité (qu'il confond avec religion),  ou le libéralisme (qu'il confond avec financiarisme),  ou le traditionalisme (qu'il confond avec conservatisme), ou l'européanisme (auquel il oppose un nationalisme franchouillard désuet et franchement ridicule).

De plus, Michel Onfray n'a pas la moindre idée de ce que le mot "économie" veut dire (c'est pourtant la relation vitale entre l'activité productive et l'activité consommatrice), mais se vautre dans les fausses dualités idéologiques (totalement éculées et relevant d'un 19ème siècle obsolète) entre riches et pauvres, entre exploiteurs et opprimés, entre patrons et travailleurs … et oublie totalement des réalités comme, d'un côté : fainéantise, assistanat, sabotage, parasitisme, … ou d'un autre côté : entrepreneuriat, autonomie, prise de risques, création d'emploi, invention de métiers, innovations techniques, …

Un philosophe digne de ce nom, ne construit pas sa pensée contre des doctrines extérieures, mais pour un projet spirituel intérieur au-delà des doctrines.

Pauvre Michel, tu dis quelque part dans ton "Le Dictionnaire" (quelle outrecuidance !) que : "Philosophes autoproclamés et parasites (…) pullulent en de sinistres marécages (…)". Tu es de ceux-là, Michel, comme d'autres insignifiants médiatisés, plus ou moins dandies comme toi,  nommés Luc Ferry, Raphaël Enthoven et quelques autres. Ton marécage s'appelle "le ressentiment" et ta langue s'appelle l'imprécation et l'insulte … notamment à l'intelligence, à la courtoisie et à l'élégance.

 

*

 

D'Etienne de la Boétie :

 

"Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres ! "

 

Grande vérité que 85% des humains sont incapables d'entendre et plus incapables encore de mettre en pratique.

Le défi de l'autonomie est immense, vital et indispensable, mais ne concerne que l'aristocratie humaine : la plèbe ne désire rien d'autre que d'être esclave et de pouvoir s'en plaindre.

 

*

 

Lorsqu'un "philosophe" ne fait que s'étendre sur ses linéaments psychologiques personnels, il n'est pas un philosophe ; il n'est qu'un malade.

La philosophie n'est telle qu'au-delà - tout au-delà - de l'humain que celui-ci soit personnel, collectif ou générique. Sinon, elle n'est que sempiternelle pleurnicherie stérile sur la "condition humaine", ses affres ou ses "menus plaisirs".

L'humain : on s'en fiche. Ne compte que le Réel, la Totalité, le Cosmos, la Vie, l'Esprit, le Sens, bref : la métaphysique dont tout le reste n'est que déclinaisons plus ou moins anecdotiques.

 

*

 

Le Réel n'est en aucun cas "aveugle", livré au non-sens ou au hasard, à l'absurde et au n'importe quoi ; faute de savoir où il va, il sait au moins quels sont son désir, sa soif, son appétit, son souhait, son intention, son goût, sa volonté, son ambition, son inclination, son aspiration, sa demande, sa tendance, etc … !

Bref : il a une Âme.

Le Réel ne va pas quelque part, le Réel évolue vers sa plénitude.

L'uniformité et la complexité sont les deux chemins de cette plénitude.

 

*

 

Le Réel n'a qu'un leitmotiv : l'accomplissement, en cohérence et en optimalité, de sa plénitude.

 

*

 

Le concept de "plénitude" mérite d'être profondément exploré …

De même celui de "constructivité" …

 

*

 

La force construit. La violence détruit.

 

*

* *

 

Le 27/02/2020

 

D'après un responsable du renseignement en parlant des casseurs de l'ultra-gauche :

 

"Tous additionnent une grande frustration sociale et une allergie à l'autorité. (…) La violence leur a donné un statut et une raison d'être."

 

… avec un QI de 40 et un néocortex atrophié !

 

*

 

Le TLF définit la plénitude comme : "État de quelque chose, parfois de quelqu'un qui est au maximum de ses caractéristiques, qui a toute son intensité, sa densité, sa richesse".

Devenir totalement soi. Devenir totalement ce que l'on est déjà potentiellement.

Advenir totalement à soi-même. Se réaliser totalement, donc.

Il faut bien sûr distinguer la plénitude de ce qui est "empli" (ML'A en hébreu) et de ce qui est "achevé ou complet" (ShLM en hébreu qui a donné Shalom) ; c'est ce second sens qui est ici pertinent.

La plénitude n'est pas un but final à atteindre, mais bien une intention active, continuellement présente, dans chaque ici-et-maintenant. Cette intention permanente de plénitude est un "état d'esprit" permanent.

Elle est atemporelle.

Curieusement, le concept de "plénitude" est absent des dictionnaires de philosophie que j'ai consultés.

 

*

 

Scepticisme : rien n'est vrai. Négation.

Dogmatisme : voici le vrai. Exclusion.

Eclectisme : il y a du vrai partout. Inclusion.

Syncrétisme : tout est dans le vrai. Sublimation.

 

*

 

Sous la pression conjointe, j'imagine, du rabbinisme et du christianisme, il est extrêmement difficile, voire impossible, de faire admettre, aujourd'hui, cette simple vérité historique que le judaïsme originel (le lévitisme, élitaire et ésotérique) était un polythéisme monolâtre.

Il y avait de nombreux dieux (les Elohim) parmi lesquels le dieu tutélaire de la Maison d'Israël (YHWH).

C'est le pharisaïsme populaire et exotérique, surtout sous la férule romaine, qui introduisit, hérétiquement, le monothéisme dans le judaïsme et qui enclencha une trituration contre-nature des textes. La mort du sadducéisme (le dernier avatar du lévitisme) du fait de la destruction du Temple de Jérusalem et de l'expulsion en diaspora des Juifs israéliens, permit le triomphe de ce monothéisme dualiste véhiculé par le rabbinisme (et des concepts adjacents d'immortalité et de jugement de l'âme, du salut post-mortem, de la résurrection, etc …).

Le judaïsme originel, le lévitisme, dans sa fine pointe spirituelle, est un monisme, donc métaphysiquement incompatible avec quelque monothéisme dualiste que ce soit. En effet, derrière le polythéisme monolâtre du lévitisme, se profile l'idée, flagrante dans le premier chapitre de la Genèse, que les dieux (ha-Elohim) dont YHWH, que la Nature (ha-'Erètz) et que les humains (ha-'Adamim) émanent tous de la même source innommée que la Kabbale, dans le droit fil de la tradition lévitique, mais bien plus tard, appela ha-Eyn-Sof ("le Sans-Limite").

Je ne suis pas loin de penser que la source première du pharisaïsme - et, ensuite, du messianisme chrétien - est à chercher dans le "prophète" Isaïe qui, d'évidence, est un hérétique (un idéologue politique)  face au lévitisme (il suffit de lire Ezéchiel, les Proverbes, le Cantique ou l'Ecclésiaste pour s'en convaincre). A remarquer que toutes les contorsions faites par le christianisme naissant pour raccrocher Jésus au prophétisme hébreu, passent par Isaïe.

 

*

 

L'élément central de la spiritualité juive est la "libération" loin et hors de la prison de tous les esclavages et de toutes les idolâtries. Cette libération est symbolisée par la sortie d'Egypte menée par Moïse.

Là s'ancre l'antisémitisme féroce de tous ceux que n'aspirent - comme l'a si bien prophétisé Etienne de la Boétie - que la servitude volontaire.

Dialectique non pas hégélienne du maître et de l'esclave, mais de l'esclave et de l'homme libéré (qui n'est maître ni de personne, ni de rien).

Ce que l'antisémite reproche au Juif, c'est de vivre sans s'occuper ni de lui, ni de ses phantasmes.

L'antisémitisme est une forme particulière - et particulièrement odieuse - de ressentiment.

 

*

 

Je sais combien ce que je vais écrire est difficile à entendre … C'est ceci : la pensée n'est jamais aussi féconde que dans les périodes de grandes épreuves sociopolitiques.

La pensée est rebelle et inventive face à la bêtise idéologique.

La bonne pensée naît dans la mauvaise souffrance (mais pas que). Parturience …

 

*

 

Lorsqu'on vieillit, il faut apprendre à se confire doucement dans sa propre pensée.

 

*

 

Le Diable, c'est la populace c'est-à-dire la bêtise !

 

*

 

La populace fait le mal, mais Dieu en punit tous les hommes.

La justice de Dieu est collective et jamais individuelle. Dieu n'a que faire des individus qui, tous, sont insignifiants pour lui. Il ne voit qu'une seule chose : la contribution globale de l'humanité à la réalisation de la mission qui est la sienne : contribuer à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit. Inutile de dire que Dieu est plus que déçu, aujourd'hui … et qu'un nouveau déluge n'est pas loin.

 

*

 

De Jean Potin :

 

"Dieu sera toujours au-delà des discours que l'homme prononcera sur Lui."

 

*

 

La sagesse relève de l'éthique alors que la connaissance (gnose) relève de la métaphysique. L'éthique est donc une déclinaison de la métaphysique comme la sagesse n'est qu'une déclinaison de la connaissance.

De là l'idée que la philosophie est induite par la science, et non l'inverse.

 

*

 

Livre de la Genèse (2;24) :

 

"Sur ce, l'homme quittera d'avec son père et d'avec sa mère et il s'est lié dans sa femme et ils deviendront pour chair unique."

 

Fondation du couple comme fondement de toute vie humaine.

 

*

 

La poésie - comme la vraie musique - n'est pas un art ; elle est un état d'esprit.

Les arts ne peuvent qu'être soit décoratifs, soit divertissants, insignifiants, donc.

 

*

 

Chaque polythéisme exprime, en son fond, un monisme clair et limpide … mais sous une forme exotérique et populaire. On dit de lui qu'il est un paganisme ; soit, et alors ? Il exprime dès lors la foi des paysans (pagani) qui savent, parce que leur vécu et leur sueur le leur révèlent tous les jours, que la Vie est Une.

D'une Source unique et limpide jaillissent toutes les Forces contradictoires (des dieux, donc) qui construisent et font évoluer le Réel vers sa Plénitude.

 

*

 

La confiance offerte doit se nourrir de confiance prouvée.

Le stress n'apporte rien et détruit beaucoup.

 

*

 

N'importe quel paradigme humain repose totalement et exclusivement, mais implicitement, sur la métaphysique qui le porte, même si cette métaphysique s'exprime selon des variantes. Tout le reste en découle : ses valeurs éthiques, sociales, politiques, économiques, scientifiques même, etc …

Depuis la naissance de l'Europe, soit vers 700 avant  l'ère vulgaire, cinq paradigmes d'environ 550 ans chacun, s'y sont succédés (hellénité, romanité, christianité, féodalité et modernité). Chacun reposait sur un mot-clé de nature métaphysique : sagesse, ordre, dieu, salut, progrès …

Celui qui naît sous nos yeux, aura pour clé de voûte métaphysique la Joie c'est-à-dire la quête de la Plénitude.

 

*

* *

 

Le 28/02/2020

 

Charles De Gaulle - qui n'a jamais été confirmé général - ne fut pas un "grand homme", seulement un ambitieux qui a réussi à prendre le pouvoir, en achetant le peuple à coups de paternalisme et d'assistanats, en achetant des entreprises à coups de nationalisations et en achetant les communistes à coups de concessions coupables.

Charles De Gaulle fut le parangon, en France, du socialo-populisme. Pire encore que François Mitterrand qui a les mêmes caractéristiques que De Gaulle (c'est pourquoi il le détestait tant), mais qui, de plus, était un cynique crapuleux et obséquieux.

A noter, tout de même, que ces deux-là ont été des proches de Pétain.

Mauvais sang ne saurait mentir !

 

*

 

La Torah contient cinq livres : B'rèshit (Genèse), Shèmot (Exode), Vayiqr'a (Lévitique), Bémidbar (Nombres) et D'varim (Deutéronome).

Ils se structurent en trois parties.

 

La première partie, très courte, est cosmogonique ; elle se limite au premier chapitre de la Genèse (Gen.:1;1 à 2;3) et concerne un Divin innommé "Il" (celui que la Kabbale ultérieure appellera Eyn-Sof) qui engendre des Puissances (les Elohim) qui accompagnent l'émergence de tous les êtres (c'est la part moniste).

 

La deuxième partie commence avec le second chapitre de la Genèse (Gen.:2;4) et se termine juste avant l'apparition du personnage Abram qui deviendra Abraham, le guide du peuple hébreu (Gen.11;32) ; cette seconde partie est anthropogonique et concerne l'histoire humaine, toutes cultures confondues : c'est l'histoire d'Adam ("l'humain") qui se perpétue au travers de Qayn et de Seth jusqu'à Noé, au Déluge et à la Tour de Babel. Le Divin y porte plusieurs noms selon les modalités de sa présence (c'est la part polythéiste).

 

La dernière partie commence avec Abram (Gen.:12;1) et se termine avec le mot Israël (Deut.:34;12) qui clôture le cinquième livre. Cette partie, de très loin la plus longue, ne concerne que la Maison d'Israël fondée par Abraham et Sarah ; elle est strictement judéogonique. Elle décrit l'histoire de la formation de la Maison d'Israël depuis sa naissance en Canaan jusqu'à son retour, sous la conduite de Moïse, aux portes de la Terre promise, sur le mont Nébo. Le Divin s'y manifeste sous la forme de YHWH, le dieu tutélaire de la Maison d'Israël (c'est la part monolâtrique).

 

Cette longue et dense troisième et dernière partie de la Torah traite de trois problématiques toutes liées à la réalité de la Maison d'Israël dans ses relations d'Alliance et de Loi avec le Divin, dans ses relations de différence et de distance avec les Nations, et dans ses relations internes et éthiques avec elle-même.

 

*

 

De Leibniz

 

"(…) la religion consiste en deux choses, dans la croyance et dans le culte (…)"

"

 

*

 

A force de confondre "rationalité" et "logique", on appauvrit considérablement le concept de "raison".

L'idée de raison est tout entière contenue dans l'expression : "quelle est la bonne raison de …". La raison, au-delà de la logique logicienne et formelle, invite à rechercher la bonne raison d'exister ou d'arriver de tout ce qui existe ou arrive, et, ainsi, d'entrer dans la logique globale (au sens de Logos) du Réel,  dans ce qui fonde sa cohérence, son unité et son optimalité … et qui n'est pas la logique aristotélicienne.

Il ne s'agit ni de rationalisme (au sens de Kant), ni de logicisme au sens de Russell).

Il y a logique et Logique (Logicité ou Logos, faudrait-il préférer).

Il y a raison et Raison.

Il y a rationalisme et Rationalité.

La raison d'exister ou d'arriver de ce qui existe ou arrive, n'appelle ni cause (pourquoi), ni finalité (pour quoi), mais elle en appelle à la logique immanente du constructivisme à l'œuvre dans le Réel. La "raison d'exister ou d'arriver" implique la question du "au service de quoi ?" ou du "pour servir (à) quoi ?".

La Raison ou la Rationalité du Réel invite à comprendre que rien n'est vain, que tout a un sens, que tout fait sens, que tout "sert", non au sens utilitariste, mais au sens aristocratique.

 

*

 

L'Europe est de race blanche et néandertalienne ; de langues indo-européennes ; de spiritualité judéo-helléno-chrétienne ; de culture rationnelle et laïque ; de tradition patriarcale, hétérosexuelle et monogame dans l'amour et le respect absolus de la femme ; de tradition hiérarchique et démocratique où la loi de la majorité est la seule qui vaille, où l'autorité des élites intellectuelles et morales font repère !

Si ce qu'est l'Europe ne convient à certains qui la squattent ou qui la parasitent, ils sont invités à aller vivre ailleurs, là où l'herbe leur semble plus verte.

Merci donc de vous en aller. Ici, les Européens et ceux qui respectent leur mode vie, sont chez eux. Tous les autres ne le sont pas.

Au-delà des socialo-cosmopolitismes et des socialo-populismes, l'européanisme existe et doit s'affirmer clairement, afin que l'Europe, enfin, se fédéralise, fasse corps et rejette ces mirages du 19ème siècle que furent les Etats-Nations, d'une part, et les universalismes plus ou moins colonisateurs, d'autre part. Ces mirages ne concernent plus l'heure présente.

L'heure est à la continentalisation et au "chacun chez soi".

 

*

 

Aujourd'hui, mis à part quelques fossiles séniles (genre Badiou), le marxisme, le léninisme, le stalinisme, le maoïsme, … bref : le communisme sont morts, bien morts, enterrés, pourrissants et puants. En revanche, le trotskisme, au sein de certains groupuscules acéphales, nostalgiques de la "révolution permanente" et drogués des phantasmes débiles de la violence urbaine et de la guérilla subversive, reste vaguement vivace (cfr. black-blocs ou ultrajaunes).

C'est bien sûr oublier que Trotski - comme Guevara - fut une crapule sanguinaire, qu'il fut le créateur de l'armée rouge soviétique, le responsable répugnant de millions de massacrés, l'inventeur du goulag, l'initiateur (dès 1918) des camps de concentration pour y éliminer, par voie d'esclavage, la classe bourgeoise et propriétaire, le promoteur de la "science soviétique" au côté de laquelle Joseph Mengele fait figure de rigolo, etc …

Staline l'a fait assassiné à coup de hache au Mexique par trouille … Les montres ont toujours la trouille des plus monstrueux qu'eux.

 

*

 

Pour Leibniz, le Mal n'existe pas, mais la souffrance qui fait mal, vient de l'imperfection inhérente au monde réel. Toute la question est alors : comme de l'imperfection peut-elle émaner du Divin si Dieu est parfait ? Leibniz répond par une pirouette : toute "créature" est limitée et l'imperfection, origine de toute souffrance, vient de cette finitude. En fait, Leibniz oppose à Dieu, qui est Perfection indéfectible, un autre principe qui est le Néant, absence de tout : toute "créature, par sa finitude et, donc, par ce qu'il lui manque, participe du Néant qui lui "fait mal".

 

*

* *

 

Le 29/02/2020

 

De Siddhârta Gautama :

 

"Accepte ce qui est. Laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera."

 

" Ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur,

concentre ton esprit sur le moment présent."

 

"Rester en colère, c'est comme saisir un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un. C'est toi qui te brûles."

 

"Celui qui est le maître de lui-même est plus grand

que celui qui est le maître du monde."

 

"La joie n'est pas chose aisée. Il est difficile de la trouver en nous.

Il est impossible de la trouver ailleurs."

 

"Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter

mais s'il n'a pas de solution, s'inquiéter ne changera rien."

 

*

 

L'immense différence entre le pouvoir et l'autorité ….

On détient un pouvoir par délégation, mais on fait autorité par qualification.

Le pouvoir dit : "Je ne sais pas, mais faites ce que je veux".

L'autorité dit : "Je sais mais faites comme vous voulez".

Le pouvoir (s') impose.

L'autorité (se) propose.

 

*

 

De Régis Debray :

 

"(…) on ne concurrence pas la religion par la raison,

on concurrence un système de croyances par un autre système de croyances."

 

et, plus loin :

 

"(…) la République sans la nation, cela n’existe pas. (…) Si la République n’est pas une histoire et une géographie, d’autres appartenances la remplaceront."

 

*

 

Le mot "religion", en fait, ne veut pas dire grand' chose … mais peut tout faire dire. Il jouxte et pointe la reliance, certes, mais reliance de qui à qui ou à quoi ?

En revanche, je crois bien plus pertinente la notion de "sacralité" : la "sacralité" étant, sans doute, ce qui "fait religion" ….

 

*

 

Pour une personne ou une communauté, qu'est-ce qui est "sacré" ?

Qu'est-ce qui exprime ce pour quoi on est prêt à faire tous les "sacrifices" (ce qui fait le "sacré") en s'y "consacrant" (se "sacraliser" avec) totalement ?

Ce qui est "sacré", n'est pas nécessairement de l'ordre de la spiritualité.

La sacralité ou la sacralisation relèvent de choix personnels ; rien n'est "sacré" en soi mais chacun peut "sacraliser" ce pour quoi il est prêt à tous les "sacrifices", ce à quoi il veut se "consacrer".

Au fond, chacun "sacralise" ce qu'il ressent comme son intime vocation (pour autant qu'il en ait une). Tout ce qui concerne cette intime vocation devient alors "sacré".

S'il n'y a plus de vocation forte, individuelle ou collective, plus rien n'est "sacré", plus rien ne vaut "sacrifice",  ni ne vaut que l'on s'y "consacre".

 

*

 

Comme toutes les reliances, la connexion peut devenir religion …

La religion des "réseaux sociaux" qui permet, à ceux qui sont vides, d'exister.

 

*

* *

 

 

***

NOUVEAU (depuis ce 9/2/2020): Le Tome 21 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (323 pages à télécharger gratuitement).