Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Juillet 2021

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

 

Le 01/07/2021

 

L'obsession du médiocre : être vu, se faire remarquer, attirer l'attention sur lui, connaître sa microseconde de gloriole …

Tous les moyens sont bons et les médias sociaux en offrent beaucoup.

Le plus gros problème du minable : ne pas être capable d'accepter et d'assumer sa propre médiocrité.

Tout lui est bon pour se faire voir et valoir, jusqu'aux pires violences (souvent verbales mais parfois physiques) et aux pires ignominies.

Les affaires Mila ou Nadia Daam sont parfaitement éloquentes en ce sens : des petites saloperies, aux trois-quarts analpha-bêtes, qui jouent la surenchère du harcèlement infâme et de la menace ignoble permanente dans une folle escalade où on se pousse à qui mieux-mieux vers le sommet de l'abjection.

 

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Ce que l'on appelle, à tort, l'islamophobie n'est que le refus net, par beaucoup de braves gens, de certains comportements abjects de petites frappes maghrébines de banlieue qui agressent au prétexte qu'ils seraient victimes d'un racisme "anti-arabe", alors qu'ils sont à peine musulman et qu'ils n'ont rien d'arabe (pour rappel : le Maghreb est une terre à la fois africaine, berbère et wisigothe, conquise par les Arabes et convertie de force à l'Islam … ces Maghrébins n'ont pas une goutte de sang arabe dans les veines et la langue qu'ils parlent n'est qu'un dialecte vernaculaire que les authentiques Arabes ne comprennent pas).

Ces comportements, insupportables à beaucoup, relèvent du communautarisme c'est-à-dire, concrètement, d'agissements "en bande" (le nombre est le courage des lâches) où sévit la surenchère permanente entre petits caïds minables qui jouent à "oser plus que l'autre" dans tous les registres de la violence.

Ces morveux sont incultes, refusent la scolarisation, ne respectent pas leurs parents, jouent les gros-bras et se laissent facilement radicaliser par des prêcheurs payés par les Frères-Musulmans ou leurs satellites.

L'islamophobie n'est qu'un cache-misère pour permettre à des petits voyous de continuer impunément leurs exactions et leurs trafics.

Le moins compréhensible de toute cette affaire, est que la majorité des braves musulmans, plutôt que de leur botter les fesses, s'obstinent à protéger solidairement ces apprentis-truands qui jettent le discrédit sur toute la communauté musulmane.

 

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Quand donc les gens comprendront-ils que populisme et socialisme, c'est la même chose.

Deux "tentations totalitaires", l'une dite de droite parce qu'elle se dit nationaliste, l'autre dite de gauche parce qu'elle se dit progressiste. Mais personne ne devrait être dupe : nationalisme et progressisme sont des notions idéologiques ringardes qui viennent du 19ème siècle et qui n'ont plus aucun sens aujourd'hui.

 

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Il est urgent de réhabiliter l'idée de "mérite", tant au niveau personnel qu'au niveau collectif.

Il y a des gens qui ne méritent rien.

Il y a des communautés qui ne méritent rien.

Il y a des civilisations, des religions, des cultures qui ne méritent rien.

Ils ne savent que parasiter. Ils ne construisent rien. Il n'y a aucune œuvre ni faite, ni en cours, ni à venir.

Il n'y a que du parasitisme érigé en système et sanctuarisé, naguère, au nom de l'égalitarisme, par une gauche en quête de clientélisme électoral (ce fut le grand-œuvre de ce salaud de François Mitterrand dans le droit fil de cet autre tartuffe que fut Charles De Gaulle … deux bons copains à Pétain).

 

 

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Chacun n'a droit qu'à ce qu'il mérite.

 

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D'abord le devoir.

Ensuite le mérite du devoir accompli.

Enfin le droit mérité.

 

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Personne n'a droit à rien avant d'avoir mérité quelque chose.

 

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L'écologie politique (comme la pastèque : verte dehors, mais rouge dedans) est une escrologie.

Son problème n'est pas l'avenir de la planète et de la vie dessus.

Son problème n'est que le combat contre le libéralisme, que celui-ci soit écologue ou pas : la haine de l'économie, la haine de l'entreprise, la haine des entrepreneurs au nom d'un gauchisme qui se cache et sous couvert d'un écologisme ignare des réalités écosystémiques et biosphériques (c'est tellement plus facile de conseiller, voire d'imposer, comment éduquer des enfants quand on n'en a pas soi-même).

 

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L'écologie, c'est de la thermodynamique, et rien d'autre.

Que ceux qui ne sont pas thermodynamiciens se taisent donc enfin.

 

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Quand on naît avec un pénis, on est un homme.

Quand on naît avec un vagin, on est une femme.

Point-barre !

Il faut cesser les tergiversations absurdes : la biologie est là et a ses lois.

Le reste n'est que bavardages et états d'âme, sans le moindre intérêt.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"Les populismes sont des mouvements protestataires qui, telle une maladie opportuniste, se greffent sur les crises de la démocratie."

 

Oui, bien sûr. Les populismes – comme les socialismes et les nationalismes - sont des maladies honteuses qui pourrissent les gens.

Mais il n'empêche : si ces maladies sévissent, cela signifie que le corps est bien malade.

Quand donc oserons-nous nous rendre à l'évidence : la démocratie au suffrage universel ne fonctionne plus !

 

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Le financiarisme est la cause du terrible séisme de 2007 et 2008 et a eu comme conséquences le Brexit, l'élection de Trump et la montée des populismes.

Il est donc temps de briser les ailes au financiarisme c'est-à-dire au capitalisme spéculatif (fermer toutes les Bourses) afin de rendre l'économie au capitalisme entrepreneurial et au libéralisme pour lequel ce n'est pas l'argent qui fait valeur, mais le travail et l'autonomie.

 

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La pandémie a au moins eu un effet très positif : celui de faire éclater au grand jour l'incompétence et l'inconsistance des pouvoirs populistes qui, partout, de Netanyahou à Trump, de Modi à Bolsonaro, d'Orban à Le Pen, de Jansa à Salvini ou l'AfD allemande, ont subi un désaveu notoire, tant interne qu'externe.

Mais le populisme n'est pas mort … loin s'en faut ! Malheureusement.

 

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La limite de la démocratie est devenue limpide …

Pourquoi donc aller voter si, quel que soit l'élu, ce sont les mêmes prébendes et assistanats qui tombent tous les mois ?

Si Panem et circenses sont garantis, pourquoi encore perdre son temps avec la politique ?

Quand donc les politiciens, les journalistes et bon nombre d'intellectuels comprendront-ils que, fondamentalement, la politique n'intéresse qu'eux, du moins tant que les allocations, les primes et les horaires de travail tombent.

L'esprit civique n'existe pas ; il n'y a que des ventres à satisfaire (c'est ça, et rien d'autre, le "bien commun").

 

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Il est temps de "désacraliser" la politique, dans toutes ses dimensions ; la République n'est pas une déesse, mais seulement un mode d'organisation qui ne fonctionne plus.

 

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Il me semble de plus en plus impérieux de restaurer l'autonomie radicale des sept pouvoirs dans toute société humaine  :

 

  1. Le pouvoir culturel qui valorise les patrimoines culturels et mémoriels.
  2. Le pouvoir spirituel qui revivifie à longueur de temps la raison d'être, la vocation, l'intention.
  3. Le pouvoir écosystémique qui optimise l'approvisionnement collectif en ressources.
  4. Le pouvoir économique qui alimente le système en produits utiles et de qualité.
  5. Le pouvoir politique qui garantit l'éthique de toutes les relations.
  6. Le pouvoir académique qui stimule, encourage et finance la recherche dans tous les domaines utiles et la transmission de tous les savoirs sérieux.
  7. La réalité sociale qui, au jour le jour, harmonise concrètement les six autres.

 

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Le pire des rêve est celui du "bonheur universel" que promettent tous les idéologues et tous les révolutionnaires.

De grâce, préservez-nous de cette horreur.

 

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Où que ce soit, l'histoire nationale n'a eu de cesse d'être sempiternellement réécrite en fonction des besoins politiques, idéologiques et sociaux.

La pire des traîtrises à la vérité historique, ce furent les manuels d'histoire française écrits à la fin du 19ème siècle, sous la 3ème république, par des idéologues socialistes inventeurs des révolutions françaises de 1789 et de 1848.

 

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Le vin est à l'eau ce que la joie est au besoin.

 

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Dire aurevoir n'est rien, dire adieu est terrible !

 

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"C'est loin où tu vas ?

Loin de quoi ?"

 

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Le 02/07/2021 (5ème anniversaire du décès de Nanou)

 

La justice sociale, ce ne peut pas être "à tous la même chose".

La justice sociale, c'est à chacun selon ses mérites et ses œuvres.

L'égalitarisme, voilà la plus grande des injustices puisqu'elle favorise les parasites au détriment des méritoires.

 

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Les sept grandes problématiques actuelles dans le monde réel des humains :

 

  1. Dynamique vocationnelle : Le respiritualisation du projet humain.
  2. Dynamique mémorielle : La continentalisation des cultures.
  3. Topologique externe : La frugalisation de toutes les ressources naturelles.
  4. Topologique interne : La refondation économique sur la valeur d'utilité
  5. Eidétique politique : Les réseaux post-démocratiques.
  6. Eidétique culturelle : Le développement scientifique et technologique.
  7. Harmonisation : La nouvelle éthique sociale.

 

 

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Dans le rapport Tirole-Blanchard, adressé au président de la République ce 23 juin 2021, trois volets sont examinés :

 

  • Le dérèglement climatique du fait des gaz carbonés à effet de serre où tout est misé sur des innovations technologiques (solaire, éolien, stockage électrique, véhicule électrique, protéines végétales, …) assorties de taxes "carbone", mais où l'on ne dit rien des impérieuses nécessité de la décroissance tant de la démographie que des modes de vie.
  • Les inégalités sociales existent et existeront toujours, pour de multiples raisons biologiques, culturelles et éducationnelles, mais elles sont bien moindre que dans l'imaginaire des masses excitées par la presse gauchisante. Quant à l'insécurité économique, elle nait de la montée d'une exigence de meilleure virtuosité et de la dégénérescence des systèmes éducatifs. Les masses exigent donc un renforcement des assistanats ce qui, évidemment, ne changera rien sauf à amplifier le phénomène (l'argent distribué ne peut pas être investi).
  • Le vieillissement de population impose trois mesures : retarder le départ à la retraite d'au moins cinq ans, bloquer l'immigration non-européenne, et intensifier la robotisation et l'algorithmisation des activités. La seule action envisagée est le remodelage du système des retraites.

 

Bref : trois grands coups dans l'eau concoctés par des académiques gauchisants n'ayant jamais vu une entreprise réelle de près.

 

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La Gnose, au sens vrai et premier, est la voie du Salut (de l'atteinte de l'intemporel) par la Connaissance absolue de la réalité du Réel.

A l'inverse du mystique qui prie, le gnostique étudie.

 

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Selon la Genèse, Adam (l'humain au sens générique issu de Adamah, l'humus) s'unit à Eve ('Hawah, la vivante : la Vie cosmique que l'humain porte en lui) et engendra trois fils : Qayn, Hévèl et Seth.

Cette tripartition de l'humanité fut confirmée par les trois fils de Noé (Noa'h) : Shem, 'Ham et Yaphèt.

Cette tripartition éternelle distingue les sacerdotaux (Seth et Shem), les constructeurs (Qayn et Yaphèt) et les parasites (Hévèl et 'Ham qui, tous deux, seront exclus de la réalité humaine).

 

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La définition en huit points que donne Christoph Markschies, à propos du "gnosticisme" historique vaut la peine d'être reprise :

 

  1. l'existence d'un Dieu suprême complètement distant et en dehors du monde,
  2. l'introduction d'autres figures divines plus proches des humains que le Dieu suprême,
  3. l'idée que le monde et la matière sont des créations mauvaises, et constituent donc une aliénation,
  4. l'introduction d'un Dieu créateur (appelé démiurge dans la tradition platonicienne), décrit parfois comme surtout ignorant, mais parfois comme mauvais,
  5. l'explication de cet état des choses par un drame mythologique dans lequel une étincelle divine est tombée de sa sphère dans le monde mauvais et s'est endormi dans certains êtres humains et peut en être libérée,
  6. la connaissance (Gnose) de cet état ne peut être obtenue que par l'intermédiaire d'un rédempteur qui descend de sa sphère supérieure et y retourne,
  7. la rédemption des êtres humains passe par la connaissance de ce Dieu ou de cette étincelle en eux,
  8. une tendance vers différents types de dualisme.

 

Cette définition a le mérite d'écarter radicalement toute confusion entre le gnosisme (le monisme absolu fondé sur l'étude pour la connaissance du Divin et l'accès à l'intemporel) et le gnosticisme (le dualisme ontique chrétien des premiers siècles en Egypte).

 

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Le judaïsme est parcouru par deux traditions qui se distinguent par le fait que l'une confère une valeur "sacrée et révélée" à la Loi orale consignée dans les Talmuds, et que l'autre, sans rejeter les Talmuds comme témoins de traditions juives, ne leur confèrent aucun caractère sacré (ce qui est mon point de vue personnel radical). Ceci est sans doute la version juive du principe du "libre examen" auquel je reste très attaché : en matière spirituelle, il peut y avoir des Maîtres qui ouvrent des portes, mais il ne peut jamais y avoir des Autorités qui ferment des portes.

La branche qui se limite à la "Loi écrite", suit le chemin suivant :

 

Lévitisme à Sadducéisme à Karaïsme

 

L'autre branche (la plus nombreuse) qui accepte le "loi orale", suit le chemin suivant :

 

Pharisaïsme à Rabbinisme à Talmudisme

 

Le Kabbalisme est une troisième voie, ésotérique et mystique, qui ne s'intéresse pas aux Talmuds et peu à la halakhah : elle étudie certains textes du Tanakh spécialement choisi pour leur puissance d'évocation mystique (la Genèse avant l'entrée en scène d'Abraham, le Buisson ardent, les Plaies d'Egypte, le Tabernacle, le Cantique des cantiques, le Char d'Ezéchiel, … et quelques autres).

 

Sahl ben, Matzliah ha-Cohen avait donné sa propre version du "libre examen" :

 

"Sachez, enfants d'Israël, que chacun est responsable de son âme (…) !"

 

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Le principe de totale responsabilité personnelle doit redevenir, sur tous les plans, pas seulement spirituel, le principe de base du fonctionnement des sociétés humaines de demain.

Il faut en cesser avec les "circonstances atténuantes", avec les "bouffées hallucinatoires", avec la "responsabilité collective ou systémique", et autres fumisteries sous label "pitié", empathie", "charité", "miséricorde"..

Il faut cesser de produire, artificiellement, des logiques de déresponsabilisation des individus pour s'inventer des responsabilités fantomatiques.

Chacun est totalement responsable de ce qu'il fait, dit et pense !

 

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Quiconque abat un arbre feuillu, est un assassin.

 

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La joie se construit pour soi, mais s'offre à ceux que l'on aime.

 

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Les morts peuvent tout savoir, mais ils ne peuvent plus rien faire.

 

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Un chien est fidèle à la caresse, pas à la pâtée.

 

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Le 03/07/2021

 

24% des Français se disent encore de "gauche" (les pauvres !) alors que 38% se disent de "droite" et 17% du "centre" … où sont les 21% manquants ?

Les jeunes sont plus massivement à droite que leurs aînés.

 

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La Chine fascine l'occident … Pourquoi ?

Pourtant tout est au plus simple : tout ce qui intéresse l'Empire "communiste" dictatorial chinois, c'est l'argent. Toujours plus d'argent, par tous les moyens.

Une immense fuite en avant pour amasser toujours plus d'argent.

Tous les continents du monde étant, par essence, anti-communiste, il n'y a aucun respect de quoique ce soit à leur devoir. Au nom du communisme, donc du "peuple", tous les coups sont permis !

La dictature promet l'enrichissement à tous ceux qui s'y soumettent ; c'est aussi simple que cela. Xi Jinping achète son pouvoir absolu avec de l'argent et les enrichis chinois vendent leur soumission au pouvoir absolu contre de l'argent.

Le peuple chinois a toujours été fasciné par l'argent et, particulièrement, par les jeux d'argent ; et la paupérisation hallucinante des Chinois, du fait du maoïsme, n'a fait qu'exacerber ce goût immodéré pour l'argent. Ainsi le monde est devenu, pour les oligarques chinois, un immense jeu de Monopoly. Il n'y a rien de plus ni d'autre à en comprendre.

Sauf, peut-être, l'effarante décroissance démographique (1.3 enfants par femme, taux qui ne remontera pas, égoïsme oblige) et l'accélération rapide du vieillissement de la population (avec la diminution parallèle de la force de production).

Sauf aussi l'inquiétante faiblesse technologie de cet empire totalitaire : les Chinois copient, mais n'inventent pas (il faut être libre pour inventer).

 

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La géopolitique, aujourd'hui, est le jeu du "qui sera le plus grand voleur ?". Il y a longtemps que l'Euroland ne joue plus à ce jeu puéril, car mis sur la touche dès après la seconde guerre mondiale qui l'a dévastée tant physiquement que moralement.

L'Angloland, longtemps, en a été le grand gagnant incontesté. Aujourd'hui, le Sinoland et, dans une moindre mesure, le Russoland et l'Islamiland (encore assis, tant que cela dure, sur la manne pétrolière) contestent, vigoureusement et à bon droit, cette hégémonie américaine qui, de toutes les façons, est en train de s'effondrer.

L'essentiel est que l'Euroland se retire de ce jeu stérile, construise sa neutralité et son autonomie, et se concentre sur construction du "monde d'après", de ce nouveau paradigme qui sera celui de la pénurisation et de la frugalisation.

 

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L'Union Européenne doit devenir la Suisse du reste du monde.

 

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Au sens mystique, la Torah c'est la Loi cosmique", le Logos ou, plutôt, le Nomos universel qui est le moteur de l’évolution du Tout-Un dont il est consubstantiel et concomitant.

Que signifie "Commencement du monde" ?

 

  • Est-ce le Big-bang des physiciens c'est-à-dire l'émergence massive, dans les trous noirs galactiques, de la Matière issue de la Prématière bosonique et, donc, l'émergence des moteurs fondamentaux du monde matériel que sont l'Expansion et la Gravitation (cfr. la relativité générale).
  • Mais, est-ce, au contraire, le début du Temps c'est-à-dire le début du processus évolutif lui-même et donc de la mise en œuvre du Nomos ? Mais peut-on concevoir un moteur de l'évolution avant qu'il n'y ait évolution ?

 

Que signifie "Monde" ?

 

  • L'Univers, le Tout, le Tout-Un, le Réel ?
  • Ou le monde humain ?

 

Je pense quant à moi que le Nomos (il est le Grand Architecte de l'Univers puisqu'il est le garant de la cohérence du Tout-Un) est intemporel et qu'il n'y a jamais eu de "commencement du temps", puisque le "temps" est non un contenant, mais une mesure processuelle du contenu.

 

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La nature de la Nature …

Quelle est la nature de la Nature ? Qu'est-ce que la naturalité ?

D'après l'étymologie, la Nature c'est ce qui est en train de naître (participe futur du verbe nascor) …

La Nature, c'est ce qui est naissant, éternellement naissant.

La nature de la Nature, c'est de naître éternellement !

 

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La Culture ne remplace ni ne subjugue la Nature ; la Culture couronne la Nature.

 

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Le Réel. Rien que le Réel ; tellement au-delà de l'humain et de ses gesticulations politiques, économiques, sociales et culturelles qui ne sont que des apparences, des épiphénomènes, des miroitements de vaguelettes à la surface de l'océan.

 

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Le rôle de l'Intelligence (de l'Intelligence noétique, s'entend) qui émerge seulement parmi les humains, sera de sacraliser et de spiritualiser le Réel dans toutes ses composantes : Matière, Vie et Esprit.

 

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Pourquoi donc ne veut-on pas voir que l'humanité vit une scission et une sécession fondamentales entre le crétinisme populaire coincé dans le "panem et circenses" (menée par des "élites" démagogiques autoproclamées), et l'aristocratisme spirituel porté par l'intellectualisation sacralisante du Réel.

Pourquoi nie-t-on que l'humain aussi vit et connaît des effets de seuil ?

La Matière est sortie de la Hylé par un bond faramineux.

La Vie est sortie de la Matière par un bond encore plus faramineux.

L'Esprit est en train de sortir de la Vie par un bond colossal qui laissera la grande majorité des humains sur la touche.

C'est cela même la logique de l'émergence !

 

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Le mythe de Prométhée est le socle basal de tout progressisme …

Et ce mythe mène, aujourd'hui, au pillage et au saccage de toute Matière, de toute Vie et de tout Esprit … au profit de parasites humains, puérils et capricieux, qui ne rêvent que de "panem et circenses".

 

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Il est intéressant de constater que le mythe caucasien de Prométhée (le "Prévoyant") relie le progrès technique des humains au Feu divin, et que ce Feu divin ait été volé aux Dieux, victorieux des Titans, mais avec la complicité d'Athéna, déesse de la science. Ce vol est le fait d'un Titan, Prométhée, petit-fils d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre), frère d'Atlas, de Ménétios et d'Epiméthée.

Prométhée, avec de l'eau et de l'argile, et avec l'aide du souffle d'Athéna, aurait même été le créateur des humains (selon Apollodore) pour rivaliser avec les Dieux, vainqueurs des Titans.

Quant à Epiméthée ("celui qui réfléchit après"), il accepte la première femme, porteuse de tous les dons des Dieux : Pandore, "l'adorée de tous", … dont la "boîte" (la "jarre"), une fois ouverte, répand tous les malheurs sur les humains … sauf l'Espérance.

 

Il ressort de ces mythes une leçon grave : le progrès technique, issu de la science, est la source de tous les malheurs des humains.

 

Les Idées culturelles (le Dieux) ont vaincu les Puissances naturelles (les Titans) pour le malheur des humains.

 

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Le 04/07/2021

 

Le passé est un patrimoine et le futur est une volonté.

Le présent met en œuvre ce patrimoine pour réaliser cette volonté ; et il s'appuie, pour ce faire, sur deux tensions, l'une territoriale (entre ouverture et fermeture), l'autre organisationnelle (entre rigidité et créativité).

 

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L'entropie, c'est l'ennemie de la Vie, de toute transformation, de toute évolution car elle préfère, en tout, le statuquo, la stabilité figée, l'uniformité, l'égalité, l'homogénéité, le repos, la mort …

Son inverse, la néguentropie est le moteur de la Vie , de toute vie, capable de créativité et d'adaptativité ; elle est l'alchimiste du vivant à l'affût de toutes les possibles transformations et émergences souhaitables …

A elles deux, elles constituent les deux pôles d'un des trois axes de tension qui, ensemble, fondent toute l'évolution cosmique : l'axe ou domaine eidétique.

 

Un deuxième axe (domaine) de tension fondant toute l'évolution cosmique est l'axe topologique qui oppose l'individuation et l'intégration.

Le pôle d'individuation pratique l'encapsulement, le repli sur soi, la fermeture, les structures sphéroïdales, l'autarcie et l'indépendance ; il cherche à créer un petit univers clos au sein de l'univers, une sorte de bulle close ayant le moins d'interactions possibles avec le reste du monde.

Le pôle d'intégration pratique lui tout son contraire : l'ouverture, l'échange, les structures fractales, la coopération, la métamorphose, la reliance et la résonance : il cherche à devenir un centre de rayonnement et d'interaction, un nœud de rassemblement et d'interrelations.

 

Le troisième et dernier axe (domaine) de tension qui est à l'origine première, avant les deux autres, de l'évolution cosmique est l'axe téléologique ou dynamique qui oppose le patrimoine et l'intention.

Le pôle patrimoine procède par accumulation ; il entasse tout ce qu'il a déjà vécu, couche instantanée après couche instantanée (comme le tronc d'un arbre), dans une sorte de mémoire cosmique et inertielle, thésaurisée sous le présent, qui constitue la substance primordiale prématérielle : la Hylé.

Face au pôle patrimonial, se place le pôle intentionnel qui représente la volonté cosmique d'accomplir tous les possibles, d'aller jusqu'au bout de tous les réalisables, de porter le projet cosmique de plénitude sublime en y mettant toute l'énergie disponible.

 

Pour que le tableau cosmologique puisse être complet, il faut encore ajouter deux éléments : la pulsatilité cosmique et le constructivisme cosmique.

 

La pulsatilité cosmique exprime que, comme un cœur qui bat à son rythme, le temps cosmique est pulsatoire (à une fréquence extrêmement élevée, tellement élevée que le temps paraît couler linéairement et uniformément) et que ces pulsations temporelles induisent une caractéristique ondulatoire fondamentale à tout ce qui existe dans le Réel. Le Réel est parcouru d'ondes temporelles qui interfèrent entre elles jusqu'à dessiner des figures d'interférence dont les trois axes tensionnels s'empareront pour en tirer les meilleures opportunités possibles ; de là naîtront les noyaux galactiques, ces sortes de méga-réacteurs bosoniques (la matière noire) constitutifs des trous noirs qui donneront naissance aux premiers grumeaux matériels (les neutrinos monopolaires et les protéus bipolaires, à la fois protoniques et électroniques).

L'émergence de cette Matière protéique signe, en même temps, la naissance de l'attirance gravitationnelle et de la répulsion expansive, deux tendances propres à l'univers matériel.

Parallèlement, les interactions protéiques induisent trois protocoles :

 

  • le premier intraprotéique, entre pôles protonique et électronique, connu sous le nom de "électrofaible" engendre soit des protéus neutroniques, soit des protéus hydrogéniques,
  • le second, interprotéique, visant la fusion nucléaire de plusieurs protéus pour former les atomes,
  • le troisième, également interprotéique, entre les pôles électroniques périphériques des protéus, pour engendrer des structures électromagnétiques, cristallines ou moléculaires.

 

Le constructivisme cosmique exprime simplement que le Réel s'invente, au fur et à mesure de ses besoins, les instruments nécessaires à son accomplissement. Rien n'est donné  a priori, ni l'espace, ni le temps, ni les lois de la physique, ni les constantes universelles, ni les forces élémentaires, ni rien.

Le Réel produit tout ce dont il a besoin, par essais et erreurs, à tâtons, comme un artisan conçoit ses outils, ses savoir-faire et ses œuvres au fil de son travail.

Le Réel est artisanal : il fait tout ce qu'il peut avec tout ce qu'il a, couche après couche, en montant, degré par degré, dans l'échelle des complexités … et il s'invente, au fur et à mesure, des règles, trucs et astuces efficaces qui deviendront les "lois de la Nature".

 

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Dans l'acte naturel, le sperme masculin est fécondant et l'utérus féminin est fécondé.

Dans l'acte culturel, la parole féminine est fécondante et l'esprit masculin est fécondé.

Tant dans la Genèse que dans la Théogonie, c'est la femme (Eve ou Pandore) qui initie l'homme aux Mystères de la Connaissance. C'est encore la mère qui enseigne les rudiments du langage, de la politesse et du savoir-vivre à ses enfants.

Il ne s'agit pas d'interpréter ces relations du masculin et du féminin comme des signes de supériorité ou dominance de l'un sur l'autre, mais, tout au contraire, d'en souligner la radicale complémentarité tel que l'a voulu ce coup de génie de la Nature appelé "différenciation sexuelle".

 

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Les mouvances LGTB veulent, à tout crin, éliminer le fait naturel biologique et le remplacer par le fantasme culturel psychologique. C'est une totale imbécillité : on ne peut pas vivre contre-nature puisque c'est la Nature qui fait la Vie.

 

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Quelque artificielle puisse-t-elle être, toute dualité sépare deux camps qui, lorsque le conflit survient entre eux, n'ont que cinq scénarii disponibles :

 

  1. A écrase B
  2. B écrase A
  3. A et B s'éloigne loin l'un de l'autre
  4. A et B négocient un compromis plus ou moins durable
  5. A et B construise C qui les absorbe tous deux complètement.

 

C'est évidemment ce cinquième scénario qui aurait la préférence du bon sens, de la raison et de l'intelligence ; c'est cependant lui que les humains utilisent le moins … sans doute parce que le dualisme et le conflit sont un jeu plus stimulant que la complémentarité, la complicité, l'amitié et la fraternité reconstruites dans la paix et la concorde.

 

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Sans dualité et sans conflit – le plus souvent imaginaires -, il ne peut plus y avoir d'idéologie, … donc de quête, de combat, de victoire ou de gloire.

 

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En fait, l'immense majorité des humains détestent la paix et la concorde ; ils préfèrent la "bagarre" et s'invente, pour cela, toutes les arènes imaginaires possibles.

Le wokisme actuel en est le plus débile démonstration.

 

 

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Le grand drame des humains est de confondre la dualité qui sépare et la bipolarité qui complémentarise.

 

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Dans le plupart des sociétés primitives, il y a le sorcier qui prévoit l'avenir, le chef qui organise le présent, des guerriers-chasseurs qui traquent, des matrices-productrices qui triment et des parasites qui jouent.

On retrouve encore, aujourd'hui, ce type de schéma anthropologique un peu partout dans le monde, dans toutes sortes de clans, de tribus, de familles, de bandes, de clubs, de sectes, de villages, etc …

 

Prenons une entreprise classique :

 

  • Le conseil d'administration est le sorcier qui prononce ses oracles,
  • le directeur-général est le chef qui organise et optimise la marche,
  • les managers sont les guerriers-chasseurs qui traquent les ennemis,
  • les collaborateurs-producteurs sont les matrices-productrices,
  • les syndicalistes et leurs protégés sont les parasites.

 

*

 

Mon ami Michel Maffesoli parle parfaitement de la "grégaire solitude" qui caractérise la ville moderne et il confirme mon aphorisme : "la promiscuité tue la proximité".

 

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Vivre le Réel au présent, sans recours aucun à quelque idéal, à quelque idéologie, à quelque utopie que ce sont, n'implique pas du tout, bien au contraire, une très vigilante lucidité sur les dysfonctionnement, les pannes, la maladies de ce Réel
"Réel" et "Perfection" ne sont en rien synonymes.

Le Réel est ce qu'il est et va comme il va … avec ses forces et ses faiblesses, ses sublimités et ses médiocrités, ses lumières et ses pourritures.

Vivre ce Réel tel qu'il est et va, ne consiste pas à renoncer à toute exigence et à sombrer dans le gâtisme du "tout le monde il est beau, tout le monde est gentil".

Dans la réalité du Réel, 85% des humains sont des crétins patentés qui baignent dans la médiocrité de leur "panem et circenses" ; et il n'y a pas à vouloir les aider ou les changer au nom de quelque idéal que ce soit.

Ils croupissent, c'est leur droit ; qu'ils continuent de croupir … ils ne demandent que cela et le rôle majeur de la politique et de l'économique, c'est de les y aider.

 

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Si le Réel est bien la vraie réalité et si l'on veut être cohérent avec ce réalisme, il est indécent de faire appel à quelque idéal de solidarité, d'humanité, de compassion, de charité, de justice, de pitié, …. que ce soit.

Le Réel est tel et il faut accepter et assumer qu'il soit tel.

 

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Face à la forte médiocrisation ambiante, il faut prendre ses responsabilités : la fuir !

 

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Il ne faut pas dire : "J'ai un environnement autour de moi", mais il faut dire : "je vis au sein d'un monde vivant dont je suis partie intégrante".

Se le dire ainsi, c'est radicalement changer de regard, donc de vie.

 

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Il est une profonde tradition philosophique de deuxième génération, de nature pessimiste, partout, qui part de la "Souffrance" …

Le bouddhisme, dans les "Quatre Nobles Vérités" du sermon de Bénarès, en est un exemple des plus radicaux.

Tout le christianisme est construit sur les souffrances de Jésus-le-Christ durant sa Passion (au sens de "souffrance" du verbe latin patior : "souffrir"). Le martyre y est le plus court chemin vers la sainteté. L'islamisme, en cela comme en beaucoup, l'a plagié : le martyr y est le héros par excellence.

Il est temps de revenir aux vieilles traditions philosophiques de première génération (judaïsme, hellénisme, védantisme, taoïsme, …) qui aimaient plutôt partir de la Joie et considérer la Souffrance comme un accident évitable.

 

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La Joie est un état d'esprit.

La souffrance est une faute.

 

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Telle est la si belle formule inscrite, selon Plutarque, au fronton du Temple d'Isis (la Mère-Nature) :

 

"Je suis tout ce qui est,

tout ce qui était,

tout ce qui sera,

et nul mortel n'a soulevé mon voile."

 

D'où le titre du beau livre de Pierre Hadot : "Le voile d'Isis – Essai sur l'histoire de l'idée de Nature".

Ôter le "voile" n'est-ce pas l'Apocalypse ?

 

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L'humain n'a pas le monde à ses pieds.

L'humain est au pied du monde et doit s'élever.

Non pour le conquérir, mais pour le mériter.

 

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De mon passé militaire, j'ai retenu que tout message envoyé est capté et analysé par l'ennemi et, donc, met en danger à la fois, la position de l'émetteur et du récepteur.

Donc la règle impérieuse est de n'envoyer que des messages ultra-courts et seulement en cas d'extrême urgence.

Bref, cette consigne de survie est le contraire absolu de l'ordiphone d'aujourd'hui, malgré qu'il relève de la même logique : l'ennemi absolu étant ces plateformes de connexion qui veulent vous voler vos données personnelles et vous bombarder de pubs néfastes et d'infos toxiques.

 

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Communiquer est rarement utile. Être connecté ne l'est jamais.

La connexion perpétuelle est une addiction d'adolescents boutonneux qui veulent se donner l'illusion d'exister parce qu'ils sont reliés en permanence avec d'autres crétins aussi vides qu'eux et qui partagent les mêmes débilités qu'eux.

 

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L'ordiphone a été l'invention la plus nocive (avec le zyklon B et le napalm) de ces derniers siècles car il transforme massivement ses adeptes en zombies abrutis.

 

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Le 05/07/2021

 

A force de ne montrer que les clous qui dépassent, on finit par voir le monde comme un porc-épic.

 

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Réduire le champ de la Kabbale aux seules techniques du Tsérouf (Guématria, Notarikon, Témourah, Atbash, Albam, etc ...) me paraît relever d'une déviance classique.

Les jeux sur les lettres et leurs valeurs (numériques, symboliques, graphiques) est une méthode (et rien de plus) pour susciter des questions, mais jamais pour donner des réponses sinon, le risque est de faire dire aux lettres, aux mots et aux combinaisons, absolument tout et son contraire.

Il n'y a aucun secret dans le Tanakh ; c'est dans ton cœur, dans ton esprit et dans ton âme qu'il existe encore des secrets et des mystères que la Kabbale peut t'aider à te dévoiler (apocalypsis).

Le Tanakh ne révèle rien en lui-même parce qu'il n'a rien à révéler. Il est ; c'est tout. A chacun d'en faire son propre miroir ou sa propre caisse à outils.

 

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Tout ce qui existe a une généalogie et une téléologie.

Et toutes les généalogies et téléologies se tissent les unes aux autres dans la cohérence logicielle du Tout-Un.

Dans le présent, tout ce qui existe doit trouver sa juste place topologique et sa juste conformation eidétique, afin de réaliser ses intentions en économisant ses patrimoines.

Trouver cette justesse dans l'ici-et-maintenant, relève précisément du constructivisme.

 

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Le second principe de la thermodynamique ne dit rien d'autre que ceci : les tensions au sein d'un système doivent être dissipées de la façon la plus efficace, soit par dilution entropique (qui est la solution la plus économique et la plus fréquente), soit par émergence néguentropique (qui est la solution la plus intelligente et la plus rare).

 

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On m'informe qu'un grand groupe français spécialisé dans l'énergie solaire connaît une grave crise de croissance.

Le physicien-thermodynamicien que je suis, n'en est évidemment pas surpris : l'éolien et le photovoltaïque sont des solutions non rentables vouées à l'échec pour des raisons de pur rendement thermodynamique (ce que l'on appelle le TRE).

De plus, elles sont intermittentes, donc nécessitent une croissance du parc des centrales classiques.

Plus encore, si l'énergie solaire est renouvelable, les installations de captation et de transformation ne le sont pas du tout.

Enfin, les matériaux et techniques utilisés entraînent de terribles nuisances écologiques, sans parler des surfaces arables au sol qui sont ainsi condamnées.

Si ces techniques prolifèrent encore, aujourd'hui, c'est à grands coups de subsides publics, donc d'argent des contribuables, et ce, exclusivement pour des raisons idéologiques d'alliance avec les escrologistes.

 

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A propos de vaccination anti-COVID …

On oublie toujours l'immense différence entre RRR (Relative Risk Ratio) et ARR (Absolute Risk Ratio).

En gros, le ARR regroupe ceux qui sont définitivement immunisés et qui ne risquent plus aucune contamination grâce à leur vaccination totalement triomphante. Alors que le RRR regroupe ceux qui ont un peu moins de probabilité d'être infectés que les autres grâce à leur vaccination.

D'après les chiffres publiés naguère (chiffres EBM corroborés par Pfizer), si le ARR est de 0.71% (en gros, une personne vaccinée sur 100 est réellement et définitivement protégée par le vaccin), le RRR est de 95%, ce qui signifie que le fait d'être vacciné, rend 95 personnes vaccinées sur 100 (un peu) moins fragiles et (un peu) moins susceptibles d'être contaminées, mais que le vaccin ne les protège en rien de façon sûre.

 

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Pourquoi d'aucuns en appellent-ils à "la cruauté de la Nature" ? Quelle est cette "cruauté" ? Que veut dire "cruel" ? Une seule chose : faire souffrir pour le plaisir sadique de voir souffrir. Cette psychose sadique est le propre de l'homme déviant, dénaturé, immonde (hors du monde) et n'a absolument rien de naturel. Mais que veulent-ils donc signifier, ces estropiés du vocabulaire, avec leur "cruauté" ? Que la Nature ne connaît ni morale, ni justice, ni pitié ? Mais est-ce là la "cruauté" ? Bien sûr que non. La Nature est un processus qui vise son propre accomplissement en plénitude ; son éthique dit que tout ce qui y contribue est "bien" et que tout ce qui l'entrave est "mal" ; et sa "justice" consiste à éliminer ce qui lui fait du mal et à favoriser ce qui le fait du bien, et ce sans pitié. C'est aussi simple que cela.

La leçon, pour cet incorrigible orgueilleux qu'est cet humain qui se croit le but, le sommet et le centre de la Nature, est qu'il doit se mettre, dans toutes les dimensions, au service de l'accomplissement de la Nature sur les trois plans de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

 

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Elle est étrange cette dualité que l'on instaure entre la "sauvagerie" de la Nature et la "civilisation" humaine.

L'humain barbare atteint des sommets de sauvagerie cruelle que jamais n'envisagerait la civilité naturelle où la paix et l'harmonie sont le précepte de base qui, s'il n'est pas respecté, peut mené à des excès de violence.

La Nature ne vise qu'à la Paix ; l'humain, en revanche, tellement dénaturé, ne jouit que dans le conflit, le défi, la hargne, la guerre.

 

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Le 06/07/2021

 

L'idée centrale que je défends d'un monde humain en voie de continentalisation (Euroland, Angloland, Latinoland, Islamiland, Russoland, Indoland et Sinoland) tend à la constitution de sept "empires" réunissant des communautés ayant un fort fond culturel (linguistique, religieux, historique, artistique, etc …) commun et faisant autorité sur elles.

 

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Les médias sociaux ont oublié un principe : qui veut faire du strip-tease, doit avoir quelque chose de joli à montrer.

 

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Pour certains, la désinformation est devenue un métier professionnalisé et bien lucratif (notamment sur les forums des commentaires pour la presse en ligne) : ce sont les infox-dealers.

Ces gens passent leur journée à répondre, systématiquement et sur de nombreux médias, aux commentaires qui vont dans un sens contraire à celui pour lequel ils sont payés.

C'est un nouveau métier comme le fut celui des communicants ou des lobbyistes.

Nouvelle variante de la fonction de "manipulateur professionnel".

 

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La Toile est devenue, en toute bonne logique, la plus grosse machinerie manipulatoire jamais imaginée : n'importe qui peut envoyer n'importe quel message, à des milliards de gens, sans aucune filtration, contrôlabilité ou sanction possibles.

Pourquoi donc les ignares se gêneraient-ils pour donner leur avis sur tout ce dont ils ne connaissent ni ne comprennent rien ?

Pourquoi donc les aigris se gêneraient-ils pour nuire à tout ce qui avive leurs ressentiments ?

Pourquoi donc les médiocres se gêneraient-ils pour cracher sur tout ce qui nourrit leur dégoût d'eux-mêmes ?

Pourquoi donc les sadiques se gêneraient-ils pour faire souffrir tous ceux qu'ils prennent en grippe ?

 

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Faire taire les imbéciles s'avère encore beaucoup plus difficile que de faire parler ceux qui font autorité.

 

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La médecine n'est pas une science ; elle est un catalogue de conjectures et de "trucs et astuces" grimés de mots savants. Et la pharmacie, c'est pire encore !

 

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Pourquoi opposer Nature et Culture ? La Nature nourrit la Culture et la Culture sublime la Nature.

Les opposer revient à les séparer et à organiser une schizophrénie débilitante avec, d'un côté, une Culture "hors sol" qui tourne en rond, et de l'autre, une Nature méprisée, pillée et saccagée sans le moindre remord.

Pour le répéter une fois encore, il n'y a ni cheminement, ni accomplissement sans bipolarité, mais bipolarité n'est pas dualité.

Dialectique n'est pas combat !

 

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Autre bipolarité et autre dialectique : celle entre Verticalité et Horizontalité.

L'Horizontalité du "tout autour" et la Verticalité "entre hauteur et profondeur".

L'Horizontalité de l'extériorité et la Verticalité de l'intériorité.

L'Horizontalité de la Fraternité et la Verticalité de la Sacralité.

L'Horizontalité du réseau relationnel et la Verticalité de la quête gnosique.

L'Horizontalité sociétale et la Verticalité aristocratique.

L'Horizontalité du lac et la Verticalité de l'arbre.

Etc …

 

*

 

L'essentiel n'est pas/plus la relation domination/soumission, mais bien la relation individuation/intégration et la relation accomplissement/contribution.

 

*

 

Autre bipolarité dialectique : celle entre pensée analytique et pensée holistique, toutes deux fécondes tant qu'elles progressent en résonance et en cohérence.

Il en va de même entre la pensée qualitative et conceptuelle, et la pensée quantitative et expériencielle.

 

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Dans l'Esprit, les sept fonctions de Mémoire, de Volonté, d'Intelligence, de Sensibilité, de Créativité, d'Intuition (ou de Connectivité) et, au centre du tout, de Conscience forment un hexagramme qui, en tout, doit rester harmonieux et vivant, une étoile de David qui illumine la vie intérieure et la vie extérieure.

 

Les sept fonctions de l'Esprit exprimées autrement :

 

  1. la Volonté projective
  2. la Mémoire accumulative
  3. la Sensibilité analytique (la sensitivité)
  4. la Sensibilité holistique (la connectivité, l'intuition)
  5. l'Intelligence structurante (la rationalité)
  6. l'Intelligence créative (le génie)
  7. la Conscience (l'optimisation optimale).

 

*

 

Le principe de subsidiarité est une idée très puissante : confier la résolution d'une problématique à ceux qui la vivent.

Ce doit être un principe directeur du nouveau paradigme.

 

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Faudrait-il que l'éthique contre-attaque ?

 

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Ne jamais confondre un vœu pieux et un vieux pneu, même si, dans les deux cas, on va de travers au risque de déjanter.

 

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Quand on est trop tendre, comme moi, pour survivre, il faut apprendre à être rude sans devenir trop dur.

 

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Un athée peut être matérialiste, mais tous les athées ne le sont pas. Ils peuvent simplement être cons.

 

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La bonne ivresse ancre dans le Réel avec un accroissement de lucidité, la mauvaise l'en détache par abêtissement.

 

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Ce qui est bon à la bouche, ne l'est pas forcément au ventre.

Ce qui est bon au cœur, ne l'est pas forcément ni à l'âme, ni à l'esprit.

 

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Hobbes avait tort : l'homme n'est pas un loup pour l'homme. C'est l'humain qui est l'ennemi de l'Homme à venir.

 

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La médiocrité et la méchanceté humaines n'ont aucune limite.

 

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Il est urgent que 85% des humains disparaissent, mais, si cela arrivait, il n'est même pas sûr que les 15% restants soient ce qui est souhaitable pour la Matière, pour la Vie et, surtout, pour l'Esprit.

 

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L'humain est le pire des prédateurs.

 

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L'humanisme, c'est l'apologie de l'humain … contre l'Homme à venir.

 

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Il faut tuer l'humain en l'Homme, parce que … "humain, trop humain".

 

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L'humain n'est qu'un passage … "une corde tendue au-dessus d'un abyme".

Et cet abyme est le saut de complexité qui sépare la Vie, de l'Esprit qui doit en émerger.

L'humain a donc une mission cruciale dans la Vie du Réel ; s'il échoue, il disparaîtra.

 

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L'anarchie définie par Elysée Reclus comme "l'ordre sans l'Etat", est malheureusement une utopie du simple fait du crétinisme des masses qui sont incapables d'adopter une éthique quelconque sans une force de coercition.

 

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Les foules ont besoin de se défouler.

Si ce n'est pas au stade, c'est en émeute.

"Panem et circenses", encore et toujours …

Il arrive toujours un moment où elles ne supportent plus leur médiocrité.

 

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Le parasitisme est devenu une philosophie de vie, un mode de fonctionnement, une stratégie existentielle.

Le thème central en est : "Tout va bien, le "système" me nourrit ! Pourquoi m'en faire ? Le "système" ne me laissera pas tomber. Je fais ce que je veux ; de toutes les façons, on ne me punira jamais vraiment. J'ai tous les droits et aucun devoir. Je n'ai aucun mérite, mais je mérite tout. Sinon, je serai une "victime" et le "système" ne veut pas de "victime" : ma "susceptible sensibilité" est l'arme absolue."

 

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Un changement de paradigme, c'est l'effondrement des élites d'avant et l'émergence de l'aristocratie d'après. Les masses n'y jouent aucun rôle.

Et, depuis toujours, le temps qui passe fait que l'aristocratie fondatrice dégénère en élite démagogique.

 

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La vie d'un paradigme se déroule en cinq phases d'un siècle chacune, environ :

 

  1. Pourquoi le paradigme d'avant s'est-il effondrer ? Qu'est-ce qu'on a fait de mal ? Phase éthique.
  2. Comment reconstruire ? Phase méthodologique.
  3. Ne sommes-nous pas géniaux ? Phase mégalomane.
  4. Et si on allait plus loin ? Phase paroxystique.
  5. Pourquoi tout se déglingue-t-il ? Phase apocalyptique.

 

Aujourd'hui, nous entrons dans la phase éthique : l'écologisme ambiant est le pendant de l'humanisme de la Renaissance ou du millénarisme du bas Moyen-âge ou du christianisme du haut Moyen-âge …

 

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Un sociologue est quelqu'un qui "observe" dans la société, ce qui conforte ses conjectures : les 20% de ménages qui consomment du bio ne confirment nullement une prise de conscience des masses de la problématique écologique. Il suffit, pour s'en convaincre de visiter un lieu "naturel" après passage des touristes populaciers, ou de voir ce que consomment les ménages à faibles ou moyens revenus (sucres, plats préparés, bouffe industrielle, …).

 

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* *

 

Le 07/07/2021

 

Un titre de "Le Point" :

 

"La tambouille des partis, ça n’intéresse plus personne !"

 

Le constat est clair et ne surprend plus. La politique est un pur jeu d'égos. La démocratie est en panne. Les idéologies sont mortes. Et tout le monde sait que, peu importe qui "arrache" le pouvoir, le système d'assistanat généralisé continuera de ronronner. Le "panem et circenses" est profondément installé et personne n'oserait plus le remettre en cause. Dont acte !

 

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La seule aspiration fondamentale des masses, c'est le "panem et circenses", c'est-à-dire : manger et s'amuser, c'est-à-dire : consommer toujours plus. Croire que ces masses sont sensibles à une approche écosophique est une aberration. L'écosophie ne touche qu'une aristocratie très éloignée, à la fois, des masses et des démagogues qui s'en servent.

 

*

 

L'écosophie sera l'éthique du nouveau paradigme ; elle a contre elle, à la fois, les masses consommatrices (elle n'est donc pas du tout populaire) et les élites d'avant (elle est trop aristocratique).

Elle ne pourra triompher que lorsque le taux de pénurisation des ressources et de toxicité globale aura atteint un seuil critique.

 

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De Spinoza :

 

"Tout dans la Nature procède selon

une nécessité éternelle et une absolue perfection."

 

Cette nécessité est l'intention d'accomplissement (et non pas un déterminisme causaliste auquel on a trop souvent réduit le spinozisme).

Cette perfection est la voie de l'optimalité maximale (et non pas la perfection au sens éthéré et théologique).

Quand Leibniz dit que :

 

"Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles"

 

il ne parle pas d'autre chose que de cette optimalité relative.

 

*

 

D'Alexandre Koyré :

 

"Qu'est-ce que la Nature, sinon Dieu et l'art et l'ordre divins ?"

 

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De mon ami Michel Maffesoli :

 

"C'est l'histoire qui constitue le lien social."

 

Ce qui fait "société" (tant au sens sociétal qu'entrepreneurial), c'est l'histoire commune.

La continentalisation en cours, n'est rien d'autre que le dépassement de l'utopique universalisme de la mondialisation et que le retour aux grands bassins culturels participant d'une même histoire.

Un continent, c'est une histoire commune mesurée en siècles (Islamiland, Latinoland, Angloland), voire en millénaires (Euroland, Russoland, Afroland, Indoland, Sinoland).

 

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Le "comportement" est la manière de "porter" la vie "ensemble".

 

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Il faut vraiment veiller à bien différencier le "pourquoi" causaliste du "pour quoi" intentionnaliste.

La plupart des événements complexes du Réel n'ont pas vraiment de "pourquoi", mais ils ont tous un "pour quoi".

 

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La phénoménologie du pur "comment" est une impasse, car le "comment" n'est jamais qu'une réponse à un "pour quoi" plus fondamental.

Décrire n'est pas comprendre.

Savoir n'est pas connaître.

La phénoménologie est la négation de toute compréhension authentique et de toute connaissance authentique ; elle est négation de toute science véritable.

 

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La proxémie de "appartenance" et de "apparentement" est subtile et féconde.

Appartenance …

La multiappartenance a toujours été la règle dans le monde humain.

Cependant, c'est la notion même d'appartenance qui est en trait de virer : nous passons d'une échelle verticale d'appartenances hiérarchisées à des réseaux horizontaux d'appartenances complémentaires.

 

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Tout ce qui existe, n'existe évidemment qu'en relation avec tout le reste du Réel, puisque tout ce qui existe n'est qu'épiphénomène contributeur à l'accomplissement du Tout-Un qui est "en train de naître" (Natura en latin).

Michel Maffesoli appelle cela le relationnisme. Soit.

Mais là où le sociologue qu'il est, obnubilé d'anthropocentrisme, se trompe, c'est de prétendre que les relations premières de l'humain doivent être entre humains. Il me semble essentiel, dans le nouveau paradigme qui vient, que chaque humain en arrive à se détacher des autres de son espèce, pour enfin nouer des liens globaux avec le Réel tel qu'il est et va, indépendamment de l'espèce humaine qui, somme toute, n'est qu'anecdotique.

 

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Il n'y a que deux manières de vivre : assumer ce qui est ou rêver de ce qui n'est pas.

Et les rêves finissent toujours par détruire le rêveur.

Tout le reste est bavardage inutile.

Mais … pour apprendre à assumer ce qui est, il faut connaître et comprendre ce qui est et pour quoi il est tel.

 

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La chaotisation profonde de notre monde "inter-paradigmatique" induit le désengagement profond d'une certaine jeunesse qui fuit le Réel et les responsabilités que ce Réel implique, pour se réfugier dans des univers artificiels et virtuels ("artistiques" et numériques), hors du temps, dans un instantanéisme aveugle et débilitant, dans un hédonisme de façade masquant mal une angoisse existentielle immature.

 

*

 

Il faut n'avoir jamais vraiment vécu dans un petit village rural pour croire que là survivent une positivité, une bonhommie et un bon sens ataviques et traditionnels. Là où je vis et ai vécu presque toute ma vie, je n'ai connu que jalousies, rancœurs, méchancetés, mesquineries, rumeurs, hypocrisies, cancans, convoitises, ressentiments … et exploitation éhontée de la Nature sans le moindre respect pour quoique ce soit de vivant.

Ce sont les néo-ruraux, ex-citadins, qui pratiquent, ici, l'écosophie … mais certainement pas les autochtones.

Par exemple, il n'y a pas pire anti-écologue qu'un paysan français qui se fout, sauf rares exceptions à la Rabhi qui est algérien, comme d'une guigne, de la Nature et de sa perpétuation saine et simple ; tout est bon pourvu que ça rapporte du fric (notamment, laisser crever le bétail ou arracher les plantations dès que les allocations PAC ont été touchées).

 

*

 

L'écologie authentique et l'écosophie n'ont jamais existé, encore ; elles restent à inventer d'urgence. L'humain n'a été, jusqu'à présent, qu'un prédateur sans foi ni loi, sans vergogne ni morale, sans remord ni regret.

Et ce n'est évidemment l'escrologie de l'écologie politique qui va rectifier le tir !

 

*

 

L'actuelle mode du narcissisme et de la sculpture, contre-nature, de son corps (tatouages, colorations, piercings, scarifications, etc …), est l'antithèse d'un naturalisme qui, au contraire du repli sur soi et du nombrilisme infantile, est ouverture sur la Vie sous toutes ses formes.

 

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Il est salutaire d'éradiquer toute apologie de la "fête".

La "fête" n'est que griserie, c'est-à-dire refus du Réel, fuite de soi dans les autres, partage de vides intérieurs dans un néant extérieur.

 

*

 

L'économie ne fait que fournir ce qu'on lui demande. C'est cela la loi du marché, la loi de l'offre et de la demande. C'est sa mission, qu'on le veuille ou non.

Est-ce sa faute si les masses exigent d'elle de la merde à bas prix ?

Sur le moyen terme, hors coups de mode ou de pub, c'est la demande qui forge les marchés, et non l'offre

Et malgré cela, je trouve que, globalement, l'économie a établi une éthique certaine, une dignité intrinsèque (sauf les voyous qui sévissent toujours partout), même si la demande scélérate est bien là.

 

*

 

En gros, l'espèce humaine est un gros ratage de la Nature ; elle aurait disparu depuis longtemps s'il n'y existait, depuis toujours, une petite aristocratie qui fait émerger l'Esprit et qui justifie, par ce fait, la survie de ce tout essentiellement médiocre et prédateur.

 

*

 

On oublie trop que la modernité qui s'effondre sous nos yeux, n'est que le troisième et dernier paradigme propre à la civilisation chrétienne, née après 325.

Le premier de ces trois paradigmes fut celui des dizaines de sectes, hérésies, églises, chapelles, doctrines et théologies qui marquèrent les cinq siècles du haut moyen-âge.

Le deuxième fut celui de la féodalité, c'est-à-dire de l'irréconciliable scission entre le catholicisme latin, dogmatique et clérical, et l'orthodoxie grecque, mystique et monacale.

Le troisième fut la modernité, né avec le protestantisme, qui, peu à peu, a transformé le messianisme religieux en messianisme idéologique.

Mais, tout au long de ces 1650 années, le message essentiel et central fut la diabolisation du Réel tel qu'il est et va, le rejet du monde naturel et la croyance en une "autre vie", ailleurs ou plus tard.

C'est la christianité dans son ensemble qui est un antinaturalisme, un antiréalisme et un anti-eudémonisme, et pas seulement la modernité qui n'en est que le dernier acte plus ou moins laïcisé.

 

*

 

Le meilleur chemin entre naissance et mort, c'est la vie pleine.

Le plus court chemin entre naissance et mort, c'est la vie droite.

Le plus beau chemin entre naissance et mort, c'est la vie intérieure.

 

*

* *

 

Le 08/07/2021

 

Ce serait une erreur de confondre la chaotisation parfois hystérique de l'entre-paradigmes, avec les prémisses du nouveau paradigme en émergence.

Ainsi, ni l'écologisme politique, ni les médias sociaux, ni les frénésies festives, ni les délires pseudo-spirituels que nous voyons autour de nous, ne sont représentatifs de l'écosophie, des réseaux noétiques, des intériorités et du panenthéisme à venir.

 

*

 

Ne jamais confondre défoulement et ressourcement.

Ne jamais confondre hystérie et refondation.

 

*

 

L'effervescence des foules ne dit qu'une seule chose : les élites d'avant sont obsolètes et les aristocraties d'après ne sont pas encore en place.

 

*

 

L'existence de tout paradigme procède en cinq phases successives :

 

  1. le vouloir des prophètes,
  2. le savoir des penseurs,
  3. le pouvoir des aristocrates,
  4. le lavoir des idéologues,
  5. le faire-valoir des élites.

 

*

 

Le réel, le possible et le souhaitable sont trois catégories cruciales pour comprendre une évolution quelle qu'elle soit.

Le réel c'est ce qui est, l'état présent comme accumulation de tous les états antérieurs.

Le souhaitable, c'est l'intention, le projet, la vocation, la mission, le désir, la volonté, etc …

Le possible, c'est l'ensemble des chemins qui mènent du réel au souhaitable étant données des potentialités et des limites intérieures, et des opportunités et contraintes extérieures.

 

*

 

De François Jacob :

 

"(…) la pente naturelle à l'esprit humain qui réclame unité et cohérence dans sa représentation du monde (…)"

 

Et l'esprit humain réclame cette unité et cette cohérence précisément parce que le Réel, pris comme un tout, est unitaire et cohérent.

L'esprit humain n'est que le reflet local et éphémère de l'Esprit cosmique ; ils procèdent tous deux de la même logicité.

 

Et du même :

 

"La proportion d'imbéciles et de malfaisants est une constante

que l'on retrouve dans tous les échantillons d'une population (…)

 

La densité de crétins au mètre carré est la même partout … mais les imbéciles diffèrent entre eux par la manière d'exprimer leur arrogance et leur bêtise.

 

*

 

Je ne sais pas si j'ai raison. Mais je sais qui a tort.

 

*

 

Le dogmatisme et le fanatisme sont les deux mamelles de toutes les violences.

 

*

 

On peut arriver à connaître (plus que savoir) et à comprendre (plus qu'observer) les processus qui forment le Réel, mais il sera toujours impossible d'en prédire les évolutions précises.

Le Réel n'est pas déterministe : il y a toujours plusieurs souhaitables et plusieurs possibles d'où naît l'imprévisibilité par émergence créative et improbable.

 

*

 

Il y a de l'arbitraire dans le Réel, mais l'arbitraire n'est pas le hasard.

La contingence n'est pas une loterie.

 

*

 

Un plus un ne fait deux que moyennant des conventions humaines et des idéalisations mentales.

"Un", cela n'existe pas (et a fortiori "deux") ; ce qui existe c'est cette pomme, cette laitue, ce rossignol … Mais ajouter ce rossignol unique à cet autre rossignol, tout aussi unique, mais bien différent, cela n'a aucun sens physique.

Il y a ce rossignol-ci et ce rossignol-là, dissemblables, qui ensemble, forment un ensemble de rossignols. Un "un" et un autre "un" différent forment un troisième "un" encore différent qui les englobent. Mais "deux", cela n'existe pas, en toute rigueur.

Il faut toujours se rappeler que les mathématiques ne procèdent que par idéalisation, c'est-à-dire par une simplification outrancière du Réel afin de gommer tout ce qui est différent et ne conserver que ce qui semble identique.

On peut additionner des concepts abstraits (donc imaginaires), mais pas des êtres réels.

 

*

 

Voilà un jolie question …

Est-ce que le Réel pourrait être différent de ce qu'il est ?

La réponse est : oui ! … mais il ne l'est pas !

Un randonneur, lorsqu'il se retourne, constate qu'il aurait pu choisir d'autres voies, mais le chemin qu'il a réellement fait est le sien et il est unique et irréversible : ce qui a été fait, est et restera définitivement fait. Il peut rebrousser chemin et choisir une autre voie, mais "défaire", ce n'est pas remonter le temps ; c'est faire autre chose qui s'ajoute à ce qui a déjà été fait, même si on tourne en rond.

Ce principe d'irréversibilité est absolu et universel.

 

*

 

L'unique ne peut produire que de l'identique. Il faut de la bipolarité pour que puisse sortir du neuf, de l'original, du différent. Et il faut du différent pour pouvoir s'adapter aux évolutions alentour.

 

*

 

La conjonction d'un génotype unique et d'un trajet unique engendre un phénotype unique qui contient son propre génotype.

 

*

 

On n'observe que ce que l'on croit déjà devoir observer.

Au contraire de son étymologie, la métaphysique précède la physique.

 

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La science fuit l'émotion et vise le sublime.

 

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Le grand combat entre mécanicisme et intentionnalisme prend fin par KO dès lors que l'on pose la question : pour-quoi cette logicité mécaniciste-là et pas une autre ? Il y a une logicité à l'œuvre dans le Réel, c'est l'évidence. Et cette logicité permet de reconstituer le "comment" de tous les processus. Soit. Mais "pour-quoi" une logicité ? Et "pour-quoi" celle-ci ?

Il n'y a pas de processus sans intention car, sans intention, pour-quoi y aurait-il un processus quelconque ?

Devenir, soit ; mais devenir pour quoi, vers quoi, en quoi ?

 

*

 

Le mécanicisme génétique et darwinien, fondement de tout le matérialisme biologique, doit, aujourd'hui, être compléter par un émergentisme épigénétique et holistique qui réintroduit, dans les sciences de la Vie, un intentionnalisme (donc un spiritualisme) incontournable. Mais ce spiritualisme est intégralement immanentiste et rejette toute forme de théisme, de finalisme ou de créationnisme.

 

*

 

Méthode analytique : pour connaître, il faut démonter, donc détruire.

Méthode holistique, pour connaître, il faut comprendre l'intention et la logicité.

 

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Il me semble que la tradition mécaniciste et matérialiste en science de la vie (génétique et darwinienne) est morte dans les années 1980 avec ses derniers héros comme Jacques Monod ou François Jacob.

Aujourd'hui, l'impact de la physique complexe est énorme et abat cet ancien édifice matérialiste et simpliste.

 

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L'évolution de la Sagesse et celle de la Philosophie sont-elles corrélées ?

Qu'il y ait une évolution de la Philosophie, c'est indéniable : écoles et doctrines se suivent et ne se ressemblent guère, avec, souvent, des résurgences, des résurrections, des enterrements définitifs de première classe, etc …

Mais la Sagesse, évolue-t-elle ?

Existe-t-elle, seulement ?

La philosophie est l'amour de la Sagesse, mais on peut aimer ce qui n'est qu'un rêve ou un fantasme, une lubie ou un leurre …

 

Et qu'est-ce que la Sagesse ? Quel est son objet ? La Sophia grecque ne concernait que la cité des humains et les règles du meilleur gouvernement possible de celle-ci. Cette Sagesse-là, aujourd'hui, s'appelle "idéologie" et n'intéresse plus grand monde.

Parfois, Sagesse est devenue synonyme de théologie, de cette connaissance d'un hypothétique Dieu étrange et étranger au-delà du Réel … Mais alors, parlons de théologie et non plus de philosophie.

Alors ? Sagesse est-elle devenue synonyme de Gnose ? Peut-être, mais puisque la Gnose est la Connaissance absolue du tout du Réel et, surtout, de sa logicité, la Philosophie, alors, devient l'amour de la Connaissance. Je prends !

Un autre versant, aussi intéressant, est de considérer la Sagesse comme un équivalent de l'Ethique : quels rapports établir avec soi, avec les autres, avec le monde, avec la Nature, avec le Cosmos, avec le Divin ? Là, je suis preneur aussi !

 

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Il y a finalement peu de domaines de pensée et de connaissance.

Il y a la cosmologie qui transcende et synthétise métaphysique et physique, et qui fonde tous les autres domaines scientifiques : la protéologie pour la Matière, la biologie pour la Vie et la noologie pour l'Esprit.

Et il y a l'anthropologie (abusivement nommée "science(s)" humaine(s)), petit domaine nombriliste et narcissique, qui cherche à comprendre comment fonctionnent les humains (ce qui est sans intérêt transcendant, mais nous concerne tous).

 

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* *

 

Le 09/07/2021

 

Ce vieux débat au cœur du christianisme, entre le pouvoir de la grâce divine et le pouvoir de la liberté humaine (en tant que les deux puissances pouvant mener à la sainteté et au salut), peut prendre sens aussi hors de tout contexte théologique et sotériologique.

Pélage niait la grâce et affirmait la liberté seule ; il fut condamné par Rome.

Luther et Calvin (comme les jansénistes dont Blaise Pascal, contre les jésuites) eurent position inverse et affirmèrent la prééminence de la grâce (plus ou moins prédestinée) moyennant obéissance morale et pénitence sincère ; il furent aussi tous condamnés par Rome.

Molinistes et thomistes, quoique tous convaincus de la nécessité des deux pôles, s'écharpèrent sur le prééminence de l'un sur l'autre ; il furent tolérés par Rome.

Ces débats, pour désuets qu'ils puissent nous sembler dans ce monde heureusement en voie de déchristianisation, peuvent prendre d'autres couleurs en observant ceci : pour construire quoique ce soit (y compris sa propre vie), deux ensembles sont conjointement indispensables : l'ensemble des acquis préalables (matériaux, outils, savoir-faire) et l'ensemble des actes libres (idée, volonté, courage, travail).

Posséder ce qu'il faut et faire ce qu'il faut !

 

*

 

L'homme invisible pourrait-il voir ? Non, bien sûr !

 

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Qu'ai-je à faire du bonheur si la Joie m'inonde ?

 

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Le plaisir est dans la relation à l'humain (soi ou l'autre).

Le bonheur est dans la relation au monde (apparent).

La Joie est dans la relation au Réel qui est l'au-fond-de-soi et l'au-delà-du-monde.

 

*

 

Il y a le Réel qui est le Tout-Un.

Il y a l'Univers qui est la manifestation du Réel.

Il y a le Monde qui est la part de l'Univers vécue par chacun.

Chacun ne connaît que son propre monde.

La plupart de humains croient que leur monde est le Réel.

 

*

 

D'Isabelle Wienand :

 

"(…) Nietzsche conçoit la philosophie comme une activité critique (…) : dévoiler le vacuum des essences, le préjugé de l'idéalisme, la fausse évidence du cogito, la croyance aux opposition s de valeurs, le mépris révélateur des philosophes à l'égard du corps, etc."

 

Bref, la philosophie nietzschéenne a, pour seul objet, le Réel (qui est "Volonté de Puissance") où n'existe ni essences, ni idéaux, ni "je", ni valeurs, ni non-matérialité.

Le fond du Réel est bien cette Intention de Volonté de Puissance que j'appelle, pour ma part, la Volonté d'Accomplissement en plénitude.

Ces deux expressions de la Volonté sont, en somme, synonymes.

 

*

 

La dernière parole de Zarathoustra exprime bien le fond de la pensée de Nietzsche sur le sens de la vie humaine :

 

"Est-ce au bonheur que j'aspire ?

Ce à quoi j'aspire, c'est mon œuvre !"

 

Ou, mieux, en allemand :

 

"Trachte ich denn nach Glücke ?

Ich trachte nach meinem Werke !"

 

*

 

Après Héraclite et Hegel, Nietzsche est le prophète de l'Intentionnalisme c'est-à-dire de la métaphysique d'une Intention cosmique, intemporelle, immanente, universelle.

 

*

 

Avec raison, Nietzsche parle ainsi des religions chrétienne et du bouddhiste :

 

"Toutes deux ont en communs d'être des religions nihilistes –

ce sont des religions de décadence (…)""

 

Ce que souligne, ainsi, Nietzsche ? Le fait que ces deux traditions sont basées sur une négation et un rejet du Réel (la première avec ressentiment, la seconde avec détachement), un rejet de la Vie, de la Joie, etc …

 

*

 

Les quatre nobles vérités du sermon de Bénarès disaient ceci :

 

  • La Souffrance existe.
  • La cause de la Souffrance est le Désir.
  • Chacun peut se libérer du Désir.
  • Il existe huit chemins pour cette libération.

 

Il serait judicieux de positiver cette négativité, et d'inverser les pôles :

 

  • La Joie existe.
  • La cause de la Joie est l'Accomplissement.
  • Chacun peut accéder à l'Accomplissement.
  • Il existe huit chemins pour cette accession.

 

Cet anti-bouddhisme pourrait bien devenir la pratique spirituelle du nouveau paradigme qui émerge.

A charge de préciser et de développer ces "huit chemins".

Est-ce à dire que la Souffrance n'existerait plus ? Evidemment non. Mais en empruntant systémiquement les chemins d'Accomplissement, on évite beaucoup de chemins de Souffrance.

 

*

 

Le bourgeoisisme, c'est la modernité établie et assumée depuis la fin du 18ème siècle, mais déjà naissante et triomphante lors de la Renaissance italienne. Curieux mélange de mercantilisme obsessionnel et de capitalisme avaricieux, de luxure désinvolte et de puritanisme moral, de matérialisme et de bondieuserie, d'élitisme et de vulgarité.

En gros : on achète tout y compris sa famille et son salut, avec de l'argent.

L'antidote à ce bourgeoisisme débilitant, c'est l'aristocratisme moral, intellectuel et spirituel.

Toute la "gauche", surtout marxiste, durant les 19ème et 20ème siècle, suivie par le fascisme et le nazisme, a conspué ce bourgeoisisme débilitant, mais n'a proposé, contre lui, que la pire des réponses : le populisme.

L'antisémitisme trouve dans cet anti-bourgeoisisme populiste ses racines les plus profondes : le Juif a été assigné à incarner le bourgeois par excellence (l'obsession de l'argent, le mercantilisme, le capitalisme, le financiarisme, le grippe-sous, etc.) … ce qui, historiquement et culturellement, est une absurdité radicale.

Il est, par ailleurs, assez paradoxal que les racines de l'antisémitisme, qui sont d'abord françaises, aient été incarnées par des auteurs frénétiquement bourgeois, de Voltaire à Napoléon, de Jaurès à Céline, de Drumont à Maurras, et tant d'autres.

 

*

 

Une bonne et saine économie est indispensable. Mais elle doit rester un moyen et non un but.

On consomme pour vivre, mais on ne vit pas pour consommer.

Il faut apprendre à consommer avec frugalité.

Mais ce que l'on consomme doit être de la meilleure valeur d'utilité, au juste prix.

 

*

 

Le déterminisme causaliste (le Tout étant considéré comme la conséquence d'une cause initiale dont les déclinaisons mécanistes produiraient tout ce qui existe) est évidemment une escroquerie intellectuelle. Car derrière tout ce fatras resteront toujours les deux questions essentielles : pourquoi cette cause-là et pas une autre, et pourquoi ce mécanisme-là et pas un autre ?

Il est donc essentiel de développer un intentionnalisme (qui n'est pas un finalisme et qui récuse les "causes finales") qui exprime deux évidences :

 

  • le Réel existe et évolue,
  • il évolue par sa volonté d'aller au bout de lui-même et de réaliser tous les possibles.

 

Nietzsche appelait cette Intention la "Volonté de Puissance" (Wille zur Macht).

 

*

 

De Nietzsche :

 

"Celui qui est puni n'est plus celui qui a commis l'acte."

 

Tout change tout le temps, même chacun d'entre nous, et l'action d'hier pourrait être étrangère à l'être d'aujourd'hui …

Sentence héraclitéenne, s'il en est.

Elle mérite d'être méditée si l'on veut légitimer la justice et ses pénalités.

La question est : même si la personne change, reste-t-elle responsable de ses actes passés ? C'est donc la notion de responsabilité personnelle qu'il faut interroger.

Mais peut-être faut-il inverser le regard et dire que la personne (le masque d'acteur par lequel sonne le jeu de la vie) n'est rien d'autre que la permanence indélébile de ses responsabilités accumulées.

La "personne" est cette responsabilité indélébile.

La personne est un processus accumulatif qui n'est, aujourd'hui, que la somme de tout son vécu où tous ses actes, bons et mauvais, restent intégralement inscrits.

L'image héraclitéenne du fleuve qui coule et dans lequel on ne se baigne jamais deux fois identiquement, est fausse.

Le Réel n'est pas un écoulement, mais une accumulation.

 

*

 

Un acte est mauvais ou nuisible s'il nuit à l'accomplissement d'un Autre (humain ou non). Il peut donc être justement jugé. Mais quel doit ou peut en être le châtiment équitable ?

La vengeance est contre-productive puisqu'elle induit un effet d'escalade dans les échelles du ressentiment, de la haine et de la violence.

La réparation est rarement possible puisque rien n'est mécanique et que tout est irréversible.

Alors ?

 

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De Nietzsche :

 

"On en réfute pas le christianisme, on ne réfute pas une maladie des yeux."

 

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C'est Saül de Tarse, dit Paul, qui est l'inventeur du christianisme.

Jésus, le pharisien rebelle, issu du petit peuple juif, opposé à l'élite lévitique des sadducéens du Temple, influencé par l'essénisme dissident de Jean-le-Baptiste, tenté par la guérilla zélote et, surtout et avant tout, écœuré par l'oppression romaine, n'a finalement été que le prétexte symbolique, emblématique et paroxystique des délires d'un misogyne, renégat et collabo, citoyen romain et premier antisémite.

Jésus se rebellait contre le sacerdotalisme ; Paul a instauré le plus effroyable cléricalisme de l'histoire humaine.

 

*

 

A tous ces termes vagues comme "culture", "civilisation", etc …, je préfère de loin le terme de "paradigme" comme étant l'ensemble de tous les fondamentaux sur lesquels une société donnée se fonde, se construit et se maintient.

Un paradigme rassemble, à la fois, toutes les croyances et tous les savoirs de base qui permettent à une société de fonctionner.

Il existe un lien étroit entre le paradigme d'une société et ses élites : ce sont ces élites qui établissent et pérennisent le paradigme qui les légitimisent.

Les masses ne jouent aucun rôle dans ce jeu, tant que le "panem et circenses" leur est assuré.

 

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J'aime beaucoup l'idée nietzschéenne d'une "inactualité", c'est-à-dire d'une indifférence et d'une distance par rapport à ce qui fait les modes, préoccupations, événements et effervescences du moment chez le vulgaire.

 

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Le 10/07/2021

 

Nous arrivons à la fin du paradigme de la Modernité. Il meurt et, avec lui, meurent tous les concepts qu'il avait mis en place comme celui de l'Etat-Nation.

Le nouveau paradigme sera :

 

  • continental (avec huit continents représentant les grands bassins culturels : Euroland, Angloland, Latinoland, Afroland, Islamiland, Russoland, Indoland et Sinoland qui, chacun, regroupera, politiquement, économiquement, fiscalement, législativement, douanièrement, militairement et diplomatiquement, une série d'anciens Etats-Nations déjà moribonds).
  • réticulé et non plus hiérarchique
  • frugal et non plus hyper-consommatoire,
  • basé sur une économie de la valeur d'utilité, de la virtuosité et de la proximité (et non plus sur une économie de masse et de prix bas),
  • écosystémique mais très loin voire à l'opposé de l'écologisme politique actuel qui n'est qu'escrologie,
  • pratiquant les technologies numériques avec intelligence (et non avec addiction) notamment par le télétravail qui signe la fin du salariat et du contrat d'emploi,
  • spirituel et éthique, sans être religieux.

 

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On fait souvent allusion à la souveraineté du Peuple ; mais le Peuple, cela n'existe pas. Il est une invention de l'Etat pour se donner une légitimité artificielle.

Le peuple français est une pure invention de la troisième république qui a imposé cette notion (et le parisianisme qui l'accompagne) et détruit les véritables appartenances régionales historiques (les hussards noirs de la république en ont été le bras séculier).

 

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Il est devenu de coutume de confondre libéralisme (dont le principe est l'absolue autonomie personnelle et collective) avec l'économisme (qui est la réduction de toute l'activité sociétale à la seule économie), avec le capitalisme (privé ou d'Etat, qui détermine le mode de financement des initiatives privées ou collectives) et le financiarisme (qui est l'activité spéculative qui, en soi, est une anti-économie puisque, comme un cancer, elle ronge et détruit les tissus de l'économie entrepreneuriale).

 

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Concernant le changement climatique, je ne suis guère compétent. J'ai lu beaucoup de choses très contradictoires qui me laissent sur ma faim.

Le réchauffement climatique est en partie naturel et cyclique, mais l'activité humaine y induit un effet d'amplification et, plus gravement, de chaotisation (un éloignement de l'équilibre global, une instabilité augmentée et des écarts plus marqués et plus brutaux appelés "fluctuations chaotiques").

Pour le reste, n'étant pas spécialiste du tout, je me garde bien de faire des pronostics et de prédire des corrélations entre dérèglement climatique et changement de paradigme.

La seule chose que je sache, c'est que l’amplification du dérèglement climatique impliquera, nécessairement, une accélération du changement paradigmatique.

 

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Ce que d'aucuns appellent la Barbarie est là depuis un bon bout de temps du fait de l'étatisation de la vie sociétale et du fait de la grande faillite des systèmes éducatifs et de celle des processus d'intégration des immigrés.

 

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De FOG :

 

"Nous sommes là au bout de notre "modèle" infantilisant : une société à irresponsabilité illimitée où chacun fait ce qui lui plaît, aux frais de la princesse."

 

L'expression : "société à irresponsabilité illimitée" est heureuse.

 

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L'intelligence humaine a deux faces : l'une est l'intelligence structurante qui "met de l'ordre" dans le fouillis des myriades d'informations perçues (c'est Apollon ou Vishnou, c'est le classicisme, la rigueur mécanique, le Talmud et la 'Halakhah), et l'autre est l'intelligence créatrice qui "invente ce qui manque" pour que le tout de l'esprit se fasse une image complète (c'est Dionysos ou Shiva, c'est le romantisme, le foisonnement organique, le Midrash et la Aggadah).

Une fois de plus, dans cette bipolarité indispensable, il ne s'agit ni de choisir, ni de privilégier l'une ou l'autre de ces deux intelligences ; il s'agit de les développer toutes deux et de nourrir leur dialectique.

Il en va de même pour la sensibilité avec, d'un côté, la sensibilité analytique ou sensitive qui perçoit des objets distincts et leurs détails, et la sensibilité holistique ou intuitive qui perçoit des structures d'ensemble.

 

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Le socialisme est un romantisme social, un sentimentalisme émotionnel sur fond de pleurnicherie et de ressentiment, un pitié artificielle comme resucée de la charité chrétienne.

Toujours la même victimisation par dichotomie aussi fausse qu'abusive : les exploités et les exploiteurs, les oppressés et les oppresseurs, les sucés et les suceurs, etc … ; toujours la même dualisation imaginaire et simpliste sous forme de lutte des classes, lutte des races, lutte de sexes, lutte des genres, lutte des croyances, … et toutes ces fadaises aussi niaises que ridicules.

Cette dualisation simpliste et simplifiante est le socle fondamental de la gauche et de tout gauchisme alors que la réalité sociétale n'est faite que de gaussiennes statistiques sans qu'il n'y ait jamais rien qui soit duel.

Il n'y a jamais "deux camps" ; il n'y a que des continuums, des répartitions statistiques sur des spectres plus ou moins larges. Il n'y a pas les "pauvres" face aux "riches" ; il n'y a que des distributions de revenus ou de patrimoines allant du plus pauvre au plus riche en passant par une majorité moyenne qui n'est ni pauvre, ni riche.

Et il en va de même pour n'importe quel critère (et il y en a des infinités) : Il y a des gaussiennes de l'intelligence, du talent, de la créativité, de la moralité, du courage, de la volonté, de l'esprit d'entreprise, de la compétence, de la connaissance, etc …

Quel que soit le critère utilisé, toujours il y aura une élite, une masse médiocre et une racaille.

Une telle vision statistique et gaussienne rend, bien sûr, impossible toutes ces dualisations indispensables à l'idée gauchiste de "lutte".

 

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Laïcité : les croyances religieuses n'ont de droit d'exister que dans la sphère privée et intérieure de chaque individu.

 

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Après avoir tenté de nier les différences et avoir pratiqué assidument l'indistingabilité, notre époque se reconvertit.

Peu importe le critère : racialité, fémininité, homosexualité, islamité, … si l'on est différent de la majorité (et que, donc, on constitue une minorité … forcément "victime" de cette majorité), il faut pratiquer la séparation, la ségrégation et l'apartheid.

La grande crainte, lors de l'acceptation du concept de différence (qui est déjà une négation du vieux principe erroné de l'égalité), c'est le jugement, la comparaison, l'évaluation : "je suis différent, mais j'interdis le jugement, donc je me mets à part, à distance, pour qu'aucune comparaison ne soit admise".

Cette peur maladive de la comparaison exprime, bien évidemment, un malaise existentiel au sein des minorités qui l'expriment.

Pourtant, à bien y regarder de près, évaluation analytique n'est pas hiérarchisation globale : dire, par exemple, que la plupart des femmes ont une sensibilité plus fine et plus aiguisée que la plupart des hommes, ne signifie nullement que toutes les femmes soient supérieures en tout à tous les hommes.

 

*

 

Tout évolue par le chemin de la plus grande utilité, c'est-à-dire par le chemin le meilleur (selon quel critère ?) en vue de l'accomplissement de l'intention, de la vocation, du projet.

La notion d'utilité est très concrète et centrale, mais aussi très subjective.

Ce qui est utile ne paraît utile qu'aux yeux de celui qui le juge tel.

 

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Rien n'est jamais désintéressé !

Même la plus grande abnégation …

Se mettre intégralement au service de la plus noble des causes, c'est aussi se mettre au service de son propre accomplissement au travers de cette cause.

 

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La philosophie, au fond, ne pose qu'une seule problématique : celle de l'évaluation.

 

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A l'origine de toute connaissance, il y a l'impérieux besoin d'anticipation.

Pour anticiper, il faut comprendre et, pour comprendre, il faut connaître.

Et l'acte d'anticipation est double : anticiper les dangers pour les éviter et anticiper les opportunités pour les exploiter.

 

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Le naturalisme est le rejet radical et absolu de toutes les formes de "surnaturel". C'est donc le rejet de tout ce qui serait miraculeux ou magique, mais non pas de ce qui est mystérieux

 

*

 

Le Réel est unitaire et cohérent : voilà le seul acte de Foi à poser.

Unitaire : cela signifie qu'il est Un sans second et sans parties distinctes.

Cohérent : cela signifie qu'il est animé par une logicité immanente dans toutes ses dimensions (topologique, dynamique et eidétique ; spatiale, temporelle et formelle).

 

*

 

Sans sensibilité, l'intelligence tourne à vide (c'est le rationalisme pur).

Sans intelligence, la sensibilité est stérile (c'est l'empirisme pur).

La connaissance a besoin de ses deux jambes pour avancer.

 

*

 

L'esprit qui pense, conçoit, comprend, connaît est partie intégrante du flux qui est pensé, conçu, compris et connu.

Il n'existe donc aucune différence ni entre "objet" et "sujet", ni donc entre "noumène" et "phénomène". Kant a eu tout faux.

La vie qui vit en l'humain, est la Vie.

L'esprit qui pense en l'humain, est l'Esprit.

 

*

 

De Scarlett Marton :

 

"Conditionné par sa constitution biologique,

l'être humain ne connaît que ce qu'il lui faut pour survivre."

 

Cette idée est vraie quant au fondement originel de la connaissance. Mais la connaissance est un processus accumulatif et constructiviste qui cherche aussi à être cohérent en lui-même et qui appelle donc des efforts pour palier les éventuels vides ou distorsions dans l'édifice. Ces efforts visent alors la connaissance pour la connaissance, mais dans l'idée que la cohérence de l'édifice est utile à la survie, mais à un autre niveau, plus holistique et moins pragmatique.

 

*

 

Si l'on part de l'idée que la philosophie est la "science" de l'évaluation, et le critère central de toute évaluation est l'utilité, il faut bien veiller à distinguer l'utilité analytique et l'utilité holistique.

L'utilité analytique ou pragmatique vise un objet précis (matériel ou non) dans le cadre d'une projet précis.

L'utilité holistique vise une compréhension globale permettant d'améliorer la cohérence, l'efficience et la consistance des décisions et actions existentielles.

 

*

 

Toute connaissance est interprétation des manifestations du Réel.

 

*

 

La conscience est l'arène de confrontation (de dissipation des tensions) entre les deux intelligences (structurante et créative), les deux sensibilités (sensitive et intuitive), la mémoire et la volonté.

La conscience morale est une facette de cette conscience globale : celle qui gère les tensions entre volonté (ce que je voudrais) et sensibilité intuitive (ce que je sens devoir faire). Il y a donc quatorze autres facettes de la conscience qui peuvent, également, entrer en conflit entre elles toutes.

On comprends, dès lors, ce que signifie "avoir un problème de conscience" …

 

*

 

Le Corps est, tout à la fois et indissociablement, Matière, Vie et Esprit.

Le rejet du Corps au profit du seul Esprit est l'apanage des philosophies idéalistes (platonisme, christianisme, kantisme, …) et est aussi une totale absurdité qui sacrifie le Tout dans l'illusoire espoir de conserver la partie.

Le Corps est Matière … et âme matérielle (Nishamah).

Le Corps est Vie … et âme vitale (Néphèsh).

Le Corps est Esprit … et âme spirituelle (Roua'h).

 

En fait, tout est Corps … à commencer par notre bonne vieille Terre prise comme un tout … et sa biosphère dont nous sommes – mais nous l'avons oublié – partie intégrante … Mais aussi notre galaxie : la Voie lactée.

Et tout Corps, répétons-le, est une indissociable conjonction de Matière, de Vie et d'Esprit.

Tout est charnel. Tout est charnalité. Tout est incarnation (manifestation) de Matière-Vie-Esprit au sens absolument cosmique ou divin.

Le Réel est ternaire : Matière, Vie et Esprit, indissociablement. Et tout ce qui existe est manifestation de cette réalité ternaire.

 

*

 

Curieusement, la ternarité du Réel a été pressentie profondément par toutes les grandes traditions spirituelles : YHWH-Torah-Israël (ou Roua'h-Néphèsh-Nishamah), Trimurti hindoue, Tao-Yin-Yang, Triskèle celte, Trinité chrétienne, Substance-Mouvement-Forme …

Et aussi : Topologique-Dynamique-Eidétique …

 

*

 

On ne peut être optimiste ou pessimiste que par rapport à quelque chose : la santé de ma femme, les élections présidentielles, le dérèglement climatique, le changement de paradigme, l'avenir de l'humanité, etc …

Il faut donc que ce quelque chose en vaille vraiment la peine et soit à portée de vue.

A l'optimisme ou au pessimisme, je préfère la simple mais saine lucidité.

 

*

 

Un célibataire n'est qu'un demi-humain.

Le couple est l'unité de base du système humain.

 

*

 

Il est urgent d'inventer la post-démocratie qui, d'une part, devra dépasser la démocratie au suffrage universel dont on sait qu'elle débouche fatalement sur la tyrannie des plus nombreux (donc des crétins) au travers de démagogues avides de pouvoir, et qui, d'autre part, devra empêcher radicalement toute forme de dictature, d'autocratie et de totalitarisme.

Le chemin vers cette post-démocratie passe, à mon sens, par deux constats :

 

  • les masses ne demandent pas le pouvoir ou la souveraineté ou quoique ce soit de ce genre ; elles ne demandent que le "panem et circenses" ;
  • dans un monde complexe, le pilotage d'un système sociétal doit être confié à des experts compétents et probes, et pas aux humeurs des foules.

 

Fort de ces deux constats, il convient d'envisager le tirage au sort (pour une période limitée, sans renouvellement possible de mandat) de candidats volontaires dont la compétence et la probité ont été testées avec sérieux et profondeur par de vrais professionnels.

Il faut acter deux choses : les idéologies sont mortes et la politique n'intéresse plus personne (il suffit de constater les taux d'abstention). Dont acte !

Il faut rayer le mot "politique" du vocabulaire et le remplacer par le mot "pilotage".

 

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Selon certains, le cynisme serait l'antonyme de l'humanisme : celui qui aboie contre les humains ne peut pas être ami de l'humain.

C'est sans doute vrai. Mais l'humain est-il aimable ? Et en quoi faudrait-il être plus ami de l'humain que de Dieu ou de la Nature ou de la Science ou de la Vérité ou du Ciel ?

Le problème, avec l'idée d'humanisme, c'est qu'elle place l'humain au centre et au sommet de tout. On peut être ami de certains humains, sans pour autant déifier l'humain, ce qui est la tendance humaniste qui, ne l'oublions pas, est un anthropocentrisme dont on connaît les dégâts !

Mon antihumanisme est parfois peut-être un peu cynique mais il ne se dresse pas contre l'humain ; il se dresse contre la centralité de l'humain.

 

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La Nature ne gaspille rien ; elle est économe … dit-on. Pas si sûr !

Des millions de spermatozoïdes pour féconder un seul ovule ; est-ce bien raisonnable ?

La Nature optimise et, pour optimiser, parfois elle gaspille. Paradoxe ? Pas vraiment car c'est une question de probabilité : pour la Nature, il est souvent plus essentiel de réussir sûrement que d'économiser.

 

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Le 11/07/2021

 

Les gens bons en ont deux.

 

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La création du monde par Dieu ne serait, en fait, qu'une défécation divine …

 

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Tout est processus dans le processus cosmique éternel.

Tout ce qui existe dans le présent a donc une généalogie qui remonte à l'infini dans le temps.

Et toutes ces généalogies procèdent de l'unique généalogie cosmique.

Et cette généalogie cosmique est la réponse globale à la téléologie cosmique selon la nomologie cosmique.

 

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La Puissance et l'harmonie sont deux besoins essentiels et complémentaires. S'ils convergent, tout va pour le mieux. Mais s'ils divergent, une tension s'installe qui doit être dissipée.

 

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Le patrimoine est la mémoire, dans le présent, de tout ce qui a été accumulé dans le passé.

L'intention est le moteur, dans le présent, de tout ce qu'il est souhaitable de faire dans le futur.

Le patrimoine et l'intention, s'ils convergent, rendent possible ce qui est souhaitable (on a les moyens de sa politique).

S'ils divergent, il y a tension entre les possibles et les souhaitables.

 

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La dureté s'oppose à la mollesse, mais ne se confond jamais avec la cruauté.

 

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Le judaïsme a définitivement raison : la plus grande faute, la plus grande erreur, le plus grand péché, c'est l'idolâtrie. Toutes les autres turpitudes s'en déclinent.

Et le monde humain abonde et déborde d'idoles …

Toutes ces fausses divinités (appelées parfois "idéaux" de même étymologie que "idole") que se sont inventées les humains, dégoulinent de tout ce qu'il peut y avoir de plus abject.

Elles voudraient exorciser tous les ressentiments, mais elles ne font que les exacerber, notamment par leurs inter-concurrences.

 

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La puissance de la pensée grecque s'effondre avec Socrate et elle redémarre avec Zénon de Kition.

 

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Il faut briser la coque des mots pour en savourer la pulpe.

 

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Une croyance n'est jamais vraie, mais elle peut devenir utile si elle favorise l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Alors, écrit Juliette Chiche :

 

"(…) les croyances cessent d'être une affaire de théorie et de foi, pour devenir un ensemble d'interprétations pratiques à expérimenter."

 

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La vie est une lutte permanente pour l'accomplissement, c'est-à-dire, aussi, pour la Joie qui en est la signature.

Mais le plaisir et le bonheur ne sont que des leurres qui détourne de cette Joie-là et, donc, de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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La cruauté, c'est-à-dire la jouissance de la souffrance de l'autre, par supplice, torture ou sadisme (physiques ou moraux) est une infection nauséabonde.

Elle est le symptôme aggravé de toutes les barbaries, de toutes les décadences, de toutes les dégénérescences, individuelles ou collectives.

Ainsi, aujourd'hui, du harcèlement numérique via les médias sociaux, sous couvert, ou non, d'anonymat.

 

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La morale, comme la culture ou les valeurs, est la conséquence du paradigme ambiant, et non l'inverse.

Un paradigme est une infrastructure idéologique qui sous-tend la construction et le maintien d'une société humaine, quelle qu'elle soit.

Un paradigme est un ensemble de croyances fondatrices qui sévissent pendant 550 ans en moyenne.

Le paradigme moderne, qui meurt sous nos yeux, était construit sur l'étatisme, le mécanicisme, le hiérarchisme, l'humanisme, le matérialisme, l'égalitarisme, le juridisme, le mercantilisme, le bourgeoisisme, l'agnosticisme, l'hédonisme, l'universalisme (ce sont les douze tributs à payer) et, sans doute, quelques autres.

Le changement de paradigme que nous vivons (pour ceux qui en ont conscience) n'est pas la destruction du paradigme précédent (comme le croient la plupart des activistes), mais son dépassement.

Une mutation paradigmatique, pour réussir, doit être une discontinuité, un saut ; mais ni un saut vers un à-côté, ni un saut vers un plus bas, mais un saut vers un plus haut !

 

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L'accomplissement est la mesure de toute chose.

Evaluer quoi que ce soit, c'est mesurer son impact sur l'accomplissement d'un processus concerné.

Et cette "science" de l'évaluation (méthodes, critères, modèles, …), c'est précisément la philosophie : évaluer convenablement et rigoureusement la valeur des choses, des êtres, des événements et des impacts.

 

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Un paradigme vit tant qu'il contribue efficacement à l'accomplissement de la société qu'il concerne.

 

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Le paradigme moderne, en Europe, a commencé de s'affaiblir en 1789, de chanceler en 1848, de se fissurer en 1914, de se déglinguer en 1940 et de s'effondrer en 1975.

En gros, le socialisme a été le symptôme envahissant de cette dégringolade.

 

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Est "vrai" ce qui est adéquat à l'accomplissement.

 

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Un paradigme repose sur six piliers :

 

  1. son projet,
  2. son identité,
  3. son économie,
  4. son écosystémie,
  5. son organisation,
  6. sa cohérence,

 

et se complète par la définition de ses méthodes pour assurer l'homéostasie du tout et la dissipation optimale des tensions.

 

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Le socialisme, c'est la primauté du social sur la socialité, et de l'égalité sur la différence.

 

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Ce que Nietzsche appelle "volonté de puissance" est, en fait, la "volonté d'accomplissement" qui requiert toute la vitalité et toute la spiritualité de celui qui veut échapper au "panem et circenses" des masses.

 

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Ce que Nietzsche appelle le "renversement de toutes les valeurs" est, en fait, une "mutation paradigmatique telle que celle que nous sommes en train de connaître.

 

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Combattre les valeurs modernes, c'est au fond combattre les valeurs chrétiennes, puisque celles-là ne sont que la dernière des formulations (très laïcisées) de celles-ci.

 

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L'humain est un animal grégaire, mais il n'est pas un animal social.

 

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L'assistanat affaiblit.

L'exigence renforce.

 

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Que dit ma théorie des "quatre dimensions du temps" sur la logicité de l'histoire humaine ?

 

  • Le temps immobile (ce qui est intemporel, invariable) est probablement lié à la nature humaine qui, au plus profond, n'évolue guère.
  • Le temps cyclique est nettement illustré par les succession de paradigmes, et leurs effondrements et émergences successifs.
  • Le temps chaotique est celui de l'actualité qui est une mousse volatile, une écume passagère sans grand impact.
  • Reste la question du temps linéaire qui va du germe à l'accomplissement, qui va de l'ensemencement à l'apothéose, qui va de l'animal au surhumain ? Autrement dit, existe-t-il réellement une "progression" du phénomène humain ? La théorie répond par l'affirmative puisque c'est la grande loi de la physique des processus complexe : tout évolue vers son propre accomplissement ! Certes, mais que cela signifie-t-il pour le phénomène humain ? Et que peut-on en constater de concret dans l'histoire humaine ? Très honnêtement, je ne puis, aujourd'hui, répondre à ces interrogations pourtant hautement légitimes et essentielles.

 

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Le 12/07/2021

 

La démocratie au suffrage universel implique, plus ou moins explicitement, l'égalité des droits politiques entre tous les humains.

Sur le principe même, c'est une aberration tant anthropologique qu'arithmétique.

 

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C'est terrible de confondre "économie" et "finance".

L'économie concerne les activités entrepreneuriales.

La finance concerne les activités spéculatives qui sont le cancer de l'économie.

 

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Un vrai livre est un puits : il faut y puiser !

 

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Le 13/07/2021

 

L'esprit est constamment à la recherche de l'intemporel, de ce qui ne change pas, de ce qui est constant, et cela s'avère bien difficile dans un Réel qui n'est que Devenir.

Tout est en Devenir … sauf le passé. La seule chose qui soit devenue intemporelle, c'est le passé qui est ce qu'il est et qui n'évolue plus, par définition.

Dans le présent qui se construit, rien n'est intemporel par définition même du présent qui est fugace, furtif et fugitif.

 

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La mort, c'est l'extinction de tout présent. Tout y devient passé. Tout y est intemporel.

 

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Le Devenir n'est pas un écoulement ; il est une construction.

Le temps ne passe pas, il s'accumule.

Le présent n'est que le peau vivante du passé construit.

 

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Dans l'annonce nietzschéenne de "la mort de Dieu", il ne s'agit pas d'athéisme, mais bien d'antithéisme, ce qui n'est pas du tout la même chose.

Il s'agit d'un anti-idéalisme et d'un anti-dualisme absolus.

 

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Le dieu Dionysos est le symbole de la transformation et de la métamorphose, de la Vie cosmique, à la fois amorale et seul critère de toute morale, à la fois ivresse et tristesse, à la fois Joie et douleur, etc … cette Vie présente en tout ce qui existe et qui pousse chaque processus à son accomplissement.

Dionysos est ce processus même, ce processus unique qui est la Vie cosmique.

 

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Malgré l'apport de Nietzsche, l'époque actuelle continue de confondre la tragédie et le drame, le tragique et le dramatique.

Le tragique, le sens du tragique (du grec Tragos : "bouc") ne confinent guère avec la catastrophe ou le désastre, le malheur et la tristesse, comme le fait le drame.

L'esprit tragique voit le Réel comme une immense tragédie, ni drame, ni comédie, comme immense effort, difficile et exténuant, de dépassement de soi, d'accomplissement de soi, de réalisation d'un Destin improbable et inaccessible, où tout est à inventer et à construire à chaque instant.

Ce devoir terrible de devoir assumer pleinement sa propre vocation sans comprendre ni sa provenance, ni sa finalité.

Il y a quelque chose d'inexorable et de fatal dans la tragédie.

Le mythe de Sisyphe est, sans doute, une belle illustration de l'esprit tragique qui, cependant, selon Albert Camus, débouche sur un : "Il faut imaginer Sisyphe heureux".

 

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Tous les langages humains sont trop faibles pour décrire la réalité du Réel.

Ils construisent tous des assemblages sans être capables d'engendrer des processus et des émergences. Ils simulent de loin.

Seule l'intuition est profondément holistique, mais dès qu'elle tente de s'exprimer, elle devient analytique et assembleuse.

Voilà qui est proprement tragique.

 

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Dans le christianisme, le seul et véritable messie, c'est Paul et non Jésus.

Paul a complètement trahi l'évangile juif et anti-romain de Jésus.

Paul, citoyen romain, adopté par une famille patricienne, est un renégat et un collabo, qui a tout fait pour faire retomber sur les Juifs, la passion et la mort de Jésus qui ne furent, pourtant, imputables qu'aux seuls Romains malgré ce qu'en disent les falsifications éhontées des évangiles pauliniens.

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"Les religions sont les affaires de la populace."

 

Les spiritualités, au contraire, sont les affaires des aristocraties de l'esprit.

 

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Ce que l'on appelle "le droit", et qui n'est que l'institution juridique et judiciaire, n'est que conventionnel dans toutes ses dimensions.

Il n'existe aucun "droit naturel" ni aucun "droit universel".

Avoir un droit, cela se mérite en accomplissant un devoir.

De même, ce que l'on appelle "la justice" n'existe pas plus car ce n'est là que le résultat du travail de l'institution juridique et judiciaire : n'est légal ou juste que ce qui est jugé tel.

Le distinction entre "droit codifié" et "droit coutumier" est purement factice ; ce ne sont que des manières différentes de se donner des conventions.

Face aux systèmes islamistes ou chinois ou noirs africains, les "droits de l'homme" ne sont que pipi de chat.

 

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La génération des 20 à 35 ans (nés entre 1985 et 2000) cultive, au plus haut point, l'art du parasitisme : comment profiter au maximum, pour moi, du système constitué par tous les autres.

Leur devise : "J'ai tous les droits et aucun devoir". Autrement dit : "J'exploite tout et ne m'engage sur rien".

 

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Yasser Arafat est une créature (création) du KGB.

Nelson Mandela est une créature (création) de la CIA.

Deux catastrophes historiques.

Et il y en a tellement d'autres partout, en Afroland, en Latinoland, en Sinoland, en Islamiland, …

La dictature au nom de l'argent et la dictature au nom du peuple font des ravages, partout, depuis 1945.

 

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Le droit n'est que la force de l'Etat et l'Etat n'est que de la tyrannie, celle du plus puissant et celle des plus nombreux ; tyrannie singulière ou statistique, il s'agit toujours de tyrannie.

 

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Dureté … Durée … Endurance … Durable …

 

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Le confort tue.

 

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La mollesse devient faiblesse.

 

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Le barbare est violent et cruel.

Le civilisé est mou et apitoyé.

Le surhumain est dur et intransigeant.

 

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Il est vital de rejeter tous les dualismes et de toujours rechercher la "troisième voie".

Toutes les dualités sont infantiles et la source de tous les conflits entre ceux qui veulent, obstinément, choisir leur camp.

 

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Le 14/07/2021

 

Ma réponse à un jeune ami qui me demande conseil quant à la vaccination devenue sournoisement quasi obligatoire …

 

Je ne sais trop que dire.

En ce qui me concerne, je ne compte pas du tout me faire vacciner, mais mes conditions de vie ne sont pas les tiennes.

Je vis en pleine ruralité, rencontre très peu de gens, ne sors quasiment pas de chez moi. Il n'en va certainement pas de même pour toi.

Même si je suis d'accord avec toi que ce piétinement des libertés fondamentales (le fameux "habeas corpus" anglais) est insupportable, ta liberté personnelle est sans doute à ce prix.

Oui, tu as raison : accuser les non-vaccinés de "profiter" de l'immunisation collective due aux vaccinés, est une discrimination abjecte, d'autant que "vacciné" ne signifie nullement "immunisé", très loin de là.

Mais quoi d'étonnant : la culture française est ataviquement antilibérale. Son sentimentalisme préfère, à tout coup, la chaleur du "solidarisme" à la froideur du libéralisme" ; il hait l'idée même de l'autonomie personnelle et lui préfère, et de loin, la dépendance à l'Etat et l’assistanat généralisé.

De plus, nous ne sommes plus guère dans une situation pandémique mais nous évoluons assez vite vers une situation endémique.

Je pense que si j'avais ton âge et ton activité, j'irais me faire vacciner d'ici quelques semaines, histoire de voir comment tournent les choses (on parle d'une pénurie probable de vaccins ...).

Je ne sais pas si ma réponse pourra t'être utile ...

 

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Leçons du coronavirus …

Ceux qui allaient de toutes les façons mourir, sont morts … peut-être un peu plus tôt, et ce en mars et avril 2020. Depuis, la mortalité est retombée sur ses taux normaux des dix années précédentes.

Taux d'incidence : du fait que les tests, au mieux, aient une efficacité de 95%, sur 500 personnes détectées positives, seulement 10 le sont réellement.

Vaccin : un vaccin diminue la probabilité d'attraper la maladie, mais n'immunise réellement que dans un très petit nombre de cas.

La pandémie devient ou est déjà devenue endémique.

Depuis mai 2020, le taux de létalité par coronavirus est tomber sous le 1% ; ce qui est insignifiant et bien moindre que le taux de létalité de presque toutes les autres activités et maladies humaines.

Le virus s'est propagé partout pourquoi ? Blaise Pascal y avait donné réponse : "Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre".

Quant aux vrais problèmes de l'humanité (ressources, spéculation, technologie folle, médias sociaux, dérèglement climatique, …), c'est encore Blaise Pascal qui a la réponse : "Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous ayons mis quelque chose devant pour empêcher de le voir".

 

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La cécité mentale est bien commode quand on ne veut pas voir la vérité.

 

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Bien sûr que tout ce que chacun pense, dit et fait, sert aussi ses propres intérêts, ne serait-ce qu'en contribuant à son propre accomplissement. Mais de là à confondre ce légitime soin de soi avec de l'égoïsme, il y a une marge car l'égoïste ne vise que son propre intérêt immédiat dans tout ce qu'il pense, dit ou fait, au total mépris des incidences et conséquences sur ce qui n'est pas lui-même.

 

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Pourquoi Nietzsche écrit-il toujours (ou presque) animé par un inépuisable désir de provocation ? Il philosophe "à coups de marteau", certes, et souhaite heurter pour obliger la réflexion (en oubliant que la provocation, parfois, rebute).

Mais d'où lui vient ce besoin de violence verbale et d'agressivité stylistique ? J'y vois, quant à moi, une sorte de vengeance sur la maladie qui le ronge, depuis sa jeunesse, avec d'horribles céphalées et nausées quotidiennes : une revanche, en somme.

 

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L'évolution du sens des mots a, parfois, quelque chose de consternant. Ainsi, la bienveillance. Le mot est étymologiquement clair : veiller au bien de ceux (humains ou non) qui nous entoure.

Aujourd'hui, ce mot est devenu un mantra où se cache le vœu pieux du "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", où il faut s'abstenir de toute évaluation et de tout jugement vis-à-vis de qui que ce soit, où il faut être "zen" et "cool", où il faut regarder tous les autres avec un regard de velours.

Bref, aujourd'hui, la bienveillance est devenue l'apologie de l'hypocrisie permanente ou de l'indifférence masquée.

 

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Accomplir l'en-soi et l'autour-de-soi, c'est aussi s'accomplir soi.

C'est donc engendrer de la Joie pour soi et pour le monde.

 

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La France est une invention de la troisième république. Et la "révolution française" n'a été qu'un putsch de bourgeois parisiens jaloux des privilèges aristocratiques.

La France n'est que le résultat des patientes et insidieuses annexions, aux états royaux, des autres provinces qui n'ont rien à fiche de la "France". On est morvandiau, bourguignon, breton, alsacien, provençal, basque, lorrain, vendéen, jurassien, ... bien avant d'être "français" c'est-à-dire inféodé au parisianisme débilitant.

 

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Nietzsche, à très juste titre, oppose le "plaisir épicurien" à la "joie dionysiaque".

Spinoza avait fait le même distinguo avant lui.

Le plaisir qui se prend et la Joie qui se construit.

 

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Les trois périodes de Nietzsche :

 

  • le délire artistique (l'Art) : impasse et échec.
  • le cynisme libératoire (la Morale) : impasse et échec.
  • l'accomplissement mystique (le Dépassement) : apothéose ("Le gai savoir", "Ainsi parla Zarathoustra", "Le crépuscule des idoles" – 1882 à 1888).

 

Il faut cesser de parler de Nietzsche sans distinguer clairement de quel Nietzsche on parle. Seul celui de la troisième et dernière période a du génie.

 

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La morale des esclaves c'est la morale de ces masses qui sont incapables de comprendre le monde et d'accomplir leur existence, qui sont esclaves de leur médiocrité et qui s'en vantent avec arrogance.

C'est la morale du ressentiment, de la jalousie et de la rancœur envers ceux qui ont appris à devenir maître d'eux-mêmes et à se consacrer à une œuvre qui les dépasse.

Le principe d'égalité, enfant du christianisme et père de la démocratie au suffrage universel, a établi la morale des esclaves comme référence centrale du monde moderne.

 

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Il y a en chacun – du moins en théorie puisqu'en pratique, chez beaucoup, le second point est souvent négligé – ce qui vit (le corps) et ce qui pense (l'esprit qui est mémoire, volonté, sensibilité, intelligence et conscience).

Et il y a, par-delà ce binaire, ce qui donne sens aux deux (l'âme qui anime).

 

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La dualité platonicienne (reprise par le christianisme, Descartes, Kant et tant d'autres) entre le corps et l'esprit (ou l'âme) est simplement abominable et destructrice de l'unité de soi.

C'est une abomination philosophique.

Il ne peut y avoir d'esprit sans corps (l'inverse est pourtant vrai, il suffit de descendre dans la rue des villes humaines). L'esprit est le corps. L'esprit et le corps ne font qu'un, indivisiblement, indissociablement. Le corps est tout entier esprit : la moindre de nos 80.000 milliards de cellules est mémoire, volonté, sensibilité, intelligence et conscience.

L'esprit est coextensif et consubstantiel au corps, et réciproquement.

Peut-être pourrait-on user de la métaphore de la chandelle : il ne peut y avoir de flamme sans la bougie qui l'alimente et la porte, avec sa cire et sa mèche. La flamme est la chandelle en acte, en vie, en magnificence. Mais sans chandelle, aucune flamme n'est possible. Mais la flamme n'est pas la chandelle (évitons les piège puéril du matérialisme : la Vie émerge de la Matière mais n'est pas réductible à la Matière quoique ne pouvant exister sans elle, comme l'Esprit émerge de la Vie, mais n'est pas réductible à la Vie quoique ne pouvant exister sans elle non plus).

 

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Le 15/07/2021

 

De Gérald Kierzek, médecin urgentiste directeur médical de Doctissimo :

 

"Un virus qui tue une moyenne d'âge de 85 ans, avec un taux de mortalité de 0,02%. Vaccination obligatoire : un prétexte pour faire peur. Nous subissons une terreur médicale. Un médecin est normalement là pour rassurer et soigner et non pas pour terroriser une population. Qui a envie de devenir une population "flippée et fliquée?" ? Il faut donner des moyens à l'hôpital et non pas des vaccins obligatoires, c'est ce que réclament majoritairement les soignants, vaccinés ou pas. Le variant Delta : contagieux mais absolument pas inquiétant, c'est une bonne nouvelle pour l'immunité collective naturelle, bien plus efficace que l'immunité collective par les vaccins. Plus on met des obstacles au virus, plus il va muter et faire des variants, c'est naturel. Il se trouve que ce variant Delta est plus contagieux mais moins virulent : en Angleterre il n'y a pas de mesures coercitives alors que le variant Delta est majoritaire. Le nombre de malades graves est totalement déconnecté du nombre de contaminés. Le nombre d'hospitalisation est relativement stable . Le "pass" sanitaire : on ouvre une boîte de Pandore. Bientôt il faudra dérouler son Dossier Médical avant d'aller au restaurant. Fuite en avant totalement incohérente … Quels sont les lieux de contamination ? Les restaurants étaient fermés mais il y a eu des contaminations

Les gens à risque ne sont pas dans ces endroits-là. Bref, que de l'absurde. Ceux qui attendent le vaccin Sanofi, plus sûr que les nouveaux vaccins actuels qui nous mènent vers l'aventure ne se sont pas laissé intimider par cette hystérie collective : "Un vaccin tellement sûr, que vous devez être menacé pour le prendre, contre une maladie si mortelle que vous devez être testé pour savoir si vous l’avez"

 

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De l'infâme Alain Badiou :

 

"S'agissant de figures comme Robespierre, Saint-Just, Babeuf, Blanqui, Bakounine, Marx, Engels, Lénine, Trotski, Rosa Luxemburg, Staline, Mao Zedong, Chou Enlai, Tito, Enver Hoxha, Guevara et quelques autres [dont Pol-Pot qui n'est pas des moindres, ou Ho-chi-Min, ou Castro, ou Chavez, ou Allende …], il est capital de ne rien céder au contexte de criminalisation et d'anecdotes ébouriffantes dans lesquelles depuis toujours la réaction tente de les enclore et de les annuler."

 

Pourtant, c'est de cela qu'il s'agit : les "annuler" une bonne fois pour toutes !

Une ordure comme Badiou ne mérite qu'une seule chose : le mépris et l'oubli, sous un coulis nauséabond de dégoût.

Faire, aujourd'hui encore, l'apologie du socialo-gauchisme, sous toutes ses formes, est proprement abject : entre 200 et 400 millions d'assassinats au cours du 20ème siècle, cela suffit pour démontrer la totale absurdité de ces voies idéalistes et idéologiques dites "de gauche" qui, comme le nazisme et le fascisme, ne furent que le refus obstiné du libéralisme et de l'anti-totalitarisme c'est-à-dire de l'autonomie personnelle et collective des humains.

Ou alors, ce débile mental, atteint de quelque psychopathie particulièrement pernicieuse, se cantonne dans l'abjection pour se donner l'illusion que l'on parle encore de lui et que, donc, il pourrait avoir encore une audience. Rappelons à cette raclure immonde que l'on parle encore parfois de la "grande peste" médiévale, mais que plus personne ne veut la voir revenir, sous aucune forme.

 

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Le 16/07/2021

 

Je voudrais reproduire ci-dessous l'interview intégrale du Dr Louis Fouché qui, je le crains, met bien les points sur les i …

 

Comment expliquez-vous que les scientifiques et médecins alarmistes ont été écoutés, tandis que les « rassuristes » ont été marginalisés, dénigrés, voire censurés ? N’est-ce pas la fonction première du médecin de rassurer ?
 
Dr Louis Fouché : Une des fonctions premières du médecin est d’accompagner le patient. D’être présent sur le terrain, de prendre soin, de poser un cadre de sécurité, d’écouter les peurs, les souffrances et, en les écoutant, d’être thérapeutique - c’est le principe de l’écoute empathique. Avant de dire quelque chose, prenons donc le temps d’écouter. Ensuite, de manière ciblée, il est important d’écouter les peurs de chacun : certains auront peur du virus, d’autres pour leurs parents, d’autres encore de Bill Gates, etc. Avec la crise actuelle, avant même de rassurer, il s’agit de mettre de la clarté, de l’intelligibilité sur ce qui se passe. Personnellement, je ne considère pas que j’ai rassuré ; je suis même plutôt alarmiste concernant le déferlement totalitaire et les conflits d’intérêt dans cette histoire. En revanche, j’essaie de mettre de la clarté. De rappeler aussi que la vie n’est pas confortable, mais que ça n’empêche pas de sourire ou d’être joyeux, au contraire ! Je veille aussi à porter un regard lucide sur la situation. Parce que si les médecins ne savent pas, qui saura ?! Beaucoup de médecins ont dit à propos de ce qui se passe  : « Je ne me prononce pas, je ne sais pas. » Par exemple, sur l’hydroxychloroquine. Je leur disais : « Mais si toi, tu ne sais pas, qui saura ? C’est à toi de faire le travail, d’aller lire les études, de regarder ce qu’ont fait les généralistes ! » On a là typiquement un symptôme de la prolétarisation des médecins et des soignants : petit à petit, ils sont là pour faire respecter le protocole, mais ils n’ont plus aucune indépendance, plus aucune responsabilité.

Je reviens au début de la question : médiatiquement, on a beaucoup plus entendu ceux qui étaient là pour faire peur... Pourquoi, selon vous ?
 
Je crois qu’il y a des conflits d’intérêt très importants autour de cette épidémie. Il y a donc des « profiteurs de guerre ». Finalement, quand vous faites peur et que vous culpabilisez les gens, vous parvenez à prendre le contrôle sur eux. C’est d’ailleurs une des techniques des pervers narcissiques et des paranoïaques. Ce principe est aussi au cœur du terrorisme, où il s’agit de faire peur pour monopoliser l’attention sur un morceau de problématique extrêmement focal. Dans le cas de cette crise, les gens qui ont produit un message de peur sont soit ceux qui avaient peur eux-mêmes et ressentaient le besoin d’en parler (une grande partie, je crois), soit des pervers qui nous manipulent. Or, en général, on vous manipule pour deux raisons à travers l’histoire de l’humanité : le pouvoir ou l’argent. Comme disent les Américains, quand on ne comprend pas une situation : « Follow the money ! »

En ce sens, vous dénoncez le rôle pervers des médias mainstream ?
 
Oui, parce que les médias servent d’intermédiation à la réalité. On leur a donné un pouvoir démesuré pour dire le réel à notre place, or ils ne disent pas le réel. Ces médias sont aux ordres de puissances d’argent. Chaque année, Le Monde Diplomatique publie à qui appartiennent les médias mainstream. En France, une quinzaine ou une vingtaine de familles, qui sont à la tête de multinationales, se partagent le gâteau des médias et s’en servent comme outil de « fabrication du consentement », dixit le linguiste Noam Chomsky (2). Nous sommes au cœur d’une fabrique du consentement extrêmement élaborée ; dans cette ingénierie sociale (3), elle-même au service du pouvoir politique, lui-même au service des pouvoirs économiques. Ce n’est ni nouveau ni original ! Reportez-vous à La République de Platon : les esclaves sont enchaînés au fond de la grotte, tandis que les sophistes maintiennent des simulacres, des marionnettes devant le feu et font regarder des ombres sur le mur de la caverne aux esclaves. Chaque fois qu’un esclave veut tourner la tête vers la lumière et tenter de sortir, les sophistes mettent en place un nouveau petit théâtre d’ombre pour maintenir l’illusion. Pire, celui qui voudrait s’échapper et montrer la sortie serait aussitôt lapidé par ses congénères ! Parce que la vérité serait trop dangereuse ; elle viendrait sortir de ce confort-là. Dans cette crise sanitaire, on a donné la parole à ceux qui maintenaient dans l’illusion, dans la peur, le mensonge. Et, en effet, on a essayé de « lapider » ceux qui amenaient vers la vérité, parce que la vérité n’est pas confortable ! Elle vous fait voir toutes les noirceurs du système... qui sont aussi tous les petits arrangements avec le courage que chacun s’autorise. La paranoïa des grands de ce monde est la petite perversion et la paranoïa présentes à l’intérieur de nous. Toutes ces couardises, ces petites rétractations devant la responsabilité que nous avons laissé prospérer d’année en année, jusqu’à ce que le monstre soit tellement gros qu’il cherche à nous manger.

Comment développer une sagesse juste dans cette impasse-là ?
 
Le vrai sage, c’est celui qui a la mémoire ; il se souvient de ce qui s’est déjà passé dans l’histoire de l’humanité. L’Histoire ne se répète jamais mais elle bégaie toujours. La phase que nous traversons n’est qu’une phase. Et c’est ce qui peut rassurer vos lecteurs : ce déferlement totalitaire arrivera à son aporie, c’est-à-dire au bout de la discussion, quand celle-ci tourne en rond et n’arrive plus à produire quoi que ce soit. Donc, il s’auto-effondrera sur lui-même, car cet avenir techno-sanitariste mondialisé transhumaniste n’est pas désirable et n’est pas pérenne. Il correspond à une illusion.

Par rapport à la grippe classique, il semble que le covid s’accompagne plus souvent de micro-thromboses vasculaires et d’hypoxie heureuse. Pouvez-vous nous en dire plus ? 
 
Il y a effectivement des spécificités dans cette infection, qui présente un tableau clinique particulier. Les gens qui pensent qu’il n’y aurait pas de virus se trompent. Il y a bien un virus et une maladie particulière liée à celui-ci : la covid-19. Elle se manifeste par une atteinte vasculaire, une sorte d’inflammation des capillaires, notamment au niveau pulmonaire. Ce qui aboutit à l’hypoxémie : une diminution de la quantité d’oxygène dans le sang ou des difficultés à faire passer l’oxygène depuis les poumons jusqu’au sang. Le gros de notre prise en charge est donc de donner de l’oxygène, beaucoup d’oxygène. Or, on pourrait l’administrer à la maison (en s’organisant avec la médecine de ville, les soins infirmiers à domicile), comme l’a d’ailleurs fait remarquer la Société de Pneumologie de Langue Française. Ce qui aurait freiné le remplissage des réanimations. On en vient à l’hypoxie heureuse ; c’est-à-dire que certains vont faire un premier épisode symptomatique, avec de la fièvre, éventuellement des courbatures et une anosmie (perte de l’odorat, du goût), puis pas grand-chose... Ils seront fatigués, et si on dosait l’oxygène dans leur sang, on trouverait qu’ils en ont très peu, mais on ne peut pas le voir cliniquement. Il faut utiliser une petite machine : un oxymètre de pouls ou un saturomètre qui permet, par une analyse infrarouge de la couleur du sang, de savoir s’il y a désaturation, baisse du taux d’oxygène dans le sang. Cet examen n’est pas compliqué, il ne coûte pas très cher et c’est ce qu’il faudrait proposer à ceux qui ont été symptomatiques, qui ont eu un test positif et présentent des facteurs de risque de développer des formes graves. En dessous d’un certain seuil (le chiffre va de 0 à 100 ; en-dessous de 95, ce n’est pas normal), il y aurait lieu d’aller à l’hôpital. Cela permettrait aux patients d’arriver au bon moment, avant d’atteindre une forme de gravité. Vous devez prendre soin des gens qui ont un diagnostic positif et des risques de faire des formes graves. Leur dire : « Rentrez chez vous, prenez du Doliprane, on se revoit quand vous êtes mourant » est irresponsable ! Le traitement antiviral (hydroxychloroquine, Zithromax, Zinc) permet de diminuer la survenue de ces épisodes-là. Et dans la phase inflammatoire, une corticothérapie semble être une piste intéressante pour couper l’herbe sous le pied à l’orage cytokinique. Vous pouvez aussi mettre à disposition de l’oxygénothérapie à haut débit dans les EHPAD. Ce ne sont pas des techniques difficiles à mettre en place et elles sauvent des vies. Il a été démontré par l’IHU (l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille, dirigé par le Pr Raoult, ndlr) qu’en mettant en place de l’oxygénothérapie à haut débit dans des EHPAD, on diminuait de 30% la mortalité. Qui plus est sans avoir à passer par la réanimation. Bref, nous avons énormément de pistes efficaces, allopathiques ou qui travaillent sur l’immunité positive, les ressources intérieures, qui permettent de faire que cette maladie soit relativement bénigne. Et qu’elle ressemble, effectivement, à une grippe, en terme de mortalité. Même si le tableau clinique, lui-même, ne ressemble pas à une grippe.

Vous avez cité ce terme que l’on a beaucoup entendu dernièrement : orage cytokinique. Qu’est-ce qu’il signifie ? 
 
Le virus, c’est de l’information qui nous traverse. Et la réaction du corps à ce virus est ce fameux « orage cytokinique ». En d’autres termes, le dégoupillage de la grenade de l’inflammation qui était déjà là (notamment dans la graisse abdominale, pour ceux qui en ont). Il y a donc des gens qui sont dans un état pré-inflammatoire chronique : les hypertendus, obèses, diabétiques... Ou des gens qui prennent des médicaments qui inhibent leur réponse inflammatoire normale, favorisant ce « dégoupillage ». On sait aussi qu’il peut exister des phénomènes d’interactions virales. Qu’est-ce que ça veut dire ? On s’est posé la question de savoir pourquoi à Bergame, en Italie, lors de la première vague épidémique, il y avait eu tant de morts et davantage d’hyper-inflammation qu’ailleurs.  Une hypothèse de plus en plus étudiée, même si elle n’est pas complètement avérée, est qu’ils auraient reçu une vaccination contre la méningite, puis une vaccination contre la grippe, puis là-dessus le SARS-CoV-2 est arrivé... Il semble que toutes ces informations contradictoires pour le système immunitaire aient déclenché cet orage cytokinique. C’est même une des lignes d’explication des quelques rares sujets jeunes qui ont fait des formes graves de covid, alors même qu’ils n’avaient aucun antécédent. Peut-être ont-ils eu des vaccinations ou des infections virales dans les semaines qui ont précédé leur infection à SARS-CoV-2 ? Ceci est un plaidoyer pour bien réfléchir à l’idée de vaccination antigrippale et anti Sars-CoV-2. Car elles pourraient provoquer un effet inverse à celui escompté...

On a entendu, à propos des personnes âgées, qu’on favorisait leur départ anticipé pour relâcher la pression hospitalière et faire de la place. Est-ce vrai ?
 
Il y a eu des directives dans ce sens faites dans les EHPAD, recommandant l’utilisation du Rivotril, une benzodiazépine anxiolytique qui, en même temps, est un dépresseur respiratoire - il induit de moins respirer, avec un deuxième effet qui est de faire arrêter de respirer. Donc, effectivement, c’est une molécule qu’on utilise en soins palliatifs pour une sédation terminale ou pour diminuer les souffrances d’un patient en détresse respiratoire. Ce qui est choquant, ce n’est pas tant l’utilisation de cette molécule (déjà utilisée), mais plutôt l’indication qui a été posée. C’est-à-dire que pour un patient âgé qui respire mal, on ne se soucie même pas de savoir ce qu’il a ; d’emblée, on lui administre du Rivotril. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?!? Au contraire, ces gens doivent être soignés ; on peut donner de l’oxygène, de l’hydroxychloroquine, du Zithromax, du zinc, de la vitamine C, de la vitamine D, éventuellement du bleu de méthylène... Toutes les molécules proposées dans cette indication ne coûtent rien et ne sont pas compliquées. On peut aussi donner un antibiotique à large spectre qui couvre la plupart des difficultés respiratoires et des pneumonies qui surviennent chez les personnes âgées - c’est la norme en matière de traitement. Si c’est quelque chose qui est traitable, ça va marcher. En l’occurrence, ici, on a recommandé de ne rien faire... et pire que de ne rien faire, on a recommandé d’utiliser le Rivotril sans le consentement éclairé des patients, des familles. C’est extrêmement choquant ! Et ça correspond ni plus ni moins à des homicides qui seront passibles de procédures pénales quand le temps sera venu... Ceci a été réitéré lors de la deuxième épidémie, de manière encore plus choquante. À terme, il faudra regarder comment ont été instrumentalisés les soignants dans cette histoire. Ces derniers ont été en quelque sorte la main du bourreau, mais la décision du bourreau n’était pas la leur. Il faudra bien démêler l’écheveau des responsabilités, car certains soignants ont pensé bien faire. De même qu’on les met aujourd’hui dans cette clé de bras systémique, consistant à imposer la vaccination à des personnes âgées. Vaccination qui n’est ni avérée en matière d’efficacité ni renseignée en matière d’effets secondaires ! Vaccins dont les études de phase 3 ne sont même pas terminées. Avec un empressement coupable, on propose cette vaccination aux personnes âgées, avec un discours extrêmement cynique du pouvoir qui dit que, puisqu’elles sont âgées, cela servira de « ballon d’essai ». De cobayes. Ma recommandation à tous les gens qui peuvent lire cet entretien est d’aller voir directement les directeurs d’EHPAD où résident leurs (grands)parents, et de mettre un frein immédiat à ça. Vous devez refuser cette vaccination qui n’a aucun sens scientifique, aucun fondement épidémiologique et qui, pour le moment, est un dogme, ni plus ni moins, vendu par une propagande cynique et nauséabonde. Qui ne profitera qu’aux laboratoires pharmaceutiques.

En parlant de vaccin, plus largement sur la population globale, il semble que le virus mute ; par conséquent, la vaccination ne serait pas pérenne...  
 
En effet, et lorsque je soulève ce point, l’argument qui m’a été opposé, c’est que de toute façon on revaccinera tous les six mois. Est-ce que vous voulez vraiment vivre dans un monde où vous recevrez un vaccin tous les six mois ? Pour simplement avoir le droit de vivre, puisque c’est la clé de cette histoire de vaccination : au-delà de l’absence de preuves de bénéfices, au-delà de l’absence complète de preuves de l’innocuité (de toute évidence, ce ne sera pas sans effets secondaires ou indésirables), c’est la concaténation, la corrélation qui est faite entre le fait d’être vacciné et le fait d’avoir droit à l’accès aux droits sociaux. Il s’agit ni plus ni moins d’un hold-up, sous motif sanitaire, du contrat social. En l’occurrence, on vous enlèvera par exemple le droit d’aller skier, de prendre l’avion, d’aller à l’école... et on ne vous le redonnera que si vous êtes vacciné. Cela ne doit pas avoir lieu pour aucune vaccination que ce soit, et encore moins pour celle qui est proposée aujourd’hui ! Les libertés fondamentales ne sont pas respectées.
 

Comment résister dans ce climat délétère ?
 
La résistance, pour moi, c’est l’idée de se relier, de s’accrocher les uns aux autres, de se serrer les coudes pour tenir. Il ne s’agit même pas de renverser le pouvoir, mais simplement de s’accrocher à des éléments de bon sens, de bonnes grosses prises : la paix, la joie, la liberté, l’amour... L’image qui me porte, c’est celle d’une symphonie ou d’un opéra. Lors du final, il y a cette apothéose où les chœurs reprennent toutes les parties du morceau, alors que les cymbales battent à toute volée, quasi jusqu’à la cacophonie. Vous avez cette petite flûte traversière qui tient les sept notes fondamentales du morceau, alors même que vous ne l’entendez plus. Soudain, le chef d’orchestre lève les bras... l’apothéose retombe... laisse place au silence... et la flûte traversière reprend les sept notes une dernière fois. Pour moi, c’est ça la résistance ! Il s’agit de traverser l’effondrement, le déferlement totalitaire, d’être « poncé » au passage par ces vents forts, ces grêlons, qui viennent révéler notre quintessence, le meilleur de nous-même. Pour que le joyau puisse enfin apparaître dans sa plus belle brillance, la plus simple, la plus nue.
 
Quelle est alors votre vision de l’après-covid, et plus globalement de l’avenir ?
 
J’ai vraiment l’impression que le grand arbre est en train de s’effondrer une fois pour toutes. Nous sommes au bout de cette crise itérative. Cette fois, elle est tellement manifeste que si l’on ne veut pas la voir, c’est que l’on veut s’aveugler. Or, quand l’arbre s’effondre, il ouvre un chablis dans la forêt. Il y a alors de la lumière pour toutes les petites pousses qui étaient déjà là. En l’occurrence, la permaculture, l’éco-construction, l’habitat partagé, la monnaie libre, une autre vision de l’éducation centrée sur l’enfant (non pour en faire un rouage de la société), du travail et de l’artisanat, une relocalisation de l’économie, etc. Tout est déjà là, il faut juste attendre que le grand arbre s’effondre. Et il est en train de s’effondrer, donc tout va bien. Mais il y a encore du travail ! Il va (nous) falloir du courage. Et le courage, étymologiquement et concrètement, vient du cœur. Ces temps obscurs sont aussi une invitation à l’héroïsme. Ici, il est donné à tout le monde d’être un héros. Il n’y aura ni sauveur, ni messie. Il n’y a que le choix d’une vie héroïque qui s’attache à se mettre en lien avec les autres, reliés ensemble à des valeurs fondamentales, qui puisse être une voie de sortie, de survie, dans ce déferlement totalitaire.

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Quelle est la grande faute de Socrate ? D'avoir mis l'humain au centre de la scène philosophique. Avant Socrate, la philosophie était cosmocentrée ; avec lui, elle devient anthropocentrée.

De cette chose insignifiante qu'est l'humain, perdu sur une planète dérisoire aux confins d'une galaxie parmi des milliards d'autres, Socrate a fait le centre du monde.

Nombrilisme. Narcissisme. Humanisme.

 

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La philosophie, au fond, n'a qu'une seule raison d'être : en tout, faire l'apologie de la Connaissance et de l'Amour du Réel, c'est-à-dire des trois indissociables que sont la Matière, la Vie et l'Esprit au sens cosmique de ces trois catégories.

 

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La "volonté de puissance", c'est la volonté d'accroître ses potentialités c'est-à-dire ses capacités à construire de belles et bonnes réalisations.

 

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L'esthétique, étymologiquement, rassemble les conditions et règles susceptibles d'éveiller ou d'amplifier la sensibilité, c'est-à-dire la capacité d'entrer en contact avec le Réel, tant extérieur qu'intérieur.

L'art (technê, en grec) est l'ensemble de toutes les techniques que l'on peut utiliser pour exciter cette sensibilité, plus ou moins développée.

Mais c'est une erreur manifeste de confondre "esthétique" et "art" ; la majorité des "arts" d'aujourd'hui, s'adressent à des niveaux exécrablement bas de sensibilité (l'émotion reptilienne) ou s'adressent à tout autre chose que la sensibilité (la curiosité, le vedettariat, l'argent, la mode, le snobisme, …).

Il est urgent de rétablir le pont entre l'esthétique (le sens de la sublimité et du sacré) et l'art (les techniques de sensibilisation au sublime et au sacré).

Tout le reste n'est que divertissement profane et vulgaire.

 

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L'esthétique est à la sensibilité, ce que la logique est à l'intelligence, ce que la mnémotechnique est à la mémoire et ce que la tactique est à la volonté.

 

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Nietzsche s'est complètement enfermé dans la dualité entre l'individu et la société (c'est-à-dire l'Etat) et dans l'affrontement irréductible et violente de ces deux forces antagoniques.

Il n'envisage même pas les notions de communauté (communauté des intérêts, des patrimoines, des projets) ou d'égrégore (fraternité des esprits).

Cela vient, sans doute, du fait qu'il a toujours été un homme seul, souffrant de sa solitude.

 

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Une communauté est une collectivité organisée en vue d'un projet commun que l'on veut réaliser efficacement.

 

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Le 17/07/2021

 

La société, c'est tout ce que l'Etat contrôle et régente.

Les entités privées, c'est tout ce qui échappe à l'Etat et qu'il voudrait bien assujettir.

La société est aussi appelée, trompeusement, la "nation" ou le "peuple".

Les entités privées, c'est tout ce qui relève de l'autonomie.

 

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L'Etat est une tumeur maligne qui ronge le tissu des entités privées.

 

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Le seul rôle de l'Etat, c'est de produire et de faire appliquer les règles de coexistence pacifique entre les entités privées.

Il est en charge de la sécurité intérieure (législative, judiciaire, policière) et extérieure (diplomatique, militaire, douanière).

La sécurité, c'est respecter et garantir l'autonomie maximale des entités privées.

Mais l'Etat n'a pas à intervenir dans le fonctionnement interne des entités privées ; comme il n'a pas à intervenir dans les domaines noétiques (enseignement, recherche, culture, …), économiques (entreprises) ou sanitaires (médecine, hôpitaux, pharmacies, …) qui doivent rester privés.

 

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Il n'y a pas, il n'y a jamais eu de "contrat social". Cette notion, inventée par Hobbes et plagiée par Rousseau, est une pure fiction.

 

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Les adjectifs "social" et "sociétal" sont synonymes de "étatique" ou "parastatal".

 

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De Philippe Choulet :

 

"Nietzsche annonce, avec Dostoïevski et Tocqueville, le règne du nihilisme et du despotisme administratif (…). D'où le procès d'un Etat dont le destin est de devenir mondial, socialiste et même … national-socialiste. Au contraire, Nietzsche réclame 'le moins d'Etat possible' ; Etat et civilisation véritable de l'esprit sont antagonistes."

 

Pour le redire encore, il ne peut exister que deux points de vue politiques : le libéralisme (anti-idéologique) et le totalitarisme (quelle que soit son idéologie), et il ne peut exister que trois niveaux de gouvernance : national, continental ou mondial.

En Europe, il faut se battre pour une gouvernance libérale et continentale.

 

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Ne jamais confondre la "vertu" (c'est-à-dire la libre éthique que l'on s'impose à soi-même) et la "morale" (c'est-à-dire les conventions comportementales communément admises par une large majorité).

 

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Le mythe de "l'éternel retour du même" tel que le formule Nietzsche, au premier degré (celui d'une palingénésie infinie d'un monde qui se déploierait indéfiniment, en duplicata, parfaitement identique à lui-même à chaque cycle), est une aberration.

Le déterminisme y serait absolu : chacun revivrait indéfiniment toujours exactement la même vie, sans jamais être conscient de l'avoir déjà vécue.

Nous sommes là au comble de l'absurde et de l'absurdie.

De plus cette "doctrine" est complètement inutile puisqu'elle ne change rien à rien et n'apporte rien puisqu'il n'y aurait rien à apporter. De plus elle serait nocive puisqu'elle annulerait toute responsabilité et créativité personnelles.

 

D'un point de vue cosmologique, cette doctrine repose sur l'idée erronée d'un nombre fini de combinaisons de toutes les composantes (en nombre fini) de l'univers : le hic est que cette vision mécaniste de l'univers comme assemblage d'un nombre fini de "briques élémentaires", est fausse : le nombre d'émergence possible n'est pas dénombrable (il n'y a pas de combinatoire assembleuse) et le nombre des niveaux possibles de complexité ne l'est pas non plus.

 

Il faut donc prendre la doctrine de "l'éternel retour" au second degré si l'on veut en faire quelque chose d'exact et d'utile.

La doctrine, au second degré, dit ceci : il faut vivre chaque instant "comme si" l'on devrait le revivre une infinité de fois et il faut donc faire de chaque instant vécu un chef-d'œuvre de perfection et d'accomplissement. De plus, puisque chaque "ici-et-maintenant" est interdépendant de tous les autres, partout depuis toujours, la sublimité d'un seul "ici-et-maintenant" induit la sublimité du Tout-Un qui le permet et le suscite. Et cela mène au Surhumain qui devient donc cet accomplissement permanent de la sublimité de tout.

 

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Le "sens" et la "finalité" ne couvrent pas les mêmes notions.

Comme le mot l'indique, le "sens" donne une direction générale, comme une boussole, alors que la "finalité" définit une destination.

De même, une "intention" consiste, avec une boussole qui donne le sens, de garder un certain cap, sans référence aucune à quelque destination (but, finalité) que ce soit.

L'intention et le sens se répondent mutuellement et engendrent, entre eux, une dialectique, alors que l'idée de finalité, de but ou de destination n'a rien à voir avec eux.

 

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La méthode de Nietzsche est claire : il veut démolir jusqu'au tréfond tout concept risquant de réhabiliter, par la porte ou la fenêtre, l'idée de ce Dieu qui pourrait ressusciter malgré le "Dieu est mort" …

Mais il a aussi une peur panique que cette attitude ne réhabilite, à contre sens, le nihilisme tant honni.

Nietzsche se débat ainsi au centre de cette dualité artificielle, entre théisme et nihilisme, sans trop voir la troisième voie : celle du monisme (intentionnaliste) qui identifie, comme synonymes, les idées de Dieu, de Divin, de Tout, d'Un, de Vie, d'Esprit, de Logos, de Nomos, etc …

 

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Le Surhumain nietzschéen n'est pas un après-l'humain, mais bien au contraire, un humain qui s'est élevé au plus haut degré d'accomplissement humain.

 

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Il n'y a aucun "droit du plus fort", comme il n'y a aucun "droit du plus faible" (comme le voudraient le wokisme, les rétro-activismes et les victimocraties actuelles).

La force et la faiblesse ne sont pas des dispositions extérieures tournées vers l'autre, mais des dispositions intérieures tournées vers soi-même.

De même, la "volonté de puissance", n'est pas un "désir de pouvoir sur l'autre et d'assujettissement de l'autre", mais une volition d'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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Le faible est celui qui compte sur les autres pour l'accomplir.

Le fort est celui qui ne compte que sur lui-même pour s'accomplir.

Mais ni l'un, ni l'autre n'empêchent la puissance de la fraternité (toujours sélective et élective).

 

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Lorsqu'on parle de force, on ne parle pas de force physique et musculaire, de force violente, mais bien de force de caractère, de force spirituelle.

 

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La sélection naturelle des plus "forts", telle que Darwin l'exposa primitivement, aboutirait à l'effet exactement contraire : la survie des brutes et l'élimination de l'intelligence.

La formulation suivante : la sélection naturelle des plus aptes, en bien meilleure. Mais les processus de sélection ne sont pas les seuls, loin s'en faut, des processus de régulation des populations végétales et animales ; les synergies sont bien plus puissantes que les sélections.

 

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Les forts ont inventé l'autonomie.

Les faibles ont inventé la solidarité.

Les parasites ont inventé le parasitisme pour profiter de l'autonomie des forts et la solidarité des faibles.

 

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Cette idée de Nietzsche, reprise par Michel foucault, est cruciale : toute pensée est une interprétation au moyen d'un langage.

Nous sommes là très loin de la dualité kantienne entre objet et sujet, entre noumène et phénomène.

Il ne s'agit pas de mettre le penseur hors du Réel et face à lui ; il s'agit, au contraire, de considérer le processus d'interprétation comme une reliance à la réalité du Réel. Et ce processus interprétatif peut atteindre de très hauts niveaux de véracité. C'est en fait toute l'histoire de la démarche scientifique qui est ainsi brossée.

 

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Sans la "révolution" bourgeoise parisienne de 1789, il n'y aurait pas eu la Terreur de Robespierre, ni l'Empire burlesque, mégalomane et va-t-en-guerre de Napoléon Bonaparte, ni 1848, ni 1870, ni, surtout, la première guerre mondiale, le communisme soviétique, le fascisme italien, le nazisme allemand, ni la seconde guerre mondiale, etc …

Tout s'enchaîne au départ de cette saloperie de 1789 qui fut, pourtant, un non-événement notoire !

Et qui a déclenché 1789 ? Louis XVI avec ses foutus cahiers de doléances pour mater la noblesse dépravée, inutile et envahissante.

Le 19ème siècle politique – et ses grandes vagues de colonisations et de nationalismes – commence en 1789 et se termine en 1918 ; il fut une succession infernale de cataclysmes d'abord européens puis mondiaux.

 

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Le positivisme fut extrêmement négatif !

 

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Lorsqu'on a une éthique véritable, on peut, on doit être amoral !

 

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Le 18/07/2021

 

Pour avoir envie, il faut être en vie.

 

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La civilisation est un processus de construction en vue de la maîtrise de tout ce qui pourrait être destructeur, tant en l'humain (les barbaries) qu'autour de lui (les calamités).

 

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Pour ma part, la notion de liberté signifie moins que celle de libération c'est-à-dire de construction de sa propre autonomie.

 

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Petit florilège de Stephen Hawking :

 

"Pour l'instant encore, le cerveau d'un simple ver de terre surpasse nos plus puissants ordinateurs."

 

"Regardez vers les étoiles et pas vers vos pieds. Essayez de donner un sens à ce que vous voyez, et demandez-vous ce qui fait que l'univers existe. Soyez curieux."

 

"Je ne crains pas Dieu. Je crains ses disciples."

 

"La chose étonnante à propos des gens intelligents, c’est que les gens stupides les prennent pour des fous."

 

"J'ai remarqué que même les gens qui affirment que tout est prédestiné et que nous ne pouvons rien y changer regardent avant de traverser la rue."

 

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De Patrick Wotling :

 

"(…) la perspective qui fait du philosophe le 'médecin de la culture', soucieux de favoriser l'épanouissement et l'intensification de la vie humaine."

 

Il s'agit donc d'évaluer chaque civilisation (c'est-à-dire un ensemble de valeurs morales fondatrices) à l'aune de sa contribution à l'accomplissement en plénitude de la Vie, en général, et de la vie humaine, en particulier.

 

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La civilisation chrétienne (de 400 à 2050) est fondée sur des valeurs morales qui sacrifie la vie réelle au profit d'un mythe : celui d'une vie éternelle.

 

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Une civilisation est la concaténation de trois paradigmes. Le premier élabore les valeurs morales nouvelles et s'effondre lorsque celles-ci sont au point. Le deuxième exalte ces valeurs morales dans toutes les dimensions et s'effondre lorsque le monde en est sursaturé. Le troisième se révolte contre lesdites valeurs morales et s'effondre lorsque celles-ci meurent.

 

 

Antiquité

(-1250 à +400)

Des valeurs pour

la Cité harmonieuse

Chrétienté

(+400 à +2050)

Des valeurs pour

la Félicité éternelle

Fondation

Chaldéité

Christianité

Exaltation

Hellénité

Féodalité

Révolte

Romanité

Modernité

 

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Notre époque vit la fin de l'effondrement des valeurs chrétiennes, même dans leur version laïcisée par la Modernité et exportée un peu partout dans le monde aux 19ème et 20ème siècles.

Nous vivons donc la fin des valeurs dont le but essentiel était la félicité éternelle, tant dans sa version religieuse ("gagner son Paradis") qu'idéologique ("construire la société idéale").

Autrement dit, nous vivons la fin de tous les idéalismes, de tous les idéaux et de toutes les idéologies tant religieuses que laïques.

Commence enfin la civilisation du Réel et des valeurs morales visant l'Accomplissement en plénitude dans la Matière, dans la Vie et dans l'Esprit.

 

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De Nietzsche :

 

"Il n'y a pas de phénomènes moraux du tout,

mais seulement une interprétation morale des phénomènes."

 

Le Réel est amoral ! Il fait ce qu'il a à faire pour s'accomplir, sans aucune autre considération.

 

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Toujours s'opposent les morales élitaires qui visent l'accomplissement et l'autonomie de la personne, et les morales grégaires qui visent la sécurisation et la solidarité de la communauté.

 

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Des trois "périodes" de Nietzsche (romantique, critique et prophétique), seule la troisième est, aujourd'hui encore, parfaitement d'actualité et même, peut-être, plus que jamais puisque c'est maintenant que nous vivons le renversement de toutes les valeurs (chrétiennes).

 

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Partons d'un exemple : l'intelligence est différente de la bêtise.

Face à la Connaissance, l'Intelligence vaut mieux que la Bêtise.

Donc face à un problème gnoséologique, un humain intelligent est différent d'un humain bête et vaut plus que lui. Il ne sont donc pas égaux relativement à la connaissance (ce qui ne signifie nullement que, selon d'autres critères, l'intelligent ne puisse pas être inférieur au crétin).

En matière humaine, toujours relativement à un domaine particulier, les humains ne sont pas égaux et certains valent plus que d'autres, tant individuellement (comparaison de personne à personne) que collectivement (comparaison de groupe à groupe, de communauté à communauté, de culture à culture, de civilisation à civilisation, de religion à religion, etc …).

Tout phénomène humain particulier est généalogique, au sens de Nietzsche, et accumule du vécu sur de l'héritage (culturel, intellectuel, historique, religieux, économique, etc …) … et tous les humains n'ont ni le même vécu, ni le même héritage (et heureusement). L'égalité entre les humains est donc un leurre absolu, une falsification du Réel, un mensonge idéologique.

Mais il faut reprendre l'idée centrale : la supériorité ou l'infériorité de tel par rapport à tel, est toujours relative à un critère, à un domaine, à un paramètre parmi beaucoup d'autres : la supériorité ou l'infériorité absolues n'existent pas (ou alors dans des cas très extrêmes de débilité totale et profonde).

Le problème posé, une fois l'égalitarisme dénoncé comme falsification et mensonge, est celui de l'établissement de relations constructives et positives dans un climat de différences généralisées et de supériorité ou d'infériorité, avérées et relatives, dans tel ou tel domaine.

Les différences font richesse si elles ne sombrent pas dans l'ostracisme (comme le prône, aujourd'hui, cette vaste fumisterie du wokisme).

La question est donc : comme vivre, dans le respect réciproque des différences, avec d'autres qui sont supérieurs à moi dans certains domaines et inférieurs à moi dans d'autres ?

La première solution, très en vogue chez les plus jeunes aujourd'hui, est d'ostraciser toute évaluation c'est-à-dire, en somme, de ne pas poser la question de savoir qui, grâce à ses différences, est plus apte à affronter tel ou tel problème : le non-jugement est la façon la plus lâche (et la plus orgueilleuse) d'échapper à la réalité des différences, c'est-à-dire des supériorités et infériorités relatives.

La deuxième solution, aussi très en vogue chez les un peu moins jeunes, c'est la "bienveillance" c'est-à-dire le culte béat du "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Une totale impasse face aux problèmes du Réel et à la barbarie humaine.

La seule solution, semble-t-il, est de sortir de l'idée de concurrence et de mettre toutes les différences, supériorités et infériorités, au service d'un projet qui dépasse les individus et qui valorise toutes les contributions réelles.

Ce qu'il faut combattre, en tout, c'est l'esprit de compétition, l'idée de "devoir" battre l'autre et lui prouver une quelconque supériorité. Le besoin de montrer sa supériorité est une immense faiblesse qui dévalorise tout.

 

*

 

Comment tuer, une bonne fois pour toutes, l'esprit de compétition entre les personnes, les pays, les tribus (au sens de Michel Maffesoli), les entreprises, les religions, les cultures, les ethnies, etc … ?

Tel sera, je crois, le grand défi du nouveau paradigme et de ses nouvelles valeurs.

Voilà la nouvelle sagesse : tout ce qui existe, est ce qu'il est et n'a aucun besoin de le prouver à quiconque.

Ce besoin de compétition est sans doute ce qu'il y a de plus puéril : "savoir qui a la plus grosse" … "savoir qui pisse le plus loin" …

Tout cela est d'une stupéfiante bêtise : celui qui a besoin de "prouver quelque chose", est celui qui est rongé par un complexe d'infériorité et de faiblesse !

Celui qui est supérieur dans un domaine particulier, le sait et n'éprouve nul besoin de le prouver.

 

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De Nietzsche :

 

"Un peuple est un détour que fait la Nature

pour arriver à six ou sept grands hommes."

 

Accomplissement de l'humain par le petit nombre …

Aristocratisme. Elitarisme.

Antipopulisme. Antidémocratisme.

 

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Je me sens beaucoup plus Hébreu que Grec, même si ces deux sources m'ont abreuvé. Je me sens encore mieux dans la spiritualité que dans la philosophie, dans l'intuitivité que dans la rationalité, dans la mystique que dans la rhétorique.

En physique fondamentale et en cosmologie, je suis bien plus près d'Albert Einstein que de Niels Bohr (pourtant juif, lui aussi), plus près de l'ontologie que de la phénoménologie.

 

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Le 19/07/2021

 

Ce que l'on nomme "Dieu", n'est que le masque anthropomorphe du Divin c'est-à-dire de l'Âme cosmique, du Nomos ultime, du Grand Architecte du Réel, du principe de cohérence et d'unité qui préside à toute existence.

 

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Dès lors que l'on quitte les fantasmes théistes, cosmologie et théologie deviennent synonymes.

Car Kosmos et Théos sont deux formules grecques similaires pour exprimer l'Ordre primordial et ultime qui fonde la réalité du Réel et de tout ce qu'il contient.

 

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Il est vraiment dommage que la tradition philosophique s'obstine à nommer "idéalisme allemand" ce spiritualisme qui unit Fichte, Schelling, Schlegel, Novalis et Hegel … et qui s'oppose clairement à l'idéalisme dualiste d'un Platon ou d'un Kant.

 

*

 

Malgré l'obscurité de son style, Hegel a deux avantages sur Nietzsche : sa rationalité et sa systématicité.

 

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Au fond, toute l'œuvre de Friedrich Nietzsche n'est qu'un long et profond combat contre la christianité et contre tout ce qui la fonde (ses principes, sa théologie, ses valeurs, sa morale, son idéalisme, son dualisme, etc …).

 

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* *

 

Le 20/07/2021

 

D'après Wikipédia :

 

"Axes de la science des systèmes complexes :

 

Du fait de son caractère transversal et de la multiplicité de ses domaines d’applications, la science des systèmes complexes ne définit pas un domaine scientifique bien délimité. Dans les thèmes de recherche des laboratoires, on trouve des invariants : l’interaction entre sciences exactes, la biologie, les sciences humaines et sociales) ; l’usage intensif de l’expérimentation numérique sur ordinateur et des mots-clés (chaos, émergence, auto-organisation, non-linéarité …). Sans être exhaustif, on peut classer ces thèmes selon quelques grands axes :

 

  • la théorie de la dynamique des systèmes avec la théorie du chaos et les géométries fractales ;
  • la théorie des systèmes complexes adaptatifs avec les phénomènes d’émergence, d’auto-organisation, les comportements en essaim
  • la science des réseaux et ses multiples applications aux systèmes de communications, à la logistique, aux systèmes urbains ou aux organisations sociales ;
  • dans la ligne de la cybernétique et des systèmes d’automates cellulaires : les réseaux neuronaux, le traitement des mégadonnées (big data), les systèmes multi-agents et l’intelligence artificielle."

 

Pas une seule référence ni à Ilya Prigogine, ni à aucun autre grand nom de cette physique (von Bertalanffy, von Neumann, von Foerster, Wiener, etc …). Seul mon ami Edgar Morin et Henri Atlan sont mentionnés …

 

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"Être", c'est exister.

Et "exister", c'est manifester au moins un attribut.

Le Réel est l'ensemble de tout ce qui existe.

 

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L'intention d'accomplissement (synonyme de "la volonté de puissance" nietzschéenne) est le fondement ultime et l'Âme sacrée du Réel.

 

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L'accomplissement est le dépassement de soi vers ce que l'on devenir de plus et de mieux.

 

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Le Surhumain, c'est le dépassement de l'humain par l'humain.

 

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Le "surhumanisme", c'est le dépassement de l'humanisme, c'est-à-dire de l'anthropocentrisme.

 

*

 

Il est absurde et létal de continuer à croire que l'humain puisse être le centre, le sommet et le but du Réel.

L'humain est un des processus (provisoire et temporaire) dont se sert le Réel pour s'accomplir.

 

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La seule "éthique" consiste à déclarer "bien" ce qui contribue à l'accomplissement de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, et "mal" ce qui lui nuit.

La "loi" est l'ensemble des conventions provisoires qui explicitent cette éthique.

La "justice" consiste à appliquer, en tout et strictement, cette "loi".

 

*

 

L'histoire montre ce paradoxe : la justice humaine entend punir ce qui est "mal", mais ne cherche presque jamais à récompenser ce qui est "bien".

On porte plainte contre, mais on ne porte jamais gratitude pour …

 

*

 

La rationalité est le chemin optimal entre une intention et son accomplissement.

La rationalité – comme le technologie ou la science ou la politique ou l'économie, ou la philosophie ou la morale … - est neutre, ni bonne, ni mauvaise ; l'éthique ne porte que sur la nature de ce au service de quoi est mise cette rationalité.

L'intention est la mesure de toute chose !

 

*

 

Les trois bipolarités universelles (dynamique, topologique et eidétique) forment, ensemble, le moteur  fondamental de l'évolution (globale et spécifique) de tout ce qui existe et ce, au travers des processus dialectiques de dissipation des tensions entre ces six pôles (respectivement : accomplissement et patrimoine, intégration et individuation, créativité et régularité).

Il ne s'agit donc pas du tout d'éliminer ces bipolarités (ce qui signifierait la mort de l'univers et de tout ce qu'il contient), mais bien de favoriser la dissipation des tensions qu'elles engendrent.

Ainsi pour paraphraser Héraclite d'Ephèse : "Les contraires sont pères de toute chose".

Il ne s'agit pas de réduire les contradictions, mais de les faire construire des mondes.

 

*

 

De Céline Denat :

 

"Tout comme Nietzsche, Héraclite se serait formé une 'conception du monde purement esthétique' (…) qui lui fait concevoir ce dernier comme un jeu et une lutte perpétuelle entre des contraires, nier tout être au profit du devenir, penser toute unité comme multiple, et ainsi réhabiliter la réalité et la connaissance sensibles que les penseurs idéalistes s'efforcent au contraire de dévaloriser."

 

On ne saurait mieux résumer ma propre pensée !

 

*

 

Toute bipolarité est indissociable et irréductible. Un aimant n'est aimant qu'avec, en même temps, un pôle nord et un pôle sud.

L'humain n'est humain qu'avec, en même temps, tant physiologiquement que psychologiquement, un pôle féminin et un pôle masculin.

 

*

 

Les dualités sont des inventions fantasmagoriques d'esprits idéalistes.

Il est vital de dénoncer tous les dualismes et toutes les dualités, afin que chacun puisse comprendre la dialectique vitale des bipolarités.

 

*

 

Pour dissiper les tensions engendrées par une bipolarité inaltérable, il n'y a que trois scénarii réels :

 

  • l'émergence néguentropique qui est la dissipation "par le haut", vers un niveau supérieur de complexité,
  • l'effondrement entropique qui est la dissipation "par le bas", vers un niveau inférieur de complexité,
  • l'homéostasie qui atténue les tensions par réorganisation permanente sur le même niveau de complexité.

 

Les différents niveaux de complexité forment une échelle discontinue avec des effets de seuil et des progression par sauts.  Cette échelle constitue une véritable hiérarchisation naturelle valable pour tout ce qui existe, y compris pour l'humain, ses cultures, ses religions, ses paradigmes, ses civilisations, etc …

 

Plus on monte dans cette hiérarchie, plus les modèles organisationnels accroissent la densité de relations et d'interactions, et passent d'un fonctionnement mécanique (pyramide hiérarchique) à un fonctionnement organique (réseau d'entités autonomies et interdépendantes).

 

*

 

Le lévitisme biblique, l'hindouisme et le taoïsme sont des spiritualités de la première génération, des spiritualités de la Vie et de l'assomption du monde.

Le bouddhisme, le pharisaïsme rabbinique, le christianisme et l'islamisme sont des spiritualités de la seconde génération, des spiritualités de la Mort et du rejet du monde.

 

*

 

Tout est processus évolutif : cette pensée est la plus importante de l'histoire de la philosophie.

Elle naît dans le livre de la Genèse, chez Héraclite, chez Lao-Tseu ; elle est reprise par Lamarck puis par Darwin, Nietzsche et Wegener, et parachevée par Einstein, Friedmann et Lemaître (pour l'univers) et par Teilhard de Chardin (pour le "phénomène humain") ; elle fonde la cosmologie complexe issue 

 

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Objectalisme : les objets seuls sont réels mais les processus les manifestent.

Processualisme : les processus seuls sont réels, mais les objets les manifestent.

 

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Tout évolue : c'est la première vérité immuable.

Toute évolution procède d'une logicité universelle : c'est la deuxième vérité immuable.

Cette logicité est constructiviste : c'est la dernière vérité immuable.

 

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Le constructivisme est une doctrine de l'évolution qui affirme que tout évolue par accumulation, dans une dialectique permanente des possibles et des souhaitables, par dissipation optimale des tensions entre les trois bipolarités principielles (dynamique entre patrimoine et accomplissement, topologique entre individuation et intégration, et eidétique entre créativité et régularité).

 

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Toute l'histoire de la Matière, de la Vie et de l'Esprit n'est qu'une vaste arborescence parsemée de seuils et des sauts de complexité.

 

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L'esprit constructiviste est le bel enfant des amours entre l'esprit généalogique (Nietzsche) et l'esprit intentionnaliste.

 

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Toute guerre est un immense gaspillage d'énergie.

 

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De René Guénon :

 

"La révolution industrielle du 19ème siècle a fermé l'homme à ce qui est au-dessus de lui ; la psychologie du 20ème siècle l'a ouvert à ce qui est en dessous.""

 

Il revient au 21ème siècle de le rouvrir enfin à ce qui est au-dessus (mais sans passer par des mythes religieux), de le rouvrir à ce qui le dépasse, à ce qui peut lui donner sens et valeur !

 

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Le 21/07/2021

 

Tout système complexe évolue selon un cycle de vie : naissance, croissance, apogée, déclin et mort.

Il possède aussi une infrastructure permanente faite d'une architectonique topologique et eidétique (tant matérielle qu'immatérielle), et d'une logicité dynamique qui relèvent de sa généalogie.

Mais, à partir de ces invariants, chaque système évolue de manière totalement personnelle, différemment de tous ses congénères.

 

*

 

Tous les humains possèdent des systèmes organiques (respiration, circulation, digestion, reproduction, etc …) et des systèmes noologiques (mémoire, sensibilité, intelligence, volonté et conscience) qui sont plus ou moins semblables selon le degré de détails avec lequel on les regarde.

Au degré maximal de détail, ils sont tous très différents, mais avec des structures comparables.

Lorsque l'on proclame que "tous les humains sont égaux", c'est que l'on n'a pas regarder d'assez près et que l'on se contente de regarder des structures globales vaguement semblables.

 

*

 

Je pense ne pas comprendre ce que désignent des expressions comme l'essence de l'humain ou la nature du l'humain.

En revanche, si l'on définit par "le propre de l'homme", la ou les caractéristiques que, seuls parmi tous les vivants, tous les humains possèderaient, on pourrait peut-être réfléchir à la question …

Mais je n'y crois pas, tout simplement du fait que les humains, entre eux, sont très différents et que je ne vois pas une seule caractéristique que tous les humains possèderaient au contraire de tous les autres vivants.

La question de Kant : "qu'est-ce que l'humain ?", n'a pas de sens.

 

*

 

Les humains  - et encore : pas tous, loin de là – peuvent parfois prétendre être supérieurs à d'autres vivants selon telle ou telle dimension, selon tel ou tel critère, selon tel ou tel regard, mais la réciproque est fichtrement vraie, aussi.

 

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Le propre de certains humains est, sans doute, leur capacité de fabriquer des artéfacts sophistiqués et efficaces.

C'est leur côté "ingénieur ingénieux". C'est leur face technologique.

Mais cette face est très loin d'être toujours un bienfait pour la Matière, la Vie et/ou l'Esprit, bref, pour le Réel.

 

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Qui se complètent et se ressemblent, s'assemblent.

Pour qu'il puisse y avoir amour, fraternité ou amitié entre humains, il faut que les deux conditions soient satisfaites :

 

  • suffisamment de ressemblance pour se comprendre bien,
  • suffisamment de complémentarité pour communier bien (cum munire : "construire ensemble" en latin).

 

*

 

L'humanité n'est évidemment pas une fin en soi, mais seulement un moyen au service de l'accomplissement du Réel et, plus spécifiquement, l'ustensile d'émergence de l'Esprit sur Terre.

Selon les expressions de Nietzsche, l'humain est "quelque chose qui doit être surpassé", "un pont et non un but", "une corde tendue entre l'animal et le surhumain".

 

*

 

L'humain doit respecter la Matière et la Vie (écologie).

L'humain doit assurer sa Matière et sa Vie (économie).

L'humain doit engendrer l'Esprit en spiritualisant et en sacralisant la Matière et la Vie (noologie).

Ce troisième devoir est la vraie et centrale mission de l'humain.

 

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L'existence sociétale n'a qu'une seule dimension : l'économie humaine.

Produire sainement et distribuer frugalement tout ce dont chacun a besoin (matériellement et immatériellement) pour accomplir sa vie spirituelle en félicité (qui est la "vie surhumaine").

Tout n'est qu'économie !

Toutes les autres dimensions de la vie collective doivent être mise au service de cette économie humaine.

Tout le reste est soit bavardage inutile, soit dévoiement fallacieux.

 

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L'humain actuel (encore très majoritairement un animal-humain) n'est qu'un brouillon malhabile de l'homme accompli et authentique de demain, qui sera surhumain.

 

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"Ainsi parla Zarathoustra" présente trois personnages typiques …

Un "dernier homme" qui est le plébéien obnubilé de "panem et circenses".

Un "homme supérieur" qui reste aux confins de l'Esprit, mais pour le mettre au service de l'humain (des idéologues, des érudits, des "artistes", des savants, des cyniques, des philosophes, des ratiocineurs, des "maîtres", …).

Un Zarathoustra lui-même (Nietzsche) qui a vu le royaume de l'Esprit et qui sait que l'humain doit se mettre à son service, mais qui reste sur le seuil.

 

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De Paolo D'Iorio :

 

"(…) en réalité, la conviction naît de la croyance de posséder une vérité absolue, donc d'une erreur."

 

Dire cette sentence, c'est exprimer une conviction, donc une erreur.

Avoir des convictions/opinions/croyances est nécessaire pour vivre, choisir, cheminer, … mais à la condition que toutes ces idées restent toujours provisoires jusqu'à constat de leur inefficience ou jusqu'à preuve de leur contraire.

 

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L'idéalisme, c'est le culte des rêveries adolescentes qui ignorent la réalité du Réel.

Un idéal, ce n'est pas un but à atteindre, c'est un grigri rabougri pour ceux qui sont incapables de vivre la Vie telle qu'elle va.

 

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L'idéalisme est le père de toutes les idéologies et de tous les totalitarismes.

 

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L'idéalisme est une forme de maladie mentale (proche tant de la paranoïa : le complexe de persécution et la passion victimaire, que de la schizophrénie : la séparation de deux mondes distincts dont un totalement imaginaire et fictif).

Toutes les idéologies procèdent de la même maladie mentale.

Il est urgent d'abattre tous les idéalismes et toutes les idéologies : ils sont responsables de centaines de tas de centaines de millions d'assassinats depuis trois millénaires !

 

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* *

 

Le 22/07/2021

 

De mon amie Néa B. :

 

"Prudence et tempérance

 

Les vaccinés étant souvent des porteurs du virus qui s'ignorent, ils se chargeront d'infecter rapidement tous les non vaccinés.

 

Les hôpitaux néerlandais ont constaté une forte augmentation du pourcentage de leurs employés complètement vaccinés qui sont testées positifs au coronavirus.

 

Si vous êtes non vaccinés, n'allez pas traîner dans les endroits pour vaccinés, ils vont devenir profondément dangereux car persuadés d’êtres non contagieux donc imprudents.

 

On le savait déjà par Israël, l'Angleterre ou et Gibraltar (presque 100 % de vaccinés chez ces derniers). Le virus se transmet énormément par les vaccinés qui ne respectent plus les gestes barrières simples

 

Dans tous les cas, vaccinés ou pas vaccinés, la meilleure option est le boycott des décisions absurdes

 

Pass sanitaire

 

Les professionnels de l'hôtellerie-restauration refusent de supporter les indemnités de licenciement de salariés réfractaires aux nouveaux vaccins qui n’ont qu’une Autorisation Conditionnelle (AMM…)

 

Assoiffés de pouvoir et d'argent les autorités ont vendu nos corps. A présent ils voudraient vendre nos âmes avec leur nouvelle arme légale : le "Droit" à nous pourrir la vie

 

Cela a commencé à trop se voir avec la tyrannie des formulaires d'autorisation de sortie qu'il fallait signer soi-même, symbole de la basse servitude volontaire

 

26 milliards de dollars pour solder les litiges

 

Le laboratoire Johnson & Johnson et trois gros distributeurs américains de médicaments ont accepté de 26 milliards de dollars payer pour solder des milliers de litiges, a annoncé hier mercredi la procureure de l'État de New York. Cet accord vise à mettre fin à près de 4 000 actions en justice intentées par des dizaines d'États américains et collectivités locales.

 

La crise des opiacés, déclenchée par la promotion agressive de médicaments anti-douleur tels que l'oxycodone dans les années 1990, a fait plus de 500 000 morts par overdose aux États-Unis depuis 20 ans (Pour les vaccins Covid, en France ce sont les mêmes agences conseil de l'Elysée aux manœuvres que celles des opiacés : McKinsey, pourtant condamnée à payer plus d'un demi-milliard de dollars pour sa co-responsabilité à la solde de l’industrie pharmaceutique).

 

Ce médicament toxique est très prescrit également en France par nos gentils médecins apprentis sorciers qui ne sont pas toujours aussi brillants que leur blouse blanche le ferait croire.

 

En fait, moins vous voyez votre médecin mieux vous vous portez, sauf pour les cas incontournables, surtout en chirurgie où ils sont excellents et font des quasi-miracles.

 

Pour le reste… les innombrables petits bobos, prenez soin de votre santé vous-même. En ayant conscience que nous ne tuerons jamais la mort comme le prétendent certains charlatans transhumanistes des plateaux TV."

 

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De Philippe Choulet :

 

"Les grands idéalismes moraux sont le platonisme et le christianisme."

 

Certes, mais du tronc chrétien a jailli d'autres idéalismes moraux certes laïcisés, mais tout aussi détestables : le rousseauisme, le philosophisme, le kantisme et le socialisme (marxiste ou non).

C'est toute la Modernité, de 1500 à 2050, qui a transformé l'idéalisme chrétien en divers idéalismes idéologiques.

C'est de cette boue-là que le 21ème siècle doit impérativement se désenliser.

 

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Il n'y a rien d'idéal. Il n'y a que le réel !

 

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Il faut cesser de rêver d'un autre monde. Il n'y a et n'y aura jamais que celui-ci, tel qu'il est et tel qu'il va.

Il faut apprendre à l'aimer comme tel, plutôt que de perdre sa vie à fantasmer.

Tel est l'irréfragable principe de l'Amor fati.

 

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Les idéaux sont des artefacts qui se fabriquent avec une même glaise : le ressentiment.

Les idéaux sont des fantasmes de frustrés.

 

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Si quelque chose te manque, mérite-le par ton effort plutôt que d'en rêver et de l'attendre en le mendiant.

 

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Construis ce qui te manque plutôt que de rêver qu'on te l'offre.

 

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Si tu rêves d'égalité, plutôt que d'exiger que l'on diminue tous ceux qui te sont supérieurs, travaille et deviens l'égal des meilleurs !

 

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Si tu rêves de liberté, plutôt que d'exiger que l'on te donne des droits, travaille et deviens autonome !

 

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Si tu rêves de sainteté, plutôt que de pleurnicher sur les péchés du monde, travaille et monte vers le divin !

 

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Si tu rêves de paix, plutôt que de pleurnicher sur la méchanceté des humains, travaille et écarte-toi des belliqueux !

 

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Si tu rêves de joie, plutôt que d'exiger du bonheur et du plaisir avec les autres humains, travaille et accomplis-toi toi-même !

 

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Tout ce que l'on pense, dit ou fait n'est que conséquence du besoin de survie (niveau inférieur de l'animal-humain), du besoin d'accomplir sa vie (niveau intermédiaire des "élites" sociétales) ou du besoin d'accomplir la Vie (niveau supérieur de l'aristocratie spirituelle).

 

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Le 23/07/2021

 

N'étant guère passionné par le "psychologie", je ne connaissais pas la "spirale dynamique" déclinée des réflexions de Clare Graves. J'ai donc été voir sur Wikipédia.

J'ai trouvé là de grandes similitudes avec la pyramide d'Abraham Maslow.

Cette spirale, si j'ai bien compris, décrit un parcours linéaire de 7 ou 8 (voire plus) stades successifs de développement de soi dont il est dit qu'aucun ne peut être court-circuité.

Cette linéarité sans boucles rétroactives et sans émergence me gène un peu et me paraît bien simpliste.

Le développement de soi est un processus de construction qui relève de la physique des processus complexes c'est-à-dire qu'il obéit à une réelle logicité intrinsèque, mais aussi qu'il échappe à tout déterminisme strict (comme le voudrait, semble-t-il, ce modèle de la "spirale dynamique").

Une fois de plus, ces "théories" psychologiques ne sont que des conjectures sans fondement, qui n'ont rien de scientifique (Freud en a été le grand pionnier charlatan).

 

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Que dit mon livre à paraître cet automne chez Diateino, intitulé : "Où va l'humanité ?".

En gros, l'histoire humaine est la concaténation de cycles civilisationnels de 1650 ans en moyenne, chacun de ces cycles étant la concaténation de trois cycles paradigmatiques (le premier fonde, le deuxième exalte et le troisième profanise). A chaque passage d'un cycle au suivant, il y a une période chaotique d'un gros demi siècle dont l'issue est soit l'effondrement ("collapse" en anglais), soit l'émergence. Nous vivons aujourd'hui la fin du paradigme moderne (1500 à 2050) qui clôt la civilisation chrétienne (christianité de 400 à 950, féodalité de 950 à 1500 et modernité de 1500 à 2050).

La civilisation antique qui avait précédé la civilisation chrétienne, était, elle, formée de trois paradigmes : la mésopotamien (-1250 à -700), le grec (-700 à -150) et le romain (-150 à +400).

On peut tracer les même concaténations, avec les mêmes durées de cycles (à peu près synchrones) pour la culture chinoise et pour la culture indienne.

 

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Il faut sortir, une bonne fois pour toute, de l'esprit de compétition et abroger toutes les dichotomies entre vainqueur et vaincu, tant au plan sportif qu'au plan militaire ou entrepreneurial.

A l'issue d'une guerre (des armées, des marchés ou des prix), il n'y a que des perdants !

Quant aux compétitions sportives, la plupart n'intéressent plus personnes (81% des Français expriment leur total désintérêt pour les jeux olympiques, cette année … c'était pire pour le "Tour de France" cycliste et presqu'aussi grave pour la coupe d'Europe de football).

Toute compétition met en jeu des egos (individuels ou collectifs) et c'est cet égotisme qu'il faut combattre.

Tout ce qui se construit par orgueil, pour l'orgueil, sur l'orgueil, est infâme !

 

 

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De Tchouang-Tseu :

 

"L’homme accompli demande sa nourriture à la terre et sa joie au ciel."

 

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De mon ami Philippe Constant :

 

"(…) nous sommes en train d’oublier la valeur d’appartenir à une communauté. (…) La principale cause de cette accélération pourrait être l’extraordinaire évolution d’internet. Un internet qui nous fascine au point de faire de nous, à notre insu, des individus autarciques centrés sur eux-mêmes... Un résultat pour le moins paradoxal alors qu’il était supposé être un fabuleux outil d’ouverture aux autres."

 

Bel exemple de la loi des effets pervers … Ce qui était censé rapprocher d'un but, l'en éloigne. Le cas des médias sociaux, en ce sens, est typique.

 

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De mon ami Edgar Morin  :

 

"Le problème des humains est de bénéficier des techniques sans s’y subordonner."

 

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Il existe différents niveaux de temporalité allant de l'écume insignifiante de l'actualité aux invariants les plus profonds qui flirtent avec l'intemporalité.

Il est donc essentiel de savoir à quel niveau se place la pensée et le discours.

 

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Rien n'est absolument intemporel (l'infini et le zéro n'existent pas dans le Réel).

 

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Le Divin, dans le Réel, correspond au niveau le moins temporel qui soit.

 

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On ne pense bien que dans l'inactuel, c'est-à-dire loin de ce qui, dans l'instant, passionne les effervescents, les agités, les mondains, les activistes, les journalistes, les politiques, etc …

 

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L'inactualité isole.

 

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Il est urgent de réapprendre l'autonomie tant économique (contre le salariat) et sociétale (contre l'Etat) qu'intellectuelle (contre les idéologies) et spirituelle (contre les religions).

Il faut combattre toutes les formes de grégarisme.

 

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Le paradigme ambiant influence tous les regards puisqu'il impose ses propres besicles au nom de ses propres "valeurs", "croyances" et "certitudes".

Il ne s'agit pas forcément, pour un penseur autonome, de briser ces besicles, mais d'en avoir parfaitement conscience et d'être capable de regarder le Réel autrement qu'elles ne l'imposent.

Il ne faut, en effet, pas oublier que lesdites besicles font intégralement partie du Réel tel qu'il est et va ; elles ont leur raison d'être, comme tout le reste, très provisoire, comme tout le reste, très relative, comme tout le reste.

 

*

 

La fin de la guerre franco-prussienne en 1871 fut le véritable déclencheur de cette dégénérescence belliciste, nihiliste, industrialiste et technologiste que fut le 20ème siècle.

 

  • Instauration du deuxième Reich, en Allemagne.
  • Insurrection populiste de la Commune de Paris.
  • Instauration de la troisième République, en France.
  • Triomphe de l'Association Internationale des Travailleurs de Karl Marx.
  • Retour à une monarchie forte et populaire, en Grande-Bretagne.

 

*

 

Il n'existe pas d'Inconscient, mais bien de l'inconscience.

 

*

 

La médiocrité détruit tout sur son passage.

 

*

 

La démocratie au suffrage universel est le règne de la médiocrité.

Les totalitarismes – même insidieux et "doux" - sont le règne de l'arrogance.

Faudra-t-il, sempiternellement, choisir entre médiocrité et arrogance ?

La troisième voie ? Un aristocratisme bienveillant …

 

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L'islamisme est une idéologie de la prédation.

 

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La science est un art.

Les arts ne sont que des techniques.

 

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Notre vie intérieure se construit sur notre représentation du monde extérieur (lui aussi vivant). Cette représentation est évidemment partiale et partielle, et sujette à évolutions parfois radicales. Elle n'existe qu'en tant qu'aide à la survie et à la bonne vie ; elle est donc, avant tout, utilitaire. C'est entendu.

Mais cette vie intérieure et ce monde extérieur sont une seule et même réalité vivante.

Il en vient que la représentation intérieure et le monde extérieur ont, entre eux, un lien plus essentiel et profond, que la seule efficience pragmatique.

C'est, au contraire, parce que ce lien d'unité profonde existe, que cette efficience est possible.

 

*

 

Chez l'arbre, les racines grandissent avec la ramure.

Chez l'homme, la profondeur de l'enracinement intuitif dans le Réel augmente avec la hauteur et la largeur de captation des Lumières.

La Connaissance est un arbre ; elle se construit et s'épanouit comme lui.

 

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Contrairement à ce qu'en narre la vulgate idéologique commune, le sens de l'histoire humaine va de la communauté à la personne, de la tribu à l'individu, de la dépendance à l'autonomie, de l'obéissance à la libre détermination.

L'humain n'est pas un animal social … même s'il le fut à l'époque où ses insuffisances physiques le rendaient inapte à la vie sauvage et où l'entraide était indispensable à la survie.

Est aujourd'hui venu le temps de l'individualisme, au sens précis du terme - et non au sens galvaudé et fallacieux d'un égocentrisme obsessionnel.

En ce sens, Gilles Lipovetsky écrit avec raison que c'est une erreur de :

 

"(…) donner une définition très réductrice de l'individualisme en l'assimilant à l'égoïsme, à l'indifférence aux autres, au nihilisme. C'est l'idée que s'en fait toute une tradition de pensée morale et religieuse, mais elle ne me semble pas rendre justice au phénomène. L'individualisme renvoie à une culture qui affirme l'autonomie du soi, le droit à la libre autodétermination personnelle".

 

L'individuation n'est en rien un égoïsme forcené et s'inscrit dans une philosophie de l'interdépendance, mais de la non dépendance.

Le rapport entre communauté et personnalité est dialectique, et se traduit par des communions (cum munire : "construire ensemble") électives et sélectives, unies par un projet et/ou un patrimoine communs.

Il ne s'agit pas là de socialité abstraite, mais de fraternité concrète.

 

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Le vrai individualisme est un aristocratisme.

 

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De Nietzsche :

 

"Nul ne ment autant qu'un homme indigné."

 

L'exemple parangonique en est Stéphane Hessel et son "Indignez-vous !" qui est une anthologie de mensonges gauchisants éhontés.

 

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Le mot "innocence" est ambivalent. Etymologiquement, il désigne celui qui "ne nuit pas" (le neutre), mais l'usage courant en a fait celui qui "ne sait pas" (le nigaud) ou celui qui "n'est pas coupable" (le pur).

Or ces trois sens ne se recoupent guère : on peut nuire sans le savoir, on peut être coupable sans nuire, on peut être coupable de ne pas savoir, etc …

 

Dans trois métamorphoses de l'humain, selon Zarathoustra, après le "chameau" qui subit sa charge, le "lion" qui refuse et détruit la charge, vient l'enfant qui regarde la Vie avec innocence au sens de "ne pas nuire", mais bien de savoir et d'assumer.

 

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Tout ce que l'on pense n'est qu'interprétation. Certes. Mais il est des interprétations fidèles et d'autres pas.

Comme pour un virtuose, l'interprétation d'un opus n'est pas tricher ou tronquer ou fausser la partition, mais, au contraire, de la respecter scrupuleusement en y ajoutant du style, du génie, de la sublimité, etc …

Interpréter n'est pas "fausser", mais "sublimer".

 

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Le Réel joue continument une grandiose et sublime symphonie dont chaque humain, souvent sans le savoir, est aussi un minuscule instrument, éphémère et local.

Il n'y a pas de partition pré-écrite. Tout n'est qu'improvisation selon des logiques contrapunctiques et harmoniques élaborées (de plus en plus sophistiquées au fur et à mesure de la composition et de la découverte de certains "effets émergents").

Mais sous la symphonie, il existe une intention structurante c'est-à-dire un thème général, fondateur, architectonique dont la découverte est aussi la mission de la science : construire la symphonie la plus cohérente, la plus unitaire et la plus sublime possible.

 

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Plus les gens sont médiocres et ignorants, plus ils sont arrogants et susceptibles.

 

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J'aime la définition que Nietzsche donne de la philosophie : l'art de l'évaluation paradigmatique.

Mais une évaluation qui n'a pour but ni d'encenser, ni de saper ; une évaluation qui a pour seul but d'anticiper les valeurs du paradigme suivant.

 

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De Nietzsche :

 

"Le monde est un jeu divin au-delà du bien et du mal."

 

L'aspect ludique casse le préjugé mécanique.

L'idée du divin réhabilite une spiritualité et un spiritualisme cosmiques.

L'amoralité du jeu cosmique est essentielle.

 

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La Joie signe l'Accomplissement et l'Accomplissement est la Vocation profonde de tout ce qui existe (c'est cela la "volonté de puissance" : l'intention d'accomplissement en plénitude).

La Joie signe donc la réalisation de la puissance intérieure.

 

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La plupart des humains recherchent le plaisir et le bonheur (des chimères qui ne dépendent pas d'eux), mais ignorent la Joie qu'ils pourraient construire de l'intérieur s'ils comprenaient l'idée d'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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Le plaisir et le bonheur sont des esclavages.

La Joie est une libération.

 

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Le contraire du plaisir, c'est la douleur.

Le contraire du bonheur, c'est le malheur.

La douleur et le malheur ont leur cause hors de nous et nous les subissons.

Le contraire de la Joie, d'après Spinoza, c'est la tristesse. Mais qu'est-ce que la tristesse ? Le simple fait de ne pas être en Joie, c'est-à-dire de ne pas être sur le bon chemin de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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La culture juive est une culture d'essence sacerdotale, dédiée au sacré et à la sacralisation du phénomène humain … qui, globalement, n'a aucune envie de sacralisation et préfère, et de loin, le "panem et circenses", d'un côté, et les anesthésiants anxiolytiques (du genre christianisme ou socialisme ou islamisme), de l'autre.

L'antisionisme est l'autre nom de l'antisémitisme qui est l'autre nom de l'antijudaïsme qui n'est que le ressentiment de la masse des médiocres contre un aristocratisme spirituel immémorial.

 

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Le 24/07/2021

 

La notion de "justice" est ambigüe puisqu'elle s'applique autant à un jugement qu'à une répartition.

Un jugement est juste s'il est conforme, à la fois, aux faits avérés et à la loi du moment ; cela ne pose pas de problème conceptuel. Mais il vaudrait sans doute mieux parler de la "justesse" du jugement.

En revanche, une répartition n'est "juste" que par rapport à une idéologie plus ou moins égalitaire ou élitaire.

Ce qui juste pour un égalitaire est totalement injuste pour un élitaire, et vice-versa.

Mais l'égalitarisme est contre-nature car rien n'est l'égal de rien ; dans le Réel, tout doit se mériter par les efforts et les œuvres que l'on fait. Cela doit être vrai économiquement pour les patrimoines et les revenus, mais aussi politiquement pour les droits qui doivent être proportionnel aux efforts faits pour le bien commun. Il vaudrait alors mieux parler d'équité.

 

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Le parasitisme social est en train de devenir la gangrène de nos tissus sociétaux.

De plus, il induit un clientélisme politique abject.

 

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En tout, il n'existe qu'une seule règle universelle : la dissipation optimale des tensions induites par les dialectiques bipolaires.

Pour réaliser cette optimalité, il n'existe que trois scénarii : l'effondrement, l'équilibre ou l'émergence.

Le scénario le plus communément adopté est celui de l'équilibre (parce qu'il est le moins coûteux : l'effondrement cause énormément de dégâts et l'émergence requiert beaucoup de génie), mais cette tactique du "compromis" (que l'on appelle souvent "justice") est toujours fragile et éphémère (c'est pourquoi il vaut mieux parler d'homéostasie qui est un équilibre dynamique global perpétuellement réactualisé).

 

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Toutes les "valeurs" qui fondent un paradigme, ne sont qu'une expression particulière de la stratégie choisie pour dissiper optimalement le plus de tensions possibles.

Et il n'existe pas le "bon" paradigme. Un paradigme est plus ou moins adéquat par rapport à un "climat général" des rapports entre l'humain et son écosystème, et des rapports entre les grandes cultures humaines.

 

*

 

La civilisation chrétienne s'effondre sous nos yeux sous la conjonction de cinq faits :

 

  • la généralisation des pénurisations de ressources (le christianisme est un paradigme du partage, de la générosité et de la prodigalité),
  • la chaotisation de l'écosystème (le christianisme n'a aucun égard pour la vie matérielle et naturelle),
  • la promiscuité délétère des mégalopoles (le christianisme est un phénomène urbain dès son origine romaine – païen = paysan – mais seulement dans des villes "provinciales"),
  • les interférences concurrentielles entre bassins culturels (le christianisme – comme l'islamisme qui en est issu - est incompatible avec les autres traditions spirituelles ; il se veut "catholique" c'est-à-dire "universel"),
  • la complexification induite par le numérique (le christianisme est hiérarchique et non réticulé).

 

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Il ne faut plus seulement parler d'un paradigme "post-moderne", mais il faut parler d'une civilisation européenne "post-chrétienne" (comme la civilisation chrétienne fut la civilisation "post-antique").

 

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Les huit bassins culturels actuels :

 

  • Euroland : judéo-hellénique.
  • Angloland : évangélique.
  • Latinoland : catholique.
  • Russoland : orthodoxe.
  • Islamiland : coranique.
  • Indoland : védantique.
  • Sinoland : confucéenne.
  • Afroland : animiste.

 

Une civilisation post-chrétienne mettra à mal quatre continents : Angloland, Latinoland, Russoland et Islamiland.

Heureusement, l'Euroland n'est déjà presque plus chrétien, mais reste ancré dans la double racine biblique et philosophique.

 

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De Tom Bailey à propos de la thèse centrale du kantisme que refuse Nietzsche non parce qu'elle lui paraît fausse, mais parce qu'elle lui paraît inutile :

 

"(…) puisque nos connaissances sont conditionnées par les facultés perceptuelles et conceptuelles des êtres humains, elles ne s'étendent pas aux objets tels qu'ils peuvent exister indépendamment de ces conditions."

 

C'est bien sûr l'irréductible dichotomie kantienne entre l'objet et le sujet, entre le noumène et le phénomène. Cette dichotomie artificielle et fallacieuse est construite sur le refus de toute reliance intuitionnelle profonde et de toute connivence unitive irréfragable entre l'humain et le Réel (qui participent pourtant, foncièrement, de la même logicité processuelle).

 

*

 

La morale kantienne est égalitariste et universaliste.

Deux erreurs colossales, issus du christianisme, aux conséquences délétères depuis des siècles !

Mais cette même morale pose aussi l'autonomisme et le volontarisme, ce qui la sauve, mais seulement à moitié …

 

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Il n'y a pas de pensée sans langage.

On pense dans sa langue.

Les limites du langage forgent aussi les limites de la pensée : ce qu'on ne peut pas dire, on ne peut pas le penser.

Il est donc vital de maîtriser plusieurs langages (plusieurs langues vernaculaires, les mathématiques, les symboles, la schématique, même aussi la musique, etc …).

 

*

 

Tout mot, tout concept sont, à la fois, simplification et idéalisation d'une manifestation du Réel.

La carte n'est donc pas le paysage.

La belle affaire ! Une fois qu'on le sait et qu'on le comprend, rien n'empêche de compléter la carte par des cartes plus détaillées, des croquis, des dessins, des photographies, des films, … puis de faire appel aux connaissances physiques pour dire que les couleurs sont des fréquences, les matières des atomes reliés par des électrons, les reliefs des effets d'érosion sur de la tectonique des plaques, etc … afin de s'approcher, aussi près que l'on veut, de la réalité du Réel sans jamais, j'en conviens, l'atteindre absolument.

Et le mince écart qui reste entre le Réel et sa représentation humaine, peut être aisément comblé par la reliance intuitionnelle rendue possible que celui qui fait la carte et le paysage représenté, participe de la même unité, de la même cohérence, de la même logicité.

Il est impérieux de renier, radicalement, la dualité kantienne entre sujet et objet, entre noumène et phénomène.

Dans leur dialectique unitive, logique et cohérente, l'intelligence et la sensibilité, la théorie et l'expérience finissent par converger.

 

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Nietzsche a totalement tort avec son "Chaos sive Natura", pastiche du "Deus sive Natura" de Spinoza.

Le Réel est tout sauf un Chaos ; il est cohérent dans toutes ses dimensions ; il est un Kosmos !

Il faudrait dire : "Kosmos sive Natura" et identifier "Kosmos" à "Théos".

 

*

 

Il me paraît évident que lorsque quelqu'un est pauvre en langages et en connaissances, il est largement inapte à comprendre valablement quoique ce soit : il ne maîtrise absolument pas la multiplicité des perspectives qui seule permet de faire converger les diverses représentations complémentaires vers une compréhension fiable et valable du Réel.

Il ne reste alors que les croyances et les opinions.

C'est le triste lot de la grande majorité des humains qui ne comprennent rien ni au monde, ni à ce que les experts peuvent leur en dire.

 

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L'humanité mourra de la bêtise de ses masses !

 

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La grande question : l'humanité est-elle majoritairement bête et ignare parce que les systèmes éducatifs sont déficients, ou parce qu'elle est foncièrement et ataviquement inintelligente ?

Je penche plutôt vers la seconde alternative, même si je crois profondément que les systèmes éducatifs sont inadéquats et peuvent faire beaucoup mieux, à condition de se défaire des pédagogismes gauchisants et égalitaristes.

 

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Il est impossible d'apprendre à penser à quelqu'un qui n'a pas d'esprit efficient.

 

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Un gamin né idiot restera un crétin toute sa vie. Il sera donc balayeur des rues ou équivalent. Et il faut faire ce qu'il faut pour les balayeurs des rues soient gens heureux … à leur niveau, à leur manière.

 

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Il est impératif, pour tout un chacun, de "mettre de l'ordre" !

Dans sa vie, Dans ses pensées. Dans ses mœurs. Dans sa maison. Dans son jardin.

Partout.

Mettre de l'ordre n'est pas chose si facile que cela puisque la notion d'ordre n'est pas univoque. Encore faut-il définir, pour soi, quel type d'ordre est adéquat, c'est-à-dire utile et efficace.

Car là est l'impératif : ne plus perdre de temps soi-même et ne plus faire perdre du temps aux autres à cause du désordre que l'on provoque ou laisse.

Peut-être est-ce là la source et le fondement de toute politesse, de toute courtoisie : ne pas faire perdre du temps de vie à qui que ce soit !

Et pour cela, il fait "mettre de l'ordre".

 

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Contre toutes les idéologies, il faut affirmer que la loi entre les humains doit être l'expression humaine de la loi cosmique qui préside à l'évolution de tous les processus réels :

 

  • La prééminence de l'intention d'accomplissement.
  • L'existence de bipolarités universelles, irréductibles et irréfragables.
  • La loi de dissipation optimale des tensions engendrées par ces bipolarités.
  • Le principe général d'autonomie et d'unicité de tout ce qui existe.
  • L'obligation de tout mettre au service de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

 

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C'est une idée que Nietzsche refuse : chacun peut et doit se mettre au service de ce qui le dépasse.

L'égocentrisme est le niveau zéro de la vraie vie !

La partie ne s'accomplit qu'en contribuant à l'accomplissement de son Tout.

 

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Le Tout de chaque partie est ce qui le nourrit.

 

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La loi pour les consommateurs du présent ne peut pas être la même que la loi pour les constructeurs d'avenir.

 

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Le 25/07/2021

 

Extrait  de Ellâm Onru ("Tout est Un"), un anonyme tamoul du 19ème siècle (c'est moi qui souligne) :

 

"Les Sages (…) savent : "Dieu sait ce qu'il a à faire, et Il le fait , que pourrais-je Lui demander de plus ?" Ainsi, ils souhaitent seulement faire leur devoir, sans en récolter les fruits. Ils ont compris que seul Dieu distribue les fruits des actions. Ils observent simplement le déroulement des choses dans le monde, jouent leur rôle, et ne songent jamais à recréer un monde à eux, ce qui serait une forme d'égoïsme. La Création est exactement comme elle doit être. Tout est en ordre. Toutes les actions sont l'œuvre de Dieu."

 

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On ne veut pas ce qu'on veut, mais on peut vouloir ce que l'on peut.

 

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Tout a une généalogie, même le sens de la liberté et la capacité d'autonomie.

 

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S'il n'y a pas de liberté possible, il n'y a pas de créativité possible.

 

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L'humain ne naît pas libre, mais il peut se libérer, au moins partiellement.

Et beaucoup ne le souhaitent pas ou peu …

"Servitude volontaire" …

Beaucoup d'humains naissent par hasard, vivent en esclave et meurent de bêtise.

 

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Se libérer, c'est s'assumer pleinement en tant que manifestation de ce qui nous dépasse infiniment.

 

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Le pire obstacle à la libération de soi, c'est cet ego qui se prend pour quelqu'un.

 

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Se libérer, c'est vouloir ce qui existe et ce qui advient.

Amor fati

 

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L'esclavage commence par le refus du Réel.

 

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La liberté ne consiste pas à refuser ou à combattre les déterminations, mais bien à les sublimer et à les spiritualiser.

 

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La liberté consiste à choisir de faire bien ce qu'il y a à faire ici et maintenant.

Le reste n'est que caprice et esclavage.

La liberté consiste à choisir d'accomplir ce qu'il y a à accomplir en soi et autour de soi.

 

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Il y a de la liberté possible dans le Réel.

 

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La Modernité peut, comme tout paradigme, se décomposer en trois phases.

Une phase de fondation géniale de 1500 à 1685 (révocation de l'édit de Nantes et instauration des monarchies absolues).

Une phase d'exaltation arrogante de 1685 à 1870 (la guerre franco-prussienne déclenche la folie nihiliste et nationaliste).

Et une phase de délire suicidaire de 1870 à 2050 (drames écosystémiques).

 

La seule phase réellement intéressante de ce cycle (comme pour tout paradigme) est la première avec Erasme, Montaigne, More, Bruno, Copernic, Vésale, Bacon, Hobbes, Descartes, Locke, Pascal, Leibniz, Spinoza, Kepler, Galilée, Fermat, …

La phase la moins intéressante, dans toutes ses dimensions, est la deuxième (philosophisme, positivisme, mécanicisme, …).

Quant à la troisième phase, elle n'a d'intéressant que l'éclosion discrète des germes du paradigme suivant (Nietzsche, Bergson, Einstein, Bohr, … et la relativité, la quanticité, l'écologie, la numéricité, la réticularité, …).

 

C'est toujours la première phase paradigmatique (celle de la fondation géniale) qui est la plus féconde et la plus riche :

 

  • Hellénité de -700 à -515 : Homère, Hésiode, les présocratiques ioniens et éléates …
  • Romanité de -150 à 35 : la République avec Cicéron, Lucrèce, Virgile, Horace, Ovide, Sénèque …
  • Christianité de 400 à 585 : Augustin, Boèce, les deux Grégoire, Benoît de Nursie …
  • Féodalité de 950 à 1135 : Avicenne, Abélard, Hildegarde de Bingen, Bernard de Clairvaux, …

 

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Toute morale doit être fondée sur une éthique de l'accomplissement : est "bien" ce qui accomplit la vocation que l'on se donne.

Il n'y a de valeur que par rapport à ce projet d'accomplissement.

Par exemple : les valeurs chrétiennes sont toutes subordonnées à l'idée de Salut après la mort ; les valeurs socialistes sont elles subordonnées à l'instauration – révolutionnaire ou non – d'un Egalitarisme nivelant ; les valeurs nietzschéennes, elle, sont subordonnées à la Volonté de puissance ; etc …

Mes valeurs à moi sont toutes subordonnées à l'idée d'Accomplissement de soi et de l'autour de soi, de la Matière, de la Vie et de l'Esprit au sens cosmique par le chemin de la plus grande Autonomie, tant personnelle que collective, tant matérielle que vitale et spirituelle.

 

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Le mot "maître" désigne, au sens le plus général, celui qui maîtrise avec virtuosité son art, quel que soit celui-ci.

Un maître fait autorité ! Ce qui n'implique pas nécessairement un quelconque pouvoir , plus ou moins tyrannique, sur d'autres.

Les maîtres, au sens donné ici, fonde un aristocratisme irréductible.

Un maître ne dirige pas le monde ; il le construit.

 

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Le fort ne vit que pour la Vie.

Le faible n'existe qu'au dépens du fort.

 

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Un maître virtuose est admirable.

Un maître tyran est méprisable.

 

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Nietzsche a l'immense tort de défendre des valeurs non pas pour construire quelque chose dans le cadre d'un projet positif au-delà du christianisme, mais toujours pour prendre le contre-pied radical des valeurs chrétiennes (la cruauté contre la douceur, la force contre paix, le mensonge contre la véridicité, l'oppression contre le détachement, l'exploitation contre la compassion, etc …).

Nietzsche s'oppose.

Je ne défends guère les "valeurs chrétiennes" mais en proposer l'antithèse systématique ne sert de rien ; il faut les dépasser au service de la construction d'une civilisation post-chrétienne.

 

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Il y a deux grandes familles morales : celle de la puissance (plutôt élitaire) et celle de l'harmonie (plutôt populaire).

Cette bipolarité est irréductible et engendre d'incessantes tensions qu'il faut dissiper optimalement (toujours la même chanson) si l'on veut éviter le totalitarisme égalitariste ((tout pour l'harmonie), le totalitarisme autoritariste (tout pour la puissance) et l'effondrement anarchiste (ni harmonie, ni puissance). Il ne reste que deux voies possibles : celle de l'homéostasie par la démocratie libérale (le compromis instable) ou celle de l'émergence par le dépassement des deux pôles de l'harmonie et de la puissance.

 

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Le 26/07/2021

 

Petite leçon de micro-économie …

Toute entreprise tourne autour de trois catégories d'acteurs-moteurs :

 

  • Les entrepreneurs qui portent son projet.
  • Les managers qui en optimisent le fonctionnement.
  • Les actionnaires qui en financent les investissements.

 

Autour de l'entreprise gravitent des fournisseurs contractuels (de biens, de services, de travail, d'informations, de marchés, etc …) qui doivent tous être équitablement rémunérés, mais qui n'ont aucun rôle de décideur dans l'entreprise.

 

La doctrine des entrepreneurs est le libéralisme.

La doctrine des managers est le technocratisme.

La doctrine des actionnaires est le capitalisme.

 

L'économie mondiale est aujourd'hui capitaliste en ce sens que le règle de base veut que ce soient les actionnaires qui soient intégralement propriétaires de l'entreprise et qui peuvent donc y imposer leur vue.

 

Il existe trois types de capitalisme :

 

  • Le capitalisme étatiste : les actionnaires sont l'Etat ou ses pseudopodes.
  • Le capitalisme spéculatif (financiarisme) : les actionnaires sont des acteurs boursiers et, plus spécialement, des fonds d'investissement.
  • Le capitalisme entrepreneurial : les actionnaires sont des personnes privées investies dans le projet à long terme.

 

Le seul capitalisme compatible avec le libéralisme est le capitalisme entrepreneurial. Les deux autres types doivent être combattus au titre de parasitisme collectif ou financier.

 

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La finance parasite l'économie.

Comme le lierre parasite le chêne.

Comme le cancer parasite les tissus.

La finance, c'est l'argent pour l'argent, par l'argent. L'argent y est devenu une fin en soi. L'argent comme but et non plus comme moyen, comme carburant.

Dévoiement absurde !

 

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Aujourd'hui, l'économie mondiale (tant d'extraction que de production) est entièrement rongée par le financiarisme étatique ou boursier dont les trois grands foyers purulents sont : l'Angloland (City et Wall Street), le Sinoland (Hong-Kong, Singapour, Pékin) et l'Islamiland (Dubaï, Doha, Riyad).

L'Afroland est déjà complètement financiarisé (par la Chine, surtout, et partiellement par l'Islamiland), ainsi qu'une part du Latinoland (par les USA).

 

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Une religion qui favorise ou encense le martyre, est une religion du fanatisme, de l'intégrisme et l'obscurantisme.

De telles religions doivent être éradiquées.

 

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Le matérialisme, comme conception ontologique, est devenue une absurdité puisque ce que l'on appelle "matière" est totalement second, est une émergence venue d'un univers prématériel (donc immatériel) qui est pure activité (bosonique), donc pure vitalité. Et cette vitalité prématérielle est elle-même la manifestation d'une intention cosmique d'accomplissement optimal qui, lui, est purement idéel donc pure spiritualité.

L'Esprit engendre la Vie qui engendre la Matière qui engendre les matières qui engendrent les vies qui engendrent les esprits.

 

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Le matérialisme a induit une quantité d'absurdités aujourd'hui parfaitement déniées par la science physique : l'atomisme, le mécanicisme, le déterminisme, l'analycisme, le réductionnisme, l'assemblisme, le hasardisme, etc …

 

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La pensée doit dépasser la mémoire qui a accumulé des matériaux venus des sensibilités intuitive et sensitive, et mis en ordre par l'intelligence structurante.

Elle fait émerger des idées conscientes, au service de sa volonté, à partir des matériaux de la mémoire, mais sans les reproduire ; c'est le rôle de l'intelligence créative.

 

*

 

L'oubli n'est pas la destruction de la mémoire ; seulement sa désactivation partielle.

Un tel oubli est donc nécessaire si l'on veut que l'intelligence créatrice puisse travailler convenablement.

Elle reprendra force et vigueur lorsqu'il s'agira de valider les idées créées.

 

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Les processus d'activation, de désactivation et de réactivation de la mémoire par la conscience, ne lassent pas d'être mystérieux. Ils le sont d'autant plus que, selon les personnes, ils peuvent descendre dans des couches profondes, voire extra-personnelles, de la mémoire phylétique.

 

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On l'oublie trop souvent : sous la mémoire personnelle, il existe une mémoire collective. En effet, chaque processus est accumulation de mémoire de son vécu, mais aussi du vécu de tous ses processus constitutifs.

Plus l'intégration est forte, plus la prégnance de cette mémoire collective est puissante.

 

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Les religions assujettissent l'humain en le rendant esclave de croyances, de promesses, de peurs, de mythes, de lois, …

Tout au contraire, la spiritualité libère l'humain en le hissant au plus au degré du Réel et de sa logicité.

 

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Nietzsche n'a pas vraiment perçu la différence capitale entre religion et spiritualité ; il a tout rejeté au nom de son aversion pour la religion chrétienne.

Pourtant, son "Ainsi parla Zarathoustra" fonde une forme de spiritualité (réaliste et cosmique) qui aurait pu être développée.

 

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Une intention active est une promesse que l'on se fait.

 

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A la rétention de la mémoire, il faut opposer la protension ("attitude de l'esprit tourné vers l'avenir") de la volonté.

A la captation par la sensibilité, il faut opposer la transformation par l'intelligence.

La conscience harmonise tous ces processus afin d'en dissiper les tensions résultantes.

 

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La grande erreur de l'occident (pharisiano-christiano-musulman) est d'avoir voulu rêver d'une éternité personnelle pour exorciser la mortalité personnelle ; et de n'avoir pas vu la voie de l'intemporalité impersonnelle.

Pourtant les mots sont là, avec pertinence – ô combien - : la personne n'est qu'un masque théâtral au travers (per) duquel sonne (sona) la voix de l'acteur, c'est-à-dire du Réel pris comme un Tout-Un vivant.

Ce n'est pas le masque qui importe, c'est l'acteur derrière le masque ; c'est lui qui joue sa tragédie.

Il n'y a qu'une seul acteur derrière des myriades de masques différents. Et il ne faut pas croire à la réalité des masques, aussi bariolés ou expressifs soient-ils ; il ne faut croire qu'en l'acteur unique.

 

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Il est curieux que Nietzsche connaissent si mal le fonctionnement réel de la Nature et réduise tout à la sauvagerie brutale et cruelle, à la lutte pour la vie, à l'inexorable guerre des forts contre les faibles, etc …

Cette vision, sans doute héritée d'un darwinisme étriqué, est fausse.

Aujourd'hui, on sait que dans la Nature, la violence est le dernier recours et que tout conspire à préférer la coopération à la compétition.

 

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Nietzsche refuse, à tous les autres vivants, cet esprit qu'il croit être l'apanage du seul humain. Il n'en est rien ! L'esprit est partagé par tous les vivants (pas seulement animaux) ; il n'est, entre eux, qu'une question de degré.

 

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Le manipulateur ment parce qu'il devine parfaitement ce que celui qu'il veut subjuguer, veut entendre.

Pourtant le mensonge est toujours bine plus coûteux que la véridicité.

Mais d'où vient ce besoin de manipuler l'autre ? Il a plusieurs sources dont les principales sont le besoin de domination (le complexe du "chef")  et le besoin d'extorsion (le complexe du "vendeur").

 

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Je ne connais que peu le mépris, mais je connais fort bien l'indifférence et le dégoût.

 

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La métaphysique est l'ensemble des hypothèses globales (ontologiques, généalogiques, axiologiques et téléologiques) qui concernent le Réel, sa nature et son évolution, et qui permettent d'en déduire une cosmologie physique, une éthique de vie, une noologie de l'esprit et une spiritualité pratique.

Mais encore faut-il s'assurer de la cohérence la plus parfaite possible entre, d'une part, cette métaphysique et ses conséquences et, d'autre part, les faits, phénomènes et expériences avérés.

Sans ce travail métaphysique préalable, on reste prisonnier d'une phénoménologie stérile qui énumère tout, mais n'explique rien.

 

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L'utilitarisme de John Stuart Mill pose le principe du plus grand bonheur possible pour le plus grand nombre et ce principe, donc, postule un égalitarisme implicite exprimant que tous les humains ont le même droit au bonheur maximum.

Comme le philosophisme français de la même époque, l'utilitarisme n'est qu'une forme laïcisée et profane de la morale chrétienne.

 

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Le 28/07/2021

 

Décroissance matérielle (économique), mais croissance immatérielle (spirituelle).

Décroissance démographique, mais croissance eudémonique.

Il n'y a pas d'autre voie !

 

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La contre-culture californienne est une inculture.

 

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Je suis bien d'accord avec Albert Einstein : la bêtise humaine est la seule grandeur mesurable qui puisse tendre vers l'infini.

 

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Les idéalistes ne s'embarrassent pas de la réalité du Réel, pour asséner leurs fantasmes.

Le prototype du genre est Jean-Jacques Rousseau qui est le père de toutes les dégueulasseries socialistes et gauchistes de ces deux derniers siècles.

"L'homme naît bon …"

"L'homme naît libre …"

Comment est-il Dieu possible de proférer des âneries pareilles ?

 

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Suivre la mode, c'est prétendre à l'originalité dans la conformité.

 

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Les temps dits modernes sont construits autour de l'idée centrale de "Progrès", mot piégeant s'il en est.

Le progrès, c'est avancer et avancer, c'est aller plus loin. Et là commence le soupçon : ce n'est pas aller plus loin qui est nécessaire, mais aller plus haut !

Dans un monde cyclique et circulaire, aller plus loin, c'est tourner en rond.

 

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L'idée de progrès est un leurre : toute avancée dans une dimension induit des reculs dans d'autres dimensions.

La modernité a fait progresser la technique, l'économie, la démocratie, l'égalité, l'instruction, le médecine, etc …

Mais elle a fait reculer la spiritualité, l'intériorité, l'éthique, la joie, le contentement, la paix, la tranquillité, la famille, la naturalité, l'élitarisme, l'harmonie, la pureté, etc …

 

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Être élitiste, c'est exiger une reconnaissance et un statut liés aux patrimoines hérités.

Être élitaire, c'est œuvrer à atteindre le niveau des meilleurs dans leur art.

Le contraire d'être élitiste, c'est être égalitariste.

Le contraire d'être élitaire, c'est être médiocre.

 

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Arriver à la conclusion que le paradigme moderne et la civilisation chrétienne sont arrivés à leur terme final et qu'ils sont en voie d'effondrement, me paraît être une évidence dont Nietzsche avait été un précurseur prophétique.

Mais de là à le suivre sur l'idée que l'après-modernité et l'après-christianité doivent reprendre le modèle de l'hellénité antique, il y a un pas à surtout ne pas franchir.

D'abord parce que l'hellénité célébrée par Nietzsche est largement réinventée et fantasmée, ensuite parce que, pour sortir d'un effondrement par le haut, c'est de l'émergence qu'il faut et non de la nostalgie.

 

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La christianité s'est fondé sur une idée cruciale (sans mauvais jeu de mots), mais redoutablement perverse : celle de la malignité du Réel, idée qui appelle la promesse et l'espérance d'une autre monde – éternel et céleste – qui ne soit pas sous l'emprise du diable et du diabolique, du péché et de la faute.

Ce rejet de la naturalité, de la matérialité, de la vitalité au profit d'une religiosité du salut et de l'espérance est plus que funeste , il est délétère.

 

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L'histoire humaine est une tresse à trois brins (trois sinusoïdes déphasées chacune de 60° par rapport à la précédente). Ces trois brins correspondent, respectivement, aux cycles dynamique, eidétique et topologique .

 

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Le 28/07/2021

 

L'expression "culture populaire" est un oxymore !

 

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Christian Estrosi :

 

"Le plus bel endroit pour passer ses vacances, c’est chez soi."

 

Cela rejoint le slogan de mon amie Sophie Ollier :

 

"Sortez chez vous !"

 

Les tourismes lointain et de masse n'ont plus aucun sens.

 

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Puisque la dualité et la bipolarité ne recouvrent pas les mêmes concepts (la dualité est une opposition réductible comme celle des charges électriques qui produisent une neutralité, alors que la bipolarité est une tension irréductible comme entre les pôles magnétiques d'un aimant demeurant tels quels quoi qu'il arrive), il faut sans doute, comme le préconise mon ami Edgar Morin, distinguer la dialectique qui concerne les dualités et la dialogique qui concerne les bipolarités.

Nietzsche, farouche opposant à toute dialectique (tant socratique que hégélienne), aurait sans doute adhérer à la dialogique.

 

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Nietzsche récuse tant la loi de Dieu que la loi de la Nature (qui sont, en fait, une seule et même loi). Et il a tort !

Il affirme "Chaos sive Natura" au lieu du très spinozien "Deus sive Natura". Et il a tort !

Il prétend que "l'ordre" que les humains décèlent dans le Réel est un pur effet de la fantasmagorie mentale humaine. Et il a tort !

Il jette aux orties, en conséquence, toute physique (l'étude et la modélisation des lois de la Nature, du Nomos cosmique) et toute métaphysique qui pourrait la fonder. Et il a tort !

Et toute cette négativité prend sa source dans la terreur panique qu'il ressent, de la résurrection du Divin au travers d'un panenthéisme spiritualiste qui monte. Ce n'est pas Dieu qui est mort, c'est le Dieu personnel des monothéismes qui est mort, et seulement lui.

 

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Le constructivisme est la doctrine qui affirme que tout se construit par accumulation de "couches" successives, sans plan prédéfini, mais porté par une intention de plénitude, en faisant comme on peut avec ce qu'il y a de disponible, ici et maintenant.

Telle est la grande loi du Réel.

 

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Ce qu'il faut admirer, dans la pensée de Nietzsche, c'est qu'elle est incisive, critique, acide, destructrice …

Ce qu'il faut y déplorer, c'est qu'elle est incohérente, haineuse, revancharde, irrationnelle, …

C'est son Zarathoustra qui sauve tout le reste. Et Zarathoustra n'est pas une œuvre philosophique, mais une œuvre prophétique.

 

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Il existe un lien fort entre luthérianisme et antijudaïsme (et je le dis pas "antisémitisme", ce qui est une autre histoire, plus française qu'allemande). Et le nœud central de ce lien me paraît être l'idée de "peuple élu".

Cette idée de l'élection d'Israël est un des plus gros malentendus de l'histoire humaine. YHWH, un des Elohim dans un monde polythéiste (qui est bien celui de la rédaction de la Torah hébraïque), est un "dieu sans peuple" alors que les autres dieux ont tous un peuple ; comme la Maison d'Israël était un peuple sans dieu tutélaire, YHWH a choisi Israël pour être "son" peuple … et sans trop lui demandé son avis, d'ailleurs. Et depuis, toujours dans ce monde polythéiste, YHWH et Israël ont conclu un contrat d'Alliance (la Torah) : la Loi en échange de la Vie.

Le monothéisme juif est, lui, une invention tardive de la dissidence pharisienne dont est issu le christianisme (et, à sa suite, l'islamisme, émergence du christianisme ébionite et nabatéen) ; il a voulu "universaliser" les concepts du lévitisme (monolâtre dans un univers polythéiste).

YHWH est devenu le Dieu unique et personnel et l'Alliance s'est étendue à tous les humains avec Paul de Tarse et l'invention du christianisme catholique (c'est-à-dire universel).

 

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Philippe Choulet commente bien la terreur panique de Nietzsche face à la résurrection du Divin en écrivant :

 

"Gardons-nous (…) de faire du monde un être vivant, un organisme, une substance matérielle, une machine, un ordre rationnel obéissant à des lois nécessaire ou une œuvre admirable : ces concepts ne sont que les ombres de Dieu."

 

Tout est Dit. Nietzsche veut impérativement maintenir cette "mort de Dieu" qu'il a eu si difficile à acter. Il n'a pas voulu – pu – passer du Dieu personnel des monothéismes au Divin impersonnel des panenthéismes.

Au-delà du Dieu qu'il a tué (à juste titre), il n'a découvert que le néant, l'illusion et le chaos. Il n'a pas vu le Réel et sa cohérence intrinsèque due à un Nomos immanent.

 

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Le principe de simplicité, de cohérence et d'optimalité dans la dissipation des tensions bipolaires, qui est la loi première de l'évolution du Réel, peut être vu comme un principe esthétique puisqu'il suppose la plus grande harmonie possible.

 

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Faire la guerre aux illusions est à la fois aussi indispensable qu'illusoire.

La plupart des humains sont foncièrement inapte au Réel ; c'est la source profonde et première des religions et des idéologies.

Nietzsche a eu l'illusion de penser par-delà les illusions communes, contre les religions et les idéologies, contre les idéalismes ; il ne pensait que dans une illusion supérieure appelée "chaos et néant", qu'il n'est pas parvenu à dépasser.

 

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Un moraliste étudie les mœurs humaines.

Un moralisateur donne des leçons de morale.

Il ne faut surtout pas confondre les deux.

Un moraliste doit être amoral, à la fois acide et ironique.

 

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Nietzsche est bien plus poète et musicien que philosophe : philosopher irrationnellement et émotionnellement, n'est pas philosopher.

 

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De tous les arts, le seul qui soit authentiquement processuel, est la musique.

La musique est donc la métaphore de base avec laquelle il faut exprimer la physique des processus complexe.

 

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Un symbole isolé (qu'il soit spirituel, mythologique, conceptuel ou mathématique) ne signifie rien. Il ne prend signifiance que mis en relation avec d'autres symboles dans un rituel, dans un mythe, dans une théorie ou dans une équation.

C'est la structure et la cohérence de cette mise en relation qui "dit" quelque chose de véridique ou non, sur la structure et la cohérence du Réel.

 

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En dépit du dégoût de Nietzsche pour les sciences, le physicalisme est en train, très heureusement, de devenir la socle de toutes les cultures humaines dans le nouveau paradigme post-chrétien.

Hors de la cosmologie complexe, point de salut ! Et, surtout, point de connaissance.

Tout ce qui existe, à n'importe quel niveau, dans n'importe quelle discipline, tout est processus complexe soumis à une seule et même logicité universelle.

Toute pensée qui s'érigerait hors de ce physicalisme, ne serait que conjecture, élucubration, croyance ou délire.

 

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Il en va de l'art, comme du lard : c'est très peu de nourriture (voire souvent pas du tout) et beaucoup trop de gras.

Il écœure ceux qui veulent manger sain.

Il en va de l'art comme du lard : c'est juste bon à graisser la patte.

 

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Pour reprendre les catégories nietzschéennes …

La force apollinienne relève du rêve, de l'idéal, du fictif, de l'imaginaire, du religieux, du narcissique, de l'idéologique, de la mort.

La force dionysiaque relève de la joie, du réel, du créatif, du constructif, du spirituel, de l'holistique, de l'écosystémique, de la vie.

Le socialo-populisme est apollinien.

L'aristocratisme est dionysiaque.

 

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Là où Nietzsche a raison dans l'analyse, mais tort dans les conclusions, c'est dans l'irréductible opposition entre la détresse tragique construite sur la souffrance de l'émotion et de la peur (deux fléaux abjects, selon moi), et la sagesse philosophique construite sur la confiance en la raison et la connaissance (deux illusions graves, selon Nietzsche).

Nietzsche attribue à Socrate la création de cette sagesse philosophique. Il n'en est rien. Socrate a inventé l'humanisme (et en cela il est le père d'un fléau terrible, lui aussi). La sagesse philosophique et la confiance en la raison et en la connaissance datent des présocratiques comme Thalès de Millet ou Héraclite d'Ephèse, Anaximandre ou Anaxagore ; ce sont eux qui ont été les grands destructeurs de mythes (qu'ils en soient remerciés).

 

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De Nietzsche (en 1885) :

 

"Ce qui m'importe – car c'est ce je vois se préparer lentement et comme avec hésitation – c'est l'Europe unie."

 

Moi, je ne la vois qu'un peu floue, mais je l'espère de toutes mes fibres !

L'Etat-nation et les nationalismes qui en dérivent, sont des abominations ! Ils doivent être éradiqués.

 

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Pour que l'Europe se fonde, s'unifie, s'intègre au-delà des fumisteries nationalistes, il faut une grande cause.

Aujourd'hui, cette grande cause fédérative est sans doute l'anti-islamisme.

Non pas la persécution des musulmans européens et citoyens, mais l'extradition et l'éjection de tous les islamistes politiques, terroristes, djihadistes et intégristes.

Tous les droits pour le musulman paisible et citoyen ; aucun pour l'islamiste fanatique.

 

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L'humain fait partie intégrante, participante, contribuante au Réel, à la Vie, à la Nature. Il doit donc en accepter et en assumer les lois plutôt que s'inventer des "morales" imaginaires et contre-nature.

 

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On a raison d'opposer "science" et "art". On a tort de croire que l'art puisse être opposable à quoique ce soit : il est vide !

L'art ne sert à rien ; il ne fait en rien progresser l'humanité. Il n'est que masturbation stérile.

 

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Les artistes ? Des fabricants d'illusions, de rêves, de distractions ou de décorations.

Le marché de l'art ? Un marche de dupe.

 

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L'esthétique ? Le développement de la sensibilité.

L'art ? Des techniques pour capter et emprisonner la sensibilité.

 

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Pendant les cinq dernières années de sa vie "lucide", Nietzsche a commencé de défendre un "naturalisme" (scientifique ?) opposé au "culturalisme" (artistique ?) qui fut pourtant son fer de lance pendant si longtemps.

 

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Quand il parle de "matérialisme", Nietzsche parle, en fait, d'atomisme c'est-à-dire de la croyance erronée en l'existence d'objets en soi (ce que la physique actuelle confirme à plein). Le mécanicisme encore de rigueur du temps de Nietzsche voyait l'univers comme un assemblage de briques élémentaires, interagissant par des forces élémentaires régies par des lois élémentaires.

On sait aujourd'hui que Nietzsche avait raison que ce mécanicisme est une vision totalement fausse de la réalité physique.

De ce fait, Nietzsche en a conçu un malheureux anti-physicalisme qui l'a détaché de la science et qui l'a égaré sur des chemins d'irrationalité.

 

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Nietzsche a raison d'y insister : notre vision du monde n'est que l'interprétation de notre perception des manifestations du Réel. De là à en déduire une irréductible fausseté de toute science, il y a un pas à ne pas franchir !

Il existe – bien heureusement – des outils méthodologiques capables de relier valablement et validement l'univers-réel (la manifestation), l'univers-image (la perception) et l'univers-modèle (la représentation).

De même, il existe des chemins méthodologiques sinon rigoureux, du moins fiables, pour relier l'univers-réel (la manifestation) au Réel lui-même (et à son Nomos immanent).

 

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Nietzsche a confusément entrevu le Réel comme un processus complexe animé par une intention (la "volonté de puissance" selon ses mots) et travaillé de tensions entre bipolarités essentielles (des "pulsions" selon ses termes), loin d'un univers conservatif tel que la physique se la représentait à son époque, mais plutôt proche d'un univers créatif et constructif tel que la thermodynamique commençait à l'entrapercevoir.

 

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En somme, le Réel est une histoire écrite dans une langue fort oubliée, mais encore présente. Un texte qu'il faut lire et comprendre, interpréter et deviner, utilisant de temps en temps l'un ou l'autre mot ou tournure inconnus. Un immense poème écrit dans une métrique qu'il faut décrypter, avec des assonances et des rimes étranges à nos yeux et oreilles humaines, mais qui nous fascinent, sur un rythme lancinant et hypnotisant qui scande la vie et la pensée.

 

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Lorsqu'on est philosophe et que l'on écrit, parce que l'on y croit, un ou des livres sur le déterminisme absolu, on n'est pas philosophe mais idiot, parce que si le déterminisme est absolu, l'écriture de ce livre est déterminée, le fait qu'il soit ou pas lu l'est autant et cela ne changera donc rien  ; il est donc inutile de disserter sur le déterminisme absolu. Il en va de même sur la version "pied de la lettre" de "l'éternel retour du même" qui est une stérilité majeure.

De la même manière, mais à l'opposé, nier, comme les existentialistes, tout déterminisme et affirmer la liberté absolu de l'humain, est d'une navrante puérilité.

Entre ces deux extrêmes aussi débiles l'une que l'autre, le réalisme impose un déterminisme relatif qui dit simplement que le spectre des possibles existe (dans les limites de la téléologie globale du Réel), mais qu'il est plus ou moins étroit selon la compréhension et l'assomption que l'on construit, de la logicité du Réel.

Si le marin refuse les vents et les marées et les courants, et se bat contre eux, son navire sera brisé ; s'il les assume tous et en utilise les énergies avec intelligence, il ira presqu'où il veut s'il a la patience et la volonté qu'il faut.

 

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Le déterminisme extérieur et la détermination intérieure en arrivent, parfois, à s'annuler mutuellement. Là commence la vraie liberté.

L'idée centrale n'est pas de refuser ou de combattre les déterminismes extérieurs, mais de les accepter et de les assumer (c'est cela l'Amor fati) pour les utiliser comme carburants afin d'alimenter la Vie.

 

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Le nihilisme est la négation radicale de toute forme de Sacré.

Si rien n'est Sacré, rien ne vaut quoique ce soit : tout est soit équivalent (indifférencialisme : "rien ne vaut"), soit indifférent (indifférentisme : tout se vaut").

Le 20ème siècle a été le siècle nihiliste par excellence.

Il convient de refonder la sacralité.

Qu'est-ce qui sera "sacré" demain ? Le Réel et, avec lui, la Matière, la Vie et l'Esprit sous toutes leurs formes …

Et, à l'inverse, qu'est-ce qui est déjà diabolique ? Les idéologies, les religions, les idéalismes, les idéaux, le refus de l'écosystémie et de l'écologie réelles, l'ignorance, la bêtise, l'opinion, la démagogie, les "médias sociaux", la médiocratie, la tyrannie des masses incultes, etc …

 

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Les inaptes à la survie et la bonne vie sont condamnés, par la Nature même et par nature, à disparaître. Toute pitié ou compassion est contre-nature.

Seule la Vie globale, cosmique et ascendante compte ; les vies individuelles ne comptent pas lorsqu'elles disparaissent naturellement.

La pitié chrétienne et la compassion bouddhiste sont du même tonneau : des refus de la loi naturelle et des exaltations d'une morale idéale qui tue la Vie pour sauver des riens.

La Vie globale et cosmique prévaut, doit prévaloir, sur les vies individuelles. C'est en cela que tous les humanismes, tous les humanitarismes, tous les anthropocentrismes sont proprement contre-productifs.

 

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Le 29/07/2021

 

De Michel Onfray à propos de Samuel Huntington :

 

"Huntington analyse les causes de la violence musulmane. Il en voit l'origine dans les textes de l'islam, qui invitent à la conquête par le glaive, dans la vie de Mahomet, qui fut celle d'un guerrier, dans l'éloge des vertus viriles et belliqueuses, dans le Coran. Ces mêmes textes ne laissent aucune place à la non-violence en même temps qu'ils invitent à faire la guerre aux infidèles."

 

Ô combien vrai !!! L'islamophobie est un devoir.

 

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Je ne comprendrai jamais comment l'on a pu faire d'un crétin mondain et acariâtre comme Voltaire, un "philosophe" des Lumières.

Cela dit, les Rousseau, Diderot, d'Holbach, Helvétius et autres ne valent guère mieux !

Seul Montesquieu sort du lot.

 

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La préoccupation primordiale des "Lumières" était le "progrès social" … mais qu'est-ce que le "progrès social ? On se le demande toujours presque trois siècles plus tard.

On peut parler de progrès technique, de progrès économique, de progrès médical, de progrès scientifique, … mais pas de progrès social !

Pourquoi ? Parce que l'adjectif "social" ne veut strictement rien dire et peut donc servir à dire n'importe quoi.

 

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Toutes ces discussions, exacerbées par Kant, entre objectivité et subjectivité de la connaissance sont aujourd'hui obsolètes. L'objectivité absolue est clairement hors d'atteinte, mais elle est très fortement approchée du fait des méthodologies serrées mises en œuvre par les scientifiques.

Bien sûr les capacités de perception et de conceptualisation des humains sont limitées mais, d'une part, la technologie les amplifie incroyablement et, d'autre part, la multiplicité des points de vue permet, par recoupements, de gommer la plupart des subjectivités.

 

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Quand on parle du monde réel, il faut faire attention de ne pas confondre (comme le fait trop souvent Nietzsche) l'idée d'une "manifestation" du Réel et celle d'une "apparence" ou d'un "reflet" d'un monde autre ou d'un arrière-monde.

Le Réel est Un, et tous les phénomènes le manifestent comme les vagues, à sa surface, manifestent l'océan dont elles font partie intégrante.

Et, au travers d'une multiplicité de points de vue, l'étude des vagues, de leurs formes, de leurs mouvements, de leurs structures, de leur source … permet, progressivement, de comprendre l'océan et sa logicité.

Mais pour que cette démarche cognitive ait une chance d'aboutir, il faut postuler une telle logicité et, par suite, avoir foi en l'idée que le Réel est cohérent dans toutes ses dimensions (y compris l'espace et le temps – cette cohérence dans le temps implique l'idée d'une intention évolutionnaire qui, précisément, rend toutes les évolutions, globale et locales, cohérentes).

 

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L'intelligence et la connaissance humaines sont nées au service de la survie humaine. Certes. Mais cette survie n'est qu'une des facettes de l'intention cosmique et est donc en totale cohérence avec elle.

L'intelligence et la connaissance humaines, si elles sont sérieuses, doivent donc nécessairement être en phase avec l'Esprit cosmique qu'elles manifestent, et tendent donc, naturellement, à une véridicité de bonne qualité.

 

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Apprendre à vivre bien, c'est apprendre à vivre en bonne cohérence avec la Vie.

En se créant une vie "hors sol", notamment dans les villes, l'humain à désappris à vivre bien, d'où l'avalanche de névroses et psychoses citadines.

 

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Nietzsche est un prophète, un artiste, un poète et un musicien ; il n'est pas vraiment un philosophe au sens technique du terme, et il n'est pas du tout scientifique (il ne connaît manifestement rien ni aux sciences, ni à la philosophie des sciences, ni à l'épistémologie) ; seulement quelques vagues notions scientifiques ne l'atteignent que par "ouï-dire", très indirectement.

Et c'est bien dommage …

 

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Michel Onfray a voulu créer un "nietzschéisme de gauche" en partant d'un "socialisme non égalitariste".

Que voilà deux splendides oxymores des plus comiques et ridicules que dénonce, fort heureusement, Raphaël Enthoven !

Et tout cela pour voir Onfray, ensuite, s'enliser dans un populisme anti-européen et franchouillard de la pire espèce.

Pauvre Michel ; nous ne sommes plus amis depuis des années, j'espère que tu comprends pourquoi …

Heureusement, il te reste assez de lucidité pour dénoncer vigoureusement les envahissements islamistes.

 

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L'optimisme s'incarne, paraît-il, dans la théodicée de Leibniz : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles".

Ce n'est pas de l'optimisme car, reformulé en termes d'aujourd'hui, cela donne le principe d'optimalité de l'évolution cosmique. Cela ne signifie nullement qu'il n'y ait ni malheur, ni souffrance, ni douleur, ni tristesse ; cela signifie seulement que toute autre évolution eût été globalement pire.

Voltaire, bien entendu, comme dans tout le reste, n'y a rien compris et s'est, une fois de plus, ridiculisé en tentant, dans son "Candide", de ridiculiser un Leibniz vulgairement déguisé en Pangloss.

Le pessimisme d'un Schopenhauer est de la même veine.

Les notion d'optimisme et de pessimisme sont totalement vides de sens. Ce qu'il faut, c'est de la lucidité !

 

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Selon Nietzsche, la vertu première d'un "esprit libre" est la "probité".

Esprit libre : pensée libérée des carcans idéalistes …

Probité : esprit de justesse …

 

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Idéalisme : croyance en l'existence d'un mieux que le Réel.

 

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Pourquoi, comme Nietzsche, toujours vouloir opposer l'Intelligence (la quête de rationalité, de logicité, d'ordre, d'organisation, de tri, de créativité, …) et la Sensibilité (l'attention aux phénomènes, aux événements, aux structures, aux sensations, aux intuitions, …) ?

L'une sans l'autre est stérile.

Toute la pensée est une incessante dialogique entre elles deux dont les fruits, c'est-à-dire les idées, sont les émergences.

L'empirisme phénoménologique et le théorétisme logico-mathématique ne peuvent rien l'un sans l'autre.

 

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Le Réel est rationnel (Hegel) et sensationnel (Leibniz).

 

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Saül de Tarse, dit Paul : l'immense pouvoir de l'imposture la plus abjecte.

 

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Le 30/07/2021

 

Que se cache-t-il derrière cette notion de "progrès social" si chère aux philosophistes du 18ème siècle ?

Des choses comme : justice sociale, social-démocratie, solidarité sociale, aide sociale, travailleur social, assistance sociale, sécurité sociale, etc …

Bref : la transformation artificielle, sous l'égide de l'Etat, des répartitions naturelles de ce que les gens ont, de ce que les gens sont et de ce que les gens font.

Et, en général, ceux qui sont plus, font plus et ont plus …

Donc, derrière le "progrès social", se cache en fait un seul mot, une seule idéologie, une seule infâmie : l'égalitarisme.

 

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Le perspectivisme – surtout nietzschéen – est une forme de relativisme qui affirme que toute perception et toute conception sont inféodées à un point de vue particulier à une intention particulière. Il ne peut donc exister ni vérité, ni objectivité, ni connaissance, ni science, etc …

On ne voit que ce que l'on veut regarder. On n'entend que ce que l'on veut écouter. On ne découvre que ce que l'on veut chercher. Etc …

C'est probablement assez vrai dans la vie quotidienne des gens qui ne sont pas des "chercheurs" et qui passent à côté de tout ce qui ne les concerne pas ou peu.

C'est aussi faire fi de toute sérendipité.

C'est surtout oublier les processus de recoupement : plus le nombre des "points de vue" est grand, plus le recoupement de ceux-ci permet de d'approcher, au plus près, de la réalité qui est au centre de tous ces regards différents et différemment motivés.

C'est cette confrontation et ce recoupement des points de vue différents et différemment motivés, complétée par les effets de sérendipité et de curiosité détachée, qui fonde la méthodologie scientifique et qui doit être complétée par la confirmation et la validation expérimentales des conséquences déduites de la modélisation commune tirée de la confrontation des points de vue.

Le point de vue de Nietzsche est tout faux parce qu'il s'enferme dans la perspective personnelle d'un artiste solitaire, et non dans la confrontation d'une multitude d'avis scientifiques.

 

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La vérité objective apparaît peu à peu (sans jamais être atteinte à 100%) au fur et à mesure que l'on élimine tout ce qui est faux (non validé, non reproductible), subjectif, biaisé, etc …

La pépite est sous la gangue !

 

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Le perspectivisme n'est qu'une perspective particulière.

Ouroboros

On y tourne en rond en oubliant d'aller directement au centre : le Réel existe réellement, il est totalement cohérent, nous en faisons partie intégrante et nous le portons donc directement en nous.

 

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Il faut distinguer la connaissance (objective) du sens et l'évaluation (subjective) de la valeur.

Ce n'est pas ce qui fait sens (subjectif) qui a de la valeur (subjective).

C'est ce qui va dans le bon sens (objectif) qui prend de la valeur (morale).

 

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L'ascèse (du grec Askêsis) est une discipline, une discipline de vie.

La pratique ascétique est un culte de l'ordre, de la rigueur, de l'essentiel, du cosmique, du téléologique, de l'axiologique, de l'éthique, du systémique, etc …, qui se place tout à l'opposé de la pratique artistique.

Il n'est donc pas étonnant que Nietzsche soit révulsé par cet ascétisme qui est le mien.

 

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La rigueur …

La rigueur est un concept-clé qui implique, à la fois, profondeur, sérieux, logicité, cohérence, exactitude, inémotivité, froideur, précision, véridicité, véracité, vérité, régularité, sincérité, sévérité, austérité, insensibilité, netteté, …

Oui, la rigueur implique, à doses variables, un peu de tout cela (définition en extension), mais ce concept est infiniment difficile à définir en compréhension …

 

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Le pessimisme, au fond, chez Schopenhauer entre autres, mais aussi chez Nietzsche, implique une hypothèse forte : rien n'a ni sens ni valeur.

Donc, n'a de valeur que ce qui a du sens ; et n'a de sens que ce qui va dans le bon sens (celui de la téléologie cosmique, celui de l'accomplissement en plénitude que Nietzsche appelle la "volonté de puissance").

Et si rien n'a ni sens ni valeur, tout se vaut et rien ne vaut.

Ainsi le pessimisme aboutit au nihilisme selon ses deux modalités de l'indifférentisme et de l'indifférencialisme.

Pour sortir de son impasse métaphysique, Nietzsche tente alors de dissocier sens et valeur. Rien n'a de sens, mais il existe de la valeur et la quête de cette valeur permet de sortir de la spirale du nihilisme que Nietzsche prédit, mais combat.

Mais pourquoi cette obstination à nier tout sens ? Parce que, s'il y a du sens, Dieu n'est pas mort !

Et comment pourrait-il y avoir de la valeur dans un monde où rien n'aurait de sens ? Nietzsche répond que chacun doit être sa propre valeur par l'affirmation de soi et de sa propre "volonté de puissance". Ainsi, Nietzsche cultive le pessimisme (rien n'a de sens) en croyant éviter le nihilisme (rien n'a de valeur).

C'est une entourloupe car, évidemment, ce qui n'a aucun sens ne pourrait avoir de valeur.

Il n'y a pas de "comment" qui vaille, sans un "pour quoi" sensé.

 

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La sensibilité doit quitter la boue des émotions pour s'élever vers la sublimité.

 

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Le mot "peuple" a deux sens.

Le premier, seul légitime, désigne le plèbe, la masse, la populace en opposition à l'élite et à l'aristocratie.

Le second, dévoyé, a été détourné par les Etats pour désigner l'ensemble de tous les gens censés vivre sous leur férule.

D'où l'ambigüité des actuelles mouvances populistes (ou islamistes, ce qui revient au même) qui sont, en même temps, populaires et nationalistes, donc, à la fois, anti-élitaires et xénophobes (donc antisémites).

 

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La noblesse (au sens du gotha) est une curiosité artificielle et généalogique.

L'élite cherche à détenir un pouvoir (économique, politique ou noétique).

L'aristocratie fait autorité (un aristocrate, au sens étymologique, appartient aux meilleurs dans son domaine).

Il est extrêmement dommageable que ces trois concepts ait été à ce point confondus et amalgamés.

Face au "peuple" qui les confond, l'élite et l'aristocratie s'opposent.

L'élite dirige. L'aristocratie guide.

 

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Le peuple tire vers le bas.

L'aristocratie tire vers le haut.

 

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La philosophie est un concept fourre-tout dans lequel on entasse toutes les réflexions, conjectures et méditations qui n'entre pas dans le cadre strict et rigoureux de la science (au sens physicaliste du terme).

Parmi tout ce fatras hétéroclite, ne ressortent que trois disciplines réellement philosophiques (au sens de l'amour de la sagesse).

La première est la métaphysique (y compris la spiritualité qui est une des méthodes métaphysiques) qui part à la recherche des fondements du Réel afin de formuler les postulats les meilleurs, les plus crédibles, les plus simples et les plus fertiles pour fonder les sciences.

La deuxième est l'épistémologie qui s'interroge sur la fiabilité des produits de la pensée humaine.

La troisième est l'éthique qui cherche à définir les règles éthologiques nécessaires à l'humain pour vivre convenablement dans le Réel dont il est partie intégrante et qui est structuré, dans toutes ses dimensions, par une logicité universelle (qui est l'objet de la cosmologie).

Tout le reste (y compris les "sciences humaines") n'est que conjectures qui ne sont ni de la philosophie, ni de la science.

 

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Toute l'œuvre philosophique de Nietzsche se ramène, au fond, à une vaste "défense et illustration de la mort de Dieu" (plus au sens antithéiste qu'au sens athée).

 

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Donner de la valeur au Réel, c'est-à-dire à la Matière, à la Vie et à l'Esprit : voilà l'urgence première de la philosophie !

 

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La Connaissance (c'est-à-dire la philosophie et la science) n'est pas un objet, mais un processus accumulatif dont l'attracteur est la Vérité et dont l'axiologie repose sur des notions comme la simplicité, la fiabilité, la cohérence, la vérifiabilité, etc …

 

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Tout processus est à la fois accumulatif (il rassemble le bienfaisant) et épuratif (il élimine le nocif) …

 

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La seule façon féconde de représenter un Réel cohérent, est de construire un système, global et total, d'égale cohérent (un modèle complexe, cohérent et systémique).

Toute métaphysique ou philosophie "anti-systémique" (comme Heidegger) est un non-sens.

 

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Le Réel est un processus.

Tout y est processuel.

Il ne peut donc y avoir de philosophie et de science que processuel.

Et un processus, quel qu'il soit, c'est une généalogie (accumulative et épurative), une téléologie (sélective et élective) et une méthodologie (dialogique et axiologique).

 

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La science, fort heureusement, a guéri de sa crise positiviste et scientiste ; elle doit, à présent, guérir de sa fièvre mathématique.

 

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Interpréter le Réel (métaphysique) et évaluer l'humain (éthique et épistémologie) par rapport à ce Réel : telles sont les tâches de la philosophie.

 

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J'appelle, désormais, "philoscience" la dialogique permanente entre le philosophie (métaphysique, épistémologie et éthique) et la science (au sens physicaliste), c'est-à-dire le socle fondamental et unique de toute connaissance.

 

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Le Réel est vivant.

Le présent est l'épiderme du Réel.

Le passé est sa chair.

Le futur, son âme.

L'esprit, son moteur.

 

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Toute "chose" ne prend valeur que par sa généalogie et sens que par sa téléologie.

 

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31/07/2021

 

En réduisant la science à son seul versant analytique et quantitatif (versant largement dominant, je le concède volontiers, jusque vers 1950, avant que n'émergent les sciences de la complexité), c'est un peu comme si on réduisait une œuvre musicale aux seules fréquences sonores des notes et harmoniques qui s'égrènent au fil du temps.

Cette œuvre musicale a aussi une structure, une logicité, un sens globaux et holistiques. Le Réel aussi ! Et c'est la mission de la cosmologie de construire cette vision holistique aux confins de la métaphysique et de la spiritualité.

Encore et toujours, nous retrouvons, ici, la bipolarité entre le "comment" (les fréquences sonores) et le "pour quoi" (l'intention, l'architecture et la dynamique globales de l'œuvre).

Nietzsche ne voit la science que sous ses aspects analytiques et quantitatifs ; il avait raison à la fin du 19ème siècle ; il aurait tort aujourd'hui.

 

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La probité intellectuelle …

La première vertu primordiale du philosophe et du chercheur de vérité, selon Nietzsche.

Mais qu'est-ce que ce mot "probité" veut bien dire ?

Les mots y associés sont : honnêteté, rigueur, objectivité, positivité, justesse, sérieux, sens critique, exactitude, véridicité, intégrité, droiture, loyauté, …

On retrouve, en fait, quasi les mêmes analogues qu'avec le difficile concept de "rigueur" …

Au fond, tant pour la "rigueur" que pour la "probité", c'est d'éthique intellectuelle que l'on parle : une manière de penser qui contribue positivement au processus de construction de la Connaissance véridique, c'est-à-dire de l'accomplissement de l'Esprit, en parfaite cohérence avec tout le reste qui compose le Réel.

La probité comme la rigueur vise le respect inconditionnel et irréfragable de cette cohérence intrinsèque et immanente de tout ce qui existe et du Tout qui existe et manifeste le Réel.

En somme, il s'agit de ne pas tricher .. ni avec le Réel en soi, ni avec le Réel autour de soi.

 

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Le programme nietzschéen …

D'abord se surpasser soi-même, intérieurement, et devenir surhumain.

Ensuite, rassembler les surhumanisés en une communauté aristocratique.

Enfin, lui laisser guider l'humanité sur la voie de son accomplissement.

 

Ce programme repose sur trois piliers :

 

  • L'humain doit être surpassé.
  • Ce surpassement est possible.
  • L'humain actuel est sous-développé.

 

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La philoscience doit se mettre au seul service de l'avenir c'est-à-dire de l'accomplissement progressif du Réel (Matière, Vie, Esprit) au travers de cette petite partie de l'humanité qui en est capable.

 

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L'Humanité est composée d'une petite caste aristocratique (une aristocratie de l'Esprit) et de masses plébéiennes (adeptes forcenées du "panem et circenses").

En somme : une petite locomotive qui tire des myriades de wagons …

Encore faut-il qu'elle tire dans le bon sens, vers la bonne destination …

C'est la mission de la philoscience d'affirmer quel est ce sens et quelle est cette destination : encore et toujours l'accomplissement du Réel par l'accomplissement de la Matière de la Vie et de l'Esprit.

C'est donc la mission de la philoscience de concevoir et de fabriquer les outils nécessaires sur le chantier de ces accomplissements.

 

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Nietzsche est le penseur de l'après-christianité.

 

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Selon Nietzsche, les philosophes de l'avenir sont des esprits libres qui cultivent les vertus intellectuelles surhumaines : le courage, la probité, le sens généalogique et téléologique, la surhumanité, l'antidogmatisme, l'antihumanisme, l'antidémocratisme, le "gai savoir", la vitalité, la créativité, la "haute santé", l'aristocratisme, …

 

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Dépasser l'humain et devenir surhumain, c'est regarder et voir le Réel avec les yeux de ce Dieu qui est l'Âme et l'Esprit – immanents - du Réel qui est Tout-Un.

 

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Nietzsche avait parfaitement compris, bien avant l'heure, cette bipolarité eidétique, fondatrice du Cosmos, qui oppose l'entropie (la force de délitement, de décomposition, d'affaiblissement, de dilution, d'uniformisation, d'intégration, d'homogénéité, etc …) et la néguentropie (la force d'émergence, de créativité, de vitalité, de complexification, d'individuation, d'hétérogénéité, etc …).

Peut-être sa symbolique et mythique dualité entre Apollon (le "lisse") et Dionysos (la "vitalité") peut-elle être rapprochée de cette bipolarité thermodynamique …

Quoi qu'il en soit, Nietzsche ne pouvait pas voir les deux autres bipolarités fondatrices de l'évolution du Réel (celle entre généalogie et téléologie, et celle entre concentration locale et expansion globale).

Cela explique sans doute son obsession de tout ramener à la seule bipolarité qu'il pouvait connaître : "volonté de puissance" (néguentropie) et "tropisme de décadence" (entropie).

 

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Le christianisme (et plus généralement, l'idéalisme, et plus spécifiquement, le socialisme) est une maladie mentale de dénigrement des forces de vie, des forces néguentropiques, des forces constructives à l'œuvre dans le Réel.

Tout "'autre monde" qu'il soit "parallèle" ou "à venir" n'est que l'expression mythique et fantasmagorique d'une haine du seul Réel qui soit et qui sera.

 

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Il ne s'agit pas de changer le monde ; il s'agit de l'accomplir.

 

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Anaxagore, par son idée du Noûs qui fait passer le monde du Chaos au Kosmos, est sans doute un des plus actuels parmi les présocratiques.

Mais Héraclite le dépasse de plusieurs têtes.

 

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Il faut cesser de confondre "métaphysique" et "ontologie".

L'ontologie est l'étude de l'Être (en tant qu'Être, ajoute Aristote) ; cette étude est vaine puisqu'il n'y a pas d'Être et que tout est Devenir (Héraclite a enfin eu la peau de Parménide).

La métaphysique, en revanche, est l'étude des principes fondateurs de la réalité du Réel-en-Devenir.

 

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L'intemporalité est un mauvais départ : le temps n'est que la mesure des évolution ; or tout est en évolution donc tout est temporel.

En revanche, toute évolution est construite sur des logicités invariantes c'est-à-dire sur des principes immatériels qui n'évoluent pas ou peu, ou très lentement.

Ce sont ces principes d'invariance architectonique que j'avait appelés, à tort, l'intemporel. Ce sont eux que cherche à formaliser la cosmologie.

 

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Récursivité : le vice sans fin …

Les invariants cosmiques aujourd'hui connus sont-ils absolus ou relatifs ?

S'ils sont absolus : pour-quoi ceux-ci et pas d'autres ?

S'ils sont relatifs, ils évoluent … mais selon quelles règles ?

Il n'y a pas de règles : alors le hasard triomphe ce qui nie le principe de cohérence pourtant largement confirmé par l'expérience.

Il y a donc des règles : mais sont-elles invariantes ou variables ?

Si elles sont invariantes : pour-quoi celles-là ?

Si elles sont variables, selon quelles métarègles évoluent-elles ?

Ad libitum …

Même l'intention primordiale ne semble pas permettre de sortir du cercle vicieux car, en effet, cette intention est-elle invariante ou variable … etc …

Donc, si l'on veut sortir de ces cercles vicieux, il faut poser l'intention d'accomplissement comme un invariant absolu et esquiver la question du "pour-quoi cet invariant-là ?" en affirmant que l'intention de l'accomplissement de soi est la seule intention qui soit tautologique et autosuffisante.

L'intention de l'accomplissement de soi est la seule intention auto-consistante.

Ne peut être absolument invariant qu'un principe qui boucle infiniment sur lui-même.

 

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Il n'y a de généalogie que s'il y a téléologie.

Il n'y a "histoire" que s'il y a "intention".

Il n'y a "patrimoine" que s'il y a "projet".

Etc …

 

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L'histoire humaine est un processus complexe comme les autres, soumis à la même logicité de dissipation optimale des tensions entre les trois bipolarités universelles, avec, en conséquence, des périodicités notamment civilisationnelles et paradigmatiques, des bifurcations régulières et, donc, des périodes de fortes chaoticité, elles aussi régulières.

IL est temps que les humains comprennent et acceptent que leur monde ne fait en rien exception aux autres mondes qui font le Réel.

Ce fut l'immense tort que causa la christianité à l'humanité, de lui faire et laisser croire qu'elle était exceptionnelle, hors normes et hors lois.

Répétons-le : l'humanité est un processus comme les autres, au service du même accomplissement global du Réel.

 

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L'humain est le seul animal qui se croit exceptionnel.

 

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L'histoire n'est jamais ni mécaniciste, ni déterministe ; mais cela n'empêche nullement l'histoire d'avoir une logicité intrinsèque qui élimine, d'emblée, un grand nombre de scénarii imaginaires, mais incohérents avec ladite logicité.

 

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L'histoire d'un processus quelconque (humanité comprise) est une dialogique entre accumulation et épuration.

 

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L'avenir n'est jamais écrit, mais le nombre d'avenirs possibles est limité.

 

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Nouveau : depuis ce 1/06/2021 : Le Tome 25 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).