Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"La pluie ne mouille pas les poissons" (M.H.)

Je suis un chercheur pratique. Il me faut comprendre pour pouvoir bâtir, agir en conséquence, faire les choses avec sens. J'étudie donc, tout le temps et quel plaisir ! J'expérimente. Je formalise des méthodes. Et lorsque le bon mot est prêt, lorsque la bonne formule est au point, lorsque vous êtes prêt à aller de l'avant, je fais un bout de chemin avec vous ... Marc.

Journal philosophie et spirituel

Actualité - De l'Etre au Devenir - Janvier 2024

Les pensées et réflexions quotidiennes du philosophe Marc Halévy sont partagées tous les mois en ligne, et puis éditée en ligne sous forme de recueil (disponible gratuitement).

Le 01/01/2024

De mon ami Roger-Pol Droit :

"Il n'y a jamais, en Inde, d'espace intégralement « laïque » au sens où la France l'entend. Tout est « religieux »."

"Religieux" au sens d'imprégné d'une spiritualité au quotidien, d'une spiritualisation de chaque instant, de chaque geste, de chaque parole, de chaque regard …

Et il continue :

"Ce que les Occidentaux ont baptisé « hindouisme » au XIXe siècle – 80 % de la population indienne s'en réclame actuellement – est une entité bigarrée, où plusieurs écoles coexistent et parfois rivalisent. Toutes prennent leurs racines dans la « trinité » (Trimurti, « trois formes ») constituée de Brahma, Vishnou et Shiva. Schématiquement : Brahma crée les mondes successifs, Vishnou les pacifie et les maintient en équilibre, Shiva contribue à les détruire en y accentuant les conflits. Ces attitudes distinctes, et cent autres courants, partagent une même vision fondatrice, issue des Veda."

C'est cette ternarité (Matière, Esprit, Vie ou Corporalité, Logicité, Constructivité) que la cosmologie nouvelle a redécouverte sous forme scientifique et non plus mythique.

Je m'insurge cependant sur cette image très répandue d'un Shiva "destructeur". L'adjectif adéquat serait plutôt lié à une volonté permanente de sortir des sentiers battus, à une insatisfaction constante et à un désir omniprésent de faire mieux ou plus, de créer, d'innover, de tout remettre en cause perpétuellement, de ne jamais se contenter de ce qui est et de vouloir toujours aller plus loin dans l'accomplissement de ce qui existe.

Et toujours de Roger-Pol :

"Aujourd'hui, elle doit échapper au risque qui la guette : devenir rigide et close. Car une interprétation xénophobe de l'hindouisme, islamophobe et antichrétienne, gagne en influence. Inventée par le penseur nationaliste Veer Savarkar (1883-1966), la notion d'hindutva (terme pseudo-sanskrit pour « hindouité ») travaille à rendre la spiritualité indienne dominatrice et excluante. Ce qu'elle n'est pas."

Oui, aujourd'hui, les infinies fluidités et souplesses hindoues se rigidifient mais il y a à cela deux causes majeures : la rigidité britannique et l'intolérance islamique (aidées par la faiblesse "pacifiste" de ce pitre de Ghandi).

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On peut parler d'inclusivisme dès lors que l'on comprend que toutes les traditions religieuses authentiques et sincères (je ne parle pas des idéologies religieuses, profanes ou pas) ne sont que de expressions, particulières à une langue, à une histoire, à une culture données, d'une seule et même tradition spirituelle fondatrice et unique ! le panenthéisme.

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Le plus grand obstacle à l'atteinte de la Joie absolue, est l'illusion de l'existence d'un "moi" individuel qui serait séparé du reste du Réel, qui aurait une vie propre et qui devrait lutter contre l'angoisse de sa propre mort.

Il faut sortir de la fausse dialectique entre la vague et l'océan ; il n'y a que l'océan.

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Selon la tradition hindoue, l'homme poursuit quatre buts, reformulés avec mes propres mots : la Joie, la Prospérité, la Paix et la Délivrance.

Ce dernier terme de "délivrance" pointe la libération de toutes les illusions humaines et l'Alliance absolue et unitive avec le Réel du Divin.

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De Jean d'Ormesson :

"Dieu tire le monde de rien – c'est-à-dire de lui-même

où le tout et le rein sont à jamais confondus."

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L'intemporalité engendre l'espace, le temps et la loi pour que ce qu'elle engendre puisse y évoluer afin de l'accomplir.

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L'intemporalité engendre l'éternité sans qu'il ne puisse y avoir ni un "avant", ni un "après" absolus de quoi que ce soit. Les avants et les après ne sont que relatifs et ne concernent que les événements existentiels.

Le temps n'est pas une réalité en soi (ni l'espace d'ailleurs) ; il n'est qu'une mesure des durée (et des volumes) d'une évolution particulière par rapport à d'autres évolutions particulières.

Le temps et l'espace, comme la forme, ne concernent que les vagues, mais non l'océan.

 

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Au fond et au centre du Réel, il existe une intention qui se manifeste dans tout ce qui existe et lui donne sens et valeur.

Cette intention est celle de l'accomplissement en plénitude de tous les possibles optimaux. Et les chemins de cet accomplissement sont multiples, tiraillés partout par des bipolarités qui exigent des choix et des renoncements, et provoquent des douleurs et des souffrances, des plaisirs et des joies.

Le Réel est un processus en construction en vue de sa propre plénitude qui ne sera jamais atteinte ; et tout ce qui existe, pour exister vraiment, doit se mettre au service de cet accomplissement cosmique et divin.

Mais il faut toujours bien comprendre que le Réel ne cherche pas à atteindre un but (finalisme), mais qu'il est porté par un désir d'accomplissement (intentionnalisme).

 

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Le Réel est un mystère, dit-on (et mon ami Edgar Morin en a fait sa religion, lui l'athée agnostique).

Je n'en crois rien. L'esprit humain est une manifestation consubstantielle de l'Esprit divin cosmique. Notre pensée est totalement, radicalement, absolument et clairement la sienne.

Il n'y a pas là de "mystère" ; il y a là de la bêtise nombrilique.

Ce qui empoisonne les humains, c'est de n'être pas des "êtres en soi" mais seulement des manifestations superficielles du Réel en devenir.

 

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Le Réel est beaucoup plus géométrique qu'arithmétique ; il est bien plus "forme" que "quantité".

En confondant les deux, Descartes a fait la plus terrible et dommageable erreur de l'histoire des sciences. Seule la géométrie la plus élémentaire est réductible à des fonctions algébriques ; le Réel complexe, lui, ne l'est que très rarement.

 

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La représentation adéquate du Réel nécessite le recours à un espace des représentations incluant quatre domaines complémentaires et interagissants : le domaine topologique (celui de l'espace-temps, de la pondéralité et de la volumétrie), le domaine téléologique (celui de l'intention, des tensions intrinsèques, des incomplétudes et des bipolarités), le domaine eidétique (celui des formes, des règles, des lois et des logicités) et domaine dynamique (celui de la construction permanente, de la vie, de l'accomplissement et de l'optimalité).

La science classique depuis Descartes, a tout voulu réduire au seul domaine topologique. Depuis quelques décennies, la science se libère de ce réductionnisme puéril.

 

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Le 02/01/2024

 

Jean d'Ormesson écrit ceci : "Appuyée sur les nombres qui constituent à la fois la matière de ses investigations et son instrument de travail, la science, sous noms divers, déchiffre l'univers dans l'espace et le temps."

Cette définition de la science était une de celle que l'on aurait pu donner à la fin du 19ème siècle. Depuis la fin du 20ème siècle elle n'est plus du tout adéquate.

La science est le déploiement, dans tous les domaines d'un noyau central appelé la cosmologie (littéralement, selon les racines grecques : "l'étude de l'ordre et de l'harmonie du Réel"). Et comme toute étude, elle utilise des langages, les plus fins et précis possibles, pour traduire, de façon compréhensible par d'autres humains (une infime minorité) les faits que l'on observe, les intuitions que l'on en a, les méthodes que l'on y applique et les modèles que l'on en construit. Cette étude ne peut être qualifiée de scientifique que si les conséquences et résultats  des modèles que l'on en construit (et qui ne doivent pas être nécessairement quantitatifs), sont dûment corroborés par les observations précises et minutieuses que l'on ira en observer.

Dans tous les autres cas, on n'a pas affaire à de la science, mais à des conjectures, c'est-à-dire des croyances ou des conjectures.

 

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Depuis longtemps (surtout depuis Galilée et Newton), l'espace (je parle de l'espace physique à trois dimensions rigides et fixes) est considéré comme un contenant absolu, indépendant de ce qu'il contient.

Pour contrer cette idée fausse, il faut se rappeler de la dialectique de la carte et du territoire : la carte est un espace de représentation, purement humaine et conventionnelle, dont le nombre de dimensions est bien moindre que le monde réel,  qui sert à donner une image simplifiée et lisible – mais utile dans certains cas - d'une réalité qui la dépasse infiniment.

L'espace ne contient rien ; il permet seulement de mesurer des distances quantifiables entre des phénomènes qui ne lui appartiennent pas.

L'espace est un artefact servant à mesurer - donc à quantifier – des distances et des volumes à propos de vagues mouvantes et évanescentes à la surface d'un océan vivant, unique, unitaire et unitif.

L'espace dit géométrique fut une invention (géniale mais fausse) permettant de représenter et de modéliser un univers mécaniciste considéré comme un assemblage de briques élémentaires, interagissant (dans l'espace et le temps) selon des forces élémentaires, selon des lois élémentaires (donc mathématiques).

Cette vision, quelque utile ait-elle pu être, est aujourd'hui totalement dépassée.

 

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Le temps, lui non plus, n'est pas une réalité du Réel mais seulement un moyen de mesurer des durées relatives entre diverses évolutions au sein du Réel.

Le Réel n'évolue pas dans le temps, mais le temps permet de mesurer certaines évolutions dans le Réel.

Bergson avait parfaitement compris la différence essentielle qui existe entre le "temps" mécanique et artificiel des horloges, et la durée réelle des processus réels dans le Réel.

Un temps se mesure.

Une durée se vit.

 

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L'obsession du temps (et de sa gestion optimale tant pour le travail que pour le loisir, tant pour le nécessaire que pour le superflu, tant pour la peine que pour le plaisir) ne fait que trahir, sans le dire, l'obsession de la mort personnelle (et explique cette obsession de la vie éternelle sous de multiples formes, cette chimère au fondement de tant de croyances religieuses).

 

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C'est au Divin-Réel-Un qu'il faut se confier (Foi) et non aux dieux, aux démons ou aux messies qu'il faut croire (croyances).

 

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Être comme moi "incroyant" ne signifie nullement être "athée" car être athée est une croyance idiote comme les autres qui consiste à croire que le Réel n'a aucun sens (dans tous les sens de ce mot) et n'est que le jouet du hasard.

 

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Le temps ne passe pas. Le temps s'accumule.

La mémoire cosmique s'empile, instant après instant, couche après couche comme le bois d'un arbre sous le cambium qui prolifère.

De là vient la notion thermodynamique d'irréversibilité de tout ce qui évolue … en bénéfique comme en maléfique, en joie comme en souffrance, en bon comme en mauvais, etc … Rien n'est réversible, mais tout est réparable et accomplissable.

 

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Tout ce que les humains voient, touchent, entendent, goûtent et sentent appartient au sous-monde de la Matière, mais ce monde de la Matière n'est qu'une infime partie du Réel dont une partie seulement est indirectement accessible aux sens humains, par "effets induits".

La Matière est une émergence récente de la substance cosmique (c'est cette émergence de la Matière que l'on appelle le "big-bang"). La Matière est une fabrication des îlots galactiques qui ne constituent qu'une infime part du Réel qui, par ailleurs, est constitué essentiellement de Prématière (que certains ont voulu appeler "énergie noire") c'est-à-dire d'activité pure.

La physique quantique tente, depuis un siècle, d'établir, par l'étude de la Protomatière intermédiaire (que d'aucuns appellent "matière noire"), le pont entre la Matière et la Prématière fondamentale et originelle.

Cette Protomatière quantique (que d'aucuns appellent "matière noire") n'obéit pas aux lois usuelles de la Matière puisqu'elle leur est antérieure, et c'est pourquoi son étude désarçonne tant ceux qui l'abordent.

 

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Je suis interrogé par un certain Christophe Ch. en ces termes :

 

"Les Trésors de la Kabbale" : questions.

 

J’ai un petit souci de compréhension sur le livre cité en titre, pages 118-123 : Le Serpent Initiateur.

 

Dieu demande à Adam de ne pas toucher à 2 arbres :

  • L’arbre de vie (planté au milieu du jardin)
  • L'arbre de la connaissance « bonne ou mauvaise » (« variation » très intéressante que je ne connaissais pas et son explication me parle)

 

La seconde partie de la page 120 explique alors comment le serpent convainc Eve de manger un fruit de l’arbre du jardin (donc l’arbre de vie), ce qui lui permettra de connaître le bien et le mal.

Donc on parle bien ici de l’arbre de vie ? Et non pas l'arbre de la connaissance alors que le vocable utilisé (« bien et mal », « ouvrir l’intelligence ») laisse à penser qu’il pourrait s’agir de ce dernier ?

 

Puis en page 121 vous revenez sur le fait que Dieu a interdit de manger le fruit de l’arbre de la connaissance.

Ce qui m’amène à 3 questions svp :

  • À la page précédente, vous indiquez que Dieu a interdit de toucher aux DEUX arbres, pas uniquement l’arbre de la connaissance. Qu’en est-il ? Eve a donc bien mangé un fruits de l’un des 2 arbres interdits.
  • Adam et Eve ont donc, si j’ai bien compris, mangé un fruit de l’arbre de vie (et pas de l’arbre de la connaissance) « ce qui leur a ouvert les yeux et ils ont découverts qu’il étaient intelligents ». Ce n’est donc pas l’arbre de la connaissance qui leur a ouvert les yeux ?
  • Et si tel est bien le cas alors à quoi « sert » ici cet arbre de la connaissance si Adam et Eve n'en ont pas mangé un fruit ?"

 Comme le disait un de mes maître, la spiritualité (donc la mystique) est l'art de bien poser les questions, alors que la religion est la technique de bien imposer les réponses.

Vous et moi sommes bien du côté de la spiritualité, manifestement … ET de ce côté-là, il n'y a pas de "bonnes" réponses … seulement des interrogations sans fin.

 

Prenons une précaution essentielle : le YHWH biblique n'est pas "Dieu", mais une manifestation particulière (liée aux enfants d'Israël) des Puissances (Elohim est un pluriel) du Divin absolu que la Kabbale appelle "Eyn-Sof" : le "sans-limite".

Il faut donc revenir aux textes (écrits en hébreu qui est une langue qui cultive la concision et la polysémie …). Que disent-ils certainement et littéralement ?

 

  • :2;9 : "Et YHWH des Elohim poussera depuis l'humus tout arbre agréable à la vue et bon pour la nourriture, et un arbre de la Vie au milieu du jardin et un arbre de la connaissance du bon et du mauvais" (c'est donc bien l'arbre de la Vie qui est au centre du jardin !).
  • :2;17 : "Et de l'arbre de la connaissance du bon et du mauvais, tu n'en mangeras pas car au jour d'en manger, de mort tu mourras" (Seul l'arbre de la connaissance du bon et du mauvais est interdit à Adam puisqu'Eve n'existe pas à ce moment ; elle ne sera engendrée qu'aux versets 22-24 de ce chapitre et l'interdiction ne s'adresse donc pas à elle).
  • :3;3 où Eve répond au Serpent : "Et du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, nourriture des Elohim, vous n'en mangerez pas (…)" (ce qui est faux puisque l'interdiction ne porte que sur le fruit de l'arbre de la connaissance du bon et du mauvais qui lui n'est pas au milieu du jardin).
  • :3;6 : Eve mange alors du fruit de l'arbre de la Vie (l'arbre du milieu du jardin et le partage avec Adam.
  • Gén.:3;7 : "Et les yeux des deux s'ouvrirent et ils virent comme ils étaient nus".
  • :3;9-13 : le quiproquo (voulu par YHWH et habilement amené par le Serpent mystagogue envoyé par YHWH) est scellé.

 

L'humain croit qu'il a absorbé la connaissance ; il n'en est rien, il a seulement appris qu'il était "nu", c'est-à-dire fragile et vulnérable,

Et puisqu'ils savent désormais qu'ils sont nus, les humains doivent être chassés de l'inconscience animale (le jardin d'Eden) pour aller affronter le vrai monde et apprendre à y relever tous leurs défis.

 

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Le 03/01/2024

 

Comme tous les systèmes et processus complexes, la biosphère n'évolue jamais de façon continue et linéaire, de façon mécaniste et déterministe (cfr. : Whitehead, Prigogine, de Rosnay, Halévy, …). Elle évolue par une succession d'effondrements des logiques "d'avant" et d'émergences des logiques "d'après" (plus complexes et imprévisibles). Effondrement et émergence sont toujours séparés par une zone chaotique où les régulations d'avant fonctionne de plus en plus mal et où les régulations d'après n'existent pas encore.

De plus, le nombre de paramètres nécessaires pour caractériser l'état réel d'un processus ou système complexe est très grand et espérer se contenter d'une dizaine est un leurre. Et c'est sans compter sur les "effets papillon" où une variation insignifiante d'un paramètre apparemment insignifiant peut provoquer des effets cataclysmiques.

A l'heure actuelle, du point de vue du processus biosphérique, nous vivons en pleine zone chaotique : les équilibres "d'avant" n'existent plus et ceux "d'après" sont encore loin d'être installés. Une seule chose est aujourd'hui certaine : la population humaine doit redescendre sous la barre des deux milliards (c'était la population en 1926) avant 2150-2200.

 

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Le Russoland, suivi de l'Islamiland et du Sinoland, est en bonne voie d'effondrement économique.

L'Indoland, lui, au contraire, est en bonne voie d'émergence économique.

L'Afroland et le Latinoland, à leur habitude, continuent de vivre d'expédients et de trafics dans un climat de corruptions et de militaro-dictatures.

L'Angloland joue toujours les caïds grâce au financiarisme, mais est en voie de dislocation gaucho-wokiste.

L'Euroland, lui, est en train de se réinventer complètement, à tâtons, sur fond d'autonomisme et sous la contrainte des totalitarismes russe, islamiste et chinois qui tentent de lui imposer leur férule.

 

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L'esprit est bien plus que le seul cerveau. L'esprit n'est pas que la pensée qui n'est qu'une de ses facultés ou fonctions.

L'esprit n'est pas une "chose", mais un processus complexe.

Il possède une corporalité substantielle et accumulative qui est sa mémoire nourrie, à la fois, par sa sensitivité (sa perception analytique du monde par ses sens) et par son intuitivité (sa perception holistique du monde par ses impressions).

Il possède une logicité  qui sont ses règles intimes de cohérence tant avec soi-même, qu'avec le monde alentour.

Il possède une intentionnalité volontaire, et parfois obsessionnelle, qui met l'esprit au service d'une vocation, d'une mission d'un projet de vie personnels.

Il possède une constructivité qui dissipe ses tensions internes par la rationalité de ses associations et par la créativité de ses inventions.

 

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L'idée la plus saugrenue et la plus grotesque jamais émise est que les "idées" puissent avoir une existence par elles-mêmes, qu'elles soient des "êtres" ayant leur propre existence éternelle dans leur propre monde idéel et idéal, avec lequel nous, les pauvres humains, pourrions entrer en contact afin de nous imprégner de leur pertinence et tenter de les imiter dans nos œuvres.

L'idéalisme platonicien – comme tous les idéalismes – est une fumisterie charlatanesque !

Nous autres, pauvres humains, nous construisons notre monde avec nos propres idées imparfaites, parfois géniales, mais le plus souvent calamiteuses.

 

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Le 04/01/2024

 

De FOG :

 

"Le patriotisme américain n'est plus de mise, saccagé qu'il est par le wokisme, maladie de l'esprit fabriquée dans les universités américaines. Là-bas comme ici, ce socialisme des imbéciles enseigne la haine de soi, de son pays, de son histoire. Ce faisant, il mobilise contre lui les classes populaires, qui n'acceptent pas que le melting-pot ne mélange plus rien ni personne. Et il sert Trump comme il sert les droites populistes sur notre continent."

 

Le wokisme est, effectivement, une grave maladie mentale, une hypertrophie ridicule d'un égalitarisme différencialiste (quel oxymore !). Et il nourrit tous les populismes de droite.

 

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La notion du "mal", face à celle du "bien", est au cœur de toute morale. Soit. Mais qu'est-ce que la "morale" dont l'étymologie indique qu'elle régule les mœurs collectives (mores en latin) ? Et quel rapport a-t-elle avec l'éthique dont l'étymologie grecque pointe l'éthos, c'est-à-dire le comportement personnel ?

Il y aurait dont un "bien" et un "mal" collectif comme il y aurait un "bien" et un "mal" personnel ?

Pourtant, il apparaît vite que la "morale" collective n'est ni la somme, ni la moyenne des "éthiques" personnelles, mais "morale" et "éthique" ont tout à voir avec la notion d'accomplissement : celui de la collectivité, d'une part, et celui de la personne, d'autre part.

Est "bien" ce qui construit ou stimule ou réalise l'accomplissement (ce qui engendre la joie). Est "mal" ce qui détruit ou empêche ou entrave cet accomplissement (ce qui engendre la souffrance).

La question est donc le rapport qu'il y a entre l'accomplissement collectif et l'accomplissement personnel. Ces deux accomplissements doivent-ils être en harmonie ou peuvent-ils être en opposition ?

S'ils sont en harmonie, c'est mieux pour tout le monde (c'est d'ailleurs cela que vise l'éducation). Mais s'ils se révèlent être en opposition, lequel devrait se sacrifier au bénéfice de l'autre ? La liberté individuelle prime-t-elle sur l'harmonie sociale ou est-ce l'inverse ? C'est là le cœur du débat sempiternel entre le libéralisme (qui ne prédétermine, ni ne prédéfinit, ni n'institue, ni ne privilégie aucun modèle d'organisation sociale plus ou moins autoritairement imposé) et les idéologismes (qui, chacun à sa manière, le font).

Selon le libéralisme, tout est-il dès lors permis à chacun ? La réponse est négative : l'autonomie de chacun doit être la plus vaste possible, mais s'arrêter réciproquement et mutuellement là où commence l'autonomie de l'autre.

 

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Pour le monde des êtres complexes, l'entropie est souffrance.

Pour le monde de l'uniformité, la néguentropie est incongrue.

 

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Je n'aime guère l'idée de "liberté" qui sous-entend l'idée d'une totale indépendance, solitaire et indifférente à tout. Je lui préfère l'idée d'autonomie dans le respect et la richesse des différences et dans la construction d'interdépendances accomplissantes.

 

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Le plaisir se prend par désir ; son contraire est la douloureuse frustration.

Le bonheur se reçoit par chance ; son contraire est la peine subie.

La joie, elle, se construit par accomplissement de soi et de l'autour de soi ; son contraire est la triste souffrance.

 

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L'évolution, toute évolution, tant globale que particulière, a un sens, mais ce sens est une intention à accomplir et non pas un but à atteindre.

Cette intention n'exclut ni le hasard, ni l'erreur, ni l'échec ; en revanche, il est impardonnable et dangereux de ne pas comprendre ces intentionnalités tant personnelles que globales.

 

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Le passé de l'histoire est gravé à tout jamais dans la mémoire cosmique ; mais l'avenir n'est écrit nulle part. Chaque évolution construira son chemin d'accomplissement, du mieux qu'elle le pourra, en totale interférence et en totale interdépendance avec toutes les autres évolutions qui la croisent, qui la contiennent ou qui la constituent.

 

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Le "progrès" n'est jamais que la qualification d'une évolution qui en arrange certains, parfois beaucoup.

Le Progrès – avec majuscule – est un mythe propre à la Modernité et à ses référentiels.

 

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La justice, ce n'est pas l'égalité puisque l'égalité impose une uniformité entropique, donc létale.

La justice, tout au contraire, c'est reconnaître les différences, en faire des richesses et des opportunités d'interdépendance.

La justice, c'est reconnaître les talents et les mérites.

 

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Est beau ce qui participe positivement à l'accomplissement de soi et de l'autour de soi. Est beau, donc, ce qui est utile à cet accomplissement. Tout le reste ne peut qu'être, éventuellement, joli.

 

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L'Art – avec majuscule – constitue un monde confisqué par de soi-disant "artistes". Longtemps, il fut dédié à la "beauté", c'est-à-dire, le plus souvent, à la "joliesse". Depuis la fin de la première guerre mondiale, ce n'est plus le cas : l'Art est devenu le culte de l'originalité pour l'originalité, le culte des modes et des changements de mode, le culte de la personnalité d'artistes à la mode. Et plus le temps passe – en cette période chaotique de fin de Modernité -, et plus l'Art devient laid, vulgaire, vide, infect et aussi vite mort et oublié, que né. L'Art n'a plus d'autre intérêt, aujourd'hui, que de payer ses éphémères vedettes, souvent autoproclamées.

 

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Le 05/01/2024

 

Il faut radicalement distinguer la "vérité", la "véracité" et la "véridicité".

La vérité, au sens radical, est la connaissance absolue de tout ce qui existe et s'accomplit ; elle est inatteignable puisque la partie (l'humain) ne peut jamais connaître ni la totalité du Tout, ni l'unité qui rassemble ce Tout dans l'Un divin.

L'humain, cependant peut et doit vers cette vérité inatteignable.

Pour cela, il dispose de deux leviers : la véracité et la véridicité.

 

La véracité exprime la parfaite concordance et correspondance entre ce que l'on observe et vit, d'une part, et ce que l'on pense, d'autre part. Toute la méthode scientifique ne fait que développer cette absolu devoir de véracité dont le contraire s'appelle l'erreur, le mensonge, …

 

La véridicité, c'est dire sa propre vérité, c'est exprimer sa propre véracité et rien que la véracité de ce que l'on pense ; son contraire, dont les humains sont champions, s'appelle le mensonge, la tromperie, la manipulation, la duperie, …

Le contraire de la véridicité, c'est aussi l'idéologie, toutes les idéologies, le fait d'inventer ou d'imposer un monde imaginaire, étranger à la réalité du monde réel et à ses évolutions naturelles et légitimes.

 

La véracité, qui est le cœur du travail et de l'effort scientifique, exige que ce qui est proposé soit vérifiable c'est-à-dire confirmé par une (des) expérience(s) sérieuses, honnêtes, transparentes.

 

Le TLF donne trois définitions de la véracité :

 

  1. Qualité morale de celui/celle qui ne trompe pas ou qui n'en a pas l'intention; en particulier, qualité de celui/celle qui se garde de l'erreur et s'emploie à l'éviter dans ses paroles ou dans ses écrits.
  2. Caractère de ce qui est conforme à la vérité, à la réalité.
  3. Souci, recherche de l'exactitude, de la fidélité au réel, notamment dans la création artistique et littéraire.

 

Au sens – et c'est encore plus vrai dans le Wiktionnaire – une confusion dommageable entre "véracité" et "véridicité" : la véracité est une attitude intérieure, de soi vis-à-vis de soi, alors que la véridicité est extérieure, de soi vis-à-vis de l'autre.

 

D'un strict point de vue éthique, chacun doit impérativement être vérace avec soi et veiller, ainsi, à ne penser que ce qui est conforme avec la réalité du Réel et qui y est vérifiable. Quant à être véridique, l'éthique exige le rejet radical de toute non-véridicité (mensonge, duperie, manipulation, etc …), mais elle n'interdit pas le silence car toutes les oreilles ne sont pas prêtes à entre ce qui est vérace.

Il ne s'agit pas de mensonge ; il s'agit de silence.

 

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Le judaïsme biblique n'est pas un monothéisme, contrairement à ce que l'on se plaît à colporter depuis trop longtemps.

Quand on parle des monothéismes comme des "religions d'Abraham", on se trompe : Abraham était tout ce que l'on veut, notamment opposé aux idolâtries et aux superstitions chaldéennes, mais il n'était pas monothéiste.

Le judaïsme originel est un monisme panenthéiste, émanationniste et intentionnaliste.

La judaïsme a commencé à s'apparenter à un monothéisme, via la pharisaïsme, et surtout à l'époque tardive du rabbinisme et du talmudisme, après la destruction du Temple et des sadducéens (les derniers tenants du lévitisme originel), dans une logique d'expulsion de Judée et d'exil parmi les Nations, et sous influence platonicienne (relayée par le christianisme, puis transmise à l'islamisme).

A titre d'exemple fameux, le kabbalisme (comme le spinozisme) – qui a parfois été rejeté voire condamné par la rabbinisme monothéiste – n'a jamais été autre chose qu'un monisme panenthéiste dans la tradition biblique et lévitique, mais avec une lecture mystique, initiatique et ésotérique en plus.

 

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Le mot "amour" est un de ces mots-tiroirs inextricables. On peut aimer sa femme, le steak, se promener dans les bois, écouter Bach, lire Nietzsche, jouer au tennis, faire la sieste, regarder la télévision le soir, etc … Toujours ce même verbe "aimer" qui signifie "se donner du plaisir".

L'Amour – avec majuscule – n'a rien à voir avec le plaisir, mais bien avec la Joie. Il ne faut Aimer que ce qui accomplit … et jouir du reste si cela se présente.

On peut parler d'Amour dans un couple lorsque les deux s'y accomplissent mutuellement, mais aussi lorsque le couple, en tant qu'unité fusionnelle, s'accomplit au-delà d'eux deux.

 

Il doit y avoir une relation forte – presque identitaire – entre Amour, Accomplissement et Joie ; sinon, il ne s'agit que de plaisir et de jouissance sans beaucoup d'intérêt profond (aimer le steak de bœuf saignant, c'est, en fait, jouir de manger un  steak de bœuf saignant … ce n'est pas "aimer").

Aimer, c'est vouloir tout faire pour accomplir ce que l'on aime et, ce faisant, s'accomplir soi-même en joie.

 

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De Dieu, il n'y a rien à dire (ni à espérer) si ce n'est qu'il est le Tout-Un, animé d'une Intentionnalité et d'une Logicité, toutes deux impersonnelles, dont tout ce qui existe a émané et par lesquelles tout ce qui existe évolue en vue de son propre accomplissement en plénitude.

Tout est en Dieu et Dieu est en tout.

Tout le reste n'est que fadaise et baliverne.

 

Dieu est le Tout-Un du tout de ce qui existe et évolue ; et tout ce qui existe doit être au service de son  accomplissement en construisant, au mieux, l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Et la seule récompense – si ce mot a un sens – de cet effort d'accomplissement est l'immense Joie de vivre la Vie, elle aussi éternelle et impersonnelle.

Dieu est à tout ce qui existe, ce que l'océan est aux vagues.

Les vagues n'existent ni en elles-mêmes, ni par elles-mêmes ; elles ne sont que des manifestations particulières et passagères à la surface du Divin.

 

Il faut éradiquer toutes ces fadaises idéalistes et puériles d'un dualisme ontique (deux mondes parallèles, l'un divin et l'autre naturel), de l'immortalité de l'âme personnelle, d'une vie personnelle après la mort, du salut et de la rédemption, d'un Dieu créateur étranger et supérieur à sa création, d'un Dieu parfait et immuable, etc …

Tout cela n'est que superstition infantile : il y a des vagues (de formes et de mouvements infiniment variés) à la surface de l'océan … et, ainsi, tout est dit !

 

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Le 06/01/2024

 

Toute culture, à toute époque, en toute contrée est fondée sur quatre piliers : une Religion (théologique ou idéologique), une Spiritualité (initiatique ou extatique), une Science (cosmologique ou magique) et une Philosophie (métaphysique ou éthique).

 

Les Religions (et idéologies) forment le monde des croyances, des espérances, des utopies, des idéalismes, idéaux et idéalisations ; elles canalisent, plus ou moins autoritairement, les énergies populaires, vers des fonctionnements stéréotypés subjectivement considérés comme les plus adéquats.

 

Les Spiritualités forment le mondes des quêtes intérieures de sens, celui de la recherche des réponses aux questions du "pourquoi ?" et, surtout, du "pour quoi?". Il ne s'agit aucunement d'élaborer des croyances (qui ne sont que des réponses primaires rassurantes), il s'agit de poursuivre un questionnement infini pour donner sens et valeur à l'existence de tout ce qui existe.

 

Les Sciences forment le monde de l'étude du Réel, sous toutes ses formes, une quête infinie de véracité (la vérité absolue étant hors de portée) grâce à des langages et des méthodes de rigueur, de rationalité, de systématicité. Il s'agit de construire la représentation la plus plausible et la plus vérifiable possible de la réalité du Réel.

 

Les Philosophies forment le monde de la critique (sérieuse, intelligente, constructive et positive) des trois autres mondes ; plusieurs regards, bien sûr, s'y superposent et s'y opposent afin d'éclairer les paysages de la culture ambiante et d'y découvrir de nouveaux chemins, d'ouvrir de nouvelles portes ou de découvrir des murailles insoupçonnées.

 

Pour un intellectuel authentique, les religions-idéologies n'ont aucun intérêt puisqu'elles n'ont pour seul but que de canaliser l'ignorance des populaces vers ce que leurs prophètes ou dirigeants ont hallucinatoirement rêvé ; mais au second degré, elle peuvent intéresser les philosophes et les scientifiques afin de leur faire entrevoir les rouages des fonctionnements et systèmes humains (mais, alors, qu'ils prennent garde de ne par tomber, eux-mêmes, dans un déguisement et sous un masque de prophète).

 

En revanche, Spiritualité, Science et Philosophie forment un ternaire vertueux s'entrenourrissant réciproquement et mutuellement : sens, véracité et critique se répondent perpétuellement comme l'intuition, la rationalité et le doute.

 

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La philosophie questionne la science et la spiritualité.

La science rigorise la spiritualité et la philosophie.

La spiritualité oriente la philosophie et la science.

 

Sous ce ternaire de haut vol, les religions-idéologies vulgarisent – en les détournant, en les déformant et, le plus souvent, en les comprenant de travers, ou très partiellement et partialement – ce qu'elles croient devoir retenir et diffuser des résultats des trois premiers.

N'oublions jamais que les religions-idéologies ne cherchent qu'une seule chose : prendre le pouvoir sur les masses populaires ignares … en s'appuyant sur ce qu'elles trouvent.

 

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C'est une erreur de croire que les chemins de la spiritualité passent tous nécessairement par les voies initiatiques ou symboliques ou mystiques ou ascétiques ou extatiques.

Ces voies, explorées depuis la nuit des temps, sont des méthodes qui conviennent bien à certains mais qui en rebutent d'autres.

Le problème de a spiritualité, c'est d'atteindre une vision d'ensemble, globale, holistique, du Réel, de son Intentionnalité et de de sa Logicité, de percevoir l'Océan et ses mouvements au-delà de toutes les vagues de sa surface.

Pour ce faire, on peut y naviguer de plus en plus loin, on peut le survoler de plus en plus haut, on peut y plonger de plus en plus profond … on peut aussi écouter et méditer ce que d'autres navigateurs, aviateurs ou plongeurs en disent (cela s'appelle, le plus souvent, la tradition ou la transmission orale) …

 

Chaque époque, chaque contrée, selon le paradigme qui lui est propre, aura ses méthodes privilégiées : la chrétienté monastique et messianique  préférait la voie ascétique (silence, solitude, oraison, …), aujourd'hui, c'est la voie initiatique maçonnique (régulière et traditionnelle) qui est le dernier bastion spiritualiste en Occident (en concurrence, malheureusement, avec des pseudo-mysticismes orientaux et asiatiques dûment américanisés qui diffusent des croyances sans construire de Foi authentique).

 

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La Foi est éminemment personnelle.

La Foi exprime la confiance que l'on fait à tel ou tel chemin pour l'accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de l'accomplissement du Réel.

Le mot-clé, fondement de la Foi (et de toute Spiritualité), est qu'au fond de la réalité du Réel, il y a une Intention d'accomplissement qui est le moteur intime de toutes les évolutions, tant globales que particulières, afin d'atteindre, autant que faire se peut, une plénitude. Cette Foi en cette Intention donne du sens à tout ce qui existe et à tout se qui se passe.

L'athéisme, est la négation de cette intention et son remplacement par le non-sens et le hasard ; mais il est une aporie car pourquoi les choses évoluerait-elle, même par hasard, s'il n'y a aucune bonne raison d'évoluer ?

 

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Le 07/01/2024

 

Mon "Fidéo" (qui n'est pas un "Crédo") …

 

J'ai foi en l'existence d'un Réel divin qui est unique, unitaire et unitif et que tout ce qui advient et devient en émane et le manifeste.

J'ai foi en l'intention intrinsèque de ce Réel-Tout-Un-Divin de s'accomplir en plénitude et de réaliser toutes les potentialités actuelles et émergentes qu'il est capable de faire surgir dans sa quête de plénitude.

J'ai foi en la capacité de cette Intentionnalité d'engendrer une Corporalité, substantielle par accumulation (une Matière cosmique), d'engendrer une Logicité, minimaliste par rationalité (un Esprit cosmique) et d'engendrer une Constructivité, évolutionnaire par optimalité (une Vie cosmique).

J'ai foi en ceci que tout ce qui a existé, que tout ce qui existe et que tout ce qui existera, que toutes les entités particulières qui forment le monde, ne sont que des vagues singulières, toutes uniques, toutes différentes, à la surface de cet Océan qu'est le Réel-Tout-Un-Dieu.

J'ai foi en ceci que chaque entité particulière doit être animée d'une profonde intention d'accomplissement de soi et de l'autour de soi, au service de l'accomplissement du Réel, chacun selon sa nature, ses talents et ses compétences.

J'ai foi en ceci que toute entité particulière n'a aucun être-en-soi (donc aucun attribut personnel qui puisse prétendre à quelque immortalité que ce soit), mais que chacune n'est qu'une manifestation particulière et momentanée du Réel, à son service, et qui ne se prolonge, au-delà de sa disparition, que par les conséquences successives de ses œuvres accomplissantes.

J'ai foi en ceci que toute entité particulière n'a de récompense pour ses contributions aux accomplissements qu'elle engendre, que l'immense Joie que de tels accomplissements induisent.

J'ai foi en ceci que la Beauté n'est que l'expression d'un accomplissement réussi, aussi infime soit-il, tout le reste n'étant que joliesse vulgaire.

Je n'ai foi qu'en tout ce qui précède ; tout le reste n'est que croyance sans intérêt.

 

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Depuis longtemps, la philosophie oppose la raison et la foi, la science et la spiritualité. Rien n'est plus faux : tous les grands génies de la science étaient des esprits imprégnés de spiritualité. Il suffit de se rappeler d'Héraclite, de Copernic, de Leibniz, de Pascal, de Newton et, plus près de nous, d'Einstein ou de Schrödinger.

Il ne peut y avoir de physique sans métaphysique, disait mon mentor, Ilya Prigogine. Plus prosaïquement : la science développe, modélise et valide rationnellement des illuminations intuitionnelles.

La connaissance évolue par des successions de sauts intuitionnels et spirituels, suivis de développements rationnels et déductifs.

Il n'y a ni théorèmes déductifs, ni démonstrations rigoureuses, s'il n'y a d'abord des postulats intuitionnels et de langages logiciens. D'où viennent donc ces postulats et langages, sinon de l'intuition c'est-à-dire d'une vision spirituelle et holistique du Réel ?

 

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Tout le contentieux entre raison (la science) et foi (la spiritualité) vient de l'horrible confusion entre la Foi (la spiritualité), d'une part, et les croyances et superstitions (les religions et idéologies), d'autre part.

Il est évident, aux yeux de la science, qu'Abraham, que Moïse et que Lao-Tseu n'ont jamais historiquement existé, et que Jésus est un amalgame de plusieurs personnages plus ou moins légendaires dont les miracles ne sont que des bobards édifiants pour épater la populace romaine.

Il n'empêche que l'Intentionnalité, la Corporalité, la Logicité et la Constructivité du Réel existent bel et bien au-delà de toute pensée humaine et que la science et la raison doivent s'y plier si elles veulent atteindre un bon niveau de véracité.

La spiritualité est la fondation et le socle sur laquelle la science véridique peut et doit se construire.

Le Réel précède la science, ne l'oublions jamais.

 

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Le rationalisme est irrationnel.

Le rationalisme prétend que seule la raison raisonnante (et la logique aristotélicienne) peut atteindre la véracité à l'exclusion de toute autre faculté mentale humaine.

C'est un peu comme prétendre que seul le pied droit permet de courir droit et qu'il faut amputer tous les autres membres.

Cet exclusivisme, comme tous les fanatisme réductionniste, est évidemment une impasse : la rationalité ne peut rien sans être alimentée par la sensibilité et la mémoire, sans être poussée par l'intention d'un désir de connaissance (bien irrationnel, celui-là) et sans un immense effort d'essais et d'erreurs nourri d'intuitions et de créativités.

Sous peine de totale stérilité, l'esprit humain ne peut jamais être réduit à la seule raison raisonnante. Mais symétriquement, la rationalité doit être partie prenante de l'effort intellectuel humain pour atteindre la meilleure véracité possible.

 

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Un sculpteur a le désir et l'inspiration de tailler une magnifique statue : c'est son Intentionnalité première.

Pour réaliser son intention, il a besoin de marbre (ou de tout autre pierre ou matériau) et des outils de fer ou de bois idoines : c'est sa Corporalité.

Il doit ensuite étudier, penser et décider la méthode et les techniques qu'il utilisera : c'est sa Logicité.

Il ne reste alors qu'à se mettre au travail, de mettre toute son énergie, son temps, ses facultés au service de la réalisation de l'œuvre : c'est sa Constructivité.

Mais l'œuvre n'est jamais achevée : il y aura toujours des défauts à rectifier, des rugosités à poncer, des détails à ajouter ou à effacer,

L'accomplissement de l'œuvre en plénitude évolue, mais ne sera jamais vraiment achevée.

Il en va ainsi de tout ce qui advient et de tout ce qui devient dans le Réel : chacun est sa propre œuvre à accomplir ; et cette œuvre n'est radieuse et splendide que dans le cadre de l'accomplissement du Réel dans son entièreté … comme la statue du sculpteur ne resplendira de tout son éclat que dans un Temple qui lui aussi se parachève infiniment, éternellement, magnifiquement.

 

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Le travail du sculpteur ne serait pas possible sans cette réalité cosmique et universelle qui rebute tant les humains : la bipolarité.

Il faut la résistance opiniâtre du marbre, d'un côté, et le travail expert et exténuant du sculpteur, d'autre part, pur qu'émergence l'œuvre sculpturale.

Héraclite disait que dans le Réel, tout est lutte. Le Réel n'évolue que pour dissiper optimalement les tensions engendrées par ses bipolarités intrinsèques : intégration et individuation, pondéralité et spatialité, conformité et créativité, action et réaction.

Mais prenons garde : bipolarité et dualité ne sont nullement synonymes. La bipolarité est intrinsèque, inhérente à la nature même du Réel comme les pôles nord et sud dans un aimant, comme le yin (l'ubac) et le yang (l'adret) dans le Tao, comme le mâle et la femelle dans la vie biologique, comme l'expansion et la gravitation dans l'univers, comme l'entropie uniformisante et la néguentropie complexifiante en thermodynamique, comme la force et l'inertie en mécanique, ... Il ne s'agit pas de rechercher un vainqueur et un vaincu comme c'est le cas dans toutes les dualités (le bien et le mal, le beau et le laid, le gentil et le méchant, la démocratie et le totalitarisme, les cow-boys et les indiens, …).

Répétons-le, les bipolarité cosmique sont intemporelles et intrinsèques ; ce sont elles qui, en induisant toutes les tensions globales et particulières, injectent les carburants nécessaires dans tous les processus d'évolution et d'accomplissement.

 

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Le 08/01/2024

 

Contrairement à ce que d'aucuns prétendent, la Kabbale - comme les autres spiritualités mystiques, ésotériques, initiatiques et/ou symboliques - ne "rend pas fou" du tout. Elle n'est qu'une méthode et une méthode ne rend fous que ceux qui ne l'appliquent qu'à leurs propres folies.  

 

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Extrait L’Obs n°3092 4/1/2024 :

 

"L’ULTIME MESSAGE DE JACQUES DELORS

Jusqu’à la fin, il continue de fustiger « l’individualisme exacerbé » et le « court-termisme » de nos sociétés. « L’air du temps est mauvais », répète-t-il. L’Europe se désagrège, les pays de l’Est se servent de la construction européenne plus qu’ils ne la servent, le Royaume-Uni quitte l’Union… La démocratie française périclite et la gauche se disloque. « C’est la fin. Bientôt je ne serai plus là », prévient-il, quand il sent ses forces partir. Il a le sentiment d’avoir fait tout ce qu’il a pu pour les siens, sa famille politique, son pays et l’Europe. Pessimiste, il observe le déclin français et européen. Au soir de sa vie, il prédit : « La France recule. » Celui qui n’a jamais voulu mentir aux Français n’est plus là pour l’observer."

 

Jacques Delors est un homme de gauche, de gauche modérée et social-démocrate, certes, mais d'une gauche mitterrandienne dont la vision du monde, virulemment anti-américaine, tiers-mondiste et pro-islamiste fut une catastrophe, cause profonde, depuis 1981, du déclin et de la décrépitude sociale, morale et économique de la France.

Delors était profondément européaniste, c'est clair. Il est un des père de l'Euro - mais non de l'Union Européenne. Mais il est vrai que l'on prête aux morts une gloire qu'ils ne méritent guère.

 

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D'Amin Maalouf, le franco-libanais :

 

"Ceux qui critiquent l'occident ne proposent rien de plus."

 

Ni rien de mieux. Ils ressassent une réinvention d'un colonialisme qui n'a jamais été tel qu'ils le recantent, ils se posent en victimes alors qu'ils ont été les grands bénéficiaires de tout le 20ème siècle, ils ont la nostalgie des "fronts de libération" inventés par le KGB et mis en œuvre par l'URSS, ils jouissent d'infrastructures publiques et manufacturières ainsi que de systèmes éducatifs et médicaux implantés gratuitement par les colonisateurs (qu'ils ont, pour la plupart, laissé pourrir sur place), ils rêvent tous d'anti-démocraties, de dictatures et de régimes autoritaires (souvent militaires), ils deviennent les féaux de la Chine et de l'Islamisme … Mais à part cela, c'est l'Occident l'ennemi juré.

 

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D'Hervé Sérieyx :

 

" En septembre 2023, 200 patrons de PME du Sud-Bretagne fêtaient

les 25 ans de Vénétis, Groupements d’Employeurs. Hervé Sérieyx était invité en tant qu’ancien président de l’Union des Groupements d’Employeurs de France. À cette occasion, il s'est permis de leur demander quel était le secret de leur climat d'optimisme...

« Nous nous efforçons d’avoir le moins de rapports possibles avec l’État et son administration ; la plupart du temps ce sont des personnes qui veulent bien faire mais qui fonctionnent dans un système lourd, parfois fou, qui ralentit tout et n’a aucune idée de nos urgences. Il faut se tenir à l’écart de ce monde d’hier. Avec la meilleure bonne volonté du monde, il peut être mortifère.»

On en vient à penser que « la France est un pur-sang, monté par un Jockey obèse qui se prend pour le cheval ». L’État et surtout sa gigantesque administration ne devraient être là que pour faciliter les superbes dynamismes de tant de nos territoires, non pour les étouffer.

La vraie révolution à laquelle nous sommes tous invités à participer c’est à celle de la mutation de l’Administration. Mais il faut faire vite : attention, le monde change à toute allure ; et les attitudes, lenteurs et habitudes administratives du siècle passé, même numéri­sées, deviennent des freins insupportables."

 

L'ennemi de l'économie en général, et de chaque entreprise e, particulier, c'est l'Etat et les institutions et administrations étatiques.

L'économie n'a nul besoin du politique.

L'économie a seulement besoin d'une seule chose : que la Loi commune garantisse l'autonomie de chaque entreprise dans le respect de l'autonomie des personnes (collaborateurs, fournisseurs ou clients) et de l'autonomie des autres entreprises.

Pour le reste, que l'Etat ne se mêle surtout de rien.

Partout dans le monde, là, où l'étatisme progresse, l'économie, la prospérité et le bien-être régressent.

La Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Tunisie, l'Iran, l'Afghanistan, le Vénézuela, le Niger, le Mali, et tant d'autres sont là pour le prouver chaque jour.

 

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De Sheila Hancock :

 

"Homo Sapiens va-t-il perdre la langue ?

L’un après l’autre, les endroits où l’on parle disparaissent. Dans les gares, plus de guichets tenus par une personne à qui acheter son billet et obtenir des informations sur les possibilités de trajets, que des billets sur Internet ou à un distributeur ; les banques vous encouragent à réaliser toutes vos transactions vous-même en ligne ; dans les magasins, de moins en moins de caissiers humains, de plus en plus de caisses automatiques où scanner soi-même les codes-barres, puis peser et poser soi-même les articles ; les services après-vente sont d’abord des « chats » qui vous fournissent des réponses toutes faites et c’est un parcours du combattant pour avoir une voix humaine au téléphone ; et l’on trouve de moins en moins de bistros où les habitués se rencontrent autant pour faire la causette et rigoler ensemble que pour boire un pot… Dans les textos, on remplace la description des sentiments par des émojis : le visage pleure-t-il parce qu’il est triste ou pleure-t-il de rire ? En tout cas, la qualité du message est singulièrement appauvrie. Parler ensemble est le premier ciment social. Les gens ont besoin de se retrouver pour communiquer. On se réunit encore pour les fêtes ou pour des spectacles… La foule solitaire, nous y sommes. Déjà, en favorisant la myopie, les écrans font la fortune des opticiens. Demain peut-être, nous développerons de longs doigts adaptés aux claviers et perdrons nos cordes vocales."

 

Il est une autre façon de voir. Si, comme je le pense, 85% des humains n'ont pas le moindre intérêt, ne savent rien et n'apprennent rien, mais ont un art consommé de faire perdre leur temps aux 15% qui construisent l'avenir, l'évolution décrite par miss Hancock est plutôt réjouissante, à la condition de garder un contact étroit (pas forcément direct et oral) avec le reste des 15% qui construisent le monde de demain.

 

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Disons les choses simplement et directement, par essence et construction, l'islam est incompatible avec la démocratie. Si Allah (et ses représentants attitrés ou autoproclamés) a tous les pouvoirs, les humains n'en ont aucun. Il faut se rappeler qu'en arabe "islam" signifie "soumission".

 

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De Benjamin Netanyahu :

 

"Il y a trois mois, le Hamas a commis un massacre terrible [et] mon gouvernement a ordonné à [l'armée] d'entrer en guerre pour éliminer le Hamas, ramener nos otages et faire en sorte que Gaza ne soit plus jamais une menace pour Israël. (…) On ne doit pas mettre un terme à la guerre avant que nous n'ayons atteint ces objectifs."

 

Et il n'y a pas que le Hamas qui doive être mis hors d'état de nuire au monde ; il y a aussi le Hezbollah, les Talibans, les Frères musulmans, la bande à Erdogan, Daech, Al-Qaïda, les Mollahs iraniens, … bref : tous les islamismes. Et il est temps que tous les pays libres du monde mettent la main à la pâte au lieu de critiquer Israël et de pleurnicher sur les terroristes gazaouis.

 

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Pythagore est, sans doute, le philosophe le plus néfaste de l'histoire de la pensée car c'est lui, selon toute vraisemblance, qui inventa le dualisme ontologique en postulant l'existence de deux mondes séparés et distants, de natures radicalement différentes : le monde parfait, immuable et éternel des nombres et figures géométriques, d'une part, et le monde naturel, imparfait, versatile et temporel où pataugent les humains et toutes les entités observables, d'autre part.

 

Platon repris l'idée qui migra, ensuite, vers le christianisme et l'islam.

Même le judaïsme rabbinique, quoiqu'initialement panenthéiste, en fut intoxiqué.

Avec ce dualisme ontologique apparaît, immédiatement, la question des relations entre ces deux mondes si différents et, avec elle, les notions de créationnisme, de messianisme, de sotériologie, d'eschatologie, etc …

 

Il n'était pourtant pas si difficile de comprendre que les nombres n'existent pas et sont de pures conventions pour le comptage de choses qui se ressemblent approximativement.

Chaque pomme est une entité unique, différente de toutes les autres ; dès lors, dire que ce plat contient quatre pommes, fait fi de toutes les différences entre ces pommes et réduit chaque pomme à un concept abstrait, réducteur et conventionnel, n'ayant aucune réalité dans le Réel : "la pomme" n'existe pas dans le Réel, mais cette pomme-là et cette pomme-ci, si différentes, si uniques, y existent bel et bien.

 

De même : le triangle équilatéral parfait ou le pentagone parfait, l'idée de "bien absolu" ou de "vérité absolue" n'existent nulle par dans le Réel. Comme dirait mon ami Etienne Klein, il s'agit d'extrapolations abusives ou, autrement dit, d'abstractions conceptuelles, de réductions simplifiantes.

 

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Thalès de Milet pose l'Eau comme substance unique et Anaximandre de Milet pose l'Apeiron (l'Illimité), c'est-à-dire qu'ensemble, ils posent la Corporalité  cosmique universelle(respectivement la Pondéralité et la Spatialité cosmiques et universelles).

Héraclite d'Ephèse pose le Devenir, c'est-à-dire la Constructivité cosmique universelle.

Anaxagore de Clazomènes pose le Noûs (l'Intelligence), c'est-à-dire la Logicité cosmique et universelle.

De plus, Empédocle d'Agrigente pose l'amour et la haine, c'est-à-dire la Bipolarité cosmique universelle (néguentropie et entropie).

Ces cinq philosophes présocratiques avait donc en main tous les ingrédients constitutifs de la cosmologie complexe actuelle, mais ils sont tous passés à côté de l'essentiel : l'Intentionnalité cosmique et universelle qui engendre tout le reste par émanation et manifestation.

 

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La Dualité (et tous les dualismes qui s'ensuivent) est incompatible avec l'Unité du Réel (et le monisme qu'elle fonde).

Mais cette Unité implique nécessairement, pour sortir de son immuabilité figée et stérile, des Bipolarités pour évoluer, vivre sa Vie et engendrer, par émanation, toutes ses manifestations qui, elles-mêmes, grâce à elles, sont tenaillées par des tensions antagoniques qui font la vie réelle : individuation ou intégration, conformité ou créativité, action ou réaction, intériorité ou extériorité.

 

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Le seul devoir de chaque humain est l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, au service de l'accomplissement du Réel (Un-Tout-Divin).

Ce qu'est chaque humain ? Un ensemble de potentialités; reçues ou acquises, au service de ces accomplissements, et une capacité à les mettre en œuvre avec positivité dans un climat d'autonomie personnelle et d'interdépendance avec le reste du monde.

Tout le reste n'est que bavardage stérile de psychologue, d'idéologue ou de théologien.

 

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Dans le Réel, le vide n'existe pas : tout est plein. Le Réel est un océan d'énergie "noire" parsemé d'îlots galactiques de matières (récentes) plus ou moins agglomérées.

Les atomistes d'Abdère et leurs successeurs épicuriens avaient totalement tort, aussi tort que les matérialistes d'aujourd'hui puisque la matière est seconde (voire tierce). La matière n'est que grumeaux d'énergie, plus ou moins stables, qui, parfois, s'agglutinent pour former des édifices flottant à la surface de la substance immatérielle primordiale.

 

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Il faut bien distinguer la douleur (le contraire du plaisir) de la souffrance (l'absence de joie). La douleur est physiologique. La souffrance est psychologique. La douleur est subie et réelle. La souffrance est fabriquée et artificielle (au contraire de la joie qui est la conséquence d'un accomplissement réel).

 

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Le désir peut engendrer des intentions, mais ils ne faut surtout pas les confondre avec les intentions profondes qui, elles, répondent à la vocation ou à la mission.

Chez la plupart des humains, ignorant leur vocation ou leur mission dans la Vie du Réel, seul le désir induit des intentions qui, toujours, sont vulgaires et souvent nocives.

Le désir s'amplifiant dans le plaisir, le désir devient vite un esclavage.

 

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L'idéalisme, sous toutes ses formes, est une absurdité terrible. Les "idées" et les "idéaux" ne sont que des abstractions conventionnelles, utiles au langage mais ineptes au Réel.

Une abstraction est toujours une caricature simplifiante qui élimine les détails différenciants pour ne garder que des trames artificielles et pratiques pour la communication entre humains. Mais elle ne correspond jamais à quelque réalité que ce soit.

Exit Platon !

 

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Les idéalismes sont toujours des fuites.

Des refus de la réalité du Réel.

L'invention de mondes imaginaires incompatibles avec la réalité du Réel, mais reflets puérils des désirs humains …

 

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Le 09/01/2024

 

Le dualisme est une posture métaphysique et ontologique déplorable., extrêmement délétère, source de presque toutes les guerres religieuses et idéologiques de l'histoire des humains.

Des dualismes ontiques procèdent notamment tous les monothéismes qui scindent le Réel en un monde divin, céleste, spirituel, parfait et immuable dont le maître est le Dieu unique et souverain, d'une part, et en un monde naturel, terrestre, matériel imparfait et labile dont le maître est le Diable satanique et malin.

Les dualismes ontiques posent trois questions aussi insolubles qu'artificielles :

 

  1. Qu'est ce qui sépare ces deux mondes ? Quelles sont les différences fondamentales et les frontières irréductibles entre eux ?
  2. Ces deux mondes interfèrent entre eux (sinon, l'autre monde n'aurait aucun intérêt), mais quels sont les relations ou interactions ou ponts entre eux ?
  3. Outre les fantasmes de quelques illuminés, quelles preuves peut-il bien exister de la véracité de l'existence de cet autre monde ?

 

L'étude des réponses données à ces trois questions permet d'aboutir à une conclusion satisfaisante et tout humaine : le monde naturel dans lequel évoluent les humains est loin d'être parfait (heureusement sinon il serait parfait, achevé, accompli et n'aurait plus besoin ni des humains, ni de leurs œuvres pour évoluer vers son mieux).

 

L'inaccomplissement de soi, de l'autour de soi et du monde entrainant des souffrances (des manques, des soucis, des tristesses, des épreuves, des dilemmes, des blessures, des hontes, des laideurs, des fautes, …), deux réactions sont possibles : soit ces inaccomplissement sont autant de défis qui fournissent le carburant de l'action quotidienne et de l'évolution positive du monde tel qu'il est et tel qu'il va, soit ces inaccomplissements sont lus comme autant de promesses d'un autre monde (parallèle pour les religions ou à-venir pour les idéologies) où tout est ou sera parfait, dont toute souffrance sera bannie, où tout ne sera plus que plaisir, bonheur et béatitude … et où la vie et l'existence n'auront plus ni sens, ni valeur puisqu'il n'y aura là, plus rien à construire.

 

Comme déjà amplement dit, l'unité s'oppose radicalement à toutes les dualités, mais implique et nécessite de nombreuses bipolarités afin d'engendrer les tensions qui le feront évoluer. L'exemple le plus parlant nous vient de la thermodynamique. Considérons un processus complexe loin de l'équilibre, donc instable, fragile, en surtensions internes ; il n' a que deux solutions (c'est une bipolarité thermodynamique bien connue et tout-à-fait générale) : ou bien il dilue ses surtensions internes dans le milieu extérieur (qui est donc apte à les absorber, ce qui n'est pas toujours le cas), ou bien il les transcende en faisant émerger, en son sein, un sous-processus encore plus complexe dont les surtensions seront le carburant.

 

Prenons un exemple : considérons une personne  confrontée à un difficile problème intellectuel qui le tracasse énormément (autrement dit qui induit des surtensions mentales perturbant sa vie, son sommeil, son humeur, etc …). Deux issues sont possibles : ou bien il évacue son problème en le sous-traitant à un autre, en consultant un supposé spécialiste, en faisant tout pour l'oublier en passant à autre chose … ou bien, à force d'effort, enfin émerge la solution : l'idée neuve qui se nourrit des tensions induites par le problème, pour construire un modèle, une théorie, un concept originaux, d'un niveau supérieur de complexité (je ne dis pas de "complication") qui pourra servir à résoudre la plupart des problèmes similaires.

 

La grande différence entre la dualité et la bipolarité est celle-ci : dans chaque dualité, il y a un "bon" pôle qui "sauve", et il y a un "mauvais" pôle qui "tue" ; alors que la bipolarité ouvre deux chemins dont aucun n'est ni bon ni mauvais, mais qui conduisent à des solutions et des situations différentes (qui peuvent aussi, comme souvent, finir par converger).

Il est utile, pour bien comprendre l'idée de bipolarité, de garder en tête l'image de la bifurcation du chemin lors d'une randonnée en montagne. Il n'y a ni bon chemin, ni mauvais chemin ; il n'y a que deux voies différentes pour construire une belle ballade et découvrir des sites neufs, parfois époustouflants.

 

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Le platonisme est le parangon des élucubrations dualistes. Avec lui, surgit une funeste conséquence centrale : l'âme spirituelle, qui est éternelle, est de nature différente que le corps matériel. Elle habitait le monde des Idées et possédait la connaissance absolue avant de s'incarner dans un corps humain, frappée d'amnésie, d'ignorance et de bêtise,  … sauf durant les quelques instants bénis de "réminiscence" où l'âme se souvient de bribes de vérités issues du monde des Idées où elle retournera après la mort du corps qui la (sup)porte.

Descartes, en bon platonicien, ne dira pas autre chose, soulevant le mépris du mystique christique que fut Blaise Pascal : "Descartes : inutile et incertain", et du panenthéiste juif que fut Baroukh Spinoza (accompagné par Leibniz – dont il faudra bien reparler plus loin - et suivi par Einstein), réinventeur du monisme radical et réunificateur de l'âme et du corps.

Notons que le christianisme paulinien, d'essence plus romaine que judaïque (Paul de Tarse est juif de naissance, mais patricien romain par adoption), est imprégné jusqu'à la moëlle de dualisme platonicien.

 

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Aristote est l'antidote aux délires dualistes de Platon.

Avec sa théorie des quatre causes, il réussit presque à fonder la cosmologie complexe actuelle en réussissant la synthèse des théories des présocratiques.

 

La cause matérielle, c'est la Corporalité de Thalès et Anaximandre : pour construire une maison, il faut un terrain, des pierres, du ciment, des outils, des poutres, des vitres, …

La cause formelle, c'est la Logicité d'Anaxagore : pour construire une maison, il faut suivre le plan, respecter les lois de la pesanteur, utiliser des méthodes et des techniques.

La causse efficiente, c'est la Constructivité d'Héraclite : pour construire une maison, il faut un chantier où l'on travaille, où l'on bâtit, où l'on œuvre, où l'on accomplit.

La cause finale, c'est l'Intentionnalité (le pôle qui manque chez les présocratiques) : on ne construit pas une maison par hasard, mais bien parce qu'elle accomplit un projet.

 

Ce qui a manqué à Aristote, c'est d'élever cette théorie des quatre causes au plan du Réel pris comme un tout et, ainsi, de passer du plan physique au plan métaphysique.

 

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Le stoïcisme (surtout le stoïcisme grec ancien, plus que le stoïcisme romain qui s'enlisa dans le moralisme), est un anti-dualisme (donc anti-platonisme) dans la continuité de l'aristotélisme qu'il transcende et promeut au rang métaphysique. Il instaure un magnifique panenthéisme que reprendra le spinozisme ; le Réel est un organisme vivant, plein, unitaire et unitif, et l'humain doit être au service de son accomplissement.

L'idée de vocation personnelle y est essentielle : vivre joyeusement, c'est réaliser sa vocation intime et profonde au bénéfice du tout du Réel.

Le stoïcisme, c'est accepter le Réel tel qu'il est et tel qu'il va (il est donc le contraire radical de tous les idéalismes et Leibniz y puisera sans doute son idée maîtresse : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles" – ce qui ne signifie nullement que tout est parfait, mais bien que toute variante serait pire : la voie de l'optimalité), et d'y œuvrer, selon ses potentialités et ses vocations, de façon à le faire évoluer au mieux vers son accomplissement.

 

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Descartes : l'orgueil démesuré d'un nombriliste qui se prend pour Dieu.

Contre le : "JE pense donc JE suis" de Descartes, il faut résolument affirmer ce qui dépasse absolument son JE : "Il y a pensée donc il y a existence".

 

Quitte à me répéter, voici mon grand leitmotiv …

 

Ce n'est pas moi qui existe, c'est la Matière qui se construit à travers moi.

Ce n'est pas moi qui vit, c'est la Vie qui se vit à travers moi.

Ce n'est pas moi qui pense, c'est l'Esprit qui se pense à travers moi.

 

Le JE n'est qu'épiphénomène sans aucun être-en-soi (une vague éphémère à la surface de l'océan).

Le cœur de toute spiritualité est la déconstruction de ce JE qui est illusoire, et la construction et l'accomplissement de l'Alliance totale avec le Réel.

 

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Les mathématiques ne sont que des langages conventionnels humains ; elles peuvent être efficaces pour résoudre certains types de problèmes quantitatifs ou géométriques, mais ne constituent en rien, comme le croyaient Galilée ou Descartes, le "langage de Dieu" au fondement du Réel.

Les mathématiques ne sont qu'un ensemble de postulats purement intuitifs à propos d'objets abstraits qui n'existent pas dans le Réel (une ligne droite, un cercle, un angle droit, etc … ne sont que des vues de l'esprit car rien n'est tel dans la réalité du Réel), assorti d'un langage déductif (la logique mathématique) lui aussi basé sur des postulats arbitraires (il existe bien d'autres logiques que celle d'Aristote ou du "tiers-exclu").

Cela étant dit, le langage mathématique est une invention merveilleuse de l'esprit humain pour tendre vers la résolution de certains problèmes compatibles avec ses postulats et méthodes ; il a fait ses preuves, par exemple, en mécanique classique ou en mécanique relativiste, même en physique statistique … mais il perd pied dès que l'on sort du quantitatif ou de l'analytique, et que l'on aborde des domaines flous (quantiques) ou complexes (non linéaires et holistiques).

 

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Le 10/01/2024

 

Une grande question, longtemps, a été de "prouver l'existence de Dieu". Mais la question est absurde : l'existence, c'est Dieu. Ou, pour le dire autrement, Tout ce qui existe n'est que l'ensemble de toutes les manifestations du Réel qui est, tout à la fois, le Tout, l'Un et le Divin.

Le problème chrétien et musulman se pose différemment : c'est la question de l'existence d'un Dieu personnel extérieur au monde réel naturel.

Toujours le même problème ….

Le monisme est une évidence, même si cette évidence est emplie de mystère et de questionnements qui nourrissent toutes les démarches spirituelles, initiatiques, ésotériques, mystiques et symboliques, … mais aussi métaphysiques, cosmologiques et physiques.

Quant au dualisme, il est une aporie, par construction, sur laquelle les théologiens et les idéologues de tous bords se cassent les dents depuis toujours (et continueront à s'y casser les temps, en pure perte, jusqu'à la fin des temps).

La question n'est pas : Dieu existe-t-il ?

Mais bien : comment m'accomplir au sein de l'existence divine ?

 

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"Comment survivre le mieux possible ?" : voilà la question animale (qui est aussi celle de 85% de l'humanité).

"Pour quoi survivre plus haut ?" : voilà la question de l'élite humaine.

Cette seconde question est à relier solidement à la question du Surhumain si bien posée par Nietzsche.

 

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Pascal avait parfaitement compris – quoiqu'avec un peu de mépris – que les Juifs attendaient leur libération dans ce monde-ci, sans allusion à quelqu'autre monde que ce soit, à la différence des chrétiens qui espéraient une libération dans l'au-delà du monde, après leur mort.

 

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Les multiples traductions de la Bible hébraïque, parce qu'elles voulaient, à toute fin, faire entrer cette tradition panenthéiste dans le moule monothéiste (avec la complicité de quelques rabbins renégats), a falsifié les noms divins.

Elohim n'est pas "Dieu" ; Elohim est un pluriel, celui d'Elohéh qui signifie, tout à la fois, déité, divinité, dieu, déesse, puissance … et, surtout, intention (la préposition El signifie "pour", "vers") … Les Elohim, ce sont les "Intentions" de Dieu, du Divin. La Kabbale prétend qu'elles sont dix : dix intentions particulières du Divin dans le monde : El-Elyon, El-Shaday, El-Tzébaot, Ashérah, Baal, … et surtout YHWH. Ce sont les dix Séphirot de l'Arbre de Vie.

 

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De la sentence de Spinoza disant que : "La liberté consiste en la connaissance de la nécessité", certains ont conclu à un déterminisme spinozien absurde puisque, si tout est déterminé, à quoi peut donc bien servir une ascèse de vie tendant vers une "Ethique" de haut vol. Là où tout est déterminé et écrit d'avance, aucune éthique ne peut avoir de sens.

Il faut donc lire tout autrement l'aphorisme spinozien et le comprendre comme ceci : la liberté (qui n'est que le nom ampoulé de l'autonomie) implique le fait de vivre en parfaite connaissance et acceptation de la logicité du Réel et des contraintes incontournables que cela impliquent au niveau des manifestations particulières.

 

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Le 11/01/2024

 

D'Emmanuel Todd en parlant de l'immédiat après 1989, dans les année 1990 :

 

"Éviter le rapprochement entre l'Allemagne et la Russie était un des objectifs américains. Ce rapprochement aurait signé l'éjection des États-Unis du système de pouvoir européen. Les Américains ont préféré détruire l'Europe plutôt que sauver l'Occident."

 

Il est totalement vrai que l'effondrement de l'URSS eut été le moment parfait pour reconstituer l'Europe judéo-helléno-chrétienne dans sa totalité, mais que ce mouvement aurait contrarié la volonté américaine s'asseoir sa totale souveraineté (surtout financière) sur l'ensemble du monde (Chine exclue en apparence … mais elle s'est bien rattrapée depuis).

C'était le grand rêve américain de la "mondialisation" qui, aujourd'hui, est en plein effondrement et induit un anti-américanisme devenu anti-occidentalisme par assimilation de l'Euroland avec l'Angloland alors que les trajectoires de ces deux continents divergent de plus en plus.

 

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La construction de l'avenir est incompatible avec la nostalgie du passé.

 

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Les trois problèmes majeurs de nos sociétés actuelles :

 

  1. Le problème migratoire (fermer chacun des huit continents sans empêcher les interdépendances et les échanges économiques),
  2. Le problème éducatif (réinstaurer une logique d'excellence et de virtuosité, ainsi qu'une sérieuse formation civique, historique, spirituelle et culturelle),
  3. Le problème écologique (pratiquer en tout la frugalité joyeuse et sortir du consumérisme puéril ; éradiquer les notions de chiffre d'affaires et de PIB et se concentrer sur les patrimoines et les marges).

 

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Que faut-il donc dire ou écrire pour éradiquer toutes ces dualités factices qui détournent complètement l'existence de son vrai sens et de sa vraie valeur : âme et corps, esprit et matière, naturel et divin, vide et atomes, céleste et terrestre, mortel et intemporel, etc …?

Quand pourra-t-on enfin jeter aux poubelles de la pensées, les Socrate, Platon, Descartes, Malebranche, Kant, Comte, Sartre, Foucault et tous leurs complices en falsification métaphysique ?

 

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La monade leibnizienne est à l'esprit ce que l'atome démocritéen est à la matière.

Leibniz pense le monde comme des myriades d'atomes spirituels (tous uniques et différents de tous les autres) en interactions réciproques. Et ces monades spirituelles s'agglomèrent pour former des monades supérieures qui, elles-mêmes, finissent par former la monade ultime : Dieu.

Une forme d'atomisme dématérialisé …

 

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Le "problème" de l'existence du Mal et de son incompatibilité avec un Dieu bon, créateur de tout ce qui existe, est une aporie classique dans les mondes des dualismes, des idéalismes et des monothéismes.

Ce problème est typiquement un faux problème dès lors que l'on considère que le Réel-Tout-Un-Divin est en voie d'accomplissement de lui-même (selon sa propre Corporalité, sa propre Logicité, sa propre Intentionnalité et sa propre Constructivité) et que cet inaccomplissement implique des imperfections, des erreurs, des bipolarités, des essais, des échecs, etc … que l'humain interprète comme "le Mal" alors qu'il ne s'agit que des "douleurs de l'enfantement d'une plénitude à venir".

L'erreur fondamentale de tous les dualismes est d'opposer un Dieu parfait et immuable à une Nature imparfaite et labile.

Dès lors que la Nature est la manifestation de Dieu et que ce Dieu est imparfait, en cours d'accomplissement et en transformation permanente, le problème du "Mal" ne se pose plus : il y a des douleurs et des souffrances, certes, mais dues à l'inaccomplissement divin.

 

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La philosophie naît avec les présocratiques dont les intuitions nourrissent l'aristotélisme puis le stoïcisme. Puis, plus rien pendant deux millénaires hors des bavardages stériles sur des concepts aussi artificiels que superflus, tous portés ou issus du dualisme socratique et platonicien.

Il faut sans doute attendre Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829) pour sortir de ces catégories idéalistes et figées, aussi rigides que stériles, et enfin parler d'évolutionnisme, de construction progressive du Réel sous la pression d'une poussée immanente.

Hegel prit alors le relai et déclina une philosophie  du Réel enfin débarrassé des idéalismes dualistes, et inféodé à une rationalité évolutive et constructive.

En gros, l'histoire de la philosophie est un immense gouffre de vide entre Aristote et Hegel (Spinoza mis à part, bien entendu, comme exception confirmant la règle).

Schopenhauer surenchérit : ce que nous appelons "le monde" n'est que notre représentation partielle et partiale du Réel, mais ce Réel est porté par une volonté qui le fait évoluer de l'intérieur.

Et puis, bien sûr, Nietzsche qui exprime enfin la plus grande des vérités  : "Dieu (celui du dualisme, de l'idéalisme, du monothéisme) est MORT !".

Le Divin est dans ce monde, il est ce monde, il est la Matière, la Vie et l'Esprit. Il aspire à la "volonté de puissance" (puissance étant synonyme de potentialité créatrice et non de pouvoir ou de force).

Puis nous vint Pierre Teilhard de Chardin, bien justement condamné par le Vatican puisque prônant un évolutionnisme total et radical, et une construction du Divin au fil des temps ("l'avènement du Christ cosmique") : le Réel se transforme peu à peu vers son propre accomplissement.

 

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Terre. Eau. Air. Feu.

Corporalité. Constructivité. Logicité. Intentionnalité.

La force des symboles …

 

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Le 12/01/2024

 

Pour-quoi existe-t-il "quelque chose" ?

Pour-quoi ce "quelque chose" évolue-t-il ?

Pour-quoi cette évolution est-t-elle (parfois) modélisable (donc "rationnelle" c'est-à-dire "réductible à des règles générales, voire universelles) ?

La première de ces trois questions a obsédé Martin Heidegger …

Mais l'introduction du tiret au sein du pour-quoi est lourd de sens puisque "pourquoi" en un seul mot recherche une cause passée censée avoir enclenché ce qui est ; alors que "pour quoi" en deux mots recherche l'intention dont l'accomplissement futur exprime une plénitude, la réalisation d'une vocation.

Par exemple, les théologies créationnistes ne s'intéressent qu'au "pourquoi", alors que les théologies eschatologiques et messianistes s'intéressent bien plus au "pour quoi" final …

Mais ces questions de la cause initiale et/ou de la cause finale ont-elles un sens ?

La seule certitude est "il y a" : le Réel existe et il est vivant et il vit sa vie dans toutes ses dimensions. Pour-quoi faudrait-il qu'il y ait un début ? Pour-quoi faudrait-il qu'il y ait une fin ? La Kabbale juive, lorsqu'elle parle du Divin en son sens le plus élevé, parle du Eyn-Sof : du "Sans -Limite" : ni début, ni fin … ni néant, ni plein … ni vide, ni substance ….

La seule réponse possible à la question – très anthropocentrique – de Heidegger, c'est "il y a".

Il y a le Réel et tout ce qu'il contient c'est-à-dire tout ce qui émane de lui et évolue en lui pour le faire évoluer lui-même.

Tout ce qui émane du Réel naît, se développe, s'accomplit, s'use et meurt. Mais le Réel lui-même n'émane de rien et n'a donc pas à subir ces cycles avec début et fin.

Le Réel est absolument intemporel  ; c'est lui qui se crée du temps (de la durée, plutôt) pour se donner la possibilité d'évoluer. Le temps est dans le Réel, et non l'inverse. La question de son "début" et/ou de sa "fin" ne se pose donc pas.

 

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Enfin arriva Ludwig Wittgenstein (1889-1951) … et la fin des bavardages stériles. Tout se réduit, au fond, à la dialectique entre la carte et le paysage, autrement dit, entre le langage humain avec ses descriptions conventionnelles plus ou moins maladroites et incomplètes, et le Réel vivant qui vit son accomplissement à tous les niveaux, selon tous les scénarios, selon ses propres logiques qu'il inventera si besoin en est, dans un espace et un temps qu'il se crée lui-même pour pouvoir s'y déployer … en se fichant royalement de ce que les humains pourraient en dire ou en penser.

Wittgenstein est sans doute le dernier des philosophes et le dernier des mystiques.

 

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Notre époque est cruciale car elle doit en finir avec l'anthropocentrisme (le nombrilisme humain qui ramène tout ce qu'il peut à lui, à son existence, à ses états d'âme, etc …) et fonder un cosmocentrisme où l'humain reprend sa juste place (périphérique et quasi insignifiante) et se met au service de ce qui le dépasse infiniment : la Vie et l'Esprit.

 

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Pour-quoi, donc, la pensée occidentale se complaît-elle tant dans les oppositions, dans les dualités, dans les conflits principiels :science contre spiritualité, raison contre foi, intuition contre déduction, logique contre analogique, immanence contre transcendance, vérité contre véracité, absolu contre relatif, cosmique contre anthropique, etc … et cette liste loin d'être exhaustive, évite soigneusement les guerres d'écoles philosophiques et les guerres de factions idéologiques ?

Il semble que les idées de complémentarité et d'interdépendance soient totalement étrangères à la mentalité occidentales … alors qu'on la retrouve bien et centralement dans les pensées traditionnelles des Indes (où, en Brahma, Vishnou ne peut exister sans Shiva) et de Chine (où il ne viendrait, par exemple, à l'idée de personne, de rêver d'un monde dont le Yin serait éradiqué au profit du seul Yang).

Plus je vieillis et plus je trouve sidérant ce parti-pris pour la dualité conflictuelle contre les bipolarités naturelles, cette obsession pour l'égalitarisme (pour l'entropie) contre la richesse des différences et de leurs complémentarités et interdépendances (contre la néguentropie).

J'y vois la conséquence majeure d'un parti-pris essentiel pour le mécanicisme contre l'organicisme. Mais d'où vient, donc, ce parti-pris mécaniciste ? Faut-il remonter à Thalès et à l'esprit de géométrie ? Sans doute …

Le constructeur a pris le pas sur le cultivateur …

Le guerrier a pris le pas sur le jardinier …

L'humain occidental (mais pas lui seulement, loin s'en faut) se place face à la Nature qu'il veut dominer et non pas dans la Nature qu'il devrait servir.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"Le wokisme définit les sociétés occidentales comme des structures de pouvoir fondées sur l’oppression des minorités sexuelles, raciales, religieuses ou ethniques. L’universalisme ne serait qu’une fiction cherchant à occulter le clivage fondamental et indépassable entre dominés et dominants, victimes et bourreaux. L’État est une machine à reproduire les inégalités et les discriminations, gouvernée par un antiféminisme et un racisme systémiques.

 

Le wokisme revendique pour chacun le choix de son identité de genre et conteste la frontière entre le monde humain et le monde animal, tout en affirmant l’enfermement dans les appartenances raciales. Il exalte la radicalité et assume le recours à la violence en visant l’annihilation de ses contradicteurs à travers la cancel culture. Sur le plan épistémologique, il récuse le principe d’une méthode scientifique et ne reconnaît pour vérité que la trajectoire et l’expression des dominés. Sur le plan politique, par la déification de l’identité, par la volonté de construire un homme nouveau, par le culte de la violence, il constitue une idéologie totalitaire.

(…)

Dans le monde académique, il a remplacé la science par le militantisme, installé un climat de terreur et éradiqué la liberté d’expression. Il contribue à installer les sociétés libres dans un climat de guerre civile, en niant la citoyenneté pour enfermer les individus dans des communautés irréductiblement hostiles. Par sa critique radicale de la liberté, de la raison et de l’humanisme, il fragilise les démocraties et fait le jeu des empires autoritaires, qu’il préserve de tout reproche – comme en témoigne le silence observé autour de la condition tragique des femmes en Iran ou en Afghanistan."

 

Le wokisme – comme les socialismes dont il est l'héritier génétique – est une grave maladie mentale. Il consiste à nier la personne autonome et à l'enfermer dans des catégories "identitaires" aussi artificielles que réductrices.

 

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De Guillaume Perrier :

 

"En 1994, l’extermination planifiée et programmée des Tutsis laissa le Rwanda exsangue. Un million de morts, hommes, femmes, vieillards, enfants, découpés, brûlés, massacrés, en à peine trois mois. Ce génocide, dont les racines remontent à l’époque coloniale, a été perpétré par un régime extrémiste soutenu aveuglément par François Mitterrand."

 

Il est vraiment temps que l'on dise et que l'on sache que François Mitterrand, le vrai collabo et le faux socialiste, était une crapule notoire.

 

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Le 13/01/2024

 

La notion, pourtant centrale, d'intention a été très mal utilisée et exploitée dans l'histoire de la philosophie notamment par Brentano, Husserl et Heidegger.

Il faut revenir aux racines étymologiques : une intention, c'est une tension intérieure, intrinsèque, une force qui pousse son porteur à accomplir une potentialité encore en friche, soit sous la forme d'une action, soit sous celle d'une œuvre.

Mais il faut y prendre garde : une intention est une force actuelle, un moteur dynamique installé dans le présent et non pas ni un but, ni une finalité, ni quoique ce soit à atteindre.

L'intentionnalisme n'est, en aucune mesure un finalisme.

Avoir l'intention de tirer un maximum de joie de chaque instant qui passe, n'a rien à voir avec le but de posséder une montre Rolex à 50 ans.

L'intention est une manière active et attentive d'être au monde, ici et maintenant, et ne se nourrit aucunement de désirs ou de projections sur l'écran d'un improbable et indéfinissable futur.

L'intention dessine une manière de vivre, ici et maintenant.

L'intentionnalisme est une éthique personnelle … la plus précieuse. Elle exprime la vocation profonde de chacun : qu'est-ce qui m'appelle (vocare, en latin) ?

 

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D'après Wittgenstein, "comprendre une proposition revient à savoir comment la vérifier".

Dès lors, s'il s'avère impossible d'imaginer une façon de la vérifier, la proposition doit être rejetée : il ne s'agit alors plus de véracité scientifique, mais de conjecture idéologique..

 

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Le Réel, c'est ce qui se fait, c'est ce qui arrive, c'est ce qui se construit, c'est ce qui s'accumule, c'est ce qui s'accomplit.

Le Réel n'est ni une "chose", ni un "en-soi" ; c'est un processus accumulatif, c'est une dynamique à l'œuvre : une intentionnalité, une corporalité, une logicité et une constructivité.

 

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Qu'est-ce que le Réel ? C'est tout ce qui se manifeste, notamment en moi et autour de moi.

 

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Chaque mot désigne ou qualifie un objet. Or, il n'existe aucun objet, tout n'étant que processus. Donc aucun mot n'a de sens. Seul les verbes conjugués (dont les seuls sujets acceptables sont "il y a" ou "on") et les adverbes qui les qualifient peuvent, éventuellement, en avoir un.

 

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Le 14/01/2024

De  Michaël Aguilar sur LinkedIn sous le titre : "Le roman noir de la dette française – 1974-2024" de 168,4 M€ à 3.215,1 M€ … soit un fois 20 en 50 ans :

 

"Tous incompétents. Depuis 50 ans.

Aucun ne parvient à dépenser moins que ce qu’il gagne. Et lorsqu’on regarde la courbe, il semble que le pire gestionnaire soit l’actuel locataire de l’Elysée. Certes, il y a eu l’épisode Covid… Mais tous les présidents sont des junkies, shootés à l’endettement. Et l’on sait tous que ça va mal finir car nous sommes précisément aujourd’hui dans l’état de la Grèce en 2010 !!!

Ah si seulement on s’était endetté pour financer l’avenir… Hélas, notre endettement finance une technostructure obèse, l’assistanat et des investissements improductifs.

Ce qu’il manque aujourd’hui en politique, ce n’est pas de l’intelligence, c’est du courage de dire stop à la gabegie, stop au clientélisme, stop aux déficits publics qui hypothèquent l’avenir de nos enfants."

 

J'avais effectivement vu cette courbe affolante dans le Point.

Mais je crois que ce soit encore pire en Chine et en Russie ...

Il n'y a pas de secret : plus un Etat veut développer l'assistanat (le politiquement correct parle du "social"), plus il doit prélever de taxes sur les revenus, sur les bénéfices, sur les héritages, sur les transactions, sur les produits, sur les importations, …

Et plus les taxes sont lourdes, plus les administrations s'engraissent et plus les besoins d'assistanat s'amplifient …

Cercle vicieux de l'antilibéralisme !

 

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Depuis Démocrite et les atomistes, le fond de la méthodologie philosophico-scientifique occidentale est l'analycisme : le Tout est l'assemblage de ses parties … et ces parties existent en elles-mêmes.

Pour comprendre le Tout, il convient de le démonter systématiquement et proprement en toutes ses parties, comprendre chacune de ces parties puis remonter le Tout consciencieusement et l'on pouvait alors affirmer joyeusement avoir compris ce Tout par la compréhension approfondie de chacune de ses parties et des relations entre elles. Descartes et sa "méthode" ne disaient rien d'autre.

 

Sauf que dans de nombreux cas, le Tout n'est pas la somme de ses parties du fait du surgissement de propriétés émergentes qui sont des propriétés holistiques globales qui n'appartiennent au aucune des parties. C'est là le cœur palpitant de toute la physique complexe qui doit dépasser l'analycisme mécaniciste et mettre au point des méthodologies organicistes et holistiques : le Tout n'est pas ni la somme, ni l'assemblage de ses parties qui ne sont, elles-mêmes que d'autres touts sur un échelon inférieur de l'échelle des observations.

 

Un esprit est plus que l'assemblage de ses organes neurologiques.

Un organe est plus que l'assemblage de ses cellules.

Une cellule est plus que l'assemblage de ses molécules.

Une molécule est plus que l'assemblage de ses atones.

Un atome est plus que l'assemblage de ces vibrations énergétiques que, faute de mieux, on appelle "particules élémentaires" alors qu'elles ne sont ni des particules (cfr. la mécanique quantique), ni élémentaires (cfr. le modèle standard des hautes énergies).

 

De même, contre Frege et Russell et, même, Wittgenstein à ses débuts, le sens global d'une phrase est plus que l'assemblage des sens des divers mots qu'elle contient. C'est d'ailleurs en cela que les productions des algorithmes dits "intelligents" sont si pitoyables.

 

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En fait, dans la réalité du Réel, il n'existe aucune partie dissociable du Tout.

Le Tout est Un ; il est une unité unitive, unique et unitaire.

La meilleure image, empruntée au taoïsme, est celle de la vague et de l'océan : la vague n'est pas une chose en soi, un être, une "partie constitutive" de l'océan que l'on pourrait en démonter et considérer à part ; elle est une manifestation particulière de l'océan avec lequel elle fait intégralement et totalement corps sans en être "une" partie".

Il en va exactement de même pour toutes les manifestations particulières du Réel-Un. Tout ce qui "fait" le monde des apparences, n'est qu'un vaste et inextricable ensemble de vagues, uniques et particulières, à la surface de l'océan qui seul existe réellement.

 

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Les cultures humaines ne sont pas sur un pied d'égalité, quoique puissent en penser les bien-pensants égalitaristes.

Il y a les cultures primitives magico-mythiques, qui ne manquent pas de charme (Claude Lévi-Strauss l'a amplement montré), mais qui ne disent rien ou si peu du Réel.

Il y a ensuite trois cultures supérieures :

 

  • la culture européenne (judéo-helléno-chrétienne) qui connaît quatre dégénérescences : l'une russe, la deuxième américaine, la troisième islamique et la dernière latinos,
  • la culture indienne avec de multiples courants
  • et la culture sino-asiate complètement pervertie par le maoïsme et ses dérivés.

 

Mais l'heure est venue de monter globalement d'un cran et de construire de nouvelles cultures complémentaires, héritières de l'européanisme, de l'indianisme et du taoïsme, c'est-à-dire réussissant la synthèse vraie entre analycisme, monisme et organicisme.

Ces nouvelles cultures devront réintégrer l'humain dans le tissu profond de la réalité du Réel, et seront toutes basées sur une vision panenthéiste et holistique, organique et moniste.

 

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L'éthique est le chemin de l'harmonie ou, mieux, de l'harmonisation entre son propre chemin de vie et le chemin de vie du monde alentour, dans le cadre de l'évolution globale et intentionnelle du Réel.

 

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L'idée d'harmonie convoque, tout à la fois, la notion d'éthique (le vie bonne) et celle d'esthétique (la vie belle).

 

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Le 15/01/2024

 

De mon amie Julia de Funès, philosophe :

 

"Nous sommes tous égaux en droit, mais nous ne sommes pas équivalents pour autant. Certains travaillent mieux que d’autres, certains ont plus de mérite que d’autres. Ne pas l’admettre, c’est refuser de reconnaître les gens à leur juste valeur. Cette première confusion en amène une seconde. A l’ère égalitariste, toute inégalité est aussitôt assimilée à une injustice. Mais il y a des égalités injustes et des inégalités qui s’avèrent justes. Cela s’appelle l’équité. Si je paie plus d’impôts que mon voisin, c’est une inégalité qui se justifie. Si je reçois moins d’aides sociales qu’un chômeur, c’est une inégalité juste."

 

Il est temps de se défaire de cette absurde notion d'égalité. Rien n'est l'égal de rien. Tout est unique et différent de tout le reste.

Il ne s'agit pas de justice égalitaire, mais d'équité différentielle.

L'égalitarisme qu'il soit globalisé (socialisme) ou identarisé (wokisme)n est une absurdité philosophique et thermodynamique (l'égalité maximale, c'est l'uniformité maximale, donc l'entropie maximale, donc la mort).

 

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De Paul Molga :

 

"Mauvaise nouvelle ! La Terre a franchi un nouveau point de bascule en 2020 : la masse de ce que l’homme a fabriqué pèse désormais plus que toutes les formes de vie sur la planète. Selon les chercheurs à l’origine de ce calcul, le poids des produits manufacturés – machines, voitures, bâtiments, infrastructures… –s’élèverait à 1 100 milliards de tonnes, soit 100 milliards de plus que la biomasse. Il a doublé en vingt ans et la tendance s’accélère. Il pourrait ainsi atteindre 3 000 milliards de tonnes en 2040. Les chercheurs estiment par exemple que la masse des plastiques est deux fois supérieure à celle de tous les animaux. Avant l’ère anthropocène, les constructions humaines ne représentaient que 3% du total du vivant. Ces données sont à rapprocher de l’expansion urbaine : le nombre de villes dans le monde est de 1 million. Les 600 les plus peuplées hébergent un cinquième de la population mondiale."

 

La population humaine sur Terre doit redescendre sous la barre des deux milliards bien avant 2200. Tout converge pour le confirmer.

 

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De Dwight Morris :

 

"Le monde est divisé en deux : ceux qui veulent être quelqu'un

et ceux qui veulent réaliser quelque chose"

 

Il y a les constructeurs et il y a les autres. Et ces autres se répartissent en parasites, en nostalgiques et en nombrilistes.

 

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De l'Agence Internationale de l'Énergie :

 

"8,53 milliards de tonnes, la consommation record de charbon dans le monde... La consommation de charbon dans le monde a atteint en 2023 un niveau record de 8,53 milliards de tonnes, en hausse de 1,4 % par rapport à 2022. Elle a augmenté en Chine de 220 millions de tonnes (+ 4,9 %) et en Inde de 98 millions de tonnes (+ 8,4 %). À l'inverse, elle a baisse de 107 millions de tonnes (- 23,3 %) dans l'Union européenne et de 95 millions de tonnes (- 20,9 %) aux États-Unis."

 

Donc pointons du doigt les gros responsables de dérèglement climatique par émission de CO2 : la Chine et l'Inde. Et ajoutons encore tous les pays producteurs de pétrole (donc essentiellement l'Islamie) et le compte est fait.

 

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Il faut se méfier comme de la peste la vision des "éminents géopolitologues" qui raisonnent complètement enfermés dans l'ancien paradigme, c'est-à-dire dans le nationalisme (notamment franchouillard), l'anti-américanisme (obsessionnel), le mondialisme (complètement dépassé), le démocratisme (l'autre nom de la démagogie), le populisme (donner raison aux crétins, c'est-à-dire à 85% de la population), les assistanats tous azimuts (contre le principe de l'autonomie personnelle et collective), l'endettement exorbitant des Etats (qui se croient en charge du bonheur de tout un chacun alors qu'ils ne doivent avoir qu'un seul rôle : garantir l'autonomie réciproque et mutuelle de tout un chacun) ...

 

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De  Pierre-Antoine Delhommais (dont je recopie ci-dessous l'intégralité de l'éditorial :

 

"En économie comme en météorologie, la perception de la situation est parfois très éloignée de ce que disent les chiffres officiels. Notamment sur l’inflation.

 

C'est seulement il y a une petite vingtaine d'années que les météorologues français ont importé du Canada les indicateurs de « refroidissement éolien » et de « températures ressenties » permettant de mesurer l'effet amplificateur trop bien connu du vent sur la sensation de froid. Les économistes s'intéressent à leur tour de très près à la notion de « ressenti ». Ils cherchent à identifier les causes mais aussi à analyser les conséquences du décalage régulièrement observé entre la situation économique que décrivent les statistiques officielles et celle perçue par les citoyens.

Dans cette optique, l'Insee vient d'élaborer un novateur et complexe indicateur de « PIB ressenti » qui vise à mesurer « le bien-être monétaire » et « la contribution des revenus à la satisfaction dans la vie », en intégrant notamment la distribution des richesses au sein de la population. De façon rétrospective et sur une longue période, ce nouvel indicateur donne des résultats plutôt décoiffants.

 

Des crises qui n'en finissent plus

Aux États-Unis, en raison du creusement des inégalités, le PIB ressenti aurait stagné entre 1978 et 2020 alors que, de son côté, le PIB officiel triplait. À l'inverse, depuis un demi-siècle, le PIB ressenti et le PIB auraient évolué quasiment au même rythme dans de nombreux pays européens, permettant même au PIB ressenti par habitant de la France, de la Finlande, de la Belgique ou encore de la Suède de dépasser celui des États-Unis. Dernier enseignement, les crises économiques mesurées par l'évolution du PIB ressenti dureraient en réalité bien plus longtemps, jusqu'à une décennie, que les une ou deux années signalées par le calcul conventionnel du PIB.

 

L'inflation reste toutefois encore le phénomène économique le plus emblématique, le mieux documenté aussi, de divergence entre « réel » et « ressenti ». Une étude de l'Insee a ainsi révélé qu'entre janvier 2004 et décembre 2010, les Français avaient en moyenne perçu un indice des prix à la consommation de six points supérieur à l'indice officiel. Pour l'année 2008, 75 % des personnes interrogées estimaient l'inflation à plus de 5 % (45 % la situant à plus de 10 % et même 17 % à plus de 20 % !) alors qu'elle avait été mesurée à 2,8 %. Tout récemment, en septembre dernier, les Français évaluaient en moyenne l'inflation à 17,5 %, contre 4,9 % annoncés par l'Insee.

 

Parmi les pistes avancées par les économistes pour expliquer cet écart du simple au triple, la sensibilité plus grande des consommateurs aux prix des produits les plus fréquemment achetés, comme ceux du paquet de pâtes et du kilo de sucre qui se sont envolés au cours des deux dernières années. Nous aurions aussi tous psychologiquement tendance à accorder plus d'attention et d'importance aux prix en hausse qui menacent directement l'équilibre de notre budget qu'aux prix stables ou en baisse.

 

Du ressenti au ressentiment

À cela s'ajoute le traitement asymétrique de l'information par les médias qui « sur-traitent » les mauvaises nouvelles et « sous-traitent » les bonnes. Qui multiplient les reportages dans les stations-service quand les prix de l'essence flambent mais passent sous silence leur baisse. Un biais négatif de nature à renforcer la défiance et la colère des citoyens à l'égard de pouvoirs publics soupçonnés de cacher les « vrais » chiffres de l'inflation, mais aussi du chômage, de la pauvreté, des inégalités, etc. Du ressenti au ressentiment, le chemin est très court.

 

Rien d'étonnant dans ces conditions que la « température économique » ressentie par les Français se révèle systématiquement inférieure à celle mesurée officiellement, que la situation soit perçue comme plus mauvaise qu'elle ne l'est. Le danger d'un ressenti souvent trompeur est de pousser les gouvernements à mettre en œuvre, sous la pression de l'opinion, des politiques économiques inadaptées et néfastes. À subventionner par exemple l'achat de carburant en pleine crise climatique, à prendre des mesures supplémentaires et coûteuses de soutien au pouvoir d'achat pour répondre au mécontentement des Français ayant le sentiment que celui-ci baisse alors que, selon l'Insee, il progresse (+ 0,8 % en 2023). Fort utiles en météorologie pour alerter les trappeurs du Grand Nord canadien des risques d'engelures et d'hypothermie, les indicateurs de ressenti doivent en revanche en économie être observés avec beaucoup de recul et interprétés avec une extrême prudence."

 

L'analyse est excellente et dépasse largement les domaines de la météorologie et de l'économie ménagère. L'existence humaine est une perpétuelle confrontation entre le ressenti imaginé et la réalité observée, entre le subjectif et l'objectif.

Et c'est une grave preuve de récession culturelle que d'attacher une quelconque attention au ressenti qui relève de l'animalité la plus primaire.

 

 

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De Maurice Lévy :

 

"Le grand rabbin Joseph Sitruk m'avait dit un jour : « La foi, c'est le doute »…

Cette dimension de doute m'a toujours habité, à tout point de vue. Rien n'est plus pernicieux et faux que la certitude. Le doute, c'est par essence la voie de l'apprentissage, c'est aussi une très grande qualité, à la condition de ne pas s'y complaire, sinon on est incapable de prendre la moindre décision et on se retrouve dans l'incertitude permanente. Si, au contraire, on est dans une forme de doute permanent, qui permet de se poser les bonnes questions, de ne pas s'arrêter à l'évidence, cela permet d'avancer. L'interrogation est une des qualités de l'éducation juive. Quand on lit les textes, ce que je fais aux grandes fêtes, une relation entre le juif et son Dieu s'instaure. Il l'interroge, le bouscule, et il obéit, il le vénère, il appelle, il craint, il demande sa miséricorde… Ce n'est pas une relation simple.

Dans l'enseignement juif, tout est source d'interrogations. Il n'y a pas de vérité qu'on applique sans s'interroger, de décision qui s'impose. Ensuite, viennent les comportements de vie, les dix commandements, en clair. Puis, la religion pousse à une volonté de dépassement. Dans le judaïsme, il y a toujours un engagement à s'améliorer. Quand on demande pardon à Kippour, on s'amende, pour toutes les fautes qu'on a commises et même celles qu'on n'a pas commises, et on promet de s'améliorer. On est dans une quête permanente du dépassement de soi, dans sa part d'humanité, mais aussi dans sa compréhension de l'autre, du monde."

 

Le judaïsme est une spiritualité qui apprend à poser des questions et non pas une religion qui impose ses réponses.

Et derrière cet art de poser sans cesse des questions, il y a l'idée grandiose d'Alliance entre l'humain et le Divin au sein du Réel.

 

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Les langues humaines résultent des interactions entre un lexique (fait de mots signifiants liés à des objets, des sentiments, des actions, des caractéristiques, etc …) et une syntaxe (des règles pour l'assemblage de mots afin de former des propositions censées décrire des faits observables ou ressentis).

Une première chose à dire est que les langues humaines sont des méthodes pour dessiner une "carte" représentant un territoire bien plus vaste, plus riche, plus profond, plus unitif, plus complexe et plus intriqué qu'elles ne sont capables de !'exprimer.

Il existe d'autres langages humains, non verbaux, qui permettent de représenter d'autres caractéristiques du Réel ; on pense évidemment au langages mathématiques ou algorithmiques qui sont des langages plus axés vers le quantitatif.

Et, surtout, il faut aussi penser aux langages iconographiques, des plus réalistes (films, photographies, …) au plus symboliques, ceux-ci suggérant l'idée ou ensemençant l'esprit, plus que représentant le Réel.

Plus les cultures humaines s'intéresseront à la complexité profonde du Réel, plus elles s'éloigneront des langages formels (verbaux ou quantitatifs) pour utiliser des langages symboliques.

Cela marquera le dépassement de l'emprise des philosophies analytiques et engendrera l'éclosion de philosophies symboliques, analogiques, initiatiques voire mystiques.

Il semble que nous allons vivre – que nous vivons déjà – une importante bifurcation linguistique entre les langues vernaculaires populaires et les langages symboliques plus élitaires.

Cette bifurcation est inéluctable dès lors où l'humain, se rapprochant du Divin, se doit de représenter et d'exprimer la complexité profonde du Réel, au-delà des apparences analytiques et simplistes du commun des mortels.

 

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Il ne s'agit plus de décrire, mais de faire comprendre

Il ne s'agit plus de représenter, mais de s'impliquer.

Il ne s'agit plus de savoirs, mais de connaissance.

 

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Les langages humains ne sont jamais des sciences exactes ; ils sont tous des tentatives de partage, plus ou moins bien intentionnées, de représentations partielles et partiales d'un Réel fort éloigné, et impliquant une formulation, une expression, une transmission, une réception et une interprétation.

Rien n'y est jamais univoque.

Les tentatives de Frege, Russell et Wittgenstein de fabriquer une philosophie analytique du langage qui puisse atteindre l'univocité et la certitude, sont simplement absurdes.

Chaque humain est absolument seul dans sa propre pensée, mais constamment nourri de stimuli de natures hétéroclites et artificielles.

 

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Un curieux slogan très woke de Cofidis :

 

""Dans un monde où l'on ne se juge pas,

Il est plus facile d'avancer."

 

Avancer ? Pour aller où ? Comment ? Avec qui ? Pour quoi faire ? Etc …

Facile ? Pourquoi faudrait-il que ce soit facile ?

En quoi un jugement devrait-il nécessairement être négatif ; ne peut-il être un accélérateur, une moteur, un encouragement ?

 

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Le Réel ? Une Intentionnalité qui engendre une Corporalité pour s'y incarner et une Logicité pour y puiser sa cohérence et qui nourrissent une Constructivité qui fait s'accomplir le Tout vers sa propre plénitude.

Tout est dit !

 

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Pour aller quelque part ( ou construire quelque chose – ce qui revient au même : ce n'est qu'une question de choix d'espace d'évolution), il faut d'abord décider clairement vers où l'on va (c'est l'Intentionnalité), posséder les ressources nécessaires (c'est la Corporalité), se donner une organisation efficace (c'est la Logicité) et se mettre en route avec énergie (c'est la Constructivité).

Là sont les quatre pôles constitutifs de quelque processus que ce soit, global ou particulier, humain ou non.

 

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Le monde réel n'est pas binaire. Et le financiarisme est aussi dangereux que le socialisme, que le populisme, que l'islamisme, que le poutinisme ou que les chinoiseries.

Que l'Europe se fasse tranquillement bien en dehors de tous ces "ismes" ...

 

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De Léon Denis (quel dommage qu'il ait sombrer dans le spiritisme) :

 

"L'homme commence à entrevoir l'évolution grandiose de la vie à la surface des mondes. Il voit la corrélation des forces et l'adaptation des formes et des organes en tous milieux. Il sait que la vie se développe, se transforme et s'affine à mesure qu'elle parcourt sa spirale immense. Il comprend que tout est réglé en vue d'un but, qui est le perfectionnement continu de l'être et l'accroissement en lui de la somme du bien et du beau."

 

Ce texte a été publié en 1911, selon les normes, conventions et découvertes de l'époque. Des expressions sont inadéquates : "la vie à la surface des mondes", "corrélation des forces", "adaptation", "spirale immense", "en vue d'un but", "accroissement du bien et du beau" …

On est encore en plein dans les idéalismes du 19ème siècle. Cependant, la foi évolutionniste et la vision processualiste y sont … et c'est énorme.

 

Et le même de continuer :

 

"Dieu, tel que nous le concevons, n'est donc pas le Dieu du panthéisme oriental, qui se confond avec l'univers, ni le Dieu anthropomorphique, monarque du ciel, extérieur au monde, dont nous parlent les religions de l'Occident. Dieu est manifesté par l'univers, qui est sa représentation sensible, mais il ne se confond pas avec lui."

 

Cela s'appelle le panenthéisme. Et ce Divin fondamental, fondement et source de tout ce qui existe est vivant, il évolue et s'accomplit ; il n'est donc ni parfait, ni immuable. Et heureusement !

 

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Le 16/01/2024

 

Rappelons-le encore une fois : l'Islamisme est au 21ème siècle ce que le Nazisme et le Communisme ont été au 20ème siècle. Il doit être éradiqué non seulement par l'Etat d'Israël, mais par tous les pays libres et civilisés du monde, en coalition unanime. 

 

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Le problème n'est pas la race, mais la culture. Limiter et contrôler les immigrations, c'est préserver sa propre culture c'est-à-dire sa langue, son histoire, ses mœurs, ses coutumes, sa morale, ses valeurs, etc ...  et c'est aussi combattre des cultures autres qui lui sont incompatibles, notamment dans les relations avec les femmes.

 

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Le christianisme naît réellement après et par suite de la répression contre la révolte juive de 70 PCN en Judée.

Si le Temple n'avait pas été rasé et les élites sadducéennes (lévitiques, donc, gardiennes de l'orthodoxie) n'avaient pas été contraintes à l'exil, la petite secte judéo-chrétienne de Jacques n'aurait pas fait long feu et Paul, romain d'adoption, n'aurait été ni entendu, ni pris au sérieux.

 

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L'évolution du Réel repose sur quatre moteurs tous bipolaires :

 

  1. Le premier moteur est le mieux connu de la physique classique est celui de la Corporalité (élaboration et transmission de ressources) qui régit la dialectique entre la Spatialité (l'expansion et la géométrie de l'espace-temps) et la Pondéralité (les concrétions de la substance primordiale que l'on avait appelé "éther" ou "hylé" et que l'on appelle souvent, aujourd'hui "énergie noire" qui est de l'activité pure, sans masse ni charge, et non pas de la matière).
  2. Le deuxième moteur, également assez bien connu de la thermodynamique, est celui de la Constructivité (élaboration et transmission d'efficience) qui optimise les rapports entre l'Entropicité, c'est-à-dire la tendance à l'uniformisation, à l'homogénéité, à la conformité, à l'intégration, … et la Néguentropicité, c'est-à-dire la tendance à la complexification, à la différenciation, à la créativité, à l'individuation …
  3. Le troisième moteur est celui de la Logicité (élaboration et transmission de connaissances) qui vise la cohérence du Réel, tenaillée entre Rationalité (tout ce qui arrive doit avoir une bonne raison commune d'arriver ; appliquer les mêmes règles et les mêmes lois en toute circonstance) et Ingéniosité (si une occasion d'accomplissement inédite se présente et ne nuit pas à la cohérence globale, il faut la saisir et engendrer une nouvelle logique supérieure).
  4. Le dernier moteur est celui de l'Intentionnalité (élaboration et transmission de projets) qui vise l'accomplissement en plénitude de toutes les potentialités. Elle est un champ ouvert de développement vers plus d'accomplissement alors qu'un but est un point précis qui est visé et doit être atteint. L'intentionnalité peut donc prendre plusieurs formes et engendrer une dialectique entre la réalisation d'un but qui est une Volonté, ou la satisfaction d'un désir (au sens noble et élevé du terme) qui est une Opportunité.

 

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Au-delà de toutes les interprétations, insinuations ou procès faits à l'athéisme, l'athée est quelqu'un qui refuse l'idée que le Réel puisse avoir un sens, un projet, une vocation et qui considère que le hasard est le seul moteur de l'évolution de tout ce qui existe.

Cette philosophie est forcément absurde puisque que le hasard doit forcément s'appliquer à quelque chose qui lui préexiste. Pour-quoi ce quelque chose qui préexisterait au hasard, existerait-il ?

Est-ce une raison pour nier tout hasard, pour nier des coïncidences, ces incongruités aléatoires de l'existence des êtres et des choses ?

Bien sûr que non ! Le hasard existe et agit, mais il n'est pas – et de loin – le moteur de l'évolution du Réel.

Le Réel n'est ni déterministe, ni indéterministe ; il est constructiviste, à la fois volontariste et opportuniste.

 

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Le 17/01/2024

 

La grande majorité des commentateurs de l'effondrement français refuse de voir la réalité : depuis les émeutes parisiennes de 1789 (que l'on appelle bien à tort la "révolution française"), le peuple français est infantile et immature. Il croit aux miracles et à l'argent gratuit et facile. Il croit que l’État est une fée magicienne. Il croit au "il suffit" et aux "y a qu'à".

 

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Mon crédo politique ? Moins d'Etat, moins de fonctionnaires, moins de règlements, moins de taxes, moins d'immigrés, moins d'assistanats, moins de politicards, moins de syndicalistes, …

C'est clair, non ?

 

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Il y a trois catégories d'humains.

Il y a les nostalgiques et les pleurnichards qui revendiquent contre le présent et réinventent un "bon vieux temps" imaginaire.

Il y a les parasites et les charognards qui pillent tout ce qu'il y a à piller sans le moindre souci du lendemain, leur nombril étant le centre du monde.

Et il y a les constructeurs et les entrepreneurs qui créent l'avenir à leur mesure, avec leurs moyens, selon leurs talents.

Ces derniers qui seuls méritent respect et aide, représentent 15% de la population.

Quant aux deux autres catégories qui représentent 85% de la population, ils passent leur temps à mettre en place des jeux d'alliance sous la férule des politicards et des syndicards.

 

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Toutes les matières interagissent entre elles au sein de la Matière.

Toutes les vies interagissent entre elles au sein de la Vie.

Tous les esprits interagissent entre eux au sein de l'Esprit.

Toutes les vocations interagissent entre elles au sein de l'Intention.

Tout interagit avec tout au sein du Tout.

Le Réel n'est qu'interactions globales et particulières.

Chaque dimension du Réel possède des sensibilités plus ou moins marquées en son sein, mais aussi avec les autres.

Mais quelque interaction que ce soit, implique des transferts et des flux d'énergie primordiale (hylé ou "énergie noire"), soumis à des règles et les protocoles stricts (au-delà de toutes les fantaisies spirites, télékinétiques, médiumniques, télépathiques,  chiromantiques, et autres fadaises parapsychologiques).

 

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L'esprit humain est une manifestation partiale et partielle, faible et déformée, particulière et insignifiante de l'Esprit cosmique, donc divin. Mais il est notre seul outil pour entrer en contact avec ce Tout-Un qui nous dépasse infiniment. Il faut donc apprendre à le développer, à l'entraîner, à l'exercer … C'est tout cela que l'on appelle l'ascèse spirituelle et intellectuelle.

 

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Tout ce qui existe est une manifestation du Divin, qu'il contient par immanence, et qui le contient par transcendance.

 

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Le Divin a besoin de ses manifestations pour accomplir son essence et réaliser son intention. C'est cela le fondement ultime de l'Alliance entre Dieu et tout ce qui existe. Dieu a besoin de nous comme nous avons besoin de Lui.

 

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Le Réel est l'Un, le Tout et le Divin ; il vit au travers de ses manifestations accumulées et évolue vers sa propre plénitude.

Voilà. Tout est dit.

Tout le reste n'est que détails.

 

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Dire, c'est faire croire et croire faire.

Croire, c'est faire dire et dire faire.

Faire c'est croire dire et dire croire.

 

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Le 18/01/2024

 

Mettons-nous dans l'esprit de l'humain tout à fait primitif mais qui veut sortir de la simple animalité dépendante de la Nature. Il se tient face à un monde source à la fois d'opportunités et de dangers. Il peut prendre trois attitudes.

Soit il ne s'y intéresse pas ou très peu, à titre purement utilitaire : la vraie vie est toute en intériorité, entourée d'un monde qui, au fond, n'est qu'illusion : c'est la racine de la culture indienne qui a donné le védisme, puis le brahmanisme, puis le bouddhisme et quelques autres traditions.

Soit il s'y intéresse et il possède deux outils sur cette voie.

Le premier outil est son intuitivité qui lui donne une vision globale, organique, holistique du monde ; c'est la racine de la culture chinoise qui a donné essentiellement le taoïsme et le confucianisme.

L'autre outil est sa sensitivité ; l'observation des choses qui s'assemblent et se combinent dans le monde induit une approche plus analytique, plus quantitative, plus expérimentale : c'est la racine de la culture européenne qui a donné la science, le rationalisme, le logicisme.

Mais ces trois regards ne s'excluent pas mutuellement si l'on veut bien dépasser les querelles (voire les guerres) d'écoles : la science a besoin de l'intuition pour assurer sa complétude et sa cohérence, tout comme l'intériorité a besoin de comprendre le monde alentour pour pouvoir s'y épanouir et s'y accomplir (qu'elle le veuille ou non, la vie intérieure, même la plus ascétique, est terriblement liée et dépendante de la vie extérieure).

Il me semble que notre époque est en passe de réussir la convergence de ces trois regards aussi riches que complémentaires ; le mot "panenthéisme" me semble le plus approprié pour exprimer cette convergence.

 

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L'âme, c'est ce qui anime l'existence (du latin anima) ; c'est donc l'intentionnalité profonde de chacun, sa vocation.

Et toute âme particulière ne peut s'accomplir pleinement qu'en parfaite harmonie avec l'accomplissement de l'Âme cosmique dont elle n'est qu'une manifestation infinitésimale.

C'est là tout le secret de la Joie de vivre.

On pourrait alors parler de construire la symphonie (on pourrait dire "la communion") des âmes (de toutes les âmes, pas seulement humaines) dans l'Âme cosmique ou divine qui, elle, par essence, est éternelle et immortelle, puisque intemporelle.

Le problème de l'immortalité de l'âme personnelle ne se pose donc pas.

 

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Aujourd'hui, dans notre insignifiant minuscule monde humain, nous sommes bien loin de cette "communion des âmes" dans l'Âme : les religions et les idéologies s'affrontent en quête d'hégémonie relative et éphémère, et la vie humaine détruit peu à peu la vie de la Nature dont elle est pourtant partie intégrante.

Malheureusement, 85% des humains sont totalement ignorants et ne connaissent rien de cette indispensable symphonie des âmes pourtant garante de la Joie et de la Paix sur cette Terre.

 

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Le mythe du "voyage" … La fuite vers "l'ailleurs" … Le "charme" de l'exotique, même totalement artificialisé et marchandisé …

Fuir ! Fuir ce que l'on est et ce que l'on vit ! Et croire que l'on peut se fuir, soi et sa propre médiocrité. Un platane ou un palmier ne changent rien à la bêtise que l'on porte en soi.

Le dépaysement ne fait que changer le décor, il ne change rien ni à sa propre crétinerie intrinsèque, ni à sa propre pourriture intérieure.

Il n'existe aucun paradis ailleurs. Il est temps que chacun comprenne qu'il faut s'ancrer là où l'on est et construire, là, ce qu'il y a à y construire. Ailleurs, c'est toujours pire, dès que l'on a balayé les paillettes. Partout, la densité de cons au mètre carré est la même, même si leur connerie ne s'exprime pas partout de la même façon. On vit plus à l'aise avec la connerie que l'on connaît qu'avec celle que l'on découvre ailleurs.

Halte aux tourismes. Halte aux immigrations.

 

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Chacun doit être le responsable de ses résultats et jamais le comptable de ses horaires. Il faut cesser de rémunérer les gens à l'heure de présence. Il ne faut rémunérer que le mérite acquis et vérifié. Comme on disait au 19ème siècle, il faut rémunérer les gens non pas à l'heure prestée, mais à la "pièce produite".

Pour qu'il y ait une justice sociale, il ne faut pas légiférer sur des horaires de travail avec lesquels tout le monde triche, mais sur les critères d'évaluation des résultats objectifs et factuels du travail fourni.

 

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Le 19/01/2024

 

Patrimoine ou Plaisir … une des grandes bipolarités de l'existence quotidienne. Amasser ou consommer. Thésauriser ou dilapider. Tout pour maintenant ou tout pour plus tard.

Cette bipolarité ne doit surtout pas être confondue avec celle qui oppose pingrerie et générosité, bipolarité qui oppose la distinction entre le don à tous ceux qui geignent (les parasites) et celui à seulement ceux qui le méritent (les vrais accidentés de la vie).

Non ! La bipolarité entre patrimoine et plaisir se pose entre ce dont on peut jouir tous les jours et ce dont on ne jouit qu'une seule fois, entre la belle statue qui trône sur le table du salon et le hamburger que l'on dévore en cinq minutes.

Je suis de la génération qui croit plus à la jouissance du patrimoine durable qu'en celle du plaisir instantané.

Mais il faut bien constater que les jeunes d'aujourd'hui fonctionnent majoritairement de la façon opposée : consommons tout de suite ce qui peut l'être et advienne que pourra plus tard ; on vendra volontiers la statue du salon (héritée de l'arrière-grand-mère) pour s'offrir des vacances de cinq jours au club-méd. dans une île soi-disant exotique, truffée d'attrape-nigauds et de paradis artificiels et faux. Bref : le choix de l'illusion passagère plutôt que du réel durable.

 

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Israël fait évidemment partie de l'Euroland (33% des prix Nobel sont des Juifs ...) ; comme le Liban pourrait et devrait l'être si le Hezbollah n'y faisait pas le loi, et si le néo-sultanat ottoman d'Erdogan n'y faisait pas obstacle sous la férule des Frères musulmans du Caire.

Le sort de l'Etat d'Israël dépend clairement de la coalition internationale non pas contre l'islam (malgré que ce soit une religion de très grande médiocrité, notamment dans sa relation avec les femmes), mais contre toutes les formes et factions de l’islamisme (Hamas, Hezbollah, Al-Qaïda, Frères musulmans, Al-Jizera, Talibans, Mollahs iraniens, les actuels gouvernements tunisien et algérien, ...).

Il est crucial que chacun comprenne bien que l'islamisme est au 21ème siècle, ce que le nazisme et le communisme furent au 20ème siècle : la lèpre !

Je rappelle qu'en 1948, la plupart des musulmans de Judée ont opté pour la nationalité israélienne et ne le regrette pas. Je rappelle aussi que les soi-disant palestiniens, d'aujourd’hui, sont les descendants d'ouvriers égyptiens, jordaniens, libanais, libyens, syriens immigrés en Israël trop heureux d'y trouver du travail sur les grands chantiers des années 1950 et qu'ils ont refusé la nationalité israélienne sous la pression de l'OLP, créée et dirigée par un Égyptien nommé Yasser Arafat, financé et formé par le KGB depuis l'URSS ; Arafat était le neveu du grand mufti de Jérusalem, al Husseini, grand ami d'Hitler et protégé par celui-ci dans son bunker de Berlin.

L'antisionisme actuel est l'héritier direct de l'antisémitisme laïc, lui-même héritier de l'antijudaïsme romano-chrétien dont le faux apôtre Paul a été l'un des grands instigateurs en plaçant le "Juif" dans le rôle multimillénaire de "bouc émissaire". Ce besoin d'avoir toujours un bouc émissaire sous la main est typique de la médiocrité des masses humaines qui n'ont aucune intention d'assumer elles-mêmes leurs propres erreurs, faiblesses ou fautes (il suffit d'observer des gamins dans une cour de récréation : "c'est pas moi, m'sieur, c'est sa faute à lui !").

 

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La Paix !

Voilà le mot-clé.

Paix avec soi-même.

Paix avec les autres.

Paix avec la Nature.

Paix avec le Divin.

Mais que signifie le mot "Paix" ?

La Paix, c'est l'absence de conflit ce qui n'exclut pas l'existence de tensions.

La Paix, c'est la recherche de l'harmonie et de la communion, ce qui n'exclut pas les désaccords.

La Paix, c'est la construction de l'Alliance de tout avec tout, au-delà des différences et des divergences, mais c'est exclure toute violence !

La Paix, c'est l'absence radicale de violence !

 

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La violence, c'est la préséance de la force matérielle sur la force spirituelle.

 

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La gauche, c'est l'emprise démagogique qui manipule les médiocres contre ceux qui construisent le monde de demain.

Il faut cesser de pleurnicher sur le sort de ces fainéants, bons-à-rien et assistés qui passent leur vie à tout vouloir pour rien.

 

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Editorial d'Etienne Gernelle que je cite in extenso :

 

"En élisant un candidat honni de Pékin, les Taïwanais donnent une leçon à l’Occident… où tant de « démocrates » affichent une complaisance aveugle à l’égard des autocrates.

Quelle leçon ! La deuxième armée du monde, celle de la Chine, a ses canons braqués sur eux, mais les Taïwanais ne se sont pas laissé impressionner : ils ont élu comme nouveau président Lai Ching-te, candidat du Parti démocrate progressiste, honni de Pékin. Tout comme, ces dernières années, les Hongkongais, les Iraniennes ou les Ukrainiens, ils ont choisi la liberté à leurs risques et périls.

Chez nous, ce serait plutôt l'inverse. Car il faut bien constater que, dans le confort douillet des démocraties occidentales, l'on utilise beaucoup cette liberté héritée pour flatter la rhétorique des tyrans ou servir leurs intérêts. Combien Erdogan, Khamenei, Poutine ou Xi Jinping doivent rire de nous ces temps-ci !

Donneurs de leçons. Les mieux servis, en ce moment, sont les dirigeants du Hamas, et derrière eux les mollahs iraniens, tant leur propagande est bien relayée. En témoigne l'écho favorable reçu, en Occident et notamment en France, par l'accusation de génocide portée par l'Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice (une instance onusienne). Les mots ont un sens, et les réelles souffrances de la population de Gaza ne justifient pas ce qualificatif indécent – il a d'ailleurs très peu de chances d'être retenu – et en outre grotesque de la part d'un pays ayant chaleureusement accueilli et protégé le Soudanais Omar el-Béchir, le boucher du Darfour, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, notamment pour… génocide. Sauf que cela marche : la « nazification » d'Israël, vieux procédé des antisémites – pardon, des antisionistes – est ressortie du placard.

Ce cadeau à Khamenei et consorts n'est que le dernier d'une longue liste. Citons par exemple l'affaire Claudine Gay, du nom de l'ancienne présidente de Harvard qui n'avait pas su dire devant le Congrès américain que l'appel à éliminer les Juifs était contraire au règlement de l'université, puisque cela dépendait du « contexte ». Elle a finalement été écartée, mais… pour cause de plagiat. Nos idiots utiles ont alors parlé de victoire « réactionnaire ». Si la lutte contre l'antisémitisme est une cause « réactionnaire », faut-il en conclure que celle du Hamas est « progressiste » ? On imagine ses leaders savourer ce spectacle dans leurs canapés à Doha…

L'autre gâté de l'époque est le régime chinois, qui ne perd pas une occasion de tancer Israël à propos de Gaza, visant par ricochet les États-Unis : tant de voix à l'Ouest pour accabler Israël, et si peu pour dénoncer les persécutions à l'encontre des Ouïgours, musulmans et turcophones… Le président Xi a-t-il pensé à leur dire merci ?

Des amis chez ses ennemis. Vladimir Poutine, lui, est bichonné depuis longtemps en Occident. La complaisance de nombreux leaders politiques, de Trump à Orban – en France, Le Pen et Mélenchon –, fut à peine tempérée par l'invasion de l'Ukraine. Le maître du Kremlin, qui avait qualifié la démocratie libérale d'« obsolète » en 2019 lors d'un entretien au Financial Times, doit se tenir les côtes : malgré le sang versé, il a gardé pratiquement tous ses amis chez ses ennemis.

Mais pourquoi tant de bêtise ? « Le cerveau de l'imbécile n'est pas un cerveau vide, écrivait Bernanos, c'est un cerveau encombré où les idées fermentent au lieu de s'assimiler, comme les résidus alimentaires dans un côlon envahi par les toxines. » Parmi les idées fermentées, mal assimilées, il y a celle de l'« impérialisme ». De Moscou à Téhéran en passant par Ankara et Pékin, on en accuse sans cesse l'Occident, agitant frénétiquement son (indéniable) passé colonial. C'est de bonne guerre. On comprend moins pourquoi on reprend chez nous cette antienne avec autant d'enthousiasme, en omettant de mentionner les propres histoires impériales de ces dictatures qui nous font la leçon et, surtout, en passant sous silence leurs appétits actuels. Quant à l'islamisme, il n'est, comme chacun sait, pas du tout expansionniste… Les puissances révisionnistes n'ont pas à se donner beaucoup de peine pour récrire l'Histoire, leurs valets de l'Ouest leur mâchent le travail. Ces derniers ne prennent, il est vrai, aucun risque à le faire, vivant dans des pays libres et non chez les autocrates dont ils cirent les chaussures à distance."

 

Voilà tout étalée l'immense faiblesse de l'Occident pourtant constructeur de la civilisation mondiale !

 

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De Luc de Barochez :

 

"Plus de cent jours après les massacres perpétrés par le Hamas, l'État d'Israël se trouve plus isolé qu'il ne l'a jamais été en soixante-seize ans d'existence. Le nombre de pays qui manifestent un minimum de compréhension pour la guerre qu'il mène à Gaza se réduit comme peau de chagrin. En face, ceux qui tirent profit du drame se frottent les mains, qu'ils y voient un moyen d'étendre leur influence maléfique (Iran), de détourner l'attention de leurs propres crimes (Russie), d'affaiblir l'Occident (Chine), de satisfaire leurs fantasmes anticoloniaux (Algérie) ou de se poser à peu de frais en leader du « Sud global » (Afrique du Sud)."

 

Tout est dit !!!

 

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Ce qui est fait, est fait.

Ce qui n'est pas fait, reste à faire.

Ce qui n'est pas à faire, doit n'être pas fait.

 

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Il faut que cessent les jérémiades journalistiques, médiatiques et politicardes : la pénurie généralisée des ressources entraîne inéluctablement la baisse de tous les pouvoirs d'achat, la hausse de tous les prix, la décroissance économique et la pratique de la frugalité.

La seule réponse possible est la décroissance drastique de la démographie mondiale : il FAUT redescendre sous la barre de deux milliards d'humains sur Terre bien avant 2200.

Tout le reste n'est qu'enfumage.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"L’année 2024 sera la plus riche en élections depuis 1800. Les scrutins qui se dérouleront dans 76 pays intéresseront 4,2 milliards d’hommes – soit 53 % de l’humanité – et mobiliseront plus de 2 milliards d’électeurs. Les États où se tiendront des scrutins décisifs comptent 8 des 10 pays les plus peuplés de la planète, 3 des 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, 3 des 5 fondateurs des Brics. Ils représentent plus de 60 % du PIB mondial. 

Cette avalanche de votes pourrait être interprétée comme une marque de vitalité de la démocratie. Or il n’en est rien. Elle témoigne en réalité de la fragilité et du recul de la liberté politique. Les élections de 2024 se dérouleront en effet dans l’ombre portée de la guerre et de la montée des tensions internationales. Jamais, depuis 1945, autant d’États n’ont été engagés dans des conflits armés, dont plusieurs de haute intensité et de longue durée, comme en Ukraine ou à Gaza. Jamais les risques d’escalade n’ont été aussi grands, de l’est de l’Europe au Moyen-Orient en passant par Taïwan ou l’Arménie. Jamais autant de personnes n’ont été déplacées en raison des crises géopolitiques."

 

2024 : année de tous les périls !!!

 

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Qui sont les élites ? Ceux qui détiennent le pouvoir et ne le méritent pas ? Ou ceux qui ne le détiennent pas et qui le mériteraient ? Je penche pour la deuxième branche de l'alternative.

 

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Ci-dessous, l'intégralité d'un article parfait de Kamel Daoud … :

 

"Gaza, ferveur et cynisme arabes

Derrière la question de Gaza se joue aussi l’avenir des régimes « arabes » et des islamistes.

«Que faire des Gazaouis ? » : cette question posée à Israël, qui concerne une population tout entière sommée de s’accommoder à un nomadisme de survivance, persiste aussi dans l’esprit des régimes dits arabes, monarchistes de tradition ou faussement républicains, autoritaires, affaiblis et sans espoir de démocratisation. La « Palestine » constitue dorénavant un enjeu de survie pour les deux grandes familles politiques de cette aire géographique : les islamistes et les « régimes », souvent hypernationalistes et conservateurs. Si on proclame la solidarité sainte, la sacralité de la « cause palestinienne » comme avatar des sagas de décolonisation et d’une épopée antisémite ancestrale à peine maquillée, on sait, dans l’univers clos de la concurrence politique au sein du monde dit arabe, que la « cause palestinienne », chargée des stigmates de la guerre et du sang, profitera soit aux islamistes, soit aux régimes. C’est-à-dire au plus habile dans la récupération, au plus rusé. Cosmos de cynismes véritables difficilement masqués par les ferveurs unanimes.

 

De quoi s’agit-il pour les uns et les autres ? Après avoir échoué à parasiter les Printemps arabes, les islamistes n’avaient plus d’avenir clair ni de moyens de recrutement des opinions. En Libye et en Syrie, ils ont enfanté des monstres. En Tunisie, au Maroc et en Jordanie, ils ont démontré leur inefficacité. L’islamisme remplit les mosquées, les cimetières, jamais les assiettes. Le 7 octobre va cependant apporter à ce courant de fond une « victoire de scène » et renflouer puissamment l’islamisme dans le monde dit arabe. Sa vision de contre-croisade et de guerre religieuse se retrouve revigorée par le spectacle du sang et des cadavres à Gaza ; ses fins dernières « universelles » se réactivent comme projet pour « tous ». Surfant sur le flux d’images des morts à Gaza, les islamistes feront comme le Hezbollah libanais : ils hurleront à la mobilisation pour la reconquête, mais celle des « pouvoirs », pas des « territoires occupés ».

 

Instrumentalisation « bonifiée ». Quant aux régimes et monarchies d’en face, dans cette topographie des récupérations, l’équation demeure la même avec le même paradoxe : il ne s’agira pas d’accueillir les Gazaouis dans leur nombre, mais de laisser imaginer l’accueil possible des fratries du Hamas en quête d’abri dans une capitale « arabe » et d’octroyer quelques commodités administratives aux réfugiés, très rares. La menace islamiste locale dans chaque pays dit arabe est si réelle, si concrète, que l’instrumentalisation « bonifiée » du drame palestinien devient une question de vie ou de mort pour les régimes régionaux. Si l’on autorise la foule et la « rue arabe » à trop s’exprimer, cela profitera aux islamistes ; si on les brime un peu trop, on sera rangé du côté des complices d’Israël et l’on risque de tout perdre, du palais aux esprits. Alors, entre effets oraux, propagandes virulentes et djihad numérique, on mène également sa guerre de survivance, sous l’écran de la guerre à Gaza.

 

On peine à comprendre, en Occident, ce qui se joue actuellement dans le monde « arabe », ce que la tragédie de Gaza peut déclencher comme bouleversements irréversibles. Soit une évidence inquiétante pour des régimes durs, qui se convertissent à encore plus de violence et de répression par logique de survie. Soit une option très encourageante pour la famille nucléaire des islamistes. Car, dans ce jeu, ces derniers ont des chances de gagner la guerre d’usure, sous couvert de la guerre de « Palestine », avec toute les conséquences d’une multiplication de théocraties à l’iranienne dans un avenir pas si lointain.

 

Étrange effet miroir de la « Palestine » dont la dichotomie reflète celle des régimes « arabes » : l’autocratie de l’OLP en Cisjordanie, les islamistes à Gaza. Image horizontale de ce qui se dessine en vertical dans les pays « arabes » : des Mahmoud Abbas sans légitimité en haut, des islamistes incontrôlables et revigorés en bas. Entre les deux, la souffrance sans fin"

 

Le monde musulman doit se guérir de deux maladies graves et létales : l'islamisme et l'autoritarisme.

 

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Le 20/01/2024

 

L'autre nom de la "collecte des ordures", c'est l'immigration des islamistes.  

 

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La connerie humaine est incurable.

Mort aux cons.

Pas de pitié pour les cons.

 

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L'argent facile finit toujours par coûter très cher.

 

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Le 21/01/2024

 

D'Alexandre Sumpf :

 

"Lénine juge les ouvriers incapables de parvenir rapidement à la maturité politique : on doit leur apprendre à faire la révolution. D'où la stratégie énoncée dans "Que faire ?", en 1902, qui scandalise les socialistes d'Europe et de Russie : la prise préalable du pouvoir par un groupe de militants à la discipline militaire, dans le but de créer les conditions étatiques de la conscientisation politique de ces ouvriers."

 

Enfin la vérité sur la gauche et le communisme …

 

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Le 22/01/2024

 

"Immigration : la note qui va secouer la gauche

 

Un document de la Fondation Jean-Jaurès, que « Le Point » s’est procuré, appelle à réguler les flux migratoires. Le début de l’aggiornamento ?

 

Par Samuel Dufay

 

Rarement le rappel d'évidences aura semblé aussi audacieux. Dans une note à paraître cette semaine, et qui pourrait faire date, la Fondation Jean-Jaurès rompt avec l'angélisme dominant à gauche sur la question de l'immigration. D'abord parce que les auteurs exhument une vérité occultée par des décennies de silence : la régulation de l'immigration figure, dès les origines, au cœur de la pensée socialiste et communiste.

 

Karl Marx n'identifie-t-il pas la tendance du capitalisme à se créer une « armée industrielle de réserve » ? Jean Jaurès ne défend-il pas, dans un discours à la Chambre en 1895, la lutte contre l'importation d'une main-d'œuvre agricole à bas salaires sur le sol français ? La gauche vise alors l'équilibre entre maîtrise des flux et accès, pour les arrivants, aux mêmes droits et au même salaire que les travailleurs nationaux, au nom de la solidarité ouvrière.

C'est dans les années 1980 que s'opère le tournant idéologique dont les effets durent jusqu'à nos jours. Confronté aux revendications égalitaires de la « marche des beurs » mais aussi à la concurrence d'un Parti communiste hostile, pour des raisons économiques, à l'importation d'une main-d'œuvre étrangère, le PS au pouvoir renonce à l'ambition de réguler les flux.

 

L'idéologie « sans-frontiériste » à la française, celle du droit à la différence, l'emporte. La suite n'est que trop connue : refus de relier la question migratoire à la question sociale, acceptation de l'immigration comme un état de fait, voire comme un droit, assimilation de toute velléité de contrôle à un discours d'extrême droite… Aboutissement de ce processus : Jean-Luc Mélenchon actant, en 2022, la « créolisation » de la société française, qui lui inspire le slogan « Semblables dans la différence ».

 

Et, quand la gauche persiste à promouvoir l'autre volet de son programme historique, l'intégration, elle échoue. Entravée par la peur d'apparaître trop exigeante envers les immigrés, la France rechigne à concentrer ses efforts sur les politiques publiques les plus efficaces dans la durée. Elle ne consacre ainsi que 250 millions à l'alphabétisation et à l'apprentissage de la langue, contre 1 milliard pour l'Allemagne.

« Domestiquer la mondialisation »

 

Pour briser ce cercle vicieux, la note préconise une politique volontariste d'intégration, inspirée du modèle danois. Investissement massif dans l'accès à la langue et l'acquisition par les nouveaux venus des principes républicains, développement prioritaire de la formation continue, lutte contre la ségrégation ethnique… Mais aussi – enfin ? – régulation des flux.

 

Les auteurs veulent croire en l'existence d'un « espace politique majeur » entre le « sans-frontiérisme » insoumis et la hantise du grand remplacement en conciliant une politique d'asile généreuse et un contrôle démocratique par la représentation nationale. Ils approuvent, à ce titre, certains volets de la loi immigration, comme le vote par le Parlement d'orientations pluriannuelles.

 

« Quand on veut domestiquer la mondialisation, puisque c'est l'ambition de la gauche, il faut la réguler dans l'ensemble de ses aspects : les flux de capitaux, les flux de marchandises, mais aussi les flux humains », explique Bassem Asseh, maire adjoint (PS) de Nantes et l'un des auteurs de la note.

 

Ce document s'inscrit dans un réexamen critique par la gauche européenne de son rapport à l'immigration, du Danemark à l'Allemagne en passant par la Slovaquie. Avec l'instauration d'un nouveau clivage entre régulationnistes et immigrationnistes, à commencer par LFI, farouchement opposé à la loi adoptée au Parlement."

 

Quand la Gauche devient un peu moins idiote !!!

 

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"À Lyon, la guerre entre « modérés » et « radicaux » dans les associations LGBT

Exclusions sans préavis, liste noire, sanctions pour critique du wokisme… L’excès triomphe dans le monde militant lyonnais.

 

Par Nora Bussigny

 

C'est un conflit comme il en existe de plus en plus dans le militantisme français. Une fois encore, il oppose militants modérés et radicaux, cette fois, au sein des luttes LGBT. Philippe Dubreuil, ex-président du Forum gay et lesbien (FGL) de Lyon, a dû quitter le Centre LGBT, qui fédère plusieurs associations, où il souhaitait être bénévole.

 

Depuis, les choses vont de mal en pis : exclusions sans préavis d'associations fondatrices, tenue de listes de « présumés agresseurs », sanctions pour des motifs tels que critique du « wokisme », « mégenrage » ou « utilisation d'un deadname », c'est-à-dire l'utilisation du mauvais pronom ou du prénom de naissance d'une personne trans.

 

Cette fracture entre deux visions irréconciliables du militantisme ressemble aux débats qui déchirent l'ensemble de l'activisme français. Comme trop souvent, l'excès triomphe : « J'en viens à avoir peur d'être agressé dans les rues de Lyon, c'est terrible. J'ai sombré dans une dépression après mon exclusion. J'étais impliqué depuis tellement d'années dans la vie du Centre et, d'un coup, je me suis retrouvé tout seul. Alors même que je n'ai jamais été violent, insultant ou même dangereux », déplore Philippe Dubreuil, ex-président du FGL de Lyon.

 

Il paye ses dénonciations de dérives militantes au sein du Centre LGBT de la ville de Lyon. Depuis, l'association intersectionnelle d'extrême gauche Fiertés en lutte a repris la main et l'ambiance a bien changé.

Virée sans préavis

 

Parler de « wokisme » entraîne un ostracisme sans aucune forme de procès. Pourtant, les excès qui caractérisent le wokisme sont bien présents… La marche annuelle des fiertés de Lyon se fait désormais en « non-mixité choisie », avec des cortèges réservés uniquement aux personnes « queer racisées », ce qui, concrètement, revient à demander aux personnes blanches de se tenir à l'écart. Il y a aussi eu l'exclusion de l'association Flag, qui lutte contre les discriminations LGBT au sein des forces de l'ordre et de la justice, forcément accusée d'être complice de la « violence d'État ».À LIRE AUSSI La chute de la maison wokeIl y a également eu la création d'une « liste noire des connards », version moderne du « mur des cons », du collectif Fiertés en lutte. Cette liste inventorie des noms d'agresseurs présumés ou simplement considérés comme « problématiques ». Depuis que l'association Fiertés en lutte a mis la main sur la gouvernance du Centre LGBT, la machine à purger tourne à plein régime.

 

Ainsi l'association Body Design a été virée sans préavis. Motif : elle organisait une opération appelée « la rue de l'amour » ouverte à tous, homos comme hétéros, ce qui déplaisait aux organisateurs de la Pride « non-mixte », témoigne l'ex-secrétaire de Body Design."

 

Quel dommage … le ridicule ne tue plus alors qu'il devrait tuer en masse !

 

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Il existe des musulmans israéliens qui jouissent de tous les droits d'un état démocratique. Quant au "peuple palestinien", il n’existe pas : ce sont les descendants d'ouvriers des pays arabes limitrophes immigrés lors des années 1950, venus trouver du travail en Israël, mais ayant refusé la nationalité israélienne sous la pression de l'OLP de Yasser Arafat, choisi, formé et financé par le KGB et l'URSS.

Désolé de le rappeler à certains, mais la vérité historique, cela existe !!!

 

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De Carl Gustav Jung :

 

"Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d'indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie."

 

Voilà qui est bien d'actualité !

 

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De mon ami si cher Edgar Morin :

 

"" ... Ce n'est pas seulement la crise de l'État hyper-bureaucratique et parasité par des lobbies, ce n'est pas seulement la crise d'une société dominée par le pouvoir omniprésent du profit, pas seulement une crise de civilisation, pas seulement une crise de l'humanisme, c'est aussi une crise plus radicale et aussi plus occultée : une crise de la pensée...""

 

Pour pouvoir penser, il ne faut pas seulement un cerveau ; il faut aussi en détenir le mode d'emploi … Et là, c'est le drame : les systèmes éducatifs ne sont plus portés que par des fonctionnaires fainéants et ignares !

 

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Performance en entreprise, nécessité de progresser...

 

  • On ne travaille que 80 % de notre temps de manière effective
  • La gestion des conflits occupe 20 jours en moyenne par an
  • Nous sommes interrompus dans notre travail jusqu'à 40 % de notre temps
  • Plus de 2 heures par jour consacrées à lire les e-mails dont 60 % sont des mails "parapluie"
  • 86 % déclarent assister à des réunions inutiles...

 

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Le 23/01/2024

 

Le problème du monde d'aujourd'hui ? Beaucoup trop de gens qui consomment beaucoup trop.

La solution du monde de demain ? Beaucoup moins de gens qui consomment beaucoup moins.

Dénatalité et frugalité !

 

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Ce qui se joue à Gaza, c'est l'éradication du totalitarisme islamiste. C'est dommage et curieux que le plupart des pays civilisés ne s'en rendent pas compte.

 

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"Pourquoi le « Sud global » est une imposture idéologique

 

Derrière son apparente pertinence, ce concept géopolitique se révèle aussi creux que mensonger. Et ne doit pas nous dissuader de défendre nos valeurs.

 

Par David Emton

 

Nazis et bolcheviques en étaient persuadés : le meilleur argument dans un débat, c'est encore la menace physique. L'islamo-gauchiste n'ignore pas l'enseignement mais doit néanmoins l'appliquer avec précaution tant qu'il évolue dans une démocratie.

 

Ainsi quand Mélenchon met une cible dans le dos d'une journaliste juive, fin 2023, ce n'est pas dans l'espoir d'un passage à l'acte immédiat de l'un de ses électeurs mais parce qu'il compte bien modifier les termes du débat avec l'ensemble des autres journalistes français – et leur faire physiquement peur.

Or, la peur fait réfléchir : en témoigne la mésaventure récente de Marine Tondelier, la dirigeante des Verts. Après avoir tweeté qu'elle trouvait « choquant » qu'une manifestation pour la paix au Proche-Orient se termine en vociférations haineuses ponctuées de « Allah akbar ! », l'élue a été sérieusement malmenée par les radicaux de son parti et a dû faire son autocritique : « Allah akbar est la prière d'1,5 milliard de musulmans et ils doivent être respectés. »

 

Les termes de la contrition étaient clairs : on demandait pardon, non sur le fond, mais en raison du nombre et du danger potentiel qu'il représentait. Curieuse lâcheté pour une militante « de gauche », quand on sait que des centaines de millions desdits « musulmans » ne le sont que parce que l'apostasie est, chez eux, passible de prison ou de mort. Et quand on se souvient que l'argument du nombre a toujours été celui des régimes totalitaires et des foules de lyncheurs...

Un concept manichéen

 

Mais voilà que, sur la scène internationale, un nouveau concept émerge, dont l'objectif est identique : nous impressionner afin de nous mettre à genoux. Ce concept, c'est celui de « Sud global ». A priori, le terme a l'air anodin, tout droit sorti d'un reportage de National Geographic, et permet de parler du Tiers-Monde sans donner dans le registre de la Guerre froide : nombre de journalistes et d'universitaires l'adoptent donc instinctivement. Et pourtant...

 

Le terme, forgé en 1969 par Carl Oglesby, un Américain obsessionnellement anti-occidental, a, depuis l'origine, l'ambition de graver dans nos esprits que le monde est divisé en deux : d'un côté, les forces du Mal – l'Occident, les chrétiens, les Blancs, les sionistes... – et de l'autre, le reste de l'Humanité.

 

La dimension férocement manichéenne du concept de « Sud global » s'appuie, elle aussi, sur le nombre : une masse immense d'êtres humains, des milliards et des milliards d'individus, bafoués par nous et en colère contre nous, se tiendraient là, au Sud, juste sous nos pieds. Et pour éviter le pire, il faudrait faire des concessions majeures à ce « Sud global », notamment en se soumettant à ses porte-parole chez nous.

L'imaginaire terrifié de nos classes dirigeantes

 

L'affaire du Hamas est un exemple édifiant de l'instrumentalisation du concept dans la guerre idéologique qui fait rage en France. Les peuples occidentaux, on s'en souvient, ont été unanimes à condamner les pogroms du 7 octobre 2023 et à comprendre que l'agressé mène, dès lors, une guerre d'éradication du Hamas – guerre qui ne pouvait être plus jolie que celle jadis contre le Reich.

 

Les bouchers du Hamas ayant filmé et diffusé leurs massacres, nos islamo-gauchistes ont été bien en peine de jouer leur partition habituelle, basée sur le relativisme et le mensonge. Ils ont donc improvisé une autre stratégie en prétendant sonner l'alarme : « Alerte : le “Sud global” est exaspéré par ce que l'on inflige à Gaza ! Le 7 octobre était sans doute condamnable mais, attention, la colère monte au Sud ! Tremblez, peuples bourgeois et blancs d'Occident, car le fossé se creuse avec la majorité de l'humanité ! »

 

De meetings en reportages et en tribunes, l'argument est martelé, gagne progressivement les esprits, le président Macron lui-même finissant par frémir à l'idée d'être isolé du reste du genre humain. Car, dans l'imaginaire terrifié de nos classes dirigeantes, le « Sud global » est à l'échelle de la planète ce que sont, en France, les « quartiers » : le nombre, la colère, l'avenir.

Cohérence introuvable

 

Le problème est que le « Sud global » est un concept géopolitique semblable au couteau de Lichtenberg : il n'existe pas et, en plus, il n'est nullement pro-palestinien. Dans ce curieux « Sud global », on trouverait d'abord un pays doté de près de 5 000 km de frontières avec le pôle Nord, la Russie, mais pas Singapour ni l'Australie, pourtant indéniablement aux antipodes.

 

L'Asie de l'Est, du Japon à la Corée en passant par Taïwan, n'en ferait pas non plus partie. Mais l'Inde si, quoique située dans l'hémisphère Nord elle est peuplée de 1,4 milliard de non-Blancs non-chrétiens, la voilà donc qualifiée. Las ! Dans la grande crise qui divise le monde à en croire nos agités français, l'Inde soutient pourtant sans réserve Israël contre le Hamas. Pas de chance.

 

Idem pour l'Argentine, qui vient d'élire un président pro-sioniste rêvant de dollariser son pays, et qu'on aurait du mal à qualifier d'anti-occidental. Il y a bien sûr le cas du Brésil, tiraillé entre ses dizaines de millions d'évangélistes pro-israéliens et son vieux dirigeant pro-palestinien, ou celui de l'Afrique du Sud dont le pouvoir, aussi corrompu qu'impopulaire, tente de se refaire une virginité en saisissant la Cour internationale de la Haye, dans l'indifférence de la majorité des pays d'Afrique noire. La vérité est que sur la question moyen-orientale, le « Sud » est globalement inexistant.

États dysfonctionnels

 

À dire vrai, cet hypothétique « Sud global » n'a pas davantage de cohérence économique : quel rapport et quels intérêts communs peut-on établir entre le Mexique, partenaire industriel majeur des USA, le Népal agraire et la pétro-monarchie saoudienne ?

 

Le « Sud global » n'a aucune cohérence religieuse non plus : allez mettre d'accord le Pakistan, le Myanmar et le Pérou sur la foi véritable... Quant à la promesse d'un « monde multipolaire plus juste », demandez donc aux peuples d'Afrique noire ce qu'ils pensent de la prédation néocoloniale de la Chine !

 

Qu'est-ce donc, au final, que le « Sud global » ? Il regroupe les États les plus dysfonctionnels du monde musulman, de l'Algérie à la Malaisie, quelques régimes tyranniques en guerre contre leur propre peuple – Iran, Venezuela, Corée du Nord – et, en Occident, quelques dizaines de milliers de militants – journalistes, enseignants ou élus – communiant dans la haine de l'Occident, des blancs et des Juifs. Des militants qui veulent nous faire croire que, pour coexister avec la majorité de l'humanité, nous devons cesser de défendre nos valeurs et nos alliés."

 

Le "Sud global", dernière resucée du vieux "tiers-mondisme" n'est qu'une énième version du refus de voir que l'humanité a été construite par quelques cultures supérieures qui ont tout inventé et dont les cultures inférieures ont ben profité (médecine, éducation, industrie, science, technologie, infrastructure, etc …).

Il est temps d'arrêter les délires égalitaires !

 

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Le 24/01/2024

 

D'Étienne Gernelle

 

"La trêve des confiseurs, dit-on… Enfin, pour ceux qui y croient. Il n’est pas certain que Poutine, Khamenei, Erdogan, Xi et quelques autres soient animés par l’« esprit de Noël ». Ces temps-ci, les puissances autoritaires et révisionnistes semblent plutôt mûrir ce qu’elles pensent être une revanche : l’Iran, qui n’est pas pour rien dans l’attaque sanglante et éradicatrice du Hamas contre Israël, la Turquie, qui avec son allié azéri menace comme jamais l’Arménie, et, évidemment, la Russie, qui reprend espoir dans sa conquête de l’Ukraine. Sans compter bien sûr la Chine, leur parrain à tous, qui a, elle, Taïwan dans le viseur.

 

Et nous ? De quoi sommes-nous capables ? Difficile de décrire ce questionnement intime mieux que Chateaubriand : « Si des hostilités survenaient chez un peuple imbelle, saurait-on résister ? Les fortunes et les mœurs consentiraient-elles à des sacrifices ? Comment renoncer aux usances câlines, au confort, au bien-être indolent de la vie ? »

 

Quatre livres parus cette année éclairent particulièrement bien ce qui se profile. Le premier, La Route pour la servitude (Gallimard), signé de Timothy Snyder, raconte la stratégie des adversaires de l’Occident et le « rôle que nous jouons dans le déclin de la démocratie ». Le deuxième, Le Labyrinthe des égarés (Grasset), d’Amin Maalouf, examine les ressorts de « la rhétorique anti-occidentale » et le destin historique de ceux qui l’ont employée. Le troisième, La Guerre des mondes (L’Observatoire), de Bruno Tertrais, explique les ferments de la « guerre tiède » qui s’annonce, et, en tout cas, pourquoi le « retour à l’anormal », c’est-à-dire à « l’ordre et la stabilité », est improbable. Le quatrième, Le Piège de l’identité, de Yascha Mounk (L’Observatoire), décortique la dérive de ces « progressistes », qui, en symbiose avec les populistes de droite – deux mouvances « non seulement similaires mais complémentaires sur le plan pratique » –, sapent la démocratie libérale. L’éruption d’antisémitisme sur les campus américains depuis le 7 octobre illustre tragiquement cette faille civilisationnelle. Notons qu’aucun de ces auteurs n’est pour autant tout à fait pessimiste. Aucun ne croit non plus que la tempête va se calmer toute seule…

 

Tiraillement. Le sujet n° 1 de 2024 est, bien sûr, celui du possible retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Si cela se produit, et si, comme beaucoup le prédisent aujourd’hui, celui-ci abandonne l’Ukraine, le dilemme de l’Europe sera vertigineux : soit instaurer une forme d’économie de guerre pour prendre, au côté de Kiev, la place laissée vacante par Washington, ce qui suppose pour l’Union un changement de nature ; soit se coucher face aux appétits poutiniens, gagner un – provisoire – répit et faire étalage d’une certaine insignifiance aux yeux du monde.

 

Il est, en attendant, urgent de reconnaître que des certitudes se sont volatilisées. Et d’abord, celle-ci : l’économie ne fait pas tout dans la marche du monde. Ainsi, acheter son gaz n’a pas suffi à amadouer la Russie, pas plus que les sanctions ne l’ont, jusqu’à présent, empêchée de poursuivre sa quête impériale.

 

En revanche, chez nous, en Europe, mais peut-être plus encore en France, le consommateur règne encore. Si la dette publique s’accroît, c’est (beaucoup) moins pour investir dans la défense et les technologies stratégiques – y compris celles qui sont destinées à affronter le défi climatique ou à exister à l’ère de l’intelligence artificielle – que pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages. De quelle « convergence des luttes » faut-il le plus s’inquiéter ? Celle de l’intérieur ou de l’extérieur ?

 

Le constat de ce tiraillement ne suffit certes pas à prédire la défaite des démocraties libérales, qui ont encore des ressources. D’autant que les autocraties pour l’heure coalisées ne sont elles-mêmes pas sans faiblesses. Cela oblige, néanmoins, à se préparer,"

 

Décidément 2024 risque d'être une année difficile !

 

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Le 25/01/2024

 

Mon commentaire publié ce jour dans le Point …

 

Vis-à-vis d'un pays ou d'une nation, il y a trois niveaux d'appartenance que les débats actuels sur les problèmes d'immigration feignent de confondre systématiquement.

Il y a l'appartenance administrative qui se concrétise par la possession, ou pas, des "papiers" officiels (carte d'identité, passeport, permis de conduire, …).

Il y a l'appartenance citoyenne qui se concrétise par l'attachement, ou pas, aux institutions, aux lois, aux juridictions, etc …

Et il y a l'appartenance culturelle qui se concrétise par la maîtrise et le respect de la langue, de l'histoire, de la morale, des valeurs, des comportements de base, des us et coutumes, etc …

C'est de loin ce troisième et dernier niveau d'appartenance qui est le plus profond et le plus essentiel, … et qui est, de loin, le plus irréformable, même après plusieurs générations.

 

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Dans les faits réels et objectifs, les humains ne sont pas du tout égaux les uns avec les autres, ni individuellement, ni catégoriellement. De plus, les lois naturelles doivent être considérées comme supérieures aux lois humaines (cfr. l'hétérosexualité, par exemple).

Donc, l'égalité "en droit" des humains est un parfait artifice idéaliste et la notion de "justice", tout entière construite sur cette idée d'égalité de droit(s), est un pur phantasme.

En revanche, tout en respectant les différences et inégalités objectives entre les humains, la notion d'équité est indispensable pour assurer la paix sociale et la concorde.

 

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Ce n'est pas la notion d'égalité qui doit être au centre des dispositifs de régulation des systèmes humains, mais celle de mérite !

Les droits, le respect, les rémunérations doivent se mériter ; c'est cela l'équité.

Celui qui ne mérite rien, ne reçoit rien.

 

Ce sont donc les processus d'évaluation objective des mérites qui doivent devenir le centre des préoccupations politiques et non plus les éternelles jérémiades égalitaristes.

 

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Il faut passer de l'idéal démocratique basé sur la justice, à la pratique méritocratique basée sur l'équité.

C'est cela "devenir adulte". Il faut sortir des idéalismes adolescents qui, depuis des siècles, mènent l'humanité dans l'impasse.

 

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De Jean-Yves Camus :

 

"La définition de l'antisémitisme est un objet de débat continu et, parfois, assez acharné. L'antisémitisme est l'ensemble des préjugés non pas hostiles aux « sémites » – dont les Arabes –, mais aux juifs. C'est avoir une attitude ou une pensée discriminatoire envers les juifs, que l'on associe à des préjugés comme le rapport à l'argent et au pouvoir, la volonté de domination, l'accusation de ne pas être des citoyens loyaux du pays dont ils ont la nationalité, l'accusation de se croire un peuple supérieur qui souhaite vivre en vase clos.

 

L'antisémitisme peut avoir des fondements économiques, « raciaux » ou religieux, auquel cas, en contexte chrétien, il est préférable de le nommer « antijudaïsme ». Ainsi, le christianisme préconciliaire – avant Vatican II – propageait une conception dévoyée du concept de peuple élu, qui existe dans le judaïsme. Les juifs étaient accusés de se croire supérieurs du fait de l'Ancienne Alliance, alors qu'ils ont refusé la Nouvelle. La Torah dit, en effet, que Dieu a proposé son texte sacré à 70 nations de la terre et que seul le peuple juif l'a accepté.

 

Mais, dans le judaïsme, le peuple élu n'a pas de droits sur Dieu ni sur les autres peuples : il a des devoirs. Quand on étudie la Torah, ce que je fais puisque je suis juif religieux, on voit que notre alliance avec Dieu existe à une condition : que nous respections les 613 prescriptions – mitzwot – qui régulent au quotidien la vie des individus et qui forment non pas des droits, mais un « joug ». Nous sommes élus si l'on respecte ces commandements ; sinon, nous sommes en faute.

 

L'une des facettes de l'antisémitisme est de dire que les juifs jouent de ce statut de peuple élu pour vivre à part dans les sociétés environnantes et mettre en place leur plan de domination mondiale. Or les « maximes des Pères » nous enseignent ceci : « Ne recherche pas le pouvoir et ne convoite pas les lauriers de la gloire. » L'antisémitisme, c'est la haine des juifs sous toutes ses formes.

 

L'antijudaïsme religieux a laissé des traces dans nos sociétés incroyantes : il y avait l'idée selon laquelle, les Juifs ayant refusé de reconnaître le fils de Dieu, leur destin est soit de se convertir, soit de rester un peuple errant. Voilà pourquoi, pour un certain nombre de gens, les Juifs n'ont pas de droits sur la terre d'Israël. Cette idée d'infidélité à la vérité religieuse existe aussi dans l'islam."

 

Ce qui fonde encore et toujours l'antijudaïsme, devenu antisémitisme puis antisionisme, c'est le refus catégorique des Judéens d'accorder le moindre crédit à la fable romano-chrétienne de Paul et de ses copains.

Le judaïsme, comme l'hindouisme ou le taoïsme, n'est pas une religion, mais une vision du monde et du rôle que l'humain a à y jouer.

Le cœur du judaïsme, ce n'est pas le Dieu platonicien, mais bien les 613 devoirs que les humains doivent assumer pour le monde devienne meilleur.

 

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Je suis un spirituel non-religieux. Je n'ai aucune croyance, mais j'ai la Foi.

Et qui plus est, je me méfie de toutes les croyances car elles ne sont que des superstitions édulcorées.

 

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Le 26/01/2024

Pour répondre aux antisémites qui nous rétorquent que les juifs sont arrivés en Israël en 1948, il faut reprendre le travail de Julien Gimenez, qui a répertorié toutes les présences juives au fil du temps

Liste de faits historiques et culturels attestant de la présence juive sur la terre d’Israël de 600 à 1948

  • IVe-VIIe siècles : Étude et compilation du 'Talmud de Jérusalem' à Jérusalem
  • 500-700 : Rôle central de la synagogue de Hammath Tiberias à Tiberias, Galilée
  • 586-590 : Construction de la synagogue de Beit Alpha, Galilée
  • Xe siècle : Établissement de la yeshiva de Pumbedita à Ramle, Judée - Rabbenou HaKadosh
  • XIe siècle : Renouvellement de la philosophie juive à Ramle, Judée - Hai Gaon
  • XIe siècle : Construction de synagogues à Jérusalem - Rabbenou HaMeiri
  • XIe siècle : Construction de synagogues à Jéricho, Judée - Rabbenou Hananel
  • XIe siècle : Construction de synagogues à Ashkelon, Judée - Rabbenou Nissim
  • XIe siècle : Création de manuscrits enluminés à Jérusalem - Rabbenou Hanokh
  • XIIIe-XIVe siècles : Construction de synagogues à Akko, Galilée - Rabbi Ovadia
  • XIVe-XVIe siècles : Construction de synagogues à Gaza, Judée - Rabbenou Yosef Karo
  • XVe siècle : Établissement de la yeshiva de Tiberias à Tiberias, Galilée - Rabbenou Yaakov Beirav
  • XVIe siècle : Rôle de la yeshiva de Safed dans l'étude du Zohar à Safed, Galilée - Rabbi Shlomo Alkabetz
  • 1538 : Construction de la synagogue Ari à Safed, Galilée - Rabbi Isaac Luria (Ari)
  • 1578 : Imprimerie de Safed à Safed, Galilée - Rabbi Moses Cordovero
  • XVIe siècle : Rôle des Juifs dans l'artisanat à Safed, Galilée - Rabbi Joseph Caro
  • XVIe siècle : Construction de synagogues à Hébron, Judée - Rabbi Moses Isserles
  • XVe-XVIe siècles : Rôle de la yeshiva de Bet El dans la jurisprudence juive à Bet El, Judée - Rabbi Elijah Mizrahi
  • XVIe siècle : Construction de synagogues à Safed, Galilée - Rabbi Moshe Cordovero
  • XVIe siècle : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Safed, Galilée - Rabbi Chaim Vital
  • 1600-1700 : Développement de la philosophie juive à Jerusalem - Rabbi Yom Tov Algazi
  • XVIIe siècle : Floraison de la poésie liturgique à Hebron, Judée - Rabbi Nathan Hanover
  • 1620 : Construction de synagogues à Tiberias, Galilée - Rabbi Avraham Azulai
  • XVIIe siècle : Développement de la littérature piyyoutique à Jerusalem - Rabbi Shabbetai Bass
  • 1650 : Construction de synagogues à Haïfa, Galilée - Rabbi Menachem Azariah da Fano
  • XVIIe siècle : Épanouissement de la philosophie juive à Tsfat, Galilée - Rabbi Moses Galante
  • 1660 : Épanouissement de la poésie piyyoutique à Safed, Galilée - Rabbi Yitzhak Abuhav
  • 1670 : Renouvellement de la calligraphie hébraïque à Safed, Galilée - Rabbi Moses Zacuto
  • 1680 : Renouvellement de la calligraphie hébraïque à Hebron, Judée - Rabbi Moses Hagiz, Rabbi Shmuel Tzemach
  • 1685 : Construction de la synagogue Ari à Tsfat, Galilée - Rabbi Shmuel Primo
  • 1690 : Construction de synagogues à Acre, Galilée - Rabbi Judah he-Hasid
  • XVIIe-XVIIIe siècles : Épanouissement de la médecine juive à Jerusalem - Rabbi Samuel Aboab
  • XVIIe-XVIIIe siècles : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Jaffa, Judée - Rabbi Yaakov Emden
  • XVIIe siècle : Développement de la musique liturgique à Jérusalem - Rabbi Moses Hagiz
  • 1690 : Traduction de textes philosophiques à Acre, Galilée - Rabbi Isaiah Bassan
  • 1700 : Construction de la synagogue Hurva à Jerusalem - Rabbi Judah he-Hasid
  • 1700 : Rôle de la yeshiva de Jerusalem dans la jurisprudence juive à Jérusalem - Rabbi Moshe David Valle
  • 1700 : Épanouissement de la poésie liturgique à Jérusalem - Rabbi Yaakov Culi
  • 1710 : Établissement de la yeshiva de Acre à Acre, Galilée - Rabbi Moshe Hagiz
  • 1715 : Construction de la synagogue Yochanan ben Zakai à Acre, Galilée
  • 1720 : Renouvellement de la calligraphie hébraïque à Hebron, Judée - Rabbi Moses Malki
  • 1720 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Safed, Galilée - Rabbi Moshe Chaim Luzzatto
  • 1735 : Développement de la musique liturgique à Tiberias, Galilée - Rabbi David Pardo
  • XVIIIe siècle : Floraison de la musique liturgique à Tsfat, Galilée - Rabbi Moshe David Valle
  • XVIIe-XVIIIe siècles : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Tiberias, Galilée - Rabbi Menachem Mendel Krochmal
  • 1750 : Établissement de la yeshiva de Hebron à Hebron, Judée - Rabbi Chaim Yosef David Azulai
  • XVIIe siècle : Développement de la médecine juive à Jerusalem - Rabbi Chaim ibn Attar
  • XVIIIe siècle : Floraison de la poésie liturgique à Safed, Galilée - Rabbi Moshe Chaim Luzzatto
  • 1725 : Imprimerie de Jerusalem à Jérusalem - Rabbi Samuel Shullam
  • 1740 : Rôle de la yeshiva de Tiberias dans l'étude du Zohar à Tiberias, Galilée - Rabbi Moshe David Valle
  • 1750 : Établissement de la yeshiva de Jerusalem à Jérusalem - Rabbi Hayim ben Attar
  • XVIIIe siècle : Floraison de la musique liturgique à Acre, Galilée - Rabbi Menachem Mendel Krochmal
  • XVIIIe siècle : Développement de la philosophie juive à Tiberias, Galilée - Rabbi Shlomo Eliyashiv
  • 1730 : Construction de synagogues à Tiberias, Galilée - Rabbi Raphael Mordechai Malki
  • 1760 : Épanouissement de la poésie liturgique à Safed, Galilée - Rabbi Moshe Hayim Luzzatto
  • XVIIIe siècle : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Jérusalem - Rabbi Abraham Danzig
  • XVIIIe siècle : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Safed, Galilée - Rabbi Yitzchak Isaac Chaver
  • 1785 : Rôle de la yeshiva de Safed dans la jurisprudence juive à Safed, Galilée - Rabbi Yitzchak Isaac Chaver
  • 1770 : Construction de synagogues à Haïfa, Galilée - Rabbi Avraham Danzig
  • 1785 : Construction de synagogues à Beersheba, South - Rabbi Yisrael Meir Kagan
  • 1800 : Épanouissement de la philosophie juive à Tiberias, Galilée - Rabbi Shlomo Eliyashiv
  • 1755 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Jérusalem - Rabbi Moshe David Valle
  • 1805 : Construction de synagogues à Netanya, Sharon - Rabbi Yaakov Ben Asher
  • 1800 : Établissement de la yeshiva de Herzliya à Herzliya, Sharon - Rabbi Avraham David Wahrman
  • 1810 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Petah Tikva, Sharon - Rabbi Yehuda Alkalai
  • 1815 : Floraison de la musique liturgique à Acre, Galilée - Rabbi Menachem Mendel Krochmal
  • 1820 : Établissement de la yeshiva de Jaffa à Jaffa, Judée - Rabbi Yaakov Lorberbaum
  • 1830 : Développement de la littérature piyyoutique à Jérusalem - Rabbi Shalom Shabazi
  • 1830 : Renouvellement de la calligraphie hébraïque à Rishon LeZion, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1835 : Traduction de textes philosophiques à Tiberias, Galilée - Rabbi Samuel David Luzzatto
  • 1835 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Netivot, South - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1835 : Floraison de la musique liturgique à Rishon LeZion, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1840 : Floraison de la musique liturgique à Netanya, Sharon - Rabbi Yitzhak Isaac Halevi Herzog
  • 1845 : Construction de synagogues à Ma'alot-Tarshiha, North - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1850 : Construction de synagogues à Jaffa, Judée - Rabbi Raphael Mordechai Malki
  • 1855 : Floraison de la musique liturgique à Ashdod, South - Rabbi Yitzchak Nissim
  • 1855 : Rôle de la yeshiva de Jerusalem dans la jurisprudence juive à Jérusalem - Rabbi Yitzchak Isaac Chaver
  • 1860 : Rôle de la yeshiva de Nahariya dans la jurisprudence juive à Nahariya, North - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1865 : Traduction de textes philosophiques à Kiryat Gat, South - Rabbi Yisrael Meir Kagan
  • 1870 : Établissement de la yeshiva de Safed à Safed, Galilée - Rabbi Shmuel Salant
  • 1870 : Développement de la médecine juive à Jerusalem - Rabbi Yehuda Leib Levin
  • 1870 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Jerusalem - Rabbi Yosef Hayyim
  • 1870 : Imprimerie de Herzliya à Herzliya, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1875 : Épanouissement de la poésie liturgique à Tirat Zvi, North - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1880 : Construction de synagogues à Ra'anana, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1885 : Rôle de la yeshiva de Beersheba dans l'étude du Zohar à Beersheba, South - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1885 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Safed, Galilée - Rabbi Shlomo Moshe Amar
  • 1885 : Construction de synagogues à Petah Tikva, Sharon - Rabbi Avraham Isaac Kook
  • 1890 : Développement de la médecine juive à Giv'atayim, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1895 : Rôle de la yeshiva de Ashdod dans la jurisprudence juive à Ashdod, South - Rabbi Yitzchak Nissim
  • 1900 : Floraison de la poésie liturgique à Tsfat, Galilée - Rabbi Yitzhak Isaac Chaver
  • 1900 : Traduction de textes philosophiques à Tel Aviv - Rabbi Avraham Yitzhak Kook
  • 1900 : Construction de synagogues à Eilat, South - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1905 : Traduction de textes philosophiques à Rosh HaAyin, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1910 : Développement de la médecine juive à Nahariya, North - Rabbi Shmuel Eliyahu
  • 1915 : Épanouissement de la musique liturgique à Hebron, Judée - Rabbi Avraham Yitzhak Kook
  • 1915 : Construction de synagogues à Petah Tikva, Sharon - Rabbi Avraham Isaac Kook
  • 1915 : Établissement de la 'yeshiva de Kiryat Gat' à Kiryat Gat, South - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1920 : Construction de la synagogue Hurva à Jerusalem - Rabbi Yosef Chaim Sonnenfeld
  • 1920 : Floraison de la musique liturgique à Dimona, South - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1925 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Bat Yam, Sharon - Rabbi Yitzchak Nissim
  • 1930 : Rôle des Juifs dans le commerce méditerranéen à Ra'anana, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1930 : Épanouissement de la poésie liturgique à Ashdod, South - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1935 : Imprimerie de Modi'in à Modi'in, Jerusalem - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1935 : Rôle de la yeshiva de Netanya dans l'étude du Zohar à Netanya, Sharon - Rabbi Yitzchak Isaac Chaver
  • 1935 : Traduction de textes philosophiques à Tiberias, Galilée - Rabbi Shlomo Moshe Amar
  • 1940 : Épanouissement de la poésie liturgique à Modi'in, Jerusalem - Rabbi Shmuel Eliyahu
  • 1945 : Traduction de textes philosophiques à Ashdod, South - Rabbi Yitzhak Nissim
  • 1948 : Imprimerie de Tel Aviv à Tel Aviv - Rabbi Yitzhak Isaac Halevi Herzog
  • 1950 : Établissement de la yeshiva de Bat Yam à Bat Yam, Sharon - Rabbi Yitzhak Nissim

 

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Le 27/01/2024

 

Vladimir Jankélévitch écrivait déjà en 1971 :

 

"L'antisionisme est une introuvable aubaine, car il nous donne la permission et même le droit et même le devoir d'être antisémite au nom de la démocratie ! L'antisionisme est l'antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d'être démocratiquement antisémite. Et si les Juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. Il ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort."

 

*

 

J'ai vécu dans une famille paysanne jusqu'à la mort du grand-père qui m'a élevé (j'avais 15 ans). Depuis, j'ai toujours vécu (j'ai 71 ans) dans la ruralité profonde. Et je voudrais ici, du fait de la crise paysanne actuelle, livrer quelques observations :

  • Parmi les paysans, il y en a qui travaillent énormément et bien d'autres qui ne font pas grand-chose hors traire les subventions ;
  • A de rares exceptions près, les paysans sont antiécologiques et considèrent la Nature comme une ressource à exploiter ;
  • Les paysans sont assaillis de toutes parts par des règlements et normes émanant de toutes les strates institutionnelles qui, souvent, sont parfaitement incompétentes pour les édicter ;
  • Les paysans subissent une pression financière éhontée de la part des industries agroalimentaires et de la grande distribution qui ne leur laissent que des marges râpées à la corde ;
  • Les paysans sont confrontés à une concurrence étrangère (surtout hors UE) absolument honteuse et assassine.

Il est urgent que la paysannerie retrouve honneur et force, et refasse de son labeur un vrai métier de haute qualité et de haute exigence.

Il faut choisir : ou bien manger moins mais beaucoup mieux des produits de qualité, locaux et de saison … ou continuer d'ingurgiter toutes les malbouffes importées et bradées par la grande distribution.

 

 

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Les systèmes éducatifs sont clairement et pleinement sous la coupe de l'Etat, qu'ils soient publics ou privés.

Or, cette mainmise de l'Etat sur ces systèmes n'est pas du tout idéologiquement neutre : elle a été fomentée depuis la fin du 19ème siècle de façon à devenir le bastion d'un gauchisme égalitariste visant non pas à former des élites intellectuelles (notamment scientifiques), mais à fabriquer de la citoyenneté au rabais. (Comme le dit le système américain : "it is more important to be socialized than to be educated"). Or, la photo d'aujourd'hui est claire, moins un établissement d'enseignement est proche de l'Etat, mieux il forme ses élèves et étudiants.

Il est temps de passer à la privatisation totale de tous les systèmes éducatifs dont la gestion et les options doivent être assurées localement, conjointement, par les parents et les enseignants. Oui, il y aura des écoles élitaires ; oui, il y aura des écoles populaires. Et alors ? Ce n'est pas l'égalité anonyme qu'il faut viser, mais la promotion du mérite personnel. Le critère n'est pas le "droit", mais bien l'effort.

 

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De FOG :

 

"Le bourgeois de gauche est de tous les temps, mais son idéologie ne cesse de faire des progrès. Avantageux et vêtu de bonne conscience, il prolifère dans la France du XXIe siècle où il vit en ville, comme un pacha, entouré de sa cohorte d’esclaves Uber Eats. Avec ses coalitions de bobos, d’escrologistes et d’idiots utiles, il a pris le pouvoir dans beaucoup d’universités, de lycées, de médias de toutes sortes, ainsi que dans les plus grandes cités de France dont il dirige les mairies : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, etc. L’appétit venant en mangeant, ce n’est pas encore assez. Il entend maintenant prendre le contrôle de nos cerveaux avant que ces derniers soient contaminés par l’extrême droite en la personne… d’Emmanuel Macron.

 

Le bourgeois de droite ne sait plus où il habite : sa cervelle est sur les murs, il est dépassé. Le bourgeois de gauche, en revanche, est confit de certitudes et prétend régenter notre vie, pour notre bien. Gustave Flaubert, qui avait l’outrecuidance de n’en être pas un, écrivait en 1854 à son amoureuse, la poétesse républicaine et féministe Louise Colet : « Le rêve du socialisme, n’est-ce pas de pouvoir faire asseoir l’humanité, monstrueuse d’obésité, dans une niche peinte en jaune, comme dans les gares de chemin de fer, et qu’elle soit là à se dandiner sur ses couilles, ivre, béate, les yeux clos, digérant son déjeuner, attendant son dîner et faisant sous elle ? Ah ! Je ne crèverai pas sans lui avoir craché à la figure de toutes les forces de mon gosier. »

 

Qu’importe si la classe ouvrière est en voie de disparition. À l’image du PS qui l’a ignorée au profit des « bobos », comme le recommandait le courant strauss-kahnien, le bourgeois de gauche n’a que mépris pour ce qui en reste, coupable d’être sensible aux sirènes du Rassemblement national. Même dédain envers le monde rural qu’il ne connaît pas plus que les classes moyennes, qui elles-mêmes ne sont pas bien portantes. Désormais, c’est le bourgeois de gauche qui incarne à lui tout seul l’avenir et l’avant-garde révolutionnaire. Jour et nuit, il fait des listes de mauvais Français en préparant le Grand Soir, qui se fait décidément attendre. Lecteur frénétique du Monde, qui pense à sa place, il croit que réciter sa prose suffit à le rendre intelligent. Convaincu que le Hamas défend, depuis son QG du Qatar, la veuve et l’orphelin palestiniens, il soutient in fine le pogrom du 7 octobre 2023 contre les Israéliens, qu’il accuse par ailleurs, comme Jean-Luc Mélenchon, de « génocide » à Gaza. Entre deux croisades contre l’« extrême droite », on peut se demander s’il n’entonnera pas bientôt les slogans des nazillons contre les Juifs. "

 

 Parfaite description de ces "martiens" qui abondent dans les grandes villes, absolument déconnectés de la réalité du monde et de la vie, gavés de clichés idéalistes aussi sots que stériles, purs produits d'un gauchisme confortable, qui se veulent écolos à condition que l'on ne touche pas à leur hamburger, qui se veulent socialistes à condition que l'on ne touche ni à leur salaire, ni à leurs privilèges, qui ne sont, en fait, que des vitrines d'idéologies surannées et momifiées.

 

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Les vrais ennemis internes de l'Europe, ce sont la Hongrie, l'Italie et Marine. Mais les pires ennemis de l'Europe sont en Russie, en Turquie, en Algérie, en Chine, au Qatar, en Afrique du Sud, au Venezuela, en Colombie, en Corée du Nord, etc. Et à Harvard,

 

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De Noëlle Lenoir présidente du cercle "Droit et débat public" qui décrypte l’actualité sous l’angle juridique.

Voici un peuple qui a subi, au siècle dernier, le génocide le plus affreusement systématique de l’histoire contemporaine. Un peuple qui s’est constitué en nation pour se protéger contre la répétition de cette horreur. Un peuple qui a connu, il y a une centaine de jours, un pogrom d’une abomination sans nom, ressuscitant les pires cauchemars qui hantaient sa mémoire. Un peuple qui vit désormais sous la menace confirmée d’une nouvelle extermination. Et c’est ce peuple qui est accusé de génocide par un gouvernement lointain, qui ignore tout de la situation locale, mais qui s’empare de l’occasion pour camper le rôle de champion de la cause du Sud global contre l’impérialisme occidental…

 

En accusant Israël de génocide, le 28 décembre 2023, devant la Cour internationale de justice (CIJ) de l’ONU, le gouvernement d’Afrique du Sud opère une inversion des valeurs aussi moralement scabreuse que juridiquement atterrante.

 

Moralement scabreuse, car sa saisine tend à transformer en bourreau un État bel et bien victime, quant à lui, d’un commencement de génocide. L’agression subie par Israël les 7 et 8 octobre caractérise en effet une tentative de génocide tant par l’intention – compte tenu des objectifs affichés par le Hamas – que par les modalités – eu égard à la nature des actes commis par les terroristes.

 

Cette saisine est non moins juridiquement atterrante, car elle illustre jusqu’au paroxysme l’instrumentalisation idéologique dont la justice – particulièrement, comme ici, la justice internationale – peut aujourd’hui faire l’objet.

 

Comment ne pas voir qu’à l’arrière-plan du conflit israélo-arabe s’affiche une volonté d’annihilation d’Israël ? Il suffit de se reporter à la Charte du Hamas de 1988, actualisée en 2017, pour constater qu’elle est un pur appel au djihad. Vider la Palestine de toute présence juive (et chrétienne), c’est, pour les intégristes du Hamas et des autres groupes radicaux, l’obligation sacrée de tout musulman et de toute musulmane (pour une fois, les femmes ne semblent pas avoir besoin de la permission de leur mari pour agir). Le Hamas se présente à cet égard moins comme le bras armé d’une résistance nationale palestinienne que comme l’avant-garde de l’« Oummah », la communauté mondiale des croyants.

 

La Charte du Hamas définit la Palestine, « terre islamique arabe », comme une « unité territoriale indivisible » s’étendant de la Jordanie, à l’est, jusqu’à la Méditerranée, à l’ouest, et du Liban, au nord, jusqu’au sud à Eilat. « From the River to the Sea ». Le but est tout simplement de rayer Israël de la carte et de jeter aux orties la résolution 181 des Nations unies de 1947 qui avait mis fin au mandat britannique pour donner naissance à deux « États indépendants, arabe et juif ». Le refus de la grande majorité des nations arabes d’entériner un partage de la Palestine en deux États ne date d’ailleurs pas d’hier : en atteste le déclenchement d’une guerre contre Israël en 1948 dès la naissance de l’État juif.

 

Depuis lors, les attaques terroristes contre Israël n’ont jamais cessé. Le massacre et les prises d’otages des 7 et 8 octobre 2023 en sont le point d’orgue sanglant. D’autant plus abjectes que des civils palestiniens y ont participé, ces atrocités ont atteint un tel degré d’inhumanité que le récit qu’en a fait le New York Times, pourtant habitué à présenter les Palestiniens comme des victimes, est d’une lecture insoutenable.

 

C’est dans ce contexte que l’Afrique du Sud demande à la CIJ de déclarer Israël coupable de génocide. Le gouvernement sud-africain témoigne ainsi d’un zèle antisioniste singulier puisque les États arabes, eux, n’ont pas jugé utile de saisir la Cour. Il est vrai que l’Afrique du Sud entretient des liens avec le Hamas. Il est vrai aussi qu’y prospèrent des organisations affichant un racisme anti-Blancs décomplexé qui excite l’opinion publique du pays et incite ses dirigeants à une surenchère démagogique dans la mise en cause de l’Occident. D’où l’indignation sélective de Pretoria, qui poursuit Israël du chef de génocide, mais demeure indifférent aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité que leurs agresseurs ont infligés à l’Ukraine et à l’Arménie…

 

En principe, la CIJ se prononce en cas de conflit entre deux États, par exemple à propos de la délimitation d’une frontière. En se prévalant, devant la Cour de La Haye, de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 septembre 1948, l’Afrique du Sud cherche à s’affranchir de la charge de la preuve qui incombe normalement à tout accusateur (et qui serait par exemple exigée devant la Cour pénale internationale).

 

La saisine de Pretoria – qui ne mentionne pas une seule fois le mot « Hamas » – conjugue en effet trois prétentions : premièrement, invoquer la Convention devant la CIJ, alors que l’Afrique du Sud n’est pas affectée par le conflit ; deuxièmement, obtenir que soient ordonnées par la Cour des « mesures provisoires » (en réalité un cessez-le-feu inconditionnel) avantageant un camp contre l’autre sur le champ de bataille ; enfin, être dispensée d’apporter la preuve des actes de génocide qu’elle reproche à Israël, son argumentation se bornant, au nom de l’urgence, à soutenir que de tels actes sont « plausibles »…

 

Rien de ceci n’est sérieux en droit.

 

D’abord, l’Afrique du Sud n’a pas ici intérêt à agir contre Israël. En matière de génocide, cet intérêt à agir devant la CIJ s’apprécie certes largement (article 9 de la Convention sur le génocide). Encore faut-il qu’il existe un « différend » entre États parties, ce qui implique une controverse cristallisée, étayée par des débats préalables entre les deux parties. En l’espèce, ces débats n’ont pas eu lieu : le gouvernement israélien avait proposé une réunion à son homologue sud-africain, mais ce dernier n’y a pas donné suite et s’est hâté de déposer son recours fin décembre 2023… coupant court à toute discussion. Y a-t-il un différend tel que celui acté dans l’affaire « Gambie contre Myanmar » qui a donné lieu à une ordonnance du 23 janvier 2020 par laquelle la CIJ a enjoint au Myanmar de mettre fin aux exactions contre les Rohingyas ? La réponse est négative.

 

Sur le fond, le gouvernement d’Afrique du Sud assimile à un crime de génocide la réponse militaire d’Israël à l’agression dont l’État hébreu a été victime en octobre dernier. Or, comme il est de règle en matière pénale, un acte ne peut être qualifié de crime qu’en présence non seulement d’un fait défini comme criminel (élément matériel), mais encore d’une intention de le commettre (élément moral).

 

Il n’y aurait génocide que si les représailles d’Israël contre le Hamas avaient pour but d’exterminer la population palestinienne. Or ce n’est pas le cas. Les autorités israéliennes ont répété depuis le début du conflit qu’elles visaient l’appareil terroriste du Hamas et non les Palestiniens. Au demeurant, si volonté d’extermination il y avait, pourquoi les autorités israéliennes préviendraient-elles la population gazaouie du lieu et du moment des frappes ? Pourquoi l’inviteraient-elles à se mettre à l’abri ?

 

Quant aux faits allégués, aucun ne correspond à la réalité. Tsahal empêcherait les camions transportant de l’aide humanitaire de franchir la frontière ? Mais ce sont des militants du Hamas qui s’emparent des chargements des camions entrant dans Gaza. Israël ne frapperait pas seulement des combattants ? Mais le Hamas se sert des civils comme boucliers humains, multipliant ainsi, de son propre fait, le nombre de victimes collatérales. Israël empêcherait les civils de se rendre dans des zones protégées ? Mais aucune armée au monde n’a déployé autant de moyens que Tsahal pour sécuriser les déplacements de civils (des millions d’appels téléphoniques et de SMS, de tracts largués du ciel, etc.). Israël ciblerait des infrastructures civiles ? Mais il se découvre, à longueur de tunnels, que les cibles en cause sont de véritables arsenaux. Le système de santé à Gaza s’écroulerait ? Mais les hôpitaux servent de QG au Hamas, tandis que des soins sont dispensés aux Palestiniens depuis des décennies dans les hôpitaux israéliens. Tsahal tuerait inutilement des civils par sa puissance de feu ? Mais comment faire taire les milliers de roquettes lancées jour après jour sur des civils israéliens par le Hamas et ses clones du Hezbollah ?

 

La crédibilité de la CIJ serait compromise si elle devait accueillir favorablement la saisine de l’Afrique du Sud et se transformer ainsi en un tribunal politico-médiatique antioccidental. La Cour n’a pas été créée pour priver Israël du droit naturel de légitime défense que lui reconnaît l’article 51 de la Charte des Nations unies, droit qu’elle exerce légitimement au même titre que l’Ukraine et l’Arménie. Espérons que la CIJ, malgré sa composition très politique, ne tombe pas dans le piège que lui tendent l’Afrique du Sud et les amis du Hamas !

 

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L'intelligence artificielle n'existe pas, une bonne fois pour toutes. Mais il existe des algorithmes qui, grâce à l'immense puissance de calcul des ordinateurs, sont capables de produire des récits plausibles et cohérents sur base statistique de milliards de textes humains dont on les a gavé.

Ce n'est pas de l'intelligence (et encore moins de la créativité) ; c'est de la compilation statistique et logicisée.

 

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Le 28/01/2024

 

 

Edgar Morin : « Je suis à la fois mystique et rationnel »

 

Propos recueillis par Jérôme Cordelier

« La conscience d'un destin commun de l'humanité, destin fragile et menacé, a retenu toute votre attention, promouvant la nécessité d'une politique de civilisation visant à remettre l'homme au centre et non le pouvoir de l'argent. » C'est ainsi que le pape François avait salué, dans un message, le 2 juillet 2021, Edgar Morin, lors d'une cérémonie organisée à l'Unesco pour honorer le centenaire du sociologue et philosophe. Les deux hommes s'étaient rencontrés au Vatican deux ans auparavant, et l'un comme l'autre s'en souvenaient avec émotion, comme l'avait précisé le pape dans son message à l'Unesco – soulignant « une convergence » avec l'œuvre du penseur – et comme le dit de nouveau Edgar Morin dans cet entretien qu'il nous a accordé.

 

Le penseur français ne s'est pas converti pour autant à la foi pour un Dieu, quel qu'il soit. Cet esprit jalousement libre s'est toujours défini comme « un incroyant radical », et il le reste. Il le répète, arguments à l'appui, dans cette interview, depuis sa retraite de Marrakech (il partage sa vie entre le Maroc et Montpellier). À 102 ans – il est né le 8 juillet 1921 à Paris –, Edgar Morin ne lâche rien. Il publie en avril le dernier tome de La Méthode, sa grande œuvre construite durant trente années de sa vie, livre de conclusion qui sera intitulé La Méthode de la méthode et qui sera publié aux éditions Actes Sud – « J'y tiens beaucoup », nous précise-t-il. Celui qui a théorisé et défendu toute sa vie « la pensée complexe » garde l'esprit aux aguets, ouvert aux quatre vents, et n'hésite pas à emprunter des chemins de traverse spirituels, comme on pourra le lire ici.

 

Le Point : Vous avez vécu mille vies, toujours en quête de nouvelles rencontres. Le rapport au sacré a-t-il eu une place dans ce parcours ?

 

Edgar Morin : Mes parents ne m'ont donné aucun enseignement religieux ni moral. La mort de ma mère quand j'avais 10 ans – j'étais fils unique – m'a rendu quasi nihiliste. J'ai trouvé mes vérités, du reste contradictoires, dans les livres à l'âge de 13-14 ans. La première fut le scepticisme que me procura la lecture d'Anatole France. La seconde, intense, me fut révélée par Crime et Châtiment, de Dostoïevski. J'ai trouvé dans cette œuvre la compassion pour la souffrance, la possibilité d'une rédemption, les complexités de l'être humain, un besoin de foi mais qui n'arrivait pas à me faire croire en une religion révélée. J'ai cru pendant la guerre à la religion de salut terrestre que fut le communisme, dont je me démystifiai ensuite rapidement – par dégoût du procès Rajk en 1949 [communiste hongrois, Laszlo Rajk fut condamné et exécuté au cours d'un procès stalinien pour des « crimes » montés de toutes pièces, NDLR].

 

« Je ne crois pas en Dieu, mais en son mystère », avez-vous écrit. Vous qualifieriez-vous de mystique ?

 

J'ai une foi, la foi fraternitaire – à savoir dans la fraternité, donc – et le sentiment d'être inséré comme un atome dans le destin de l'humanité. Ce que j'ai acquis de plus en plus en avançant dans les connaissances, est le sens du Mystère de l'univers, de la vie, autour de nous et en nous. J'ai acquis en même temps la conviction que la poésie n'est pas seulement une chose littéraire, mais aussi la qualité de la « vraie vie ». La poésie est l'aptitude à la communion, à l'admiration, à l'amour, en opposition à la prose qui comporte tout ce que nous faisons par obligation ou avec ennui.

 

Dieu proprement dit ne vous a jamais intéressé ?

 

Je pense qu'il y a une créativité dans l'Univers et, de façon évidente, dans la vie, à voir la création de tant d'espèces d'une diversité extrême, merveilleusement organisées, et évidemment dans l'humain. Mais je ne nomme pas Dieu le Mystère et la Créativité. Je trouve extraordinaire que l'esprit humain qui a créé Dieu soit subjugué par sa création devenue toute-puissante sur son créateur qui l'adore et lui obéit. Il en est de même du reste pour les Idées. Nos esprits produisent des idées qui prennent possession de nous et notre croyance nous fait penser et agir à leur service. J'ajoute : les idées peuvent conduire à des violences, comme celles de la Révolution, ou à des atrocités, comme celles qui ont été commises au nom de la supériorité raciale des Aryens.

 

Vous avez écrit que dans votre jeunesse vous vous « pascalisiez » . Pourquoi le pari de Pascal vous a-t-il titillé ?

 

Pascal est très important pour moi. Il est le premier et le seul penseur qui a vu l'humain dans ses contradictions, sa misère et sa grandeur. Pascal est mon maître en complexité. « Toutes choses étant causées et causantes, liées et liantes, je tiens pour impossible de connaître les parties si je ne connais pas le tout ni le tout si je ne connais pas les parties », a-t-il écrit. J'ai gardé et généralisé son idée de pari mais hors la religion. Toute décision, dans un contexte incertain qui est celui de nos vies, est un pari.

 

De quelle façon restez-vous sensible au sacré ?

 

Le sentiment du sacré me vient quand, comme les moines incas du Machu Picchu, je suis en adoration du Soleil ou, comme Salambô, de la Lune – d'autant plus que ma mère se prénommait Luna. Je me sens à la fois mystique et rationnel. C'est, pour moi, une complémentarité antagoniste mais vitale. Je crois en l'Esprit, non comme chose séparée mais issue du cerveau humain dans un contexte culturel, et je crois en l'âme dont celui-ci est inséparable. C'est l'esprit qui nous fait chercher la vérité (même si elle est introuvable), qui nous fait résister au mensonge, à l'oppression, à la cruauté, au mépris. Je crois en l'âme qui est sensibilité et amour. Mais ils sont lui et elle mortels comme nous. Parmi les religions, je suis sensible au message bouddhiste et au message des Évangiles comme à celui de l'épître aux Corinthiens de Paul (où il est dit : « S'il me manque l'amour, je ne suis rien. »).

 

L'action du pape François vous inspire-t-elle ?

 

Le pape François, que j'aime et admire, a bien voulu me recevoir il y a deux ans et nous nous sommes trouvés en harmonie sur les problèmes du monde contemporain [« Le pape représente aujourd'hui ce qu'il y a de plus élevé dans la conscience du destin de l'humanité », avait dit Edgar Morin en sortant de cette entrevue en tête-à-tête avec le saint-père le 27 juin 2019, NDLR]. Il a bien voulu m'envoyer un bienveillant message public pour mon centenaire.

 

Pourquoi avez-vous tenu à dialoguer par deux fois avec Tariq Ramadan, quitte à passer pour son « idiot utile » ?

 

Parce que l'Islam m'étant étranger, c'était un « challenge » qui m'intéressait. Ses propos dans nos dialogues ne sont pas ceux d'un intégriste, mais sont d'un croyant adhérant à l'idée d'une intégration de l'Islam dans notre démocratie. Le Ramadan que j'ai connu n'est pas l'épouvantail des médias.

 

Quelle est votre relation au judaïsme ?

 

Je suis juif par mes origines, sentimentalement lié à mes ascendants judéo-hispano-italiens. Je dis souvent que je fais partie du peuple maudit, mais pas du peuple élu. Je crois que, comme pour les Juifs humanistes, c'est la conscience des persécutions multiséculaires subies par les Juifs qui m'a rendu sensible à toutes les persécutions d'où qu'elles viennent et sur qui qu'elles viennent. J'en viens à mon itinéraire personnel…

 

Je vous en prie…

 

J'ai fait mes études universitaires animé par l'exemple de Marx, qui fut philosophe, anthropologue, économiste, politique. Ses études m'ont incité à ce qui devait devenir une règle définitive pour moi : relier les connaissances séparées pour comprendre nos problèmes fondamentaux ou globaux ; j'y ai ajouté la biologie que j'ai pu étudier à l'institut Salk de La Jolla Californie en 1969-1970. Je suis devenu hegelo-marxien pendant la guerre et communiste-gaulliste dans le mouvement de résistance de prisonniers et déportés sous l'Occupation. Puis, grâce à mon travail pour le livre L'Homme et la mort en 1948-1950, je découvris ce qui était nié par Marx : l'importance énorme de l'imaginaire, du mythe et de la religion dans toute l'humanité. L'imaginaire fait partie de la substance humaine. L'homme imaginaire est, pour moi, aussi important que l'homo faber. Dès lors, Marx ne fut plus que l'un des inspirateurs de ma pensée. J'avais trouvé mes premières vérités à l'âge de 13 ans, j'ai découvert mes ultimes à celui de 50 ans. Sous l'influence d'Henri Atlan, d'Henri Laborit, puis de Shannon, de Wiener, d'Ashby, de von Neumann, de Bateson et surtout von Foerster – le plus important pour moi. Je suis entré dans un univers de connaissances et de pensées qui m'ont révélé la problématique de la complexité du réel physique, biologique, humain. Ces découvertes m'ont poussé sur le chemin qui m'a conduit à rédiger La Méthode, travail de trente ans au second degré qui veut être une connaissance de la connaissance en même temps qu'un nouveau regard sur le monde, y compris humain. Je n'ai jamais séparé ma vie de mes idées : j'ai mis ma vie au service de mes idées et mes idées au service de ma vie. Je me suis donné une « mission » à la fois humaniste, scientifique, philosophique pour propager une pensée que je trouve de plus en plus nécessaire en nos temps de troubles, d'incertitudes, de périls.

 

Comment surmontez-vous les épreuves personnelles de la vie ?

 

J'ai connu bien des épreuves et des deuils au cours d'une vie devenue très longue, mais c'est ce que Bergson appelle l'élan vital qui me maintient à flot. Peut-être s'est-il manifesté avant ma naissance lorsque, fœtus, je résistais aux produits abortifs que prenait ma mère qui, cardiaque, risquait la mort à l'accouchement. L'élan vital entretient en moi amour, amitié et curiosité.

 

L'approche de la mort vous rend-elle plus mystique ?

 

La vie est pour moi merveilleuse et horrible. Et je crois que c'est le sentiment poétique de l'émerveillement qui m'aide à me révolter contre l'horrible, du moins à le supporter. Je crois que les forces de vie refoulent encore en moi l'angoisse de la mort, mais celle-ci de temps en temps m'engloutit."

 

Edgar est un ami qui m'est cher depuis plus de vingt ans. Nous avons écrit des articles ensemble, j'ai écrit un libre sur lui, il a préfacé un ou deux de mes livres … Soit. Une merveilleuse amitié.

Mais en ce qui concerne la spiritualité, Edgar n'est toujours pas parvenu à faire la différence radicale entre la "Foi" (la confiance – cum fidere) en l'intentionnalité et la logicité du Réel, et les Croyances qui alimentent les dogmes et superstitions de toutes les religions.

 

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Le 29/01/2024

 

Les anciennes visions globales de l'idéologie mondiale sont, depuis trente ans, en voie de décomposition rapide : socialisme, communisme, tiers-mondisme, altermondialisme, égalitarisme, ...

Mais d'autres idéologies globales prennent le relais, tout aussi irréalistes et délétères : écologisme, wokisme, islamisme, illibéralisme, anti-occidentalisme, ...

Les paroles changent, mais les bobos urbains demeurent ...

Dans la réalité du Réel, il n'existe cependant que deux chemins qui perdurent et qui s'opposent : le financiarisme (s'amasser de l'argent) et le libéralisme (se construire de l'autonomie).  

 

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De Thierry Jobard :

 

"La mode du « développement personnel » ne se dément pas. Sans cesse, nous subissons une injonction à nous libérer de nos croyances limitantes et à acquérir un «surplus d'être» pour devenir un meilleur individu. Bien sûr, on pourrait penser qu'il n'y a là que de bonnes intentions : qui refuserait une version améliorée de soi-même ? Mais derrière les discours sucrés et inoffensifs, c'est à la montée d'une idéologie politique que l'on assiste. Car la forme de bien-être promise par le développement personnel constitue trop souvent une exploitation de soi par soi… Dans ce monde merveilleux, tout tourne autour de cet axiome : quand on veut, on peut. Et si on ne peut pas, c'est qu'on ne veut pas assez. Le collectif disparaît de l'écran pour ne laisser que des individus responsables de tout à 100 % : de leur destin, de leur emploi, et même de leur santé !"

 

Voilà un Jobard qui porte bien son nom.

Il ne faut pas parler de développement personnel (c'est une banalité valable pour tout ce qui vit).

Il faut parler d'accomplissement de soi et de l'autour de soi : l'accomplissement de soi n'e marche pas s'il n'est pas mené parallèlement à l'accomplissement de l'autour de soi. Il ne s'agit nullement ni d'égocentrisme ou de nombrilisme, mais d'une claire conscience de la nécessaire bipolarité entre intériorité (le développement volontaire de tous ses talents et potentiels – même s'ils sont faibles) et extériorité (la mise en œuvre de ces talents et potentialités au service d'une œuvre - même modeste et limitée - qui vous dépasse).

En revanche : oui. Chaque personne est responsable, intégralement, de ce qu'elle veut devenir et du chemin qu'elle choisit pour y parvenir ; cela s'appelle l'autonomie.

 

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D'après "Regards Challenges", 90 % des Britanniques estiment que le Brexit a nui à leurs finances et à leur système de santé.

Qu'est-ce qu'ils attendent donc pour revenir très vite dans l'UE ?

 

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"Google annonce de nouvelles suppressions d'emplois en 2024 après 12 000 suppressions en 2023. D'après plusieurs médias américains, Google a licencié un millier de personnes la semaine dernière (…)"

N'était-ce pas en décembre 2022 que j'avais prédit la faillite de Google et consorts … J'ai seulement péché par impatience.

 

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Les algorithmes génératifs (je refuse d'user du terme IA) sont de très puissants systèmes de falsification car, étant gavés d'archives du passé et possédant une logique de vraisemblance efficace, ils sont capables de réinventer complètement l'histoire réelle d monde et d'inaugurer les plus vastes opérations de manipulation de masse jamais imaginées, même par les machineries "manuelles" de propagande idéologique (comme en usèrent le nazisme ou les communismes soviétiques et maoïstes).

Il est donc impératif de mettre au point des systèmes inviolables de préservation des mémoires non falsifiées … et ce, dans tous les domaines.

 

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D'un anonyme en écho à un commentaires de mi, publié il y a quelques jours :

 

"Nous sommes tous paysans !

Oui et non. Oui, quand nous exigeons une alimentation de qualité "made in France", mais, non quand la culture du prix bas, slogan de la grande distribution, ronge les marges nécessaires jusqu'à la faillite. La grande distribution a une très grande responsabilité sur la situation du monde agricole. Être une puissance agricole, c'est clé pour la souveraineté d'un pays. Si l'on veut conserver cette voie, il est nécessaire de simplifier et revoir en profondeur les excès de normes, les distorsions entre pays, les coûts et taxes ajoutées ... ce qui détruit les filières entières ... comme autrefois l'industrie. Que d'incohérences qu'ont un coût élevé pour les agriculteurs qui se voient effacés par la transition écologique. Le mouvement des agriculteurs connaît une grande empathie de la part des français mais aussi en Europe. Ce vaste mouvement ayant démarré en Allemagne. La résolution du problème n'est pas simple, mais il est fondamental par la négociation véritable, d'offrir une perspective durable pour le monde agricole ..."

 

Comme toujours, l'économie se débat dans une dialectique bipolaire avec, d'un côté, l'obsession du pouvoir d'achat maximum au nom des "plus démunis" … et, de l'autre côté, la préservation de la qualité des entreprises et des produits.

Le beurre et l'argent du beurre …

Comme toujours !

 

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De Pierre-Olivier Monteil (philosophe) :

 

"L'excès de procédures multiplie les situations dans lesquelles nous nous trouvons embrigadés dans des conduites sans âme, que nous menons à bien pour l'unique raison qu'elles sont obligatoires et sans avoir toujours la conviction qu'elles sont appropriées"

 

Le procès de toutes les procéduralités et de toutes les normativités est au cœur de notre époque ; c'est, en fait, le procès de la bureaucratie.

C'est donc celui des solutions standards et codifiées pour des problèmes de plus en plus complexes et uniques.

C'est le procès du mécanicisme comme inapproprié à la complexité ambiante.

Il convient donc de remplacer la procéduralité par la méthodologie : la solution au problème posé n'existe pas toute faite (procédures et normes à appliquer), mais il existe des méthodes qui permettent d'en construire une solution sur mesure, adéquate et efficace.

 

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D'un anonyme :

 

"Grande distribution : simplification et mensonges !

Beaucoup de personnes croient que les produits des marques distributeurs (MDD) sont les mêmes que les marques mais ils sont moins chers "parce qu'ils sortent des mêmes usines !" La grande distribution a réussi à créer cette confusion dans les têtes des consommateurs... Pour les produits basiques, non transformés, c'est possible ! Mais cela n'est jamais le cas pour des produits ayant une recette spécifique et de l'innovation. C'est vrai que certaines marques sortent des mêmes usines que les marques distributeurs. C'est ce qui consolide le tissu industriel de notre pays. Mais avoir plusieurs clients ne veut pas dire fabriquer les mêmes produits. Dans la même usine, les matières peuvent être différentes sur des lignes de production différentes. Autre idée reçue : les marques sont plus chères car il faut payer la Pub ! La vérité, c'est que les 3 plus grands investisseurs en publicité sont Lidl, Leclerc et Intermarché. En revanche, la grande distribution oublie de dire que les marques investissent en recherche et développement pour développer de nouveaux produits... que la grande distribution copiera si ça marche. Les marques ont augmenté leurs prix pour sauvegarder leur marge en répercutant les hausses des matières premières, de l'énergie, etc... et des salaires : + 12 % en moyenne quand c'est 17 % pour les MDD. Edouard and co, sur les plateaux TV, prétendent défendre le pouvoir d'achat... mais de qui ? Celui de leurs adhérents. Les négociations avec la grande distribution sont souvent un vol de marge pour leur unique profit. En transparence, que les dirigeants de la grande distribution affichent leurs revenus 2023 au regard de 2022... à coup sûr, il y aurait de belles surprises !"

 

La "grande distribution" est clairement l'application, au commerce, des techniques et pratiques de l'industrie des années 1960. Elle doit être aujourd'hui complètement dépassée par les concepts de commerce local, de commerce direct, de commerce de proximité et de commerce en ligne. Les super- et hyper-marchés sont devenus, aujourd'hui, des aberrations tant techniquement que financièrement ou écologiquement. Une page d'histoire économique à tourner … au plus vite.

 

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Le 30/01/2024

 

Comme disent les courges, mieux vaut être un compatissant qu'un con pâtisson …

 

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Qu'est-ce qu'une méthodologie ? C'est un ensemble structuré et organisé de méthodes de travail destiné à construire des solution efficace pour des problèmes complexes qui sont, le plus souvent, inédits et uniques.

Pour oser un résumé trop bref : les technologies sont au mécanicisme analytique ce que les méthodologies sont à l'organicisme holistique.

 

Un exemple flagrant est offert par la médecine ("l'art de guérir") où l'on connait les immenses succès remportés par la médecine occidentale (analytique, mécaniciste, réductionniste, etc …) mais aussi les terribles échecs dans le traitement des dysfonctionnements holistiques (allergies graves, cancers diffus, maladies auto-immunes, alcoolisme, …) bref : de tout ce qui ne relève pas d'un traitement mécaniciste analytique (à remarquer que ces échecs relatifs ne fournissent aucune bonne excuse pour un recours aux pratiques charlatanesques ou exotiques, magiques ou chamaniques, ayurvédiques ou acuponcturelles qui sont aujourd'hui de mode).

 

Une méthodologie systématique bien adaptée aux processus complexes, quels qu'ils soient, doit commencer par comprendre la réalité intrinsèque dudit processus et, ensuite continuer par comprendre la réalité extrinsèque du milieu dans lequel ledit processus se développe.

D'un côté comme de l'autre, les quatre questions de base auxquelles il faut impérativement répondre avec véracité et soin, sont identiques :

 

  1. La question de l'intentionnalité : quel est le projet profond du processus étudié et quel est celui de son milieu ? quelles sont leurs vocations mutuelles et la compatibilité de ces projets et vocations ?
  2. La question de la corporalité : quel est la substance sous-jacente ? quel est le "hardware" ? quels sont les ressources disponibles ? quels sont les rapports volumiques et pondéraux entre le processus et son milieu ?
  3. La question de la logicité : quelles sont les "logiques" profondes des deux parties ? quels sont leur "software" ? à quels impératifs, règles, normes, priorités, contraintes d'accomplissement obéissent-elles ?
  4. La question de la constructivité : quelles sont les "pratiques évolutives" de part et d'autre ? sont-elles compatibles ? quels sont les critères d'optimalité évolutive ?

 

Il faut, de plus, se rappeler que, tant pour le processus que dans son milieu, chacun des quatre pôles interrogés ci-dessus possède une bipolarité constitutive dont l'ensemble engendre des dialectiques évolutives induisant, à la fois, des souplesses, des adaptations et des conflits, mais aussi des moteurs de créativités et d'émergences.

 

Voyons ces bipolarités fondamentales :

 

  1. L'intentionnalité est tiraillée entre, d'une part, la volonté de s'en tenir strictement à son projet et à rester aveugle à tout le reste et, d'autre part, la recherche d'opportunités qui enrichissent le projet et ouvrent de nouveaux chemins d'évolution.
  2. La corporalité est tiraillée entre, d'une part, la pondéralité qui cherche une densification de soi, une individuation, une fermeture volumique au reste du monde et, d'autre part, la recherche d'une spatialité qui vise la conquête ou l'intégration afin d'ouvrir, aussi, de nouveaux chemins d'évolution.
  3. La logicité est tiraillée entre, d'une part, la rationalité qui veut s'en tenir strictement à ses règles et normes internes et, d'autre part, une ingéniosité éveillée en quête de nouveaux outils d'évolution.
  4. La constructivité est tiraillée entre, d'une part, la voie entropique de dissipation des toutes les tensions vers l'extérieur et, d'autre part, la voie néguentropique qui utilise l'énergie de ces tensions pour engendrer des sauts de complexité et des configurations complexes inédites.

 

La dynamique d'évolution des processus complexes est en fait fondamentalement simple, même si elle donne lieu à des développements d'une extrême complexité.

Il y a huit "moteurs" (décrits ci-dessus) : les quatre pôles intrinsèques et les quatre pôles extrinsèques symétriques, alimentés chacun, par une bipolarité fondamentale qui produit leur "carburant".

L'opposition ou la convergence de ces huit "moteurs" induisent des tensions qu'il s'agit de dissiper optimalement de façon à optimiser, à chaque instant, l'accomplissement optimal tant du processus particulier que de son milieu global.

Ce concept de "dissipation optimale des tensions" est crucial (cfr. Ilya Prigogine).

 

Contrairement à l'attitude mécaniciste, il ne s'agit nullement de donner raison ou tort à ceci ou cela : il y a huit "moteurs", il y a seize pôles d'évolution et il y a des milliers de tensions engendrées par tout cela ; certaines sont positives et accélèrent l'accomplissement de ce monde et certaines sont négatives au point de mettre en danger de mort entropique tant le processus étudié que son milieu.

 

Mais n'est-ce pas ce que nous, les humains, vivons à longueur de journée ? Il suffit de remplacer la notion de "tension" par sa traduction anglaise ("stress") pour comprendre que l'existence humaine est un continuel processus de dissipation des stresses entre vie personnelle et vie mondaine, entre ce que l'on veut, ce que l'on peut, ce que l'on est et ce que l'on devient, entre ce que l'on concède et ce que l'on préserve, entre ce que l'on croit savoir et ce que l'on apprend, entre le respect de soi et l'amour des autres, etc …

 

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Le 31/01/2024

 

Le cœur du problème actuel est la confusion entre l'écologie qui est la science de l'optimisation des interactions entre les humains et la Nature, et l'écologisme qui est une idéologie gauchisante profondément anti-industrialiste et illibérale,

Être écologue et être écologiste sont deux postures très différentes, mais pas forcément antagoniques si elles sont intelligentes et réalistes.

Qu'il faille cesser de considérer la Nature comme une simple ressource inépuisable et exploitable à merci, c'est une évidence.

Qu'il faille, partout dans le monde, viser une décroissance démographique radicale pour redescendre sous la barre des deux milliards d'humains sur Terre (celle de 1925) bien avant 2200, c'est une autre évidence.

Qu'il faille une transition énergétique et abolir l'usage du charbon et des hydrocarbures, en est une troisième, mais en comprenant aussi que les éoliennes et le photovoltaïque (les panneaux solaires) sont des aberrations tant thermodynamiques qu'écologues.

Qu'il faille une agriculture efficace pour nourrir les humains tant en nourriture animale que végétale, en est une quatrième à la condition que cette agriculture préserve la bonne santé de la Nature à long terme.

Mais de grâce, que l'on cesse de croire que des procédures et normes bureaucratiques puissent avoir le moindre impact positif ; le problème n'est pas législatif, mais éducatif !  

 

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D'un certain P.D. dans "Le Point" :

 

"En raison de l'élévation du niveau de vie et de la hausse de la consommation des ménages, les importations de la Chine en produits agricoles ont très fortement progressé depuis le début du siècle. De 9 milliards de dollars seulement en 2000, elles sont passées à 29 milliards en 2005, 59,6 milliards en 2010, 160 milliards en 2020 pour s'établir à 234,11 milliards de dollars l'année dernière. Dans le même temps, le solde commercial agricole de la Chine s'est considérablement dégradé. Alors qu'il affichait encore un excédent de 4 milliards de dollars en 2000, il présentait un déficit de 1,5 milliard de dollars en 2005, 23 milliards en 2010 et 49 milliards en 2015. Le déficit dépasse largement la barre des 100 milliards de dollars depuis 2021. En comparaison, l'Union européenne a affiché en 2022 un excédent de sa balance commerciale agricole de 57 milliards d'euros."

 

Il est temps de comprendre que la Chine est un monde au bord de la faillite économique !

 

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De Pierre Dac :

 

"Les grands crus font les grandes cuites."

 

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