Tisserand de la compréhension du devenir
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Billets

Le tripode culturel

Toutes les traditions spirituelles (et aussi intellectuelles ou politiques ou économiques, d'ailleurs) ont un tripode en commun : il y a le pôle mystique (visionnaire), il y a le pôle dogmatique (totalitaire) et il y a le pôle éthique (humanitaire).

Rupture des trois pouvoirs

Toute société humaine stable, depuis l'aube des temps, repose sur la conjonction harmonieuse de trois pouvoirs complémentaires mais résolument distincts : le pouvoir économique (la Richesse) qui engendre la prospérité contre la misère et l'indigence, le pouvoir politique (la Loi) qui garantit la paix contre l'injustice et la barbarie et le pouvoir noétique (la Connaissance) qui génère du sens contre l'ignorance et l'arrogance. Les marchands et artisans, les guerriers et chevaliers, et les sages et prêtres de toutes les civilisations, de toutes les époques s'y retrouvent.

Régulation économique et politique

Tout système, quelles qu'en soient la nature ou la finalité, ne survit et ne prospère qu'en s'appuyant sur des processus de régulation (au sens cybernétique et non au sens juridique) qui lui permettent de conserver sa cohérence et sa santé globales malgré les pressions et impacts de son environnement.

Quelles résistances au changement?

La révolution noétique est en marche. La société de la connaissance arrive. Le paradigme humain mute. Ira-t-il au bout de lui-même, ou les forces de résistances et d'inerties triompheront-elles ? Toute la question de l'avenir humain sur Terre est dans la réponse à cette question.

Quelle université pour demain?

Il paraît clair que l'éducation (au sens large anglo-saxon qui englobe tous les enseignements de tous niveaux et toutes les formations de tous types) est la priorité majeure dès aujourd'hui. Il y a urgence tant l'impasse est criante.

Quelle éthique pour demain?

On peut rêver d'une humanité faisant le "grand bond en avant" et pratiquant, spontanément, unanimement, les valeurs morales aptes à garantir la Paix et l'Harmonie commune. Ce serait sombrer dans un angélisme puéril. D'abord, parce qu'il n'y a point de valeurs morales absolues et universelles. Ensuite, parce que l'homme n'est pas un animal moral et qu'il n'agit, en tout, qu'en fonction de ses intérêts immédiats et égoïstes.

La clé de la disparue

"La vieille dame n'était pas chez elle. Pourtant elle était censée nous attendre pour nous remettre la clé. "Si je ne suis pas là, entrez, avait-elle dit, la clé est là.". Entrer, regarder, chercher, fouiller un peu avec précaution et pudeur. Point de clé. Au râtelier : rien. Dans le tiroir : rien. Sur la table ou le dressoir : toujours rien. Dans le pot de céramique : pas plus. Les heures passent : pas de clé. Et cette aïeule qui a disparu. Avoir fait tout ce chemin pour repartir bredouille … quel dérision !" Historiette naïve pour illustrer le principe d'inversion méthodologique.

Histoire vraie sur le Modernisme

Le Modernisme humaniste et rationaliste est né à Constantinople en 1453. Il a eu sa première crise de rage à Grenade en 1492. Il a fait ses premières découvertes dans les Antilles aussi en 1492 ...

Guerre civile généralisée ou ...

Aujourd'hui, chaque homme est d'abord un simple rouage horloger de la machinerie économique et de la machination politique. Une pièce mécanique dotée d'une fonction et priée de fonctionner. Pur produit du rationalisme cartésien et du mécanicisme galiléen, notre vision de la société, notre doctrine du "vivre ensemble" relèvent des stéréotypes de l'ingénieur : ingénieur juriste d'un côté, ingénieur économiste de l'autre. Tout est machine. L'homme lui-même, machine psychophysiologique, est soumis aux violences des ingénieurs médecins. La société des hommes, machine sociale, est soumise aux violences des ingénieurs idéologues.

Foot !

Le football – comme tous les sports de compétition, d'ailleurs – m'ennuie, je le confesse. Le football ne me concerne pas, mais en ces temps de coupe du monde, comme l'éviter ? Tant qu'à faire, j'ai donc regardé quelques émissions de synthèse ("Tous ensemble" de TF1) afin de me faire une idée. Je ne fus pas déçu …

Faire la guerre, c'est déjà la perdre

Durant votre conférence de presse aux Açores, Monsieur Bush, vous avez déclaré vouloir "gagner le première guerre du vingt-et-unième siècle". Ce ne sera pas la première guerre du XXIème siècle, mais une des dernières de ce XXème siècle qui n'arrête pas d'ensanglanter la Terre, une des dernières guerres d'un vieux monde occidental usé et exsangue que vous incarnez.

L'ère du nihilisme

Toute "valeur", tout "absolu" ne sont qu'humains, donc relatifs à un ici-et-maintenant, donc mortels. Nous vivons la mort de toutes les valeurs, aujourd'hui.

Cultiver le jardin

Le monde est un jardin. Un jardin qu'il faut apprendre à cultiver. Ainsi le monde économique, sur l'humus riche ou pauvre des technologies, sous le ciel clair ou orageux des marchés, voit germer, croître, s'épanouir et décliner des entreprises comme autant de végétaux.

Communication interne : un art a reconstruire

Il n’y a pas de ‘trucs et astuces’ ! Nombre de formations, de livres et de gourous, rassembleurs de foules, en communication aussi, fonctionnent pourtant avec ce slogan. Baliverne répondant à l’angoisse de ne pas maîtriser la situation. Maîtrise ? Angoisse ? Situation … humaine ? Le monde change, c’est devenu une évidence. Sauf pour les autruchiens (sic), le saut de complexité de ces dernières années -entraînant avec lui un saut d’incertitude- nous met encore plus qu’avant dans nos petits souliers. La communication, comme l’entreprise (privée ou publique) dont elle est partie intrinsèque, ne sait plus trop à quels saints (soient-ils consultants) se vouer. Du moins, ce questionnement sur l’adéquation de la communication à la société en changement se pose pour les communicateurs - dit ‘culturels creatifs’- ‘tournés vers l’avenir’ . Les ‘traditionalistes’ et ‘modernistes’, parce qu’ils n’entrent pas de plain-pied dans le (nouveau) paradigme de la société de connaissance, ne doivent quant à eux pas trop se poser de questions. Un comble peut-être pour des communicateurs ; le nez dans le guidon n’est sans doute pas l’affaire exclusive des mauvais pilotes de course.

Société de l'information versus société de la desinformation

On le sait, le saut technologique électronique des années '60 et '70 a enclenché un processus qui a centuplé la puissance cognitive et communicative de l'humanité. Nous entrons dans l'âge noétique, dans la société de la connaissance et de l'information. La première matière première est devenue la matière grise. La valeur ajoutée, infiniment plus que jamais, vient surtout du talent des cerveaux et plus tant du travail des mains. Mais on le sait aussi, cette prolifération des moyens informationnels et communicationnels induit des effets pervers.

La prospective : qu'est-ce que c'est ?

Ce métier de prospectiviste qui est le mien, est un des plus mal connus du monde. Mes confrères et moi devons passer beaucoup de temps, avec beaucoup de patience parfois, pour dire d'abord ce que nous ne sommes pas. Et ensuite, si l'on nous en laisse le loisir ou la chance, pour dire ce que nous sommes. Essayons ici …

Du rapport du tout aux parties

Les parties n'expliquent pas tout le Tout. Le Tout n'implique pas le tout de chacune de ses parties. Chaque Tout est partie d'un Tout plus grand. Chaque partie est le Tout de ses parties. Le Tout est plus que la somme de ses parties. Chaque partie est plus que sa fonction au service du Tout. Etc.

Un système n'est pas un objet

Un système n'est pas un objet. Il ne se définit pas en soi, par rapport à soi. Tout système est le lieu d'un processus qui assemble des ingrédients à partir d'un germe, en vue d'accomplir une mission qui est la sienne et qui, elle, le définit.

Complexité et complication

Deux notions à ne pas confondre ! Dans un système compliqué, on trouve en général un grand nombre de composants peu intégrés les uns aux autres, d'une part, et, d'autre part, un très grand nombre de relations, toutes de niveau rudimentaire (interactions binaires, séquentielles, univoques, etc … donc linéaires). Complexité ? La notion clé, ici, est celle du niveau de non-linéarité d'une interaction.

Histoire de complexité

L'émergence du concept de Complexité et des sciences du Complexe est probablement le fait le plus essentiel au cœur de la grande mutation que nous vivons aujourd'hui. Elle a deux histoires …

Les creatifs culturels

Des enquêtes récentes (notamment celles que Paul Ray du "Institute of Noetic Sciences" de Sausalito, a faites aux USA, mais aussi en Europe à la demande de la Commission Européenne) montrent qu'un tiers, au moins, de nos contemporains américains et européens, n'est "ni à gauche, ni à droite, mais en-avant".